juillet 10, 2008

TRAITE DE PAIX DE LUNEVILLE (1801)

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Français, une paix glorieuse a terminé la guerre du continent. Vos frontières sont reportées aux limites que leur avaient marquées la nature… Ces succès, vous les devez surtout au courage de nos guerriers, à leur patience dans les travaux, à leur passion pour la gloire, à leur amour pour la liberté, pour la la patrie.

(Napoléon Bonaparte)

TRAITÉ DE LUNÉVILLE, traité célèbre qui mit lin à la guerre de la deuxième coalition contre la France. Conclu entre la France et l’Autriche, il fut signé le 9 février 1801 par Joseph Bonaparte et M. de Cobentzel, le négociateur de Campo-Formio. Après la bataille de Marengo, l’Autriche s’obstinait à continuer la lutte ; mais la victoire de Moreau à Hohenlinden et la marche de ce général sur Vienne, tandis que notre armée d’Italie convergeait vers le même but, décidèrent enfin le cabinet autrichien à solliciter d’abord l’armistice de Steyer, puis à entrer en négociation pour la paix. Luuéville ayant été désignée pour cet objet, M. de Cobentzel s’était rendu dans cette ville au mois d’octobre 1800, et y avait trouvé Joseph Bonaparte ; mais il n’avait fait qu’entasser difficultés sur difficultés, trahissant à chaque instant le mauvais vouloir de sa cour et le sien ; cependant les derniers événements ayant éclairé l’abîme où allait être précipité le gouvernement autrichien, il fallut bien mettre de côté toute hésitation pour éviter une catastrophe et accepter les conditions du vainqueur. Nous allons les résumer, ou plutôt en emprunter le détail à M. Thiers. Le thalweg du Rhin, depuis sa sortie du territoire helvétique jusqu’à son entrée sur le territoire batave, formait la limite de la France et de l’Allemagne. Dusseldorf, Ehrert-breitstein, Cassel, Kehl, Philipsbourg, Vieux-Brisach, situés sur la rive droite, restaient à l’Allemagne, mais après avoir été démantelés. Les princes héréditaires qui faisaient des pertes sur la rive gauche devaient être indemnisés. Il n’était pas parlé des princes ecclésiastiques ni du mode d’indemnité ; mais il était bien entendu que tout ou partie des territoires ecclésiastiques fournirait la matière de l’indemnité. L’empereur, à Lunéville comme à Campo-Formio, cédait les provinces belgiques à la France, ainsi que les petits territoires qu’il possédait sur la rive gauche, tels que le comté de Falkenstein, le Frickthal, une enclave entre Zurzach et Bale. Il abandonnait de plus le Milanais à la Cisalpine. Il n’obtenait d’autre indemnité pour cela que les Etats vénitiens jusqu’à l’Adige, qui lui étaient précédemment assurés par le traité de Campo-Formio. Ainsi la même faute, le même attentat contre un noble pays se perpétuait, sans que la clairvoyance de Bonaparte, à défaut du sentiment de la justice, vînt lui révéler les conséquences de ce crime politique. L’empereur perdait en plus l’évêché de Salzbourg qui lui avait été promis par un article secret du traité de Campo-Formio, et le duc de Toscane, de la maison d’Autriche, était dépossédé de ses Etats, qui passaient à la maison de Parme ; toutefois, une indemnité lui était promise en Allemagne; le duc de Modène, également de la maison d’Autriche, et dépossédé, recevait de son côté la promesse du Brisgau. Ainsi l’Autriche continuait d’avoir l’Adige pour limite, mais la Toscane passait de sa maison à une famille dépendante de la France ; les Anglais étaient exclus de Livourne ; toute la vallée du Pô, depuis la Sesia et le Tanaro jusqu’à l’Adriatique, appartenait à la république cisalpine, fille de la république française ; le Piémont, enfin, confiné aux sources du Pô, dépendait de nous. Nous occupions donc toute l’Italie centrale, et nous isolions l’Autriche du Piémont, des Etats de l’Eglise et de Naples. Le principe des sécularisations n’était pas explicitement, mais implicitement posé, puisque l’on promettait d’indemniser les princes héréditaires, sans parler des princes ecclésiastiques. Evidemment l’indemnité ne pouvait être demandée qu’aux princes ecclésiastiques eux-mêmes. La paix était déclarée commune aux républiques batave, helvétique, cisalpine et ligurienne, dont l’indépendance était garantie. Quant à Naples, au Piémont et au saint-siège, qui dépendaient du bon vouloir de la France, rien ne fut décidé à leur égard. L’empereur, c’était une des conditions imposées par Bonaparte, signait le traité non-seulement pour lui-même, comme souverain des Etats autrichiens, mais pour tout le corps germanique, comme empereur d’Allemagne. La France promettait d’employer secrètement sou influence, auprès de la Prusse pour la disposer à couvrir de son approbation cette manière de procéder. Les armées françaises devaient évacuer l’Allemagne, mais après que les ratifications auraient été échangées par la France et par l’Autriche. Enfin, une clause particulière stipulait que tous les détenus pour cause politique seraient rendus à la liberté.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Traité de Lunéville sur wikipedia

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novembre 25, 2007

BONAPARTE ET LE COUP D’ETAT DU 18 BRUMAIRE AN VIII (9 NOVEMBRE 1799)

Posted in Consulat, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , à 4:48 par napoleonbonaparte

Bonaparte le 19 brumaire an VIII (10 novembre 1799) au Conseil des Cinq-Cents à Saint-Cloud

La faiblesse du pouvoir suprême est la plus affeuse calamité des peuples.

L’anarchie ramène toujours au gouvernement absolu.

(Napoléon Bonaparte)

Dix-Huit brumaire an VIII. Le général Bonaparte venait d’arriver soudainement d’Egypte, au milieu de l’enthousiasme des populations sur son parcours. La première chose qu’il fit, fut d’aller rendre visite aux membres du Directoire, c’était le 25 vendemiaire, et il leur dit qu’après avoir consolidé l’établissement de son armée en Egypte, après les victoires du Mont-Thabor et d’Aboukir et confié le commandement en chef en ses lieu et place, à Kléber, il était parti pour voler au secours de la République qu’il croyait perdue, mais il la trouvait sauvée par les exploits de ses frères d’armes et il s’en réjouissait. « Jamais, ajouta-t-il en mettant la main sur son épée, jamais il ne la tirerait que pour la défense de la République. » Le président Gohier lui répondit en le complimentant sur ses triomphes et sur son retour, et lui donna l’accolade fraternelle. L’accueil fut en apparence très flatteur, mais au fond les Directeurs se méfiaient. Lannes, Murat, et Berthier ne le quittaient pas et le Directoire, de plus en plus méfiant et inquiet, cherchait à l’écarter en lui offrant un commandement, mais Bonaparte, se tenant dans l’expectative, répondait qu’il ne s’était pas encore assez reposé de ses fatigues.

Pendant ce temps, des amis faisaient tous leurs efforts pour engager Bonaparte à agir avec Sieyès et Roger Ducos : « Barras, ajoutaient-ils, est tellement déconsidéré qu’il ne compte plus. » Une entrevue eut lieu, en effet, entre Sieyès et Roger Ducos d’une part, et de Bonaparte de l’autre, et l’entente fut complète, ils décidèrent d’en finir au plus tard du 18 au 20 brumaire. Il fut décidé que l’on demanderait le transfert à Saint-Cloud des deux conseils. Le 18 au matin, un mouvement imprévu se manifesta de toute part, une nombreuse cavalerie parcourut les boulevards et tout ce qu’il y avait de généraux et d’officiers dans Paris se rendirent en grand uniforme, rue chantereine où habitait Bonaparte. Ce même jour, le Conseil des Anciens réuni aux Tuileries, décidait que les conseils seraient transférés à Saint-Cloud, le lendemain matin même, et nommait Bonaparte général en chef de toutes les troupes de la 17e division militaire, de la garde du Corps législatif, de la garde du Directoire et de la garde nationale de Paris et de ses environs. Parmi les quelques généraux qui ne voulurent point seconder Bonaparte, il y eut Bernadotte, Augereau, puis Jourdan. Nous sommes près du dénouement. Bonaparte monta à cheval pour se rendre aux Tuileries, suivi par les généraux Moreau, Macdonald, Berthier, Lannes, Murat et Leclerc. En arrivant aux Tuileries il trouva les détachements du 9e, les harangua, et, après les avoir enthousiasmés, entra dans le Palais ; il se présenta aux Anciens, accompagné de son magnifique état major, et fit son apparition à la barre : « Citoyens représentant, dit-il, la République allait périr, votre décret vient de la sauver ! Malheur à ceux qui voudraient s’opposer à son exécution. Aidé de tous mes compagnons d’armes rassemblés ici autour de moi, je saurais prévenir leurs efforts. On cherche en vain des exemples dans le passé pour inquiéter vos esprits ; rien dans l’Histoire ne ressemble au dix-huitième siècle, et rien dans ce siècle ne ressemble à sa fin… Nous voulons la République… Nous la voulons fondée sur la vraie liberté, sous le régime représentatif. Nous l’aurons, je le jure en mon nom, et au nom de mes compagnons d’armes… » Murat fut chargé d’aller occuper Saint-Cloud. Sérurier fut mis au Point-du-jour avec une réserve, Lannes fut chargé de commander les troupes qui gardaient les Tuileries, et Moreau fut chargé de garder le Luxembourg avec 500 hommes. Fouché, qui était de connivence avec Bonaparte, comme préfet de police, suspendit 12 municipalités de Paris. Le lendemain 19, la route de Saint-Cloud était couverte de troupes.

Trois salles avaient été préparées au château, l’une pour les Anciens, l’autre pour les Cinq-Cents, la troisième pour la Commission des inspecteurs et pour Bonaparte. La séance des deux Conseils s’ouvrit à deux heures. Aux Anciens rien de bien saillant ne se produisit, mais il en fut tout autrement aux Cinq-Cents. Gaudin avait mission de Sieyès et de Bonaparte d’ouvrir la séance, mais à peine a-t-il fini de parler qu’un orage épouvantable éclate dans l’Assemblée ; des imprécations, des discours violents retentissent, on entend de toutes parts ces cris : « A bas les dictateurs, point de dictature, vive la Constitution ! – La Constitution ou la mort ! s’écrie Delbrel. Les baïonnettes ne nous effrayent pas, nous sommes libres ici. » Ces paroles furent suivies de nouveaux cris. Quelques députés furieux répétèrent en regardant Lucien : « Point de dictature ! A bas les dictateurs ! » Après cette longue agitation, Grandmaison propose de prêter serment à la Constitution de l’an III. La proposition est aussitôt accueillie. On demande l’appel nominal, ce qui est accepté. Chaque député vient tour à tour préter serment à la tribune à l’applaudissement de toute l’Assemblée.Voyant le danger croître, Bonaparte et Sieyès arrête sur le champ d’en finir de suite. Bonaparte se décide à se présenter aux deux Conseils à la tête de son état-major. Il rencontre Augereau qui, d’un ton railleur, lui dit : « Vous voilà dans une jolie position ! – Les affaires étaient en bien plus mauvais état à Arcole, » lui répond Bonaparte, et il poursuit son chemin au conseil des Anciens. Il n’avait pas les habitudes parlementaires, et, au moment où il devait prendre la parole devant les Anciens, il se trouva quelque peu géné. « Citoyens représentants, dit-il, vous n’êtes point dans des circonstances ordinaires, mais sur un volcan. Permettez-moi quelques explications. Vous avez cru la République en danger ; vous avez transféré le Corps législatif à Saint-Cloud ; vous m’avez appelé pour assurer l’exécution de vos décrets ; je suis sorti de ma demeure pour vous obéir, et déjà on nous abreuve de calomnies, moi et mes compagnons d’armes : on parle d’un nouveau Cromwell, d’un nouveau César. Citoyens, si j’avais voulu d’un tel rôle, il m’eut été facile de le prendre au retour d’Italie, au moment du plus beau triomphe, et lorsque l’armée et les partis m’invitaient à m’en emparer, je ne l’ai pas voulu alors, je ne le veux pas aujourd’hui. Ce sont les dangers seuls de la patrie qui ont éveillé mon zèle et le vôtre. » Il trace ensuite le tableau de la situation dangereuse de la République, tableau qu’il rend très noir. « Prévenons, ajoute-t-il, tant de maux ; sauvons les deux choses pour lesquelles nous avons fait tant de sacrifices, la liberté et l’égalité… »  » Parlez donc aussi de la Constitution ! » lui crie Lenglet. Cette interruption interloque sur le moment le général, mais bientôt remis, il répond :  » De Constitution ! vous n’en avez plus. C’est vous qui l’avez détruite en attentant, le 18 fructidor, à la représentation nationale, en annulant, le 22 floréal, les élections populaires, et en attaquant le 30 prairial, l’indépendance du gouvernement. Cette Constitution dont vous parlez, tous les partis veulent la détruire. Ils sont tous venus pour me faire confidence de leurs projets, et m’offrir de les seconder. Je ne l’ai pas voulu ; mais, s’il le faut, je nommerai les partis et les hommes. » – « Nommez-les, s’écrie alors les opposants, nommez-les, demandez un comité secret. » Une longue agitation succède à cette interruption. Bonaparte attend quelques moments et reprend la parole : « Environné de mes frères d’armes, je saurai vous seconder. J’en atteste ces braves grenadiers dont j’aperçois les baïonnettes, et que j’ai si souvent conduits à l’ennemi, j’en atteste leur courage, nous vous aiderons à sauver la patrie, et si quelque orateur, ajoute Bonaparte d’une voix menaçante, si quelque orateur, payé par l’étranger parlait de me mettre hors la loi, alors j’en appelerais à mes compagnons d’armes. Songez que je marche , accompagné de la fortune et du dieu de la guerre. » Ces paroles menaçantes étaient à l’adresse des Cinq-Cents. Quant aux Anciens, ils furent gagnés à sa cause ; ils lui accordèrent les honneurs de la séance. De là, sûr à peu près de lui-même, il se rendit aux Cinq-Cents suivi de quelques grenadiers ; il entre et laisse des grenadiers derrière lui au bout de la salle. A peine arrivé au milieu, une tempête furieuse éclate de toutes parts. « Quoi ! s’écrient plusieurs voix, des soldats ici ! des armes ! Que veut-on ? A bas le dictateur ! A bas le tyran ! » Beaucoup de députés s’élancent au milieu de la salle, entourent Bonaparte et lui adressent des interpellations très vives. Quoi ! lui dit Destrem, c’est pour cela que vous avez vaincu ?… Tous vos lauriers sont flétris… Votre gloire s’est changée en infamie… Respectez le temple des lois. Sortez, sortez ! » Bonaparte au milieu de cette foule menaçante, semble perdre contenance. Les grenadiers qu’il avait laissé à la porte accourent, repoussent les députés et le saisissent par le milieu du corps. Des coups de poignards auraient été donné sans l’atteindre. Le grenadier Thomé eut ses vêtements déchirés. Bonaparte est emporté hors de la salle, fort pâle, il monte à cheval, se rend auprès des troupes, et leur crie que l’on a voulu l’assassiner, il est accueilli par les cris de : Vive Bonaparte ! Cependant l’orage continue au sein du Conseil des Cinq-Cents et, cette fois, les attaques sont dirigés contre Lucien, frère de Bonaparte. Lucien essaie d’être ferme à son poste : « Votre frère est un tyran, lui dit-on ; en un jour il a perdu toute sa gloire ! » Ce dernier chercha à le justifier. « Vous n’avez pas voulu l’entendre, leur répond-il. – Non, non, à bas le tyran ! clament certains des Cinq-Cents. Hors la loi ! ajoutent-il. » Ce mot terrible, on le sait, avait perdu Robespierre ; prononcé devant les troupes, il pouvait jeter la perturbations dans les rangs. Lucien, qui ne voulut pas mettre aux voix la proposition de mise hors la loi de son propre frère, déclara qu’il renonçait au fauteuil de la présidence et descendit. Bonaparte, entendant du dehors ce qui se passait, fait entrer quelques grenadiers pour sauver son frère, puis se décide à en finir d’un seul coup : il monte à cheval avec Lucien et parcourt le front des troupes. Lucien les harangue. « Le Conseil des Cinq-Cents est dissous, leur dit-il ; c’est moi qui vous le déclare. Des assassins ont envahi la salle des séances, et ont fait violence à la majorité : je vous somme de marcher pour la délivrer. » Murat et Leclerc ébranle alors un bataillon de grenadiers et le conduisent à la porte des Cinq-Cents. A la vue des baïonnettes les députés jettent des cris épouvantables, mais des roulements de tambours couvrent leurs cris : Grenadiers, en avant ! commandent les officiers. Ces derniers entrent dans la salle et dispersent en tous sens les députés, les uns par les couloirs, les autres par les fenêtres. La salle est évacuée et Bonaparte reste complètement maître du champ de bataille. La nouvelle, portée aux Anciens, loin de les rasséréner les plonge dans l’inquiètude et les regrets. Mais Bonaparte avait réussi, et les députés des Anciens, quoique atteints de remords, acceptèrent le fait accompli…

Bonaparte, Roger Ducos et Sieyès furent nommés consuls provisoires et les Conseils furent ajournées au 1er ventôse prochain. Deux commissions, qu’on a appelées intermédiaires, de vingt-cinq membres chacune, prises dans les deux Conseils, furent chargées de fonctionner et d’approuver les mesures législatives que les trois Consuls eurent besoin de prendre. Les Consuls et les commissions susdites furent chargées de rédiger une Constitution nouvelle. Tel fut le 18 brumaire.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Coup d’Etat du 18 brumaire sur Wikipedia

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