mars 22, 2008

TRAITE DE FONTAINEBLEAU (11 AVRIL 1814)

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Napoléon abdiquant à Fontainebleau en 1814

Je vivrai puisque la mort ne veut pas plus de moi dans mon lit que sur le champ de bataille. Il y aura aussi du courage à supporter la vie après de tels événements.

Ce n’est pas à moi que les puissances font la guerre. C’est à la Révolution. Elles n’ont jamais vu en moi que le le réprésentant, l’homme de la Révolution.

(Napoléon Bonaparte)

TRAITÉ DE FONTAINEBLEAU, par lequel fut réglée, après les événements de 1814 et la double abdication de Napoléon, sa situation, ainsi que celle de sa famille. Caulaincourt, les maréchaux Ney et Macdonald négocièrent cet acte, de la part de l’empereur déchu, avec les souverains alliés. C’était un dernier témoignage de déférence que ceux-ci accordaient l’homme qui les avait fait trembler si longtemps. L’orgueil de Napoléon s’en irrita. « A quoi bon un traité, écrivait-il à Caulaincourt, puisqu’on ne veut pas régler avec moi les intérêts de la France ? Du moment qu’il ne s’agit plus que de ma personne, il ny a pas de traité à faire. Je suis un vaincu. Un simple cartel suffît pour garantir ma liberté. » Puis il envoya le colonel Gourgaud à Paris pour y réclamer son acte d’abdication. « Je ne veux pas de traité pour moi seul, répétait-il à Caulaincourt ; je ne signerai pas ma honte. » On comprend, en effet, que Napoléon ait appréhendé l’impression qu’un acte de cette nature, uniquement consacré à satisfaire des intérêts d’argent, pouvait produire sur l’opinion. « Il avait honte, dit le baron Fain, qu’un si grand sacrifice offert à la paix du monde fût mêlé à des arrangements pécuniaires. » (Manuscrit de 1814). Toutefois, il était trop tard pour revenir sur son abdication, et Gourgaud fit à Paris un voyage inutile. Le 11 avril, le traité fut signé à Paris et il fut apporté le lendemain à Fontainebleau par Caulaincourt. Napoléon ne le ratifia que le 13 avril au matin, après avoir tenté de s’empoisonner la nuit précédente. Voici quelles étaient les principales clauses de ce traité octroyé à celui qui avait été le maître du monde, clauses dont la plupart restèrent inexécutées. On remarquera que les souverains alliés, par un honorable sentiment de délicatesse, conservaient à Napoléon et à Marie-Louise leurs titres d’empereur et d’impératrice ; le gouvernement anglais seul se tint dans la réservé à cet égard, conséquent en cela avec sa conduite politique : Article 1er. S. M. l’empereur Napoléon renonce, pour lui et ses successeurs et descendants, ainsi que pour chacun des membres de sa famille, à tout droit de souveraineté et de domination, tant sur l’empire français et le royaume d’Italie que sur tout autre pays. Art. 2. LL. MM. l’empereur Napoléon et l’impératrice Marie-Louise conserveront ces titres et qualités pour en jouir leur vie durant. La mère, frères, sœurs, neveux et nièces de l’Empereur conserveront également, partout où ils se trouveront, les titres de princes de sa famille. Art. 3. L’île d’Elbe, adoptée par S. M. l’empereur Napoléon pour le lieu de son séjour, formera, sa vie durant, une principauté séparée, qui’ sera possédée par lui en toute souveraineté et propriété. Il sera donné, en outre, en toute propriété à l’empereur Napoléon un revenu annuel de 2 millions de francs en rentes sur le grand-livre de France, dont 1 million réversible à l’impératrice. (Le gouvernement de la Restauration refusa de payer ces 2 millions, dont l’empereur n’a jamais rien touché). Art 5. Les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla seront donnés en toute propriété et souveraineté à S. M. l’impératrice Marie-Louise. Ils passeront à son fils et à sa descendance en ligne directe ; le prince son fils prendra, dès ce moment, le titre de prince de Parme, de Plaisance et de Guastalla. Art. 6. Il sera réservé, dans les pays auxquels Napoléon renonce pour lui et sa famille, des domaines, ou donné des rentes sur le grand-livre de France, produisant un revenu annuel net, et déduction faite de toutes charges, de 2.500.000 francs. Ces domaines ou rentes appartiendront en toute propriété, et pour en disposer comme bon leur semblera, aux princes et princesses de sa famille. (Suit la répartition.) Les princes et princesses de la famille de l’empereur Napoléon conserveront, en outre, tous les biens meubles et immeubles, de quelque nature que ce soit, qu’ils possèdent à titre particulier, notamment les rentes dont ils jouissent, également comme particuliers, sur le grand-livre de France ou le Monte-Napoleone de Milan. (Aucune de ces clauses n’a été exécutée.) Art: 7. Le traitement annuel de l’impératrice Joséphine sera réduit à 1 million en domaines ou en inscriptions sur le grand-livre de France. Elle continuera à jouir en toute propriété de tous ses biens meubles et immeubles particuliers et pourra en disposer conformément aux lois françaises. Art. 8. Il sera donné au prince Eugène, vice-roi d’Italie, un établissement convenable hors de France. Art. 17. S. M. l’empereur Napoléon pourra emmener avec lui et conserver pour sa garde, hommes de bonne volonté, tant officiers que sous-officiers et soldats. Art. 18. Tous les Français qui auront suivi S. M. l’empereur Napoléon et sa famille seront tenus, s’ils ne veulent pas perdre leur qualité de Français, de rentrer en France dans le terme de trois ans, à moins qu’ils ne soient compris dans les exceptions que le gouvernement français se réserve d’accorder après l’expiration de ce terme. Art. 20. Les hautes puissances alliées garantissent l’exécution de tous les articles du présent traité. Elles s’engagent à obtenir qu’ils soient adoptés et garantis par la France. » Les articles que nous avons passés sous silence ne contiennent que des stipulations de détail et d’intérêt secondaire. Le traité, daté de Paris 11 avril 1814, était signé : pour Napoléon, par Caulaincourt, duc de Vicence ; le maréchal Macdonald, duc de Tarente ; le maréchal Ney, prince de la Moskowa et pour l’Autriche, par le prince de Metternich ; pour la Russie, par le comte de Nesselrode ; pour la Prusse, par le baron de Hardenberg ; pour le gouvernement provisoire, par le prince de Bénévent, Dalberg, Jaucourt, Beurnonville, Montesquieu. L’Angleterre donna son consentement pur et simple, par l’entremise de lord Castlereagh ; enfin, le prince de Bénévent ratifia le traité le 31 mai suivant, au nom de Louis XVIII lui-même.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Traité de Fontainebleau

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mars 2, 2008

MARECHAL GROUCHY (1766-1847)

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Maréchal Emmanuel de Grouchy (1766-1847)

Non, non, Grouchy n’a pas agi [à Waterloo] avec l’intention de trahir, mais il a manqué d’énergie. Il y a eu aussi de la trahison dans l’état-major. Cependant je n’en suis pas certain, n’ayant jamais revu Grouchy depuis lors.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal GROUCHY (Emmanuel, marquis DE), maréchal de France, né à Paris en 1766, d’une ancienne famille de Normandie, mort en 1847. Ce général, on ne l’ignore pas, a été l’objet de beaucoup de controverses à propos de son rôle a la bataille de Waterloo, qu’on l’accuse communément d’avoir fait perdre par son inertie. Mais donnons d’abord le résumé de sa vie militaire, qui ne fut pas sans éclat. Il entra au service à l’âge de treize ans, et il était sous-lieutenant aux gardes du corps lorsque éclata la Révolution, dont il embrassa la cause avec le généreux enthousiasme de la jeunesse. Il devint rapidement général, combattit en Savoie et en Vendée, fut destitué, comme noble, pendant la Terreur, mais réintrégré l’année suivante, et adjoint au général Hoche, qu’il seconda dans l’expédition de Quiberon et dans l’expédition avortée d’Irlande (1796). Il passa ensuite à l’armée d’Italie, parvint, par un coup de main hardi, à déterminer l’abdication du roi de Sardaigne en faveur de la France, et montra un courage héroïque à la malheureuse bataille de Novi, où il tomba, atteint de quatorze blessures, entre les mains des Russes. Echangé après Marengo, il reçut le commandement d un corps d’armée, prit une part glorieuse, sous Moreau, à la bataille de Hohenlinden, puis se distingua à Ulm, à Eylau et à Friedland. Il avait voté contre le Consulat, et il s’était honoré en prenant la défense de Moreau, son ancien chef et son ami ; néanmoins, il reçut, en 1808, le gouvernement de Madrid, se distingua de nouveau à Raab et à Wagram, commanda un des trois corps de cavalerie de la grande armée, dans la campagne de Russie, et, par son intrépidité à Wilna, Krasnoé, Smolensk, la Moskowa, fut jugé digne de commander, pendant la retraite, l’Escadron sacré, débris des cadres de nos héroïques légions. Tombé dans une sorte de disgrâce en 1813, il ne reprit un commandement que dans la lutte suprême de l’année suivante, soutint sa réputation pendant la campagne de France, et fut blessé assez grièvement au combat de Craonne. Mis à l’écart par la Restauration, il reçut, au retour de l’île d’Elbe, le commandement de l’armée du Midi (1815), contraignit le duc d’Angoulème à capituler, et fut élevé à la, dignité de maréchal de France. Au début de la campagne si courte et si tragique de 1815, il eut sous ses ordres la cavalerie de réserve, et joua un rôle extrêmement brillant à la bataille de Ligny. Ici nous touchons à Waterloo. Au lendemnin de Ligny, c’est-à-dire le 17 juin, Napoléon donna à Grouchy le commandement d’un corps d’armée de 35.000 hommes, avec ordre de poursuivre les Prussiens, d’empêcher Blücher de faire sa jonction avec Wellington. D’après la légende longtemps reçue, la conduite de Grouchy, depuis cette matinée du 17 jusqu’à la soirée du 18, n’aurait été qu’une suite de bévues, un enchaînement de fautes plus grossières les unes que les autres ; enfin la bataille de Waterloo eût été gagnée par Napoléon, si le maréchal n’eût laissé passer les Prussiens ou fût accouru sur le terrain avec son corps d’armée. M. Thiers, toujours favorable aux données populaires et napoléoniennes, n’a fait que confirmer cette version complaisante, écho du Mémorial de Sainte-Hélène. Napoléon, en effet, suivant son invariable coutume de rejeter ses propres fautes sur ses lieutenants, a imputé la perte de la bataille, nettement, formellement, à Ney et à Grouchy, l’un fusillé, l’autre proscrit pour sa cause. Ces allégations, soutenues par d’autres témoignages, ont donné lieu à différentes publications. Grouchy, encore en exil, fit paraître en 1819 un mémoire justificatif ; quelques assertions contenues dans ce mémoire furent alors combattues ; la publication d’un poème de Méry et de Barthélémy vint réveiller cette controverse. Le général Gérard, depuis maréchal, alors député de la Dordogne, dans le camp de l’opposition, y prit part, et publia un écrit intitulé : Quelques documents sur la bataille de Waterloo, propres à éclairer la question portée devant le public par M. le marquis de Grouchy (brochure in-8°). Il y a déjà de la malveillance dans ce titre : Grouchy était marquis, sans doute, mais il était général, titre qui, aux yeux de M. Gérard, devait valoir mieux que l’autre, et qu’en bon camarade il eût dû préférer donner à celui qu’il voulait combattre. Mais passons. Le point sérieux du débat est celui-ci : Grouchy commandait un corps d’armée séparé du corps de bataille et opérant sur la droite. Il avait ordre de suivre Blucher, qui se retirait du côté de Namur, mais qui déroba habilement sa marche au général français au moyeu d’une forte arrière-garde, passa la Dyle à Wavres et revint sur Waterloo opérer sa jonction avec les Anglais et décider la victoire. Le matin du 18, Grouchy marcha sur Wavres, lorsqu’il entendit une forte canonnade sur sa gauche : c’était le canon de Waterloo. S’il eût marché sur le canon, il eût, dit-on, en prenant part à l’action principale, opéré une diversion puissante qui, peut-être, eût changé les résultats de cette funeste et mémorable journée. Pour ne l’avoir pas fait, Grouchy allégua ses ordres, qu’il n’aurait pu modifier, en y contrevenant, qu’en prenant sur lui une grave responsabilité, et en vertu d’une certitude qu’il n’avait pas. Mais ce n’est pas tout ; non-seulement on disait que Grouchy n’avait point eu l’idée de marcher sur la gauche, mais qu’il avait expressément rejeté le conseil que lui donnait le général Gérard, de manœuvrer en ce sens. Ce fait est contesté dans le mémoire de 1819, qui contient, en outre, quelques observations défavorables au 4e corps. Le général Gérard n’avait point d’abord répondu ; d’autres l’avaient fait pour lui ; mais, quant à lui, il pensait sans doute que la situation malheureuse d’un ancien compagnon d’armes lui prescrivait le silence. Mais ce motif n’existant plus en 1823, et comme la question venait d être relevée dans un sens contraire au sien, il crut de son devoir de s’expliquer. Dans la brochure qu’il publia à cette époque, le commandant du 4e corps se justifie sans doute de tout reproche, mais il n’y prouve pas que Grouchy en ait eu à se faire. Gérard y dit bien qu’il avait ouvert, le 18, entre onze heures et midi, l’opinion de faire manœuvrer un corps d’armée, avec quelque cavalerie, sur le canon de l’Empereur. « Je n’ai pas la présomption de dire, ajoute-t-il, que dans ce moment je calculais les immenses résultats qu’aurait produits cette manœuvre, comme l’événement l’a prouvé, si elle eût été exécutée ; en manifestant cet avis, je n’étais frappé que de l’idée, du reste fort simple, de nous lier avec les troupes de gauche. » Tout cela est fort bien, et peut entrer comme témoignage dans le grand procès d’art militaire dont la bataille de Waterloo est le sujet, mais ne prouve pas que le général Grouchy, qui croyait encore avoir les Prussiens devant lui, ait dû prendre sur lui d’exécuter une manœuvre que ses ordres lui prescrivaient de ne pas faire. Il a pu être malhabile dans une circonstance suprême où le succès fait absoudre de la désobéissance ; mais il y a loin de là à un mauvais dessein prémédité et surtout à cette persistante et terrible accusation de trahison, que les partisans trop zélés de Napoléon ont voulu et veulent encore attacher au nom de Grouchy. Sa conduite postérieure le justifie d’ailleurs suffisamment de ce banal reproche de trahison. Son fils, sénateur du second Empire, a publié, en 1864 (Paris, Dentu, in-12), une brochure destinée à réfuter une partie des assertions de M. Thiers, et qui est intitulée : le Maréchal Grouchy du 16 au 18 juin 1815. Sans doute, on doit se tenir en garde contre ces apologies de famille ; mais ce travail contient des détails intéressants, et nous devions l’indiquer comme une des pièces du procès. Mais il y a des études plus profondes et plus concluantes, parce qu’elles embrassent tout l’ensemble des opérations. Pour avoir une idée exacte et de cette terrible défaite et de l’épisode qui nous occupe, il est absolument indispensable de lire les derniers travaux, et spécialement L’Histoire de la campagne de 1815, par Charras, et le livre de M.E. Quinet sur le même sujet (Paris, Michel Lévy, 1862). La question qui nous occupe est complètement élucidée dans ces ouvrages de premier ordre, qui, sortant de la donnée commune, s’appuyant sur une masse de matériaux, ont porté lumière sur bien des points et détruit bien des préjugés. En ce qui concerne Grouchy, qu’il ait commis des fautes, c’est ce qui parait incontestable ; mais il ne l’est pas moins que la direction fausse dans laquelle il s’avança et s’égara lui avait été imposée par Napoléon, qui, au lieu de faire poursuivre les Prussiens dès le soir même de Ligny, et, dans la nuit, de les faire serrer de près, afin qu’il ne pussent nous dérober un seul de leurs mouvements, attendit au lendemain, à trois heures de l’après-midi, pour se décider à une sérieuse recherche, pour envoyer sur leurs traces, désormais confuses et trompeuses, un corps d’armée qui ne pouvait plus que les suivre à tâtons et très difficilement les atteindre. Voilà quelle aurait été l’une des premières causes du succès de la manœuvre audacieuse de Blücher, et ce qui lui ouvrit toute large la route de Saint-Lambert et de Planchenoit. Grouchy ne prévit pas, sans doute, la jonction ; mais Napoléon ne la prévit pas davantage, voilà ce qui paraît établi ; il croyait les Prussiens en pleine retraite, et il envoya son lieutenant à leur poursuite, sans instruction précise, sans que rien dénotât chez lui l’idée de s’appuyer sur les divisions Grouchy et d’agir de concert. Grouchy aurait dû, dit-on, marcher au canon, vers Waterloo ; mais, outre que ses ordres ne lui prescrivaient rien pour une telle éventualité (et l’on sait que les prescriptions impérieuses de Napoléon glaçaient toute initiative chez ses généraux), rappelons, encore une fois, qu’il croyait avoir toute l’armée prussienne non loin de lui, et qu’en abandonnant sa position il pouvait craindre de lâcher la proie pour l’ombre et d’entraver les combinaisons de l’Empereur. Son erreur prouve qu’il a manqué de tact militaire et d’habileté ; niais cette erreur admise, il pouvait très légitimement se croire dans la lettre et dans l’esprit de ses instructions. Et, maintenant, que fût-il arrivé s’il avait dirigé son corps d’armée sur le lieu de l’action ? Ici nous sommes en pleine conjecture. Cependant, il y a un fait capital, qui permet de supposer avec quelque vraisemblance que l’issue de la bataille n’aurait probablement pas été changée. En effet, Blücher avait pris ses dispositions de marche à la pointe du jour (qu’on n’oublie pas que nous sommes en juin) pour acheminer son armée sur Waterloo, et cependant ses bataillons n’y arrivèrent qu’à quatre heures, et successivement jusqu’à sept heures et demie. Or Grouchy, qui n’avait aucun ordre pour prendre part à la bataille du 18, et qui n’aurait pu y songer qu’à midi passé, quand il entendit les premiers grondements lointains du canon, serait certainement arrivé longtemps après Blücher, et peut-être après la fin du terrible combat. Il faut ajouter que, par un contre-temps fréquent à la guerre, il ne reçut aucune des dépêches que Napoléon lui envoya assez tard dans la journée, soit que les estafettes eussent été prises ou tuées, soit qu’elles eussent passé à l’ennemi. Nous ne pousserons pas cette analyse au delà de ce qui était nécessaire pour donner une idée du rôle de Grouchy, évidemment dénaturé, et dont la gravité a été exagérée à ce point que les fictions populaires lui font supporter tout le poids de la responsabilité, dans la terrible défaite de Waterloo. Après l’écrasement de notre armée, Grouchy fit la seule chose qui restait à faire à un capitaine vigilant : il opéra sa retraite en bon ordre, se retira sur Paris, où il fit proclamer Napoléon II au milieu de ses troupes, et n’abandonna le commandement que devant le mauvais vouloir de ses généraux. Proscrit par la Restauration, il passa aux États-Unis, revint en France en 1821, ne put obtenir d’être employé dans la guerre d’Espagne (1823), et ne fut rétabli dans sa dignité maréchal de France qu’après la Révolution de Juillet. Appelé par Louis-Philippe à la Chambre des pairs, il vota avec l’opposition modérée, et ne voulut prendre aucune part aux débats du procès d’avril 1834. Depuis 1815 jusqu’à la fin de sa vie, il eut à répondre aux attaques les plus passionnées et souvent les plus injustes, pour sa conduite dans la dernière guerre de l’Empire. Voici les principaux écrits qu’il a publiés à cette occasion : Observations sur la Relation de la campagne de 1815, du général Gourgaud (1819) ; Réfutation de quelques articles dex Mémoires du duc de Rovigo (1829); Influence que peuvent avoir sur l’opinion les documents relatifs à la bataille de Waterloo publiés par le comte Gérard (1S30) ; Plainte contre le général -Berthezène (1840) ; Fragments historiques (1840).

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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mars 1, 2008

MARECHAL OUDINOT (1767-1847)

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Maréchal Nicolas-Charles Oudinot (1747-1847), duc de Reggio

C’est un général éprouvé dans cent combats, où il a montré autant d’intrépidité que de savoir.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal OUDINOT (Nicolas-Charles) duc de Reggio, maréchal et pair de France, né à Bar-le-Duc en 1767, mort à Paris en 1847. Fils d’un commerçant, il renonça à suivre la carrière du commerce pour entrer à dix-sept ans dans le régiment de Médoc-infanterie. Toutefois, cédant aux instances paternelles, il quitta le service en 1787 et revint à Bar-le-Duc. La Révolution, qui éclata peu après, trouva en lui un chaleureux partisan et lui fournit l’occasion de rentrer dans l’armée. Le sang-froid et le courage dont il avait fait preuve en 1790, pour calmer une émeute populaire, lui valut d’être nommé, en 1791, chef du se bataillon de volontaires de la Meuse, puis lieutenant-colonel. A ce titre, il défendit le château de Bitche, attaqué parles Prussiens, les força à battre en retraite et leur fit 700 prisonniers. Peu après ce fait d’armes, il était nommé colonel ou chef de la 4e brigade de ligne (1793). Placé sous les ordres du général Ambert, il se trouvait dans un poste avancé à Morlautern lorsque, le 23 mai il soutint, pendant huit heures, le choc de 10.000 Prussiens et parvint à se dégager dans une charge à la baïonnette. Cette action d’éclat lui valut le grade de général de brigade (2 juin 1794). Oudinot marcha alors sur Trêves, dont il s’empara et où il eut la jambe cassée (6 août). Ayant rejoint l’ armée de Rhin-et-Moselle, il reçut cinq blessures dans le combat de Neckerau (18 octobre) et tomba au pouvoir de l’ennemi, qui le rendit à la liberté à la suite d’un échange en janvier 1796. Placé alors sous les ordres de Moreau, Oudinot fit les campagnes de Souabe et de Bavière, et reçut de nouvelles blessures au combat de Neubourg (1796). En 1799, il fit partie de ravinée d’Helvétie, devint alors général de division, se distingua particulièrement à la bataille de Zurich, passa ensuite en Italie avec Masséna, assista au siège de Gènes (1800) et se signala à la bataille du Mincio, dont il fut chargé de rapporter les trophées à Paris. Il reçut, en cette circonstance, un sabre d’honneur et un canon qu’il avait pris. Nommé successivement inspecteur général, commandant d’une division du camp de Bruges (1803), il reçut, en 1305, la grand-croix de la Légion d’honneur. Dans la campagne de 1805, à la tête de 10.000 grenadiers, qui prirent bientôt le nom de grenadiers Oudinot, il remporta la victoire de Wertingen, entra le premier dans Vienne et contribua au succès de la bataille d’Austerlitz. Il prit, cette même année, possession de Neufchâtel et entra à Berlin après la bataille d’Iéna. Oudinot gagna la bataille d’Ostrolenka en 1807, conquit à Friedland, où il soutint les efforts de Russes, le titre de comte (14 juin), puis devint, en 1808, gouverneur d’Erfurt. Ce fut pendant l’entrevue qui eut lieu dans cette ville entre le tsar Alexandre et Napoléon que ce dernier, présentant Oudinot au tsar, appela le Bayard de l’armée. Pendant la campagne de 1809, Oudinot continua à se distinguer à Landshut, à Ebersberg, à l’île Lobau et surtout à Wagram (6 juillet). A la, suite de cette bataille, il reçut le bâton de maréchal, de France, le titre de duc de Reggio (15 août) et une dotation de 100.000 francs. Après avoir opéré l’occupation de la Hollande en 1810, gouverné Berlin en 1812, il commanda le 26 corps en Russie, battit Wittgenstein (29 juillet), fut blessé le 7 août et dut quitter son commandement, qu’il reprit à la nouvelle des premiers désastres. Dans la fatale retraite, il sauva les derniers débris de l’armée, en leur assurant, par des prodiges de valeur, le passage de la Bérézina, et reçut encore plusieurs blessures. En 1813, Oudinot figura avec gloire à la bataille de Bautzen ; mais, poussant une pointe hasardeuse sur Berlin, il fut défait par Bernadotte à Gross-Beeren et contraint de se replier sur Wittemberg. Oudinot, privé alors de son commandement, fut placé sous les ordres de Ney. Après avoir assuré la retraite sur Torgau, il se rendit à Dresde, battit, avec deux divisions de la jeune garde, le prince de Wurtemberg à Wachau, remporta, pendant la retraite de l’armée, un succès sur le général York à Freybourg, et prit part, pendant la campagne de France, aux combats de Brienne, de Bar-sur-Aube et d’ Arcis-sur-Aube. Il ne déposa les armes qu’après l’abdication de Napoléon à Fontainebleau. Alors il se rallia à Louis XVIII, auquel il resta fidèle pendant les Cent-Jours, et qui le nomma major général de sa garde, commandant en chef de la garde nationale de Paris. II termina sa carrière militaire dans la guerre d’Espagne de 1823, où il fut mis à la tête du 1er corps. Dans cette campagne, l’expérience du duc de Reggio eut une grande part au succès. Nommé gouverneur de Madrid, il réprima les fureurs d’une populace excitée par le fanatisme religieux et politique, et mérita l’estime de tous les partis. Après la Révolution de juillet 1830, il fit sa soumission au nouveau gouvernement, mais se retira à la campagne et ne vint que rarement à Paris pour les sessions de la Chambre des pairs. Néanmoins, il fut nommé grand chancelier de la Légion d’honneur en 1839 et gouverneur des Invalides en 1842, fonctions qu’il conserva jusqu’à sa mort. « Doué d’un physique très agréable, dit M. Cuzon, sa physionomie ouverte et vive était en parfaite harmonie avec un esprit où la franchise savait s’allier à la finesse. Son langage était bref, lucide et parfois éclatant de saillies. Esclave du devoir, le maréchal exigeait de ses subordonnés une obéissance instantanée. S’apercevait-il que sa volonté s’était manifestée trop vivement, soudain des témoignages affectueux venaient effacer les traces d’une impatience toujours exempte d’arrière-pensée. La fermeté, l’impétuosité même de son caractère étaient tempérées par une sensibilité innée, dont il cherchait vainement à comprimer l’essor. Ses entretiens portaient de préférence sur l’art de la guerre, art dont sa rapide pénétration devinait tous les secrets. Le sentiment qui fut le principal mobile des grandes actions d’Oudinot, c’est le patriotisme ; il l’éleva à la hauteur d’un culte. » Pendant sa carrière militaire, il avait reçu trente-deux blessures sur les champs de bataille. Le maréchal avait épousé Mlle Derlin et, en secondes noces, Mlle de Coucy, dame d’honneur de la duchesse de Berry. De ces deux mariages, il avait eu onze enfants, dont quatre fils, qui ont tous suivi la carrière des armes. La ville de Bar-le-Duc lui a élevé, en 1830, une statue, due au sculpteur Debay.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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février 28, 2008

MARECHAL MARMONT (1774-1852)

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Maréchal Auguste-Frédéric-Louis Viesse de Marmont (1774-1852), alors Lieutenant d’état-major d’artillerie (1792)

La vanité avait perdu Marmont ; la postérité flétrira justement sa vie ; pourtant son coeur vaudra mieux que sa mémoire.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal MARMONT (Auguste-Frédéric-Louis VIESSE DE), duc de raguse, maréchal de France et membre de l’Institut, né à Châtillon-sur-Seine en 1774, mort à Venise en 1852. Son père, capitaine au régiment de Hainaut, le destinait à la magistrature; mais le jeune Marmont céda à la vocation irrésistible qui le poussait vers la  carrière des armes, et, à dix-sept ans, il fut reçu élève sous-lieutenant à l’école d’artillerie de Châlons, où il se distingua par ses goûts et ses aptitudes pour les sciences exactes, qualités qui devaient le rendre un des meilleurs généraux d’artillerie de son temps. Il débuta comme lieutenant au siège de Toulon et se fit remarquer de Bonaparte, dont le coup d’œil pénétrant eut bientôt discerné le rare mérite du jeune officier, et qui se l’attacha dès cette époque. En 1795, Marmont servit comme capitaine à l’ armée du Rhin, où il commanda l’artillerie de l’avant-garde de Desaix, et, l’année suivante, il suivit Bonaparte à l’armée d’Italie comme aide de camp du nouveau général en chef. Il prit une part brillante à cette immortelle campagne, dont il revint avec le grade de chef de brigade, ayant à peine vingt-trois ans. Il accompagna ensuite Bonaparte dans l’expédition d’Egypte, se distingua a la prise de Malte, où il enleva le drapeau de l’ordre ; au siège d’Alexandrie, dont il enfonça une des portes à coups de hache ; à la bataille des Pyramides, au succès de laquelle il contribua avec le général Rampon, par la destruction d’un corps de mameluks. Chargé ensuite de la défense d’Alexandrie contre les attaques combinées des flottes anglaise, russe et turque, il résista victorieusement à un effroyable bombardement, malgré les horreurs de la peste et de la famine, auxquelles la ville était en proie. De retour en France avec son général en chef, il prit une part active au 18 brumaire, et reçut ensuite le commandement de l’artillerie destinée à la nouvelle campagne d’Italie. Le premier consul le chargea d’organiser le passage du mont Saint-Bernard, et il sut vaincre tous les obstacles qu’il devait rencontrer dans une entreprise aussi difficile. A Marengo, l’artillerie de Marmont jeta le désordre dans les rangs autrichiens, et Kellermann en profita habilement pour charger et couper l’armée ennemie, jusqu’à ce moment victorieuse. Nommé général de division d’artillerie, puis premier inspecteur général de cette arme, il y apporta de grands perfectionnements et commanda quelque temps après l’armée française en Hollande. Le 14 juin 1804, il fut fait grand officier de la Légion d’honneur, et grand-aigle le 2 février 1805, puis colonel général des chasseurs à cheval. Lorsque la guerre éclata de nouveau entre la France et l’Autriche, vers la fin de l’année 1805, Marmont prit une grande part au blocus et à la reddition d’Ulm. L’année suivante, il reçut le commandement supérieur de l’armée de Dalmatie, avec le titre de gouverneur général des provinces illyriennes, dégagea Raguse, assiégée par les Russes, et vainquit ces derniers en plusieurs circonstances. Dans ce nouveau poste, il révéla tous les talents d’un grand administrateur, introduisit une foule d’améliorations dans son gouvernement, et ouvrit à travers les marais et les montagnes une route de 300 kilomètres, qui inaugura une ère nouvelle pour le pays. Cette activité infatigable faisait dire de lui par les Dalmates : « Les Autrichiens pendant huit ans ont discuté des plans de route sans les exécuter ; Marmont est monté à cheval, et, quand il en est descendu, elle était terminée. » Lorsque l’empereur d’Autriche visita la Dalmatie, en 1818, à la vue des travaux accomplis par le général français, il dit en riant au prince de Metternich : « II est bien fâcheux que le maréchal Marmont ne soit pas resté en Dalmatie deux ou trois ans de plus. » Vers la fin de 1807, Marmout fut créé duc de Raguse, puis, lorsque commença la campagne d’Autriche de 1809, il reçut l’ordre de réunir son corps d’armée et d’opérer sa jonction avec les troupes d’ Eugène de Beauharnais, opération qu’il exécuta heureusement après avoir battu les Autrichiens en diverses rencontres. Toutefois, il ne prit aucune part à la bataille de Wagram ; il se tint à Znaïm. malgré les instructions contraires qu’il avait reçues de Napoléon, et se vit sur le point d’être écrasé par les débris de l’armée autrichienne. Il n en fut pas moins alors nommé maréchal de France. Marmont reprit ensuite ses fonctions en Dalmatie, et cela jusqu’en 1811, époque à laquelle il fut appelé à remplacer Masséna dans le commandement de l’armée du Portugal, qui venait de rentrer en Espagne. Il eut alors la tâche difficile de surveiller et de combattre Wellington. Ses premiers succès lui inspirèrent une confiance fatale, et, le 22 juillet 1812, il perdit contre le général anglais la bataille des Arapiles, dans laquelle lui-même eut le bras droit fracassé par un boulet dès le commencement de l’action, ce qui contribua sans doute à notre défaite. Dans la campagne de 1813 en Allemagne, Marmont eut le commandement du sixième corps de la grande armée et prit une grande part aux batailles de Lutzen, de Bautzen, de Dresde et de Leipzig. Dans la campagne de 1814, qui avait lieu chez nous cette fois, le duc de Raguse se signala par des prodiges d’activité et d’audace sous les murs de Paris surtout, où il lutta contre les Russes avec une indomptable énergie ; il défendit en désespéré les hauteurs de Belleville ; mais la supériorité du nombre était trop écrasante pour qu’on pût conserver le moindre espoir, et les maréchaux Marmont et Mortier durent se résigner à la douloureuse nécessité de traiter avec l’ennemi ; toutefois Mortier se refusa à signer la capitulation. Quant à Marmont, il se retira sur Essonne avec son corps d’armée, qui se montait à environ 20.000 hommes. Nous voici arrivés à une phase bien contestée encore de la vie du maréchal Marmont, phase qui a attiré sur son nom plus de célébrité que tous ses succès militaire s; nous voulons dire sa trahison présumée. Nous résumerons ici la question telle qu’elle a été étudiée et élucidée par M. Thiers, qui nous semble avoir jugé l’homme et les circonstances avec une grande impartialité ; mais disons tout de suite, pour expliquer dans quelle terrible situation d’esprit a dû se trouver Marmont, disons qu’il avait entendu à Paris la formidable explosion de haines qui venait d’éclater contre l’Empire et contre l’auteur de tous les malheurs de la France, disons qu’il avait été enveloppé par les intrigues, non-seulement des royalistes, mais encore de ceux qui, à l’exemple de Talleyrand, se retournaient contre l’Empire après l’avoir servi, et qui répétaient sur tous les tons au maréchal qu’une plus longue fidélité à un seul homme serait l’immolation de tous les intérêts de la patrie. Le 4 avril 1814, Napoléon rédigeait lui-même et signait le fameux acte suivant : « Les puissances alliées ayant proclamé que l’empereur Napoléon était le seul obstacle au rétablissement de la paix en Europe, l’empereur Napoléon, fidèle à son serment, déclare qu’il est prêt à descendre du trône, à quitter la France et même la vie, pour le bien de la patrie, inséparable des droits de son fils, de ceux de la régence de l’Impératrice et des lois de l’Empire. Fait en notre palais de Fontainebleau, le 4 avril 1814. » On voit que, dans cet acte, Napoléon réservait les droits de sa femme et de son fils ; deux jours après, 6 avril, il signait cette autre formule : « Les puissances alliées ayant proclamé que l’empereur Napoléon était le seul obstacle au rétablissement de la paix en Europe, l’empereur. Napoléon, fidèle à ses serments, déclare qu’il renonce pour lui et ses héritiers aux trônes, de France et d’Italie, parce qu’il n’est aucun sacrifice personnel, même celui de la vie, qu’il ne soit prêt à faire à l’intérêt de la France. » Ici, l’abdication est absolue ; quel événement avait donc apporté cet immense changement dans la rédaction ? C’est maintenant que se dévoile le rôle joué par Marmont dans ces tristes journées. Tandis que les maréchaux, réunis autour de Napoléon à Fontainebleau, s’efforçaient de lui arracher son abdication personnelle, scène qui est restée célèbre, mais dont on a exagéré la violence, le gouvernement provisoire établi à Paris sous les auspices des souverains alliés faisait tous ses efforts pour détacher Marmont de Napoléon. Etabli à Essonnes avec 20.000 hommes, dans une forte position, il permettait à l’Empereur, en réunissant les autres débris de ses troupes, de tenter un effort désespéré sur les ennemis, de leur livrer même dans Paris une bataille qui pouvait devenir désastreuse pour eux. Marmont fut donc circonvenu par les agents du gouvernement provisoire ; on parla à son ambition, à sa vanité, à son patriotisme même, en lui dévoilant le tableau des calamités que l’opiniâtreté de Napoléon pouvait déchaîner sur la capitale et sur la France, tristes éventualités qui n’étaient certes pas
invraisemblables. Ces considérations frappérent son esprit, et, après de longues et cruelles indécisions, il consentit à entrer en pourparlers avec le prince de Schwarzenberg, commandant de l’armée autrichienne, et tous deux convinrent des conditions suivantes : Marmont devait, avec son corps d’armée, quitter l’Essonne le lendemain, gagner la route de la Normandie, où il se mettrait à la disposition du gouvernement provisoire, et comme il ne se dissimulait pas les conséquences d’un acte pareil, car non-seulement il enlevait à Napoléon près du tiers de son armée, mais la position si importante de l’Essonne, il avait stipulé que, si par suite de cet événement, Napoléon tombait dans les mains des monarques alliés, on respecterait sa vie, sa liberté, sa grandeur passée, et on lui procurerait une retraite à la fois sûre et convenable. Cette seule précaution, dictée par un repentir honorable, condamnait l’acte de Marmont, en révélant toute la gravité que lui-même y attachait. » Cet arrangement devait rester secret jusqu’à son exécution ; Marmont en instruisit seulement ses généraux divisionnaires, auxquels il apprit l’abdication conditionnelle de Napoléon, et il les trouva tout disposés à marcher dans la voie qu’il venait d’ouvrir. Marmont dut alors se rendre à Paris avec les autres maréchaux pour y plaider la cause de Napoléon auprès des souverains alliés. Sur ces entrefaites, le général Souham, qui commandait à la place de Marmont, reçut l’ordre de se rendre à Fontainebleau ; il crut alors, avec les autres généraux, Compans, Bordesoulle, Meynadier, que Napoléon était instruit de tout ; et ils résolurent de précipiter le mouvement convenu, même en l’absence de Marmont. Ils prévinrent donc le prince de Schwarzenberg de leur dessein, et, le 5 avril, vers 4 heures du matin, le 6e corps franchit l’Essonne. Officiers et soldats ignoraient le secret de cette marche ; ils ne commencèrent à concevoir des soupçons qu’en voyant les ennemis border paisiblement les routes et les laisser passer sans faire feu. Les
murmures commencèrent à éclater alors, et tout présageait un soulèvement en arrivant à Versailles. Une seule division ne suivit point le mouvement, celle du général Lucotte, à qui l’ordre parut suspect, et qui refusa de l’exécuter ; mais la ligne de l’Essonne n’en fut pas moins perdue pour Napoléon, qui dut voir dans cette défection là ruine de ses dernières espérances. La nouvelle de ce grave événement produisit dans l’esprit des souverains alliés un effet décisif ; jusqu’alors ils avaient eu des ménagements pour Napoléon, qui était encore redoutable pour eux ; mais sa terrible épée venait de lui être arrachée des mains, et Alexandre annonça aux négociateurs, Caulaincourt, Ney et Macdonald, que les souverains ne pouvaient plus se contenter d’une abdication conditionnelle, qu’il leur fallait l’abdication absolue de Napoléon pour lui et sa famille. Telle est l’explication de la différence qui existe entre les deux formules que nous avons données plus haut. Marmont ayait été consterné en apprenant ce qui venait de se passer : « Je suis perdu, s’écria-t-il, déshonoré à jamais ! » Mais il se borna à des exclamations et ne tenta aucun effort pour réparer le mal, ou du moins pour diminuer la part de responsabilité qui allait peser sur lui. Tout à coup ou apprit que le corps, instruit enfin du véritable rôle qu’on venait de lui faire jouer, était en pleine révolte à Versailles contre ses généraux ; ce fut encore Marmont qu’on chargea d’user de son influence sur l’esprit de ses soldats pour les ramener à l’obéissance, et il y réussit en les flattant, puis en leur démontrant l’impossibilité de résister à l’ennemi, en leur promettant même de revenir se mettre à leur tête dès que l’armée serait reconstituée. « Ainsi s’accomplit cette opération, qu’on a appelée la trahison du maréchal Marmont. Si l’acte de ce maréchal avait consisté à préférer les Bourbons à Napoléon, la paix à la guerre, l’espérance de la liberté au despotisme, rien n’eût été plus simple, plus légitime, plus avouable ; mais, même en ne tenant aucun compte des devoirs de la reconnaissance, on ne peut oublier que Marmont était revêtu de la confiance personnelle de Napoléon, qu’il était sous les armes et qu’il occupait sur l’Essonne une position capitale ; or, quitter en ce moment cette position avec tout son corps d’armée, par suite d’une convention secrète avec le prince de Schwarzenberg, ce n’était pas opter comme uu citoyen libre de ses volontés entre un gouvernement et un autre, c’était tenir la conduite du soldat qui déserte à l’ennemi ! Cet acte malheureux, Marmont a prétendu depuis n’en avoir qu’une part, et il est vrai qu’après en avoir voulu et accompli lui-même le commencencement, il s’arrêta au milieu, effrayé de ce qu’il avait fait ! Ses généraux divisionnaires, égarés par une fausse terreur, reprirent l’acte interrompu et l’achevèrent pour leur compte, mais Marmont, en venant s’en approprier la un par sa conduite à Versailles, consentit à l’assumer tout entier sur sa tète, et à en porter le fardeau aux yeux de la postérité ! » (Histoire du Consulat et de l’Empire.) Oui, le jugement est juste dans sa sévérité ; en regard des principes inflexibles de la morale, il n’est pas de compromis possible avec les circonstances mêmes et avec  sa conscience. Cette réserve faite en l’honneur d’un sentiment que rien ne devrait étouffer, et dont l’histoire doit maintenir le haut et sacré caractère, qui pourrait s’armer contre l’infortuné Marmont d’un rigorisme impitoyable ? Est-ce la France, qu’il croyait arrêter sur le bord du l’abîme où allait la précipiter un insensé ? Est-ce cet insensé lui-même, Napoléon enfin ? De quel droit se serait-il plaint que Marmont, pour sauver la France, oùt trahi le serment qu’il lui avait, prêté, lui qui, pour la noyer dans un déluge de calamités, avait effrontément foulé aux pieds tous les siens ? Résumons-nous : Marmont fut coupable ; mais si jamais coupable eut des
titres au bénéfice des circonstances atténuantes, ce fut le commandant du 6° corps. Marmont ne joua aucun rôle politique dans les événements qui suivirent et n’exerça qu’une très médiocre influence, bien que Louis XVIII l’eût nommé commandant d’une compagnie de ses gardes du corps, pair de de France et chevalier de Saint-Louis. La réprobation publique s’était attachée à sou nom et elle n’a pas encore cessé dans tous les esprits, dans les préjugés populaires du moins. Comme le dit M. Rapetti, « il eut des faveurs, mais pas d’importance. Les royalistes purs eussent rougi de devoir de la reconnaissance à une trahison, et ils se montraient ingrats, les royalistes les moins purs se montraient naturellement les plus ingrats. Les hommes de l’Empire les plus reconciliés avec le nouvel ordre de choses tenaient à éloigner toute comparaison entre une trahison et leur ralliement, et ils affichaient leur soin à se préserver du voisinage de M. de Raguse. Quant à l’opinion populaire, elle demeurait implacable. Dans les rues, on avait fait un mot du nom de Raguse : on disait raguser pour tromper. Marmont, qui avait rêvé un grand rôle politique, se trouva réduit à l’isolement et à l’impuissance. » Pendant les Cent-Jours, Marmont suivit Louis XVIII à Gand, et, après Waterloo, le roi le combla de nouveaux honneurs. En 1816, l’Académie des sciences le choisit pour un de ses premiers membres libres. En pendant les journées de Juillet, Marmont fut chargé du commandement de l’armée de Paris, et, en cette qualité, dut défendre les fatales ordonnances. Ce rôle allait achever de le rendre impopulaire. Au plus fort de la lutte, un vieux royaliste lui dit : « Maréchal, voulez-vous sauver le roi, le peuple de Paris et votre nom ?… Arrêtez les ministres, tous les signataires tous les conseillers des ordonnances ; faites-les transporter, à Vincennes, liés, garrottés comme des criminels, comme les seuls coupables. Le peuple satisfait, apaisé par vous, posera les armes ; le roi, qui ne se trouvera plus en présence d’une révolte, pourra faire des concessions. Vous, vous serez exilé ; mais on pardonne aisément à qui nous tire d’un mauvais pas. Vous nous reviendrez bientôt et vous serez le sauveur, le pacificateur, l’homme de la royauté, de la liberté. » Ce conseil était sage ; malheureusement Marmont ne voulut pas le suivre ; il se sentait écrasé par le Souvenir de 1814 ; et, en effet, pour prendre de ces résolutions audacieuses, décisives, il faut avoir derrière soi un passsé irréprochable. On connaît l’issue de la lutte : Marmont essaya en vain de résister au lion déchaîné, malgré l’habileté de ses dispositions. Une députation composée de Laffitte, des généraux Gérard et Lobau, etc., se rendit auprès de Marmont pour le prier d’arrêter l’effusion du sang ; le maréchal écrivit alors à Charles X, qui se montra inflexible, et, le lendemain, 29 juillet, le drapeau tricolore flottait sur le dôme des Tuileries, C’est alors qu’eut lieu à Saint-Cloud cette scène scandaleuse, dans laquelle le duc d’Angoulême, fou de colère, voulut arracher l’épée du maréchal, qu’il accusait de tous les malheurs de sa famille, et auquel il adressa ces mots aussi injustes que cruels : « Est-ce que vous voulez faire avec nous comme avec l’autre ? » Marmont dut se rappeler amèrement que la reconnaissance n’a jamais été une vertu royale : le dauphin lui jetait à la face comme une insulte l’acte qui avait contribué à mettre les Bourbons sur le trône. Charles X, plus équitable, essaya de verser un peu de baume sur ce cœur ulcéré, mais le coup n’en était pas moins porté. A partir de cette époque, Marmont resta étranger aux affaires politiques; à quel titre eût-il pu y prendre part ? Exilé volontaire, il erra pendant le reste de sa vie sur la terre étrangère, tantôt en Autriche, tantôt en Turquie, en Syrie, eu Palestine, etc., et enfin dans les Etats de Venise. Ou lui doit plusieurs ouvrages remarquables : Voyage en Hongrie, en Transylvanie, dans la Russie méridionale, en Crimée et sur les bords de la mer à Azoff, à Constantinople, etc. (Paris, 1837, vol. in-8°) ; Esprit des institutions militaires (1845, in-8°; 2e édit. l’année suivante) ; un Xénophon, un César, quelques autres opuscules et enfin ses Mémoires, qui ont eu un si grand retentissement. «  Marmomt, dit encore M. Rapetti, triomphait dans ces relations qu’on nomme la vie du monde. Il avait une physionomie noble, animée, spirituelle. Il était instruit et fourni d’auecdotes sur tous les sujets. Il racontait avec charme, il étonnait, il captivait. Sa supériorité très apparente inspirait le respect, avait cette prodigalité qui semble de la libéralité à ceux qui reçoivent, et ce désir constant de faire montre de son pouvoir, que les solliciteurs prennent aisément pour de l’obligeance, lil était bon sans discernement, et les intrigants le vantaient. Certes, il blessait par sa hauteur ; niais ceux mêmes qu’il offensait ainsi, il savait se les concilier par l’ascendant d’un caractère dont l’extrême fierté relevait encore plus qu’elle ne les déparait les qualités aimables ou brillantes. Napoléon l’avait appelé Marmont 1er. »

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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février 27, 2008

MARECHAL MACDONALD (1765-1840)

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Maréchal Macdonald (1765-1840), duc de Tarente

Je ne suis pas assez riche pour récompenser vos divers services. Je vois maintenant comme on m’avait trompé sur votre compte ! Maréchal, donnez-moi la main et embrassez-moi.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal MACDONALD (Jacques-Etienne-Joseph-Alexandre), duc de Tarente, maréchal et pair de France, né à Sedan en 1765, d’une famille écossaise venue en France à la suite des Stuarts, mort en 1840. Il fit ses premières armes dans le régiment irlandais de Dillon, pendant la campagne de Hollande en 1784, et conquit le grade d’officier, qui lui fut conservé par la République. Fait capitaine après la bataille de Jemmapes, où il se distingua particulièrement il parcourut rapidement les autres grades jusqu à celui de colonel. Bientôt nommé général de brigade (1795), et commandant en cette qualité à l’avant-garde de l’armée du Nord sous Pichegru, il poursuivit, depuis Valenciennes jusqu’au delà de l’Ems, les Anglais commandés par le duc d’York, passa le Wahal sur la glace, sous le feu des batteries ennemies, et fit prisonnière la flotta hollandaise (1795). Ce fait d’armes, unique dans l’histoire, lui valut sa nomination au grade de général de division (1796). Après avoir servi en Allemagne et en Italie, le général Macdonald fut nommé gouverneur de Rome et des Etats de l’Eglise (1798). A l’approche de Mack, il évacua Rome et fut attaqué à Otricoli. Le général ennemi, dont l’armée était de 80.000 hommes fut battu et mis en déroute par 25.000 Français réunis sous les ordres de Championnet, et dont Macdonald commandait le principal corps. Devenu général en chef de l’armée des Alpes après l’arrestation de Championnet (1799), Macdonald achevait de soumettre le royaume de Naples, lorsque les avantages remportés par Souvarov dans la haute Italie l’obligèrent à évacuer les Etats napolitains. Il traversa la Toscane, alors qu’on le croyait cerné, et culbuta l’ennemi, puis disputa pendant trois jours à Souvarov la victoire de la Trebbia (juin 1799), et parvint à opérer, près de Gènes, sa jonction avec Moreau. A la suite de cette campagne, qui l’avait placé si haut dans l’estime publique, il fut employé à l’intérieur et eut le tort grave d’aider puissamment Bonaparte lors du funeste coup d’Etat du 18 brumaire. Après la bataille de Marengo, il reçut le commandement de l’armée des Grisons, eut à vaincre mille obstacles pour parvenir jusqu’au Splügen et chassa les Autrichiens de poste en poste sur une ligne de 60 lieues de montagnes (1801). Peu après, Macdonald fut envoyé comme ministre plénipotentiaire au Danemark, où il resta jusqu’en 1803. Disgracié lors de l’affaire de Moreau, dont il prit la défense, ce ne fut qu’en 1809 qu’il reprit du service. Mis alors à la tète d’une division en Italie, il passa l’Isonzo, chassa les Autrichiens de la position de Goritz, concourut à la victoire de Raab, et rejoignit Napoléon près de Vienne. A Wagram, sur le champ de bataille, il fut fait maréchal pour avoir décidé le succès de la journée en enfonçant le centre de l’armée ennemie, que protégeaient 200 pièces de canon, et à son retour à Paris il reçut le titre de duc de Tarente (1810). Envoyé ensuite en Catalogne, il s’empara de la place de Figuières (1811), payant partout de sa personne. Dans la campagne de Russie, il eut le commandement du 10e corps. Il passa le Niémen à Tilsitt, s’empara de Dunabourg et occupa la ligne de Riga. Après avoir, pendant près d’un mois, livré sous cette ville de sanglants combats, le 10e corps fut obligé de se replier par suite des désastres de la grande armée. Le 13 décembre 1813, Macdonald était abandonné devant l’ennemi par les Prussiens du général York, placés sous ses ordres, et cependant il soutenait vigoureusement les attaques des Russes, et faisait sa retraite sans être entamé. En 1813, ayant rencontré ces mêmes Prussiens du général York, il les battit à Mersebourg. A Lutzen, à Bautzen et à Leipzig, il se conduisit glorieusement ; plus heureux que Poniatowski, il traversa l’Elster à la nage. Il eut encore part à la victoire de Hanau, où les Français écrasèrent une partie des troupes germaniques qui venaient de les trahir. Pendant la campagne de 1814, il soutint sa grande renommée militaire, et suivit Napoléon à Fontainebleau. Aussitôt après l’acte d’abdication, il donna son adhésion au nouvel ordre de choses, et il accepta la pairie le 4 juin 1814. Au retour de l’île d’Elbe, le duc de Tarente. quitta Paris avec Louis XVIII dans la nuit du 19 au 20 mars 1815 et, après l’avoir accompagné jusqu’à Menin, il revint à Paris, refusa de servir l’Empereur, et fit son service dans la garde nationale comme simple grenadier. Enfin, après Waterloo, il reçut la mission de licencier l’armée de la Loire ; il fut nommé peu de temps après grand chancelier de la Légion d’honneur, dignité qu’il conserva jusqu’en 1831. Les honneurs de tout genre dont le combla le gouvernement de la Restauration ne l’empêchèrent pas de faire preuve, à la Chambre des pairs, d’une réelle indépendance. Après la Révolution de 1830, comme sa santé s’était sensiblement affaiblie, il se retira dans sa terre de Courcelles, où il resta presque constamment jusqu’à sa mort. Il s’était marié trois fois. De sa dernière femme, Mlle de Bourgoing, il eut un fils, qui hérita de son titre et fut, sous le second Empire, chambellan et membre du Corps législatif.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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février 26, 2008

MARECHAL VICTOR (1764-1841)

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Maréchal Claude-Victor Perrin dit Victor (1764-1841), alors Lieutenant-colonel Du 5e bataillon du Rhône en 1792

Nous sommes redevable au courage du 8e bataillon de grenadiers et au sang-froid du général de brigade Victor d’être sortis à si bon marché de ce combat inégal. [lors de la 1ère campagne d’Italie]

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal VICTOR (Claude-Victor PERRIN, dit), duc de Bellune, maréchal et pair de France, né à La Marche (Vosges) en 1764, mort à Paris en 1841. Entré au service comme tambour à l’âge de dix-sept ans, il servit dans le 4e régiment d’artillerie et obtint son congé en 1789. Il se fixa à Valence, y fit du commerce et se maria ; mais, après la déclaration de la patrie en danger, il vola aux frontières en avec le 3e bataillon de la Drôme. De simple volontaire, il s’éleva en peu de mois au grade de chef de bataillon, par la valeur qu’il déploya dans la première campagne d’Italie. Sa conduite au siège de Toulon le fit nommer général de brigade par les représentants du peuple (30 frimaire an II). Il se distingua ensuite à l’armée des Pvrénées-Orientales (1793-1795), à celle d’Italie, sous Schérer et Bonaparte, à la capitulation de Provera, au combat de La Favorite, reçut le brevet de général de division, seconda les opérations de Lannes sur Rome, occupa Faenza, et Forli, et surprit Ancône (1797). Ayant reçu le commandement de Nantes, il demanda d’être employé activement dans l’armée d’Angleterre, qui s’organisait alors. Il écrivait, à ce sujet, au Directoire : « Rester dans l’intérieur pendant que le canon républicain va se faire entendre sur la Tamise est une fonction que je ne puis exercer. » Rappelé, en effet, à l’armée d’Italie, il prit part-à la malheureuse campagne de 1798 sous Joubert et Moreau. L’année suivante, à Marengo, il commanda l’avant-garde pendant les trois journées de cette mémorable bataille et passa immédiatement après à l’armée gallo-batave. Nommé ambassadeur en Danemark en 1805, il commanda successivement le 10e et le 1er corps dans la campagne de Prusse (1806-1807), détermina, à la tète de ses troupes, le succès de la bataille de Friedland et en fut récompensé par le bâton de maréchal et le gouvernement de Berlin. De nouveaux lauriers l’attendaient en Espagne : il y gagna, avec le 1er corps, les batailles d’Uclès et de Medellin (1809). Les champs de la Russie et de la Saxe, en 1812 et 1813, furent aussi témoins de sa valeur. Dans la campagne de 1814, il disputa aux Russes l’entrée des Vosges, chassa l’ennemi de Saint-Dizier et emporta le village de Brienne à la baïonnette. Napoléon ayant abdiqué, Victor offrit ses services à Louis XVIII, qui lui confia le commandement de la 2e division militaire et l’éleva à la pairie. Fidèle à son nouveau souverain, il l’accompagna à Gand, rentra avec lui, devint président de la fameuse commission chargée d’examiner la conduite des officiers qui avaient servi pendant les Cent-Jours et se fit, dans ces fonctions, l’organe des rancunes des ultra-royalistes. Nommé au ministère de la guerre en 1821, il montra plus de zèle que de capacité administrative dans l’organisation de l’armée d’Espagne (1823), et il perdit son portefeuille à l’occasion des marchés Ouvrard. Major général de la garde royale à l’époque de la Révolution de 1830 il ne se rallia point au nouveau gouvernement ; il lui fit même une opposition sourde. On le désignait comme l’un des membres d’un gouvernement provisoire légitimiste, et c’est grâce a l’amitié du maréchal Soult qu’il dut de ne pas être compris dans les poursuites dirigées à ce sujet contre Chateaubriand, M. Hyde de Neuville et autres. Ses-dernières années s’écoulèrent dans la retraite. Elles furent troublées pourtant par un incident assez curieux. Alexandre Dumas, dans sa Notice sur La jeunesse de Napoléon, avait avancé, sur le témoignage de personnes dignes de foi, que le duc de Bellune avait été à Valence, en 1790, épicier et ménétrier. Les journaux répandirent cette révélation, comme un châtiment infligé à l’ancien roturier, aujourd’hui champion du droit divin. Le maréchal essaya de se défendre, mais ses explications ne servirent qu’à donner de la consistance au bruit répandu. Il menaça Alexandre Dumas d’un procès en diffamation ; celui-ci défendit son dire, et le procès n’eut point lieu.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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février 23, 2008

MARECHAL MORTIER (1768-1835)

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EDouard-Adolphe-Casimir-Joseph Mortier (1768-1835), duc de Trévise, alors capitaine au 1er bataillon du Nord (1792)

Le duc de Trévise est un brave homme mais sa femme le mène.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal MORTIER ( Edouard-Adolphe-Casimir-Joseph), duc de Trévise, maréchal de France, né au Cateau-Cambrésis en 1768, mort en 1835. Fils d’Antoine-Charles-Joseph Mortier, député aux états généraux, il fut destiné à la carrière commerciale ; mais ses goûts le portant vers le métier des armes, il venait d’obtenir une sous-lieutenance dans un régiment de carabiniers, lorsque ses compatriotes le nommèrent capitaine du 1er bataillon des volontaires du Nord. Mortier fit ses premières armes à l’affaire de Quiévrain (28 avril 1792), assista à la bataille de Jemmapes et, conquit le grade d’adjudant général à la bataille d’Hondschoote (1793). Blessé près de Maubeuge, il se rétablit rapidement et combattit de nouveau à Mons, à Bruxelles, à Louvain. Sous les ordres de Kléber, au siège de Maëstricht, il fit capituler le fort Saint-Pierre. En il commandait les avant-postes de l’armée de Sambre-et-Meuse, lorsqu’il se signala par un fait d’armes dont le résultat fut de rejeter les Autrichiens au delà de l’Acher et de contraindre le prince de Wurtemberg à quitter ses positions après avoir subi de sérieuses pertes. Quelques semaines plus tard (juillet 1796), il s’emparait de Giessen, de Gemunden, de Schweinfurt et obligeait le général Wartensleben à quitter Wurtzbourg. Après le combat d’Hirscheid, où il se conduisit brillamment, il reçut le commandement de la cavalerie et, au mois de décembre 1796, il négocia la reddition de Mayence aux Français. Nommé général de division en 1799, il servit, cette année, dans l’armée d’Helvétie et prit, en 1800, le commandement de la 16e division militaire, dont, le siège était Paris. En 1803, il fut chargé de la conquête du Hanovre. Parti de Nimègue le 15 avril 1803, il contraignit le feld-maréchal Walmoden à signer, le 2 juin de la même année, une capitulation qui rendait la France maîtresse de tout l’électorat. Nommé, à son retour, commandant de l’artillerie de la garde consulaire, compris dans la première promotion de maréchaux en 1804, mis à la tête d’un corps d’armée dans la campagne de 1805, il s’illustra par un des plus beaux faits d’armes de cette campagne : entouré par 30.000 Russes et n’ayant sous la main que 4.000 hommes, il attendit que l’ennemi s’engageât dans un passage étroit, situé près de Leoben, où l’on ne pouvait tenir que huit de front, et attaqua alors cette formidable colonne. Il résistait depuis plusieurs heures, lorsqu’il fut heureusement secouru. En 1806, il occupa toutes les places de l’électorat de Hesse-Cassel, puis se dirigea vers le Hanovre et entra le 19 novembre à Hambourg. Peu après, il vint mettre le siège devant Stralsund occupé par toutes les troupes suédoises. Le petit nombre de soldats dont il disposait ne lui permit pas de s’emparer de cette place ; toutefois, quelques semaines plus tard (avril 1807), après avoir battu les Suédois à Ancklam, il concluait avec le général d’Essen un armistice, aux termes duquel les îles d’Usedom et de Wolgaast recevaient une garnison française. Au mois de juin de la même année, il commandait à la bataille de Friedland l’aile gauche de l’armée et s’y distinguait par son courage et ses talents militaires. A la paix de Tilsit (21 juin 1807), il fut nommé gouverneur général de la Silésie et reçut, avec le titre de duc de Trévise, une dotation de 100.000 francs de rente. Passé en Espagne l’année suivante, il coopéra au siège der Saragosse, gagna les batailles d’Ocana (18 novembre 1809) et de Gébora (19 février 1811). En Russie, il fut laissé le dernier dans Moscou, au moment de la retraite, et fut chargé de faire sauter le Kremlin. Pendant la retraite de Russie, il reçut, après la bataille de Krasnoë (18 novembre 1812), le commandement de l’arrière-garde. Arrivé à Francfort-sur-le-Mein vers la fin de 1812, il réorganisa ses troupes et combattit encore à Bautzen, à Dresde, à Leipzig. Le 11 janvier 1814, il était à Langres et disputait pied à pied le terrain aux armées coalisées. Lors de la défense de Paris, il occupa la plaine Saint-Denis, reçut le choc des alliés et, sommé de capituler, il refusa. Après la suspension d’armes signée par le duc de Raguse, il se retira près de Corbeil avec ses troupes et, de là, envoya son adhésion au gouvernement de Louis XVIII. Au retour de l’île d’Elbe, il quitta Lille, où il se trouvait à cette époque comme commissaire extraordinaire, chargé de l’inspection de la 16e division militaire et revint à Paris, où Bonaparte lui confia le commandement de toutes les places de l’Est. Après les Cent-Jours, le maréchal Mortier rentra en grâce auprès de Louis XVIII. Il fit partie, en du conseil de guerre qui refusa de juger le maréchal Ney, fut nommé, en 1816, gouverneur de la 15e division militaire et, choisi pour député par les électeurs du département du Nord, il devint, cette, même année, membre de la Chambre des députés, et reçut un siège à la Chambre des pairs en 1819. Nommé ambassadeur à Saint-Pétersbourg, après la Révolution de 1830, le duc de Trévise devint ensuite grand chancelier de la Légion d’honneur (1831), puis ministre de la guerre et président du conseil (18 novembre 1834-12 mars 1835). Il tomba aux côtés de Louis-Philippe, pendant la revue passée en l’honneur des journées de Juillet, frappé mortellement par les projectiles de la machine Fieschi.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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février 22, 2008

MARECHAL LEFEBVRE (1755-1820)

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François-Joseph Lefebvre, capitaine du 13e batillon d’infanterie légère en 1792 (1755-1820)

Au siège de Dantzig, il ne m’écrivait que des sottises ; mais, lorsque les Russes débarquèrent, il se trouva dans son élément et ses rapports devinrent ceux d’un homme qui voit bien.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal LEFEBVRE (François-Joseph), duc de Dantzig, maréchal de France, né à Ruffach, département du Haut-Rhin, le 25 octobre 1755, mort à Paris le 14 septembre 1820. Fils d’un meunier qui avait servi quelque temps comme hussard, il perdit son père à l’âge de huit ans. L’enfant passa entre les mains d’un ecclésiastique, son oncle, qui le garda près de lui et chercha à le pousser vers l’Eglise ; mais Lefebvre avait du sang de soldat dans les veines, et, quand il ent atteint sa dix-huitième année, il s’enrôla dans les gardes-françaises. Il lui fallut quinze ans pour arriver au grade de sergent, qu’il venait d’obtenir quand éclata la Révolution. Incorporé dans le bataillon des Filles-Saint-Thomas, il fut chargé de son instruction militaire. Nommé capitaine au 13e régiment d’infanterie légère, puis promu, le 2 décembre 1793, au grade de général de brigade à l’armée de la Moselle, sous les ordres de Hoche, dont il avait été l’instructeur aux gardes-françaises, Lefebvre passa général de division le 10 janvier 1794. A partir de ce moment, il commanda presque continuellement les avant-gardes aux armées des Vosges, de la Moselle, de Rhin-et-Moselle, de Sambre-et-Meuse et du Danube. A Fleurus, il ramène en avant les deux ailes de l’armée française qui battaient en retraite et enfonce les Autrichiens. Après la bataille d’Aldenhoven, les habitants de Lennich, incendiée par l’ennemi en retraite, viennent implorer la générosité du vainqueur. Lefebvre les présente à ses soldats, qui partagent leur pain avec ces malheureux. A Altenkirchen (1796), il enlève aux Autrichiens 4 drapeaux, 12 canons et fait 3.000 prisonniers. En 1798, il prit, après la mort de Hoche, le commandement provisoire de l’armée de Sambre-et-Meuse, puis, l’année suivante, passa à l’armée du Danube que commandait Jourdan. A Stockach, avec 8.000 hommes, il arrête 36.000 Autrichiens, et, grièvement blessé au bras, revient a Paris, où le Directoire lui fait hommage d’une armure d’honneur. Le 11 mai le conseil des Cinq-Cents le désigne comme l’un des candidats au Directoire, à la place de Treilhard, membre sortant ; mais le conseil des Anciens se montre hostile à son élection. Comme compensation, on le nomma commandant de la dix-septième division militaire, avec Paris pour quartier général. Mêlé aux conspirateurs de brumaire, Lefebvre, à la tête de vingt-cinq grenadiers, décida, dans la journée du 18, par son intervention, le sort de ce criminel attentat contre la représentation nationale. Sans sa condamnable complicité, l’Empire était étouffé dans son germe ; aussi, en 1800, après la pacification des départements de l’Eure, de la Manche, du Calvados et de l’Orne, fut-il admis au Sénat sur la proposition du premier consul. Compris, en 1804, dans la première promotion des maréchaux de l’Empire, et nommé successivement chef de la cinquième cohorte, grand officier et grand-aigle de la Légion honneur, puis chargé du commandement des gardes nationales de la Roër, du Rhin-et-Moselle et du Mont-Tonnerre, Lefebvre prit, en 1806, dans la grande armée, le commandement d’une division dirigée contre les Prussiens, et commanda, à léna, la garde impériale à pied. Après la bataille d’Eylau il reçut l’ordre d’assiéger Dantzig, défendu par. 18.000 Prussiens, 3.000 Russes et une nombreuse milice bourgeoise. Le siège dura cinquante et un jours, et, pendant tout ce temps, le général français disait à ses artilleurs : « Je n’entends rien à votre affaire, mais fichez-moi un trou, et je passerai. » La brèche faite, il se jeta dans la place et l’emporta de vive force ; mais il rendit à la garnison prisonnière et à son chef, le maréchal Kalkreuth, les honneurs de la guerre. Ce fait d’armes valut au vainqueur le titre de duc de Dantzig. En 1808, Lefebvre prend le commandement du 4e corps de l’armée d’Espagne, gagne les bataillas de Durango et d’Espinola ; puis, appelé en Allemagne en il se met à la tête de l’armée bavaroise et va soumettre le Tyrol. En 1812, il commande en chef la garde impériale, et, pendant la désastreuse retraite de Russie, marche constamment à sa tête. En 1814, il se battit à Montmirail, à Arcis-sur-Aube et à Champaubert ; quand il arriva à Paris, les alliés l’occupaient depuis quelques jours. Il se laissa faire pair de France par la Restauration, puis, pendant les Cent-Jours, il siégea à la Chambre impériale des pairs. A sa seconde rentrée, Louis XVIII le destitua ; mais, en une ordonnance le rappela dans le corps privilégié. Au bout d’un an, une hydropisie de poitrine enlevait le duc de Dantzig, qui fut, suivant son désir, inhumé au Père-Lachaise, auprès de Masséna. Brusque, mais cordial, et dénué de toute instruction, Lefebvre avait souvent été l’objet des moqueries de la cour impériale ; l’aristocratie de la Restauration s’apprêtait à renchérir sur celle-ci. D’un mot, le soldat mit un terme au bavardage des sots. Un fat faisait devant lui, avec importance, le dénombrement de ses ancêtres. « Eh ! ne soyez pas si fier, répliqua le,maréchal, moi, je suis un ancêtre. » Alors qu’il n’était encore que sergent aux gardes-françaises, il avait épousé la blanchisseuse de la compagnie, rude femme du peuple qui conserva dans la prospérité ses allures simples et sans façon, La femme du préfet de Seine-et-Marne visitait souvent la maréchale Lefebvre, au château de Combault. Un jour, la maréchale ouvrit une armoire dans laquelle on voyait, rangés par ordre chronologique, les différents costumes qu’elle et son mari avaient portés depuis leur mariage, « Voici, dit-elle, une galerie d’habits de conditions bien diverses. Nous avons été curieux de conserver tout cela : il n’y a pas de mal à revoir ces sortes de choses-là, de temps en temps, comme nous le faisons ; c’est le moyen de ne pas les oublier. » Elle avait donné à son mari quatorze enfants, dont douze fils. Pas un ne survécut ; les deux derniers moururent à l’armée.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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décembre 9, 2007

BATAILLE DE BRIENNE-LE-CHÂTEAU (1814)

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Le général Gourgaud sauvant la vie de Napoléon sous la menace d’un cosaque lors de la bataille de Brienne le 29 janvier 1814

La mort n’est rien ; mais vivre vaincu et sans gloire c’est mourir tous les jours.

(Napoléon Bonaparte)

Brienne-le-Château (Bataille de). Le 25 janvier 1814, les Français sous le commandement direct de l’Empereur Napoléon, après un combat opiniâtre, remportèrent une brillante victoire sur les troupes étrangères menées par le vieux général prussien Blücher. Cependant, à l’issue de la bataille, les pertes humaines furent aussi lourdes pour l’armée impériale que pour les Prussiens et Russes (environ 4.000 tués et blessés pour chacun des deux camps). Les généraux Cavrois et Decouz furent parmi les blessés français (Decouz déceda plus tard des suites de ses blessures). Brienne est un chef-lieu de canton de l’Aube, situé sur les bords de la rivière de ce nom.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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BATAILLE DE CHAMPAUBERT (1814)

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L’Empereur Napoléon au soir de la bataille de Champaubert le 10 février 1814

Il faut réprendre sa résolution et ses bottes de 93.

(Napoléon Bonaparte)

Champaubert (Bataille de). Le 10 février 1814, Napoléon remporta une grande victoire sur les alliés. Les maréchaux Marmont et Ney et l’armée française écrasèrent les troupes du général russe Olsufiev. Plus des deux tiers des soldats alliés furent soit tués, blessés ou faits prisonniers alors que les Français déplorèrent moins de 300 morts au terme d’une bataille ou s’illustra la cavalerie française. Parmi les blessés de l’armée impériale figurèrent par ailleurs les généraux Lagrange et Michel. Champaubert est une petite commune du département de la Marne.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Bataille de Champaubert sur Wikipedia

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BATAILLE DE MONTMIRAIL (1814)

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Troupes françaises en route pour

La stratégie est la science de l’emploi du temps et de l’espace. Je suis, pour mon compte, moins avare de l’espace que du temps. Pour l’espace, nous pouvons toujours le regagner. le temps perdu, jamais.

(Napoléon Bonaparte)

Montmirail (Bataille de). Le 11 février 1814, soit le lendemain de la victoire de Champaubert, Napoléon et son armée de 16.000 hommes infligèrent une nouvelle humiliation aux Prussiens et Russes pourtant deux fois plus nombreux. Les alliés sous le commandement des généraux Osten-Sacken et Yorck perdirent 4.5000 hommes (blessés, tués, ou prisonniers) contre 2.000 du côté des Français.

Lien : Bataille de Montmirail sur Wikipedia

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BATAILLE DE MONTEREAU (1814)

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Allez, mes amis, ne craignez rien. Le boulet de canon qui doit me tuer n’est pas encore fondu.

(Napoléon Bonaparte)

Montereau (Bataille de). Le 18 février, après ses succès de Champaubert et Montmirail, l’Empereur Napoléon à la tête de 25.000 hommes affronta le général Schwarzenberg, commandant les troupes alliées fortes d’environ 18.000 hommes. Cette nouvelle victoire française à défaut d’être décisive permit de repousser les forces ennemies qui s’étaient rapprochées à moins de 50 kms de Paris. Les pertes furent trois plus importantes chez les Autrichiens et Wurtembergois qui laissèrent sur le champ de bataille 6.000 tués, blessés ou prisonniers, alors que l’armée impériale comptabilisa pour sa part 2.000 tués, blessés, ou disparus.

Lien : Bataille de Montereau sur Wikipedia

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décembre 8, 2007

BATAILLE DE CRAONNE (1814)

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L’Empereur Napoléon pendant la campagne de France

50.000 hommes et moi ça fait 150.000 hommes.

(Napoléon Bonaparte)

Craonne (Bataille de). Le 7 mars 1814, Napoléon, à la tête de l’armée française (37.000 hommes), attaqua Blücher commandant l’armée prussienne (85.000 hommes) et lui infligea une véritable défaite bien que les pertes furent assez lourdes pour les deux camps (environ 5.000 morts et blessés de chaque côté). Parmi les blessés, du côté des Français, figurèrent le maréchal Victor de Bellune, les généraux Le Capitaine, de Nansouty, et Boyer de Rebeval. Craonne est un chef-lieu de canton du département de l’Aisne, situé sur un plateau et bordé de ravins escarpés et sillonnés de ruisseaux.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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BATAILLE D’ARCIS-SUR-AUBE (1814)

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Bataille d’Arcis-sur-Aube les 20 et 21 mars 1814

J’ai tout fait pour mourir à Arcis.

(Napoléon Bonaparte)

Arcis-sur-Aube (Bataille d’). Les 20 et 21 mars 1814, les Français, sous les ordres directs de Napoléon, livrèrent bataille aux alliés, fort de 80.000 hommes et commandés par Schwarzenberg. Bien qu’inférieur en nombre avec seulement 28.000 hommes côté Français, les résultats restèrent incertains, et la défaite de Napoléon fut limitée de par la faute de ses adversaires qui ne surent profiter pleinement de leur avantage sur le champ de bataille. Les pertes furent très sensibles dans chacun des deux camps : 3.000 morts ou blessés côté français, 4.000 dans le camp des alliés. Les généraux français Chassé, Janssens, Leval et Corbienne y furent blessés.

(Extrait corrigé du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Bataille d’Arcis-sur-Aube sur Wikipedia

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décembre 2, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL GOURGAUD (1783-1852), BARON D’EMPIRE

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Général Gaspard Gourgaud (1783-1852), Baron de l’Empire

J’ai été très satisfait de votre conduite et de vos services. Vous soutiendrez la bonne opinion que j’ai conçue de vous en servant le nouveau souverain de la France avec la même fidélité et le même dévouement que vous m’avez montrés.

(Napoléon Bonaparte)

Gourgaud (Gaspard, baron). Officier général et législateur, né à Versailles, le 14 novembre 1783, « fils d’Etienne-Marie Gourgaud, musicien ordinaire de la chapelle du roi, et d’Hélène Gérard », mort à Paris le 25 juillet 1852 ; entra à l’école polytechnique à l’âge de 16 ans, et en sortit officier d’artillerie, fit la campagne du Hanovre comme lieutenant en second, fut nommé aide de camp du général Foucher au camp de Boulogne, fit la campagne d’Allemagne, puis fut blessé à Austerlitz et nommé capitaine après l’affaire d’Ostrolenka, partit pour l’Espagne, assista au siège de Saragosse, repartit en Allemagne pour la campagne de 1809, se battit à Eckmühl, à Essling et à Wagram, devint officier d’ordonnance de l’Empereur, l’accompagna dans la campagne de Russie et fut blessé à Smolensk, et, entré le premier au Kremlin, y découvrit une mine de 400.000 livres de poudre qui devait faire sauter la citadelle, fut de chef créé baron de l’Empire ; il fit encore toute la campagne de Saxe, et sauva la vie de l’Empereur, en 1814 à Brienne, en tuant un cosaque dont la lance allait le frapper, fut blessé à Montmirail, puis promu colonel à la bataille de Montereau, battit les Russes près de Laon et reprit Reims. Pendant les Cent-Jours, il fut nommé général de brigade, et ne quitta pas l’Empereur après Waterloo, le suivit à Rochefort. Ce fut lui que l’Empereur chargea d’aller porter sa lettre au prince-régent d’Angleterre. Il fut choisi par Napoléon pour l’accompagner à Sainte-Hélène, mais il quitta l’île en 1818, on ne sait au juste si c’est pour raison de santé ou de mésintelligence. Le territoire français lui étant absolument interdit, il dut prendre sa résidence en Angleterre ; il profita de ce séjour pour rédiger une protestation contre les rigueurs de la captivité de l’Empereur, puis publia une brochure, qui fit grand bruit, sur la bataille de Waterloo. Le duc de Wellington, qui se sentit visé directement, demanda contre Gourgaud l’application de « l’alien-bill » ; ses papiers furent saisis et il fut transport à Cuxhaven, à l’embouchure de l’Elbe. Il ne fut autorisé à rentrer en France qu’en 1821, et, à la mort de Napoléon, adressa une pétition à la Chambre des députés leur demandant leur intervention pour réclamer les restes de l’Empereur, mais ce fut en pure perte. En 1823, il publia en collaboration du comte de Montholon, les Mémoires de Napoléon. Après la Révolution de 1830, le général Gourgaud reprit un service actif comme commandant de l’artillerie à Paris et comme maréchal de camp, devint aide de camp de Louis-Philippe et fut promu lieutenant-général en 1835, puis désigné comme membre de la commission chargée d’aller chercher à Sainte-Hélène les cendres de l’Empereur, enfin nommé pair de France le 25 décembre 1841. Il fut mis à la retraite en 1848. Le 13 mai 1849, il fut élu représentant des Deux-Sèvres à la Législative, y siégea pami les conservateurs, puis mourut six mois après le coup d’état du 2 décembre 1851.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Gourgaud sur Wikipedia

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décembre 1, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL MAISON (1771-1840), COMTE D’EMPIRE

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Général Nicolas-Joseph Maison (1770-1840), comte d’Empire

Ses manoeuvres autour de Lille, dans la crise de 1814, avaient attiré mon attention et l’avaient gravé dans mon esprit.

(Napoléon Bonaparte)

Maison (Nicolas-Joseph, marquis). Officier général et législateur, né à Epinay (Seine), le 19 décembre 1771, de « Joseph Maison, bourgeois, et de Marie-Geneviève Ginard, sa femme », mort à Paris le 13 février 1840 ; s’enrôla le 22 juillet 1792 dans un bataillon de volontaires ; était capitaine quand il se distingua, à Jemmapes, en reprenant à l’ennemi le drapeau du bataillon ; se battit à Fleurus et fut blessé à Maubeuge ; fut laissé pour mort sur le champ de bataille de Mons ; s’empara du pont de Limbourg et y fut grièvement blessé ; devint chef de bataillon, fit la campagne d’Allemagne en l’an IV et celle d’Italie en l’an V, fut blessé à Wurtzbourg, et promu adjudant général à la paix de Campo-Formio. Il partit à l’armée de Hollande et assista à la bataille de d’Alkmaïr, où il fut grièvement blessé, prit part à la campagne de 1805 et fut promu général de brigade après Austerlitz ; fit ensuite les campagne de Prusse et de Pologne, se distingua à Halle et à la prise de Lubeck, devint chef d’état major de son corps d’armée et assista à Friedland ; passa en Espagne avec le maréchal Victor et prit part, avec succès, à la victoire d’Espinosa ; puis fut créé baron de l’Empire le 2 juillet 1808. En 1812 il fut attaché au 2e corps de la Grande Armée, se distingua le 18 août à Polotzk et au passage de la Bérézina, et fut nommé général de division ; prit une part glorieuse aux batailles de Lutzen, de Bautzen et de Leipzig, où il fut encore blessé, puis fut créé comte de l’Empire le 14 août 1813. Pendant la campagne de France, Maison fut désigné pour commander l’armée du Nord et défendre la Belgique. Il battit les alliés à Courtray le jour même où Paris capitulait, dona son adhésion aux Bourbons, fut nommé grand cordon de Saint-Louis et de la Légion d’honneur, gouverneur de Paris, et pair de France, le 4 juin 1814, se refusa à servir Napoléon à son retour de l’île d’Elbe. A la chambre haute, il fut membre du conseil de guerre qui devait juger le maréchal Ney et se déclara pour l’incompétence, puis fut fait marquis le 13 aooût 1817. En 1828 il fut nommé commandant en chef de l’expédition de Morée et signa une convention avec Ibrahim-Pacha ; mais cette convention n’ayant pas été assez promptement exécutée, Maison s’empara de la citadelle de Navarin et du château de Morée. Le 22 février 1829, il reçut le baton de maréchal de France. En 1830, il se rallia à Louis-Philippe, fut nommé ministre mais céda son portefeuille le 16 novembre au général Sébastiani. Il fut ambassadeur à Vienne de 1831 à 1833, ensuite à Saint-Petersbourg, de 1833 à 1835, et, le 30 avril de la même année, il fut nommé ministre de la guerre, il le resta jusqu’au 6 septembre 1836, et continua à sièger dans la Chambre haute ; il mourut subitement.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Maison sur Wikipedia

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septembre 29, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL MARMONT (1774-1852), DUC DE RAGUSE

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Maréchal Auguste-Frédéric Viesse de Marmont (1774-1852), duc de Raguse

Il était le plus médiocre des généraux ; je l’ai soutenu, défendu contre tous parce que je lui croyais de l’honneur. Elevé dans mon camp, nourri dans ma maison, marié par moi, comblé de faveurs, de richesses, devenu un des hommes les plus marquants de la France, au moins un des plus élevés en dignité, son ambition lui a fait rêver qu’il pouvait s’élever encore ; il a oublié sous quel drapeau il a obtenu tous ses grades, sous quel toit il a passé sa jeunesse ; il a oublié qu’il doit tous ses honneurs au prestige de cette cocarde nationale qu’il foule aux pieds pour se parer du signe des traîtres qu’il a combattu pendant vingt-cinq ans !… Voilà le sort des souverains : ils font des ingrats !

(Napoléon Bonaparte)

Marmont (Auguste-Frédéric-Louis Viesse de, duc de Raguse), officier général et législateur, né à Châtillon-sur-Seine (Côte d’Or), le 20 juillet 1774, de « Nicolas-Edme Viesse de Marmont, écuyer seigneur de Sainte-Colombe, capitaine au régiment de Hainault-infanterie, et de Clotilde-Hélène-Victoire Chappron », mort à Venise (Italie), le 2 mars 1852 ; fut reçu en janvier 1792, sous-lieutenant élève à l’Ecole d’artillerie de Châlons. Envoyé à l’armée des Alpes, il prit part au siège de Toulon, en qualité de lieutenant d’artillerie, devint aide de camp de Bonaparte après le 13 vendemiaire, d’abord à l’armée de l’intérieur, puis à l’armée d’Italie : se battit à Lodi, à Castiglione, à Saint-Georges, et devant Mantoue ; revint à Paris charger de porter au Directoire 22 drapeaux pris à l’ennemi, et fut nommé chef de brigade ; alla en Egypte, et s’empara, à Malte, du drapeau de l’ordre ; fut nommé général d’artillerie le 28 messidor an VI, et assista à la prise d’Alexandrie et à la bataille des Pyramides. Il revint en France en même temps que Bonaparte ; devint, après le 18 brumaire, conseiller d’Etat, et fut promu général de division après Marengo. A la reprise des hostilités, il fut mis sous les ordres de Brune, en qualité de commandant de l’artillerie, assista au passage du Mincio, de l’Adige et de la Brenta. Grand Officier de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII et colonel général des chasseurs à cheval, il reçut l’ordre, au moment de la rupture de la paix d’Amiens, de rejoindre la grande armée, sur la Mein, avec 21.000 hommes du 2e corps. Au moment du traité de Presbourg, il fut appelé au commandement supérieur de la Dalmatie, et, en septembre 1806, fit sommer l’amiral russe Symavine d’abandonner le siège de Raguse, mais ne recevant aucune réponse satisfaisante, il marcha, avec quleques bataillons seulement, contre l’ennemi, le battit à Castelnuovo, le 30 octobre, et le força à se rembarquer. le 29 juin 1808, il fut créé duc de Raguse, avec des dotations considérables en Illyrie. Il y vivait sur un pied royal, et ne sut pas se concilier les sympathies des habitants. Il était hautain, trop infatué de lui-même, et Napoléon l’a peint d’un mot en l’appelant : Marmont premier. En 1809, il participa à la prise de Gratz, et, le 9 juillet de la même année, après Wagram, il rencontra une arrière-garde ennemie qui voulut s’opposer à son passage ; il la battit et continua sa marche. Le 12 juillet 1809, il fut élevé au maréchalat. A la paix de Vienne, il devint gouverneur général de l’Illyrie, où, après une rapide et heureuse expédition contre les Croates, il mena une vie de faste et de plaisir. Il s’en excusa du reste en disant : « J’ai toujours eu une manière de magnificence. » Le 7 mai 1811, Napoléon lui confia le comamndement de l’armée du Portugal en remplacement de Masséna. Le 18 juin, Marmont était sur la Guadanice, à proximité de Soult qu’il devait rallier. Le 14 septembre, il força l’armée anglo-portugaise à lui abandonner le siège de Ciudad-Rodrigo et peu après de Badajoz ; puis ayant attaqué Wellington aux Arapiles, près de Salamanque, le 22 juillet, il fut blessé au bras dès le début de l’action et ne put conserver la direction du combat ; son armée fut battue et dut se replier sur l’Ebre. En 1813, il fut nommé commandant du 6e corps et se distingua à Lutzen, à Bautzen, à Wurstzschen. A Leipzig, dans la journée du 16 octobre, il tint tête, avec 20.000 hommes seulement, aux 60.000 hommes de l’armée de Silésie. Pendant la campagne de France, Marmont se battit à Brienne, à la Rothière, à Champaubert et à Vauchamps. Le 29 mars 1814, les alliés arrivant à Paris par la rive gauche de la Marne, occupèrent les hauteurs des Buttes-Chaumont et de Belleville, de la Villette et de Saint-Ouen. Moncey commandait la garde nationale, c’est à dire 20.000 hommes en tout, qui allaient avoir à lutter contre 180.000 alliés. La bataille commença le 30 mars, à quatre heures du matin. Marmont repoussa d’abord Barclay de Tolly au plateau de Romainville, sur Pantin et Noisy ; l’ennemi était momentanément vaincu. Mais Marmont avait déjà prévenu le roi Joseph qu' »il était impossible de prolonger la résistance au delà de quelques heures et qu’on devait préserver Paris des malheurs irréparables d’une occupation de vive force ». Le roi Joseph lui envoya alors l’autorisation de conclure la capitulation qui fut signée à quatre heures du soir, chez un marchand de vin, à l’enseigne du Petit Jardinet, dans le faubourg de la Villette. Aussitôt, les soldats crièrent à la trahison ; les dragons d’Ordener, brandissant leur sabre, demandaient à se battre encore. Dejean pleurait devant les officiers russes, et disait en face de Marmont : »Capituler, c’est trahir. » Lavalette survenait à son tour, annonçant l’arrivée de l’ Empereur, suppliant qu’on attendit quelques heures encore ; les soldats ne voulaient pas partir. Marmont fut inflexible, et rédigea une convention qui fut signée en son nom par les colonels Denys et Fabvier, ses aides de camp. Puis il envoya un aide de camp à l’Empereur, pour le prévenir de la capitulation et lui annoncer « que les étrangers étaient reçus avec enthousiasme à Paris » et que s’il voulait rentrer de vive force dans la capitale, il devrait s’attendre à la voir toute entière s’armer contre lui ». Le lendemain, il fut reçu par Napoléon, et son petit corps d’armée eut pour mission d’occuper Essone, position d’avant-garde. En confiant ce post e au duc de Raguse, Napoléon dit, non sans une pointe d’ironie : « Essone, c’est là que viendront s’adresser toutes les intrigues, toutes les trahisons ; aussi y ai-je placé Marmont, mon enfant élevé sous ma tente. » En effet, la capitulation de Paris, exigée par Marmont, fut bien une défection, car quelques jours après il fit partir son corps d’amée pour la Normandie, malgré les objections de ses officiers et malgré les simples soldats eux-mêmes qui se munitèrent en passant devant l’ennemi. A la nouvelle de ce départ, Napoléon resta attérré : « Marmont m’a porté le dernier coup » dit-il. Le lendemain, dans la proclamation qu’il adressa à ses troupes, il dit : « L’Empereur remercie l’armée pour l’attachement qu’elle lui témoigne… Le soldat suit la fortune et l’infortune de son général ; son honneur est sa réputation… Le duc de Raguse n’a point inspiré ce sentiment à ses compagnons d’armes ; il a passé aux alliés. L’Empereur ne peut accepter la condition sous laquelle il a fait cette démarche ; il ne peut accepter la vie et la liberté de la main d’un sujet. » Louis XVIII nomma Marmont commandant de la 6e compagnie des gardes du corps, créée exprès pour lui, puis chevalier de Saint-Louis et pair de France le 4 juin 1814, et lorsque le roi partit pour Gand, Marmont reçut 450.000 frs de l’intendant de la maison royale, le duc de Blacas, et suivit le roi en qualité de commandant de la maison militaire. De retour de l’ïle d’Elbe, Napoléon adressa une proclamation dans laquelle il dit : « Soldats, nous n’avons pas été vaincus. Deux hommes sortis de nos rangs, Marmont, Augereau, ont trahi nos lauriers, leur pays, leur prince, leur bienfaiteur. » Et, dans le décret d’amnistie signé à Lyon, le 12 mars, Marmont en fut excepté. Sous la Restauration, il devint ministre d’Etat (4 novembre 1817). En 1830, au moment de la publication des Ordonnances, le 25 juillet, Marmont était major général de la garde royale et gouverneur de la première division militaire (Paris). Le 26, il fut averti par Polignac de prendre les mesures nécessaires à leur exécution. Le 27, il reçut ses lettres de services du roi et se rendit à l’état-major, place du Carroussel. Cependant les députés réunis chez Audry de Puyraveau, déléguèrent auprès de Marmont, aux Tuileries, Casimir Périer, Laffitte, Mauguin, Lobau, et Girard. Arago était déjà chez Marmont et lui représentait Paris à feu et à sang et la terrible responsabilité qu’il encourrait. « Faut-il tout vous dire, s’écria Arago, j’ai recueilli dans la foule, sur mon passage, des paroles sinistres : « On mitraille le peuple, c’est Marmont qui paie ses dettes ! » Marmont eut un frémissement de honte et se tut, puis on vint lui annoncer la députation venant de chez Audry de Puiraveau. Sur l’ordre express de Polignac, Marmont était mis en demeure de les faire arrêter, mais il hésita, devant les progrès de l’insurrection, à exécuter cet ordre. Laffitte lui parla au nom du peuple, le somma au nom de l’honneur de faire cesser le carnage : « L’honneur militaire est l’obéissance » répliqua le traître de 1814. « Et l’honneur civil, répondit Laffitte, ne vous ordonne-t-il pas re respecter le sang des citoyens ? » mais Marmont ne voulut rien entendre. Le lendemain 29, le Louvre et les Tuileries furent attaqués, et Marmont se vit contraint de battre en retraite par le jardin des Tuileries, les Champs Elysées et le bois de Boulogne. A la barrière, le Dauphin vint se mettre à la tête des troupes. Ayant obtenu de Charles X une gratification de deux mois de solde pour le soldats qu’il dirigeait, il l’annonça dans un ordre du jour et ordonna aux officiers payeurs de se présenter chez l’intendant de la liste civile. L’intendant, qui n’avait pas d’argent, vint se plaindre d’un ordre du jour qui le mettait dans l’embarras. Déjà irrité contre Marmont, le Dauphin s’indigna qu’on ne l’eût pas consulté ; il fit mander le maréchal : « Vous oubliez, lui dit-il, que je commande ! Vous méconnaissez donc l’ordonnance qui m’a nommé généralissime ? – Non, monseigneur, j’ai pris les ordres du roi. – Ah ! vous me bravez. Pour vous prouvez que je commande, je vous envoie aux arrêts. » Surpris et irrité, Marmont haussa les épaules. Le Dauphin ajouta : « Est-ce que vous voulez faire avec nous comme avec l’autre ? » C’est alors que Marmont s’accusant lui-même, répondit : « Prince, sans les traîtres, vous n’auriez jamais régné. » Il suvit ensuite à Rambouillet, puis en Angleterre, Charles X, et ne rentra jamais en France. Le traitre de 1814 s’était fait justice lui-même. Il laissa, en mourant, ses mémoires, de 1792 à 1832, qui furent publiés, en 1856, chez Perrotin, et voici comment M. Cuvillier-Fleury les apprécia : « Les Mémoires du duc de Raguse ne sont pas seulement le monument de l’orgueil, c’en est le triomphe ; et je ne sais rien de plus déconcertant pour la sagesse humaine, de plus décourageant pour la modestie, de plus corrupteur qu’un pareil livre. »

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 26, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL MORTIER (1768-1835), DUC DE TREVISE

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Maréchal Adople-Edouard Mortier (1768-1835), duc de Trévise

Mortier m’a fait du mal en quittant le commandement de la Garde à Beaumont pendant la campagne de Waterloo ; il connaissait tout ce corps. Ce sera sûrement la faute de Mortier, à qui l’on aura écrit de Paris que le Corps législatif conspirait.

(Napoléon Bonaparte)

Mortier (Adolphe-Edouard-Casimir-Joseph, duc de Trévise), né à cateau-Cambrésis (Nord) le 13 février 1768, mort à Paris le 28 juillet 1835 ; fils de « Antoine-Charles-Joseph Mortier et de Anne-Josèphe Bonnaire » ; sous-lieutenant des carabiniers en 1791, capitaine au 1er bataillon du Nord en 1791, adjudant général (16 octobre 1793), général de division en 1799, s’empara du Hanovre ; maréchal de France en 1804, mis à la tête d’un corps d’armée en 1805 ; s’y couvrit de gloire près de Léoben. Il assista à Friedland, et à la paix de Tilsitt (21 juin 1807), il fut nommé gouverneur général de la Silésie, reçut une dotation de 100.000 francs de rente avec le titre de duc de Trévise. En 1808, il prit le commandement du 5e corps en Espagne, si distingua au siège de Saragosse, battit 60.0000 espagnols à Ocana le 18 novembre 1809 avec des troupes deux fois moins nombreuses. En 1812, lors de la campagne de Russie, Napoléon lui confia le commandement de la jeune garde, le nomma ensuite gouverneur du Kremlin. Lors de la terrible retraite, il fut attaqué à la Bérézina et sauva les débris de la grande armée avec le maréchal Ney. Il prit part à la campagne de 1813, se battant à Lutzen, Bautzen, Dresde, et Leipzig. En 1814 il lutta vaillament pendant la campagne de France contre les alliés près de Langres, puis autour de Paris. Après l’abdication de l’Empereur, il se rallia à Louis XVIII, qui le fit chevalier de Saint-Louis et pair de France. Il reprit du service au Cent-Jours mais dut quitter la campagne pour des raisons de santé avant la bataille de Waterloo. Membre du Conseil de guerre chargé de juger le maréchal Ney il se déclara incompétent. Bien plus tard, il fut ministre de la guerre de Louis-Philippe ; il périt par l’explosion de la machine de Fieschi, sur le boulevard du Temple.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du dr Robinet)

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septembre 25, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL LEFEBVRE (1755-1820), DUC DE DANTZIG

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Maréchal François-Joseph Lefebvre (1755-1820), duc de Dantzig

Lefebvre est cause de la victoire de Fleurus. C’est un bien brave homme qui ne s’occupe pas des grands mouvements qui s’opèrent à sa droite et à sa gauche ; il ne songe qu’à bien se battre. Il n’a pas peur de mourir. C’est bien ! Mais parfois, ces gens là se trouvent dans une position aventurée, entourés de tous côtés, alors ils capitulent, et après, ils deviennent lâches pour toujours.

(Napoléon Bonaparte)

Lefebvre (François-Joseph, duc de Dantzig), officier général et législateur, né à Rouffach (Haut-Rhin), le 25 novembre 1755, de « Joseph Lefebvre, aubergiste, et d’Anne Marie Riss », mort à Paris le 14 septembre 1820 ; entra dans la carrière militaire, le 10 septembre 1773, comme simple soldat au régiment des gardes françaises, et devint 1er sergent le 9 avril 1788. Après le licenciement de ce régiment, il fut versé comme instructeur au bataillon de la garde nationale des Filles-Saint-Thomas, nommé capitaine au 13e bataillon d’infanterie légère, le 1er janvier 1792, puis adjudant général, chef de bataillon, le 3 septembre 1793. Le 12 frimaire an II, il fut promu général de brigade, et envoyé, en cette qualité, à l’armée de la Moselle sous les ordres de Hoche. Après l’affaire de Lambach, il fut promu général de division (19 pluviôse an II) et commanda l’avant-garde aux armées de Rhin-et-Moselle, de Sambre-et-Meuse et du Danube, se battit à Fleurus et eut un cheval tué sous lui. Il fit la campagne de l’an IV sous les ordres de Jourdan à l’armée de Sambre-et-Meuse, assista à Siesberg et Altenkirchen, puis sous le commandement de Hoche, aux batailles de Bamberg, et de Salzbach et à la prise de Koenigshoffen. Après la mort de Hoche, Lefebvre prit le commandement provisoire de l’armé de Sambre-et-Meuse. En l’an VII, il fut blessé à Stockoch et revint à Paris, le Directoire lui remet alors une arme d’honneur. Il prit une part active au 18 brumaire et conserva le commandement de la division de Paris ; contribua à maintenir l’ordre dans l’Orne, la Manche, le Calvados et l’Eure, puis, le 11 germinal an VIII, il fut nommé membre du Sénat conservateur. Maréchal de France, au 30 floréal an XII, puis fait grand aigle de la Légion d’honneur le 10 pluviôse an XIII, il fut nommé, en 1805, au commandement supérieur des bataillons de gardes nationaux de la Roër, du Mont-Tonnerre et du Rhin-et-Moselle. Pendant la campagne de 1806, il commanda l’infanterie de la garde, assista à Iéna. Après la bataille d’Eylau, le corps du maréchal Lefebvre fut chargé du siège de Dantzig. Au bout de trois mois de tranchées ouvertes, la ville capitula, malgré les secours que les Russes cherchèrent à jeter dans la place. Le 10 septembre 1808, il reçut en récompense, le titre de duc de Dantzig, partit en Espagne la même année, s’empara de Bilbao et de Santander. En 1809, il commanda l’armée du Danube, le contingent bavarrois et se distingua à Thann, à Abensberg, à Eckmühl et à Wagram, se lança à la poursuite de Jellachich, le battit et s’empara d’Insprück. En 1812, il fit la campagne de Russie, comme commandant de la garde impériale, assista à la bataille de la Moskowa, et, lors de la terrible retraite, il marcha constamment à pied, en tête des débris de ses troupes, fit la campagne de France et eut un cheval tué sous lui à Champaubert. Après la capitulation de Paris, Lefebvre adhéra à la déchéance de l’Empereur et fut nommé pair de France, le 4 juin 1814, par Louis XVIII. Au retour de l’île d’Elbe, Napoléon le nomma également pair des Cent-Jours (2 juin 1815). Il fut éliminé par la seconde Restauration, mais par un nouveau décret du 5 mars 1819, il put reprendre son siège à la Chambre haute. Le maréchal Lefebvre avait épousé, étant simple sergent aux gardes françaises, la blanchisseuse de sa compagnie, laquelle ne s’aperçut jamais qu’elle était la femme d’un des premiers dignitaires de l’Empire ; son langage et sa tenue d’autrefois n’avait pas changé, et, sous le Directoire, elle portait des robes au bas desquels on avait brodé, sur un large ruban : « Unité, indivisibilité de la République française ; liberté, égalité, fraternité ou la mort. » Elle continua, même à la cour, à tenir le langage des casernes.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 24, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL VICTOR (1764-1841), DUC DE BELLUNE

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Maréchal Victor Perrin, dit Victor (1764-1841), duc de Bellune

Victor est meilleur qu’on ne suppose. Au passage de la Berezina, il avait tiré très bon parti de son corps.

(Napoléon Bonaparte)

Perrin dit Victor (Claude-Victor), duc de Bellune, maréchal de France et pair de France, né à Lamarche (Vosges) le 7 décembre 1864, mort à Paris le 1er mars 1841 ; fils de « Charles Perrin, notaire royal et de Marie Floriot ». Partit en 1792 comme volontaire et arriva rapidement aux grades supérieurs, se battit en Italie, en Espagne, se battit vigoureusement à Friedland, devint gouverneur de Berlin et fut créé duc de Bellune le 10 septembre 1808, et pendant la campagne de France en 1814, il fut blessé à Craonne, se rallia à la Restauration et vota la mort de Ney comme pair de France, devint ministre de la guerre le 14 décembre 1828. Il était maréchal de France depuis la bataille de Friedland.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 23, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL MACDONALD (1765-1840), DUC DE TARENTE

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Maréchal Etienne Macdonald (1765-1840), duc de Tarente

Il ne m’aime pas, mais c’est un homme d’honneur qui a des sentiments élevés et sur lequel je peux, je crois, pouvoir compter.

(Napoléon Bonaparte)

Macdonald ((Etienne-Jacques-Joseph-Alexandre, duc de Tarente), officier général et législateur, né à Sedan (Ardennes), le 17 novembre 1765, de « Neill-Etienne Macdonald, ancien officier au régiment écossais, et d’Alexandrine Genant », mort à Choisy-le-Roy (Seine) le 25 septembre 1840 ; fit partie, de 1784 à 1786, de la légion de Maillebois au service de Hollande, comme lieutenant ; il était devenu, en novembre 1792, chef de bataillon au 94e régiment, et, bien que presque tous les officiers de son régiment eussent émigré, il était resté en France et fut attaché à l’Etat-major de Beurnonville, puis à celui de Dumouriez ; il se battit à Jemmapes et fut promu peu après colonel du 94e régiment, devint général de brigade, et contribua, en cette qualité, à la prise de la flotte hollandaise ; puis le 8 frimaire an III, fut nommé général de division, passa à l’armée du Rhin, ensuite à celle d’Italie, et devint gouverneur de Rome en l’an VI. Macdonald aida puissamment Championnet à envahir le royaume de Naples er contribua à la prise de Padoue. Après l’arrestation de Championnet, Macdonald prit le commandement de l’armée, rentra peu après en France, par suite de mauvaise santé, et aida Bonaparte dans son coup d’Etat de brumaire. Il assista à la bataille de Marengo et devint général en chef de l’armée de réserve (6 fructidor an VIII) ; fut chargé d’une mission extraordinaire au Danemark, et, à son retour, fut fait grand officier de la Légion d’honneur (25 prairial an XII). Mais ayant eu la malencontreuse idée de défendre Moreau, il tomba en disgrâce et resta sans commandement jusqu’en 1809. Au moment de la campagne du Danube, il s’empara de Laybach, et finit par faire sa jonction avec l’Empereur près de Vienne. A Wagram, il fut intrépide, enfonça le centre et l’ennemi et fut blessé à la jambe. Au grand quartier impérial où on l’amena, Napoléon l’embrassa, et lui dit : « Oublions le passé, soyons amis ! Je vous fais maréchal et duc, vous l’avez mérité. » – « Oh ! sire, s’écria Macdonald, désormais entre nous c’est à la vie, à la mort » ; et le 7 juillet 1809, il reçut son bâton de maréchal, et le titre de duc de Tarente le 9 décembre suivant. En avril 1810, après avoir été nommé gouverneur de Gratz, il prit le commandement du corps d’Augereau en Espagne, s’empara de Fignières en 1811, et, au moment de l’expédition de Russie, le commandement du 10e corps lui fut confié. En Saxe, en 1813, il fut mis à la tête du 11e corps, battit les Prussiens à Mersebourg, se battit bravement à Lutzen et à Bautzen, mais il se laissa battre en Silésie par Blücher. A Leipzig, où il combattit come un lion, il se trouvait de l’autre côté du pont de l’Elster lorsque ce pont sauta, mais il put se sauver à la nage. Il se distingua ensuite à Hanau, rentra bientôt en France où il se vit dans la nécessité de resister aux attaques de Blücher, principalement à Nangis (17 février 1814). Le 11 avril, il fut chargé de porter, avec Caulaincourt, aux souverain alliés, l’acte d’abdication de l’Empereur et fut le dernier des maréchaux à adhérer à la déchéance. Louis XVIII le fit chevalier de Saint-Louis (2 juin) et pair de France (4 juin), puis gouverneur de la 21e division militaire. Au retour de l‘île d’Elbe ; il refusa tout emploi et servit comme simple grenadier dans la garde nationale. Nommé grand chancelier de la Légion d’honneur, il conserva ce poste jusqu’en 1831. A Sainte-Hélène, Napoléon, parlant de Macdonald, dit de lui : « Macdonald avait une grande loyauté. »

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL OUDINOT (1767-1847), DUC DE REGGIO

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Maréchal Nicolas Oudinot (1767-1847), duc de Reggio

Ce maréchal avait pour son malheur, épousé une demoiselle de Couchy ; cette jeune femme le dominait entièrement et était dans le camp royaliste ; sa mauvaise conduite, ses propos en 1814, indisposèrent les Lorrains à tel point qu’il leur était devenu en horreur ; on ne l’appelait que “traître”.

(Napoléon Bonaparte)

Oudinot (Nicolas-Charles-Marie, duc de Reggio), député du département de Maine-et-Loire au Corps législatif, en l’an XII, et pair de France, né à Bar-le-Duc (Meuse) le 25 avril 1767, mort à Paris le 13 septembre 1847, fils de « Nicolas Oudinot, et de Marie-Anne Adam » ; le 30 octobre 1783, soldat au régiment de Médoc jusqu’au 30 avril 1787 ; le 4 juillet 1789, chef du 3e bataillon de la Meuse ; 11 vendemiaire an II, chef de brigade et le 2 prairial général de brigade ; le 12 avril 1799, général de division, ; chancelier de la Légion d’honneur, le 17 mai 1839, et gouverneur des Invalides le 21 octobre 1842 ; grand-croix de Saint-Louis, le 3 mai 1816, et chevalier du Saint-Esprit le 30 septembre 1820. IL défendit Bitche avec succès en 1793, combattit vaillament à Kayserlantern et Morlantern (1794), contribua à la victoire de Zurich comme chef d’Etat-major de Masséna (1799) et à celle de Marengo. Fit la campagne de 1805 et coopéra à la victoire d’Austerlitz ; fit ensuite la campagne de Prusse et celle de Pologne et se distingua à Eylau et à Friedland. Comte de l’Empire le 2 juillet 1808, prit part à la campagne du Danube l’année suivante et se distingua à Essling et à Wagram. Le 12 juillet, il est créé maréchal de France, et le 14 avril 1810, duc de Reggio, et administrateur du pays conquis, avec une dotation considérable. Fait la campagne de Russie, au début de laquelle il est bléssé grièvement, ainsi qu’à la fin, avant la retraite. Il assista à Lutzen, Bautzen, et Leipzig, et fit la campagne de France en 1814. Se laissa faire par Louis XVIII, ministre d’Etat, pair de France, gouverneur de la 3e division militaire (Metz). Exilé dans ses terres pendant les Cent-Jours, il se laissa encore une fois combler d’honneurs et de commandements à la seconde Restauration et par la monarchie de Juillet !… Brave soldat, bon général de division, triste citoyen.

(Extrait du dictionnaire de la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 22, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL GROUCHY (1766-1847), COMTE D’EMPIRE

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Maréchal Emmanuel de Grouchy (1766-1847), Comte d’Empire

La conduite du maréchal Grouchy [à Waterloo], qui s’était distingué si souvent depuis vingt-cinq ans à la tête de la cavalerie, était aussi imprévisible que si, sur sa route, son armée eut éprouvé un tremblement de terre qui l’eût engloutie.

(Napoléon Bonaparte)

Grouchy (Emmanuel, Marquis de), officier général et législateur, né au château de Villette (Seine-et-Oise), le 23 octobre 1766, de « François-Jacques de Grouchy de Robertot, chevalier, seigneur de Villette, Cordecourt, Sagny, officier au régiment d’Houdricourt-cavalerie, et de dame Marie-Gilberte-Henriette Freteau », mort à Paris le 29 mai 1847 ; débuta à l’âge de 15 ans, comme lieutenant en second au régiment de la Fère-artillerie, passa dans la cavalerie le 28 octobre 1784, avec le rang de capitaine dans le Royal-étranger, se montra partisan de la Révolution, était, le 18 décembre 1791, lieutenant-colonel du 12e régiment de chasseurs à cheval, promu général de brigade en septembre 1792, suspendu comme noble le 30 septembre 1793, mais presque aussitôt réintégré, concourut à la conquête de la Savoie, partit en Vendée en l’an II, et défendit Nantes contre Charette, puis fut nommé par les représentants en mission, général de division, mis à la disposition de Hoche à l’armée de la Vendée, assista à la bataille de Quiberon, puis alla à Brest en qualité de commandant supérieur, fit partie de l’an IV à l’an V, de l’armée du Nord, et le commandement en second de l’expédition d’Irlande lui fut confié, ensuite passa en Italie sous le commandement de Jourdan, se battit à Novi où il reçut quatorze blessures et où il fut fait prisonnier, resta captif un an, puis protesta par écrit contre l’établissement du Consulat. En l’an VIII, il prit part à la bataille de Hohenlinden et, après la paix de Lunéville, fut nommé inspecteur général de cavalerie, grand officier de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII, fit la campagne de 1805 et assista à la prise d’Ulm, se distingua particulièrement en 1807 à Eylau et à Friedland et fut envoyé en Espagne l’année suivante, puis devint gouverneur de Madrid, prit part à la campagne du Danube en 1809 et contribua aux victoires de Raab et Wagram, et pour récompenser tant de service l’Empereur le nomma colonel général des chasseurs à cheval de la garde. Il fut créé comte de l’Empire, contribua en 1812 à la victoire de la Moskowa, se battit à Smolensk et Krasnoé, et pendant la retraite désastreuse, il dirigeait « le bataillon sacré », composé exclusivement d’officiers et chargé de veiller à la sécurité personnelle de l’Empereur, ne prit point part à la campagne de Saxe, mécontent qu’il fut de ne pas avoir le commandement d’un corps d’armée, puis se retira dans ses terres, mais lorsqu’il vit la France envahie il redemanda à prendre du service et l’Empereur lui confia le commandement d’une division de cavalerie, à la tête de laquelle il fit des prodiges de valeur à Brienne, à la Rothière, à Vauchamps, à Craonne où il fut très grièvement blessé (7 mars). La Restauration le mit en disponibilité. Pendant les Cent-Jours, il fut créé maréchal de France et reçut le commandement des 7e, 8e, 9e, et 10e divisions, dirigea les opérations contre le duc d’Angoulême et les royalistes du Midi et refusa de reconnaître la convention de la Palud. Grouchy mit ensuite les frontières des Alpes en état de défense et fut nommé pair de France (2 juin). Le lendemain de la bataille de Ligny, où il se battit courageusement, l’Empereur l’envoya à la poursuite de Blücher que l’on croyait en pleine retraite ; mais qui en réalité, marchait sur Waterloo. Mais Grouchy, fidèle à la discipline, et malgré la canonnade furieuse de Waterloo qu’il entendit, ne bougea pas et garda ses positions jusqu’au soir, ce qui causa, en grande partie le désastre de Waterloo. Après l’abdication de Napoléon, Grouchy adressa une proclamation à ses troupes, les abjurant d’acclamer Napoléon II, puis ramena sous Paris les débris de ce qui restait de l’armée et qui comptait 45.000 hommes, puis remis son commandement à Davout avant la reddition de Paris. Proscrit par Louis XVIII, Grouchy partit pour l’Amérique, et ne revint en France qu’en vertu de l’amnistie du 24 novembre 1819, ne recouvra sa dignité de maréchal qu’en 1831 et celle de pair de France le 11 octobre 1832. Il mourut en revenant d’un voyage d’Italie. Ses deux soeurs avaient épousé, l’une Condorcet, l’autre Cabanis. On a de lui : Fragment historique et relatif à la campagne et à la bataille de Waterloo.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et sur l’Empire du Dr Robinet)

Liens : Maréchal Grouchy (1766-1847)Maréchal Grouchy sur Wikipedia

septembre 18, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL GERARD (1773-1852), COMTE D’EMPIRE

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Général Etienne Gérard (1773-1852), Comte d’Empire

Entre tous mes généraux, Gérard est né avec l’instinct d’un grand capitaine ; c’est une espérance pour la France; le temps m’a manqué pour le faire maréchal.

(Napoléon Bonaparte)

Gérard (Etienne-Maurice, Comte), officier général et législateur, né à Damviller (Meuse), le 4 avril 1773, du « sieur Jean Gérard, et demoiselle Saint-Rémy », mort à Paris le 17 avril 1852 ; entra dans l’armée en 1791 comme engagé volontaire, fit partie de l’armée de Sambre-et-Meuse et assista à la bataille de Fleurus, devint aide de camp de Bernadotte le 25 messidor an VII, puis fut adjudant commandant le 2 fructidor an XIII, prit par à la bataille d’Austerlitz et y fut blessé, devint grand officier de la Légion d’honneur le 27 janvier 1806 et se distingua à la bataille de Hall, fut promu le 13 novembre général de Brigade, se battit à Eylau, se signala dans la campagne de 1809, à Durfort, à Euzersdorff et à Rorschdorff, et fut créé baron d’Empire le 15 août, fit la campagne de Russie, succéda au général Gudin dans le commandement de sa division, le 23 septembre 1812 ; prit part aux batailles de Lutzen, et de Bautzen, puis à Leipzig où il fut sérieusement blessé. Gérard fit toute la campagne de France, se multiplia à Brienne, à La rothière et à Saint-Dizier, adhéra à la déchéance de l’Empereur, ce qui lui valut de Louis XVIII la croix de Saint-Louis et le grand cordon de la Légion d’honneur. Au retour de l’île d’Elbe, il fut chargé du commandement du 4° corps puis, nommé, le 2 juin 1815, pair de France ; se battit avec acharnement à Ligny, ne put prendre part à la bataille de Waterloo, par suite de la fausse manoeuvre de Grouchy, fut blessé à l’affaire de Wavre contre l’arrière garde de Blücher. Mis en non-activité par la Restauration, il passa en Belgique et ne revint à Paris qu’en 1817. Elu député le 28 janvier 1822, par le 1er arrondissement de Paris, il siégea dans l’opposition libérale, signa la protestation contre l’expulsion de Manuel, fut réélu par l’arrondissement de Bergerac le 19 novembre 1827. A la Chambre, Gérard prit constamment la défense de ses anciens compagnons d’armes, fut l’un des premiers signataires de la protestation contre les ordonnances du 25. Le 11 août 1830, il accepta le portefeuille de la guerre, et fut promu le 17 du même mois, maréchal de France, donna sa démission de ministre, pour raison de santé continua de siéger à la Chambre des députés ; puis fut nommé pair de France le 11 février 1833, et, le 18 juillet 1834, reprit le portefeuille de la guerre. Grand chancelier de la Légion d’honneur le 4 février 1836, il abandonna ce poste le 11 décembre 1838 pour remplacer le maréchal Lobau à la tête de la garde nationale e la Seine, et devint, le 21 octobre 1842, grand chancelier de la Légion d’honneur. Le 26 janvier 1852, il fut nommé sénateur.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et de l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Gérard sur Wikipedia

septembre 17, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL CAMBRONNE (1770-1842), COMTE D’EMPIRE

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Général Pierre Cambronne (1770-1842), Comte d’Empire

« La Garde meurt. Elle ne se rend pas. »

(Waterloo – 18 juin 1815)

Cambronne (Pierre-Jacques-Etienne), officier général et législateur, né à Nantes (Loire-Inférieure), le 26 décembre 1770, de « noble homme Pierre-Charles Cambronne, négociant, et de dame Françoise Adélaïde Druon », mort à Nantes le 29 janvier 1842 ; entra dans l’armée en 1792 comme grenadier dans le 1er bataillon de Maine-et-Loire, fit les campagnes de l’armée du Nord, à celles des Côtes de Brest, de Cherbourg et de l’Ouest, était capitaine de carabiniers en l’an III passa à l’armée de Rhin-et-Moselle, servit en l’an VI à celle d’Angleterre et en l’an VII à celle du Danube, fit partie en l’an XII et l’an XIII des troupes rassemblées au camp de Saint-Omer où il reçut la décoration de la Légion d’honneur, se signala plus tard à la bataille d’Iéna, fut fait officier de la Légion d’honneur et fit la campagne de Pologne ; partit pour l’Espagne, prit part à tous les combats de 1809, 1810, et 1812, fut promu colonel major du 3e régiment de voltigeurs de la garde, se montra très brave à la bataille de Hanau (octobre 1813) et fut nommé général de brigade. En 1814, Cambronne fut bléssé quatre fois, tant à Craonne que sous les murs de Paris ; puis il accompagna à l’Île d’Elbe l’Empereur déchu, revint avec lui en France, s’empara, le 5 mars 1815, du pont de la citadelle de Sisteron, et fu nommé, le 1er avril, grand officier de la Légion d’honneur ; fut créé comte de l’Empire et compris parmi les pairs de France. Le 18 juin 1815, à Mont-Saint-Jean, son régiment fut presque entièrement détruit. Entourés par les anglais et sommé de mettre bas les armes, les braves du 1er régiment de chasseurs à pied préférèrent une mort glorieuse et Cambronne tomba lui-même grièvement blessé. Le général anglais qui commandait leur cria : « Braves français, rendez-vous !… » Cambronne répondit : « M!….. » Fait prisonnier et conduit en Angleterre, il écrivit à Louis XVIII pour obtenir la permission de rentrer en France, et n’ayant pas reçu de réponse, il prit le parti de s’en passer ; il rentra fut arrêté et conduit à Paris, puis traduit devant le 1er conseil de guerre, prit pour défenseur Berryer qui, dans une émouvante plaidoirie, parvint à le faire acquitter ; il se retira à Nantes dans sa famille. Présenté un an après au duc d’Angoulème, ce dernier le fit réintégrer sur les contrôles de l’armée, fut décoré de l’ordre de Saint-Louis et créé vicomte par Louis XVIII et nommé au commandement de la 16e division militaire à Lille ; et fut admis à la retraite le 15 janvier 1823. La ville de Nantes lui éleva une statue.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Cambronne sur Wikipedia