juillet 11, 2008

AUSTERLITZ – 2 DECEMBRE 1805

Posted in Campagne d'Allemagne (1805), Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , à 4:17 par napoleonbonaparte

Soldats ! vous avez conquis la paix ; vous allez revoir la France ! Donnez mon nom à vos enfants, je vous le permets ; et si parmi eux il s’en trouve un digne de vous, je lui lègue mes biens et le nomme mon successeur.

(Napoléon Bonaparte)

BATAILLE D’AUSTERLITZ. Austerlitz, petite ville des Etats autrichiens, dans la Moravie, à jamais célèbre par l’immortelle victoire que Napoléon y remporta sur les Austro-Russes le 2 décembre 1805. Cette victoire marque l’apogée de notre puissance militaire, et elle rappelle de si glorieux souvenirs, que nous ne craindrons pas d’entrer ici dans des détails plus circonstanciés. Napoléon était au camp de Boulogne, s’apprêtant à fondre sur l’Angleterre, lorsque les armements de l’Autriche et de la Russie, soudoyées par le cabinet anglais, le rappelèrent au cœur du continent. Il s’y porta avec une rapidité foudroyante, dont les marches de César lui-même n’offrent peut-être pas d’exemple ; en vingt jours, son armée arriva de l’Océan sur le Rhin. Puisant dans les inspirations de sa colère et de son génie le plan d’une des plus admirables campagnes dont puissent s’enorgueillir les fastes militaires d’une nation, il enveloppa le général Mack dans Ulm, avant même que celui-ci eût soupçonné l’approche des Français, le força de se rendre, fit, sans combattre, 60.000 prisonniers à une armée de 80.000 hommes, autour de laquelle ses hardies et savantes combinaisons avaient étendu un cercle de fer infranchissable ; occupa Vienne, que n’avait jamais humiliée la présence d’un vainqueur, et se porta si audacieusement à la rencontre des empereurs d’Autriche et de Russie. L’armée russe, qui taxait de lâcheté l’armée autrichienne, si souvent vaincue en Italie, brûlait d’en venir aux mains avec les soldats de Napoléon ; la jeune noblesse qui entourait Alexandre se faisait surtout remarquer par son ardeur présomptueuse. En voyant que Napoléon n avançait plus, car déjà l’aigle avait choisi son champ de bataille, elle répétait avec une incroyable assurance qu’il hésitait, qu’il était intimidé, qu’il n’osait pas s’avancer jusqu’à Olmütz à la rencontre de l’armée russe. Vainement le vieux Koutousov, craignant de heurter des sentiments qu’il savait partagés par l’empereur, son maître, se hasardait néanmoins à dire timidement qu’il ne devait pas en être tout à fait ainsi ; vainement le prince Czartorysld, conseiller d’Alexandre, affirmait que si Napoléon n’avançait pas, ce n’était pas qu’il eût peur : que des militaires sans expérience pouvaient seuls prétendre qu’un tel homme avait peur. Ces conseils de la sagesse furent méprisés, et l’entourage d’Alexandre persista à courir au devant du désastre qui allait bientôt châtier sa folle témérité. L’armée austro-russe marcha donc d’Olmûtz sur Brunn, position que Napoléon étudiait avec soin depuis plusieurs jours, et s’établit en avant du château d’Austerlitz, qui appartenait à la famille de Kaunitz. Le prince Dolgorouski, aide de camp de l’empereur de Russie, et l’un des plus ardents déclamateurs de son état-major, vint, de la part de son maître, oifrir à Napoléon des conditions de paix insultantes. Il le trouva dans un moment où, achevant la visite de ses avant-postes, le grand capitaine n’avait dans Son costume et son entourage rien d’imposant pour un esprit vulgaire. L’Empereur contint son indignation, croyant de sa dignité de ne point la laisser éclater en présence d’un tel négociateur ; mais il le congédia sèchement, en lui disant qu’on viderait ailleurs que dans des conférences diplomatiques les différends qui divisaient les deux empires. Il concentra aussitôt toutes ses forces entre Brunn et Austerlitz, appuyé d’un côté aux collines boisées de la Moravie, de l’autre aux étangs de Satschan et de Menitz, dont il se proposait de tirer un redoutable parti. Il avait à sa disposition 65 ou 70.000 hommes, qui allaient lutter contre Russes et Autrichiens. A sa gauche, il plaça Lannes, renforcé de la cavalerie de Murat ; au centre, il rangea les divisions Vandamme et Saint-Hilaire, appartenant au corps du maréchal Soult, et, un peu plus loin, derrière un marécage, la 3e division du même corps, commandée par le général Legrand, puis enfin fort en arrière, la division Friant. Sur dix divisions d’infanterie, Napoléon n’en mit que six en ligne, gardant sous sa main une puissante réserve de 25.000 hommes pour la porter partout où le besoin s’en ferait sentir. Ces dispositions prises, il poussa la confiance jusqu’à les annoncer à son armée, dans une proclamation toute pleine de la grandeur des événements qui se préparaient, et où se trouvaient ces mots restés célèbres : « II faut finir cette campagne par un coup de tonnerre. »  On était au soir du 1er décembre, veille de l’anniversaire du couronnement. La nuit était froide et sombre. Napoléon voulut visiter ses soldats, ei juger par lui-même de leur  disposition morale. Les premiers qui l’aperçurent ramassèrent la paille de leur bivouac et en formèrent des torches enflammées qu’ils placèrent au bout de leurs fusils pour éclairer ses pas. L’armée entière s’empressa d’imiter cet exemple ; les soldats suivaient Napoléon aux cris de Vive l’empereur ! lui promettant de se montrer le lendemain dignes de lui et d’eux-mêmes. Un vieux grenadier osa même s’approcher et lui dire, avec une familiarité digne des temps homériques : « Tu n’auras pas besoin de t’exposer ; demain nous t’amènerons les drapeaux et les canons des Russes. » Ces feux, ces acclamations avaient été facilement distingués des hauteurs qu’occupait l’armée ennemie, et y avaient produit, chez un petit nombre d’officiers sages, une douloureuse impression; ils se demandaient si c’était là le signe d’une armée abattue et en retraite. Le lendemain, à quatre heures du matin, Napoléon quittait sa tente ; ses maréchaux, entourés de leurs aides de camp, étaient à cheval à côté de lui, attendant l’ordre de commencer le combat. Un brouillard d’hiver couvrait au loin la campagne ; mais enfin, le soleil parut et inonda de clarté ce vaste champ de bataille. C’était le soleil d’Austerlitz, soleil dont le souvenir fait toujours vibrer les cœurs français, et qui ne sera sans doute jamais oublié des générations futures. Napoléon donne le signal de l’attaque, et les maréchaux partent au galop pour aller se mettre à la tête de leurs corps respectifs. Un combat acharné s’engage vers notre droite, tandis que le maréchal Soult, au centre, s’empare du plateau de Pratzen, que les Austro-Russes n’ont occupé que faiblement, et dans la possession duquel un coup d’œil d’aigle a vu le sort de la bataille. On dit que le prince Czartorysld, placé entre les deux empereurs, fit remarquer à Alexandre la marche leste et décidée des Français qui gravissaient le plateau, sans répondre au feu des Russes, et que ce prince, ému à cette vue, en conçut un pressentiment sinistre qui ne l’abandonna pas de toute la journée. En moins d’une heure, les deux divisions du corps du maréchal  Soult s’étaient rendues maîtresses du plateau poursuivaient les Russes et les Autrichiens fuyant pêle-mêle dans la direction d’Austerlitz, et Koutousov, blessé d’une balle à la joue, voyait se réaliser le désastre qu’il avait prévu, mais qu’il n’avait pas eu la fermeté d’empêcher. Partout les positions sont emportées et les ennemis jetés hors de leurs lignes. Toutefois, ce n’est pas sans quelques pertes regrettables de notre côté. Dans une lutte meurtrière avec l’artillerie russe, le général Valhubert a une cuisse fracassée par un boulet. Quelques soldats veulent l’emporter : « Restez à votre poste, leur dit-il ; je saurai bien mourir tout seul. Il ne faut pas, pour un homme, en perdre six. » A une heure de l’après-midi, la victoire ne présentait plus de doute sur la gauche. Napoléon tourna alors à droite avec le corps du maréchal Soult, la garde et les grenadiers d’Oudinot, voulant recueillir par lui-même le prix de ses profondes combinaisons. Il vint assaillir les Russes par derrière, et jeta parmi eux une affreuse confusion. Surpris et désespérés, tous ensemble se précipitent vers les étangs glacés et tâchent de s’y  frayer un chemin. La glace ne peut résister au poids des hommes, des chevaux, des canons ; sur plusieurs points elle fléchit sous les Russes, qui s’y engouffrent, tandis que Napoléon, apercevant le désastre qu’il avait si bien préparé en laissant libres les abords des étangs pour y attirer l’ennemi, fait tirer à boulet sur la glace, qui se brise alors de toutes parts, engloutissant les malheureux qui s’y étaient réfugiés. Plusieurs milliers d’hommes trouvèrent ainsi la mort. La victoire pour nous était complète ; les débris de l’armée russe, en proie à un désordre affreux, se précipitaient dans toutes les directions, poussant des cris sauvages et pillant les villages épars sur la route, pour se procurer quelques vivres. Les deux souverains de Russie et d’Autriche fuyaient ce champ de bataille, sur lequel ils entendaient les Français crier Vive l’empereur ! Ils couraient rapidement à travers les champs de la Moravie, au milieu d’une obscurité profonde, et exposés  à être insultés par la barbarie de leurs propres soldats. L’empereur d’Autriche se hâta d envoyer le prince Jean de Liechtenstein à Napoléon, pour solliciter un armistice et lui exprimer le désir d’avoir avec lui une   entrevue aux avant-postes. Telle fut cette célèbre victoire d’Austerlitz, juste prix, pour Napoléon, des plus savantes et des plus habiles combinaisons. La majeure partie de ses troupes, gardée en réserve, n’avait presque pas eu besoin d’agir, tant les calculs de son génie avaient su rendre sa position redoutable. Sur 65.000 Français, 40 ou 45.000 au plus avaient pris part à la lutte, et avaient vaincu 90.000 Austro-Russes. Napoléon adressa à son armée une proclamation qui se terminait ainsi : « Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France : là vous serez l’objet de mes plus tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra, avec joie, et il vous suffira de dire : J’étais à la bataille d’Austerlitz, pour’que l’on vous réponde : Voilà un brave. » Ces mots, où l’on sent un souffle homérique, sont devenus populaires dans toutes les langues ; mais ils appartiennent à ces souvenirs auxquels il ne faut pas toucher, sous peine de tomber du sublime dans le grotesque. Nos lecteurs verront sans doute, sans qu’il soit besoin d’appuyer davantage, que ces lignes, sont une allusion à ce bulletin fameux qui visait à immortaliser un fait d’armes où les vainqueurs étaient au moins dix contre un. Les résultats de la journée d’Austerlîtz furent immenses : 15.000 morts, noyés ou blessés, environ 20.000 prisonniers, parmi lesquels 10 colonels et 8 généraux, 180 bouches à feu, une immense quantité de chevaux, de voitures d’artillerie et de bagage, telles étaient les pertes de l’ennemi et les trophées des Français. Ceux-ci avaient à regretter environ 7.000 hommes, tant tués que blessés. Le lendemain, Napoléon porta son quartier général au château d’Austerlitz, et voulut donner ce nom à la bataille, que les soldats appelaient déjà la Bataille des Trois Empereurs. Elle a porté depuis, et elle portera dans les siècles futurs, la nom qu’elle a reçu du capitaine immortel qui l’a gagnée : lui seul avait le droit de baptiser un aussi glorieux enfant. Parmi toutes les victoires du grand homme, il n’en est pas une qui entoure sa mémoire d’un prestige plus glorieux, plus légendaire ; c’est pourquoi il est si souvent appelé le vainqueur d’Austerlitz. Pour l’armée et pour lui-même, elle est toujours restée un de leurs plus purs, de leurs plus brillants souvenirs. Quelques instants avant la bataille de la Moskowa, le soleil se montra dans tout son éclat : « Soldats, s’écrie Napoléon, c’est le soleil d’Austerlitz ! » et ces seuls mots électrisèrent la grande armée.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Liens : Bataille d’Austerlitz sur wikipedia & Bataille Austerlitz (1805)

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mars 9, 2008

BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – LE SOUVERAIN

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Napoléon Ier (1769-1821), empereur des Français en tenue de sacre

J’ai voulu pour la France le sceptre du monde, et pour lui assurer il me fallait un pouvoir sans contradiction.

(Napoléon Bonaparte)

Obligé de faire face au continent, Napoléon dut renoncer au roman de sa descente en Angleterre, dont le résultat eût été probablement un échec, et certainement l’invasion de la France par les puissances coalisées. Mais son infatuation était telle à cet égard, qu’if avait à l’avance fait frapper une médaille pour célébrer cette conquête, qu’il avait rêvée. Il en fut quitte pour attribuer, suivant sa coutume, l’avortement de ses desseins à ses lieutenants, notamment à l’amiral Villeneuve. Ses plans, au reste, étaient dressés pour une autre combinaison, avec une fécondité d’esprit dont il serait puéril de méconnaître la puissance ; c’est ce qu’il appelait « faire son thème en deux-façons » afin de n’être pas pris au dépourvu. Pendant que l’Europe s’ébranlait, il prit donc immédiatement son parti et résolut de se jeter sur l’Allemagne avec toutes ses forces, avant la jonction des alliés et l’intervention de la Prusse. Il envoie ses instructions à ses lieutenants, à Bernadotte, qui commandait l’armée du Hanovre, au prince Eugène, en Italie, à Saint-Cyr, à Marmont, etc.; puis, levant précipitamment le camp de Boulogne, il dirige cette belle armée vers le Rhin, qu’elle franchit le 1er octobre 1805. Après les brillants combats de Donauwœrth, de Wertingen, de Cruntzbourg et d’Elchingen , livrés d’ailleurs et gagnés avec des forces supérieures, elle s’établit sur le Danube. Le général autrichien Mack, enfermé dans Ulm, est forcé de capituler et de se rendre prisonnier avec 30.000 hommes 3.000 chevaux et 60 canons (20 octobre). Ce magnifique début fut malheureusement attristé par le grand désastre maritime de Trafalgar (21 octobre), où notre flotte, renforcée des contingents de l’Espagne, fut coupée en deux et battue par Nelson. L’empire de la mer restait décidément aux Anglais. « Soit, dit Napoléon, je battrai l’Angleterre sur le continent. » Ces mots contenaient en germe le blocus continental. La mer, en effet, ne lui fut jamais favorable : Aboukir, la perte de Malte et des îles Ioniennes, Trafalgar, la perte de Saint-Domingue, la vente (forcée) de la Louisiane, l’avortement réel de la descente en Angleterre, etc., étaient des faits assez caractéristiques. L’Océan restait sous l’empire de la marine britannique. Après le grand coup frappé à Ulm, Napoléon marcha sur Vienne, escomptant à l’avance ses victoires et remaniant déjà l’Europe dans son ardente imagination. Il avait divisé son armée en sept corps, dont l’ensemble formait la grande armée, nom bien justifié par ces admirables troupes et qui devait rester historique. Cette campagne se poursuivit par la prise de Vienne (15 novembre), par les succès d’Augereau et de Ney dans le Tyrol, par ceux de Masséna dans le nord de l’Italie, par la jonction de ce dernier avec la grande armée, par quantité de petites actions brillantes contre les Russes et les Autrichiens, enfin par l’immortelle bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805), à laquelle assistaient les trois empereurs (Napoléon, François II, Alexandre 1er). Cette victoire mémorable eût pu avoir des résultats décisifs et durables ; mais Napoléon était destiné à constamment abuser de la victoire et à lasser la fortune en la surmenant. François II, réduit à la Hongrie, hors d’état même de la défendre, dut s’humilier, separer sa cause de celle d’Alexandre et, enfin, subir le traité de Presbourg (26 décembre), qui bouleversa l’Allemagne entière. L’Autriche perdait la Dalmatie et l’Albanie, réunies à l’Empire français, les Etats de Venise, réunis au royaume d’Italie (c’est-à-dire également à l’Empire français), les deux Tyrols, annexés à la Bavière, érigée en royaume, ainsi que le Wurtemberg ; le margraviat de Bade est transformé en duché et agrandi. Enfin, la plupart des petits princes allemands étaient placés sous le protectorat de Napoléon, qui exigea en outre le mariage de la princesse Catherine de Wurtemberg avec son frère Jérôme (déjà marié) et celui de la princesse Stéphanie de Beauharnais avec le fils de l’électeur de Bade. Par ces alliances princières, obtenues le sabre à la main, il voulait ainsi se faire accepter par les familles monarchiques de l’Europe, qui ne le regardaient dédaigneusement encore que comme un pavenu (de plus souillé du meurtre du duc d’Enghien). Bientôt, le royaume de Naples, enlevé par Masséna et Gouvion Saint-Cyr à Ferdinand IV, et donné à Joseph Bonaparte, qui ne l’acceptait qu’avec répugnance (mars- juillet 1806) ; le grand-duché de Berg confisqué pour Murat (mars) ; la république batave transformée en royaume de Hollande pour Louis, autre frère de l’empereur (5 juin) ; la princesse Pauline Borghèse, investie du duché de Guastalla ; Neuchâtel et Ponte-Corvo érigés en principautés pour Berthier et Bernadotte ; la création d’un grand nombre de fiefs réels et avec dotations pour les maréchaux et grands dignitaires (dans les pays conquis ou annexés), montrèrent que Napoléon n’avait d’autre but que de créer de toutes parts des souverainetés vassales, pour pressurer les peuples conquis et dominer les nations de l’Europe. D’ailleurs, il entendait que tous ces feudataires, petits ou grands, lui fussent absolument asservis et lui servissent à lever des hommes et des subsides. Ce système féodal, établi par la force, avec un mépris complet des droits et de l’autonomie des peuples, n’était propre qu’à susciter partout des haines implacables contre la France, que la Révolution et les grandes luttes de la liberté avaient rendue chère à toutes les nations. Napoléon était alors plongé dans ses rêves de restauration de l’empire de Charlemagne, en pleine utopie carlovingienne ; ce prétendu représentant de la Révolution (suivant certaines écoles ) n’avait en réalité d’autre préoccupation que de restaurer l’ancien régime, autant qu’il était en lui. Il rétablit la noblesse, en se réservant, bien entendu, de ne reconnaître que celle qu’il conférait lui-même ; il réinstitua les majorats, au mépris du droit moderne. Un peu plus tard, il allait compléter son système nobiliaire en attachant les titres à certaines fonctions ; les grands dignitaires furent princes, altesses sérénissimes; les ministres et sénateurs, comtes ; les hauts magistrats et les évoques, barons, etc. Ainsi, il rétablit une cour, une noblesse, des feudataires, des distinctions, des privilèges, une Eglise dominante, une centralisation excessive qui n’était que le despotisme administratif de l’ancien régime, un enseignement disciplinaire, persécuteur des écoles libres, confié exclusivement à son Université, par laquelle il semblait vouloir instituer la conscription des intelligences, et auquel il donna pour bases : 1° les préceptes de la religion catholique, 2° la fidélité à l’empereur, dépositaire du bonheur du peuple, à la dynastie napoléonienne, etc. ; bref, le culte officiel de sa propre personne. Il supprima les élections, tout contrôle et toute publicité libre, la liberté individuelle comme toutes les autres libertés, rétablit en réalité les lettres de cachet, les prisons d’Etat, les emprisonnements arbitraires et extra-légaux, la censure ; fit de la force et de l’autorité sans limites et sans contre-poids les seuls principes de gouvernement ; de la police, la plus inquisitoriale et la plus odieuse qui fut jamais, l’une des bases de sa puissance ; asservit l’imprimerie et la librairie ; constitua le monopole de la Banque de France, supprima la liberté théâtrale, asservit à ses règles autoritaires avoués, notaires, avocats, agents de change, etc. ; assujettit l’ouvrier au livret, à la loi contre les coalitions ; établit qu’en cas de contestation le maître sera cru sur parole, etc.; enfin se constitua lui-même au-dessus de l’humanité, comme une sorte de divinité dont le culte obligé, la volonté, les caprices les plus tyranniques et les plus extravagants devaient être également sacrés. Ses œuvres, sa correspondance, si soigneusement expurgée cependant, le détail connu de sa conduite, tout ce que les travaux récents ont recueilli, nous le font bien connaître et bien apprécier, maintenant que l’idolâtrie qui l’avait placé presque sur un autel est à peu près éteinte et ne reste plus que comme un triste souvenir de servitude intellectuelle, comme un exemple de l’aveuglement causé par l’éblouissement de la gloire militaire. Cet étranger, de race incertaine, qui vivait dans les siècles passés, obsédé par le rêve des royautés barbares, a pu pervertir et subjuguer la France, mais il n’a jamais compris son génie et sa mission d’affranchissement et de civilisation. La liberté, l’émancipation populaire, les droits de la pensée et de la science, les garanties politiques, le progrès social, le travail sous l’abri de la loi, l’indépendance des peuples et des individus, toutes ces vérités, fondement des sociétés modernes, qui n’étaient plus à découvrir, puisque le XVIIIe siècle et la grande Révolution les avaient proclamées, affirmées à la face du monde, lui ont été, non-seulement étrangères, mais odieuses. Malgré la puissance incontestable de son esprit et la grandeur théâtrale de ses conceptions, il nous apparaît avec cette infériorité native et radicale, qu’il était incapable de s’élever à la simple notion de la justice, du droit, du bon sens et de la vérité. Non-seulement la morale n’existait pas pour lui, quand ses intérêts étaient en jeu, non-seulement il se flattait présomptueusement de venir à bout de tout, des hommes comme des événements, par la terreur, la fourberie et la violence, mais encore ce prodigieux aventurier en arriva de plus en plus à méconnaître les limites du possible et, finalement, comme cela devait logiquement arriver, courut de lui-même à sa perte en se précipitant tête baissée dans les entreprises les plus insensées. Quant à ses violences, aux emprisonnements et aux exécutions qu’il ordonna, l’espace nous manque pour les enregistrer ; mais, l’histoire ne les oubliera pas, et l’on sait bien que la liste en est longue et bien faite pour exciter l’indignation.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Suite -> Le Seigneur de la Guerre

Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse

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mars 6, 2008

ALEXANDRE Ier (1777-1825), TSAR DE RUSSIE (1801-1825)

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Alexandre Ier, Tsar de Russie (1777-1825)

L’Empereur Alexandre, avec ses manières doucereuses et l’apparence de la modération, aura fait davantage dans l’intérêt de la Russie que l’ambitieuse Catherine, que les Russes prônaient tant.

C’est un grec du Bas-Empire, fin, faux, et adroit.

(Napoléon Bonaparte)

ALEXANDRE Ier, Paulowitch, empereur de Russie, fils de Paul Ier, né à St-Pétersbourg, en 1777, mort en 1825, à Taganrok. Il monta sur le trône en 1801, après le meurtre de son père, auquel on le soupçonna, sans preuves, de n’être pas resté étranger. Phénomène remarquable, et qui montre bien la puissance d’expansion des principes émis par la Révolution française, il fut, dans l’empire le plus absolu de la terre, le représentant des idées libérales, et entraîna son pays dans la voie des réformes et du progrès. Ses premiers actes furent une réparation des cruautés du règne précédent. Il ouvrit les cachots, rappela les bannis, abolit la censure, les tribunaux secrets, la confiscation, la torture, les ventes publiques de serfs ; diminua les impots, adoucit la législation criminelle, fonda des universités, des écoles et des hospices, réforma le code criminel, protégea la liberté commerciale et industrielle, et s’appliqua à faire fleurir dans ses vastes Etats les lettres, les sciences et les arts, dont les bienfaits étaient jusqu’alors restés presque inconnus à la Russie. A son avènement au trône, il maintint d’abord la paix qu’il trouva établie avec la France ; mais en 1805, inquiet des envahissements de Napoléon en Allemagne, il entra dans la troisième coalition, formée par l’Angleterre, l’Autriche et la Suède. La bataille d’Austerlitz força l’Autriche à signer la paix de Presbourg ; la journée d’Iéna renversa l’édifice que le grand Frédéric avait mis toute sa vie à élever, et les défaites successives qu’Alexandre essuya en 1807, à Eylau et à Friedland, amenèrent la fameuse entrevue qui eut lieu sur le Niémen entre lui et Napoléon, et où les deux souverains se jurèrent une éternelle amitié. Quelques jours après fut signé le traité de Tilsit, par lequel l’empereur de Russie reconnut toutes les conquêtes de son ennemi, et adhéra au système du blocus continental (8 et 9 juillet 1807). Le roi de Suède, son ancien allié, ayant refusé de fermer ses ports aux vaisseaux anglais, il lui fit la guerre, et lui enleva la Finlande en même temps qu’il se rendait maître de plusieurs provinces de la Perse et de la Turquie. L’entrevue d’Erfurt vint encore resserrer son alliance avec Napoléon, pour lequel il ressentait d’ailleurs la plus vive admiration. Cependant quelques modifications au système continental, qui lui étaient imposées par les besoins de ses peuples, et l’occupation du duché d’Oldenbourg par les troupes françaises, amenèrent une rupture entre les deux souverains, et la guerre ne tarda pas à sortir de cette situation. On connaît les résultats de cette funeste campagne de 1812 entreprise par Napoléon. Pendant que les débris de l’armée française se retiraient en Allemagne, Alexandre lança de Varsovie un manifeste par lequel il appelait l’Europe aux armes (1813), et forma une nouvelle coalition dans laquelle entrèrent l’Angleterre, la Prusse, la Suède et l’Autriche. Les alliés essuyèrent d’abord plusieurs défaites à Lutzen, à Bautzen et à Dresde, mais la bataille de Leipzig leur ouvrit les portes de la France, et ils arrivèrent jusqu’à Paris (1814), malgré les prodiges de génie que fit Napoléon dans cette campagne immortelle. Alexandre, qui jouait le principal rôle dans ces événements, contribua à replacer la famille des Bourbons sur le trône, et se conduisit avec une modération et une bienveillance qui lui concilierent l’estime des classes élevées, moins sensibles aux humiliations de l’invasion étrangère que charmées de l’affabilité de l’autocrate vainqueur. Après avoir signé le traité qui assurait la paix générale et garantissait à la France l’intégrité de son territoire primitif, il se rendit en novembre 1814 au congrès de Vienne, où il fit confirmer l’usurpation de la Pologne, qu’il avait consommée l’année précédente. Après le retour de Napoléon de l’île d’Elbe et la bataille de Waterloo, Alexandre revint à Paris avec les troupes alliées (1815), et participa cette fois aux mesures rigoureuses prises contre la France ; néanmoins il s’opposa a son démembrement et sauva plusieurs monuments qu’on voulait détruire. Avant de quitter Paris, il signa avec les souverains de Prusse et d’Autriche le traité de la Sainte-Alliance, qui, sous l’apparence d’une ligue pour le triomphe du christianisme, n’était en réalité qu’une coalition des rois contre les principes libéraux, coalition au nom de laquelle il fut entraîné plus tard à comprimer la liberté en Europe. De retour en Russie, Alexandre s’occupa de l’administration de ses vastes Etats, octroya à la Pologne une constitution qui ne fut jamais appliquée, travailla à réparer les maux de la guerre, établit des colonies militaires dans les parties les moins habitées de son empire, expulsa les jésuites, que son aïeule Catherine avait attirés en Russie, et adoucit le sort des serfs. Dans les dernières années de sa vie, il demeura fidèle à l’esprit qui avait dicté le traité de la Sainte-Alliance, et se montra constamment l’adversaire des idées libérales qu’il avait professées au début de sa carrière. Au reste, il ne s’appartenait plus à cette époque. Depuis la deuxième invasion, il était tombé sous l’empire de la mystique Mme de Krudener qui l’avait entraîné dans un quiétisme religieux énervant, et dont l’influence funeste survécut même à la perte de son crédit. Il mourut d’une fièvre endémique pendant un voyage dans les provinces méridionales de son empire. Ses derniers moments furent troublés par la découverte d’une vaste conspiration entreprise par la jeunesse russe des hautes classes, sous l’influence d’idées qu’elle avait rapportées de la France. Alexandre fut un prince éclairé et doué de qualités incontestables ; il acquit des droits à la reconnaissance de la France par sa modération et le frein qu’il imposa à la vengeance que les alliés voulaient tirer de vingt ans de revers et d’humiliations, mais la loyauté fut loin de présider à tous les actes de sa vie ; il ne se montra que trop souvent fidèle à cette politique cauteleuse qui est de tradition chez les souverains moscovites, et justifia ainsi l’épithète de Grec du Bas-Empire que Napoléon lui donna dans ses amères récriminations. Il ne laissait point d’enfant, et son frère Nicolas lui succéda.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Alexandre Ier de Russie sur wikipedia

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mars 5, 2008

FRANCOIS Ier (1768-1835), EMPEREUR D’AUTRICHE

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François Ier d’Autriche (1768-1835), Empereur d’Allemagne (1792-1805) puis d’Autriche (1805-1835)

Ce squelette de François II, que le mérite de ses ancêtres a placé sur le trône.

Je croyais l’empereur François un bon homme ; je me suis trompé !  C’est un imbécile, un paresseux sans cervelle et sans coeur. Il est dépourvu de tout talent. Il ignore l’affection, la sensibilité et la gratitude. En fait, les bonnes qualités lui font complètement défaut.

(Napoléon Bonaparte)

FRANÇOIS II (Joseph-Charles), empereur  d’Allemagne, puis FRANÇOIS 1er, empereur d’Autriche, né en 1768, mort en 1835. Il succéda, en 1792, à Léopold II, son père. C’était un prince d’une nullité à peu près complète. Il ne régna que de nom, sous la tutelle de Metternich. A son début, il entra en lutte avec la Révolution française, et, jusqu’en 1809 cette lutte ne fut pour lui qu’une série de désastres. En 1797, le traité de Campo-Formio lui enlève la Lombardie ; mais, par une condescendance coupable du Directoire, François reçoit Venise en dédommagement. La perte de la bataille de Marengo lui coûte plusieurs provinces (14 juin 1800). Défait à Austerlitz, il cède la Vénétie (1805). L’établissement de la Confédération du Rhin l’oblige à abdiquer le titre d’empereur d’Allemagne pour prendre celui d’empereur d’Autriche (1806) ; une nouvelle levée de boucliers, qu’il fait en 1809,lui coûte la Gallicie et les provinces illyriennes. Enfin, pour comble d’humiliation, il se voit obligé de donner sa fille aînée, Marie-Louise, à son heureux vainqueur (1810). L’alliance qu’il a contractée, il se hâte de la rompre dès que Napoléon est abandonné par la fortune (1813). Les succès de la coalition le remettent en possession de tous les Etats qu’il a perdus depuis vingt ans. François Ier se montra dur dans la répression des tentatives insurrectionnelles de la Lombardie eu 1821 : les tortures du Spielberg pèseront éternellement sur sa mémoire.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : François Ier d’Autriche sur wikipedia

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février 25, 2008

MARECHAL SOULT (1769-1851)

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Maréchal Jean de Dieu Soult (1769-1851), duc de Dalmatie

Soult est un homme tout à fait supérieur mais trop ambitieux.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal SOULT ( Nicolas-Jean-de-Dieu), duc de Dalmatie, maréchal et pair de France, ministre, né à Saint-Amans-la-Bastide (Tarn) le 29 mars 1769, mort au même lieu le 26 novembre 1851. Fils d’un notaire, selon les uns, d’un cultivateur, selon d’autres, il reçut une instruction très incomplète et s’engagea à seize ans (1785) dans le régiment de Royal-infanterie. Soult n’était que caporal lorsque éclata la Révolution. Sous-officier en il fut successivement élu par les volontaires du 1er bataillon du Bas-Rhin sous-lieutenant en 1791, adjudant-major en 1792 et capitaine en 1793. A cette époque, il se fit remarquer par son sang-froid et sa bravoure au combat d’Uberfelsheim, à la prise d’un camp retranché dans les Vosges, et dans un manifeste qu’il adressa, en juillet 1793, aux habitants de Leimen, dans le grand-duché de Bade, il les invita à « défendre la France contre l’insurrection des aristocrates, à opposer un rempart impénétrable à ces hommes insolents qui voudraient renverser le système heureux de l’égalité sociale établi sur les droits de l’humanité. » A la fin de 1793, Soult passa à l’état-major de Hoche, à l’armée de la Moselle, coopéra à la prise du camp de Marsthal et à la reprise des lignes de Wissembourg, fut nommé chef de bataillon le 5 avril 1794, chef de brigade adjudant général le 14 mai suivant, combattit à Arlon, au siège de Fort-Louis, puis passa à l’armée de Sambre-et-Meuse comme chef d’état-major. Sa brillante conduite à la bataille de Fleurus lui valut le grade de général de brigade (11 octobre 1794). Après avoir assisté au siège de Luxembourg, Soult commanda une brigade de la division Lefebvre, fut mis à l’avant-garde et montra autant d’habileté
que de vigueur à Altenkirchen (1796), pendant la retraite de l’armée de Sambre-et-Meuse sur le Rhin, à Wildendorf et à Friedberg. En 1797, il battit près de Steinberg le général Elnitz. Deux ans plus tard, envoyé à l’armée du Danube, Soult remplaça Lefebvre à la tète de sa division, se conduisit héroïquement à Stockach, sauva l’armée d’un désastre pendant la retraite et fut promu général de division (21 avril 1799). Pendant la campagne d’Helvétie, il seconda puissamment Masséna, contribua beaucoup à la victoire de Zurich (25 septembre), puis passa à l’armée d’Italie (15 décembre), partagea avec Masséna la difficile mission de défendre Gènes et tomba blessé au pouvoir des Autrichiens, à la bataille meurtrière de Monte-Cretto (13 mai 1800). Rendu à la liberté après la victoire de Marengo, il commanda en Piémont, parvint à soumettre et à organiser les barbets, puis commanda les troupes chargées d’occuper la presqu’île d’Otrante (1801). En 1802, il reçut le commandement de la garde des consuls, avec la qualité de colonel général, puis celui du camp de Saint-Omer et, oubliant qu’il avait été républicain, il écrivit au premier consul Bonaparte pour l’engager « à mettre le sceau à ses sublimes institutions, en plaçant majestueusement sa famille chérie au faite de l’édifice pour fixer à jamais les regards des citoyens vertueux. » Cet acte de plate adulation, aussi bien que ses talents militaires, lui valut de faire partie de la première promotion de maréchaux (19 mai 1804). Soult n’avait alors que trente-cinq ans. En même temps, il fut nommé grand officier de la Légion d’honneur et chef d’une des cohortes de cet ordre. L’année suivante, la guerre ayant de nouveau éclaté, Soult reçut le commandement du 4e corps. Après avoir battu l’ennemi à Landsberg, à Memmingen, à Hollabrunn, il dirigea avec une telle précision l’aile droite de l’armée à Austerlitz que Napoléon lui dit, après la victoire : « Maréchal, vous êtes le premier manœuvrier de l’Europe. » II devint peu après gouverneur de Vienne. Dans la guerre de Prusse et de Pologne, Soult contribua à la victoire d’Iéna (14 octobre 1806), battit Kalckreuth à Guessen le lendemain, forma le blocus de Magdebourg, prit Lubeck (6 novembre), combattit à Pultusk, à Eylau, à Heilsberg, a la tête du 4e corps, et s’empara deKœnigsberg le 16 juin 1807. Napoléon lui donna le titre de duc de Dalmatie après la paix de Tilsit. Envoyé en Espagne en 1808, avec le commandement du centre de l’armée, il gagna la bataille de Gamonal (10 novembre), entra dans Burgos, poursuivit le général John Moore l’épée dans les reins jusqu’à La Corogne, qui tomba en son pouvoir, ainsi que Santander et Le Ferrol, poussa une pointe rapide en Portugal, battit l’ennemi à Braga et se rendit maître d’Oporto (29 mars 1809) ; mais il n’osa s’aventurer plus loin dans un pays soulevé et où Wellington allait lui opposer des forces infiniment supérieures. Il est constaté aujourd’hui, par les documents les plus irrécusables, que le maréchal Soult, pendant son séjour à Oporto, songea sérieusement à se faire proclamer roi de la’ Lusitanie septentrionale. Ces velléités ambitieuses étaient secondées par les habitants et par l’entourage du maréchal. Elles parvinrent aux oreilles de Napoléon, qui dissimula son mécontentement. Il fallut d’ailleurs y renoncer et évacuer la ville (12 mai 1809) à l’approche de Wellington, en abandonnant l’artillerie et les équipages. Revenu, dans la Galice, le duc de Dalmatie débloqua Lugo et dispersa les bandes de La Romana ; mais sa mésintelligence avec Ney fit perdre la Galice. A la fin de 1809, Soult remplaça Jourdan comme major général de l’armée d’Espagne. Il releva les affaires du roi Joseph par l’éclatante victoire d’Ocana (12 novembre), envahit l’Andalousie l’année suivante, fut nommé général en chef de l’armée du Midi et força, par une suite de combats heureux, Séville, Olivenca et Badajoz (11 mars 1811) à se rendre. Après avoir éprouvé un échec à Albaherra (16 mai 1811), il eut avec le roi Joseph de nombreux démêlés qui eurent une influence désastreuse sur les affaires. Soult avait mis le siège devant Cadix, qu’il allait emporter, lorsque la défaite de l’armée de Portugal aux Arapiles et l’évacuation de Madrid par le roi Joseph l’obligèrent à se replier (25 août 1812). Sa retraite vers les Pyrénées fut admirable. Rappelé alors à Paris, il fit, en 1813, la campagne de Saxe à la tête du 4e corps ; mais Napoléon le renvoya en Espagne après la désastreuse bataille de Vittoria, pour rassembler les débris de l’armée devant Bayonne. Soult, en présence de forces quadruples, ne pouvait que faire une honorable retraite. Il la fit lente, défendant avec opiniâtreté toutes nos places frontières ; acculé enfin sur Toulouse, il livra là un combat mémorable, où 25.000 Français tinrent tête à 100.000 Anglo-Espagnols, commandés par Wellington (mars 1814). Après l’abdication de Fontainebleau, il se rallia avec un écœurant enthousiasme au gouvernement de Louis XVIII, qui lui donna le commandement de la 13e division militaire, puis le portefeuille de la guerre (3 décembre 1814). Le maréchal se fit remarquer parmi les plus fougueux royalistes. C’est lui qui provoqua l’érection d’un monument aux mânes des émigrés tués à Quiberon. Au début des Cent-Jours, lorsqu’il apprit que Napoléon venait de débarquer à Golfe-Juan, le duc de Dalmatie lança une proclamation dans laquelle il qualifia Buonaparte d’usurpateur et d’aventurier (8 mars 1815) ; néanmoins, Louis XVIII lui retira le portefeuille de la guerre (11 mars). Bonaparte, qui avait besoin de lui, oublia cette proclamation et le nomma pair de France et major général de l’armée. Soult, toujours prêt à toute palinodie, publia, à l’ouverture de la campagne de 1815, un ordre du jour plein d’invectives contre les Bourbons. Il se battit à Fleurus et à Waterloo avec son courage et son talent ordinaires ; mais, comme major-général il montra fort peu de capacité. Après Waterloo, il alla rallier à Laon les débris de l’armée, puis se rendit à Paris, où il assista au conseil de guerre qui examina la question de savoir si Paris devait se défendre. Après la capitulation de cette ville (3 juillet 1815), Soult se retira à Saint-Amans, et, pour rentrer en grâce auprès de Louis XVIII, il publia un mémoire dans lequel, parlant de Napoléon, il disait : « L’armée entière sait bien que je n’eus jamais qu’à me plaindre de cet homme et que nul ne le détesta plus franchement que moi. » Malgré ses protestations de dévouement aux Bourbons, il fut compris dans la liste des bannis (12 janvier 1816) et se retira dans le duché de Berg, où il resta trois ans. L’ordonnance du 26 mai 1819 lui permit de revenir en France. Au commencement de 1820, Louis XVIII lui rendit le bâton de maréchal de France et lui fit donner une gratification de 200.000 francs. Charles X, à l’occasion de son sacre, lui accorda le collier de ses ordres (1825), puis l’appela à siéger à la Chambre des pairs. Le duc de Dalmatie s’y montra le partisan aveugle du gouvernement, l’adversaire déclaré de toutes les libertés publiques. Comme il était alors nécessaire, pour être bien en cour, de se montrer tout confit en religion, Soult se mit à accomplir ses devoirs religieux avec une ferveur édifiante. Toute la capitale put le voir suivant dévotement les processions un cierge à la main. La Révolution de 1830 devait le trouver debout pour saluer le nouveau règne. Il s’empressa d’acclamer Louis-Philippe, qui lui donna le portefeuille de la guerre, s’occupa alors de réorganiser l’armée, de mettre les places fortes sur pied de guerre et alla comprimer, en novembre 1831, des troubles qui avaient éclaté à Lyon. Lors du remaniement du ministère, le 10 octobre 1832, il reçut la présidence du conseil, mais il n’y remplit en réalité, qu’un rôle très secondaire, étant en politique d’une profonde nullité ; l’influence qu’y exerçait M. Thiers, comme ministre de l’intérieur, irritait vivement le vieux maréchal, qui exprima fréquemment d’une façon brutale son dépit de se voir dominé malgré lui par son jeune collègue. Le 18 juillet 1834, Soult dut quitter le ministère et la présidence du conseil, qui fut donnée au maréchal Gérard. Chargé par Louis-Philippe d’aller représenter la France au couronnement de la reine Victoria (25 ayril 1838), il fut l’objet, de la part du peuple anglais, d’une véritable ovation. Le 12 mai de l’année suivante, il revint au pouvoir comme ministre des affaires étrangères et président du conseil ; mais le rejet de la dotation qu’il avait proposé d’allouer au duc de Nemours amena sa chute et son remplacement par le cabinet du 1er mars 1840, formé par M. Thiers. La guerre semblait imminente lorsque Louis- Philippe, qui tenait à conserver la paix et qui voulait se couvrir par une haute célébrité militaire, accepta la démission du cabinet Thiers et chargea Guizot de former un nouveau ministère (29 octobre 1840), dans lequel le duc de Dalmatie eut la présidence du conseil et le portefeuille de la guerre. Comme on sait, M. Guizot fut le ministre dirigeant, et le maréchal ne joua qu’un rôle très secondaire. Par raison de santé, il se démit de son portefeuille (11 novembre 1845), puis de la présidence du conseil (10 septembre 1847). Il reçut alors le vain titre de maréchal général, qu’avaient porté Turenne et Villars et, en dernier lieu, Maurice de Saxe. Il se retira peu après dans son magnifique château de Soultberg, à Saint-Amans, ou il s’éteignit quelques jours avant que Louis-Napoléon Bonaparte fît son coup d’Etat. Sa statue, en marbre blanc, exécutée par Pradier, fut placée en 1852 au musée de Versailles. Soult était un vaillant soldat, un général plein de sang-froid, de coup d’œil et d’un mérite supérieur ; mais le caractère en lui était loin d’être à la hauteur des capacités militaires. Il fut le plat adulateur de tous les pouvoirs et ne sut conserver ni tact ni mesure dans ses palinodies. Esprit étroit, entêté, ayant de lui-même l’opinion la plus haute, il ne sut jamais corriger l’insuffisance de son éducation première, et il lui arriva fréquemment d’émailler les discours qu’il prononçait à la tribune de cuirs devenus légendaires. Mal à l’aise en face des esprits lettrés et supérieurs, il ne se faisait aucun scrupule de les froisser par la brutalité de son langage. C’était, en outre, un, homme avide et qui trouva le moyen de faire une grande fortune. Lorsqu’il fut question, en 1832, de supprimer le cumul des gros traitements et de lui enlever celui de maréchal, qu’il cumulait avec celui de ministre, il déclara nettement qu’on ne le lui enlèverait qu’avec la vie. Pendant son séjour en Espagne il s’était emparé de tableaux du plus grand prix, qu’il envoya, non au musée du Louvre, mais à son château de Soultberg. Après sa mort, on vendit à Paris sa galerie de tableaux, comprenant des Ribeira, des Murillo, des Zurbaran, des Alonso Cano, etc. Cette vente, qui eut lieu les 19, 21 et. 23 mai 1852, produisit une somme de 1.467.351 francs. Un seul tableau, la grande Conception de la Vierge, par Murillo, fut acheté par l’Etat pour le musée du Louvre au prix de 586.000 francs. Le duc de Dalmatie a laissé des Mémoires, dont une partie seulement a été publiée par son fils (Paris, 1854, 3 vol. in-8°). Il avait épousé uns Allemande, qui, vers la fin de sa vie, se convertit au catholicisme et qui mourut également à Soultberg, âgée de quatre-vingt-un ans, en 1852. Elle avait donné au maréchal un fils, Napoléon-Hector, et une fille , Hortense, qui épousa le marquis de Mornay.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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février 21, 2008

MARECHAL LANNES (1769-1809)

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Maréchal Jean Lannes (1769-1809)

Je perds le général le plus distingué de mes armées, celui que je considérais comme mon meilleur ami ; ses enfants auront toujours des droits particuliers à ma protection.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal LANNES (Jean), duc de Montebello, maréchal de France, né à Lectoure en 1769, mort à Vienne en 1809. Son père, qui était garçon d’écurie lui fit apprendre à lire et à écrire, puis le mit en apprentissage chez un teinturier. En 1792, Jean Lannes s’engagea dans un bataillon de volontaires du Gers, devint bientôt après sergent-major et montra, à l’armée des Pyrénées-Orientales, une telle bravoure, qu’il fut nommé oflicier et devint chef de brigade en 1795. Néanmoins, cette
même année, il se vit compris parmi les officiers supérieurs destitués pour incapacité. Lannes n’en résolut pas moins de poursuivre une carrière pour laquelle il se sentait né ; il se fit présenter au général Bonaparte, et obtint de faire partie de L’armée d’Italie comme simple volontaire. Il ne tarda pas à se faire remarquer et fut nommé, après le combat de Millesimo, chef de brigade (1796). Il se distingua successivement à Dego, à Cadagno, au pont de Lodi, à la prise de Pavie. Nommé alors général de brigade, il enleva un faubourg de Mantoue, fut blessé à Governolo, reçut deux, nouvelles blessures à Arcole (14 novembre), et, apprenant le lendemain que le combat continue, il monte à cheval, s’élance sur le pont d’Arcole au milieu de la mitraille, entraîne les soldats, est de nouveau atteint et tombe sans connaissance. A peine guéri, Lannes prend part à la bataille de Rivoli (1797), marche sur Rome, enlève les retranchements d’Imola, puis est envoyé par Bonaparte auprès du pape pour traiter de la paix. Après le traité de Campo-Formio, Lannes reçut le commandement des départements de l’Isère, de la Drôme, de l’Ardèche et du Gard. Peu après, il fut appelé à faire partie de l’expédition d’Egypte , où il prit part à presque toutes les affaires importantes, contribua à la prise de Gaza, de Jaffa, fut- grièvement blessé à Saint-Jean-d’Acre, et reçut une nouvelle blessure à Aboukir (24 juillet 1799). De retour en France avec le grade de général de division (1799), Lannes, qui subissait au plus haut point l’ascendant de Bonaparte, n’hésita point à s’associer à ses projets ambitieux et contribua au succès du coup d’Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799). Peu après, il fut nommé commandant en chef de la garde consulaire et mis à la tète de l’avant-garde de l’armée des Alpes. Après avoir franchi le Saint-Bernard, il s’élance en avant, ayant à peine quelques canons, chasse les Autrichiens d’Aoste, de Chatillon, s’empare d’Ivrée par escalade (25 mai 1800), de Pavie, de Stradella , contribue au succès de la bataille de Montebello, « où, selon son langage, les balles claquaient sur les os de ses soldats comme la grêle sur des vitrages » et soutient pendant sept heures, à Marengo, les efforts de l’armée autrichienne et de 80 pièces de canon ; sa brillante conduite dans cette affaire lui fit décerner un sabre d’honneur. En 1801, Lannes se rendit au Portugal comme ministre plénipotentiaire ; mais, sans instruction, d’un caractère brusque et emporté, il n’avait aucune des qualités nécessaires pour faire un diplomate. Se croyant en pays conquis, il voulut faire entrer à Lisbonne des marchandises sans payer de droits, et, sur les plaintes de la régence de Portugal, il fut remplacé par Junot. Lors de l’établissement de l’Empire, Lannes devint maréchal de France (1804), puis grand-croix de la Légion d’honneur (1805), et reçut, peu après, le titre de duc de Montebello. Pendant la campagne de 1805 contre l’Autriche, il fut mis à la tête de l’avant-garde de la grande armée, et commanda l’aile gauche à la bataille d’Austerlitz ( 2 décembre 1805 ). Après avoir occupé quelque temps la Moravie, Lannes fit, en 1806, la campagne de Prusse et assista à la bataille d’Iéna ; puis il marcha contre les Russes, qu’il battit à Pultusk, où il fut blessé (26 décembre, resta quelque temps à Varsovie et contribua à la prise de Dantzig (24 mai 1807). De retour à la grande armée, il assista à la bataille de Friedland (14 juin) et fut nommé colonel général des suisses. Envoyé en Espagne en 1808, il commença par battre à Tudela, Palafox et Castanos , puis fut chargé de diriger les opérations du mémorable siège de Saragosse, et s’empara de cette ville le 21 février 1809 , après avoir éprouyé, de la part des habitants, la plus héroïque résistance. De retour en France, Lannes alla se reposer de ses fatigues, au sein de sa famille, dans sa belle terre de Maisons, près de Paris. Comblé d’honneurs et de richesses, le duc de Montebello éprouvait le besoin de jouir d’un peu de repos, lorsque Bonaparte, entraîné par son ambition vertigineuse, se lança dans une nouvelle guerre avec l’Autriche. Ce fut en pleurant, dit-on, que Lannes quitta sa femme et ses enfants. Mais à Abensberg (20 avril 1809), à Eckmühl, à Ratisbonne, il redevint ce qu’il avait toujours été, la terreur de l’ennemi. Toujours à l’avant-garde, il marche sur Vienne, et, après avoir battu les Autrichiens à Amstetten (5 mai), il arrive avec Bonaparte aux portes de Vienne, qui, bombardée, capitule le 12 mai. Il avait fait un mal épouvantable à l’ennemi, rompu et culbuté ses lignes à Essling , lorsque la rupture des ponts jetés sur le Danube vint couper l’armée française en deux. Attaqué alors par l’ archiduc Frédéric-Charles, n’ayant plus de munitions, exposé à un feu terrible, Lannes se place sur le front de sa ligne et est atteint tout à coup par un boulet qui lui brise les deux jambes (22 mai 1809). A cette nouvelle, Bonaparte court vers le brancard qui portait le maréchal dans l’île de Lobau pour y subir l’amputation, et lui dit d’une voix étouffée, dit-on, par les larmes : « Lannes, mon ami, me reconnais-tu ? C’est l’Empereur. C’est Bonaparte. C’est ton ami. » Selon une version, le duc de Montebello, ouvrant les yeux, répondit : « Dans quelques heures, vous aurez perdu l’homme qui vous a le plus aimé. » D’après une autre version, dans un entretien particulier, le maréchal reprocha amèrement sa politique, aussi fatale à lui-même qu’à la France, et lui donna des conseils qui, naturellement, ne furent point écoutés. Après avoir subi l’amputation, Lannes fut transporté à Vienne, où il mourut quelques jours après, le 31 mai. Ses restes turent transportés à Paris et déposés au Panthéon (6 juillet 1810). Une statue en marbre du maréchal a été érigée dans la ville de Lectoure après la révolution de Juillet 1830. « Lannes, dit Napoléon à Sainte-Hélène, était un homme d’une bravoure extraordinaire ; calme au milieu du feu, il possédait un coup d’œil sûr et pénétrant, prompt à profiter de toutes les occasions qui se présentaient. Il avait une grande expérience pour la guerre ; il s’était trouvé dans cinquante combats isolés et à cent batailles plus ou moins importantes. Comme général, il était infiniment au-dessus de Moreau et de Soult. » Lannes manquait absolument d’instruction et d’éducation. Dans son langage, il était grossier et brutal, et devant Bonaparte lui-même, en présence de cet homme qui voyait se prosterner lâchement devant lui tant d’autres hommes , il n’avait, cessé de conserver sa franchise et son libre parler d’ancien républicain. C’est ainsi qu’il avait vivement protesté contre le concordat et la restauration de la noblesse. Après la bataille d’Eylau, Napoléon ayant attribué toute la gloire de cette journée à Murat, Lannes entra dans une violente colère : « Nous avons combattu plus que lui, Augereau et moi ! s’écria-t-il ; croyez-vous que je sois homme à me laisser échapper une seule palme ? Non, par personne, pas même par votre coq empanaché de beau-frère qui vient, après la victoire, chanter coricoco ! » Lorsque Napoléon chargea le peintre Robert, de faire le portrait de Lannes, qui devait figurer dans la galerie des maréchaux, Lannes reçut fort mal l’artiste et lui dit, en parlant de celui qui l’envoyait : « Que veut-il faire de mon portrait, ce b….. là ? » Un jour où l’on parlait aux Tuileries, devant lui, des défenseurs de Saragosse qu’on accusait de fanatisme : « Messieurs, dit-il, ce sera ce que vous voudrez, mais je puis vous assurer que ce sont des b….. qui se battent bien ! » Lannes avait épousé, en premières noces, une demoiselle Méric, avec laquelle il divorça, et, dont un fils, né pendant le mariage, fut, après la mort du maréchal, déchiré adultérin par les tribunaux. En secondes noces, il s’était marié avec Mlle de Guéhéneuc, fille d’un entrepreneur de lits militaires, née en 1784, morte en 1856. Elle devint dame d’honneur de Marie-Louise, se retira de la cour lors de l’avènement de Louis XVIII et se consacra à l’éducation de ses enfants.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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février 18, 2008

MARECHAL DAVOUT (1770-1823)

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Maréchal Louis-Nicolas Davout (1770-1823), duc d’Auerstaedt, prince d’Eckmühl

Ce maréchal a déployé une bravoure distinguée et de la fermeté de caractère, première qualité d’un homme de guerre.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal DAVOUT (Louis-Nicolas), duc d’Auerstaedt, prince d’Eckmühl, général français, né à Annoux (Yonne) le 10 mai 1770, mort à Paris le 1er juin 1823. On commet généralement, en écrivant ce nom, une erreur orthographique qui semble remonter à la campagne d’Egypte. Un général de cavalerie, mort pendant cette expédition, s’appelait DAVOUST ; mais il n’avait avec le maréchal aucun lien de parenté. Issu d’une famille noble, mais pauvre, Davout entra, en 1785, à l’Ecole militaire de Paris (et non à Brienne, comme l’ont écrit la plupart des biographes, qiu le font, à tort, condisciple de Bonaparte), et en sortit, en 1788, avec le grade de sous-lieutenant au régiment de Champagne (cavalerie). Là, au lieu de mener la vie brillante et dissipée des officiers de son régiment, il consacrait à l’étude les loisirs que lui laissait le service. Aussi son oncle, major dans le même corps, disait-il de lui : « Mon neveu Davout ne fera jamais rien ; il ne sera jamais un militaire. Au lieu de travailler sa théorie, il s’occupe de Montaigne, de Rousseau et d’autres farceurs. » 179 éclate ; Davout, alors en garnison à Hesdin, embrasse avec ardeur les principes rénovateurs et a, l’occasion de professer ouvertement sa foi à la liberté. Le régiment dont il faisait partie offrait un banquet à un régiment de passage à Hesdin. Vers la fin du repas, un officier de noblesse se leva et porta ce toast : « Je propose une santé que nous avons tous dans le cœur, bien que, dans ces temps de liberté, on ne nous permette pas de la porter ; et je me flatte qu’il n’y a pas parmi nous de j… f….. qui en propose une autre : à la santé du roi ! » Davout, sur lequel tous les regards s’étaient portés, se leva à son tour et répliqua froidement : « C’est moi, messieurs, qui suis le j… f….. dont monsieur a voulu parler. A la santé de la nation ! » Davout quitta le régiment : une révolte avait éclaté parmi les soldats, et il avait été considéré comme le fauteur de cette rébellion ; il fut prouvé plus tard, par une enquête, que tout le monde avait eu tort dans cette affaire, excepté Davout ; mais il n’en avait pas moins été mis en disponibilité, et il revint dans l’Yonne organiser les bataillons de volontaires : le troisième bataillon l’élut lieutenant-colonel. Il servit dans l’armée du Nord, successivement sous les ordres de Lafayette, de Kilmaine, de Custine et de Dumouriez, qu’il poursuivit inutilement avec son bataillon lors de la trahison de ce général. Exclu de l’armée en 1793, à cause de son origine noble, il fut réintégré dans les cadres en 1794, et nommé général de brigade pendant le siège de Luxembourg. Il passa alors à l’armée du Rhin sous Pichegru, et fut fait prisonnier à Manheim. Mis en liberté sur parole, il se retira quelque temps dans sa famille, et, pendant son inaction forcée, étudia très sérieusement l’art militaire. Au bout de quelques mois il rejoignit l’armée du Rhin, commandée par Marceau, prit ensuite part à l’expédition d’Egypte où il se signala par son infatigable courage, et fut le seul général qui refusa de signer, après le départ de Bonaparte, la capitulation du Caire. Quand, malgré ses énergiques protestations, ses collègues eurent apposé leur nom au bas de ce honteux traité, il reprit aussitôt, avec Desaix, le chemin de la France. En 1800, il obtint, à l’armée d’Italie, le grade de général de division ; en il fut rappelé à Paris par Bonaparte, qui lui fit épouser la sœur du général Leclerc, et lui confia, avec la direction du camp de Bruges, le commandement du troisième corps de l’armée d’Angleterre. Nommé maréchal en 1804 Davout fit ses débuts comme administrateur et homme politique, dans la présidence des élections de l’Yonne. L’année suivante, il ouvrait la campagne du Rhin à la tête de son corps qui formait l’aile gauche de la grande armée, et enlevait aux Prussiens, en quelques jours, cent quatre-vingt-onze pièces de canon. Aussi reçut-il, en récompense de sa merveilleuse activité, le grand cordon de la Légion d’honneur et le titre de général des grenadiers à pied de la garde. Après la paix de Presbourg, il alla présider les élections de la Côte-d’Or ; puis il prit part à la campagne de 1806 contre la Prusse et gagna la sanglante bataille d’Auerstaedt. Profitant de la proximité de la Pologne, il encourage, parmi les libéraux de cette nation, un mouvement indépendant que fait avorter un soulèvement de la Prusse ; contraint alors d’abandonner le peuple qu’il espérait ressusciter, il court se couvrir de gloire à Eylau, à Friedland et à Tilsitt. De juillet 1807 à la fin de 1808, il fut investi du gouvernement de la ville et du duché de Varsovie. C’est alors que des jaloux l’accusèrent d’aspirer à reconstituer à son profit la royauté polonaise. Mécontent de l’élevation de Bernadotte, blessé de la tentative faite, sans autorisation, par Soult, pour se faire adjuger la couronne de Portugal, Napoléon crut aussi à l’ambition de Davout et lui témoigna une injuste défiance. Il ne devait pourtant pas oublier que, dans toute sa correspondance, Davout n’avait cessé de lui présenter le prince Poniatowski comme le seul candidat possible au trône de Pologne, et il eût dû garder toujours présentes à l’esprit les fières paroles de la maréchale Davout qu’il interrogeait sur les velléités royales de son mari : « Hé bien ! maréchale, est-ce que vous n’avez point désiré être reine de Pologne ? » Mme Davout répondit : « Je ne désire que ce que désire le maréchal ; et il tient trop à rester Français pour être roi de quelque pays que ce soit. ». Froissé par ces injustes soupçons, Davout remit au roi de Saxe le gouvernement de Varsovie et vint reprendre son service dans la guerre déclarée à l’Autriche. A Eckmühl, il lutte seul pendant trois jours, avec deux divisions, contre l’armée autrichienne entière qu’il force à la retraite. La paix signée à Vienne en octobre 1809, Davout est chargé de la garde de Hambourg et du blocus des côtes du Nord ; en outre, Napoléon lui donne cette écrasante mission, la réorganisation de la grande armée pour la campagne de Russie. Non-seulement Davout doit dresser six cent mille soldats ; il lui faut encore rassembler le matériel, l’équipement et les transports nécessaires pour cette masse de combattants. En 1812 s’ouvre cette désastreuse expédition : le maréchal, qui en avait prévu l’échec et les suites fatales, ne put que conjurer par sa valeur, sa fermeté, son dévouement, les malheurs qui fondirent sur nos soldats. Dans la retraite, on le vit se multiplier, payer à toute minute de sa personne. Et pourtant il se vit enlever son commandement, qui fut transféré à Ney. Il alla alors s’enfermer dans Hambourg qu’il défendit contre les Russes, et qu’il ne leur remit qu’en sur un ordre authentique et exprès de Louis XVIII. De retour en France, il fut très mal accueilli par le roi, qui lui signifia l’ordre de se retirer immédiatement dans sa terre de Savigny ; les pamphlets royalistes déchirèrent alors à l’envie le défenseur de Hambourg. Le maréchal laissait, impassible, se produire toutes ces infamies ; toutefois, sur les supplications de sa famille, il publia un mémoire justificatif très digne, et surtout très concluant, qui fit taire la calomnie. Aux Cent-Jours, Napoléon chargea Davout de lui organiser une armée et de préparer la défense nationale. Davout émit à ce moment des conseils dont la franchise déplut au souverain. Le prince d’Eckmühl croyait toujours à la vitalité de la nation, mais il n’avait plus confiance dans l’Empire ; il parla à cœur ouvert ; aussi, malgré ses instances réitérées, Davout ne put-il obtenir le commandement de l’aile droite. L’impérieux Bonaparte lui préféra Grouchy. On sait ce qu’il advint de cette préférence. Waterloo brisa l’ambition du maître. Davout essaya de remonter l’esprit de Napoléon. Rien, suivant lui, n’était désespéré ; on pouvait tout attendre en s’adressant au cœur de la France. Mais l’Empereur était démoralisé, et il entendait l’exécration publique monter peu à peu autour de son nom. Le maréchal exposa nettement la situation, donna son avis, et pour soustraire Napoléon aux mille influences contradictoires qui faisaient, à chaque instant, dévier sa résolution, il l’engagea à s’enfermer à la Malmaison. C’est cet épisode de la vie de Davout que les malveillants et les envieux ont tourné contre lui pour incriminer sa mémoire. On l’a accusé d’avoir manqué de respect à une majesté tombée. Une seule circonstance a suffi pour anéantir cette imputation et pour donner un éclatant démenti au récit apocryphe de Fleury de Chaboulon qui, seul de tous les historiens ou écrivains de mémoires, a raconté la mensongère altercation reprochée à Davout. A la bibliothèque de Sens se trouve un exemplaire des Mémoires de Fleury de Chaboulon annoté de la main même de Napoléon, à Sainte-Hélène, et donné à la ville de Sens par Saint-Denis, ancien valet de chambre de l’Empereur. Nous reproduisons trois notes extraites de cet ouvrage. « On doit regarder comme d’invention pure les discours et les propos que l’on prête à l’empereur Napoléon. L’auteur le fait parler et penser selon ses propres opinions et selon les dires des gens du premier salon de service. L’auteur se reprochera toute sa vie cet ouvrage, où il compromet tant de pères de famille et calomnie tant de grands et illustres citoyens. » Enfin, en marge du récit des prétendues invectives adressées par Davout à l’empereur, celui-ci a écrit ces mots significatifs : « Quelle injustice que ce portrait ! » Après le départ de Napoléon pour la Malmaison, commencèrent les indécisions, les négociations, les entrevues. Davout était toujours attaché à l’Empereur, tout en considérant l’Empire comme fini. L’ennemi cernait Paris : le prince d’Eckmühl proposa la résistance, si le gouvernement provisoire autorisait la lutte. Carnot démontra l’impossibilité du succès et Davout dut s’incliner devant l’opinion générale. Mais les insolences des alliés croissant en raison de l’accumulation de leurs troupes, le maréchal voulut leur prouver que la France n’était pas encore écrasée. Il sort avec une poignée d’hommes et va exterminer, entre Verrières et Versailles, plusieurs régiments prussiens ; puis il attend le signal de la bataille. On lui envoie l’ordre de traiter. Il examine alors froidement la position : la lutte longue et périlleuse, la cause impériale perdue, les Bourbons acclamés, la trahison au dedans et au dehors. Il voit la France pillée, Paris bombardé, trente millions d’hommes en péril pour conserver une couronne. Il impose silence à ses sympathies, à ses instincts guerriers, à ses sentiments patriotiques, et il signe la convention de Saint-Cloud du 3 juillet. Alors, comme il était le plus en vue, comme de lui avait dépendu en quelque sorte le salut de l’Empire, tous les lâches qui avaient trahi rejetèrent sur lui leur infamie, l’accusèrent d’avoir reculé et de leur avoir donné l’exemple de la désertion. Davout se démit aussitôt du portefeuille de la guerre et se retira, avec les débris de notre armée, derrière la Loire, emportant avec lui les trésors du musée d’artillerie, les dessins topographiques et les plans en relief des places fortes. Les souverains alliés exigèrent la remise de ces collections : Davout refusa et les garda. Le 6 juillet, il négocia le ralliement de l’armée de la Loire au gouvernement des Bourbons, en sauvegardant les intérêts de ses compagnons d’armes, dont il se sépara le cœur brisé. Puis il vint à Paris, se vouer corps et âme à la défense de Ney et protester de toutes ses forces contre sa mise en accusation. Une ordonnance royale lui supprima son titre de maréchal avec tous ses traitements et l’exila à Louviers. Toutefois, en 1817, il fut réintégré dans ses titres, et, en 1819, il accepta une place a la Chambre des pairs, où il prêta au libéralisme l’appui de son nom et de sa haute raison. Cependant la santé du maréchal, qui avait bravé victorieusement tant de périls, tant d’assauts physiques et moraux, reçut tout à coup une grave atteinte. La mort de sa fille lui porta un coup dont il ne se releva point. Le croirait-on ? Les défiances de la Restauration ne cessèrent pas devant ce cercueil. Les invalides ayant exprimé le vœu d’assister au service funèbre, le gouverneur de l’hôtel reçut l’ordre de les consigner et de tenir les portes fermées pendant toute la durée de la cérémonie. Quelques-uns de ces vieux soldats ayant réussi à braver la consigne et à s’échapper par-dessus les murs pour escorter leur ancien chef à sa dernière demeure, le gouvernement résolut de les punir et de les chasser de leur refuge. Il fallut que la maréchale Davout fît trêve à sa douleur, et allât, le lendemain de l’enterrement, solliciter elle-même le pardon des insoumis ! On eut, au moins, la pudeur de ne pas lui refuser la grâce qu’elle demandait.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Liens : Maréchal Davout (1770-1823), duc d’Auerstaedt, prince d’Eckmühl – Maréchal Davout sur Wikipedia – Souvenir Davout

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novembre 11, 2007

BATAILLE D’AUSTERLITZ (1805)

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Bataille d’Austerlitz le 2 décembre 1805 ou la bataille des trois Empereurs.

Soldats ! Lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accomplie, je vous ramènerai en France. Là vous serez l’objet de mes tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra avec joie et il vous suffira de dire : j’étais à Austerlitz, pour qu’on vous réponde : Voilà un brave !

(Napoléon Bonaparte)

Austerlitz (Bataille d’). Le 2 décembre 1805, Napoléon 1er, commandant en personne l’armée française, remporta une victoire décisive sur les armées austro-russes, qui fut appelée la bataille des trois Empereurs, parce que les empereurs de Russie et d’Autriche assistaient à cette bataille. L’armée russe était commandée en chef par le fameux général Koutousov. Résultats : les alliés perdirent 40 drapeaux, les étendards de la garde impériale russe, 180 canons et 30.000 hommes tués, blessés ou prisonniers, et du côté des Français il y eut 7.000 hommes tués ou blessés. Parmi les blessés, il y avait Kellermann, Saint-Hilaire, Rapp, Sébastiani, etc.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Liens : Austerlitz – 2 décembre 1805Bataille d’Austerlitz sur Wikipedia

octobre 10, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL RAPP (1773-1821), COMTE D’EMPIRE

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Général Jean Rapp (1771-1821), comte d’Empire

Le général de division comte Rapp a eu un cheval tué sous lui ; l’intrépidité dont ce général a donné tant de preuves se montre dans toutes les occasions.

(Napoléon Bonaparte)

Rapp (Jean, comte), officier général, législateur, né à Colmar (Haut-Rhin) le 27 avril 1773, mort à Rhénewillers (Haut-Rhin), le 8 novembre 1821 ; fils de « sieur Jean Rapp, bourgeois négociant de ce lieu, et de dame Catherine Salomé d’Edighoffein » ; chef d’escadron le 16 vendemiaire an VII, général de brigade le fructidor an XI, général de division en 1805, se distingua à Austerlitz, gouverneur de Dantzig en 1807, comte de l’Empire après Wagram en 1809, grand officier de la Légion d’honneur en 1811, s’illustra tout particulièrement pendant la retraite de Russie en 1812, fut pair des Cent-Jours, mais aussi fait chevalier de Saint-Louis par Louis XVIII en 1815. L’un des bons généraux de Napoléon.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Rapp sur Wikipedia

septembre 29, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL SOULT (1769-1851), DUC DE DALMATIE

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Maréchal Jean de Dieu Soult (1769-1851, duc de Dalmatie

Soult ne m’a pas servi à Waterloo autant qu’il eût été nécessaire. Son état-major, malgré tous mes ordres, n’était pas bien organisé. Berthier eût mieux fait.

(Napoléon Bonaparte)

Soult (Nicolas-Jean de Dieu, duc de Dalmatie), pair de France lors Cent-Jours, puis en 1827, et en 1830, né à Saint-Amand-la-Bastide (Tarn) le 29 mars 1769, mort au château de Soultberg (Tarn) le 26 novembre 1851 ; fils de « sieur Jean Soult, notaire, et de demoiselle Brigitte Grenier » ; engagé le 16 avril 1785 dans le régiment royal d’infanterie ; 1er juillet 1792, adjudant major, devint capitaine le 20 août 1793, chef d’état-major de la division d’avant-garde de l’armée Sambre-et-Meuse ; assista à la bataille de Fleurus et fut promu général de Brigade le 11 octobre 1794 ; se distingua au combat de Stokack, ce qui lui valut le grade de général de division en avril 1799 ; passa à l’armée d’Helvétie commandée par Masséna et se battit à la bataille de Zurich. Colonel général de la garde consulaire le 5 mars 1802, créé maréchal de France le 19 mai 1804, grand cordon de la Légion d’honneur, le 13 pluviôse an XIII. Il commanda ensuite un corps lors de la campagne de 1805, jouant un rôle décisif à Austerlitz ; participa à la campagne de Prusse en 1806 puis à celle de Pologne en 1807. Napoléon le fit duc de Dalmatie en 1808, et l’envoya en Espagne et au Portugal. En 1813, il se battit lors de la campagne d’Allemagne auprès de l’Empereur à la tête du 4e corps d’armée à Lutzen, mais dut rejoindre Bayonne pour réorganiser l’armée du Midi suite à la défaite de Vittoria. Rallié à Louis XVIII, il est nommé en juin 1814 gouverneur de la 1ère division militaire, grand cordon de Saint-Louis (23 septembre). Le 8 juin suivant, il reçut une gratification de 200.000 francs après le retour de l’île d’Elbe puis accompagna Napoléon à Waterloo comme chef d’Etat major. De retour en grâce auprès des Bourbons après 1819, cette girouette politique se révéla encore une fois un fervent royaliste et fut décoré par le collier de Saint-Louis à l’occasion du sacre de Charles X, mais servit avec autant de zèle Louis-Philippe après 1830.

( Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Liens : Maréchal Soult (1769-1851)Maréchal Soult sur Wikipedia

septembre 22, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL DAVOUT (1770-1823), DUC D’AUERSTAEDT, PRINCE D’ECKMÜHL

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Maréchal Louis-Nicolas Davout (1770-1823), duc d’Auerstaedt, prince d’Eckmühl

La conduite du maréchal prince d’Eckmühl avait été pure et les mémoires qu’il avait publiés convenables.

(Napoléon Bonaparte)

Davout (Louis-Nicolas, duc d’Auerstaedt et prince d’Eckmühl), officier général et législateur, né à Annoux (Yonne), le 10 mai 1770, de « Jean-François Davout, écuyer, lieutenant au régiment royal de Champagne-cavalerie, seigneur d’Annoux, et de Françoise-Adélaïde Miard de Villars », mort à Paris le 1er juin 1823 ; entra comme cadet-gentilhomme, en 1785, à l’école militaire de Paris et en sortit sous-lieutenant au 19e régiment de cavalerie. S’étant déclaré partisan de la Révolution, il s’engagea dans les volontaires de l’Yonne, et fut élu, par ses camarades, chef du 3e bataillon (22 septembre 1791), fit la campagne de Belgique, sous les ordres de Dumouriez, et lors de la défection de ce dernier, Davout fit mine de tirer sur lui quand il se rendit au camp autrichien, puis fut destitué comme noble en 1793 ; cette situation ne dura que très peu de temps, puisque le 3 vendemiaire an III, il fut promu général de brigade et envoyé à l’armé de la Moselle, passa sous les ordres de Pichegru, et fut fait prisonnier à Manheim, puis échangé, défendit Kehl et se lia à Desaix, se distingua particulièrement au passage du Rhin (1er floréal an V), fit partie ensuite de l’expédition d’Egypte et prit part à la bataille d’Aboukir. En revenant en france il tomba entre les mains des Anglais et fut interné à Libourne, puis rentré en France, fut nommé général de division (14 messidor an VIII) et maréchal de France, (29 floréal an XII), puis grand-croix de la Légion d’honneur (19 pluviôse an XIII), appartint à la grande armée et se battit vaillamment à Ulm, à Austerlitz et Iéna, à Auerstaedt où il décida la victoire, puis à Eylau et Friedland. Le 8 juillet 1808, il fut créé duc d’Auerstaedt, et le 28 novembre 1809, prince d’Eckmühl ; en 1812, il eut le commandement en chef du 1er corps de la grande armée, battit les Russes à Mohilow, et fut blessé à la Moskowa. Pendant les Cent-Jours, l’Empereur le nomma ministre de la guerre (20 mars 1815), il fut élu le 2 juin suivant, membre de la chambre des pairs. Après Waterloo, il commanda l’armée réunie sous Paris ; le gouvernement provisoire envoya alors, le 3 juillet, l’ordre de traiter et, le même jour, il signa avec l’ennemi, à Saint-Cloud, la convention de Paris. Le 5 mars 1819 il fut nommé pair de France. On lui a élevé une statue à Auxerre en 1867.

(Extrait du dictionnaite sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 20, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL LANNES (1769-1809), DUC DE MONTEBELLO

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Maréchal Jean Lannes (1769-1809), duc de Montebello

L’un des militaires les plus distingués qu’a eus la France ! Chez Lannes, le courage l’emportait d’abord sur l’esprit, mais l’esprit montait chaque jour pour se mettre en équilibre. Je l’avais pris pygmée, je l’ai perdu géant… Un des hommes au monde sur lesquels je pouvais le plus compter.

(Napoléon Bonaparte)

Lannes (Jean, duc de Montebello), maréchal de France et ministre plénipotentiaire, né à Lectoure (Gers), le 11 avril 1769, de « Jean Lannes, trafiqueur, et Cécile Fouraignan mariés » mort à Vienne (Autriche) le 31 mai 1809, embrassa la carrière militaire comme simple soldat. Adjudant de division de la garde nationale parisienne en l’an III, il fut employé à la journée du 13 vendemiaire par Barras et quand Bonaparte partit en Italie, il emmena Lannes avec lui ; il y devint colonel du 29e régiment de ligne après la bataille de Millesimo et, presque aussitôt après, fut promu général de brigade, se distingua particulièrement au passage du Pô, à la bataille de Fombio et à l’affaire du pont d’Arcole où il fut blessé, fit partie de l’expédition d’Egypte et de celle de Syrie, se trouva au siège de Saint-Jean-d’Acre, puis revint en France avec Bonaparte et seconda ce dernier au 18 brumaire ; fut pourvu du commandement des Tuileries, devint commandant et inspecteur général de la garde des Consuls, assista à la bataille de Marengo et obtint alors un sabre d’honneur. Envoyé en l’an IX, en qualité de ministre plénipotentiaire à Lisbonne, il eut, avant son départ, de violentes altercations avec Bonaparte avec qui il n’avait pas l’habitude de se gêner, revint en France, à la suite des difficultées occasionnées par le droit qu’il prétendait avoir de faire dans le Tage des bâtiments chargés de marchandises, sans être soumis à aucune visite ni payer de droits ; il fut nommé maréchal de France en l’an XII, créé chef de la neuvième cohorte et grand officier de la Légion d’honneur. Lors de la reprise des hostilités avec l’Autriche, il eut le commandement de l’avant-garde de la grande armée, se porta sur Louisbourg et pénétra en Bavière, où il commença la campagne d’une façon très brillante, contribua à la victoire de Wertingen, à la défaite de Mack et à la prise d’Ulm, puis à la victoire de Hollabrünn, se battit en en héros à Austerlitz, fit ensuite la campagne de Prusse en 1806, se montra intrépide à Iéna et à Eylau, alla en Espagne, revint en Allemagne en 1809, où, après avoir accompli des prodiges de valeur à la bataille d’Essling, il eut la cuisse emportée par un boulet, fut transporté à Vienne où il mourut quelques jours après.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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