mars 6, 2008

ALEXANDRE Ier (1777-1825), TSAR DE RUSSIE (1801-1825)

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Alexandre Ier, Tsar de Russie (1777-1825)

L’Empereur Alexandre, avec ses manières doucereuses et l’apparence de la modération, aura fait davantage dans l’intérêt de la Russie que l’ambitieuse Catherine, que les Russes prônaient tant.

C’est un grec du Bas-Empire, fin, faux, et adroit.

(Napoléon Bonaparte)

ALEXANDRE Ier, Paulowitch, empereur de Russie, fils de Paul Ier, né à St-Pétersbourg, en 1777, mort en 1825, à Taganrok. Il monta sur le trône en 1801, après le meurtre de son père, auquel on le soupçonna, sans preuves, de n’être pas resté étranger. Phénomène remarquable, et qui montre bien la puissance d’expansion des principes émis par la Révolution française, il fut, dans l’empire le plus absolu de la terre, le représentant des idées libérales, et entraîna son pays dans la voie des réformes et du progrès. Ses premiers actes furent une réparation des cruautés du règne précédent. Il ouvrit les cachots, rappela les bannis, abolit la censure, les tribunaux secrets, la confiscation, la torture, les ventes publiques de serfs ; diminua les impots, adoucit la législation criminelle, fonda des universités, des écoles et des hospices, réforma le code criminel, protégea la liberté commerciale et industrielle, et s’appliqua à faire fleurir dans ses vastes Etats les lettres, les sciences et les arts, dont les bienfaits étaient jusqu’alors restés presque inconnus à la Russie. A son avènement au trône, il maintint d’abord la paix qu’il trouva établie avec la France ; mais en 1805, inquiet des envahissements de Napoléon en Allemagne, il entra dans la troisième coalition, formée par l’Angleterre, l’Autriche et la Suède. La bataille d’Austerlitz força l’Autriche à signer la paix de Presbourg ; la journée d’Iéna renversa l’édifice que le grand Frédéric avait mis toute sa vie à élever, et les défaites successives qu’Alexandre essuya en 1807, à Eylau et à Friedland, amenèrent la fameuse entrevue qui eut lieu sur le Niémen entre lui et Napoléon, et où les deux souverains se jurèrent une éternelle amitié. Quelques jours après fut signé le traité de Tilsit, par lequel l’empereur de Russie reconnut toutes les conquêtes de son ennemi, et adhéra au système du blocus continental (8 et 9 juillet 1807). Le roi de Suède, son ancien allié, ayant refusé de fermer ses ports aux vaisseaux anglais, il lui fit la guerre, et lui enleva la Finlande en même temps qu’il se rendait maître de plusieurs provinces de la Perse et de la Turquie. L’entrevue d’Erfurt vint encore resserrer son alliance avec Napoléon, pour lequel il ressentait d’ailleurs la plus vive admiration. Cependant quelques modifications au système continental, qui lui étaient imposées par les besoins de ses peuples, et l’occupation du duché d’Oldenbourg par les troupes françaises, amenèrent une rupture entre les deux souverains, et la guerre ne tarda pas à sortir de cette situation. On connaît les résultats de cette funeste campagne de 1812 entreprise par Napoléon. Pendant que les débris de l’armée française se retiraient en Allemagne, Alexandre lança de Varsovie un manifeste par lequel il appelait l’Europe aux armes (1813), et forma une nouvelle coalition dans laquelle entrèrent l’Angleterre, la Prusse, la Suède et l’Autriche. Les alliés essuyèrent d’abord plusieurs défaites à Lutzen, à Bautzen et à Dresde, mais la bataille de Leipzig leur ouvrit les portes de la France, et ils arrivèrent jusqu’à Paris (1814), malgré les prodiges de génie que fit Napoléon dans cette campagne immortelle. Alexandre, qui jouait le principal rôle dans ces événements, contribua à replacer la famille des Bourbons sur le trône, et se conduisit avec une modération et une bienveillance qui lui concilierent l’estime des classes élevées, moins sensibles aux humiliations de l’invasion étrangère que charmées de l’affabilité de l’autocrate vainqueur. Après avoir signé le traité qui assurait la paix générale et garantissait à la France l’intégrité de son territoire primitif, il se rendit en novembre 1814 au congrès de Vienne, où il fit confirmer l’usurpation de la Pologne, qu’il avait consommée l’année précédente. Après le retour de Napoléon de l’île d’Elbe et la bataille de Waterloo, Alexandre revint à Paris avec les troupes alliées (1815), et participa cette fois aux mesures rigoureuses prises contre la France ; néanmoins il s’opposa a son démembrement et sauva plusieurs monuments qu’on voulait détruire. Avant de quitter Paris, il signa avec les souverains de Prusse et d’Autriche le traité de la Sainte-Alliance, qui, sous l’apparence d’une ligue pour le triomphe du christianisme, n’était en réalité qu’une coalition des rois contre les principes libéraux, coalition au nom de laquelle il fut entraîné plus tard à comprimer la liberté en Europe. De retour en Russie, Alexandre s’occupa de l’administration de ses vastes Etats, octroya à la Pologne une constitution qui ne fut jamais appliquée, travailla à réparer les maux de la guerre, établit des colonies militaires dans les parties les moins habitées de son empire, expulsa les jésuites, que son aïeule Catherine avait attirés en Russie, et adoucit le sort des serfs. Dans les dernières années de sa vie, il demeura fidèle à l’esprit qui avait dicté le traité de la Sainte-Alliance, et se montra constamment l’adversaire des idées libérales qu’il avait professées au début de sa carrière. Au reste, il ne s’appartenait plus à cette époque. Depuis la deuxième invasion, il était tombé sous l’empire de la mystique Mme de Krudener qui l’avait entraîné dans un quiétisme religieux énervant, et dont l’influence funeste survécut même à la perte de son crédit. Il mourut d’une fièvre endémique pendant un voyage dans les provinces méridionales de son empire. Ses derniers moments furent troublés par la découverte d’une vaste conspiration entreprise par la jeunesse russe des hautes classes, sous l’influence d’idées qu’elle avait rapportées de la France. Alexandre fut un prince éclairé et doué de qualités incontestables ; il acquit des droits à la reconnaissance de la France par sa modération et le frein qu’il imposa à la vengeance que les alliés voulaient tirer de vingt ans de revers et d’humiliations, mais la loyauté fut loin de présider à tous les actes de sa vie ; il ne se montra que trop souvent fidèle à cette politique cauteleuse qui est de tradition chez les souverains moscovites, et justifia ainsi l’épithète de Grec du Bas-Empire que Napoléon lui donna dans ses amères récriminations. Il ne laissait point d’enfant, et son frère Nicolas lui succéda.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Alexandre Ier de Russie sur wikipedia

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mars 1, 2008

MARECHAL GOUVION-SAINT-CYR (1764-1830)

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Maréchal Laurent Gouvion Saint Cyr (1764-1830), alors capitaine au 1e bataillon de chasseurs de Paris (1792)

Mon tort est d’avoir employé Saint-Cyr ; il ne va pas au feu, ne visite rien, laisse battre ses camarades et aurait pu secourir Vandamme.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal GOUVION -SAINT-CYR (Laurent), maréchal de France et homme d’Etat, né à Toul en 1764, mort à Hyères le 10 mars 1830. Il étudia la peinture à Rome, puis à Paris a partir de 1784, et donna même des leçons de dessin ; mais la Révolution vint le mettre dans sa véritable voie. Nommé officier dans la garde nationale parisienne, il partit, le 1er septembre 1792, au moment des plus grands dangers de la patrie, comme capitaine dans le 1er bataillon de volontaires, dit bataillon des chasseurs républicains. Il devint rapidement général de brigade (1793) et général de division (1794), dirigea la principale attaque au siège de Mayence, eut une part glorieuse à la belle retraite de Moreau en 1796, reçut, en 1798, le commandement de l’armée de Rome, alors en pleine révolte et qui venait de chasser Masséna, parvint à y ramener la discipline, commanda, l’année suivante, l’aile droite de l’armée à la funeste bataille de Novi, obligea les Autrichiens à évacuer la place de ce nom, les battit complètement devant Coni et garantit Gènes d’un investissement. Général en chef de l’armée du Rhin en l’absence de Moreau il prit Fribourg, concourut ensuite à l’éclatante victoire de Hohenlinden, fut mis à la tête de l’armée du Portugal en 1801, envoyé à Madrid comme ambassadeur, créé, en 1804, colonel général des cuirassiers, et nommé, l’année suivante, général en chef de l’armée de Naples. Il fit en 1807 les campagnes de Prusse et de Pologne, passa en Espagne après la paix de Tilsit, prit Roses et Barcelone, battit le général Castro, et, appelé en Russie en 1812, fut mis successivement à la tête du 6e et du 10e corps, défit Wittgenstein à Polotsk, reçut, en récompense, le bâton de maréchal, fit avec distinction la campagne de 1813 et détruisit le corps d’armée du général Tolstoï. Chargé de défendre Dresde pendant la retraite de l’armée française, et laissé sans vivres et sans munitions, il se vit obligé de capituler le 11 novembre, en stipulant, toutefois, qu’il serait transporté en France, lui et ses troupes. Au mépris de la capitulation, ils furent retenus prisonniers. Saint-Cyr ne rentra en France qu’après les événements de 1814. Louis XVIII l’accueillit avec empressement, l’éleva à la pairie, et, lors du retour de Napoléon, le mit à la tête des troupes réunies a Orléans. Le général Dupont, qui commandait ces troupes, était détesté. Tous les régiments avaient pris sous ses yeux la cocarde tricolore. Le maréchal, à son arrivée, eut assez d’ascendant pour faire reprendre la cocarde blanche et pour la maintenir plusieurs jours après la rentrée de Napoléon aux Tuileries. Pendant les Cent-jours, il vécut à Paris, éloigné des affaires, fut nommé ministre de la guerre à la rentrée de Louis XVIII, adoucit, autant que possible, les mesures de rigueur qu’entraînait le licenciement de l’armée, devint, par cela même, odieux aux ultra-royalistes, et dut se retirer au mois de novembre 1815. Créé marquis, nommé ministre de la marine en 1817, il reprit le portefeuille de la guerre le 12 novembre. C’est alors qu’il accomplit dans l’organisation de l’armée ces réformes radicales qui sont, sans contredit, un des faits les plus importants de l’Histoire de la Restauration. Les Bourbons, à leur retour en France, pour se rendre populaires, avaient proclamé l’abolition de la conscription militaire. Le nouveau ministre la rétablit par la loi du 10 mars 1818 ; mais, au lieu d’appeler tous les jeunes gens sous les drapeaux, il exonérait les soutiens de famille, fixait, pour le temps de paix, le contingent à 40.000 hommes, et libérait d’une manière définitive tous ceux que le sort n’avait pas appelés à faire partie de ce contingent. Pour détruire le favoritisme, cause de découragement pour l’armée, l’avancement jusqu’au grade de colonel était basé sur l’ancienneté. Après six années de service, les sous-officiers et soldats rentrés dans leurs foyers étaient assujettis aux appels pendant six années encore, et formaient ainsi, sous le nom de vétérans, la réserve, en cas de guerre. En 1824, les vétérans furent remplacés par une réserve de jeunes soldats laissés dans leurs familles. Ce n’est pas sans une vive opposition que Gouvion-Saint-Cyr put faire passer sa réforme aux deux Chambres. En butte à la haine des royalistes, il se retira à la fin de 1819. Gouvion-Saint-Cyr était un militaire instruit, un bon stratégiste, mais froid, étranger aux enthousiasmes des champs de bataille. On a de lui : Journal des opérations de l’armée de Catalogne en 1808-1809 (Paris, 1821, in-8°, avec atlas) ; Mémoires sur les campagnes des armées du Rhin et de Rhin-et-Moselle (1829, 4 vol. in-8°) ; Mémoires pour servir à l’histoire mililaire sous le Directoire, le Consulat et l’Empire (1831, 4 vol. in-8°). Ces ouvrages
sont adoptés comme livres classiques dans les écoles militaires.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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MARECHAL OUDINOT (1767-1847)

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Maréchal Nicolas-Charles Oudinot (1747-1847), duc de Reggio

C’est un général éprouvé dans cent combats, où il a montré autant d’intrépidité que de savoir.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal OUDINOT (Nicolas-Charles) duc de Reggio, maréchal et pair de France, né à Bar-le-Duc en 1767, mort à Paris en 1847. Fils d’un commerçant, il renonça à suivre la carrière du commerce pour entrer à dix-sept ans dans le régiment de Médoc-infanterie. Toutefois, cédant aux instances paternelles, il quitta le service en 1787 et revint à Bar-le-Duc. La Révolution, qui éclata peu après, trouva en lui un chaleureux partisan et lui fournit l’occasion de rentrer dans l’armée. Le sang-froid et le courage dont il avait fait preuve en 1790, pour calmer une émeute populaire, lui valut d’être nommé, en 1791, chef du se bataillon de volontaires de la Meuse, puis lieutenant-colonel. A ce titre, il défendit le château de Bitche, attaqué parles Prussiens, les força à battre en retraite et leur fit 700 prisonniers. Peu après ce fait d’armes, il était nommé colonel ou chef de la 4e brigade de ligne (1793). Placé sous les ordres du général Ambert, il se trouvait dans un poste avancé à Morlautern lorsque, le 23 mai il soutint, pendant huit heures, le choc de 10.000 Prussiens et parvint à se dégager dans une charge à la baïonnette. Cette action d’éclat lui valut le grade de général de brigade (2 juin 1794). Oudinot marcha alors sur Trêves, dont il s’empara et où il eut la jambe cassée (6 août). Ayant rejoint l’ armée de Rhin-et-Moselle, il reçut cinq blessures dans le combat de Neckerau (18 octobre) et tomba au pouvoir de l’ennemi, qui le rendit à la liberté à la suite d’un échange en janvier 1796. Placé alors sous les ordres de Moreau, Oudinot fit les campagnes de Souabe et de Bavière, et reçut de nouvelles blessures au combat de Neubourg (1796). En 1799, il fit partie de ravinée d’Helvétie, devint alors général de division, se distingua particulièrement à la bataille de Zurich, passa ensuite en Italie avec Masséna, assista au siège de Gènes (1800) et se signala à la bataille du Mincio, dont il fut chargé de rapporter les trophées à Paris. Il reçut, en cette circonstance, un sabre d’honneur et un canon qu’il avait pris. Nommé successivement inspecteur général, commandant d’une division du camp de Bruges (1803), il reçut, en 1305, la grand-croix de la Légion d’honneur. Dans la campagne de 1805, à la tête de 10.000 grenadiers, qui prirent bientôt le nom de grenadiers Oudinot, il remporta la victoire de Wertingen, entra le premier dans Vienne et contribua au succès de la bataille d’Austerlitz. Il prit, cette même année, possession de Neufchâtel et entra à Berlin après la bataille d’Iéna. Oudinot gagna la bataille d’Ostrolenka en 1807, conquit à Friedland, où il soutint les efforts de Russes, le titre de comte (14 juin), puis devint, en 1808, gouverneur d’Erfurt. Ce fut pendant l’entrevue qui eut lieu dans cette ville entre le tsar Alexandre et Napoléon que ce dernier, présentant Oudinot au tsar, appela le Bayard de l’armée. Pendant la campagne de 1809, Oudinot continua à se distinguer à Landshut, à Ebersberg, à l’île Lobau et surtout à Wagram (6 juillet). A la, suite de cette bataille, il reçut le bâton de maréchal, de France, le titre de duc de Reggio (15 août) et une dotation de 100.000 francs. Après avoir opéré l’occupation de la Hollande en 1810, gouverné Berlin en 1812, il commanda le 26 corps en Russie, battit Wittgenstein (29 juillet), fut blessé le 7 août et dut quitter son commandement, qu’il reprit à la nouvelle des premiers désastres. Dans la fatale retraite, il sauva les derniers débris de l’armée, en leur assurant, par des prodiges de valeur, le passage de la Bérézina, et reçut encore plusieurs blessures. En 1813, Oudinot figura avec gloire à la bataille de Bautzen ; mais, poussant une pointe hasardeuse sur Berlin, il fut défait par Bernadotte à Gross-Beeren et contraint de se replier sur Wittemberg. Oudinot, privé alors de son commandement, fut placé sous les ordres de Ney. Après avoir assuré la retraite sur Torgau, il se rendit à Dresde, battit, avec deux divisions de la jeune garde, le prince de Wurtemberg à Wachau, remporta, pendant la retraite de l’armée, un succès sur le général York à Freybourg, et prit part, pendant la campagne de France, aux combats de Brienne, de Bar-sur-Aube et d’ Arcis-sur-Aube. Il ne déposa les armes qu’après l’abdication de Napoléon à Fontainebleau. Alors il se rallia à Louis XVIII, auquel il resta fidèle pendant les Cent-Jours, et qui le nomma major général de sa garde, commandant en chef de la garde nationale de Paris. II termina sa carrière militaire dans la guerre d’Espagne de 1823, où il fut mis à la tête du 1er corps. Dans cette campagne, l’expérience du duc de Reggio eut une grande part au succès. Nommé gouverneur de Madrid, il réprima les fureurs d’une populace excitée par le fanatisme religieux et politique, et mérita l’estime de tous les partis. Après la Révolution de juillet 1830, il fit sa soumission au nouveau gouvernement, mais se retira à la campagne et ne vint que rarement à Paris pour les sessions de la Chambre des pairs. Néanmoins, il fut nommé grand chancelier de la Légion d’honneur en 1839 et gouverneur des Invalides en 1842, fonctions qu’il conserva jusqu’à sa mort. « Doué d’un physique très agréable, dit M. Cuzon, sa physionomie ouverte et vive était en parfaite harmonie avec un esprit où la franchise savait s’allier à la finesse. Son langage était bref, lucide et parfois éclatant de saillies. Esclave du devoir, le maréchal exigeait de ses subordonnés une obéissance instantanée. S’apercevait-il que sa volonté s’était manifestée trop vivement, soudain des témoignages affectueux venaient effacer les traces d’une impatience toujours exempte d’arrière-pensée. La fermeté, l’impétuosité même de son caractère étaient tempérées par une sensibilité innée, dont il cherchait vainement à comprimer l’essor. Ses entretiens portaient de préférence sur l’art de la guerre, art dont sa rapide pénétration devinait tous les secrets. Le sentiment qui fut le principal mobile des grandes actions d’Oudinot, c’est le patriotisme ; il l’éleva à la hauteur d’un culte. » Pendant sa carrière militaire, il avait reçu trente-deux blessures sur les champs de bataille. Le maréchal avait épousé Mlle Derlin et, en secondes noces, Mlle de Coucy, dame d’honneur de la duchesse de Berry. De ces deux mariages, il avait eu onze enfants, dont quatre fils, qui ont tous suivi la carrière des armes. La ville de Bar-le-Duc lui a élevé, en 1830, une statue, due au sculpteur Debay.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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février 27, 2008

MARECHAL MACDONALD (1765-1840)

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Maréchal Macdonald (1765-1840), duc de Tarente

Je ne suis pas assez riche pour récompenser vos divers services. Je vois maintenant comme on m’avait trompé sur votre compte ! Maréchal, donnez-moi la main et embrassez-moi.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal MACDONALD (Jacques-Etienne-Joseph-Alexandre), duc de Tarente, maréchal et pair de France, né à Sedan en 1765, d’une famille écossaise venue en France à la suite des Stuarts, mort en 1840. Il fit ses premières armes dans le régiment irlandais de Dillon, pendant la campagne de Hollande en 1784, et conquit le grade d’officier, qui lui fut conservé par la République. Fait capitaine après la bataille de Jemmapes, où il se distingua particulièrement il parcourut rapidement les autres grades jusqu à celui de colonel. Bientôt nommé général de brigade (1795), et commandant en cette qualité à l’avant-garde de l’armée du Nord sous Pichegru, il poursuivit, depuis Valenciennes jusqu’au delà de l’Ems, les Anglais commandés par le duc d’York, passa le Wahal sur la glace, sous le feu des batteries ennemies, et fit prisonnière la flotta hollandaise (1795). Ce fait d’armes, unique dans l’histoire, lui valut sa nomination au grade de général de division (1796). Après avoir servi en Allemagne et en Italie, le général Macdonald fut nommé gouverneur de Rome et des Etats de l’Eglise (1798). A l’approche de Mack, il évacua Rome et fut attaqué à Otricoli. Le général ennemi, dont l’armée était de 80.000 hommes fut battu et mis en déroute par 25.000 Français réunis sous les ordres de Championnet, et dont Macdonald commandait le principal corps. Devenu général en chef de l’armée des Alpes après l’arrestation de Championnet (1799), Macdonald achevait de soumettre le royaume de Naples, lorsque les avantages remportés par Souvarov dans la haute Italie l’obligèrent à évacuer les Etats napolitains. Il traversa la Toscane, alors qu’on le croyait cerné, et culbuta l’ennemi, puis disputa pendant trois jours à Souvarov la victoire de la Trebbia (juin 1799), et parvint à opérer, près de Gènes, sa jonction avec Moreau. A la suite de cette campagne, qui l’avait placé si haut dans l’estime publique, il fut employé à l’intérieur et eut le tort grave d’aider puissamment Bonaparte lors du funeste coup d’Etat du 18 brumaire. Après la bataille de Marengo, il reçut le commandement de l’armée des Grisons, eut à vaincre mille obstacles pour parvenir jusqu’au Splügen et chassa les Autrichiens de poste en poste sur une ligne de 60 lieues de montagnes (1801). Peu après, Macdonald fut envoyé comme ministre plénipotentiaire au Danemark, où il resta jusqu’en 1803. Disgracié lors de l’affaire de Moreau, dont il prit la défense, ce ne fut qu’en 1809 qu’il reprit du service. Mis alors à la tète d’une division en Italie, il passa l’Isonzo, chassa les Autrichiens de la position de Goritz, concourut à la victoire de Raab, et rejoignit Napoléon près de Vienne. A Wagram, sur le champ de bataille, il fut fait maréchal pour avoir décidé le succès de la journée en enfonçant le centre de l’armée ennemie, que protégeaient 200 pièces de canon, et à son retour à Paris il reçut le titre de duc de Tarente (1810). Envoyé ensuite en Catalogne, il s’empara de la place de Figuières (1811), payant partout de sa personne. Dans la campagne de Russie, il eut le commandement du 10e corps. Il passa le Niémen à Tilsitt, s’empara de Dunabourg et occupa la ligne de Riga. Après avoir, pendant près d’un mois, livré sous cette ville de sanglants combats, le 10e corps fut obligé de se replier par suite des désastres de la grande armée. Le 13 décembre 1813, Macdonald était abandonné devant l’ennemi par les Prussiens du général York, placés sous ses ordres, et cependant il soutenait vigoureusement les attaques des Russes, et faisait sa retraite sans être entamé. En 1813, ayant rencontré ces mêmes Prussiens du général York, il les battit à Mersebourg. A Lutzen, à Bautzen et à Leipzig, il se conduisit glorieusement ; plus heureux que Poniatowski, il traversa l’Elster à la nage. Il eut encore part à la victoire de Hanau, où les Français écrasèrent une partie des troupes germaniques qui venaient de les trahir. Pendant la campagne de 1814, il soutint sa grande renommée militaire, et suivit Napoléon à Fontainebleau. Aussitôt après l’acte d’abdication, il donna son adhésion au nouvel ordre de choses, et il accepta la pairie le 4 juin 1814. Au retour de l’île d’Elbe, le duc de Tarente. quitta Paris avec Louis XVIII dans la nuit du 19 au 20 mars 1815 et, après l’avoir accompagné jusqu’à Menin, il revint à Paris, refusa de servir l’Empereur, et fit son service dans la garde nationale comme simple grenadier. Enfin, après Waterloo, il reçut la mission de licencier l’armée de la Loire ; il fut nommé peu de temps après grand chancelier de la Légion d’honneur, dignité qu’il conserva jusqu’en 1831. Les honneurs de tout genre dont le combla le gouvernement de la Restauration ne l’empêchèrent pas de faire preuve, à la Chambre des pairs, d’une réelle indépendance. Après la Révolution de 1830, comme sa santé s’était sensiblement affaiblie, il se retira dans sa terre de Courcelles, où il resta presque constamment jusqu’à sa mort. Il s’était marié trois fois. De sa dernière femme, Mlle de Bourgoing, il eut un fils, qui hérita de son titre et fut, sous le second Empire, chambellan et membre du Corps législatif.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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février 26, 2008

MARECHAL VICTOR (1764-1841)

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Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor (1764-1841), alors Lieutenant-colonel Du 5e bataillon du Rhône en 1792

Nous sommes redevable au courage du 8e bataillon de grenadiers et au sang-froid du général de brigade Victor d’être sortis à si bon marché de ce combat inégal. [lors de la 1ère campagne d’Italie]

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal VICTOR (Claude-Victor PERRIN, dit), duc de Bellune, maréchal et pair de France, né à La Marche (Vosges) en 1764, mort à Paris en 1841. Entré au service comme tambour à l’âge de dix-sept ans, il servit dans le 4e régiment d’artillerie et obtint son congé en 1789. Il se fixa à Valence, y fit du commerce et se maria ; mais, après la déclaration de la patrie en danger, il vola aux frontières en avec le 3e bataillon de la Drôme. De simple volontaire, il s’éleva en peu de mois au grade de chef de bataillon, par la valeur qu’il déploya dans la première campagne d’Italie. Sa conduite au siège de Toulon le fit nommer général de brigade par les représentants du peuple (30 frimaire an II). Il se distingua ensuite à l’armée des Pvrénées-Orientales (1793-1795), à celle d’Italie, sous Schérer et Bonaparte, à la capitulation de Provera, au combat de La Favorite, reçut le brevet de général de division, seconda les opérations de Lannes sur Rome, occupa Faenza, et Forli, et surprit Ancône (1797). Ayant reçu le commandement de Nantes, il demanda d’être employé activement dans l’armée d’Angleterre, qui s’organisait alors. Il écrivait, à ce sujet, au Directoire : « Rester dans l’intérieur pendant que le canon républicain va se faire entendre sur la Tamise est une fonction que je ne puis exercer. » Rappelé, en effet, à l’armée d’Italie, il prit part-à la malheureuse campagne de 1798 sous Joubert et Moreau. L’année suivante, à Marengo, il commanda l’avant-garde pendant les trois journées de cette mémorable bataille et passa immédiatement après à l’armée gallo-batave. Nommé ambassadeur en Danemark en 1805, il commanda successivement le 10e et le 1er corps dans la campagne de Prusse (1806-1807), détermina, à la tète de ses troupes, le succès de la bataille de Friedland et en fut récompensé par le bâton de maréchal et le gouvernement de Berlin. De nouveaux lauriers l’attendaient en Espagne : il y gagna, avec le 1er corps, les batailles d’Uclès et de Medellin (1809). Les champs de la Russie et de la Saxe, en 1812 et 1813, furent aussi témoins de sa valeur. Dans la campagne de 1814, il disputa aux Russes l’entrée des Vosges, chassa l’ennemi de Saint-Dizier et emporta le village de Brienne à la baïonnette. Napoléon ayant abdiqué, Victor offrit ses services à Louis XVIII, qui lui confia le commandement de la 2e division militaire et l’éleva à la pairie. Fidèle à son nouveau souverain, il l’accompagna à Gand, rentra avec lui, devint président de la fameuse commission chargée d’examiner la conduite des officiers qui avaient servi pendant les Cent-Jours et se fit, dans ces fonctions, l’organe des rancunes des ultra-royalistes. Nommé au ministère de la guerre en 1821, il montra plus de zèle que de capacité administrative dans l’organisation de l’armée d’Espagne (1823), et il perdit son portefeuille à l’occasion des marchés Ouvrard. Major général de la garde royale à l’époque de la Révolution de 1830 il ne se rallia point au nouveau gouvernement ; il lui fit même une opposition sourde. On le désignait comme l’un des membres d’un gouvernement provisoire légitimiste, et c’est grâce a l’amitié du maréchal Soult qu’il dut de ne pas être compris dans les poursuites dirigées à ce sujet contre Chateaubriand, M. Hyde de Neuville et autres. Ses-dernières années s’écoulèrent dans la retraite. Elles furent troublées pourtant par un incident assez curieux. Alexandre Dumas, dans sa Notice sur La jeunesse de Napoléon, avait avancé, sur le témoignage de personnes dignes de foi, que le duc de Bellune avait été à Valence, en 1790, épicier et ménétrier. Les journaux répandirent cette révélation, comme un châtiment infligé à l’ancien roturier, aujourd’hui champion du droit divin. Le maréchal essaya de se défendre, mais ses explications ne servirent qu’à donner de la consistance au bruit répandu. Il menaça Alexandre Dumas d’un procès en diffamation ; celui-ci défendit son dire, et le procès n’eut point lieu.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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février 24, 2008

MARECHAL NEY (1769-1815)

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Maréchal Michel Ney (1769-1815), duc d’Elchingen, Prince de la Moskowa

Il est aussi faible qu’il est brave et son excessive ambition donne prise sur lui. Ney est le plus brave des hommes, mais là se bornent toutes ses facultés.

Il y avait en lui une disposition ingrate et factieuse et, si je devais mourir de la main d’un maréchal, il y a à parier que ce serait de la sienne.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal NEY (Michel), duc d’Elchingen, prince de la Moskowa, né à Sarrelouis le 10 janvier 1769, fusillé à Paris le 7 décembre 1815. Son père, ancien soldat devenu tonnelier, l’envoya pendant quelque temps au collège des Augustins, puis le fit entrer, àl’âge de treize ans, comme petit clerc chez un notaire. Michel Ney fut ensuite employé aux écritures du parquet, puis dans les bureaux de la compagnie des mines d’Apenweiler. Cette existence monotone et sédentaire était profondément antipathique au caractère ardent du jeune homme. Fatigué de son inaction, il se rendit à Metz et s’enrôla, le 6 décembre 1788, dans un régiment de hussards. Ney avait trouvé sa voie. Il se fit aussitôt remarquer par sa rare aptitude au métier des armes et franchit assez rapidement les grades subalternes. Mais enfant du peuple, il était par cela même condamné à végéter, lorsque la Révolution, qui vint replacer l’ordre social sur sa véritable base, lui fournit l’occasion de révéler ses grandes qualités comme homme de guerre et d’arriver par de rapides étapes au grade le plus élevé de l’armée. Brigadier-fourrier en 1791, maréchal des logis en 1792, Michel Ney prit part à la campagne de 1792 dans l’armée du Nord et fut nommé lieutenant le 5 novembre de la même année. Successivement aide de camp du général Lamarche et du général Colaud (1793), il assista aux combats de Nerwinde, de Louvain , de Valenciennes, de Grandpré, devint capitaine en 1794, et fut chargé par Kléber, frappe de son énergie et de sa froide intrépidité, de harceler les Autrichiens, à la tête d’un petit corps de 500 hommes. L’habileté et l’ardeur dont il fit preuve dans cette guerre de partisans lui valurent le surnom d’Infatigable et le grade de chef d’escadron (septembre 1794). Nommé chef de brigade le mois suivant pour sa conduite à la bataille d’Aldenhoven, il concourut, en novembre, au siège et à la prise de Maëstricht, puis il alla prendre part au siège de Mayence, où il fut grièvement blessé. En 1795, Ney rejoignit l’armée de Sambre-et-Meuse, donna de nouvelles preuves de sa valeur à la prise d’Altenkirchen, aux combats de Lahn, d’Obermel, de Friedberg, de Dierdorff, de Mont-Thabor, enleva la citadelle de Wurtzbourg (15 juillet 1796), où il fit 2.000 prisonniers, et, après avoir forcé, à la suite de plusieurs combats, le passage de la Rednitz, battit l’ennemi sous les murs de Forzheim, dont il s’empara (8 août 1796). Ce jour même, Ney fut promu général de brigade. Pendant cette campagne, il s’était montré aussi humain après la victoire que redoutable pendant le combat. Il avait sauvé la vie à un grand nombre d’émigrés, faits prisonniers en combattant les soldats de la France. Mis en 1797 à la tête d’un corps de hussards, Ney contribua par des charges brillantes à la défaite des Autrichiens à Neuwied (17 avril) et à Dierdoff. Le 22 avril, il poursuivait l’ennemi à Giëssen lorsque, ayant eu son cheval tué sous lui, il fut entouré par un gros de cavaliers, se défendit avec le tronçon de son sabre et fut fait prisonnier. Mais presque aussitôt, à la suite d’un échange, il revint prendre son commandement sous les ordres de Hoche. La signature des préliminaires de paix de Léoben, suivie du traité de Campo-Formio (14 mars 1798), mit alors fin à la guerre, qui ne tarda pas à recommencer. Envoyé à l’armée que commandait Bernadotte, Ney se signala dès le début de la campagne par un trait d’une rare audace. Ayant reçu l’ordre de s’emparer de Manheim, il s’introduisit furtivement dans la place avec 150 hommes déterminés et s’en rendit maître. Cette action d’éclat lui valut le grade de général de division (28 mars 1799). Il passa alors à l’armée du Danube sous les ordres de Masséna, et se distingua à Fraenfelde, à Altikow et a Wintherthur, où il lutta ayec 3.000 hommes contre 16.000 Autrichiens et reçut deux blessures. A peine guéri, il passa à l’armée du Rhin pour y commander l’avant-garde, s’empara de Heilbroon, de Laufen, battit l’ennemi à Wisloch, à Hochheim, s’avança jusqu’à Ludwigsburg, puis se replia devant des forces d’une supériorité écrasante et reçut deux nouvelles blessures devant Manheim. Investi du commandement provisoire de l’armée du Rhin, Ney fit une attaque sur toute la ligne pour empêcher l’archiduc Charles d’opérer sa jonction avec Souvarov, ce qui permit à Masséna de battre complètement les Austro-Russes à Zurich. Il se porta ensuite sur le Neckar, et, après divers succès, il remit le commandement en chef au général Lecourbe. Sous les ordres de ce général, il fit le plus grand mal à l’ennemi en se livrant à une incessante guerre d’avant-poste. Ce fut sur ces entrefaites que Bonaparte, revenant d’Egypte, mit à exécution ses projets ambitieux, enraya la marche pacifique de la Révolution et fit le coup d’Etat du 18 brumaire qui, en établissant un despotisme sans frein, devait influer d’une façon si désastreuse sur les destinées de la France. Ney, qui devait tout à la Révolution, était à cette époque républicain, comme la plupart des généraux. L’attentat du 18 brumaire lui causa un vif déplaisir. Il fit part, dit-on, de son mécontentement et de ses craintes à Bernadotte et à Lefebvre, qui le calmèrent. Du reste Ney, d’une étonnante audace, d’un rare sang-froid sur le champ de bataille, était incertain, irrésolu lorsqu’il se trouvait en face d’une politique complexe, et très prompt à se laisser entraîner, comme il le prouva plus tard. Bien que mécontent, il fit acte d’adhésion au nouveau régime et continua à servir dans les armées du Rhin et du Danube, réunies sous les ordres supérieurs de Moreau. Comme toujours, il se montra un héroïque soldat à Engen, à Moskirch, à Hochstaedt (18 juin 1800), à Ingolstadt, à Wasserburg et à Hohenlinden (3 décembre) ; il contribua puissamment au succès de cette mémorable bataille qui, avec la bataille de Marengo, força l’ennemi à signer la paix de Lunéville (9 février 1801). A Hohenlinden, Ney s’était emparé, par un mouvement rapide et par une attaque impétueuse, de dix pièces de canon et de 10.000 prisonniers. Après la signature de la paix, Ney se rendit à Paris, où le premier consul s’efforça de l’attacher à sa fortune et lui fit épouser une amie intime d’Hortense de Beauharnais, Mlle Louise Auguié de Lascans. A l’occasion de ce mariage, qui fut célébré au château de Grignon (juillet 1802), Bonaparte fit don au général d’un magnifique sabre égyptien, qui en 1815 devait trahir la présence de Ney dans le lieu où il s’était caché et amener son arrestation. Trois mois plus tard, Ney était envoyé comme ministre plénipotentiaire en Suisse pour proposer au sénat de Berne de mettre la république helvétique sous la protection de la France. Après avoir forcé le général Brackman à licencier ses troupes, il eut des conférences avec les députés des cantons et les détermina à se rendre à Paris pour y signer l’acte de médiation (19 février 1803). Rappelé au mois d’octobre suivant, après la rupture des relations diplomatiques avec l’Angleterre, il reçut, le 28 décembre, le commandement en chef du 6e corps de l’armée que Bonaparte rassemblait sur la côte de la Manche pour opérer une descente en Angleterre. Après la proclamation de l’Empire, Ney se vit combler d’honneurs. Nommé maréchal de France (19 mai 1804), il reçut peu après le grand cordon de la Légion d’honneur et le titre de chef de la 7e cohorte. La guerre avec l’Autriche, coalisée avec l’Angleterre et la Russie, ayant éclaté en 1805, le maréchal Ney franchit le Rhin, à la tête du ea corps, occupa, après une marche rapide, les défilés du Danube, battit l’archiduc Ferdinand à Guntzbourg (9 octobre), et, chargé d’enlever les formidables positions d’Elchingen, défendues par 15.000 hommes et quarante pièces de canon, culbuta l’ennemi, le précipita du plateau et le rejeta dans la place d’Ulm, qui dut capituler le 20 octobre. Pendant que, après la prise de cette place, Napoléon marchait sur Vienne, Ney pénétrait dans le Tyrol avec 30.000 hommes, en chassait l’archiduc Jean, prenait Charnitz, Inspruck (7 novembre), Hall, où il s’emparait des arsenaux et des magasins de l’ennemi, et entrait dans la Carinthie au moment où la victoire d’Austerlitz forçait l’Autriche à signer là paix de Presbourg (26 décembre). La campagne de 1806 et de 1807 contre la Prusse et la Russie devaient mettre le comble à la réputation militaire du maréchal Ney. Toujours à la tête du 6e corps, il achève la défaite des Prussiens à Iéna (14 octobre 1806), s’empare, le 15, d’Erfurt, où il prend cent vingt pièces de canon et fait 14.000 prisonniers, puis fait le siège de Magdebourg, le boulevard de la Prusse, qui, en moins de vingt-quatre heures, capitule, lui livrant huit cents canons et 23.000 prisonniers (8 novembre). Après avoir chassé de Thorn les Prussiens mis en pleine déroute, il franchit la Vistule,bat l’ennemi àMlawa, puis près de Lauterbach, rejette Benningsen derrière la Prégel, dégage Bernadotte, attaqué par toute l’armée russe à Morhungen (25 janvier 1807), détruit tout un corps prussien à Deppen (5 février), et coupe la retraite des Russes à la sanglante bataille d’Eylau (8 février). Au combat de Guttstadt, Ney soutint, avec 14.000 combattants, les efforts de 70.000 Russes et de cent pièces de canon (1er mars). Après avoir battu l’ennemi à Spanden (6 juin), il dut, devant la supériorité du nombre, opérer sa retraite sur Allenbourg, ce qu’il fit avec un sang-froid et une habileté qu’on ne saurait trop louer. Quelques jours après, le 14, à Friedland, il jetait dans l’Alle l’aile gauche de l’ennemi, emportait la ville, défendue par la garde impériale russe, et décidait la victoire. Il venait de s’emparer d’Intersbourg, lorsque la paix de Tilsit vint mettre fin à la guerre. Son sang-froid, son audace devant le danger, les grands talents militaires dont il venait de donner tant de preuves lui firent décerner alors par l’armée le surnom de Brave des braves. Ses soldats, qui avaient en lui une confiance inaltérable, l’appelaient aussi, à causee de la couleur de ses Cheveux, le Lion rouge et Pierre le Rouge. Cette même année, Napoléon, dans son désir de reconstituer les institutions monarchiques, organisa une nouvelle noblesse, et Ney reçut le titre de duc d’Elchingen (19 mars 1808). Ney commençait à peine à se reposer des longues fatigues de ses dernières campagnes, lorsqu’il fut envoyé avec son 6e corps en Espagne. Après avoir pris Logrono (25 octobre 1808), Soria et empêché Wellington de faire sa jonction avec le général de La Romana, il entreprit de soumettre la Galice et les Asturies (1809), se vit harceler par les guérillas, battit La Romana à Penaflor, entra à Oviedo, le 19 mai, et fit éprouver à Wilson un grave échec à Banos (12 août). Envoyé en 1810 au Portugal, sous les ordres de Masséna, le duc d’Elchingen assiège et prend Ciudad-Rodrigo (10 juillet), livre le combat de Guarda (24 juillet), obtient la reddition d’Almeida, puis arrive avec le reste de l’armée sous les murs de Lisbonne, devant l’inexpugnable position de Villa-Franca. Après six mois d’une occupation inutile, l’armée, en proie à la disette, dut battre en retraite. Ney, dont le 6e corps se trouvait réduit à 6.000 hommes, fut chargé de soutenir à l’arrière-garde les efforts de l’armée anglo-portugaise, forte de 40.000 hommes. En cette circonstance, Ney fit preuve d’une connaissance profonde de l’art des retraites et excita par sa conduite l’admiration de l’ennemi qu’il tint constamment en échec et qui ne put l’entamer. A la suite du désordre arrivé au pont de Potz de Aronce, un vif dissentiment éclata entre Ney et Masséna au sujet de la marche que devait suivre l’armée. Le duc d’Elchingen refusa d’obéir à son chef et se vit soutenu par son corps. Il poussa si loin son esprit de rébellion, qui en plusieurs circonstances fut funeste à nos armes, que Masséna dut lui retirer son commandement, et, après une tentative de résistance, il dut céder et revenir en France. Lors de la déclaration de guerre à la Russie (22 juin 1812), Ney fut mis à la tête du 3e corps. Il battit l’ennemi à Lyadi (13 août), prit une part brillante à la prise de Smolensk où il fut atteint d’une balle au cou, et culbuta à Valentia trois corps d’armée russes. Lorsque Napoléon réunit un conseil de guerre pour décider s’il fallait passer l’hiver sur le Dnieper ou marcher immédiatement sur Moscou, Ney se prononça avec beaucoup de sagacité pour le premier avis, qui fut repoussé. Le 7 septembre, le duc d’Elchingen commanda le centre de l’armée à la bataille de la Moskowa et s’y conduisit avec tant d’éclat, que Napoléon le nomma prince de la Moskowa. Mais ce fut surtout pendant la désastreuse retraite qui suivit l’incendie de Moscou que Ney se surpassa lui-même. Chargé du commandement de l’arrière-garde (2 novembre), il maintint en échec les Cosaques, fut séparé du gros de l’armée à Krasnôe (18 novembre) où, n’ayant que 7.000 hommes, il fut attaqué par des forces énormes et gagna le Dnieper en laissant derrière lui des milliers d’hommes et de chevaux ensevelis sous la neige, mais en relevant sans cesse par ses paroles et par son exemple le courage abattu de ses soldats. Arrivé sur la rive droite du Dnieper, Ney trouva le pont de Doubrowna détruit. Comme ce fleuve n’était pas entièrement gelé, il lui fallut pour le franchir abandonner son artillerie et ses bagages. Harcelé de nouveau par les Cosaques de Platoff, il n’avait plus que 3.000 hommes lorsqu’il arriva à Orcha, où se trouvaient les débris de la grande armée. Peu après, au passage de la Bérézina, il rendit d’incomparables services en sauvant des milliers d’hommes. Au milieu des scènes de douleur et de mort qui se renouvelaient à chaque pas, il conservait une force d’âme, un sang-froid, une énergie inaltérables et, redevenu soldat, à pied, le fusil à la main, il faisait le coup de feu comme le dernier de ses soldats. Pendant que Napoléon, puis Murat abandonnent l’armée, Ney continue ses héroïques efforts pour empêcher son total anéantissement. Il traverse Kowno et le Niémen, dit le comte de Ségur, toujours combattant, reculant et ne fuyant pas, marchant toujours après les autres, et, pour la centième fois depuis quarante jours et quarante nuits, exposant sa vie et sa liberté pour ramener quelques Français de plus ; il sort enfin le dernier de cette fatale Russie, montrant au monde l’impuissance de la fortune contre les grands courages et que, pour les héros, tout tourne en gloire, même les plus grands désastres. » L’Empire venait de recevoir un coup qui allait rapidement précipiter sa chute. Condamné par sa monstrueuse politique, uniquement basée sur une ambition personnelle vertigineuse, à entraîner la France dans une interminable série de guerres, Napoléon réorganisa, non sans peine, son armée en partie détruite, et rentra en campagne. Le prince de la Moskowa, à la tête du 3e corps, franchit la Saale (avril 1813), culbuta l’ennemi au défilé de Poserna (1er mai), décida la victoire de Lutzen en soutenant seul pendant six heures le choc de toute l’armée coalisée, assista à la bataille de Bautzen (21 mai), tourna la position de l’ennemi par sa marche au delà de la Sprée, enleva à la baïonnette le village de Préilitz et marcha sur Wurschen, pendant que les coalisés, qui avaient perdu 18.000 hommes, battaient en retraite. Chargé du commandement des 3e, 5e et 7e corps, il s’avança en Silésie et entra à Breslau le 3 juin. Un armistice qui venait d’être signé lui permit de soigner la blessure qu’il avait reçue à Lutzen. Mais bientôt la guerre recommença ; Napoléon, forcé de lutter contre les armées de la coalition qui s’étaient considérablement accrues, appela Ney de Silésie, où l’armée, privée de son chef, fut battue. Le prince de la Moskowa contribua au succès de la bataille de Dresde ; mais il fut battu à Dennewitz, le 5 septembre, par Bernadotte, qui lui fit 10.000 prisonniers et lui enleva vingt-cinq pièces de canon. Napoléon lui ayant reproché cet échec, Ney, depuis longtemps mécontent de la politique impériale, ne put se contenir et déclara au despote que son ambition insatiable était la seule cause de nos malheurs. La défaite de Leipzig fut suivie peu après de l’invasion de la France. Dans cette situation terrible, Ney montra autant d’activité que d’intrépidité ; mais tous ses efforts restèrent stériles. « Sans commandement fixe, dit Rabbe, sans but arrêté, pendant cette fatale campagne où rien n’était prévu parce qu’il n’était pas possible de rien prévoir, le prince de la Moskowa courait à l’ennemi, s’efforçait de lui faire face partout, remportant presque partout des avantages dont il regrettait de ne pouvoir tirer parti. A Brienne (29 janvier 1814), à Mézières, à Champaubert, à Montmirail, à Craonne (9 mars), à Château-Thierry, il fut constamment au feu, animant les soldats et leur faisant retrouver, malgré leur petit nombre, cette confiance héroïque qui les avait inspirés aux jours de bonheur. A peine avait-il 53.000 hommes, disséminés sur un grand espace, à opposer à une masse de 300.000 ennemis rangés de front. Tant d’efforts devinrent inutiles et, tandis que Napoléon, après avoir traversé Nogent et Sens, arrive à Fontainebleau, les alliés entrent à Parts (31 mars), et le Sénat prononce sa déchéance (2 avril 1814). » Le prince de la Moskowa, le duc de Vicence et le duc de Tarente furent alors choisis par Bonaparte pour négocier la paix au nom de la régente Marie-Louise. Ils se rendirent à Essonne, où ils virent Marmont qui négociait de son côté, revinrent avec lui à Paris et obtinrent une entrevue de l’empereur Alexandre, qui exigea une abdication absolue. Ney retourna aussitôt à Fontainebleau, Avez-vous réussi, lui demanda Napoléon. – En partie, sire, répondit le maréchal, votre liberté et votre vie sont garanties ; mais la régence n’est pas admise ; il était déjà trop tard ; demain le Sénat reconnaîtra les Bourbons. – Où me retirerai-je ? – Où voudra Votre Majesté ; à l’île d’Elbe, par exemple, avec 6 millions de revenu. » En présence de cet effondrement si mérité de son étonnante fortune, l’Empereur plia la tête, se soumit et signa le 11 avril son abdication. C’est alors qu’on put voir à quel degré d’abaissement le despotisme impérial avait amené les hommes alors à la tête de la France. Ces hommes ; qui, en s’applatissant devant le despote, avaient perdu, toute dignité, toute indépendance personnelle, se précipitèrent avec la plus lâche servilité aux pieds de cette famille des Bourbons, apportée sur notre sol dans les fourgons de l’étranger. Dans tout ce monde officiel, on chercherait vainement une âme indépendante et fière, ayant quelque souci de la liberté de la France et songeant à essayer de la prémunir contre les effets du despotisme dont elle était la sanglante victime. Ney n’échappa point à cette honteuse contagion. Lorsque, le 11 avril, le comte d’Artois entra à Paris, Michel Ney, au lieu d’entrer dignement dans la retraite, accourut au devant du prince émigré et, se faisant l’interprète des anciens généraux de la Révolution, il lui adressa ces paroles : « Monseigneur, nous avons servi avec zèle un gouvernement qui nous commandait au nom de la France. Votre Altesse Royale et Sa Majesté verront avec quelle fidélité et quel dévouement nous saurons servir notre roi légitime. » Louis XVIII, qui tenait à l’attacher à sa cause, publia, le 20 mai, une ordonnance ainsi conçue : « Notre cousin le maréchal Ney est nommé commandant en chef du corps royal des cuirassiers, des dragons, des chasseurs et des chevau-légers lanciers de France » puis il le nomma chevalier de l’ordre de Saint-Louis (1er juin), gouverneur de la 6e division militaire (2 juin) et pair de France (4 juin). Le prince de la Moskowa se rendit aux réceptions de la cour avec sa femme, dont la mère avait été femme de chambre de Marie-Antoinette ; mais la maréchale s’y vit en butte aux mépris et aux sarcasmes de l’ancienne noblesse et, cruellement atteinte, même dans son mari, en qui on affectait de ne voir ue le fils d’un ancien tonnelier, il lui arriva fréquemment de verser des larmes en sortant des Tuileries. Profondément blessé de ces humiliations, Ney quitta Paris et se retira dans sa terre des Coudreaux, près de Châteaudun. C’est là qu’il vivait, éloigné du monde, lorsqu’il reçut, le 6 mars 1815, du maréchal Soult, ministre de la guerre, l’ordre d’aller prendre le commandement de la 6e division militaire à Besançon. Ney partit aussitôt pour Paris, afin de prendre les instructions du ministre. Eu arrivant dans la capitale, il apprit, de sou notaire M. Bâtarde, le débarquement de Napoléon à Cannes. « Voilà un bien grand malheur, s’écria-t-il, que va-t-on faire ? Qui pourra-t-on envoyer contre cet homme ? » En voyant Napoléon tenter de nouvelles aventures et venir troubler la paix du monde, il éprouva une indignation sincère. S’il’avait perdu toute sympathie pour les Bourbons, il n’en avait plus aucune pour l’homme qui avait fait couler tant de sang français, et qui, pour satisfaire sa folle ambition, allait en faire couler encore. Le maréchal Soult, auprès de qui il se rendit aussitôt, lui annonça qu’il était chargé d’arrêter Napoléon et qu’on lui ferait savoir à Besançon la conduite à tenir. Ney voulut alors voir Louis XVIII. Ayant obtenu une audience, il montra une vive colère contre l’Empereur, parut fier d’être choisi pour arrêter le prisonnier en rupture de ban, et se laissa aller jusqu’à promettre au roi de lui ramener Napoléon dans une « cage de fer. » Le Journal de Paris publiait, le 11 mars, l’entrefilet suivant : « Sa Majesté a assuré le maréchal Ney qu’elle comptait sur sa fidélité. M. le maréchal a baisé la main du roi avec un enthousiasme respectueux et lui a dit que le plus beau jour de sa vie serait celui où il pourrait lui donner des preuves de son dévouement. » En arrivant à Besançon le 10, Ney apprit que le comte d’Artois, frère du roi, s’était rendu à Lyon et y avait pris le commandement des troupes. Il lui écrivit aussitôt que le peu de troupes qu’il avait à Besançon ne lui paraissant pas nécessiter sa présence dans cette ville, il suppliait Son Altesse Royale de l’employer près d’elle et à l’avant-garde, s’il était possible ; désirant dans cette circonstance, comme dans toutes celles qui pourraient intéresser le service du roi, lui donner des preuves de son zèle et de sa fidélité. » Le lendemain, M. de Maillé, premier gentilhomme du comte d’Artois, vint lui apprendre le départ du prince de Lyon et l’arrivée de Napoléon à Grenoble. Ney décicida alors de transporter son quartier général, à Lons-le-Saunier « bien résolu, écrivait-il au ministre de la guerre, à attaquer l’ennemi à la première occasion favorable. » En arrivant à Lons-le-Saunier (12mars), il apprit l’entrée de Napoléon à Lyon, concentra aussitôt ses forces et donna ses instructions à ses gênéraux. Un officier d’ordonnance lui ayant dit que les soldats frémissants étaient sur le point de se mutiner et criaient : Vive l’empereur ! II faudra bien qu’ils se battent, lui répondit-il ; je prendrai moi-même un fusil de la main d’un grenadier, j’engagerai l’action et je passerai mon sabre au travers du corps du premier qui refusera de me suivre. » Le 13, Ney apprit que, en haine des Bourbons, Napoléon était partout acclamé, que partout les troupes se joignaient à lui, que, Bourg, Maçon, Dijon venaient de proclamer le rétablissement de l’Empire et que l’artillerie qu’il attendait venait de grossir les troupes de Bonaparte. En présence de ce mouvement irrésistible, le maréchal tomba dans une profonde perplexité. Sur ces entrefaites, dans la nuit du 13 au 14, des émissaires de Bonaparte vinrent le trouver. Ils lui déclarèrent que le retour de Napoléon s’opérait de concert avec l’Angleterre et l’Autriche, lui annoncèrent que ses soldats allaient l’abandonner et lui montrèrent, en lui racontant la marche triomphale de son ancien maître, l’impossibilité de lutter contre le courant de l’opinion. Ces déclarations produisirent sur son esprit l’impression la plus vive. Incertain, irrésolu, le prince de la Moskowa consulta les généraux Lecourbe et Bourmont, qui servaient sous ses ordres. Ceux-ci, après avoir constaté qu’on ne pouvait résister au courant, se rangèrent à l’avis qu’il fallait abandonner la cause royale. Oubliant alors toutes ses promesses, toutes ses bruyantes protestations de dévouement, Ney, par une volte-face soudaine, se décida à se prononcer pour le parti triomphant. Aussitôt il donna l’ordre de réunir les troupes sur la place de Lons-le-Saunier, le 14 au matin. A l’heure fi’xée, au milieu d’une foule énorme, anxieuse de ce qui allait arriver, au milieu d’un silence profond, le maréchal, suivi de son état-major, arriva sur la place, tira son épée et, d’une voix forte, il lut la proclamation suivante, qui lui avait été remise par les envoyés de Bonaparte : « Officiers, sous-officiers et soldats, La cause des Bourbons est à jamais perdue. La dynastie que la nation française a adoptée va remonter sur le trône. C’est à l’empereur Napoléon, notre souverain, qu’il appartient seul de régner sur notre beau pays. Que la noblesse des Bourbons prenne le parti de s’expatrier encore ou qu’elle consente à vivre au milieu de nous, que nous importe ? La cause sacrée de notre liberté et de notre indépendance ne souffrira plus de leur funeste influence. Ils ont voulu avilir notre gloire militaire, mais ils se sont trompés ; cette gloire est le fruit de trop nobles travaux pour que nous puissions jamais en perdre le souvenir. Soldats ! les temps ne sont plus où l’on gouvernait les peuples en étouffant leurs droits ; la liberté triomphe enfin, et Napoléon, notre auguste empereur, va l’affermir à jamais. Que désormais cette cause si belle soit la nôtre et celle de tous les Français ; que tous les braves que j’ai l’honneur de commander se pénètrent de cette grande vérité. Soldats ! je vous ai souvent menés à la victoire ; maintenant, je vais vous conduire à cette phalange immortelle que l’empereur Napoléon conduit à Paris, et qui y sera sous peu de jours ; et là, notre espérance et notre bonheur seront à jamais réalisés. Vive l’empereur Lons-le-Saunier, le 13 mars-1815. Le maréchal d’Empire, PRINCE DE LA MOSKOWA. » Dès les premiers mots de cette proclamation, le peuple et l’armée, qui haïssaient profondément les Bourbons, firent entendre des acclamations frénétiques. «Une joie furieuse, dit M. Thiers, éclata comme le tonnerre dans les rangs des soldats : Mettant leurs shakos au bout de leurs fusils, ils poussèrent les cris de : « Vive l’empereur ! vive le maréchal Ney ! » avec une violence inouïe ; puis ils rompirent les rangs, se précipitèrent sur le maréchal, et baisant, les uns ses mains, les autres les basques de son habit, ils le remercièrent à leur façon d’avoir cédé au vœu de leur cœur. Ceux qui ne pouvaient l’approcher entouraient ses aides de camp un peu embarrassés d’hommages qu’ils ne méritaient pas, car ils étaient étrangers au brusque revirement qui venait de s’accomplir, et leur serrant la main : « Vous êtes de braves gens, disaient-ils, nous comptions sur vous et sur le maréchal, et nous étions bien certains que vous ne resteriez pas longtemps avec les émigrés. » Les habitants, non moins expressifs dans leurs témoignages, s’étaient joints aux soldats, et Ney rentra chez lui escorté d’une multitude bruyante et remplie d’allégresse. Pourtant, en revenant à sa résidence, il trouva la gêne et même l’improbation sur le visage de la plupart de ses aides de camp. L’un d’eux, ancien émigré, brisa son épée en lui disant : « Monsieur le maréchal, il fallait nous avertir, et ne pas nous rendre témoins d’un pareil spectacle. – Et que vouliez-vous que je fisse ? lui répondit le maréchal. Est-ce que je puis arrêter la mer avec mes mains ? » D’autres, en convenant qu’il était impossible de faire battre les soldats contre Napoléon, lui exprimèrent le regret de ce qu’il prenait sur lui de jouer, à si peu d’intervalle de temps, deux rôles si contraires. – « Vous êtes des enfants, répliqua le maréchal ; il faut vouloir une chose ou une autre. Puis-je aller me cacher comme un poltron, en fuyant la responsabilité des événements ? Le maréchal Ney ne peut pas se réfugier dans l’ombre. D’ailleurs, il n’y a qu’un moyen de diminuer le mal, c’est de se prononcer tout de suite pour prévenir la guerre civile, pour nous emparer de l’homme qui revient et l’empêcher de commettre des folies ; car, ajouta-t-il, je n’entends pas me donner à un homme, mais à la France ; et si cet homme voulait nous ramener sur la Vistule, je ne le suivrais point ! » Après avoir ainsi rudoyé ses improbateurs, Ney reçut à dîner, outre les généraux, tous, les chefs des régiments, un seul excepté qui refusa de s’y rendre. Sauf un peu de gène, provenant de la violation du devoir militaire qu’on se reprochait intérieurement, ce ne fut qu’une longue récapitulation des fautes des Bourbons, qui, sans le vouloir ou le voulant (chacun en jugeait à sa manière), s’étaient livrés à l’émigration, à l’étranger et avaient affiché des sentiments qui n’étaient pas ceux de la France. Ce ne fut aussi qu’une protestation unanime contre les anciennes fautes de l’Empereur, contre sa folie belliqueuse, contre son despotisme, contre son refus d’écouter les représentations de ses généraux en 1812 et en 1813 ; ce ne fut enfin qu’une résolution énergique de lui dire la vérité et d’exiger de sa part des garanties de liberté et de bonne politique. « Je vais le voir, disait Ney, je vais lui parler, et je lui déclarerai : que nous ne nous laisserons plus conduire a Moscou. Ce n’est pas à lui que je me donne, c’est à la France, et si nous nous rattachons à lui comme au représentant de notre gloire, ce n’est pas à une restauration du pouvoir impérial que nous entendons nous prêter. » Les généraux Lecourbe et de Bourmont assistèrent à ce dîner, prenant peu de part à ce qui s’y disait, mais admettant comme inévitable et comme trop motivée par les fautes des Bourbons la révolution qui venait de s’accomplir. Le maréchal quitta ses convives… Il adressa à sa femme une lettre dans laquelle il racontait ce qu’il avait fait et qu’il terminait par ces mots caractéristiques : « Mon amie, tu ne pleureras plus on sortant des Tuileries. » Dans la nuit du 14, Ney quitta Lons-le-Saunier, après avoir reçu de Napoléon l’ordre de se diriger sur Autun et Auxerre. Ce fut dans cette dernière ville qu’il rencontra Napoléon. Il y arriva très décidé à faire ses conditions, et se présenta devant lui tenant à la main une sorte de manifeste expliquant sa conduite et faisant des réserves. En le voyant, Napoléon lui ouvrit ses bras, en lui disant : « Embrassons-nous, mon cher maréchal » et comme Ney voulait commencer sa lecture, « vous n’avez pas besoin d’excuses, lui dit-il ; Votre excuse, comme la mienne, est dans les événements qui ont été plus forts que les hommes. Mais ne parlons plus du passé et ne nous en souvenons que pour nous mieux conduire. » Le maréchal interloqué dut remettre son manifeste dans sa poche. Mais le lendemain de son retour à Paris, il écrivit à Napoléon : « Je ne suis pas venu vous joindre par considération ni par attachement pour votre personne ; vous avez été le tyran de ma patrie ; vous avez porté le deuil dans toutes les familles et le désespoir dans plusieurs ; vous avez troublera paix du monde entier ; jurez-moi, puisque le sort vous ramène, que vous ne vous occuperez plus à l’avenir qu’à réparer les maux que vous avez causés a la France ; jurez-moi que vous ferez le bonheur du peuple ! Je vous somme de ne plus prendre les armes que pour maintenir nos limites ; de ne plus les dépasser pour aller tenter au loin d’inutiles conquêtes : à ces conditions je me rends pour préserver mon pays des déchirements dont il est menacé. » Un pareil langage était peu fait pour plaire au despote qui n’avait su profiter en rien de la terrible leçon du passé. Pour se débarrasser de ce frondeur mécontent de son maître et mécontent de lui-même, il le chargea d’aller inspecter les troupes sur toute la ligne des frontières du nord-est. Lorsque, le 1er juin, il réunit solennellement le corps électoral au champ de Mai, apercevant Ney qui n’avait pas paru aux Tuileries depuis un mois, il l’apostropha en ces termes : « Je croyais que vous aviez émigré. – J’aurais dû le faire plus tôt, répliqua le maréchal ; maintenant il est trop tard. » Néanmoins, malgré sa défiance, Napoléon nomma le lendemain le prince de la Moscowa membre de la Chambre des pairs et, le 15 du même mois, il l’appela au commandement du 1er et du 2e corps de l’armée. Quelques jours après, Ney se trouvait en face de l’ennemi et combattait héroïquement aux Quatre-Bras et à la terrible bataille de Waterloo, où il chercha vainement la mort à travers la mitraille. Ney, éperdu, grand de toute la hauteur de la mort acceptée, dit Victor Hugo, s’offrait à tous les coups dans cette tourmente. Il eut là son cinquième cheval tué sous lui. En sueur, la flamme aux yeux, l’écume aux lèvres, l’uniforme déboutonné, une de ses épaulettes à demi coupée par le coup de sabre d’un horse-guard. sa plaque de grand-aigle bosselée par une balle, sanglant, fangeux, magnifique, une épée cassée à la main, il disait : «Venez voir comment meurt un maréchal de France sur un champ de bataille ! » Mais en vain ; il ne mourut pas. Il était hagard et indigné ; il jetait à Drouet d’Erlon cette question : « Est-ce que tu ne te fais pas tuer, toi ? Il criait au milieu de toute cette artillerie écrasant une poignée d’hommes : « II n’y a donc rien pour moi ! Oh ! je voudrais que tous ces boulets anglais m’entrassent dans le ventre ! » Tu étais réservé à des balles françaises, infortuné ! De retour à Paris après la défaite, Ney, considérant le désastre comme irrémédiable, montra encore une fois combien en lui le caractère était loin d’être à la hauteur de la bravoure. Au lieu d’essayer de relever les courages abattus, d’en appeler au patriotisme de la nation, il se rendit au Sénat et y prononça ces mots qui lui attirèrent les reproches les plus mérités : « II ne nous reste plus, messieurs, qu’à entamer des négociations… II faut rappeler les Bourbons, et moi je vais prendre le chemin des Etats-Unis. » Vainement, pour atténuer l’effet que produisit ce langage, il adressa au chef du gouvernement provisoire une lettre qui fut publiée le 30 juin. On ne lui donna aucun commandement dans l’armée qui s’organisait sous les murs de Paris. Le 3 juillet suivant, le gouvernement signait une capitulation dont l’article 12 était ainsi conçu : « Seront respectées les personnes et les propriétés particulières ; les habitants et en général tous les individus qui se trouvent dans la capitale continueront à jouir de leurs droits et libertés, sans pouvoir être inquiétés ni recherchés en rien relativement aux fonctions qu’ils occupent ou auront occupées, à leur conduite et à leurs opinions politiques. » Bien que cet acte le mît légalement à l’abri de toute poursuite, Ney jugea prudent de quitter Paris le jour même où les alliés y entrèrent ; et résolut de passer en Suisse. Il arriva à Lyon avec une feuille de route portant le nom de Reiset, major de hussards (9 juillet). Là, ayant appris que les routes de la Suisse étaient gardées par les Autrichiens, il se rendit à Montbrison, puis il alla s’installer dans un petit village d’eaux thermales, nommé Saint-Alban. Ce fut dans ce lieu qu’il apprit, par une lettre de sa femme, qu’une partie de la France était ensanglantée par les abominables excès des royalistes, que Louis XVIII venait de faire dresser des listes de proscription et que, en vertu de l’ordonnance royale du 14 juillet, il allait être traduit devant un conseil de guerre avec dix-neuf généraux et officiers supérieurs, « pour avoir trahi le roi et s’être emparés du pouvoir par violence. » Ne se croyant pas en sûreté à Saint-Alban, Ney alla se réfugier chez un des parents de sa femme, au château de Bessonis, dans le Lot. Confiné dans une chambre haute, d’où il ne descendait même pas pour prendre ses repas, dit Vaulabelle, il dût se croire à l’abri de toute recherche. Une inconcevable imprudence le livra. L’Empereur, lors du mariage du maréchal, en juillet 1802, lui avait fait présent d’un sabre turc de la plus grande richesse. Ce sabre, curieusement examiné sans doute par ses hôtes, était resté déposé sur un des sièges du salon. Un habitant d’Aurillac, en visite au château, vit l’arme et l’admira ; de retour à sa ville, il raconta ce qu’il avait vu ; à la description de l’arme, une des personnes présentes dit : « Je crois connaître le sabre dont vous parlez; il n’existe en Europe que deux personnes qui peuvent le posséder : le’maréchal Ney ou Murat. » La conversation rapportée au préfet du département, M. Locard, excita le zèle de ce fonctionnaire. Bien que Bessonis, situé dans un autre département que le sien, ne fut pas sous sa juridiction administrative, il y dirigea immédiatement un capitaine et un lieutenant de gendarmerie avec quatorze gendarmes. Le maréchal avait lu la veille, dans une feuille royaliste, qu’au moment de quitter le roi, quatre mois auparavant, pour marcher contre Napoléon, il avait sollicité et obtenu un don de 500.000 francs, largesse, ajoutait le journal, qui augmentait l’odieux de la défection. Cette calomnie rendait le maréchal presque fou de douleur. Il était dans cette situation d’esprit lorsque, le 5 août au matin, on lui annonça la présence des gendarmes aux portes du château. Il pouvait fuir ; on le lui proposa : il s’y refusa avec obstination. Bien plus, ouvrant la fenêtre de sa chambre et apercevant les gendarmes dans la cour, il cria a celui d’entre eux qui semblait le chef: « Que voulez-vous ? – Nous cherchons le maréchal Ney, répondit le gendarme sans même regarder qui l’interpellait. – Que lui voulez-vous ? L’arrêter- Eh Bien ! montez, je vais vous le faire voir. » Les gendarmes montèrent ; le maréchal ouvrit sa porte: «Je suis Michel Ney » leur dit-il. La nombreuse escorte du prince de la Moskowa le conduisit à Aurillac, pendant que, de l’autre côté des montagnes qui séparent le Cantal du Languedoc, le Rhône roulait dans ses eaux et emportait vers la mer les restes d’un de ses frères d’armes, du maréchal Brune, assassiné trois jours auparavant à Avignon ; le corps à ce moment était encore le jouet du fleuve. Ney resta dix jours sous la garde du préfet Locard ; le 10 août, sur des ordres venus de Paris, le maréchal prit la route de la capitale, conduit par deux, officiers de gendarmerie, auxquels le préfet du Cantal recommanda les précautions, de surveillance les plus sévères. L’un de ces officiers, qui avait servi sous le maréchal, répugnant à ces mesures de rigueur, dit à Ney qu’il aurait dans son camarade et lui, non des gardiens, mais de simples compagnons de route, s’il promettait de ne point chercher à s’échapper. Le maréchal donna sa parole : engagement regrettable, car une partie de l’armée de la Loire ses trouvait sur son chemin, entre autres le corps des dragons d’Exelmans, cantonné à Riom, ville que Ney devait traverser. La nouvelle de son arrestation s’était promptement répandue parmi toutes ces troupes. Exelmans attendit le prisonnier au passage et lui fit proposer de l’enlever. « Non, répondit Ney, ma parole est engagée. » A quelques lieues de Paris, il rencontra la maréchale, qui l’attendait à une des maisons de poste de la route ; on les laissa seuls. Quand le maréchal fit ensuite appeler un des officiers de gendarmerie et lui dit qu’il était prêt, des larmes coulaient lentement de ses yeux; l’officier ne put réprimer un mouvement de surprise : « Vous êtes étonné de me voir pleurer, lui dit le maréchal ; mais ce n’est pas sur moi que je pleure, c’est sur ma femme, sur mes quatre fils… » Le maréchal entra dans Paris et fut déposé à la prison da la préfecture de police, à la même heure, au même moment où Labédoyère sortait de la prison de l’Abbaye et tombait à la plaine de Grenelle. » Transféré, le 19 août, à la Conciergerie, il y fut soumis, au secret le plus rigoureux. Le lendemain, M. Decazes, préfet de police, vint lui faire subir un interrogatoire. Bien qu’il ne lui reconnût pas qualité pour l’interroger, Ney consentit néanmoins à répondre à ses questions et s’attacha surtout à écarter l’idée d’une préméditation lorsqu’il s’était rangé du côté de Napoléon. Ou dut alors ramener toute l’accusation à un seul chef, la proclamation du 13 mars, et une ordonnance institua un conseil de guerre pour prononcer sur le sort du prince de la Moskowa. Le vieux maréchal Moncey, appelé à faire partie des juges, refusa cette odieuse mission. A l’ordre qui lut fut donné d’accepter il répondit par une lettre, adressée à Louis XVIII, et dont le mâle et lier langage, qui fit scandale au milieu d’une cour fanatisée et servile, lui valut une condamnation à trois mois d’emprisonnement. Les autres juges, tous compagnons d’armes de Ney, consentirent à siéger. Le maréchal déclina la compétence de ce tribunal, présidé par Jourdan (9 novembre), déclarant toutefois qu’il était prêt à répondre aux questions qu’il plairait au général comte Grandier, rapporteur, de lui adresser. Conformément aux conclusions de Berryer père, avocat de Ney, le conseil de guerre, se fondant sur la qualité de pair de France que possédait l’accusé, se déclara incompétent (10 novembre). Cet arrêt causa un vif déplaisir à Louis XVIII et à la cour ; mais on se garda bien d’abandonner les poursuites. Dès le lendemain, une ordonnance royale déférait à la cour des pairs le jugement du maréchal Ney. Le 12, le duc de Richelieu, président du conseil des ministres, se rendait à la Chambre des pairs et y prononçait ces paroles : « Ce n’est pas seulement au nom du roi, c’est au nom de la France, depuis longtemps indignée et stupéfaite, c’est même au nom de l’Europe que nous venons vous conjurer et vous requérir à la fois de juger le maréchal Ney… Nous accusons devant vous le maréchal Ney de haute trahison et d’attentat contre la sûreté de l’Etat. » II était difficile de montrer plus clairement que c’était un acte de vengeance que le gouvernement réclamait avec instance de la Chambre. M. Séguier, chargé de l’instruction nouvelle, déploya une telle activité qu’on fixa le 2l novembre pour l’ouverture du procès. Ney venait de faire une déclaration qui montre encore une fois l’incroyable faiblesse de son caractère : « Je mets aux pieds du roi, y disait-il, l’hommage de ma respectueuse et vive reconnaissance pour la bonté que Sa Majesté a eue d’accueillir mon déclinatoire, de me renvoyer devant mes juges naturels et d’ordonner que les formes constitutionnelles soient suivies dans mon procès. Ce nouvel acte de sa justice paternelle me fait regretter davantage que ma conduite, au 14 mars dernier, ait pu faire soupçonner que j’avais intention de la trahir… Je n’ai eu d’autre pensée que d’éviter à mon malheureux pays la guerre civile et tous les maux qui en découlent. » Ce fut après avoir fait cette déclaration, si complètement dépourvue de dignité, que le prince de la Moskowa se présenta devant ses juges, assisté de deux avocats, Berryer père et Dupin aîné. Ceux-ci présentèrent divers moyens préjudiciels, dont l’un fut admis. Il était fondé sur ce que, l’accusé n’ayant reçu communication des pièces que depuis deux jours, les défenseurs n’avaient pas eu le temps de les étudier. La Chambre consentit à s’ajourner, d’abord jusqu’au 23 novembre, puis jusqu’au 4 décembre. Ce jour-là, les débats commencèrent. Ney fit les mêmes déclarations que dans ses précédents interrogatoires ; quelques témoins, notamment Bourmont et le marquis de Vaulchier, montrèrent contre l’accusé la plus grande animosité. L’accusation fut soutenue par le procureur général Bellart avec une âpreté et une violence excessives. Quant au défenseur Berryer, il se montra tout à fait au-dessous de sa tâche. Lorsqu’il voulut montrer que Ney était absolument protégé par l’article 12 de la capitulation de Paris, le chancelier s’opposa formellement à ce qu’il invoquât cet argument capital de la défense, en déclarant qu’il était l’organe de la majorité de la cour. Forcé d’abandonner ce moyen, il invoqua le traité du 20 novembre, en vertu duquel Sarrelouis, ville natale du maréchal, ayant cessé de faire partie de la France, Ney se trouvait par celà même étranger et soustrait aux lois françaises. Cet argument si peu digne produisit une fâcheuse impression. Ce fut alors que Ney, se levant, prononça les paroles suivantes : « Oui, messieurs, je suis Français, je saurai mourir Français. Jusqu’ici, ma défense avait paru libre ; je m’aperçois qu’on l’entrave à l’instant. Je remercie mes généreux défenseurs de ce qu’ils ont fait et de ce qu’ils sont prèts à faire ; mais je les prie de cesser plutôt de me défendre tout à fait que de me défendre imparfaitement… Je suis accusé contre la foi des traités, on ne veut pas que je les invoque ! Je fais comme Moreau, j’en appelle à l’Europe et à la postérité. » Ces paroles furent suivies de la clôture des débats. Après six heures de délibération, le décembre, la Chambre des pairs condamna Michel Ney à la peine de mort et à la dégradation de la Légion d’honneur. Sur 161 membres présents, 128 votèrent la mort, 17 la déportation, 5 membres s’abstinrent, et 11 voix furent déduites pour avis semblables entre parents. Parmi les pairs qui avaient prononcé la peine capitale, nous citerons : Chateaubriand, Sérurier, le duc de Valmy, le duc de Bellune, Lauriston, le général Monnier, le comte Dupont, le comte de Beauharnais, le comte de Tascher, de Sèze, Séguier, Lamoignon, d’Aguesseau. Les cinq qui s’étaient abstenus étaient : le duc de Choiseul, le marquis d’Aligre et les comtes de Brigode, de Sainte-Suzanne et de Nicolaï. Berthollet, Fontanes, Lanjuinais, Lemercier, Gouvion-Saint-Cyr, les ducs de Broglie et de Montmorency firent partie des membres qui votèrent la déportation. Lorsque le secrétaire archiviste de la Chambre, Cauchy, se présenta à la prison du Luxembourg pour lire au maréchal l’arrêt qui le condamnait, celui-ci dormait. On l’éveilla. A l’attitude de Cauchy, Ney comprit aussitôt qu’il était condamné. Se voyant en face de la mort, il l’envisagea avec ce sang-froid et cette intrépidité qui l’avaient rendu si grand dans les batailles. Imperturbable, presque souriant, il écouta la lecture du jugement, qu’il interrompit quand on commença la longue nomenclature de ses titres. « Passez, dit-il; dites Michel Ney, et bientôt un peu de poussière. » Ayant appris qu’il serait exécuté le lendemain matin à neuf heures, et qu’il pourrait voir sa femme avant de mourir, il demanda qu’on la fît venir à cinq heures et demie et qu’on ne lui dît rien de sa conndamnation ; puis il se jeta sur son lit, où il s’endormit profondément. Le lendemain 7 décembre, à cinq heures et demie du matin, dit Vaulabelle, il fut éveillé par l’arrivée de la maréchale, qu’accompagnaient ses quatre fils et sa belle-sœur, Mme Gamot. La maréchale, en entrant dans la chambre de son mari, tomba sans connaissance ; on la releva, et à un long évanouissement succédèrent les pleurs et les sanglots. Mme Gamot, à genoux devant son beau-frère, n’était pas dans un moins déplorable état. Les quatre fils du maréchal, dont l’aîné était à peine âgé de douze ans, sombres, silencieux, regardaient leur père. Il les prit sur ses genoux, leur parla longtemps à voix basse, puis, voulant mettre un terme à cette scène déchirante, il dit à demi-voix à Mme Gamot, mais de manière à être entendu de la maréchale, que celle-ci aurait peut-être le temps d’arriver jusqu’au roi ». La maréchale saisit avidement cette ouverture, qui n’avait pour but que de l’éloigner, et, se jetant dans les bras du condamné, quelle étreignit longtemps, elle se hâta de courir aux Tuileries. Resté seul avec ses gardes, Ney écrivit quelques dispositions. Les hommes chargés de sa surveillance, bien que couverts de l’uniforme de gendarmes et de soldats de la nouvelle garde, appartenaient aux anciennes bandes de l’Ouest ou du Midi, ou aux différents corps de la maison du roi. L’un d’eux, dont les formes et le langage contrastaient avec l’habit dont il était vêtu, s’approcha de Ney : « Monsieur le maréchal, lui dit-il, à votre place, je penserais maintenant à Dieu ; j’enverrais chercher le curé de Saint-Sulpice. » Ney regarda le garde et sourit : « Eh bien ! lui répondit-il, envoyez-le chercher. » A huit heures, on vint l’avertir ; il répondit qu’il était prêt. Il portait le deuil de son père ; il avait pour vêtements une redingote de gros drap bleu, une culotte et des bas de soie noire, pour coiffure un chapeau rond. Il descendit entre une double haie de soldats qui se prolongeait jusqu’à l’entrée du jardin, où l’attendaient le curé de Saint-Sulpice et une voiture de place. Au moment de monter, il dit au prêtre, en’lui cédant le pas : « Montez le premier, monsieur le curé, j’arriverai encore avant tous là-haut ! » Le fiacre se mit en marche, traversa le jardin du Luxembourg, entra dans la grande avenue de l’Observatoire et s’arrêta à moitié chemin environ entre cet édifice et la grille du jardin. Un officier de gendarmerie, ouvrant alors la portière, annonça au maréchal qu’il était près du lieu d’exécution. Ney mit pied à terre, non sans manifester quelque étonnement ; il croyait devoir être conduit à la plaine de Grenelle. Mais le gouvernement, redoutant des rassemblements trop nombreux et quelque échauffourée populaire, avait pris le parti de l’exécuter pour ainsi dire en fraude. Une foule considérable était effectivement réunie, depuis le matin, à la plaine de Grenelle ; l’avenue de l’Observatoire, au contraire, même à cette heure de la matinée, ne laissait voir que quelques passants. Après avoir fait ses adieux au prêtre et lui avoir remis, pour la maréchale, la boîte en or dont il faisait habituellement usage et, pour les pauvres de sa paroisse, quelques pièces d’or qu’il avait sur lui, le maréchal alla se placer lui-même devant le peloton d’exécution. Ce peloton, composé d’hommes revêtus de l’uniforme de vétérans, était commandé par un officier qui fit offrir au prince de la Moskowa de lut bander les yeux. « Ignorez-vous, répondit le maréchal, que, depuis vingt-cinq ans, j’ai l’habitude de regarder en face les boulets et les balles ? » Puis il ajouta : « Je proteste, devant Dieu et la patrie, contre le jugement qui me condamne ! J’en appelle aux hommes, à la postérité, à Dieu ! Vive la France ! » L’officier écoutait, immobile. Le général commandant la place de Paris, qui, depuis le matin cinq heures, se trouvait chargée de la garde du condamné et des détails de l’exécution, le comte de Rochechouart, s’adressant au chef de peloton, lui dit à haute voix : « Faites votre devoir ! » Le maréchal ôta aussitôt son chapeau de la main gauche et, posant la main droite sur la poitrine, il s’écria d’une voix forte : Soldats, droit au cœur ! Il tomba immédiatement, frappé de six balles à la poitrine, de trois à la tête et au cou et d’une balle dans le bras. Conformément aux règlements militaires, le corps resta exposé durant un quart d’heure sur le lieu d’exécution. Transporté ensuite à l’hospice de la Maternité , il y demeura jusqu’au lendemain, gardé par des sœurs de la Charité que l’on relevait d’heure en heure et qui, agenouillées près de lui, récitaient les prières des morts. Cependant, la maréchale était accourue aux Tuileries. Elle s’était adressée, pour parvenir jusqu’à Louis XVIII, au duc de Duras, premier gentilhomme de service ; elle dut attendre assez longtemps. « Le roi, disait M. de Duras, ne recevait encore personne. » La nouvelle de l’exécution ne tarda pas à arriver au château ; le premier gentilhomme annonça alors à la veuve « que l’audience ne pouvait lui être accordée, parce qu’elle était maintenant sans objet. » Après la Révolution de 1830, Louis-Philippe accorda une pension de 25.000 francs à la maréchale Ney, qui est morte à Paris eu 1854, et fit mettre au musée de Versailles la statue du prince de la Moskowa. Le 18 mars 1848, le gouvernement provisoire décréta qu’un monument serait élevé au maréchal dans le lieu même où il avait été exécuté. Ce monument, ou plutôt cette statue exécutée par Rude, fut érigée le 7 décembre 1853.

( Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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février 23, 2008

MARECHAL MORTIER (1768-1835)

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EDouard-Adolphe-Casimir-Joseph Mortier (1768-1835), duc de Trévise, alors capitaine au 1er bataillon du Nord (1792)

Le duc de Trévise est un brave homme mais sa femme le mène.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal MORTIER ( Edouard-Adolphe-Casimir-Joseph), duc de Trévise, maréchal de France, né au Cateau-Cambrésis en 1768, mort en 1835. Fils d’Antoine-Charles-Joseph Mortier, député aux états généraux, il fut destiné à la carrière commerciale ; mais ses goûts le portant vers le métier des armes, il venait d’obtenir une sous-lieutenance dans un régiment de carabiniers, lorsque ses compatriotes le nommèrent capitaine du 1er bataillon des volontaires du Nord. Mortier fit ses premières armes à l’affaire de Quiévrain (28 avril 1792), assista à la bataille de Jemmapes et, conquit le grade d’adjudant général à la bataille d’Hondschoote (1793). Blessé près de Maubeuge, il se rétablit rapidement et combattit de nouveau à Mons, à Bruxelles, à Louvain. Sous les ordres de Kléber, au siège de Maëstricht, il fit capituler le fort Saint-Pierre. En il commandait les avant-postes de l’armée de Sambre-et-Meuse, lorsqu’il se signala par un fait d’armes dont le résultat fut de rejeter les Autrichiens au delà de l’Acher et de contraindre le prince de Wurtemberg à quitter ses positions après avoir subi de sérieuses pertes. Quelques semaines plus tard (juillet 1796), il s’emparait de Giessen, de Gemunden, de Schweinfurt et obligeait le général Wartensleben à quitter Wurtzbourg. Après le combat d’Hirscheid, où il se conduisit brillamment, il reçut le commandement de la cavalerie et, au mois de décembre 1796, il négocia la reddition de Mayence aux Français. Nommé général de division en 1799, il servit, cette année, dans l’armée d’Helvétie et prit, en 1800, le commandement de la 16e division militaire, dont, le siège était Paris. En 1803, il fut chargé de la conquête du Hanovre. Parti de Nimègue le 15 avril 1803, il contraignit le feld-maréchal Walmoden à signer, le 2 juin de la même année, une capitulation qui rendait la France maîtresse de tout l’électorat. Nommé, à son retour, commandant de l’artillerie de la garde consulaire, compris dans la première promotion de maréchaux en 1804, mis à la tête d’un corps d’armée dans la campagne de 1805, il s’illustra par un des plus beaux faits d’armes de cette campagne : entouré par 30.000 Russes et n’ayant sous la main que 4.000 hommes, il attendit que l’ennemi s’engageât dans un passage étroit, situé près de Leoben, où l’on ne pouvait tenir que huit de front, et attaqua alors cette formidable colonne. Il résistait depuis plusieurs heures, lorsqu’il fut heureusement secouru. En 1806, il occupa toutes les places de l’électorat de Hesse-Cassel, puis se dirigea vers le Hanovre et entra le 19 novembre à Hambourg. Peu après, il vint mettre le siège devant Stralsund occupé par toutes les troupes suédoises. Le petit nombre de soldats dont il disposait ne lui permit pas de s’emparer de cette place ; toutefois, quelques semaines plus tard (avril 1807), après avoir battu les Suédois à Ancklam, il concluait avec le général d’Essen un armistice, aux termes duquel les îles d’Usedom et de Wolgaast recevaient une garnison française. Au mois de juin de la même année, il commandait à la bataille de Friedland l’aile gauche de l’armée et s’y distinguait par son courage et ses talents militaires. A la paix de Tilsit (21 juin 1807), il fut nommé gouverneur général de la Silésie et reçut, avec le titre de duc de Trévise, une dotation de 100.000 francs de rente. Passé en Espagne l’année suivante, il coopéra au siège der Saragosse, gagna les batailles d’Ocana (18 novembre 1809) et de Gébora (19 février 1811). En Russie, il fut laissé le dernier dans Moscou, au moment de la retraite, et fut chargé de faire sauter le Kremlin. Pendant la retraite de Russie, il reçut, après la bataille de Krasnoë (18 novembre 1812), le commandement de l’arrière-garde. Arrivé à Francfort-sur-le-Mein vers la fin de 1812, il réorganisa ses troupes et combattit encore à Bautzen, à Dresde, à Leipzig. Le 11 janvier 1814, il était à Langres et disputait pied à pied le terrain aux armées coalisées. Lors de la défense de Paris, il occupa la plaine Saint-Denis, reçut le choc des alliés et, sommé de capituler, il refusa. Après la suspension d’armes signée par le duc de Raguse, il se retira près de Corbeil avec ses troupes et, de là, envoya son adhésion au gouvernement de Louis XVIII. Au retour de l’île d’Elbe, il quitta Lille, où il se trouvait à cette époque comme commissaire extraordinaire, chargé de l’inspection de la 16e division militaire et revint à Paris, où Bonaparte lui confia le commandement de toutes les places de l’Est. Après les Cent-Jours, le maréchal Mortier rentra en grâce auprès de Louis XVIII. Il fit partie, en du conseil de guerre qui refusa de juger le maréchal Ney, fut nommé, en 1816, gouverneur de la 15e division militaire et, choisi pour député par les électeurs du département du Nord, il devint, cette, même année, membre de la Chambre des députés, et reçut un siège à la Chambre des pairs en 1819. Nommé ambassadeur à Saint-Pétersbourg, après la Révolution de 1830, le duc de Trévise devint ensuite grand chancelier de la Légion d’honneur (1831), puis ministre de la guerre et président du conseil (18 novembre 1834-12 mars 1835). Il tomba aux côtés de Louis-Philippe, pendant la revue passée en l’honneur des journées de Juillet, frappé mortellement par les projectiles de la machine Fieschi.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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février 22, 2008

MARECHAL LEFEBVRE (1755-1820)

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François-Joseph Lefebvre, capitaine du 13e batillon d’infanterie légère en 1792 (1755-1820)

Au siège de Dantzig, il ne m’écrivait que des sottises ; mais, lorsque les Russes débarquèrent, il se trouva dans son élément et ses rapports devinrent ceux d’un homme qui voit bien.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal LEFEBVRE (François-Joseph), duc de Dantzig, maréchal de France, né à Ruffach, département du Haut-Rhin, le 25 octobre 1755, mort à Paris le 14 septembre 1820. Fils d’un meunier qui avait servi quelque temps comme hussard, il perdit son père à l’âge de huit ans. L’enfant passa entre les mains d’un ecclésiastique, son oncle, qui le garda près de lui et chercha à le pousser vers l’Eglise ; mais Lefebvre avait du sang de soldat dans les veines, et, quand il ent atteint sa dix-huitième année, il s’enrôla dans les gardes-françaises. Il lui fallut quinze ans pour arriver au grade de sergent, qu’il venait d’obtenir quand éclata la Révolution. Incorporé dans le bataillon des Filles-Saint-Thomas, il fut chargé de son instruction militaire. Nommé capitaine au 13e régiment d’infanterie légère, puis promu, le 2 décembre 1793, au grade de général de brigade à l’armée de la Moselle, sous les ordres de Hoche, dont il avait été l’instructeur aux gardes-françaises, Lefebvre passa général de division le 10 janvier 1794. A partir de ce moment, il commanda presque continuellement les avant-gardes aux armées des Vosges, de la Moselle, de Rhin-et-Moselle, de Sambre-et-Meuse et du Danube. A Fleurus, il ramène en avant les deux ailes de l’armée française qui battaient en retraite et enfonce les Autrichiens. Après la bataille d’Aldenhoven, les habitants de Lennich, incendiée par l’ennemi en retraite, viennent implorer la générosité du vainqueur. Lefebvre les présente à ses soldats, qui partagent leur pain avec ces malheureux. A Altenkirchen (1796), il enlève aux Autrichiens 4 drapeaux, 12 canons et fait 3.000 prisonniers. En 1798, il prit, après la mort de Hoche, le commandement provisoire de l’armée de Sambre-et-Meuse, puis, l’année suivante, passa à l’armée du Danube que commandait Jourdan. A Stockach, avec 8.000 hommes, il arrête 36.000 Autrichiens, et, grièvement blessé au bras, revient a Paris, où le Directoire lui fait hommage d’une armure d’honneur. Le 11 mai le conseil des Cinq-Cents le désigne comme l’un des candidats au Directoire, à la place de Treilhard, membre sortant ; mais le conseil des Anciens se montre hostile à son élection. Comme compensation, on le nomma commandant de la dix-septième division militaire, avec Paris pour quartier général. Mêlé aux conspirateurs de brumaire, Lefebvre, à la tête de vingt-cinq grenadiers, décida, dans la journée du 18, par son intervention, le sort de ce criminel attentat contre la représentation nationale. Sans sa condamnable complicité, l’Empire était étouffé dans son germe ; aussi, en 1800, après la pacification des départements de l’Eure, de la Manche, du Calvados et de l’Orne, fut-il admis au Sénat sur la proposition du premier consul. Compris, en 1804, dans la première promotion des maréchaux de l’Empire, et nommé successivement chef de la cinquième cohorte, grand officier et grand-aigle de la Légion honneur, puis chargé du commandement des gardes nationales de la Roër, du Rhin-et-Moselle et du Mont-Tonnerre, Lefebvre prit, en 1806, dans la grande armée, le commandement d’une division dirigée contre les Prussiens, et commanda, à léna, la garde impériale à pied. Après la bataille d’Eylau il reçut l’ordre d’assiéger Dantzig, défendu par. 18.000 Prussiens, 3.000 Russes et une nombreuse milice bourgeoise. Le siège dura cinquante et un jours, et, pendant tout ce temps, le général français disait à ses artilleurs : « Je n’entends rien à votre affaire, mais fichez-moi un trou, et je passerai. » La brèche faite, il se jeta dans la place et l’emporta de vive force ; mais il rendit à la garnison prisonnière et à son chef, le maréchal Kalkreuth, les honneurs de la guerre. Ce fait d’armes valut au vainqueur le titre de duc de Dantzig. En 1808, Lefebvre prend le commandement du 4e corps de l’armée d’Espagne, gagne les bataillas de Durango et d’Espinola ; puis, appelé en Allemagne en il se met à la tête de l’armée bavaroise et va soumettre le Tyrol. En 1812, il commande en chef la garde impériale, et, pendant la désastreuse retraite de Russie, marche constamment à sa tête. En 1814, il se battit à Montmirail, à Arcis-sur-Aube et à Champaubert ; quand il arriva à Paris, les alliés l’occupaient depuis quelques jours. Il se laissa faire pair de France par la Restauration, puis, pendant les Cent-Jours, il siégea à la Chambre impériale des pairs. A sa seconde rentrée, Louis XVIII le destitua ; mais, en une ordonnance le rappela dans le corps privilégié. Au bout d’un an, une hydropisie de poitrine enlevait le duc de Dantzig, qui fut, suivant son désir, inhumé au Père-Lachaise, auprès de Masséna. Brusque, mais cordial, et dénué de toute instruction, Lefebvre avait souvent été l’objet des moqueries de la cour impériale ; l’aristocratie de la Restauration s’apprêtait à renchérir sur celle-ci. D’un mot, le soldat mit un terme au bavardage des sots. Un fat faisait devant lui, avec importance, le dénombrement de ses ancêtres. « Eh ! ne soyez pas si fier, répliqua le,maréchal, moi, je suis un ancêtre. » Alors qu’il n’était encore que sergent aux gardes-françaises, il avait épousé la blanchisseuse de la compagnie, rude femme du peuple qui conserva dans la prospérité ses allures simples et sans façon, La femme du préfet de Seine-et-Marne visitait souvent la maréchale Lefebvre, au château de Combault. Un jour, la maréchale ouvrit une armoire dans laquelle on voyait, rangés par ordre chronologique, les différents costumes qu’elle et son mari avaient portés depuis leur mariage, « Voici, dit-elle, une galerie d’habits de conditions bien diverses. Nous avons été curieux de conserver tout cela : il n’y a pas de mal à revoir ces sortes de choses-là, de temps en temps, comme nous le faisons ; c’est le moyen de ne pas les oublier. » Elle avait donné à son mari quatorze enfants, dont douze fils. Pas un ne survécut ; les deux derniers moururent à l’armée.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Liens : Maréchal Lefebvre (1755-1820) duc de DantzigMaréchal Lefebvre sur Wikipedia

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décembre 12, 2007

BATAILLE DE SMOLENSK (1812)

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Napoléon et le prince Poniatowski le 17 août 1812 lors de la bataille de Smolensk

Messieurs, rappelez-vous ce mot d’un empereur romain « Le corps d’un ennemi mort sent toujours bon. »

(Napoléon Bonaparte)

Smolensk (Bataille de). Les 17 et 18 août 1812, secondé par ses maréchaux Davout, Murat et Ney, l’Empereur à la tête de sa Grande Armée forte de 175.000 hommes, affronta le général Barclay de Tolly et ses 130.000 Russes. Si la victoire revint bien aux Français, Smolensk ne fut pas la bataille décisive escomptée par Napoléon pour détruire l’armée adverse. Les troupes du tsar lui échappèrent encore une fois, préférant la retraite à un réel affrontement, non sans avoir auparavant mis en pratique la politique de la terre brulée. C’est en fait dans une ville presque totalement détruite par les incendies que pénétrèrent les armées napoléoniennes. Les pertes françaises furent malgré tout assez faibles (moins de 1.000 tués et environ 3.000 blessés) en comparaison de celles affichées par les Russes qui eurent quant à eux près de 5.000 morts, 8.000 blessés et 2.000 soldats faits prisonniers.

Lien : Bataille de Smolensk sur Wikipedia

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décembre 2, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL GOURGAUD (1783-1852), BARON D’EMPIRE

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Général Gaspard Gourgaud (1783-1852), Baron de l’Empire

J’ai été très satisfait de votre conduite et de vos services. Vous soutiendrez la bonne opinion que j’ai conçue de vous en servant le nouveau souverain de la France avec la même fidélité et le même dévouement que vous m’avez montrés.

(Napoléon Bonaparte)

Gourgaud (Gaspard, baron). Officier général et législateur, né à Versailles, le 14 novembre 1783, « fils d’Etienne-Marie Gourgaud, musicien ordinaire de la chapelle du roi, et d’Hélène Gérard », mort à Paris le 25 juillet 1852 ; entra à l’école polytechnique à l’âge de 16 ans, et en sortit officier d’artillerie, fit la campagne du Hanovre comme lieutenant en second, fut nommé aide de camp du général Foucher au camp de Boulogne, fit la campagne d’Allemagne, puis fut blessé à Austerlitz et nommé capitaine après l’affaire d’Ostrolenka, partit pour l’Espagne, assista au siège de Saragosse, repartit en Allemagne pour la campagne de 1809, se battit à Eckmühl, à Essling et à Wagram, devint officier d’ordonnance de l’Empereur, l’accompagna dans la campagne de Russie et fut blessé à Smolensk, et, entré le premier au Kremlin, y découvrit une mine de 400.000 livres de poudre qui devait faire sauter la citadelle, fut de chef créé baron de l’Empire ; il fit encore toute la campagne de Saxe, et sauva la vie de l’Empereur, en 1814 à Brienne, en tuant un cosaque dont la lance allait le frapper, fut blessé à Montmirail, puis promu colonel à la bataille de Montereau, battit les Russes près de Laon et reprit Reims. Pendant les Cent-Jours, il fut nommé général de brigade, et ne quitta pas l’Empereur après Waterloo, le suivit à Rochefort. Ce fut lui que l’Empereur chargea d’aller porter sa lettre au prince-régent d’Angleterre. Il fut choisi par Napoléon pour l’accompagner à Sainte-Hélène, mais il quitta l’île en 1818, on ne sait au juste si c’est pour raison de santé ou de mésintelligence. Le territoire français lui étant absolument interdit, il dut prendre sa résidence en Angleterre ; il profita de ce séjour pour rédiger une protestation contre les rigueurs de la captivité de l’Empereur, puis publia une brochure, qui fit grand bruit, sur la bataille de Waterloo. Le duc de Wellington, qui se sentit visé directement, demanda contre Gourgaud l’application de « l’alien-bill » ; ses papiers furent saisis et il fut transport à Cuxhaven, à l’embouchure de l’Elbe. Il ne fut autorisé à rentrer en France qu’en 1821, et, à la mort de Napoléon, adressa une pétition à la Chambre des députés leur demandant leur intervention pour réclamer les restes de l’Empereur, mais ce fut en pure perte. En 1823, il publia en collaboration du comte de Montholon, les Mémoires de Napoléon. Après la Révolution de 1830, le général Gourgaud reprit un service actif comme commandant de l’artillerie à Paris et comme maréchal de camp, devint aide de camp de Louis-Philippe et fut promu lieutenant-général en 1835, puis désigné comme membre de la commission chargée d’aller chercher à Sainte-Hélène les cendres de l’Empereur, enfin nommé pair de France le 25 décembre 1841. Il fut mis à la retraite en 1848. Le 13 mai 1849, il fut élu représentant des Deux-Sèvres à la Législative, y siégea pami les conservateurs, puis mourut six mois après le coup d’état du 2 décembre 1851.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Gourgaud sur Wikipedia

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novembre 29, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL JOMINI (1779-1869), BARON D’EMPIRE

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Général Antoine-Henri Jomini (1779-1869), baron de l’Empire

C’est un militaire de peu de valeur ; c’est cependant un écrivain qui a saisi quelques idées saines sur la guerre.

(Napoléon Bonaparte)

Jomini (Antoine-Henri, baron). Officier général, né à Payerne (Suisse) le 6 mars 1799, mort à Payerne le 22 mars 1869 ; débuta comme employé dans une maison de banque à Paris, prit du service dans l’armée en l’an VI avec le grade de lieutenant et devint secrétaire général du département de la guerre, puis fut nommé aide de camp de Ney au camp de Boulogne, fit la campagne d’Allemagne en1805 et se distingua à Elchingen, à Michelsberg et à la reddition d’Ulm, assista à la bataille d’Austerlitz et devint colonel et premier aide de camp de Ney, prit part à la bataille d’Iéna et ensuite à la campagne de Pologne, partit pour l’Espagne en 1808, mais eut la présomption de s’attribuer les succès emportés par Ney et fut mis en disponibilité, donna sa démission de colonel et sollicita de l’empereur de Russie de vouloir bien le prendre dans son armée avec un grade supérieur, mais Napoléon le menaça de le mettre dans l’alternative ou d’aller en prison, ou d’accepter le grade de général français. Jomini devant cette injonction obéit. Il fut nommé gouverneur de Vilna, puis de Smolensk et rendit de grands services lors de la désastreuse retraite de Russie, contribua ensuite à la victoire de Bautzen et fut de nouveau disgracié. Jomini quitta alors l’armée française et devint l’aide de camp de l’empereur Alexandre.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Jomini sur Wikipedia

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novembre 16, 2007

BATAILLE DE LA MOSKOWA (1812)

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L’Empereur Napoléon et ses Maréchaux à la bataille de la Moskowa (baptisée Bataille de Borodino par les Russes)

Ces Russes se font tuer comme des machines ; on n’en prend pas. Cela n’avance pas nos affaires. Ce sont des citadelles qu’il faut démolir au canon.

La fortune est une grande courtisane ! Je l’ai souvent dit, et je commence à l’éprouver.

(Napoléon Bonaparte)

Moskowa (Bataille de la). C’est le 7 septembre 1812, près du village de Borodino (nom donné par les Russes à la bataille) qu’intervint enfin la grande confrontation tant espérée par Napoléon depuis son passage du Niémen le 24 juin 1812. Sa Grande Armée y affronta les troupes du tsar Alexandre dont le commandement fut alors confié au vieux et rusé général Koutouzov. L’Empereur des Français, secondé entre autre par les maréchaux Ney, Poniatowski, Davout (qui y fut blessé), ou encore le Prince Eugène, y remporta encore une nouvelle grande bataille. Les Russes furent en effet obligés d’abandonner le terrain, au terme d’un combat particulièrement meurtrier (près de 40.000 victimes dans chacun des camps). Mais si Napoléon sortit vainqueur de la Moskowa (malgré les dénégations russes), sa victoire ne fut cependant pas décisive. Elle l’obligea à poursuivre cette longue campagne de Russie qui finalement causa sa perte.

Lien : Bataille de la Moskowa sur Wikipedia

octobre 29, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL BERTRAND (1773-1844), COMTE D’EMPIRE

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J’ai dit que le général Bertrand était l’homme de la vertu, je n’ai rien dit de trop ; sa réputation est faite.

(Napoléon Bonaparte)

Bertrand (Henri-Gatien, comte), officier général et législateur, né à Chateauroux (Indre), le 28 mars 1773, de « Henri Bertrand, maître particulier des eaux et forêts au bailliage de Châteauroux et de Marie-Antoinette Boucher », mort le 31 janvier 1844 ; entra dans l’armée sous la Révolution, débuta comme élève sous-lieutenant à l’école du génie (septembre 1793) et en sortit lieutenant (brumaire an III) ; partit en Egypte comme capitaine, fut fait chef de brigade (prairial an VIII) promu général de brigade le 19 fructidor de la même année, devint membre de la Légion d’honneur (frimaire an XII) et officier du même ordre, le 25 prairial suivant, prit part à la bataille d’Austerlitz, à celle de Friedland et prépara le passage du Danube, qui précéda la bataille de Wagram. Le 9 avril 1811, Bertrand fut nomé gouverneur géénral des Provinces illyriennes. En 1813, il se trouva à Leipzig, puis fut nommé grand-maréchal du Palais en remplacement de Duroc qui venait d’être tué quelques mois plus tôt. Il revint ensuite à Paris, fut nommé, le 16 janvier 1814 aide-major général de la garde nationale et de l’armée de Paris ; de retour de l’île d’Elbe avec l’Empereur, celui-ci le nomma pair de France. A l’avènement des Bourbons, Bertrand, fidèle quand même à Napoléon définitivement tombé, poussa le dévouement jusqu’à l’accompagner à Sainte-Hélène, et ne voulut pas le quitter. Le 7 mars 1816, il avait été condamné à mort par contumace. Après la mort de l’Empereur en 1821, il revint en France, et, par une ordonnance de Louis XVIII, fut réintégré dans tous ses grades, et se retira dans ses domaines de l’Indre. Après la Révolution de 1830, Bertrand fut élu député de l’opposition par l’arrondissement de Châteauroux. Il siégea au centre-gauche et vota pour la liberté de la presse. N’ayant pas été réélu en 1834, il renonça à la vie politique et mourut en 1844.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Bertrand sur Wikipedia

octobre 10, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL MOUTON (1770-1838), COMTE DE LOBAU

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Général Georges Mouton (1770-1838), comte de Lobau

Mon Mouton, c’est un lion.

(Napoléon Bonaparte)

Mouton (Georges, comte de Lobau), pair des Cent-Jours, député de Lunéville de 1828 à 1834 ; né à Phalsbourg (Meuthe) le 21 février 1770, mort à Paris le 27 novembre 1838 ; fils de monsieur Joseph Mouton, propriétaire et conseiller de l’hôtel de ville, et de Catherine Charpentier » ; s’engagea comme simple soldat en 1792 dan la Légion de la Meurthe, gagna ses premiers grades à l’armée du Rhin et suivit Championnet à l’armée d’Italie, où il fit la campagne de 1798-99. Il concourut, en 1800, sous Masséna, à la défense de Gênes, il y fut grièvement blessé. L’Empereur se l’attacha comme aide de camp et le fit général de brigade. Il le suivit en Pologne, fut encore blessé à Friedland et, après, nommé général de division. Il se distingua en Espagne en 1808, puis l’année se battit à Eckmühl, à Essling, et à Wagram, où il se signala à son ordinaire. Son titre de comte de Lobau en témoigne. Enfin il accompagna l’Empereur en Russie (1812). Mais il fut fait prisonnier en 1813, à Dresde, lors de la bataille de Leipzig. Il ne revint qu’en 1814, après la première abdication de Napoléon. Au retour de l’île d’Elbe, celui-ci le nomma pair de France. A Waterloo, Mouton, après des prodiges de valeur et de savoir militaire, fut fait une seconde fois prisonnier et conduit en Angleterre ; de là il passa en Belgique, comme exilé de France, et y resta jusqu’en 1818.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Mouton sur Wikipedia

septembre 26, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL MORTIER (1768-1835), DUC DE TREVISE

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Maréchal Adople-Edouard Mortier (1768-1835), duc de Trévise

Mortier m’a fait du mal en quittant le commandement de la Garde à Beaumont pendant la campagne de Waterloo ; il connaissait tout ce corps. Ce sera sûrement la faute de Mortier, à qui l’on aura écrit de Paris que le Corps législatif conspirait.

(Napoléon Bonaparte)

Mortier (Adolphe-Edouard-Casimir-Joseph, duc de Trévise), né à cateau-Cambrésis (Nord) le 13 février 1768, mort à Paris le 28 juillet 1835 ; fils de « Antoine-Charles-Joseph Mortier et de Anne-Josèphe Bonnaire » ; sous-lieutenant des carabiniers en 1791, capitaine au 1er bataillon du Nord en 1791, adjudant général (16 octobre 1793), général de division en 1799, s’empara du Hanovre ; maréchal de France en 1804, mis à la tête d’un corps d’armée en 1805 ; s’y couvrit de gloire près de Léoben. Il assista à Friedland, et à la paix de Tilsitt (21 juin 1807), il fut nommé gouverneur général de la Silésie, reçut une dotation de 100.000 francs de rente avec le titre de duc de Trévise. En 1808, il prit le commandement du 5e corps en Espagne, si distingua au siège de Saragosse, battit 60.0000 espagnols à Ocana le 18 novembre 1809 avec des troupes deux fois moins nombreuses. En 1812, lors de la campagne de Russie, Napoléon lui confia le commandement de la jeune garde, le nomma ensuite gouverneur du Kremlin. Lors de la terrible retraite, il fut attaqué à la Bérézina et sauva les débris de la grande armée avec le maréchal Ney. Il prit part à la campagne de 1813, se battant à Lutzen, Bautzen, Dresde, et Leipzig. En 1814 il lutta vaillament pendant la campagne de France contre les alliés près de Langres, puis autour de Paris. Après l’abdication de l’Empereur, il se rallia à Louis XVIII, qui le fit chevalier de Saint-Louis et pair de France. Il reprit du service au Cent-Jours mais dut quitter la campagne pour des raisons de santé avant la bataille de Waterloo. Membre du Conseil de guerre chargé de juger le maréchal Ney il se déclara incompétent. Bien plus tard, il fut ministre de la guerre de Louis-Philippe ; il périt par l’explosion de la machine de Fieschi, sur le boulevard du Temple.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du dr Robinet)

Liens : Maréchal Mortier (1768-1835)Maréchal Mortier sur Wikipedia

septembre 25, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL LEFEBVRE (1755-1820), DUC DE DANTZIG

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Maréchal François-Joseph Lefebvre (1755-1820), duc de Dantzig

Lefebvre est cause de la victoire de Fleurus. C’est un bien brave homme qui ne s’occupe pas des grands mouvements qui s’opèrent à sa droite et à sa gauche ; il ne songe qu’à bien se battre. Il n’a pas peur de mourir. C’est bien ! Mais parfois, ces gens là se trouvent dans une position aventurée, entourés de tous côtés, alors ils capitulent, et après, ils deviennent lâches pour toujours.

(Napoléon Bonaparte)

Lefebvre (François-Joseph, duc de Dantzig), officier général et législateur, né à Rouffach (Haut-Rhin), le 25 novembre 1755, de « Joseph Lefebvre, aubergiste, et d’Anne Marie Riss », mort à Paris le 14 septembre 1820 ; entra dans la carrière militaire, le 10 septembre 1773, comme simple soldat au régiment des gardes françaises, et devint 1er sergent le 9 avril 1788. Après le licenciement de ce régiment, il fut versé comme instructeur au bataillon de la garde nationale des Filles-Saint-Thomas, nommé capitaine au 13e bataillon d’infanterie légère, le 1er janvier 1792, puis adjudant général, chef de bataillon, le 3 septembre 1793. Le 12 frimaire an II, il fut promu général de brigade, et envoyé, en cette qualité, à l’armée de la Moselle sous les ordres de Hoche. Après l’affaire de Lambach, il fut promu général de division (19 pluviôse an II) et commanda l’avant-garde aux armées de Rhin-et-Moselle, de Sambre-et-Meuse et du Danube, se battit à Fleurus et eut un cheval tué sous lui. Il fit la campagne de l’an IV sous les ordres de Jourdan à l’armée de Sambre-et-Meuse, assista à Siesberg et Altenkirchen, puis sous le commandement de Hoche, aux batailles de Bamberg, et de Salzbach et à la prise de Koenigshoffen. Après la mort de Hoche, Lefebvre prit le commandement provisoire de l’armé de Sambre-et-Meuse. En l’an VII, il fut blessé à Stockoch et revint à Paris, le Directoire lui remet alors une arme d’honneur. Il prit une part active au 18 brumaire et conserva le commandement de la division de Paris ; contribua à maintenir l’ordre dans l’Orne, la Manche, le Calvados et l’Eure, puis, le 11 germinal an VIII, il fut nommé membre du Sénat conservateur. Maréchal de France, au 30 floréal an XII, puis fait grand aigle de la Légion d’honneur le 10 pluviôse an XIII, il fut nommé, en 1805, au commandement supérieur des bataillons de gardes nationaux de la Roër, du Mont-Tonnerre et du Rhin-et-Moselle. Pendant la campagne de 1806, il commanda l’infanterie de la garde, assista à Iéna. Après la bataille d’Eylau, le corps du maréchal Lefebvre fut chargé du siège de Dantzig. Au bout de trois mois de tranchées ouvertes, la ville capitula, malgré les secours que les Russes cherchèrent à jeter dans la place. Le 10 septembre 1808, il reçut en récompense, le titre de duc de Dantzig, partit en Espagne la même année, s’empara de Bilbao et de Santander. En 1809, il commanda l’armée du Danube, le contingent bavarrois et se distingua à Thann, à Abensberg, à Eckmühl et à Wagram, se lança à la poursuite de Jellachich, le battit et s’empara d’Insprück. En 1812, il fit la campagne de Russie, comme commandant de la garde impériale, assista à la bataille de la Moskowa, et, lors de la terrible retraite, il marcha constamment à pied, en tête des débris de ses troupes, fit la campagne de France et eut un cheval tué sous lui à Champaubert. Après la capitulation de Paris, Lefebvre adhéra à la déchéance de l’Empereur et fut nommé pair de France, le 4 juin 1814, par Louis XVIII. Au retour de l’île d’Elbe, Napoléon le nomma également pair des Cent-Jours (2 juin 1815). Il fut éliminé par la seconde Restauration, mais par un nouveau décret du 5 mars 1819, il put reprendre son siège à la Chambre haute. Le maréchal Lefebvre avait épousé, étant simple sergent aux gardes françaises, la blanchisseuse de sa compagnie, laquelle ne s’aperçut jamais qu’elle était la femme d’un des premiers dignitaires de l’Empire ; son langage et sa tenue d’autrefois n’avait pas changé, et, sous le Directoire, elle portait des robes au bas desquels on avait brodé, sur un large ruban : « Unité, indivisibilité de la République française ; liberté, égalité, fraternité ou la mort. » Elle continua, même à la cour, à tenir le langage des casernes.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL GOUVION-SAINT-CYR (1764-1830), COMTE D’EMPIRE

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Maréchal Laurent Gouvion-Saint-Cyr (1764-1830), comte d’Empire

Mon tort est d’avoir employé Saint-Cyr ; il ne va pas au feu, ne visite rien, laisse battre ses camarades et aurait pu secourir Vandamme.

(Napoléon Bonaparte)

Gouvion-Saint-Cyr (Laurent, Marquis), officier général et législateur, né à Toul (Meurthe), le 13 avril 1764, de « Jean-Baptiste Gouvion, tanneur à Toul », mort à Hyères (Var) le 17 mars1830 ; s’enrôla, après le 10 août 1792, dans les bataillons appelés à défendre la patrie et se fit inscrire le 1er septembre au 1er chasseurs républicains en joignant à son nom celui de sa mère ; fut nommé capitaine le 1er novembre, et partit pour Mayence, prit une part active à la campagne de l’armée du Rhin et à la victoire de Berghem, passa en nivôse an II, adjudant général, chef de brigade, fut promu, le 22 prairial an II, général de brigade, et, le 16 fructidor, devint général de division, puis se distingua particulièrement au siège de Mayence, passa en Italie, fit preuve de beaucoup de valeur à la bataille de Novi, et reçut du Premier Consul un sabre d’honneur, commanda en l’an VII l’armée du Rhin jusqu’à l’arrivée de Moreau, s’empra de Fribourg et contribua à la victoire de Hohenlinden. En l’an IX, il eut le commandement d’un corps de 25.000 hommes destinés à envahir le Portugal, fut ensuite nommé ambassadeur extraordinaire auprès de Charles IV, après le traité de Badajoz, devint conseiller d’Etat et fut nommé grand-croix de la Légion d’honneur, fit en 1805 la campagne en Italie contre l’archiduc Charles. En 1807, il fut nommé gouverneur de Varsovie ; puis, l’année suivante retourna en Espagne, prit le fort de Rosas et fit campagne contre les Espagnols et les anglo-portugais jusqu’en 1813, puis fut mis à la tête du 6e corps de la grande armée ; gagna, le 18 août, la bataille de Polotsk où il fut blessé, et, à la suite de cette affaire, fut promu maréchal de France, et comte de l’Empire, défendit Dresde en 1813 contre l’armée de Schwartzenberg, mais après la capitulation de Vandamme il fut retenu prisonnier, et, lordqu’il rentra en France, il trouva Louis XVIII installé sur le trône qui l’avait, en son absence, nommé pair de France. Après Waterloo, il fut nommé membre du conseil de défense de Paris, donna des conseils de résistance, mais en vain, puis au retour de Louis XVIII de Gand, le 8 juillet 1815, il fut nommé ministre de la guerre, où il ne resta que jusqu’au 25 septembre, fut rappelé au pouvoir comme ministre de la marine le 23 février 1817, reçut le titre de marquis, et reprit le protefeuille de la guerre le 12 septembre de la même année où il resta jusqu’au 18 novembre 1819, puis se retira à la campagne où il s’occupa d’agriculture et de la rédaction de ses mémoires. Dans la Chambre haute, il avait voté en 1815, la déportation du maréchal Ney ; il y siégea peu, et son mauvais état de santé l’obligea à aller s’installer à Hyères et y mourut d’une attaque d’apoplexie en 1830. On a de lui : Journal des opérations de l’armée de Catalogne, en 1808 et 1809 ; Mémoires sur les campagnes des armées du Rhin et de Rhin-et-Moselle ; Mémoires pour servir à l’histoire militaire sous le Directoire, le Consulat et l’Empire.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 24, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL VICTOR (1764-1841), DUC DE BELLUNE

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Maréchal Victor Perrin, dit Victor (1764-1841), duc de Bellune

Victor est meilleur qu’on ne suppose. Au passage de la Berezina, il avait tiré très bon parti de son corps.

(Napoléon Bonaparte)

Perrin dit Victor (Claude-Victor), duc de Bellune, maréchal de France et pair de France, né à Lamarche (Vosges) le 7 décembre 1864, mort à Paris le 1er mars 1841 ; fils de « Charles Perrin, notaire royal et de Marie Floriot ». Partit en 1792 comme volontaire et arriva rapidement aux grades supérieurs, se battit en Italie, en Espagne, se battit vigoureusement à Friedland, devint gouverneur de Berlin et fut créé duc de Bellune le 10 septembre 1808, et pendant la campagne de France en 1814, il fut blessé à Craonne, se rallia à la Restauration et vota la mort de Ney comme pair de France, devint ministre de la guerre le 14 décembre 1828. Il était maréchal de France depuis la bataille de Friedland.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 23, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL MACDONALD (1765-1840), DUC DE TARENTE

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Maréchal Etienne Macdonald (1765-1840), duc de Tarente

Il ne m’aime pas, mais c’est un homme d’honneur qui a des sentiments élevés et sur lequel je peux, je crois, pouvoir compter.

(Napoléon Bonaparte)

Macdonald ((Etienne-Jacques-Joseph-Alexandre, duc de Tarente), officier général et législateur, né à Sedan (Ardennes), le 17 novembre 1765, de « Neill-Etienne Macdonald, ancien officier au régiment écossais, et d’Alexandrine Genant », mort à Choisy-le-Roy (Seine) le 25 septembre 1840 ; fit partie, de 1784 à 1786, de la légion de Maillebois au service de Hollande, comme lieutenant ; il était devenu, en novembre 1792, chef de bataillon au 94e régiment, et, bien que presque tous les officiers de son régiment eussent émigré, il était resté en France et fut attaché à l’Etat-major de Beurnonville, puis à celui de Dumouriez ; il se battit à Jemmapes et fut promu peu après colonel du 94e régiment, devint général de brigade, et contribua, en cette qualité, à la prise de la flotte hollandaise ; puis le 8 frimaire an III, fut nommé général de division, passa à l’armée du Rhin, ensuite à celle d’Italie, et devint gouverneur de Rome en l’an VI. Macdonald aida puissamment Championnet à envahir le royaume de Naples er contribua à la prise de Padoue. Après l’arrestation de Championnet, Macdonald prit le commandement de l’armée, rentra peu après en France, par suite de mauvaise santé, et aida Bonaparte dans son coup d’Etat de brumaire. Il assista à la bataille de Marengo et devint général en chef de l’armée de réserve (6 fructidor an VIII) ; fut chargé d’une mission extraordinaire au Danemark, et, à son retour, fut fait grand officier de la Légion d’honneur (25 prairial an XII). Mais ayant eu la malencontreuse idée de défendre Moreau, il tomba en disgrâce et resta sans commandement jusqu’en 1809. Au moment de la campagne du Danube, il s’empara de Laybach, et finit par faire sa jonction avec l’Empereur près de Vienne. A Wagram, il fut intrépide, enfonça le centre et l’ennemi et fut blessé à la jambe. Au grand quartier impérial où on l’amena, Napoléon l’embrassa, et lui dit : « Oublions le passé, soyons amis ! Je vous fais maréchal et duc, vous l’avez mérité. » – « Oh ! sire, s’écria Macdonald, désormais entre nous c’est à la vie, à la mort » ; et le 7 juillet 1809, il reçut son bâton de maréchal, et le titre de duc de Tarente le 9 décembre suivant. En avril 1810, après avoir été nommé gouverneur de Gratz, il prit le commandement du corps d’Augereau en Espagne, s’empara de Fignières en 1811, et, au moment de l’expédition de Russie, le commandement du 10e corps lui fut confié. En Saxe, en 1813, il fut mis à la tête du 11e corps, battit les Prussiens à Mersebourg, se battit bravement à Lutzen et à Bautzen, mais il se laissa battre en Silésie par Blücher. A Leipzig, où il combattit come un lion, il se trouvait de l’autre côté du pont de l’Elster lorsque ce pont sauta, mais il put se sauver à la nage. Il se distingua ensuite à Hanau, rentra bientôt en France où il se vit dans la nécessité de resister aux attaques de Blücher, principalement à Nangis (17 février 1814). Le 11 avril, il fut chargé de porter, avec Caulaincourt, aux souverain alliés, l’acte d’abdication de l’Empereur et fut le dernier des maréchaux à adhérer à la déchéance. Louis XVIII le fit chevalier de Saint-Louis (2 juin) et pair de France (4 juin), puis gouverneur de la 21e division militaire. Au retour de l‘île d’Elbe ; il refusa tout emploi et servit comme simple grenadier dans la garde nationale. Nommé grand chancelier de la Légion d’honneur, il conserva ce poste jusqu’en 1831. A Sainte-Hélène, Napoléon, parlant de Macdonald, dit de lui : « Macdonald avait une grande loyauté. »

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL OUDINOT (1767-1847), DUC DE REGGIO

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Maréchal Nicolas Oudinot (1767-1847), duc de Reggio

Ce maréchal avait pour son malheur, épousé une demoiselle de Couchy ; cette jeune femme le dominait entièrement et était dans le camp royaliste ; sa mauvaise conduite, ses propos en 1814, indisposèrent les Lorrains à tel point qu’il leur était devenu en horreur ; on ne l’appelait que “traître”.

(Napoléon Bonaparte)

Oudinot (Nicolas-Charles-Marie, duc de Reggio), député du département de Maine-et-Loire au Corps législatif, en l’an XII, et pair de France, né à Bar-le-Duc (Meuse) le 25 avril 1767, mort à Paris le 13 septembre 1847, fils de « Nicolas Oudinot, et de Marie-Anne Adam » ; le 30 octobre 1783, soldat au régiment de Médoc jusqu’au 30 avril 1787 ; le 4 juillet 1789, chef du 3e bataillon de la Meuse ; 11 vendemiaire an II, chef de brigade et le 2 prairial général de brigade ; le 12 avril 1799, général de division, ; chancelier de la Légion d’honneur, le 17 mai 1839, et gouverneur des Invalides le 21 octobre 1842 ; grand-croix de Saint-Louis, le 3 mai 1816, et chevalier du Saint-Esprit le 30 septembre 1820. IL défendit Bitche avec succès en 1793, combattit vaillament à Kayserlantern et Morlantern (1794), contribua à la victoire de Zurich comme chef d’Etat-major de Masséna (1799) et à celle de Marengo. Fit la campagne de 1805 et coopéra à la victoire d’Austerlitz ; fit ensuite la campagne de Prusse et celle de Pologne et se distingua à Eylau et à Friedland. Comte de l’Empire le 2 juillet 1808, prit part à la campagne du Danube l’année suivante et se distingua à Essling et à Wagram. Le 12 juillet, il est créé maréchal de France, et le 14 avril 1810, duc de Reggio, et administrateur du pays conquis, avec une dotation considérable. Fait la campagne de Russie, au début de laquelle il est bléssé grièvement, ainsi qu’à la fin, avant la retraite. Il assista à Lutzen, Bautzen, et Leipzig, et fit la campagne de France en 1814. Se laissa faire par Louis XVIII, ministre d’Etat, pair de France, gouverneur de la 3e division militaire (Metz). Exilé dans ses terres pendant les Cent-Jours, il se laissa encore une fois combler d’honneurs et de commandements à la seconde Restauration et par la monarchie de Juillet !… Brave soldat, bon général de division, triste citoyen.

(Extrait du dictionnaire de la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 20, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL NEY (1769-1815), DUC D’ELCHINGEN, PRINCE DE LA MOSKOWA

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Maréchal Michel Ney (1769-1815), duc d’Elchingen, prince de la Moskowa

Ney n’a eu que ce qu’il méritait ! Je le regrette comme un homme précieux sur le champ de bataille, mais il était trop immoral et trop bête pour réussir.

(Napoléon Bonaparte)

Ney (Michel, duc d’Elchingen, prince de la Moskowa), maréchal de France, pair de France en 1814 et pendant les Cent-Jours, né à Sarrelouis (Moselle) le 10 janvier 1769, mort à Paris le 7 décembre 1815 ; fils de « Pierre Ney, maître tonnellier à Sarrelouis, et de Marguerite Graffin » ; engagé volontaire aux hussards de Metz, le 6 décembre 1788, il parvint à la plus haute renommée, aux plus hauts grades et à la plus haute faveur par sa bravoure, et mérita de la part des soldats les surnoms : « infatigable » et « brave des braves ». Il parvint rapidement au grade d’aide de camp des généraux Lamarche et Collaud, assista dans le Nord aux combats de Neerwinden, de Louvain, de Valenciennes, etc. Sous les ordres de Kléber, il fut placé à la tête d’un petit corps de 500 hommes avec lesquels il causa les plus grands dommages à l’ennemi ; il prit part aux batailles d’Aldenhoven et de Maastricht, de Mayence, dans l’armée Sambre-et-Meuse, aux combats de Lahn, d’Obermel, de Friedberg, de Dierdoff ; il s’empara de la citadelle de Wurtzbourg, le 15 juillet 1796 et fut nommé général de brigade. En 1797, à la tête des hussards, il culbuta les autrichiens à Neuwied et à Dierdorff et, fait prisonnier le 22 avril à Giessen, il fut échangé presque aussitôt et continua à servir sous Hoche. Le 28 mars 1799, à l’armée de Bernadotte, il s’empare de Manheim, fut nommé général de division et passa à l’armée du Danube sous Masséna ; il se distingua à Fraenfelde, à Altikow, à Wintherthur surtout, où il reçut deux blessures. De là, il passa au commandement de l’armée du Rhin et se couvrit de gloire à Hilbroon, à Laufen, à Wisloch, à Hochheim, à Ludwigsburg. C’est peu après, qu’ayant le commandement provisoire de l’armée du Rhin, il empécha la jonction de Souvarov avec l’archiduc Charles, qui eut pour résultat la défaite des Austro-Russes à Zurich, par Masséna ; blessé de nouveau, il remit son commandement au général Lecourbe. Après le 18 brumaire, étant sincèrement républicain, il était à la veille de quitter l’armée, mais, se rendant aux conseils de Bernadotte et Lefebvre, il se résigna à servir la patrie, en adhérant au nouveau régime, dans les armées du Rhin et du Danube, commandées par Moreau. On le retouve à Engen, Moskirch, Hochstaedt, Ingolstadt, Wasserburg, et Hohenlinden. Le 3 décembre 1800 ; cette dernière victoire, appuyée par celle de Marengo, eut pour résultat la paix de Lunéville, signée le 9 février 1801. C’est alors que Bonaparte le maria à une femme de sa cour et le nomma (1802) ministre plénipotentiaire en Suisse. Il y obtint la médiation du 19 février 1803. Le 28 décembre, on lui promit le commandement du 6e corps, chargé d’opérer une descente en Angleterre qui ne fut pas entrerprise ; le 19 mai 1804, l’Empereur le créa maréchal de France, lui donnant encore, peu après, le grand cordon de la Légion d’honneur avec le titre de chef de la 7e cohorte.

En 1805, ayant toujours le 6e corps sous ses ordres, il s’empara des défilés du Danube, mit en déroute l’armée de l’archiduc Ferdinand à Guntzbourg, le 9 octobre ; s’empara d’Elchingen et de ses admirables positions, défendues par 15.000 hommes et 35 pièces de canon ; l’ennemi se réfugia aussitôt dans la place forte d’Ulm, où il fut forcer de capituler le 26 octobre. En même temps, Napoléon approchait de Vienne ; Ney, à la tête de 30.000 hommes, entra dans le Tyrol, en chassa l’archiduc Jean, s’empara de Charnitz, Inspruck, Hall, et allait entrer dans la Carinthie, au moment où l’Autriche, après Austerlitz, signait la paix de Presbourg, le 26 décembre 1805. Dans la campagne suivante, avec le corps d’armée, il compléta la défaite des Prussiens le 14 octobre à Iéna ; le 15, il s’empara d’Erfurt, de 100 pièces de canons et de 14.000 prisonniers ; puis il prit Magdebourg, la place la plus importante du royaume, avec 800 canons et 23.000 prisonniers, le 8 novembre 1806. Ney chassa les Prussiens de Thorn, franchit la Vistule, s’empara de Mlawa et s’avança jusque près de Lauterbach, culbutant Bendingsen au delà de Pregel, et dégageant Bernadotte, aux prises avec toute l’armée russe à Morhungen, le 25 janvier 1807 ; à Deppen, il mit les Prussiens en déroute le 5 février, et trois jours après, il coupa la retraite de l’armée russe à la bataille d’Eylau. Le 1er mars, à Guttstadt, avec 14.000 hommes il résista à 70.000 Russes protégés par 100 pièces de canon. Le 6 juin, il battit l’ennemi à Sparden, mais accablé par des forces trop considérables, il se retira habilement sur Allenbourg ; le 14 du même mois, il assurait la victoire de Friedland et quelques jours après s’emparait d’Intersbourg, au moment de la signature de la paix de Tilsitt. Nous voyons ensuite le maréchal Ney, commandant toujours le 6e corps, prendre une part considérable à la guerre d’Espagne, en 1808. En 1810, même conduite et même succès au Portugal contre les anglo-portugais, sous le commandement de Masséna. Le 22 juin 1812 le duc d’Elchingen prenait le commandement du 3e corps, pour faire la campagne de Russie, et marchait de succès en succès jusqu’à la bataille du 7 septembre, où Napoléon le créait prince de la Moskowa, sur le champ de bataille. Pendant la retraite de la grande armée, il fut chargé du commandement de l’arrière-garde où il se montra plus vaillant, plus ferme et plus grand que jamais, marcha le fusil à la main, échangeant continuellement des coups de feu avec l’ennemi ; Napoléon et Murat étaient rentrés en France depuis longtemps, lorsqu’il parvint avec sa poignée de braves à quitter le sol de la Russie. En avril 1813, le prince de la Moskowa, à la tête de son 3e corps, assurait la victoire de Lutzen, et celle de Bautzen le 21 mai ; pénétrait en Silésié à la tête des 3e et 7e corps, et s’emparait de Breslau le 3 juin. Après Leipzig, la France fut envahie, Brienne, Mézières, Champaubert, Montmirail, Craonne et Château-Thierry illustrèrent le nom de Ney. Cependant le 31 mars 1814, les alliés entraient à Paris ; à la suite de la déchéance de Napoléon prononcée par le Sénat, il fut un des délégués de Bonaparte chargés de négocier la paix au nom de Marie-Louise ; cette négociation se termina par l’abdication de l’Empereur. Le 11 avril suivant, le comte d’Artois faisait son entrée dans Paris. Michel Ney, qui ne voyait que la France, qu’il croyait encore servir, eut le tort de se rallier au nouvel ordre des choses et d’accepter un commandement dans l’armée devenue royale. Mais le 1er mars 1815, Napoléon, sortant de l’île d’Elbe, débarquait dans le Golfe Juan près de Fréjus. Ney fut envoyé à sa rencontre, avec ordre d’arrêter sa marche sur Paris ; au lieu de cela, devant l’élan de l’armée et des populations, il se joignit lui-même au cortège impérial s’avançant triomphalement vers la capitale ; à Auxerre, il remit cependant à l’Empereur un mémoire dans lequel il le sommait de « gouverner par les lois« , et lui déclarait qu’il ne se réunissait à lui que dans l’intérêt de la patrie, et que « s’il ne lui promettait solennellement de faire le bonheur des Français, il n’était plus un de ses généraux, mais son prisonnier ! » Le 11 juin 1815, il se rendit à l’armée redevenue impériale, où il reçut le commandement de l’aile gauche et prit part avec sa force et son intrépidité habituelles aux batailles de Ligny et Waterloo, suivies de la seconde abdication de Napoléon. Le 5 août 1815, en violation flagrante des articles 11 et 12 de la convention sur la capitulation de Paris, il fut arrêté dans le Lot, et, ce qui est plus odieux encore, jugé, et condamné et fusillé d’après un jugement de la Chambre des pairs. Le braves des braves était âgé de 46 ans.

( Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 17, 2007

LES GENERAUX NAPOLEON – GENERAL CAULAINCOURT (1773-1827), DUC DE VICENCE

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Caulaincourt n’a pas fait grand-chose à Saint-Petersbourg. C’est un honnête homme qui m’a bien servi, mais il ne convenait pas comme ministre des affaires étrangères.

(Napoléon Bonaparte)


Caulaincourt
(Armand-Augustin-Louis, duc de Vicence), officier général, ambassadeur, législateur et ministre, né à Caulaincourt (Aisne) le 9 décembre 1773, mort à Paris 19 février 1827 ; était en 1791, aide de camp de son père, destitué en 1792, comme noble et réintégré dans l’armée en l’an III avec le grade de capitaine, fit les campagnes du Rhin, fut promu colonel et blessé à Weinheim. Après la paix, Bonaparte l’envoya en Russie, comme agent diplomatique, auprès du tsar Alexandre, mais il échoua dans sa mission, revint en France, fut promu général de brigade, puis général de division. Le 11 pluviôse an XII, il fut fait grand officier de Légion d’honneur, devint grand écuyer, et fut envoyé à Saint-Pétersbourg comme ambassadeur, puis créé le 7 juin 1808, duc de Vicence. Il sollicita son rappel en 1811, quand il vit le refroidissement se produire entre les deux cours. A son retour, le 5 avril 1813, il fut nommé membre du Sénat conservateur, partit comme plénipotentiaire français auprès des rois coalisés, pendant la campagne de Saxe et signa l’armistice de Pleswitz le 4 juin 1813, fut ensuite nommé ministre des affaires étrangères en novembre de la même année, portefeuille qu’il reprit pendant les Cent-jours et fut nommé le 2 juin 1815, pair de France. Sous la Restauration, il se retira de la vie politique.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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