mars 16, 2008

GENERAL GEBHARD LEBERECHT VON BLÜCHER (1742-1819)

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Feld Marechal Gebhard Leberecht von Blücher (1742-1819)

Blücher est un brave soldat, un bon sabreur. C’est comme un taureau qui ferme les yeux et se précipite en avant sans voir aucun danger. Il a commis des millions de fautes, s’il n’eût été servi par les circonstances, j’aurai pu différentes fois le faire prisonnier, ainsi que la plus grande partie de son armée. Il est opiniâtre et infatigable, n’a peur de rien et est très attaché à son pays ; mais comme général, il est sans talent.

(Napoléon Bonaparte)

BLÜCHER (Gerhard-Leberecht DE), prince de Wahlstatt, feld-maréchal des armées prussiennes, né à Rostock, dans le Mecklembourg, le 16 décembre 1742, mort à Kriblowitz le 12 septembre 1819, était fils d’un capitaine au service de la Hesse-Cassel. A l’âge de treize ans, il fut envoyé dans l’île de Rugen, près d’une de ses parentes, Mme de Krakwitz. Là, il s’adonna à sa nature sauvage et fougueuse, se livra aux exercices du corps, qui seuls convenaient à ses goûts, et sentit s’éveiller en lui sa passion pour les armes en voyant dans l’île un régiment, de hussards suédois. Malgré toutes les représentations, il s’engagea en qualité de porte-enseigne dans l’armée suédoise ; mais, dès sa première campagne, il fut fait prisonnier à Suckow par les Prussiens, et incorporé presque de force, par le colonel Belling, dans les troupes de Frédéric (1760). D’abord cornette dans le régiment des hussards noirs, il acquit quelque réputation par son courage impétueux pendant la guerre de Sept ans, se signala a Kunersdorff et à Freiberg, où il fut blessé, et se fit un renom comme duelliste. Après la paix d’Hubertsbourg (1763), Blucher étudia l’art militaire sous la direction du major Poscharli, mais s’abandonna surtout à la vie désordonnée des soldats en garnison. Devenu capitaine en 1770, il prit part à la guerre de Pologne, s’attira le mécontentement du général Loskow par la cruauté avec laquelle il traita ses prisonniers, et, pour ce fait, il se vit préférer un subalterne dans une promotion. Blessé de ce qu’il considérait comme un passe-droit, Blucher donna sa démission, que Frédéric accepta en ces termes : « Le capitaine Blucher est congédié et peut aller au diable (1773). » Il se retira alors à la campagne, se maria avec la fille d’un riche fermier général, Mlle de Mehling, s’occupa d’exploitations agricoles et fut nommé membre du conseil de la noblesse ; mais à peine Frédéric II fut-il mort (1786), que Blucher accourut à Berlin et reprit du service dans son ancien régiment. D’abord major, puis colonel en 1790, il se distingua par son sang-froid, son audace et sa farouche intrépidité pendant les campagnes de 1793 et contre les Français, notamment à Moorlautern, à Kaiserlautern, à Edesheim, à Neustadt, et fut nommé général major (1794). Après la paix de Bâle (1795), il se remaria, fut promu au grade de lieutenant général (1801) et devint gouverneur de Munster, de 1803 à 1806. A cette époque, la guerre ayant recommencé avec la France, Blucher prit part à la bataille d’Auerstaedt, où il commença l’attaque à la tête de vingt-Cinq escadrons. Ecrasé par la formidable artillerie de Davout, il opéra vers la Poméranie une retraite qui lui a été vivement reprochée. Le prince de Hohenlohe, ne pouvant gagner Stettin sans cavalerie et ayant vainement donné l’ordre à Blücher de le rejoindre, se vit contraint de signer la capitulation de Prenzlau et de se rendre. Coupé et poursuivi dans tous les sens, Blucher échappa, avec 10.000 hommes, au général Klein, en lui affirmant, contrairement à la vérité, qu’un armistice venait d’être signé ; puis il entra dans le Mecklembourg, fit sa jonction avec le corps du duc de Weimar, et combattit entre Wahren et Vieux-Schwerin, mais sans succès. Poursuivi par le grand-duc de Berg, par Soult et Bernadotte, il se jeta dans la ville libre de Lubeck, et, après une sanglante et inutile défense, qui fit subir à cette cité neutre toutes les horreurs d’une place prise d’assaut, il se retira en désordre sur Schwartau, et se vit forcé de mettre bas les armes, ainsi que le duc de Brunswick et 16.000 officiers et soldats. Bientôt après, il fut échangé contre le général Victor et se rendit à Koenigsberg, où, malgré les fautes qu’il avait commises dans cette campagne, il fut reçu avec distinction par la cour. Après la paix de Tilsit (1807), Blücher vécut dans l’inaction, mais sans dissimuler la haine profonde qu’il ressentait contre les Français. Ce fut avec une joie des plus vives qu’il apprit les résultats désastreux de la campagne de Russie, et qu’il vit arriver le moment de sortir de son repos. La Prusse entra dans la coalition (1813), et, bien que Blücher eût alors soixante et onze ans, il fut nommé commandant en chef de l’armée prussienne. A la tête de 40.000 Prussiens et Russes, il s’avança vers la Saxe, fit sa jonction avec le général Wittgenstein et rencontra, le 1er mai 1813, les Français à Lutzen. Le vieux Prussien, bien que blessé, ne quitta point le champ de bataille tant que dura l’action ; il se distingua également aux journées de Bautzen et de Hanau, et remporta sur Macdonald, à la Katzbach, un avantage marqué. Après la suspension d’armes conclue le 5 juin, Blücher prit le commandement de l’armée russo-prussienne, dite de Silésie, qui était forte de 120.000 hommes. Reprenant alors l’offensive, il s’avança vers Dresde, et, malgré les efforts de Napoléon, il passa l’Elbe (3 octobre 1813), battit les corps de Ney, Marmont et Bertrand, et marcha sur Leipzig, où Napoléon attendait les alliés, et leur livra une bataille de trois jours, qui se termina par la retraite des Français, trahis par les Saxons. Nommé feld-maréchal le lendemain de son entrée à Leipzig, Blucher poursuivit l’armée française ; mais il se trompa sur sa direction et marcha sur Coblentz, où il croyait que Napoléon se retirait. Arrivé sur les bords du Rhin le 1er janvier 1814, il le franchit près de Kaub, entra à Nancy le 17 du même mois, remporta sur Napoléon un avantage à la Rothière (1er février). Enflé de ce succès, Blücher, qui avait dit au moment où l’invasion avait été résolue : « Je veux planter mon drapeau sur le trône de Napoléon, » Blucher, voulant arriver le premier à Paris, se sépara de Schwarzemberg, s’engagea entre la Seine et la Marne, se fit battre à Champaubert et à Montmirail, et arriva à Soissons, qui se rendit, ce qui lui permit d’avancer encore et d’attendre près de Laon, dans une position formidable, Napoléon, qui l’attaqua avec des forces trop inférieures, et perdit la bataille. Après cette victoire, Blücher marcha sur Paris, fit, après le combat d’Arcis, sa jonction avec les alliés, et vint camper sur les buttes Montmartre. Le 31 mars, les armées alliées entraient à Paris. Nommé par le roi de Prusse prince de Wahlstatt, comblé d’honneurs et de dotations, Blücher fut néanmoins tenu à l’écart de la politique active par le tsar Alexandre. Bientôt après, il accompagnait à Londres les souverains alliés, y était accueilli avec enthousiasme, nommé docteur en droit par l’université d’Oxford, honneur qui dut le toucher médiocrement, et, de retour sur le continent, il assistait au congrès, où il proposa de démembrer la France. Lorsque, en 1815, Napoléon débarqua à Cannes, accourut à Paris et reprit sa terrible épée, Blücher fut nommé de nouveau général en chef de l’armée prussienne. Battu à Ligny par Napoléon, qui tua 15.000 Prussiens dans cette journée (16 juin), Blücher décidait trois jours après, par son arrivée inopinée, le succès de la bataille de Waterloo. Une seconde fois, le général prussien entra à Paris. Là, il manifesta sa haine contre la France par ses manières brutales et par des actes de vandalisme dignes d’un sauvage. Non content de piller Saint-Cloud, où il établit d’abord son quartier général, il livra la Bibliothèque royale à la merci de ses officiers en disant : « Tous les livres sont prisonniers de guerre : ils sont en rang et en file, prenez, emportez tout ce que vous voudrez. » II leva d’énormes contributions de guerre, accabla les populations de vexations inouïes, voulut faire prisonnière la garde nationale, parce qu’une partie avait combattu les envahisseurs, et ordonna de faire sauter par la mine le pont d’Iéna, parce que ce nom était injurieux pour la Prusse en rappelant une de ses défaites. Vainement la municipalité s’adressa à Wellington pour qu’il intervînt. Celui-ci se contenta de répondre : « Je suis le maître dans Paris, Blücher est le maître hors de Paris et le pont d’Iéna est en dehors, cela ne me regarde pas. » Blücher toutefois fit cesser les travaux de destruction, moyennant une somme de 300.000 francs qu’on lui apporta. Bientôt après l’arrivée des souverains alliés, le général prussien transporta son quartier général à Rambouillet, répandit ses troupes dans les départements en deçà de la Loire, les autorisa à se livrer au pillage et à la dévastation et fit arrêter un assez grand nombre de citoyens, qu’il envoya peupler les forteresses prussiennes. Exécré des Français, désapprouvé par les souverains étrangers, et surtout par le tsar Alexandre, le farouche général n’en reçut pas moins de nouvelles récompenses de Frédéric-Guillaume III, qui créa pour lui une décoration spéciale, une croix de fer entourée de rayons d’or. Après la paix de Paris, il retourna en Prusse, puis se fixa dans ses terres de Silésie, où, malade, sombre, irascible, il mourut, après avoir reçu la visite du roi. Un mois environ avant sa mort, la ville de Rostock avait fait ériger une statue colossale en bronze du feld-maréchal, pour célébrer l’anniversaire de la bataille de la Katzbach. C’était la première fois, en Allemagne, qu’on élevait une statue à un homme vivant. Les villes de Berlin et de Breslau suivirent l’exemple de Rostock, la première eu 1826 et la seconde en 1827. Soldat intrépide et excellent officier de cavalerie, Blücher ne fut qu’un médiocre général. L’impétuosité de ses attaques lui avait mérité le surnom de maréchal Vorwoets (en avant) ; mais comme tacticien, il était d’une nullité complète. « Blücher, a dit un de ses compatriotes, est assez habile pour la petite guerre. Il fond sur l’ennemi, et ordinairement repoussé, rallie ses troupes, se met en embuscade, attaque de nouveau, et, par de nouvelles surprises, fatigue plus qu’il ne nuit. Grand joueur, il porte à la guerre l’esprit de la table de jeu ; il est minutieux et s’isole, il ne se bat jamais d’ensemble avec le reste des troupes. C’est Blücher qui a causé la dévastation de Lubeck etdu Mecklembourg. Il est brave, mais sans lumières, et, comme général, infiniment au-dessous de son siècle. » Exalté d’abord outre mesure, Blücher n’a pas tardé à être remis à son rang, même par les ennemis de cette France qu’il exécrait. Servi par les circonstances et par la fortune, il partagea avec Wellington la gloire d’avoir porté le coup suprême au plus grand homme de guerre des temps modernes ; mais il ne fut, en réalité, qu’un intrépide et farouche partisan, dont la réputation militaire n’a pas survécu à l’enthousiasme excité en Allemagne à la nouvelle de nos revers. Le nom de Blücher joue un grand rôle dans notre histoire, disons mieux, dans notre amour-propre national. Certainement, le principe de la guerre trouve en nous un ennemi déclaré ; nous acceptons les luttes fratricides comme une nécessité déplorable, et, forcé de capituler avec le mal, nous reléguons nos années permanentes aux frontières. Cela posé, entrons résolument en matière. Le nom de Blücher est singulièrement antipathique à notre pays ; il sonne à nos oreilles françaises à peu près comme celui d’Erostrate aux oreilles des Delphiens. Dans cette France toujours si généreuse, le général prussien, en un jour de victoire, s’est conduit comme un sauvage, comme un lieutenant de Tamerlan ou d’Attila ; nos soldats, nos officiers surtout s’en souviennent, et le mot prussien est très impopulaire chez nous. Ce sentiment remonte même plus haut ; il prend naissance à Rosbach, et le nom de Blücher est le dernier anneau de cette chaîne d’inimitiés.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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janvier 17, 2008

ARTHUR WELLESLEY (1769-1852), DUC DE WELLINGTON

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Arthur Wellesley (1769-1852), duc de Wellington

Si je juge les actions de Wellington d’après les dépêches, et surtout d’après sa conduite envers Ney, son procès et son exécution, je dois dire que c’est un homme de peu d’esprit, sans générosité ni grandeur d’âme. Wellington est un homme ordinaire. Il a été prudent et heureux, mais ce n’est pas un grand génie.

(Napoléon Bonaparte)

Wellington (Arthur Wellesley, duc de). Général et homme politique anglais, né à Dublin le 30 avril 1769, mort à Walmer-Castle, dans le comté de Kent, le 14 septembre 1852. Il était le fils du comte de Mornington. Il commença ses études au collège d’Eton, les continua à Brighton avec un précepteur et vint ensuite en France, où il entra comme élève étranger à l’Ecole militaire d’Angers. De retour en Angleterre, il obtint en 1787 le grade d’enseigne au 73e régiment et parvint en moins de six ans au grade de lieutenant-colonel. Il fut nommé, en 1790, membre du Parlement d’Irlande, où il se fit peu remarquer. En 1794, il se distingua dans la campagne de Belgique, au combat de Bontel, où il eut la mission difficile de couvrir la retraite des troupes anglaises qu’il sauva d’un désastre. L’année suivante, il partit pour les Antilles ; mais son vaisseau, repoussé par des vents contraires, dut revenir en Angleterre. Nommé colonel au mois de mai 1796, il alla rejoindre dans le cours de la même année son régiment au Cap de Bonne-Espérance et fut envoyé à sa tête à Calcutta, où il arriva, en février 1797. Il fut désigné presque aussitôt pour une expédition contre Manille, mais l’expédition fut arrêtée à son début. A ce moment, son frère, Richard Wellesley, était nommé gouverneur général des Indes en mai 1798 ; grâce à sa diligence et à son habile organisation, l’armée destinée à combattre Tippo-Saëb en 1799 se trouva équipée, approvisionnée et prête à entrer en campagne en temps opportun. Durant cette célèbre expédition, le général en chef Harris donna à Wellington le commandement du corps d’armée destiné à envahir le Nizam. A la bataille île Mallavelly, le 27 mars de la même année, il commandait l’aile gauche, dont l’admirable élan décida le succès de la journée. Il subit peu après un échec au siège de Seringapatam ; mais, le 6 avril, il prit sa revanche en refoulant l’ennemi et en l’obligeant à se renfermer dans la place. Durant le siège, il dirigea le travail des tranchées, et après la prise de la place, en juin 1799, il en fut nommé gouverneur. L’année suivante, il réprima avec autant d’habileté que de vigueur l’immense, insurrection fomentée par le Mahratte Dhoundiah, qu’il défit et tua à Conahgull le 10 septembre, après une lutte de deux mois. En 1802, nommé major général et envoyé contre les Mahrattes, il débuta dans cette mémorable campagne en délivrant la ville de Pounah, capitale de Badge-Rao, des attaques du chef mahratte et y réinstalla Badhge-Rao. Remontant ensuite vers le nord, il prit Ahmednuggur le 12 août de la même année, après un combat opiniâtre. Le 23 septembre, à la tête de 8.000 soldals, il subit à Assaye le choc d’environ 50.000 Muhrattes, et, bien qu’ébranlé par cette rencontre inattendue, il les battit complètement. « Cette bataille, dit M. Ernouf, l’une des plus étonnantes de ce siècle, qui en a vu tant, de mémorables, n’est pas assez connue en France. Pour en apprécier le mérite, il faut se rendre compte que les Mahrattes étaient les plus braves combattants de l’Inde ; que 10.000 d’entre eux, c’est-à-dire un nombre égal à la totalité des forces de l’adversaire, étaient armés et disciplinés a l’européenne, enfin que leur artillerie était servie par des officiers français. En présence d’un ennemi si supérieur, la victoire, le salut n’étaient que dans un excès d’audace, et Wellesley, si circonspect depuis dans les grandes guerres du continent européen, attaqua cette fois avec une vigueur, un élan dont on trouve peu d’exemples dans les fastes militaires. La bataille d’Assaye fut longtemps et vivement disputée ; la victoire, déjà conquise, faillit être arrachée aux Anglais par le stratagème des artilleurs franco-mahrattes, qui se couchèrent sous leurs canons ou firent les morts au passage des cipayes et les prirent ensuite à revers dans le désordre de la poursuite. Sous ce feu imprévu et terrible, cette poignée de vainqueurs flottait déjà plus près de la destruction que de la victoire, parmi les masses ennemies qui commençaient à se rallier, quand Wellesley ressaisit l’avantage en se mettant à la tète de deux régiments d’élite, dont la charge accablante éteignit pour tout de bon cette fois l’artillerie ennemie. » La bataille d’Argoum, gagnée par Wellington le 29 novembre 1803, sur environ 40.000 combattants ennemis, et la prise du fort de Gawilghur terminèrent cette brillante campagne. Le 10 mars 1805, Wellington repartit pour l’Europe après avoir reçu de nombreux présents, entre autres un service en vaisselle plate estimé 2.00 livres sterling et une épee d’honneur enrichie de diamants. A son arrivée en Angleterre, il fut admirablement accueilli. Il reçut publiquement les félicitations du Parlement et l’ordre du Bain. La guerre venait de recommencer contre la France. Au mois de novembre de la même année, il partit pour le Hanovre, où la récente victoire d’Austerlitz nécessitait une plus grande concentration de forces. L’année suivante, envoyé au Parlement par le bourg de Rye, il prononça un discours en faveur de l’administration de son frère. En 1807, il fut envoyé en Irlande en qualité de secrétaire du duc de Richmond, lord-lieutenant d’Irlande. Il commanda ensuite une division d’infanterie sous les ordres de lord Cathcart, lors de l’expédition danoise. Il remporta une victoire à Kiœge le 29 août 1807, et l’on doit reconnaître qu’il agit dans cette campagne avec humanité. Le 25 avril 1808, Wellington fut nommé lieutenant général au moment où commençait la guerre d’Espagne. Envoyé d’abord contre Junot, en Portugal, à la tête d’un corps d’auxiliaires anglais, il débarqua à Mondego, d’où il alla se mettre à la disposition du général Dalrymple, sous les ordres duquel il était placé. Il remporta, le 17 août 1803, un premier avantage sur les troupes françaises, commandées par le général Delaborde, à Roliça, et massa ensuite son corps d’armée à Vimiero, où il fut rejoint par le contingent que lui amenait le général Anstruther. Il étuit sur le point d’attaquer Junot Torres-Vedras, mais il reçut l’ordre de se tenir sur la défensive, et ce fut lui, au contraire, qui eut à subir l’attaque de Vimiero par les troupes de Junot. Ce dernier, qui croyait avoir facilement raison des Anglais, bien que ceux-ci fussent supérieurs en nombre et qu’ils occupassent une position très forte, les attaqua, le 21 août, avec beaucoup de vivacité. Malheureusement, il’ avait divisé ses troupes en deux corps qui, malgré leur admirable élan, furent repoussés, et battus en détail. On prétend que cet avantage, qui donna à Wellington une idée exacte de la force de résistance des troupes anglaises, eut une grande influence sur ses idées touchant l’art de la guerre, et que, sauf de très rares exceptions, il résolut d’attendre qu’on lui offrît le combat au lieu de l’aller chercher lui-même. Cependant, par suite des ordres supérieurs qu’il avait reçus, il ne put profiter de ce succès pour couper à Junot la route de Lisbonne, et ce dernier, sentant par là sa position améliorée, négocia avec le général Dalrymple la convention de Cintra pour l’évacuation du Portugal. L’opinion publique s’émut fortement eu Angleterre de cette espèce de capitulation, que l’on trouvait outrageante pour l’honneur national. Une enquête fut même ouverte sur la conduite des deux généraux, mais « Wellington prouva qu’il n’avait fait qu’obéir aux ordres de son supérieur, tout en prenant le parti de Dalrymple, qu’il défendit avec habileté. Il gagna sa cause devant la Parlement comme devant le public et reprit ses fonctions de secrétaire d’Irlande, ainsi que son siège à la Chambre des communes. Il allait cependant retourner dans la péninsule. Après la catastrophe de sir John Moore, il reçut le commandement en chef de l’expédition et partit immédiatement pour se rendre à son poste. Dès le début et contre l’avis général, il se décida de prendre le Portugal pour base de ses opérations militaires, et la suite montra que seul il avait vu juste. Le 22 avril 1809 lorsqu’il débarqua au Portugal, la position des Espagnols soulevés et des Anglais devenait chaque jour plus mauvaise. Wellington se décida à opérer d’abord contre Soult, qui venait de s’emparer d’Oporto, et le força d’abandonner la ville et de se réfugier dans les défilés des sierras. Momentanément débarrassé de ce redoutable adversaire, il se dirigea sur le corps d’armée commandé par Victor et franchit, en suivant le Tage, la frontière d’Espagne. Cette campagne, qui se termina par la bataille des 27 et 28 juillet et fut suivie d’une admirable retraite, est connue sous le nom de campagne de Talavera ; elle valut au jeune général les titres de baron de Douro et vicomte Wellington de Talavera, ainsi qu’une pension de 2.000 livres sterling. Retiré au Portugal, Wellington s’y fortifia avec activité en se retranchant dans les lignes de Torres-Vedras. « Toutes les ressources de l’art, dit Brialmont, avaient été mises à contribution pour rendre ce vaste camp retranché digne du rôle qu’il devait jouer : des redoutes occupaient les terrains abrupts ; les pentes des hauteurs étaient taillées verticalement ; des lignes redoublées d’abatis obstruaient les vallées ; des retranchements continus défendaient les cours d’eau ; une nombreuse artillerie commandait les différentes approches ; les routes favorables à l’ennemi avaient été détruites, les autres, élargies ; les ponts minés ; il n’existe pas d’exemple d’une position si habilement et si fortement retranchée. » « Enfin, dit M. Ernouf, ces lignes étaient défendues par 70.000 hommes de troupes régulières, sans compter les milices. En présence de ces indications, on a peine d’abord à comprendre la longue et excessive circonspection du vainqueur d’Assaye devant un assiégeant beaucoup moins fort que lui : mais cet étonnement cesse quand on examine sa situation. De l’aveu de ses panégyristes, Wellington avait commencé par ruiner le Portugal pour le sauver, et ce royaume portait encore, après plus d’un demi siècle écoulé, les stigmates de ce rude sauvetage. Il avait à lutter, dans Lisbonne même, contre les préjugés et les rancunes d’un puissant parti clérical, puis contre les fausses mesures de la junte espagnole et contre le découragement visible du gouvernement anglais lui-même, qui, pendant un certain temps, n’attendit que le prétexte du moindre échec pour rappeler l’armée. «Wellington, cependant, se raidissait contre les difficultés de toute nature ; il eut deux engagements, les 12 et 15 mars 1811, avec l’arrière-garde de l’année française, commandée par Ney, contre lequel il ne put obtenir d’avantage décisif. Il reconduisit cependant, la talonnant sans cesse, l’armée française jusqu’en Espagne, où il mit le siège devant la forteresse d’Almeida, depuis un an au pouvoir de Masséna. Celui-ci reprit immédiatement l’offensive. Une bataille dont l’issue resta douteuse fut le premier effet de cette nouvelle position. Cependant, au moment de pénétrer eu Espagne, Wellington, désirant couvrir une retraite possible vers le Portugal, résolut de s’emparer à son tour de Badajoz et de Ciudad-Rodrigo. Deux fois, en mai 1811, il tenta de s’emparer de la première, de ces places, et il fut repoussé, ainsi que de Ciudad-Rodrigo, où l’arrivée du duc de Raguse l’obligea de repasser la Coa, après une retraite honorable, bien que précipitée. Mais au commencement de la campagne suivante, il prit sa revanche en s’emparant, du 6 au 14 janvier, des deux places qu’il convoitait. Ce double succès changea tout à fait la position de Wellington, qui résolut à la fois d’inquiéter le nord, le centre et le midi de l’Espagne, mais en réalité pour se porter avec presque toutes ses forces sur la Castille. Il prit Salamanque le 17 juin et obligea le duc de Raguse à rétrograder vers le Douro. Alors commença, entre les deux généraux, une série d’opérations, de marches et de contre-marches qui aboutit à la bataille des Arapiles, pendant laquelle Marmont fut blessé et dut battre en retraite. Ce nouveau succès valut à Wellington le titre de marquis et un don national de 100.000 livres sterling. Il avait réussi à faire rétrograder l’armée du Centre, venue trop tard au secours de Raguse. Mais les armées du Nord et de l’Andalousie, ayant rallié celle du Centre, menacèrent à leur tour Wellington, qui dut opérer sa retraite par l’Estramadure, et parvint, après avoir rallié le corps de Hill, à rallier ses forces auprès de la Tormès, d’où, menacé par Soult, il réussit, à la faveur des brouillards, à gagner le Portugal. L’année suivante, il résolut de se rapprocher de la frontière de France, pour intercepter les communications avec l’armée française, et commença, au mois de mai, cette fameuse marche de Vittoria qui l’a fait considérer par les hommes de guerre comme un des premiers tacticiens de son temps. Le 21 du mois suivant, il attaquait et rompait les lignes françaises dans le bassin de Vittoria et, par cet avantage, mettait fin à notre domination en Espagne. Cependant, Soult s’était décidé à reprendre l’offensive ; mais Wellington, malgré des avantages partiels et la prise de Saint-Sébastien, se refusait à envahir le territoire français et restait sur la défensive. Il changea de tactique lorsque l’Europe se fut définitivement coalisée contre la France ; les 7 et 8 octobre, il attaqua Soult sur la Bidassoa et l’obligea à se replier sur la Nivelle et à s’y retrancher. Puis, sans lui laisser un instant de trêve, il parvint à enfoncer nos lignes et pénétra sur notre territoire le 10 novembre 1813. Il avait pourtant contre lui en ce moment le parti libéral espagnol, plus favorable encore, aux Français qu’aux Anglais ; mais il se déclara ouvertement pour le parti réactionnaire et contre la constitution promulguée en 1812. Un mois après, par une tactique habile, il fit des avances au parti libéral et, après avoir exposé ses plans au cabinet anglais, soumit à la ratification du conseil de régence le traité de Valençay. Il recommença alors ses opérations contre Soult et, malgré le manque d’argent et de matériel, livra la bataille d’Orthez, qu’il gagna le 27 février 1814. Il mit ensuite le siège devant Bayonne et envoya 12.000 hommes, commandés par Beresford, pour investir Bordeaux. Soult, qui ignorait la prise de cette ville, rétrograda vers Toulouse lorsqu’il l’eut apprise et fut suivi par « Wellington. « Y eut-il vraiment un vainqueur dans la célèbre bataille de Toulouse ? demande M. Ernouf. Cette question, si souvent controversée, ne sera peut-être jamais résolue. Soult avait perdu la position capitale du mont Rancié ; à la suite de la bataille du 10 avril, il évacua Toulouse dans la soirée du 11, et Wellington y entra le lendemain. Il paraît démontré aujourd’hui qu’il n’aurait pas occupé Toulouse si, dans ce moment suprême, Suchet avait répondu à l’appel de Soult. On a fait à Wellington un reproche tout à fait injuste, celui d’avoir combattu sachant déjà l’abdication de Napoléon. Le jour de la bataille, il ignorait même encore l’entrée des alliés dans Paris, Pendant cette longue et terrible guerre, Wellington fit sans doute des fautes ; bien des circonstances qu’il n’avait pu prévoir concoururent à son succès, mais ses fautes mêmes lui profitèrent, et il fit preuve d’une fermeté de caractère et d’une perspicacité remarquables. » La guerre finie, Wellington fut envoyé à Paris par lord Castlereagh ; de là il se rendit, à Toulouse, puis à Madrid, d’où il revint à Londres, où il reçut les titres de marquis de Douro et de duc de Wellington. Enfin, le janvier 1815, il partit pour le congrès de Vienne, où il allait remplacer Castlereagh. Après le retour de l’île d’Elbe, il devint un des agents les plus actifs de la coalition qui le mena à remporter la bataille de Waterloo. En 1818, il se prononça au congrès d’Aix-la-Chapelle pour l’évacuation de la France par les années alliées, et, en 1822, il blâma, comme plénipotentiaire au congrès de Vienne, l’intervention de la France en Espagne. Sa carrière désormais terminée, Wellington se consacra à la politique, où il se plaça parmi les tories. Lors de la mort de Canning, il accepta la présidence d’un cabinet provisoire, dont le véritable inspirateur était Robert Peel. Il s’opposa d’abord au bill de réforme de 1832 et fut obligé cependant d’y accéder, mais de mauvaise grâce, ce qui, momentanément, diminua sa popularité. Le 29 avril 1834, il fut élu à l’unanimité chancelier de l’université d’Oxford. Lors du premier ministère de Peel, Wellington accepta le ministère des relations extérieures, de 1834 à 1835. Lors du second ministère de cet homme d’Etat, formé en août 1841, il en fit partie comme ministre sans portefeuille et fut nommé, l’année suivante, commandant en chef de l’armée anglaise, en remplacement de Hill. Le 28 mai 1846, il fit supprimer la loi sur les céréales, et, le 30 septembre de la même année, il se vit élever dans Green Park une statue équestre. Dans ses derniers jours, Wellington était devenu de la part de la famille royale et du peuple anglais l’objet d’un fétichisme véritable. On ne voyait plus en lui l’homme de guerre habile et plein de fermeté, mais le vainqueur des vainqueurs, le plus grand des capitaines, presque le dieu de la guerre. Il mourut, ou plutôt s’éteignit sans souffrance, le 14 septembre 1852.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Le Duc Wellington sur Wikipedia

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décembre 2, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL GOURGAUD (1783-1852), BARON D’EMPIRE

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Général Gaspard Gourgaud (1783-1852), Baron de l’Empire

J’ai été très satisfait de votre conduite et de vos services. Vous soutiendrez la bonne opinion que j’ai conçue de vous en servant le nouveau souverain de la France avec la même fidélité et le même dévouement que vous m’avez montrés.

(Napoléon Bonaparte)

Gourgaud (Gaspard, baron). Officier général et législateur, né à Versailles, le 14 novembre 1783, « fils d’Etienne-Marie Gourgaud, musicien ordinaire de la chapelle du roi, et d’Hélène Gérard », mort à Paris le 25 juillet 1852 ; entra à l’école polytechnique à l’âge de 16 ans, et en sortit officier d’artillerie, fit la campagne du Hanovre comme lieutenant en second, fut nommé aide de camp du général Foucher au camp de Boulogne, fit la campagne d’Allemagne, puis fut blessé à Austerlitz et nommé capitaine après l’affaire d’Ostrolenka, partit pour l’Espagne, assista au siège de Saragosse, repartit en Allemagne pour la campagne de 1809, se battit à Eckmühl, à Essling et à Wagram, devint officier d’ordonnance de l’Empereur, l’accompagna dans la campagne de Russie et fut blessé à Smolensk, et, entré le premier au Kremlin, y découvrit une mine de 400.000 livres de poudre qui devait faire sauter la citadelle, fut de chef créé baron de l’Empire ; il fit encore toute la campagne de Saxe, et sauva la vie de l’Empereur, en 1814 à Brienne, en tuant un cosaque dont la lance allait le frapper, fut blessé à Montmirail, puis promu colonel à la bataille de Montereau, battit les Russes près de Laon et reprit Reims. Pendant les Cent-Jours, il fut nommé général de brigade, et ne quitta pas l’Empereur après Waterloo, le suivit à Rochefort. Ce fut lui que l’Empereur chargea d’aller porter sa lettre au prince-régent d’Angleterre. Il fut choisi par Napoléon pour l’accompagner à Sainte-Hélène, mais il quitta l’île en 1818, on ne sait au juste si c’est pour raison de santé ou de mésintelligence. Le territoire français lui étant absolument interdit, il dut prendre sa résidence en Angleterre ; il profita de ce séjour pour rédiger une protestation contre les rigueurs de la captivité de l’Empereur, puis publia une brochure, qui fit grand bruit, sur la bataille de Waterloo. Le duc de Wellington, qui se sentit visé directement, demanda contre Gourgaud l’application de « l’alien-bill » ; ses papiers furent saisis et il fut transport à Cuxhaven, à l’embouchure de l’Elbe. Il ne fut autorisé à rentrer en France qu’en 1821, et, à la mort de Napoléon, adressa une pétition à la Chambre des députés leur demandant leur intervention pour réclamer les restes de l’Empereur, mais ce fut en pure perte. En 1823, il publia en collaboration du comte de Montholon, les Mémoires de Napoléon. Après la Révolution de 1830, le général Gourgaud reprit un service actif comme commandant de l’artillerie à Paris et comme maréchal de camp, devint aide de camp de Louis-Philippe et fut promu lieutenant-général en 1835, puis désigné comme membre de la commission chargée d’aller chercher à Sainte-Hélène les cendres de l’Empereur, enfin nommé pair de France le 25 décembre 1841. Il fut mis à la retraite en 1848. Le 13 mai 1849, il fut élu représentant des Deux-Sèvres à la Législative, y siégea pami les conservateurs, puis mourut six mois après le coup d’état du 2 décembre 1851.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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novembre 19, 2007

BATAILLE DE WATERLOO (1815)

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Napoléon à la bataille de Waterloo le 18 juin 1815

L’Angleterre et la France ont tenu dans leurs mains le sort de la terre, celui surtout de la civilisation européenne. Que de mal nous nous sommes faits, que de bien nous pourrions faire !

(Napoléon Bonaparte)

Waterloo (bataille de). Le 18 juin 1815, Napoléon livra sa dernière grande bataille face aux troupes britanniques du duc de Wellington et celles du général prussien Blücher. Ce dernier décida de la victoire des alliés en arrivant sur le champ de bataille alors que les Français s’attendaient au contraire à recevoir l’appui des hommes du maréchal Grouchy. La morne plaine de Waterloo devait mettre un terme à la formidable épopée napoléonienne.

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