mars 20, 2008

LES CENT JOURS (20 MARS 1815 – 8 JUILLET 1815)

Posted in Empire, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , à 12:02 par napoleonbonaparte

L’assemblée du Champ de Mai en présence des députés et de l’armée, au Champ-de-Mars à Paris - 1er juin 1815

Français, j’arrive parmi vous pour reprendre mes droits qui sont les vôtres.

Je ne hais pas la liberté ; je l’ai écartée lorsqu’elle obstruait ma route, mais je la comprends. J’ai été nourri de ses pensées.

(Napoléon Bonaparte)

LES CENT-JOURS, nom que l’histoire a conservé à la dernière période du règne de Napoléon 1er, qui s’étend du 20 mars 1815, date de son arrivée à Paris après le retour de l’île d’Elbe, jusqu’à la seconde restauration de Louis XVIII (8 juillet). Cette période comprend cent dix jours ; mais on peut en réalité la considérer comme terminée le 22 juin, jour de l’abdication de l’Empereur. A son retour de l’île d’Elbe, le tact habituel de Napoléon lui fit juger que l’enthousiasme qui l’avait accueilli avait surtout sa source dans la haine des Bourbons et de l’ancien régime, dans une renaissance de l’esprit libéral, que toute la gloire militaire de l’empire avait assoupi, mais n’avait pu éteindre. Lutter contre ce courant irrésistible eût été plus qu’insensé : il résolut de s’en faire un auxiliaire, en un mot de se servir de la révolution en paraissant la servir. La situation était d’ailleurs extrêmement grave : résigné pour le moment à la paix, il voyait la coalition se reformer contre lui, parce que ses démonstrations pacifiques n’inspiraient aucune confiance à l’Europe, et il avait impérieusement besoin d’un appui, qu’il ne pouvait trouver que dans la nation. « Je prévois, disait-il, une lutte difficile, une guerre longue. Pour la soutenir, il faut que la nation m’appuie ; mais en récompense elle exigera, je crois, la liberté… Les idées libérales ont repris le terrain que j’avais fait gagner au pouvoir ; il ne faut pas lutter contre une nation, c’est le pot déterre contre le pot de fer, etc. » Dès son arrivée, il nomma Carnot ministre de l’intérieur. C’était un choix, significatif et habilement fait pour rallier les amis de la liberté. Puis, comme il avait promis un régime constitutionnel, il fit appeler Benjamin Constant, qui, la veille encore, écrivait contre lui, et le chargea de rédiger l’Acte additionnel aux constitutions de l’Empire, titre malheureux, qui rappelait trop le régime de l’arbitraire et de la dictature. Cette nouvelle constitution avait tous les caractères d’une charte octroyée; on le sait, elle fut mal accueillie par l’opinion, à ce point qu’on méconnut même les garanties sérieuses qu’elle contenait. Napoléon portait la peine de son passé, et les esprits éclairés ne croyaient pas plus à ses promesses de liberté que l’Europe ne croyait à ses offres de paix. De toutes parts il se sentait enveloppé d’un ennemi insaisissable, la défiance, contre lequel ses dernières forces allaient s’user. Toutefois, une liberté complète fut laissée à la presse, et, pendant que les préparatifs de guerre se poursuivaient avec activité, on convoqua la chambre des pairs et la chambre des représentants. Ici .encore, nouvelles et invincibles défiances. Beaucoup d’anciens républicains avaient été envoyés dans la chambre élective, et ils arrivaient avec l’énergique résolution de sauver l’indépendance nationale et d’assurer la liberté. Chose caractéristique, les hommes de cette opinion, groupés autour de Carnot, appuyaient volontiers Napoléon, ne voyant en lui, dans ce moment de péril, que le généralissime de la patrie en danger, et se bornant provisoirement à prendre des garanties contre son despotisme ; tandis que les libéraux purs, qui avaient La Fayette pour chef, se montraient intraitables et hostiles. Après avoir tenu le fameux Champ de mai, pour l’acceptation de l’Acte additionnel, Napoléon, sentant qu’il avait besoin de la victoire pour agir avec plus d’autorité sur l’opinion, résolut de ne pas attendre l’attaque des puissances coalisées et d’aller immédiatement chercher Sur les champs de bataille l’ascendant qui lui manquait pour dominer les esprits. Cette précipitation était peut-être une faute ; il le sentait, mais il répondit à Carnot qui lui en faisait l’observation : « Ma politique veut un coup d’éclat. » On sait ce que fut cette campagne si courte et si funeste, dans laquelle la fortune et l’épée de Napoléon furent à jamais brisées. Au lieu de rassembler les débris de son armée, le grand vaincu accourut à Paris pour demander de nouveaux soldats… et la dictature, comme si un accroissement de sou autorité politique eût pu lui donner plus de force contre l’étranger. La proposition n’en fut point faite officiellement, mais agitée seulement en conseil des mimstres, où elle rencontra de vives oppositions. Lucien seul, l’homme du 18 brumaire, se montra partisan de cette mesure extrême et conseilla à son frère, non de demander le pouvoir absolu, mais de le prendre en brisant les faibles garanties accordées par l’Acte additionnel. Il ne songeait pas que les temps étaient changés et que Napoléon n’était plus l’homme de l’an VIII ; avec la même passion du despotisme, il n’avait plus la même énergie pour l’exercer ; d’ailleurs, il sentait le terrain fuir sous ses pieds ; la France, qu’il avait de nouveau compromise et qu’il avait mécontentée en éludant une partie des promesses libérales faites à son retour, commençait à séparer la cause nationale des intérêts de la dynastie ; flottant, découragé, irrésolu, il se borna à demander à la Chambre des représentants la nomination de commissions législatives chargées de s’entendre avec les ministres. Mais l’Assemblée, surexcitée par les périls de la situation, irritée par les bruits de coup d’Etat, se montra ouvertement hostile ; la question de l’abdication fut discutée, et le mot de déchéance éclata même dans les polémiques ; enfin, après deux jours de débats orageux, au milieu desquels la Chambre déclara traître qui la, dissoudrait, et plaça l’Empereur entre l’abdication et la déchéance ; après bien des incertitudes et des pourparlers, Napoléon, pressé de toutes parts, consentit à signer son abdication, qu’on lui représentait comme un sacrifice nécessaire au salut de la patrie (22 juin). Une commission executive fut aussitôt nommée par les deux chambres ; elle se composait de Fouché (qui obtint la présidence), Carnot, le général Grenier, Caulaincourt et Quinette. Le premier soin de cette commission fut d’envoyer aux alliés des plénipotentiaires chargés de négocier la paix ou une suspension d’armes, aux conditions suivantes : intégrité du territoire, indépendance de la nation dans le choix de son gouvernement, reconnaissance de Napoléon II. Mais ces négociations, sur lesquelles on comptait, au moins pour retarder la marche de l’ennemi pendant qu’on rassemblerait les moyens de défense, échouèrent complètement. On sait d’ailleurs que le président de la commission, Fouché, négociait secrètement avec les alliés et multipliait de tous côtés ses intrigues. Les ennemis continuèrent à marcher sur Paris, qui fut investi et qui dut accepter, le 3 juillet, une nouvelle capitulation. Quelques jours plus tard, les Bourbons rentraient dans la capitale sous la protection des baïonnettes étrangères : la seconde restauration était inaugurée.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Les Cent-Jours sur wikipedia

http://www.lerubicon.com

Publicités

mars 12, 2008

BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – LA CHUTE DE L’AIGLE

Posted in BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , à 11:49 par napoleonbonaparte

Napoléon Bonaparte (1769-1821), en exil à Sainte-Hélène

Je suis l’instrument de la providence ; elle me soutiendra tant que j’accomplirai ses desseins, puis elle me cassera comme un verre.

(Napoléon Bonaparte)

Toujours obsédé par l’idée funeste de son blocus continental, il y subordonnait en partie sa politique. C’est pour cela qu’il violentait les peuples et les princes, ceux mêmes qu’il avait établis, et qui étaient accablés de ses exigences, obligés pour y faire face de léser les intérêts et la dignité de leur patrie adoptive ; c’est pour cela qu’il imposa l’abdication à son frère Louis et convertit la Hollande en départements (juillet 1810) ; qu’il absorba les villes hanséatiques, l’Oldenbourg, une partie de la Westphalie, les provinces illyriennes ; qu’il occupa Dantzig et une partie des côtes de la Baltique ; qu’il opprimait les neutres et les alliés ; qu’il expulsait les Américains des porte de l’Empire, etc. A cette époque où la guerre lui laissait un peu de repos, sauf en Espagne, il était tout occupé de cette grande affaire et n’en agissait pas moins en prévoyance de nouveaux conflits. Le 20 mars 1811, il lui naquit un fils, qu’il baptisa du titre de roi de Rome, à l’imitation des anciens césars germaniques, et sur qui il fondait, par une vaine prévision, les plus vastes espérances. Il y eut à l’occasion de cette naissance, puis du baptême, des fêtes éclatantes, comme après le mariage. Ou revit dans ces occasions tous les actes de courtisanerie, toutes les platitudes habituelles et dont Napoléon était si avide. A l’Hôtel de ville, Bellart et les membres du conseil (qui proclameront la déchéance) votèrent 10.000 francs de rente au page qui vint des Tuileries leur annoncer la grande nouvelle qu’il était né « un roi de Rome. » C’était le budget de la ville de Paris qui soldait les frais de cet enthousiasme officiel. Des sénateurs vinrent haranguer l’enfant, etc. Bientôt le sang allait recommencer à couler par torrents, et l’Empereur, sous le prétexte que son bon allié le tsar organisait ses forces, poussait lui-même ses préparatifs militaires avec sa fiévreuse activité et comme s’il eût voulu entrer en campagne deux mois plus tard. La France et les peuples soumis, les alliés, devaient pourvoir sans murmurer à ces prodigieuses dépenses d’hommes et d’argent. Il levait les conscriptions un an et deux ans à l’avance, et quant aux nombreux réfractaires qui se dérobaient pour échapper à la boucherie, il les faisait poursuivre par des colonnes mobiles qui commettaient tous les excès, accoutumées à toutes les brutalités de la guerre, et qui installaient chez les parents des fugitifs des garnisaires que les familles devaient grassement nourrir et payer jusqu’à soumission des malheureux réfractaires. Il organisait militairement, en outre, une prétendue garde nationale, conscription mal déguisée, qu’il comptait bien incorporer d’une heure à l’autre dans l’armée active. Par suite du blocus, les matières premières étaient rares, nos manufactures combles de produits invendus, la crise commerciale et industrielle en permanence ; les faillites et banqueroutes se multipliaient par milliers et sans relâche (1811). A Lyon, à Rouen, dans la plupart des villes industrielles et dans beaucoup de départements, « les trois quarts des bras au moins restèrent oisifs. » (Thiers.) Le sucre, le café et d’autres produits atteignirent des prix fabuleux, comme nous l’avons revu durant le siège de Paris. Enfin, en 1812, il y eut une disette qui ajouta les souffrances de la faim à tant d’autres. Mais toutes ces souffrances et ces ruines ne troublaient guère le maître dans ses vastes conceptions et dans la poursuite de ses chimères. Il semblait déjà évident pour plusieurs de ceux qui l’approchaient qu’il était frappé d’une sorte de démence. Il avait au moins la folie de la puissance et de l’orgueil. L’année 1811 avait été marquée en Espagne par quelques succès, qui compensaient un peu tant d’échecs précédemment essuyés. Mais Wellington était maître du Portugal et marchait sur Madrid. C’est à cette heure critique que Napoléon se détermina à la plus funeste de ses entreprises. Mécontent du tsar, dont l’alliance ne lui avait pas procuré des avantages à la hauteur de ses prétentions, il résolut de le punir de sa tiédeur dans l’application du blocus (qui ruinait ses peuples) par l’invasion de la Russie. Pendant qu’il leurrait cette puissance par de vaines négociations, il poussait ses préparatifs avec la plus grande activité, groupant les contingents de l’Italie, de la Hollande, de la Saxe, de la Bavière, etc., de manière à se constituerune armée de 600.000 combattants ; il s’assurait le concours forcé de la Prusse et de l’Autriche, et, après avoir tenu à Dresde un de ces congrès de rois où se complaisait son orgueil, il déclare la guerre à la Russie (22 juin 1812) et, le surlendemain, franchît le Niémen à la tête de masses énormes, composées de soldats de toutes les nations. Le voilà engagé dans cette aventure tragique et gigantesque dont rien n’avait pu le détourner, ni les conseils, ni les prières, ni les représentations les plus judicieuses. Il avait dit, dans sa proclamation aux soldats : « La Russie est entraînée par la fatalité : ses destins doivent s’accomplir ! » Combien, à ce moment, ce langage emphatique s’appliquait bien plutôt à lui-même ! Après s’être attardé 17 jours dans Wilna, après les batailles de Smolensk, de Polotzk, de Valontina, qui écartèrent les armées russes plutôt qu’elles ne les dispersèrent, il s’enfonça à travers des régions dévastées, ne rencontrant que des débris de villes incendiées par les Russes, et se dirigeant sur Moscou, où il pensait pouvoir livrer une action décisive. Il rencontra, en effet, l’armée de Barclay et de Koutouzov sur les bords de la Moskova (7 sept.), et remporta sur eux la grande victoire de la Moskowa, due principalement au maréchal Ney. La vue de Moscou remplit l’armée d’enthousiasme, et Napoléon s’établit au Kremlin, attendant des propositions de paix, et affectant de dicter des décrets sur le Théâtre-Français et autres sujets de cette importance. Tout à coup, Moscou brûle, embrasé par le patriotisme des habitants et par les ordres du gouverneur Rostopchine (15-20 septembre)- Napoléon atterré, au lieu de marcher sur Saint-Pétersbourg, attendit, en poursuivant de vaines négociations, que l’hiver précoce de ce dur climat le chassât de ces ruines fumantes, terrible auxiliaire que les Russes attendaient. Il se resigne, enfin à la retraite (18 octobre), harcelé par les Cosaques et divers corps d’armée, à travers les neiges et les déserts, avec des troupes affamées, démoralisées, obligées cependant de combattre à chaque pas, et semant de milliers de cadavres cette route funèbre. Ce fut une marche dont le souvenir épouvantable ne s’effacera jamais. La Bérézina, nom sinistre, engloutit 20.000 cadavres. novembre). Enfin, on évalue à 300.000 le nombre de ceux qui ne repassèrent jamais le Niémen. L’auteur de tant de désastres, quand on fut arrivé dans un pays où l’on pouvait se procurer des moyens de transport (en Lithuanie), abandonna froidement ses débris d’armée (décembre) et accourut à Paris, où la conspiration de Malet avait récemment failli le renverser. De plus, en Espagne, la défaite des Arapiles avait encore une fois chassé Joseph de Madrid, et mis ses affaires dans le plus fâcheux état. Quant au puissant empereur, se jetant à côté, il attribua en plein conseil d’Etat les malheurs de la France à l’esprit philosophique, aux idéologues, qui avaient perverti l’esprit du peuple ! Puis, au lieu de demander la paix, il se hâta de moissonner plusieurs générations, avec l’appui d’un Sénat avili, et se précipita de nouveau en Allemagne, où la Russie, renforcée de la Prusse et de la Suède, qui avait en 1810 Bernadotte comme prince héréditaire, ne voulait plus souffrir l’occupation française. L’Angleterre fournit 7 millions sterling à la nouvelle coalition. L’Autriche reste sourde aux appels de l’époux de Marie-Louise, dominée par l’Allemagne, qui, entraînée par des ligues patriotiques, se levait à la voix de ses meilleurs citoyens contre le tyran du monde, à l’exemple de la courageuse Espagne. Le 2 mai 1813, l’empereur, au prix d’énornes sacrifices, bat les coalisés à Lutzen, réinstalle à Dresde son fidèle allié le roi de Saxe (12 mai), et défait les Russes dans une bataille de quatre jours, à Bautzen (20 mai). Il jugea prudent, toutefois, d’accepter la médiation de l’Autriche, l’armistice de Pleiswitz (3 juin), enfin le résultat du congrès réuni à Prague (5 juillet), le tout pour se donner le temps d’achever ses armements. Quant à la paix, à des conditions pratiques, il n’eu voulait pas, se croyant assuré de vaincre les coalisés et d’imposer définitivement sa domination à l’Europe. Cette paix, que l’Autriche proposait dans sa médiation, lui eût fait perdre des conquêtes que visiblement il ne pouvait plus défendre, mais lui eût laissé encore la Belgique, les provinces rhénanes, la Hollande, le Piémont, la Toscane, l’Etat romain, plus Naples, la Lombardie, la Westphalie, constitués en Etats vassaux. Mais’il préferait perdre la France plutôt que de renoncer à l’autocratie de l’Europe. La nation, exténuée, affamée de paix, eût accepté ces conditions fort modérées et qui n’avaient rien d’humiliant après les désastres de Russie et d’Espagne. Aussi, se gardait-il de laisser deviner le fond de sa pensée, sauf à quelques intimes, comme son esclave Bassano. Toute sa conduite, et cela à toutes les époques, n’était que mensonge et dissimulation. Finalement, la lutte reprit. L’Autriche entra dans la coalition, puis la Bavière, en attendant d’autres défections successives. Menacé par trois armées, Napoléon remporte encore la victoire de Dresde (27 août 1813), pendant que ses lieutenants, grands hommes de guerre, mais dominés par la situation , les Macdonald, les Ney, les Oudinot, échouent en Silésie, en Bohême, etc. Il se vit donc obligé de battre en retraite, en combattant à chaque pas, fit tète pendant deux jours à 300.000 coalisés, avec une étonnante supériorité, dans cette effroyable affaire de Leipzig (18-19 octobre), qu’on a nommée la bataille des nations. Ecrasé, il subit encore un échec au passage de l’Elster, mais soutient sa retraite jusqu’au Rhin, perce les Bavarois à Hanau (30 octobre), à Hocheim (2 novembre), et rentre en France avec un lambeau d’armée. Les souvenirs de la grande Révolution rendent les coalisés prudents, ils proposent la paix sur la base des frontières naturelles ; mais cet homme implacable refuse. Alors la débâcle commence et la France est envahie de toutes parts, pendant que Joseph est définitivement rejeté d’Espagne. L’œuvre de la Révolution était détruite, les frontières débordées, Soult luttait énergiquement dans le Midi, puis devant Toulouse. Murat s’était rallié à l’Autriche, dans l’espérance de garder son royaume. Le Corps législatif, en présence de ces catastrophes, ouvrage du despotisme et de la déraison d’un seul homme, manifeste quelques velléités d’indépendance, que l’Empereur réprime avec sa violence habituelle. Puis il réclame des hommes au Sénat, qui n’avait pas d’autre volonté que la sienne, et, le 24 janvier 1814, il quitte Paris après avoir fastueusement confié son fils et sa femme à la garde nationale (a laquelle il s’était gardé de donner des fusils), et il engage cette célèbre campagne de France, qui n’était que la lutte contre une fatalité inévitable. On sait qu’après la bataille d’Arcis-sur-Aube (20 mars) et la rupture du traité de Chatillon, Napoléon se jeta à Fontainebleau, décidé à lutter encore. Mais la prise de Paris, la défection de Marmont, le découragement de ses maréchaux et de ses instruments les plus serviles comme les plus dévoués, anéantirent ses dernières et vaines espérances. Son Sénat, si avili et si dégradé devant ses moindres caprices, proclame sa déchéance ; l’abdication pure et simple lui est imposée en échange de la souveraineté dérisoire de l’île d’Elbe, et le 20 avril, après avoir fait à ses derniers compagnons de guerre des adieux célèbres et touchants il quitta Fontainebleau et se dirigea, déguisé, vers le Midi pour gagner son lieu d’exil, poursuivi par les malédictions des populations. On sait qu’après moins d’un an de cet exil, jugeant déjà les Bourbons finis, il s’enfuit de l’île d’Elbe, débarque au golfe Juan, le 1er mars 1815, enlève successivement toutes les troupes qu on envoie contre lui et rentre victorieux aux Tuileries le 20 mars. La renaissance de l’esprit libéral lui indiquait sa voie ; il se donne effrontément comme le représentant de la Révolution contre l’ancien régime et les Bourbons. Mais, quoique s’accommodant aux circonstances, il n’avait rien perdu de son orgueil et de son ambition. Ce retour ouvre la période des Cent-Jours. Il arriva nécessairement que la coalition se reforma contre lui et qu’il voulut lutter contre elle avec des ressources insuffisantes. Traité par l’Europe en ennemi public, en tyran des nations, il se prépara de nouveau à la guerre, sa seule préoccupation, sa seule ressource, ayant, disait-il, besoin d’une victoire pour fasciner l’opinion et ressaisir la dictature. Il partit de Paris le 12 juin pour la Belgique et alla livrer cette tragique bataille de Waterloo, qui fut le terme de sa destinée et de ses boucheries, et qui fut perdue par les fautes qu’il commit, malgré la légende et malgré son habitude constante de s’attribuer tous les succès et de rejeter tous les revers sur ses lieutenants. Le 21 juin, il arriva à Paris, avec la prétention de lever de nouvellles troupes et d’exercer la dictature, pour sauver le pays, quand il n’était que trop avéré que lui seul était la cause de tous ses malheurs. La Chambre des représentants, les fonctionnaires s’élevèrent avec vigueur contre lui. Il voulut parler en maître, comme au temps de sa puissance ; mais ceux mêmes qui avaient si longtemps tremblé devant lui exigent son abdication définitive, qu’il est obligé de signer vingt-quatre heures après son arrivée à Paris (22 juin), en stipulant fort inutilement l’élévation de son fils au trône. Malheureusement, l’invasion qu’il avait une fois de plus attirée sur la France était désormais irrésistible, d’autant plus qu’elle avait des complices parmi ses créatures et ses hauts dignitaires. Malgré son patriotisme et ses efforts, la Chambre des représentants, si injustement décriée par les écrivains bonapartistes, ne put en conjurer les effets, et les Bourbons revinrent encore une fois s’imposer au pays accablé, sous la protection des hordes de l’ennemi. Napoléon, ayant perdu l’espoir de recouvrer la puissance sous un titre quelconque, se résigna à quitter la Malmaison le 29 juin et se dirigea sur Rochefort, avec l’intention de s’embarquer pour les Etats-Unis, ne croyant pas encore son rôle terminé. Mais il était surveillé, et, voyant l’inutilité de tous ses projets de départ clandestin, il se décida à se retirer sur le navire anglais le Bellérophon, en réclamant, en style de tragédie, d’aller, « comme Thémistocle, s’asseoir au foyer du peuple britannique. » Son sort était fixé par les puissances. Lui-même avait si cruellement et toujours abusé de la force, de la victoire et du mensonge, qu’il n’avait aucun droit de se plaindre de subir le sort des vaincus. Transporté aux confins de l’Océan, à l’île de Sainte-Hélène, il s’y consuma six années dans les regrets de la puissance perdue, dans les amertumes de l’orgueil vaincu. Il mourut le 5 mai 1821. Tout ce que la légende bonapartiste a rapporté des prétendues persécutions du gouverneur Hudson Lowe, officier fort honorable, est fort exagéré. Le 15 décembre 1840, ses restes, rapportés en France, furent déposés en grande pompe aux Invalides par le gouvernement de Louis-Philippe, qui comptait exploiter sans danger cette popularité si aveuglément ressuscitée par les libéraux, et qui devait contribuer à l’établissement d’ une nouvelle tyrannie napoléonienne, qui n’a pas été moins funeste à la France que la première.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse

http://www.lerubicon.com

décembre 2, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL GOURGAUD (1783-1852), BARON D’EMPIRE

Posted in Généraux, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , à 3:42 par napoleonbonaparte

Général Gaspard Gourgaud (1783-1852), Baron de l’Empire

J’ai été très satisfait de votre conduite et de vos services. Vous soutiendrez la bonne opinion que j’ai conçue de vous en servant le nouveau souverain de la France avec la même fidélité et le même dévouement que vous m’avez montrés.

(Napoléon Bonaparte)

Gourgaud (Gaspard, baron). Officier général et législateur, né à Versailles, le 14 novembre 1783, « fils d’Etienne-Marie Gourgaud, musicien ordinaire de la chapelle du roi, et d’Hélène Gérard », mort à Paris le 25 juillet 1852 ; entra à l’école polytechnique à l’âge de 16 ans, et en sortit officier d’artillerie, fit la campagne du Hanovre comme lieutenant en second, fut nommé aide de camp du général Foucher au camp de Boulogne, fit la campagne d’Allemagne, puis fut blessé à Austerlitz et nommé capitaine après l’affaire d’Ostrolenka, partit pour l’Espagne, assista au siège de Saragosse, repartit en Allemagne pour la campagne de 1809, se battit à Eckmühl, à Essling et à Wagram, devint officier d’ordonnance de l’Empereur, l’accompagna dans la campagne de Russie et fut blessé à Smolensk, et, entré le premier au Kremlin, y découvrit une mine de 400.000 livres de poudre qui devait faire sauter la citadelle, fut de chef créé baron de l’Empire ; il fit encore toute la campagne de Saxe, et sauva la vie de l’Empereur, en 1814 à Brienne, en tuant un cosaque dont la lance allait le frapper, fut blessé à Montmirail, puis promu colonel à la bataille de Montereau, battit les Russes près de Laon et reprit Reims. Pendant les Cent-Jours, il fut nommé général de brigade, et ne quitta pas l’Empereur après Waterloo, le suivit à Rochefort. Ce fut lui que l’Empereur chargea d’aller porter sa lettre au prince-régent d’Angleterre. Il fut choisi par Napoléon pour l’accompagner à Sainte-Hélène, mais il quitta l’île en 1818, on ne sait au juste si c’est pour raison de santé ou de mésintelligence. Le territoire français lui étant absolument interdit, il dut prendre sa résidence en Angleterre ; il profita de ce séjour pour rédiger une protestation contre les rigueurs de la captivité de l’Empereur, puis publia une brochure, qui fit grand bruit, sur la bataille de Waterloo. Le duc de Wellington, qui se sentit visé directement, demanda contre Gourgaud l’application de « l’alien-bill » ; ses papiers furent saisis et il fut transport à Cuxhaven, à l’embouchure de l’Elbe. Il ne fut autorisé à rentrer en France qu’en 1821, et, à la mort de Napoléon, adressa une pétition à la Chambre des députés leur demandant leur intervention pour réclamer les restes de l’Empereur, mais ce fut en pure perte. En 1823, il publia en collaboration du comte de Montholon, les Mémoires de Napoléon. Après la Révolution de 1830, le général Gourgaud reprit un service actif comme commandant de l’artillerie à Paris et comme maréchal de camp, devint aide de camp de Louis-Philippe et fut promu lieutenant-général en 1835, puis désigné comme membre de la commission chargée d’aller chercher à Sainte-Hélène les cendres de l’Empereur, enfin nommé pair de France le 25 décembre 1841. Il fut mis à la retraite en 1848. Le 13 mai 1849, il fut élu représentant des Deux-Sèvres à la Législative, y siégea pami les conservateurs, puis mourut six mois après le coup d’état du 2 décembre 1851.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Gourgaud sur Wikipedia

http://www.lerubicon.com

novembre 19, 2007

BATAILLE DE WATERLOO (1815)

Posted in Campagne de Belgique (1815), Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , à 12:05 par napoleonbonaparte

Napoléon à la bataille de Waterloo le 18 juin 1815

L’Angleterre et la France ont tenu dans leurs mains le sort de la terre, celui surtout de la civilisation européenne. Que de mal nous nous sommes faits, que de bien nous pourrions faire !

(Napoléon Bonaparte)

Waterloo (bataille de). Le 18 juin 1815, Napoléon livra sa dernière grande bataille face aux troupes britanniques du duc de Wellington et celles du général prussien Blücher. Ce dernier décida de la victoire des alliés en arrivant sur le champ de bataille alors que les Français s’attendaient au contraire à recevoir l’appui des hommes du maréchal Grouchy. La morne plaine de Waterloo devait mettre un terme à la formidable épopée napoléonienne.

Lien : Bataille de Waterloo sur Wikipedia

http://www.lerubicon.com