mars 20, 2008

LES CENT JOURS (20 MARS 1815 – 8 JUILLET 1815)

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L’assemblée du Champ de Mai en présence des députés et de l’armée, au Champ-de-Mars à Paris - 1er juin 1815

Français, j’arrive parmi vous pour reprendre mes droits qui sont les vôtres.

Je ne hais pas la liberté ; je l’ai écartée lorsqu’elle obstruait ma route, mais je la comprends. J’ai été nourri de ses pensées.

(Napoléon Bonaparte)

LES CENT-JOURS, nom que l’histoire a conservé à la dernière période du règne de Napoléon 1er, qui s’étend du 20 mars 1815, date de son arrivée à Paris après le retour de l’île d’Elbe, jusqu’à la seconde restauration de Louis XVIII (8 juillet). Cette période comprend cent dix jours ; mais on peut en réalité la considérer comme terminée le 22 juin, jour de l’abdication de l’Empereur. A son retour de l’île d’Elbe, le tact habituel de Napoléon lui fit juger que l’enthousiasme qui l’avait accueilli avait surtout sa source dans la haine des Bourbons et de l’ancien régime, dans une renaissance de l’esprit libéral, que toute la gloire militaire de l’empire avait assoupi, mais n’avait pu éteindre. Lutter contre ce courant irrésistible eût été plus qu’insensé : il résolut de s’en faire un auxiliaire, en un mot de se servir de la révolution en paraissant la servir. La situation était d’ailleurs extrêmement grave : résigné pour le moment à la paix, il voyait la coalition se reformer contre lui, parce que ses démonstrations pacifiques n’inspiraient aucune confiance à l’Europe, et il avait impérieusement besoin d’un appui, qu’il ne pouvait trouver que dans la nation. « Je prévois, disait-il, une lutte difficile, une guerre longue. Pour la soutenir, il faut que la nation m’appuie ; mais en récompense elle exigera, je crois, la liberté… Les idées libérales ont repris le terrain que j’avais fait gagner au pouvoir ; il ne faut pas lutter contre une nation, c’est le pot déterre contre le pot de fer, etc. » Dès son arrivée, il nomma Carnot ministre de l’intérieur. C’était un choix, significatif et habilement fait pour rallier les amis de la liberté. Puis, comme il avait promis un régime constitutionnel, il fit appeler Benjamin Constant, qui, la veille encore, écrivait contre lui, et le chargea de rédiger l’Acte additionnel aux constitutions de l’Empire, titre malheureux, qui rappelait trop le régime de l’arbitraire et de la dictature. Cette nouvelle constitution avait tous les caractères d’une charte octroyée; on le sait, elle fut mal accueillie par l’opinion, à ce point qu’on méconnut même les garanties sérieuses qu’elle contenait. Napoléon portait la peine de son passé, et les esprits éclairés ne croyaient pas plus à ses promesses de liberté que l’Europe ne croyait à ses offres de paix. De toutes parts il se sentait enveloppé d’un ennemi insaisissable, la défiance, contre lequel ses dernières forces allaient s’user. Toutefois, une liberté complète fut laissée à la presse, et, pendant que les préparatifs de guerre se poursuivaient avec activité, on convoqua la chambre des pairs et la chambre des représentants. Ici .encore, nouvelles et invincibles défiances. Beaucoup d’anciens républicains avaient été envoyés dans la chambre élective, et ils arrivaient avec l’énergique résolution de sauver l’indépendance nationale et d’assurer la liberté. Chose caractéristique, les hommes de cette opinion, groupés autour de Carnot, appuyaient volontiers Napoléon, ne voyant en lui, dans ce moment de péril, que le généralissime de la patrie en danger, et se bornant provisoirement à prendre des garanties contre son despotisme ; tandis que les libéraux purs, qui avaient La Fayette pour chef, se montraient intraitables et hostiles. Après avoir tenu le fameux Champ de mai, pour l’acceptation de l’Acte additionnel, Napoléon, sentant qu’il avait besoin de la victoire pour agir avec plus d’autorité sur l’opinion, résolut de ne pas attendre l’attaque des puissances coalisées et d’aller immédiatement chercher Sur les champs de bataille l’ascendant qui lui manquait pour dominer les esprits. Cette précipitation était peut-être une faute ; il le sentait, mais il répondit à Carnot qui lui en faisait l’observation : « Ma politique veut un coup d’éclat. » On sait ce que fut cette campagne si courte et si funeste, dans laquelle la fortune et l’épée de Napoléon furent à jamais brisées. Au lieu de rassembler les débris de son armée, le grand vaincu accourut à Paris pour demander de nouveaux soldats… et la dictature, comme si un accroissement de sou autorité politique eût pu lui donner plus de force contre l’étranger. La proposition n’en fut point faite officiellement, mais agitée seulement en conseil des mimstres, où elle rencontra de vives oppositions. Lucien seul, l’homme du 18 brumaire, se montra partisan de cette mesure extrême et conseilla à son frère, non de demander le pouvoir absolu, mais de le prendre en brisant les faibles garanties accordées par l’Acte additionnel. Il ne songeait pas que les temps étaient changés et que Napoléon n’était plus l’homme de l’an VIII ; avec la même passion du despotisme, il n’avait plus la même énergie pour l’exercer ; d’ailleurs, il sentait le terrain fuir sous ses pieds ; la France, qu’il avait de nouveau compromise et qu’il avait mécontentée en éludant une partie des promesses libérales faites à son retour, commençait à séparer la cause nationale des intérêts de la dynastie ; flottant, découragé, irrésolu, il se borna à demander à la Chambre des représentants la nomination de commissions législatives chargées de s’entendre avec les ministres. Mais l’Assemblée, surexcitée par les périls de la situation, irritée par les bruits de coup d’Etat, se montra ouvertement hostile ; la question de l’abdication fut discutée, et le mot de déchéance éclata même dans les polémiques ; enfin, après deux jours de débats orageux, au milieu desquels la Chambre déclara traître qui la, dissoudrait, et plaça l’Empereur entre l’abdication et la déchéance ; après bien des incertitudes et des pourparlers, Napoléon, pressé de toutes parts, consentit à signer son abdication, qu’on lui représentait comme un sacrifice nécessaire au salut de la patrie (22 juin). Une commission executive fut aussitôt nommée par les deux chambres ; elle se composait de Fouché (qui obtint la présidence), Carnot, le général Grenier, Caulaincourt et Quinette. Le premier soin de cette commission fut d’envoyer aux alliés des plénipotentiaires chargés de négocier la paix ou une suspension d’armes, aux conditions suivantes : intégrité du territoire, indépendance de la nation dans le choix de son gouvernement, reconnaissance de Napoléon II. Mais ces négociations, sur lesquelles on comptait, au moins pour retarder la marche de l’ennemi pendant qu’on rassemblerait les moyens de défense, échouèrent complètement. On sait d’ailleurs que le président de la commission, Fouché, négociait secrètement avec les alliés et multipliait de tous côtés ses intrigues. Les ennemis continuèrent à marcher sur Paris, qui fut investi et qui dut accepter, le 3 juillet, une nouvelle capitulation. Quelques jours plus tard, les Bourbons rentraient dans la capitale sous la protection des baïonnettes étrangères : la seconde restauration était inaugurée.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Les Cent-Jours sur wikipedia

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mars 7, 2008

FREDERIC GUILLAUME III (1770-1840), ROI DE PRUSSE (1797-1840)

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Frédéric-Guillaume III de Prusse (1770-1840)

Le plus grand sot de la terre, sans talent, sans instruction, incapable de soutenir une conversation de cinq minutes. Il a l’air d’un vrai don Quichotte.

Pas un tailleur n’en savait plus long que Frédéric-Guillaume sur ce qu’il fallait de drap pour faire un habit. Si l’armée française avait été commandée par un tailleur, le roi de Prusse aurait certainement gagné la bataille à cause de son savoir supérieur en cette matière.

(Napoléon Bonaparte)

FRÉDÉRIC-GUILLAUME III, roi de Prusse, fils aîné et successeur de Frédéric Guillaume II de Prusse, né le 3 août 1770 mort le 7 juin 1840. Il reçut sa première éducation sous la direction de sa mère. la princesse Louise de Hesse-Darmstadt, et de son grand-oncle, Frédéric II, puis eut pour gouverneur le comte Charles de-Brühl, qui l’initia à la politique en même temps qu’à l’art militaire. Pendant la guerre contre la France, en 1792, il se rendit avec son père à l’armée du Rhin et s’y fit remarquer par son courage. L’année suivante, il épousa la princesse Louise de Mecklembourg-Strelitz, pour laquelle il ressentait une vive affection. Dès son avènement au trône, en 1797, il s’attacha à réparer les fautes du dernier règne : la tolérance religieuse fut rétablie, la censure modifiée dans le sens libéral, les finances restaurées. Il s’entoura de bons conseillers et plaça à la tête de l’administration un homme d’une probité et d’une capacité reconnues. Le nouveau roi ne se laissa point distraire dans ce travail de réorganisation, restant sourd aux excitations et aux menaces des puissances coalisées contre nous. Ce prince était pacifique ; il respecta la République française et le traité de paix de Bale, que son père avait conclu avec elle. Son intention était de vivre en paix avec la France aussi bien qu’avec toutes les autres puissances, et de consacrer toutes ses forces à l’amélioration du pays. Le traité de Lunéville (1801) enleva à la Prusse ses possessions de la rive gauche du Rhin ; mais Cette puissance reçut en compensation, en un accroissement de territoire d’environ 180 milles carrés géographiques, ayant une population de plus de 400.000 habitants. A peu près vers cette époque, elle fit avec la Bavière des échanges de territoires qui l’arrondirent et l’agrandirent de telle sorte, qu’elle compta alors 10 millions d’habitants. En 1805, la roi de Prusse finit par entrer dans la troisième coalition, entraîné par Alexandre, venu lui-même à Berlin, et irrité de la violation du territoire d’Anspach, traversé par nos troupes marchant sur Vienne. Déjà il était engagé, lorsque le coup de foudre d’Austerlitz vint le rappeler à la prudence. Il se hâta de faire sa paix avec Napoléon, moyennant quelques concessions de territoire, en échange desquelles il obtint le Hanovre (15 décembre 1805). Bientôt, l’établissement de la confédération du Rhin troubla la bonne harmonie. Frédéric-Guillaume prétendait réunir sous son protectorat les Etats de l’Allemagne du Nord, comme Napoléon avait fait de ceux du Midi. On ne put s’entendre, et les hostilités commencèrent le 9 octobre 1806. Le 14, Napoléon, vainqueur à léna, entrait à Berlin, et bientôt le roi, dépouillé de ses Etats, se trouvait confiné à Memel. Grâce à l’empereur de Russie, il rentra, par le traité de Tilsit (1807), en possession d’une partie de son royaume ; mais, avant de passer des écrits au fait, il eut à subir du vainqueur les plus humiliantes épreuves. Napoléon lui imposait d’énormes contributions de guerre, 100 millions, qui devaient être payées avant l’évacuation des troupes françaises. L’épuisement de toutes ses provinces mettait le roi dans l’impossibilité de payer une somme si lourde. Il suppliait l’empereur de lui accorder des réductions et de retirer son armée. Dans une lettre, inédite, qu’il lui adressait de Memel, le 3 août 1807, et dont nous avons l’original sous les yeux, il lui dit : « Quelles sont vos vues sur la Prusse ? Votre Majesté en a-t-elle décidé l’anéantissement politique ? Expliquons-nous, sire : le langage de la conscience et de la franchise est celui qu’il convient d’adresser au plus grand homme de notre siècle. Prononcez le rôle que vous voulez m’assigner parmi les puissances de l’Europe… » Frédéric-Guillaume ne rentra dans sa capitale qu’au mois de décembre 1809. Loin de se laisser abattre par le malheur, il s’occupa sans relâche des réformes réclamées par le pays, de la reconstitution de l’armée. Deux hommes d’une haute capacité, Stein et Hardenberg, travaillèrent alors avec le roi à la régénération de la Prusse par l’établissement d’institutions libérales et par une réorganisation radicale de l’administration. Les principaux points de cette réforme furent l’égalité, devant la loi, de la noblesse et de la bourgeoisie ; la liberté du travail, de l’industrie et du commerce ; l’abolition de la corvée des paysans (loi du 9 octobre 1807) ; l’indépendance des communes en ce qui concerne la gestion de leurs affaires municipales et la représentation des villes par des conseillers municipaux (19 novembre 1808). L’instruction publique devint obligatoire et gratuite pour les pauvres (30 octobre 1810). L’université de Berlin fut fondée en 1809, et, en même temps, celle de Francfort-sur-l’Oder fut transférée à Breslau. Pour améliorer les finances de l’Etat, le roi décréta, le 6 novembre 1809, la vente des propriétés appartenant au domaine public, et déclara les biens ecclésiastiques situés dans son royaume propriétés de l’Etat. Tous les biens possédés par les ordres religieux et par le clergé furent alors sécularisés et vendus en même temps que les autres biens de l’Etat. Par ces diverses mesures, le roi de Prusse parvint a cicatriser les plaies que la guerre avait faites à ses Etats et à y ramener le bien-être. Forcé de plier devant les volontés encore toutes-puissantes de Napoléon, Frédéric-Guillaume conclut à Paris, le 24 février un traité d’alliance défensive et offensive. Cette même année, la guerre ayant éclaté entre la France et la Russie, le roi de Prusse envoya à Napoléon un corps d’armée de 30.000 hommes, sous le commandement du général York. Lors de la funeste retraite de Russie, le général York sauva ses troupes en concluant, avec le général russe Diébitsch, une convention qui lui laissait le passage libre pour retourner eu Prusse, et son corps-d’armée, déclaré neutre, se sépara de l’armée française. Les désastres de 1812 semblaient indiquer que Napoléon avait enfin lassé la fortune. Le roi de Prusse se réunit contre lui aux grandes puissances, avec d’autant plus d’empressement qu’il avait été plus profondément humilié. Il conclut contre la France une alliance avec l’empereur de Russie, à Kalisch, le 23 février 1813, et, le 27 mars de la même année, envoya à Napoléon une déclaration de guerre. Les proclamations qu’il adressa à son peuple, les 3 et 9 février et le 17 mars 1813, étaient autant d’appels aux armes, qui furent accueillis avec enthousiasme, car il s’adressait à la nation au nom de la liberté et de l’indépendance de la patrie. Deux corps d’armée prussiens, commandés par Blücher et York, se réunirent à l’armée russe sous les ordres de Wittgenstein, et marchèrent en avant en entrant en Saxe. Le roi lui-même fit la campagne de 1813 et de 1814, et contribua à l’échec que Napoléon éprouva à Leipzig. Il se rendit ensuite à Paris, qu’il quitta avec l’empereur Alexandre de Russie pour se rendre à Londres. De là, il retourna à Berlin, où il fut reçu en triomphe par le peuple prussien (le 6 août I814). De Berlin, il se rendit à Vienne pour assister au congrès, dans lequel il défendit les intérêts prussiens, se fit restituer les Etats que Napoléon lui avait enlevés, et obtint, en outre, un agrandissement de territoire. Lorsqu’au mois de mars 1815 Napoléon revint de l’ île d’Elbe, Frédéric-Guillaume conclut une nouvelle alliance avec l’Autriche, la Russie et l’Angleterre, et l’on sait quelle part décisive les Prussiens de Blücher prirent à la bataille de Waterloo. De retour en Prusse, le roi fit célébrer le jubilé de l’avènement de la maison de Hohenzollern, qui depuis quatre cents ans gouvernait la Prusse. La paix rétablie, Frédéric-Guillaume continua à s’occuper d’accroître la prospérité de ses Etats ; mais il refusa d’accorder à la nation la constitution et le système représentatif, qu’il avait solennellement promis d’octroyer, le 22 mai 1815, après le retour de Napoléon Ier en France. Il régla les difficultés qui s’étaient élevées entre les Eglises protestantes et l’Eglise catholique, rétablit, en 1823, les états provinciaux, qui ne prouvaient apporter que de très légères modifications au pouvoir absolu, et augmenta considérablement l’ascendant de la Prusse en Allemagne, en fondant l’association douanière qui devait préparer l’unité politique de l’Allemagne. Lorsque la Révolution de Juillet éclata en France, suivie bientôt après de l’insurrection polonaise, Frédéric-Guillaume contribua, par sos efforts, à maintenir la paix de l’Europe, qui semblait de nouveau menacée. Il s’empressa de reconnaître Louis-Philippe, et ne voulut pas prendre part
à la compression de la Pologne. On a reproché à ce prince, qui n’était dénué ni d’intelligence ni de courage personnel, de s’être trop laissé gouverner par sa femme, la belle Louise de Mecklembourg, qu’il perdit en 1810. En 1821, il contracta un mariage morganatique avec la comtesse de Harrac, qui devint alors duchesse de Liegnitz.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Frédéric-Guillaume III de Prusse sur wikipedia

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mars 6, 2008

ALEXANDRE Ier (1777-1825), TSAR DE RUSSIE (1801-1825)

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Alexandre Ier, Tsar de Russie (1777-1825)

L’Empereur Alexandre, avec ses manières doucereuses et l’apparence de la modération, aura fait davantage dans l’intérêt de la Russie que l’ambitieuse Catherine, que les Russes prônaient tant.

C’est un grec du Bas-Empire, fin, faux, et adroit.

(Napoléon Bonaparte)

ALEXANDRE Ier, Paulowitch, empereur de Russie, fils de Paul Ier, né à St-Pétersbourg, en 1777, mort en 1825, à Taganrok. Il monta sur le trône en 1801, après le meurtre de son père, auquel on le soupçonna, sans preuves, de n’être pas resté étranger. Phénomène remarquable, et qui montre bien la puissance d’expansion des principes émis par la Révolution française, il fut, dans l’empire le plus absolu de la terre, le représentant des idées libérales, et entraîna son pays dans la voie des réformes et du progrès. Ses premiers actes furent une réparation des cruautés du règne précédent. Il ouvrit les cachots, rappela les bannis, abolit la censure, les tribunaux secrets, la confiscation, la torture, les ventes publiques de serfs ; diminua les impots, adoucit la législation criminelle, fonda des universités, des écoles et des hospices, réforma le code criminel, protégea la liberté commerciale et industrielle, et s’appliqua à faire fleurir dans ses vastes Etats les lettres, les sciences et les arts, dont les bienfaits étaient jusqu’alors restés presque inconnus à la Russie. A son avènement au trône, il maintint d’abord la paix qu’il trouva établie avec la France ; mais en 1805, inquiet des envahissements de Napoléon en Allemagne, il entra dans la troisième coalition, formée par l’Angleterre, l’Autriche et la Suède. La bataille d’Austerlitz força l’Autriche à signer la paix de Presbourg ; la journée d’Iéna renversa l’édifice que le grand Frédéric avait mis toute sa vie à élever, et les défaites successives qu’Alexandre essuya en 1807, à Eylau et à Friedland, amenèrent la fameuse entrevue qui eut lieu sur le Niémen entre lui et Napoléon, et où les deux souverains se jurèrent une éternelle amitié. Quelques jours après fut signé le traité de Tilsit, par lequel l’empereur de Russie reconnut toutes les conquêtes de son ennemi, et adhéra au système du blocus continental (8 et 9 juillet 1807). Le roi de Suède, son ancien allié, ayant refusé de fermer ses ports aux vaisseaux anglais, il lui fit la guerre, et lui enleva la Finlande en même temps qu’il se rendait maître de plusieurs provinces de la Perse et de la Turquie. L’entrevue d’Erfurt vint encore resserrer son alliance avec Napoléon, pour lequel il ressentait d’ailleurs la plus vive admiration. Cependant quelques modifications au système continental, qui lui étaient imposées par les besoins de ses peuples, et l’occupation du duché d’Oldenbourg par les troupes françaises, amenèrent une rupture entre les deux souverains, et la guerre ne tarda pas à sortir de cette situation. On connaît les résultats de cette funeste campagne de 1812 entreprise par Napoléon. Pendant que les débris de l’armée française se retiraient en Allemagne, Alexandre lança de Varsovie un manifeste par lequel il appelait l’Europe aux armes (1813), et forma une nouvelle coalition dans laquelle entrèrent l’Angleterre, la Prusse, la Suède et l’Autriche. Les alliés essuyèrent d’abord plusieurs défaites à Lutzen, à Bautzen et à Dresde, mais la bataille de Leipzig leur ouvrit les portes de la France, et ils arrivèrent jusqu’à Paris (1814), malgré les prodiges de génie que fit Napoléon dans cette campagne immortelle. Alexandre, qui jouait le principal rôle dans ces événements, contribua à replacer la famille des Bourbons sur le trône, et se conduisit avec une modération et une bienveillance qui lui concilierent l’estime des classes élevées, moins sensibles aux humiliations de l’invasion étrangère que charmées de l’affabilité de l’autocrate vainqueur. Après avoir signé le traité qui assurait la paix générale et garantissait à la France l’intégrité de son territoire primitif, il se rendit en novembre 1814 au congrès de Vienne, où il fit confirmer l’usurpation de la Pologne, qu’il avait consommée l’année précédente. Après le retour de Napoléon de l’île d’Elbe et la bataille de Waterloo, Alexandre revint à Paris avec les troupes alliées (1815), et participa cette fois aux mesures rigoureuses prises contre la France ; néanmoins il s’opposa a son démembrement et sauva plusieurs monuments qu’on voulait détruire. Avant de quitter Paris, il signa avec les souverains de Prusse et d’Autriche le traité de la Sainte-Alliance, qui, sous l’apparence d’une ligue pour le triomphe du christianisme, n’était en réalité qu’une coalition des rois contre les principes libéraux, coalition au nom de laquelle il fut entraîné plus tard à comprimer la liberté en Europe. De retour en Russie, Alexandre s’occupa de l’administration de ses vastes Etats, octroya à la Pologne une constitution qui ne fut jamais appliquée, travailla à réparer les maux de la guerre, établit des colonies militaires dans les parties les moins habitées de son empire, expulsa les jésuites, que son aïeule Catherine avait attirés en Russie, et adoucit le sort des serfs. Dans les dernières années de sa vie, il demeura fidèle à l’esprit qui avait dicté le traité de la Sainte-Alliance, et se montra constamment l’adversaire des idées libérales qu’il avait professées au début de sa carrière. Au reste, il ne s’appartenait plus à cette époque. Depuis la deuxième invasion, il était tombé sous l’empire de la mystique Mme de Krudener qui l’avait entraîné dans un quiétisme religieux énervant, et dont l’influence funeste survécut même à la perte de son crédit. Il mourut d’une fièvre endémique pendant un voyage dans les provinces méridionales de son empire. Ses derniers moments furent troublés par la découverte d’une vaste conspiration entreprise par la jeunesse russe des hautes classes, sous l’influence d’idées qu’elle avait rapportées de la France. Alexandre fut un prince éclairé et doué de qualités incontestables ; il acquit des droits à la reconnaissance de la France par sa modération et le frein qu’il imposa à la vengeance que les alliés voulaient tirer de vingt ans de revers et d’humiliations, mais la loyauté fut loin de présider à tous les actes de sa vie ; il ne se montra que trop souvent fidèle à cette politique cauteleuse qui est de tradition chez les souverains moscovites, et justifia ainsi l’épithète de Grec du Bas-Empire que Napoléon lui donna dans ses amères récriminations. Il ne laissait point d’enfant, et son frère Nicolas lui succéda.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Alexandre Ier de Russie sur wikipedia

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mars 5, 2008

FRANCOIS Ier (1768-1835), EMPEREUR D’AUTRICHE

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François Ier d’Autriche (1768-1835), Empereur d’Allemagne (1792-1805) puis d’Autriche (1805-1835)

Ce squelette de François II, que le mérite de ses ancêtres a placé sur le trône.

Je croyais l’empereur François un bon homme ; je me suis trompé !  C’est un imbécile, un paresseux sans cervelle et sans coeur. Il est dépourvu de tout talent. Il ignore l’affection, la sensibilité et la gratitude. En fait, les bonnes qualités lui font complètement défaut.

(Napoléon Bonaparte)

FRANÇOIS II (Joseph-Charles), empereur  d’Allemagne, puis FRANÇOIS 1er, empereur d’Autriche, né en 1768, mort en 1835. Il succéda, en 1792, à Léopold II, son père. C’était un prince d’une nullité à peu près complète. Il ne régna que de nom, sous la tutelle de Metternich. A son début, il entra en lutte avec la Révolution française, et, jusqu’en 1809 cette lutte ne fut pour lui qu’une série de désastres. En 1797, le traité de Campo-Formio lui enlève la Lombardie ; mais, par une condescendance coupable du Directoire, François reçoit Venise en dédommagement. La perte de la bataille de Marengo lui coûte plusieurs provinces (14 juin 1800). Défait à Austerlitz, il cède la Vénétie (1805). L’établissement de la Confédération du Rhin l’oblige à abdiquer le titre d’empereur d’Allemagne pour prendre celui d’empereur d’Autriche (1806) ; une nouvelle levée de boucliers, qu’il fait en 1809,lui coûte la Gallicie et les provinces illyriennes. Enfin, pour comble d’humiliation, il se voit obligé de donner sa fille aînée, Marie-Louise, à son heureux vainqueur (1810). L’alliance qu’il a contractée, il se hâte de la rompre dès que Napoléon est abandonné par la fortune (1813). Les succès de la coalition le remettent en possession de tous les Etats qu’il a perdus depuis vingt ans. François Ier se montra dur dans la répression des tentatives insurrectionnelles de la Lombardie eu 1821 : les tortures du Spielberg pèseront éternellement sur sa mémoire.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : François Ier d’Autriche sur wikipedia

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