mars 12, 2008

BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – LA CHUTE DE L’AIGLE

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Napoléon Bonaparte (1769-1821), en exil à Sainte-Hélène

Je suis l’instrument de la providence ; elle me soutiendra tant que j’accomplirai ses desseins, puis elle me cassera comme un verre.

(Napoléon Bonaparte)

Toujours obsédé par l’idée funeste de son blocus continental, il y subordonnait en partie sa politique. C’est pour cela qu’il violentait les peuples et les princes, ceux mêmes qu’il avait établis, et qui étaient accablés de ses exigences, obligés pour y faire face de léser les intérêts et la dignité de leur patrie adoptive ; c’est pour cela qu’il imposa l’abdication à son frère Louis et convertit la Hollande en départements (juillet 1810) ; qu’il absorba les villes hanséatiques, l’Oldenbourg, une partie de la Westphalie, les provinces illyriennes ; qu’il occupa Dantzig et une partie des côtes de la Baltique ; qu’il opprimait les neutres et les alliés ; qu’il expulsait les Américains des porte de l’Empire, etc. A cette époque où la guerre lui laissait un peu de repos, sauf en Espagne, il était tout occupé de cette grande affaire et n’en agissait pas moins en prévoyance de nouveaux conflits. Le 20 mars 1811, il lui naquit un fils, qu’il baptisa du titre de roi de Rome, à l’imitation des anciens césars germaniques, et sur qui il fondait, par une vaine prévision, les plus vastes espérances. Il y eut à l’occasion de cette naissance, puis du baptême, des fêtes éclatantes, comme après le mariage. Ou revit dans ces occasions tous les actes de courtisanerie, toutes les platitudes habituelles et dont Napoléon était si avide. A l’Hôtel de ville, Bellart et les membres du conseil (qui proclameront la déchéance) votèrent 10.000 francs de rente au page qui vint des Tuileries leur annoncer la grande nouvelle qu’il était né « un roi de Rome. » C’était le budget de la ville de Paris qui soldait les frais de cet enthousiasme officiel. Des sénateurs vinrent haranguer l’enfant, etc. Bientôt le sang allait recommencer à couler par torrents, et l’Empereur, sous le prétexte que son bon allié le tsar organisait ses forces, poussait lui-même ses préparatifs militaires avec sa fiévreuse activité et comme s’il eût voulu entrer en campagne deux mois plus tard. La France et les peuples soumis, les alliés, devaient pourvoir sans murmurer à ces prodigieuses dépenses d’hommes et d’argent. Il levait les conscriptions un an et deux ans à l’avance, et quant aux nombreux réfractaires qui se dérobaient pour échapper à la boucherie, il les faisait poursuivre par des colonnes mobiles qui commettaient tous les excès, accoutumées à toutes les brutalités de la guerre, et qui installaient chez les parents des fugitifs des garnisaires que les familles devaient grassement nourrir et payer jusqu’à soumission des malheureux réfractaires. Il organisait militairement, en outre, une prétendue garde nationale, conscription mal déguisée, qu’il comptait bien incorporer d’une heure à l’autre dans l’armée active. Par suite du blocus, les matières premières étaient rares, nos manufactures combles de produits invendus, la crise commerciale et industrielle en permanence ; les faillites et banqueroutes se multipliaient par milliers et sans relâche (1811). A Lyon, à Rouen, dans la plupart des villes industrielles et dans beaucoup de départements, « les trois quarts des bras au moins restèrent oisifs. » (Thiers.) Le sucre, le café et d’autres produits atteignirent des prix fabuleux, comme nous l’avons revu durant le siège de Paris. Enfin, en 1812, il y eut une disette qui ajouta les souffrances de la faim à tant d’autres. Mais toutes ces souffrances et ces ruines ne troublaient guère le maître dans ses vastes conceptions et dans la poursuite de ses chimères. Il semblait déjà évident pour plusieurs de ceux qui l’approchaient qu’il était frappé d’une sorte de démence. Il avait au moins la folie de la puissance et de l’orgueil. L’année 1811 avait été marquée en Espagne par quelques succès, qui compensaient un peu tant d’échecs précédemment essuyés. Mais Wellington était maître du Portugal et marchait sur Madrid. C’est à cette heure critique que Napoléon se détermina à la plus funeste de ses entreprises. Mécontent du tsar, dont l’alliance ne lui avait pas procuré des avantages à la hauteur de ses prétentions, il résolut de le punir de sa tiédeur dans l’application du blocus (qui ruinait ses peuples) par l’invasion de la Russie. Pendant qu’il leurrait cette puissance par de vaines négociations, il poussait ses préparatifs avec la plus grande activité, groupant les contingents de l’Italie, de la Hollande, de la Saxe, de la Bavière, etc., de manière à se constituerune armée de 600.000 combattants ; il s’assurait le concours forcé de la Prusse et de l’Autriche, et, après avoir tenu à Dresde un de ces congrès de rois où se complaisait son orgueil, il déclare la guerre à la Russie (22 juin 1812) et, le surlendemain, franchît le Niémen à la tête de masses énormes, composées de soldats de toutes les nations. Le voilà engagé dans cette aventure tragique et gigantesque dont rien n’avait pu le détourner, ni les conseils, ni les prières, ni les représentations les plus judicieuses. Il avait dit, dans sa proclamation aux soldats : « La Russie est entraînée par la fatalité : ses destins doivent s’accomplir ! » Combien, à ce moment, ce langage emphatique s’appliquait bien plutôt à lui-même ! Après s’être attardé 17 jours dans Wilna, après les batailles de Smolensk, de Polotzk, de Valontina, qui écartèrent les armées russes plutôt qu’elles ne les dispersèrent, il s’enfonça à travers des régions dévastées, ne rencontrant que des débris de villes incendiées par les Russes, et se dirigeant sur Moscou, où il pensait pouvoir livrer une action décisive. Il rencontra, en effet, l’armée de Barclay et de Koutouzov sur les bords de la Moskova (7 sept.), et remporta sur eux la grande victoire de la Moskowa, due principalement au maréchal Ney. La vue de Moscou remplit l’armée d’enthousiasme, et Napoléon s’établit au Kremlin, attendant des propositions de paix, et affectant de dicter des décrets sur le Théâtre-Français et autres sujets de cette importance. Tout à coup, Moscou brûle, embrasé par le patriotisme des habitants et par les ordres du gouverneur Rostopchine (15-20 septembre)- Napoléon atterré, au lieu de marcher sur Saint-Pétersbourg, attendit, en poursuivant de vaines négociations, que l’hiver précoce de ce dur climat le chassât de ces ruines fumantes, terrible auxiliaire que les Russes attendaient. Il se resigne, enfin à la retraite (18 octobre), harcelé par les Cosaques et divers corps d’armée, à travers les neiges et les déserts, avec des troupes affamées, démoralisées, obligées cependant de combattre à chaque pas, et semant de milliers de cadavres cette route funèbre. Ce fut une marche dont le souvenir épouvantable ne s’effacera jamais. La Bérézina, nom sinistre, engloutit 20.000 cadavres. novembre). Enfin, on évalue à 300.000 le nombre de ceux qui ne repassèrent jamais le Niémen. L’auteur de tant de désastres, quand on fut arrivé dans un pays où l’on pouvait se procurer des moyens de transport (en Lithuanie), abandonna froidement ses débris d’armée (décembre) et accourut à Paris, où la conspiration de Malet avait récemment failli le renverser. De plus, en Espagne, la défaite des Arapiles avait encore une fois chassé Joseph de Madrid, et mis ses affaires dans le plus fâcheux état. Quant au puissant empereur, se jetant à côté, il attribua en plein conseil d’Etat les malheurs de la France à l’esprit philosophique, aux idéologues, qui avaient perverti l’esprit du peuple ! Puis, au lieu de demander la paix, il se hâta de moissonner plusieurs générations, avec l’appui d’un Sénat avili, et se précipita de nouveau en Allemagne, où la Russie, renforcée de la Prusse et de la Suède, qui avait en 1810 Bernadotte comme prince héréditaire, ne voulait plus souffrir l’occupation française. L’Angleterre fournit 7 millions sterling à la nouvelle coalition. L’Autriche reste sourde aux appels de l’époux de Marie-Louise, dominée par l’Allemagne, qui, entraînée par des ligues patriotiques, se levait à la voix de ses meilleurs citoyens contre le tyran du monde, à l’exemple de la courageuse Espagne. Le 2 mai 1813, l’empereur, au prix d’énornes sacrifices, bat les coalisés à Lutzen, réinstalle à Dresde son fidèle allié le roi de Saxe (12 mai), et défait les Russes dans une bataille de quatre jours, à Bautzen (20 mai). Il jugea prudent, toutefois, d’accepter la médiation de l’Autriche, l’armistice de Pleiswitz (3 juin), enfin le résultat du congrès réuni à Prague (5 juillet), le tout pour se donner le temps d’achever ses armements. Quant à la paix, à des conditions pratiques, il n’eu voulait pas, se croyant assuré de vaincre les coalisés et d’imposer définitivement sa domination à l’Europe. Cette paix, que l’Autriche proposait dans sa médiation, lui eût fait perdre des conquêtes que visiblement il ne pouvait plus défendre, mais lui eût laissé encore la Belgique, les provinces rhénanes, la Hollande, le Piémont, la Toscane, l’Etat romain, plus Naples, la Lombardie, la Westphalie, constitués en Etats vassaux. Mais’il préferait perdre la France plutôt que de renoncer à l’autocratie de l’Europe. La nation, exténuée, affamée de paix, eût accepté ces conditions fort modérées et qui n’avaient rien d’humiliant après les désastres de Russie et d’Espagne. Aussi, se gardait-il de laisser deviner le fond de sa pensée, sauf à quelques intimes, comme son esclave Bassano. Toute sa conduite, et cela à toutes les époques, n’était que mensonge et dissimulation. Finalement, la lutte reprit. L’Autriche entra dans la coalition, puis la Bavière, en attendant d’autres défections successives. Menacé par trois armées, Napoléon remporte encore la victoire de Dresde (27 août 1813), pendant que ses lieutenants, grands hommes de guerre, mais dominés par la situation , les Macdonald, les Ney, les Oudinot, échouent en Silésie, en Bohême, etc. Il se vit donc obligé de battre en retraite, en combattant à chaque pas, fit tète pendant deux jours à 300.000 coalisés, avec une étonnante supériorité, dans cette effroyable affaire de Leipzig (18-19 octobre), qu’on a nommée la bataille des nations. Ecrasé, il subit encore un échec au passage de l’Elster, mais soutient sa retraite jusqu’au Rhin, perce les Bavarois à Hanau (30 octobre), à Hocheim (2 novembre), et rentre en France avec un lambeau d’armée. Les souvenirs de la grande Révolution rendent les coalisés prudents, ils proposent la paix sur la base des frontières naturelles ; mais cet homme implacable refuse. Alors la débâcle commence et la France est envahie de toutes parts, pendant que Joseph est définitivement rejeté d’Espagne. L’œuvre de la Révolution était détruite, les frontières débordées, Soult luttait énergiquement dans le Midi, puis devant Toulouse. Murat s’était rallié à l’Autriche, dans l’espérance de garder son royaume. Le Corps législatif, en présence de ces catastrophes, ouvrage du despotisme et de la déraison d’un seul homme, manifeste quelques velléités d’indépendance, que l’Empereur réprime avec sa violence habituelle. Puis il réclame des hommes au Sénat, qui n’avait pas d’autre volonté que la sienne, et, le 24 janvier 1814, il quitte Paris après avoir fastueusement confié son fils et sa femme à la garde nationale (a laquelle il s’était gardé de donner des fusils), et il engage cette célèbre campagne de France, qui n’était que la lutte contre une fatalité inévitable. On sait qu’après la bataille d’Arcis-sur-Aube (20 mars) et la rupture du traité de Chatillon, Napoléon se jeta à Fontainebleau, décidé à lutter encore. Mais la prise de Paris, la défection de Marmont, le découragement de ses maréchaux et de ses instruments les plus serviles comme les plus dévoués, anéantirent ses dernières et vaines espérances. Son Sénat, si avili et si dégradé devant ses moindres caprices, proclame sa déchéance ; l’abdication pure et simple lui est imposée en échange de la souveraineté dérisoire de l’île d’Elbe, et le 20 avril, après avoir fait à ses derniers compagnons de guerre des adieux célèbres et touchants il quitta Fontainebleau et se dirigea, déguisé, vers le Midi pour gagner son lieu d’exil, poursuivi par les malédictions des populations. On sait qu’après moins d’un an de cet exil, jugeant déjà les Bourbons finis, il s’enfuit de l’île d’Elbe, débarque au golfe Juan, le 1er mars 1815, enlève successivement toutes les troupes qu on envoie contre lui et rentre victorieux aux Tuileries le 20 mars. La renaissance de l’esprit libéral lui indiquait sa voie ; il se donne effrontément comme le représentant de la Révolution contre l’ancien régime et les Bourbons. Mais, quoique s’accommodant aux circonstances, il n’avait rien perdu de son orgueil et de son ambition. Ce retour ouvre la période des Cent-Jours. Il arriva nécessairement que la coalition se reforma contre lui et qu’il voulut lutter contre elle avec des ressources insuffisantes. Traité par l’Europe en ennemi public, en tyran des nations, il se prépara de nouveau à la guerre, sa seule préoccupation, sa seule ressource, ayant, disait-il, besoin d’une victoire pour fasciner l’opinion et ressaisir la dictature. Il partit de Paris le 12 juin pour la Belgique et alla livrer cette tragique bataille de Waterloo, qui fut le terme de sa destinée et de ses boucheries, et qui fut perdue par les fautes qu’il commit, malgré la légende et malgré son habitude constante de s’attribuer tous les succès et de rejeter tous les revers sur ses lieutenants. Le 21 juin, il arriva à Paris, avec la prétention de lever de nouvellles troupes et d’exercer la dictature, pour sauver le pays, quand il n’était que trop avéré que lui seul était la cause de tous ses malheurs. La Chambre des représentants, les fonctionnaires s’élevèrent avec vigueur contre lui. Il voulut parler en maître, comme au temps de sa puissance ; mais ceux mêmes qui avaient si longtemps tremblé devant lui exigent son abdication définitive, qu’il est obligé de signer vingt-quatre heures après son arrivée à Paris (22 juin), en stipulant fort inutilement l’élévation de son fils au trône. Malheureusement, l’invasion qu’il avait une fois de plus attirée sur la France était désormais irrésistible, d’autant plus qu’elle avait des complices parmi ses créatures et ses hauts dignitaires. Malgré son patriotisme et ses efforts, la Chambre des représentants, si injustement décriée par les écrivains bonapartistes, ne put en conjurer les effets, et les Bourbons revinrent encore une fois s’imposer au pays accablé, sous la protection des hordes de l’ennemi. Napoléon, ayant perdu l’espoir de recouvrer la puissance sous un titre quelconque, se résigna à quitter la Malmaison le 29 juin et se dirigea sur Rochefort, avec l’intention de s’embarquer pour les Etats-Unis, ne croyant pas encore son rôle terminé. Mais il était surveillé, et, voyant l’inutilité de tous ses projets de départ clandestin, il se décida à se retirer sur le navire anglais le Bellérophon, en réclamant, en style de tragédie, d’aller, « comme Thémistocle, s’asseoir au foyer du peuple britannique. » Son sort était fixé par les puissances. Lui-même avait si cruellement et toujours abusé de la force, de la victoire et du mensonge, qu’il n’avait aucun droit de se plaindre de subir le sort des vaincus. Transporté aux confins de l’Océan, à l’île de Sainte-Hélène, il s’y consuma six années dans les regrets de la puissance perdue, dans les amertumes de l’orgueil vaincu. Il mourut le 5 mai 1821. Tout ce que la légende bonapartiste a rapporté des prétendues persécutions du gouverneur Hudson Lowe, officier fort honorable, est fort exagéré. Le 15 décembre 1840, ses restes, rapportés en France, furent déposés en grande pompe aux Invalides par le gouvernement de Louis-Philippe, qui comptait exploiter sans danger cette popularité si aveuglément ressuscitée par les libéraux, et qui devait contribuer à l’établissement d’ une nouvelle tyrannie napoléonienne, qui n’a pas été moins funeste à la France que la première.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse

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janvier 17, 2008

SIR HUDSON LOWE (1769-1844), GOUVERNEUR DE SAINTE-HELENE

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Sir Hudson Lowe (1769-1844), gouverneur de l’ïle de Sainte-Hélène

J’ai vu des tartares, des cosaques, des kalmouks, mais je n’ai jamais vu une figure aussi sinistre et aussi repoussante.

Si un tel homme reste un instant seul près d’une tasse de café, c’est à ne pas la boire ! Il a le crime gravé sur le visage.

(Napoléon Bonaparte)

Lowe (Hudson). Lieutenant général anglais, gouverneur de Sainte-Hélène, né à Galway (Irlande) le 28 juillet 1769, mort à Londres, le 10 janvier 1844. Son, père était chirurgien-major du 50e régiment de ligne. En 1787, à dix-huit ans, Hudson Lowe obtint une commission d’enseigne dans ce régiment. Lowe prit part en Italie, en Egypte, en Allemagne et partout aux guerres que son pays a soutenues contre nous. En 1793, Lowe, alors lieutenant, fut envoyé en Corse avec son régiment, pour aller tenir garnison à Ajaccio. Il suivit peu après son régiment à Porto-Ferrajo, dans l’île d’Elbe. En 1795, il fut promu au grade de capitaine. De l’île d’Elbe, le 5oe se rendit à Lisbonne, et resta près de deux ans en garnison au Portugal, au fort Saint-Julien. De là, il se rendit à Minorque, où commandait alors le général Fox. Un grand nombre d’émigrés corses étaient arrivés dans cette île, où ils furent organisés en un petit corps qu’Hudson Lowe fut chargé d’instruire et qu’il conduisit ensuite en Egypte avec le grade de major. Hudson Lowe resta presque constamment à la tête du Royal-Corse, qu il avait puissamment organisé, et qui, plus d’une fois, sous son commandement, donna des preuves d’une grande valeur. Mais attaqué avec ses Corses, dans l’île de Capri, par les Français sous les ordres du général Lamarque, il fut forcé de capituler (1808). Il fut plus heureux dans les îles Ioniennes, où il devint chef du gouvernement provisoire, et s’empara de l’île Sainte-Maure, détenue par les Français. En 1815, on lui confia le commandement des troupes anglaises qui étaient réunies à Gènes. Ces troupes devaient agir dans le midi de la France de concert avec l’armée austro-sarde et l’escadre de l’amiral lord Exmouth ; et c’est à Marseille que Lowe apprit la victoire de Waterloo, la chute profonde de Napoléon, puis, plus tard (août 1816), sa propre nomination aux fonctions de gouverneur de Sainte-Hélène, qui devait servir de lieu d’exil au vaincu. Avant son départ de Marseille, la municipalité de cette ville lui offrit une urne d’argent, en considération de sa nomination à un poste d’honneur qui devait assurer, disait la délibération, le repos de l’Europe par le vigilant maintien en captivité de celui qui l’avait si souvent troublé. Les écrivains bonapartistes ont créé, sur les rapports d’Hudson Lowe et de Napoléon, une véritable légende, qui a fait du gouverneur de Sainte-Hélène un atroce geôlier et de son prisonnier une sorte de martyr. Nous-même, lorsque nous avons eu dans ce dictionnaire l’occasion de parler des dernières années de Napoléon, nous nous sommes laissé quelquefois entraîner par le courant d’une opinion qui nous séduisait par son apparence de patriotisme ; mais de nouveaux documents que nous avons pu étudier nous ont détrompé. La vérité est que les exigences tyranniques du vaincu rendirent presque impossible au malheureux gouverneur la conciliation des devoirs d’humanité avec les obligations de sa charge et les instructions qu’il avait reçues. La petite colonie de Longwood était en conspiration permanente pour préparer l’évasion du prisonnier ; toutes les mesures prises par Lowe pour empêcher ce malheur public étaient naturellement taxées d’atroce tyrannie. Le dissentiment éclata d’ailleurs pour une cause des plus futiles, et qui montre bien jusqu’où l’ex-empereur poussait sa susceptibilité orgueilleuse. Le gouvernement anglais avait ordonné dé ne l’appeler que le général Bonaparte ; il considéra cela comme une insulte.  « II s’obstina, dit Lamartine, avec une affectation que ses flatteurs trouvent héroïque, que l’histoire jugera puérile, parce qu’elle est un contre-sens à sa fortune, à exiger les titres d’Empereur et de Majesté, que l’Angleterre, qui n’avait jamais reconnu l’usurpateur, ne devait pas lui attribuer. Il en appela à la terre et au ciel de cette offense de l’étiquette. Il dicta des notes sur cette vétille, comme il en aurait dicté sur la conquête ou sur la perte de l’Europe. » Pendant toute la durée de sa captivité à Sainte-Hélène, cette persistance à lui refuser ce titre fut un sujet perpétuel d’irritation et de discussion ; et, comme il le dit lui-même, la moitié des dégoûts qu’il éprouva lui vint de cette source. Au fond, une pensée hypocrite inspirait toutes ces récriminations : Napoléon espérait encore s’attirer en Europe une sympathie assez puissante pour l’arracher à cette prison trop étroite. « Sir Hudson Lowe, dit encore Lamartine, sir Hudson Lowe, que les séides de Napoléon et Napoléon lui-même poursuivaient d’inculpations gratuites et passionnées, telles que les hallucinations de la captivité peuvent en inspirer, traité par eux de sbire et d’assassin, n’avait ni crime dans la pensée contre son captif, ni offense dans le cœur contre l’infortune. Seulement, écrasé sous le poids de la responsabilité qui pesait sur lui dans le cas où il laisserait s’évader l’agitateur que l’Europe lui avait donné en garde, étroit d’idées, ombrageux de formes, maladroit de moyens, odieux par ses fonctions à ses hôtes, il fatigua Napoléon de restrictions, de surveillances, de consignes. Il donna trop au devoir du gouverneur de l’Ile et du gardien d’un otage européen l’apparence et la rudesse d’un geôlier. Toutefois, on put lui reprocher des inconvenances, non des sévices. En lisant attentivement les correspondances et les notes échangées à tout prétexte entre les familiers de Napoléon et Hudson Lowe, on est confondu des outrages, des provocations, des invectives, dont le captif et ses amis insultent à tout proposée gouverneur. Napoléon, dans ce moment, cherchait à émouvoir, par des cris de douleur, la pitié du Parlement anglais et à fournir un grief aux orateurs de l’opposition contre le ministère, afin d’obtenir son rapprochement de l’Europe. Le départ de provoquer des outrages par des outrages et de présenter ensuite ces outrages comme des crimes à l’indignation du continent, et de faire de sir Hudson Lowe le Pilate de ce calvaire napoléonien a transpiré dans toutes ses notes. » Lamartine a dit là le vrai mot : le grand comédien jouait la comédie à Sainte-Hélène comme partout ; son fidèle Las Cases en a laissé échapper l’aveu. « L’Empereur convenait, dit Las Cases, dans le Mémorial, avoir fort maltraité et souvent sir Hudson Lowe, et il lui rendit la justice d’avouer qu’il ne lui avait jamais précisément manqué. » II a dit ailleurs, découvrant, mieux encore l’objet de ces scènes de comédie : « II ne nous restait que des armes morales pour en faire l’usage le plus avantageux, il fallait réduire en système notre attitude, nos paroles, nos sentiments, nos privations même, afin qu’une nombreuse population en Europe prît intérêt à nous. « Montholon, ami d’un officier anglais qui faillit être désigné pour résider à Longwood auprès de Napoléon, lui dit dans un moment d’expansion : « Mon cher ami, vous l’avez échappé belle car, si vous fussiez venu ici comme officier d’ordonnance, nous vous aurions certainement perdu de réputation. Que voulez-vous ? cela fait partie de notre système. « Moutholon disait au même officier dans une autre occasion : « Mon cher ami, un ange du ciel n’aurait pu nous plaire. » Or Hudson Lowe n’était pas un ange : c’était simplement un soldat rigide pour la discipline, parfaitement convaincu de la gravité des fonctions qu’on lui avait confiées et aussi incapable d’une offense gratuite envers son prisonnier que d’une négligence dans le service important que lui imposaient ses fonctions. L’Europe ne voulait pas un second retour de l’île d’Elbe, ni Hudson Lowe non plus ; voilà son véritable crime.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Sir Hudson Lowe sur Wikipedia

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décembre 2, 2007

EMMANUEL DE LAS CASES (1766-1842), COMTE D’EMPIRE

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Emmanuel de Las Cases (1766-1842), comte d’Empire

Votre conduite à Sainte-Hélène a été, comme votre vie, honorable et sans reproche ; j’aime vous le dire.

(Napoléon Bonaparte)

Las Cases (Marie-Joseph-Emmanuel-Auguste-Dieudonné, comte de). Lieutenant de vaisseau, chambellan, maître des requêtes et législateur, né à Belleserre (Haute-Garonne), le 21 juin 1766, de « François-Hyacinthe marquis de Las Cases, chevalier seigneur justicier dans les consulats de Puy-Laurens, Revel et Palleville, seigneur suzerain et dominant de la Mothe, Dourmes, etc., et de Jeanne Naves de Ranchin », mort à Passy (Seine) le 14 mai 1842 ; entra tout jeune dans la marine et parvint au grade de lieutenant de vaisseau. Il émigra dès le début de la Révolution et alla rejoindre l’armée de Condé, remplit pour les royalistes diverses missions délicates et fit partie de l’expédition de Quiberon, puis après ce désastre royaliste, se réfugia à Londres où il donna des leçons pour vivre. Rentré après le 18 brumaire, il ne put d’abord obtenir aucun emploi, s’engagea en 1809, comme volontaire, sous les ordres de Bernadotte, fut remarqué par l’Empereur qui le fit baron, puis le créa comte de l’Empire le 16 décembre 1810, et fut nommé successivement maître des requêtes et chambellan, chef de bataillon dans la 10e légion de la garde nationale en 1813 ; il refusa, en qualité de conseiller d’Etat, d’adhérer à la déchéance de l’Empereur, s’exila volontairement en Angleterre sous la première Restauration, ne reparut à Paris que pendant les Cent-Jours et l’Empereur l’attacha de plus en plus à sa personne. Las Cases le suivit à La Malmaison, à Rochefort, puis enfin à Sainte-Hélène où il tint pendant dix-huit mois, un journal écrit au jour le jour sous le titre très connu de Mémorial de Sainte-Hélène. M. de Las Cases ne resta auprès de Napoléon que jusqu’au 27 novembre 1816. A cette dernière date le gouverneur de l’île, Hudson Lowe, qui n’était pas tendre, comme on le sait, fut très irrité d’une lettre écrite par Las Cases à Lucien Bonaparte ; cette lettre énumérait les mauvais traitements infligés à l’Empereur, et donna l’ordre de faire transférer Las Cases au Cap de Bonne-Espérance, où il resta huit mois prisonnier. Ramené en Europe, il put résider en Belgique, et ce ne fut qu’après la mort de Napoléon qu’il put rentrer en France et commencer la publication de son Mémorial. Très hostile aux Bourbons, après s’être battu pour eux à Quiberon, Las Cases applaudit à la Révolution de 1830, et, le 5 juillet 1831, il fut élu député par l’arrondissement de Saint-Denis, prit place sur les bancs de l’opposition et ne cessa de manifester ses sentiments bonapartistes très accentués ; réélu aux élections de 1839, il se montra très opposé à la politique intérieure et extérieure du gouvernement de Louis-Philippe. Il était chevalier de la Légion d’honneur. On a de lui : Mémorial de Sainte-Hélène, ou journal où se trouve consigné, jour par jour, ce qu’a dit et fait Napoléon (8 volumes).

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Emmanuel de Las Cases sur Wikipedia

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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL DE MONTHOLON (1783-1853), COMTE D’EMPIRE

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Général de Montholon (1783-1853), comte d’Empire

Je lègue au comte de Montholon deux millions de francs comme preuve de ma satisfaction des soins filiaux qu’il m’a rendus depuis six ans, et pour l’indemniser des pertes que son séjour à Sainte-Hélène lui a occasionnées.

(Napoléon Bonaparte)

Montholon (Charles-Tristan, comte de). Officier général, ministre plénipotentiaire et représentant à l’Assemblée législative, le 13 mai 1849, élu par le département de la Charente-Inférieure, né à Paris le 21 juillet 1783, mourut dans cette ville le 20 août 1853 ; fils de « Mathieu de Montholon, chevalier, colonel des dragons de Penthièvre, et de Angélique-Aimée de Rostaing ». D’une ancienne famille de magistrats, était élève de marine à bord de la Junon, lors de l’expédition de l’amiral Truguet contre la Sardaigne et c’est en cette qualité qu’il y prit part. Il prit du service dans la cavalerie en 1797, il y parvint rapidement au grade de chef d’escadron, et, au 18 brumaire, remarqué par Bonaparte, comme dévoué à ses intérêts, il l’attacha à sa personne. La brillante conduite qu’il déploya en Italie, à Austerlitz, à Iéna, à Friedland, et à Wagram, lui valurent, après cette dernière bataille, les titres de comte et chambellan de l’Empereur ; Napoléon lui confia plusieurs missions diplomatiques et délicates, il s’en tira avec sagacité, notamment en 1811, dans celle qu’il fit comme ministre plénipotentiaire près de l’archiduc Ferdinand à Wurtzbourg. En 1814, à la suite d’un brillant rapport sur l’état de l’Allemagne, il fut promu général de brigade et nommé commandant du département de la Loire. Aide de camp de Napoléon pendant les Cent-Jours, il fut autorisé à l’accompagner dans son exil à Sainte-Hélène, il resta près de lui jusqu’à sa mort, fut un de ses exécuteurs testamentaires. A son retour en France, il publia, avec le général Gourgaud, Mémoires pour servir à l’ Histoire de France, sous Napoléon, écrits à Sainte-Hélène sous sa dictée (1823-1825, 8 vol.). Par testament, Napoléon lui avait laissé deux millions, qu’il employa à des spéculations trop hasardées ; en 1828, menacé de la prison pour dettes, il alla se réfugier en Belgique ; il y vécut retiré jusqu’à la Révoluton de 1830, en sollicitant sa réintrégration dans son grade ; il y parvint cependant, bien que difficilement ; serviteur de la dynastie napoléonienne, en 1840, son nom ayant été relevé au bas de la proclamation lancée par Louis-Napoléon Bonaparte, lors de la decente à Boulogne, il partagea la captivité de son prince dans le fort de Ham et n’en sortit qu’après son évasion. Pendant son séjour à l’Assemblée législative, il se contenta de voter silencieusement avec la droite, le 17 mai 1850, il fut mis à la retraite comme général de brigade ; après le coup d’Etat de 1851, il fut réintégré dans son grade par une lettre du 26 avril 1852 ; il s’en plaignit aigrement au Prince-Président, en lui faisant observer qu’à Sainte-Hélène, son oncle lui avait conféré les trois étoiles ; il mourut l’année suivante.

(Extrait du dctionnaire sur la révolution et l’Empire dur Dr Robinet)

Lien : Général Montholon sur Wikipedia

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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL GOURGAUD (1783-1852), BARON D’EMPIRE

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Général Gaspard Gourgaud (1783-1852), Baron de l’Empire

J’ai été très satisfait de votre conduite et de vos services. Vous soutiendrez la bonne opinion que j’ai conçue de vous en servant le nouveau souverain de la France avec la même fidélité et le même dévouement que vous m’avez montrés.

(Napoléon Bonaparte)

Gourgaud (Gaspard, baron). Officier général et législateur, né à Versailles, le 14 novembre 1783, « fils d’Etienne-Marie Gourgaud, musicien ordinaire de la chapelle du roi, et d’Hélène Gérard », mort à Paris le 25 juillet 1852 ; entra à l’école polytechnique à l’âge de 16 ans, et en sortit officier d’artillerie, fit la campagne du Hanovre comme lieutenant en second, fut nommé aide de camp du général Foucher au camp de Boulogne, fit la campagne d’Allemagne, puis fut blessé à Austerlitz et nommé capitaine après l’affaire d’Ostrolenka, partit pour l’Espagne, assista au siège de Saragosse, repartit en Allemagne pour la campagne de 1809, se battit à Eckmühl, à Essling et à Wagram, devint officier d’ordonnance de l’Empereur, l’accompagna dans la campagne de Russie et fut blessé à Smolensk, et, entré le premier au Kremlin, y découvrit une mine de 400.000 livres de poudre qui devait faire sauter la citadelle, fut de chef créé baron de l’Empire ; il fit encore toute la campagne de Saxe, et sauva la vie de l’Empereur, en 1814 à Brienne, en tuant un cosaque dont la lance allait le frapper, fut blessé à Montmirail, puis promu colonel à la bataille de Montereau, battit les Russes près de Laon et reprit Reims. Pendant les Cent-Jours, il fut nommé général de brigade, et ne quitta pas l’Empereur après Waterloo, le suivit à Rochefort. Ce fut lui que l’Empereur chargea d’aller porter sa lettre au prince-régent d’Angleterre. Il fut choisi par Napoléon pour l’accompagner à Sainte-Hélène, mais il quitta l’île en 1818, on ne sait au juste si c’est pour raison de santé ou de mésintelligence. Le territoire français lui étant absolument interdit, il dut prendre sa résidence en Angleterre ; il profita de ce séjour pour rédiger une protestation contre les rigueurs de la captivité de l’Empereur, puis publia une brochure, qui fit grand bruit, sur la bataille de Waterloo. Le duc de Wellington, qui se sentit visé directement, demanda contre Gourgaud l’application de « l’alien-bill » ; ses papiers furent saisis et il fut transport à Cuxhaven, à l’embouchure de l’Elbe. Il ne fut autorisé à rentrer en France qu’en 1821, et, à la mort de Napoléon, adressa une pétition à la Chambre des députés leur demandant leur intervention pour réclamer les restes de l’Empereur, mais ce fut en pure perte. En 1823, il publia en collaboration du comte de Montholon, les Mémoires de Napoléon. Après la Révolution de 1830, le général Gourgaud reprit un service actif comme commandant de l’artillerie à Paris et comme maréchal de camp, devint aide de camp de Louis-Philippe et fut promu lieutenant-général en 1835, puis désigné comme membre de la commission chargée d’aller chercher à Sainte-Hélène les cendres de l’Empereur, enfin nommé pair de France le 25 décembre 1841. Il fut mis à la retraite en 1848. Le 13 mai 1849, il fut élu représentant des Deux-Sèvres à la Législative, y siégea pami les conservateurs, puis mourut six mois après le coup d’état du 2 décembre 1851.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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octobre 29, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL BERTRAND (1773-1844), COMTE D’EMPIRE

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J’ai dit que le général Bertrand était l’homme de la vertu, je n’ai rien dit de trop ; sa réputation est faite.

(Napoléon Bonaparte)

Bertrand (Henri-Gatien, comte), officier général et législateur, né à Chateauroux (Indre), le 28 mars 1773, de « Henri Bertrand, maître particulier des eaux et forêts au bailliage de Châteauroux et de Marie-Antoinette Boucher », mort le 31 janvier 1844 ; entra dans l’armée sous la Révolution, débuta comme élève sous-lieutenant à l’école du génie (septembre 1793) et en sortit lieutenant (brumaire an III) ; partit en Egypte comme capitaine, fut fait chef de brigade (prairial an VIII) promu général de brigade le 19 fructidor de la même année, devint membre de la Légion d’honneur (frimaire an XII) et officier du même ordre, le 25 prairial suivant, prit part à la bataille d’Austerlitz, à celle de Friedland et prépara le passage du Danube, qui précéda la bataille de Wagram. Le 9 avril 1811, Bertrand fut nomé gouverneur géénral des Provinces illyriennes. En 1813, il se trouva à Leipzig, puis fut nommé grand-maréchal du Palais en remplacement de Duroc qui venait d’être tué quelques mois plus tôt. Il revint ensuite à Paris, fut nommé, le 16 janvier 1814 aide-major général de la garde nationale et de l’armée de Paris ; de retour de l’île d’Elbe avec l’Empereur, celui-ci le nomma pair de France. A l’avènement des Bourbons, Bertrand, fidèle quand même à Napoléon définitivement tombé, poussa le dévouement jusqu’à l’accompagner à Sainte-Hélène, et ne voulut pas le quitter. Le 7 mars 1816, il avait été condamné à mort par contumace. Après la mort de l’Empereur en 1821, il revint en France, et, par une ordonnance de Louis XVIII, fut réintégré dans tous ses grades, et se retira dans ses domaines de l’Indre. Après la Révolution de 1830, Bertrand fut élu député de l’opposition par l’arrondissement de Châteauroux. Il siégea au centre-gauche et vota pour la liberté de la presse. N’ayant pas été réélu en 1834, il renonça à la vie politique et mourut en 1844.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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