mars 16, 2008

CHARLES-LOUIS DE HABSBOURG (1771-1847), ARCHIDUC D’AUTRICHE

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Général Charles-Louis de Habsbourg (1771-1847), Archiduc d’Autriche

Le prince Charles est un homme sage, aimé par ses troupes… Bien qu’il ait commis un millier de fautes, il est le meilleur général autrichien.

(Napoléon Bonaparte)

CHARLES (l’archiduc), fils de l’empereur d’Autriche Léopold II, né à Vienne en 1771, mort en 1847. Il commanda l’avant-garde du prince de Cobourg dans les campagnes de 1793, et fut nommé peu après gouverneur des Pays-Bas et feld-maréchal. Appelé en 1796 au commandement de l’armée du Rhin, il eut quelques succès sur Moreau à Rastadt, sur Jourdan à Amberg et à Wurzbourg, mais s’attarda à prendre Kehl pendant que Bonaparte triomphait en Italie. Il franchit enfin les Alpes pour prendre le commandement de l’armée impériale, décimée à Arcole, et malgré ses talents n’essuya que des revers. En 1799, il battit Jourdan sur le Rhin, passa en Suisse, fit assaut de manœuvres et d’audace avec Masséna, mais sans résultat, et fut rappelé sur le Rhin. Privé de son commandement par suite de ses dissensions avec les généraux russes, il accepta le gouvernement de la Bohème, fut rappelé après le désastre de Hohenlinden, réorganisa l’armée, combattit jusqu’à la paix de Lunéville (1801), commanda une armée, en Italie dans la campagne de 1805, gagna la victoire de Caldiero sur Masséna, mais fut forcé d’accourir à la défense des Etats héréditaires, se porta en Bavière en 1809, fut défait dans plusieurs actions importantes où il avait Napoléon pour adversaire, à Eckmühl, à Essling, à Vienne et à Wagram en où il lutta avec un talent qui fit flotter la victoire et la rendit indécise. Découragé, fatigué surtout de voir ses plus belles combinaisons compromises par des généraux incapables, il résigna son commandement et vécut depuis dans la retraite. L’archiduc Charles était un stratége de premier ordre et l’un des bons généraux de son temps. Au sein d’une cour qui professait les principes de l’absolutisme le plus complet, l’archiduc-Charles nourrissait des idées libérales, et encourut la défaveur impériale. Il portait une sincère affection au duc de Reichstadt. On a de lui deux ouvrages célèbres : Principes de la stratégie expliqués par les opérations de la campagne d’Allemagne en 1796 (Vienne, 1814) ; Histoire de la campagne d’Allemagne et de Suisse en 1799 (Vienne, 1819).

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Archiduc Charles sur wikipedia

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février 23, 2008

MARECHAL MASSENA (1758-1817)

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Général André Masséna (1758-1817)

C’eût été un grand homme si ses qualités brillantes n’eurent été ternies par l’avarice… C’est Masséna qui a fait les plus grandes choses, quoique sa capitulation de Gênes, dont la défense lui fait un si grand honneur dans le public, soit sa plus grande faute.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal MASSÉNA (André), duc de Rivoli, prince d’Essling, maréchal de France, né à Nice en 1758, mort à Paris en 1817. Fils d’un marchand de vin, il perdit son père étant encore tout enfant et reçut une instruction fort incomplète. Un de ses oncles, qui était capitaine dans la marine marchande, l’embarqua comme mousse sur son navire et lui fit faire deux voyages au long cours. A dix-sept ans, Masséna renonça à la mer pour entrer au service de la France dans le régiment de Royal-Italien. Grâce à sa vive intelligence et a sa conduite exemplaire, il parvint assez rapidement au grade d’adjudant sous-officier ; mais, comme il appartenait à la roture, il ne put obtenir le grade de sous-lieutenant. Après quatorze ans d’attente, révolté des passe-droits dont il était victime, il se démit de son grade et retourna dans sa ville natale, où il se maria. Peu après, la Révolution éclatait. Masséna accueillit avec chaleur les grandes idées de justice et de liberté qu’elle allait répandre sur le monde, et bientôt, quittant Antibes, où il demeurait, il reprit du service et fut incorporé comme adjudant-major dans le 3e bataillon des volontaires du Var. En ce moment, les soldats avaient le droit de choisir parmi eux ceux qui leur paraissaient les plus dignes de les commander. Masséna fut élu en 1792 chef de son bataillon et fit partie de l’armée du Midi, sous les ordres du général Anselme. Lorsque cette armée envahit le comté de Nice, il se fit remarquer par son intrépidité, par son intelligence et rendit des services qui lui valurent d’ècre promu général de brigade le 22 août et général de division le 20 décembre de la même année. La Révolution venait de réparer les torts de la monarchie et de fournir à celui qui devait être un des plus grands capitaines du temps l’occasion de montrer ses hautes capacités militaires. L’armée du Midi avait pour mission d’empêcher nos ennemis, supérieurs en nombre, d’envahir le territoire français. Après avoir pris Oneille, Ponte-di-Nave, Garessio, Masséna tourna l’armée piémontaise massée sur les hauteurs de Saorgio, décida la victoire par une attaque pleine de hardiesse (août 1794) et prit à l’ennemi 60 canons, des approvisionnements considérables et un grand nombre de prisonniers. Grâce à ce fait d’armes, les Français devinrent maîtres de tout le reste des Alpes Maritimes. Au mois de septembre suivant, il chassa de leurs positions les Autrichiens, qui s’avançaient et menaçaient Savone, et les mit dans l’impossibilité de rien tenter de tout l’hiver. En 1795, placé sous les ordres de Kellermann, qui lui confia le commandement de l’aile droite de son armée, il eut à soutenir de nouveaux combats contre les Austro-Sardes, et les battit successivement au col de San-Giacomo et à Borghetto. Scherer, qui succéda à cette époque a Kellermann comme général en chef, mit toute sa confiance dans Masséna, dont il apprécia les rares capacités. Ayant résolu de prendre l’ofi’ensive et de chasser les Autrichiens de la rivière de Gènes, il chargea Masséna d’exécuter le plan qu’il avait conçu. Celui-ci, à la tête de deux divisions, fondit sur l’ennemi, le culbuta dans les vallées de la Bormida et du Tanaro, se mit à sa poursuite et lui fit essuyer une défaite complète à Loano, où les Autrichiens eurent 4.000 morts ou blessés et perdirent presque toute leur artillerie (23 novembre 1795). L’année suivante, Bonaparte remplaçait Scherer et recevait l’ordre de faire la conquête de l’Italie. Dans cette mémorable campagne, Masséna se plaça au premier rang par son activité, son audace et ses savantes combinaisons stratégiques. Mis, après les victoires de Montenotte et de Milllesimo (avril 1796), à la tête de l’avant-garde, il força le passage du pont de Lodi, entra le premier à Milan, prit une part importante aux combats de Lonato, Castiglione, Rovereto, Bassano, Saint-Georges, la Breuta, Caldiero, aux batailles d’Arcole, de Rivoli (9 janvier 1797), de la Favorite (11 janvier) ; puis, poursuivant les Autrichiens dans les débouchés du Tyrol, il s’avança jusqu’à 25 lieues de Vienne, en signalant sa marche par de nouveaux succès à Longara, San-Daniel, la Chiesa, Tarvis, Villach, Neusmack, Hunsmack. Il menaçait la capitale du l’Autriche, lorsque la signature d’un armistice le contraignit à s’arrêter. C’est alors que Masséna reçut le surnom d’Enfant chéri de la victoire, qui lui resta. Envoyé à Paris, après la signature des préliminaires de paix à Léoben, pour porter au Directoire les drapeaux conquis sur l’ennemi, il y fut accueilli avec enthousiasme par la population, et la municipalité donna une fête en son honneur. Après la journée du 18 fructidor, le Directoire songea un instant à remplacer Bonaparte par Masséna à la tète de l’armée d’Italie, et le nom de ce dernier figura sur la liste des oandiJats présentés pour remplacer les directeurs Carnot et Barthélémy. De retour à l’armée d’Italie, Masséna remplaça, le 19 février 1798, Berthier, qui venait de s’emparer de Rome et d’y proclamer la république. Lorsqu’il y arriva, l’armée, en proie à la misère, était vivement irritée de voir des agents français s’enrichir sous ses yeux par de honteuses déprédations pendant qu’elle manquait de tout. Les ofliciers, travaillés par des agents contre-révolutionnaires, se réunirent et déclarèrent qu’ils ne voulaient pas reconnaître Masséna pour leur général en chef. La population, voyant que l’armée refusait d’obéir à son chef, se souleva contre les Français. Masséna, dans cette situation critique, montra la plus grande énergie, força les troupes à marcher, comprima l’insurrection, puis remit le commandement au général Dallemagne et revint à Paris, où il sollicita lui-même la grâce des officiers qui avaient montré une si coupable insubordination. Le Directoire mit alors Masséna en disponibilité. Mais la guerre ayant recommencé avec l’Autriche, il fut appelé eu février 1799 au commandement de l’armée d’Helvetie. Au commencement de mars, il franchit le Rhin et attaqua le général Hotze, qu’il ne put parvenir à déloger de Feldkirch. En ce moment Jourdan, sur le Rhin, Schérer, en Italie, étaient battus. Placé entre deux armées victorieuses, il jugea prudent de concentrer ses forces et se replia en Suisse en ordonnant à ses deux lieutenants, Lecourbe et Dessolles, qui opéraient dans les vallées de l’Adige et du Rhin, de le rejoindre. C’est alors que le Directoire lui confia le triple commandement des armées de l’Helvétie, du Danube et du Rhin, qui étaient disséminées depuis Dusseldorf jusqu’au Saint-Gothard. Toutes ses forces reunies formaient à peu près 30.000 hommes, et il avait en face de lui plus de Autrichiens, divisés en trois années, sous les ordres de l’archiduc Charles, généralissime, de Hotze et de Bellegarde. Jamais général ne s’était trouvé dans une situatiou plus critique, n’avait disposé de moyens plus insuffisants. Mais il s’agissait de sauver la France, menacée d’une invasion par sa frontière de l’est, et Masséna trouva dans son patriotisme et dans son génie militaire l’énergie et les moyens de renverser les espérances de la coalition. Manquant de troupes pour défendre la ligne du Rhin, le général en chef s’établit fortement derrière la Lunmat, après avoir essayé inutilement d’empêcher la jonction de l’archiduc Charles et de Hotze, dont les forces réunies étaient de 70.000 hommes. Attaqué le 4 juin, il résista pendant deux jours et se replia sur la ligne de l’Ablis, d’où l’ennemi n’osa pas tenter de le déloger. Au mois de septembre, l’armée de l’archiduc ayant été envoyée sur le Rhin, pendant que Souvarov était appelé d’Italie avec son armée russe pour le remplacer, Masséna s’empressa de profiter de cette faute et de fondre sur le général russe avant qu’il eût pu opérer sa jonction avec le général Hotze. Dans une marche rapide, il envoya la plus grande partie de son armée à Zurich, fit opérer un mouvement tournant à Oudinot, et, pendant que Soult rejetait Hotze vers le Rhin, il écrasait devant Zurich l’armée russe, à qui il enlevait 100 pièces de canon, 5.000 prisonniers et son trésor (26 septembre). Souvarov dut battre en retraite par le Mutten-Thal et Glaris, et, sans cesse harcelé, il parvint à regagner le Rhin après avoir perdu une grande partie de son armée. Par la victoire de Zurich, Masséna avait rejeté en Allemagne 100.000 envahisseurs, amené la dissolution de la coalkion et sauvé son pays. En ce moment, Bonaparte était en Egypte, Hoche et Joubert étaient morts ; Moreau, par ses défaites, avait perdu sou prestige ; partout nos armées éprouvaient des échecs ; Maséna était le seul de nos généraux que n’eût point abandonne la victoire. De tous cotes on le conviait à renverser le Directoire discrédité, à s’emparer du pouvoir ; il repoussa ces offres. Fidèle à la liberté, il ne voulut être que le général de la Republique, et n’aspira à la servir que sur les champs de bataille. Bientôt après, le général Bonaparte, qui n’avait pas de pareils scrupules, et dont l’ambition effrénée ne devait reculer devant aucun attentat, faisait le coup d’Etat du 18 brumaire. Peu après, il enlevait a Masséna le commandement de son armée et l’envoyait en Italie prendre la direction des troupes qui venaient d’être battues à Novi, et s’étaient repliées sur Gènes. Le vainqueur de Zurich arriva dans cette ville le 18 février 1800, et y fut bientôt bloqué par l’armée de Melas, dont les forces étaient d’une écrasante supériorité. Masséna fit une héroïque résistance, attendant l’arrivée de Bonaparte en Italie ; mais ses troupes et les habitants furent décimés par une horrible famine, les vivres manquèrent bientôt complètement, et, le 5 juin, voyant que le peuple se soulevait, il signa une capitulation en vertu de laquelle il put se retirer avec ses soldats sur le Var. Par sa longue résistance, il avait empêché l’armée de Melas d’envahir le midi de la France, et laissé le temps à Bonaparte de pénétrer dans la Péninsule et d’y remporter la victoire de Marengo. En revenant en France, le premier consul confia à Masséna le commandement de l’armée d’Italie, mais il le lui enleva peu après pour le donner à Brune. Masséna avait vivement désapprouvé le coup d’Etat du 18 brumaire, bien qu’il fût l’ami de Bonaparte. Elu membre du Corps législatif en 1803, il s’y montra très indépendant, fit fréquemment de l’opposition au premier consul, et se prononça en faveur de Moreau. Bien qu’irrité de cette attitude, Bonaparte, devenu empereur, se vit moralement forcé de comprendre Masséna sur la liste des maréchaux (1804), et le nomma, l’année suivante, grand aigle de la Légion d’honneur. Une troisième coalition s’étant formée en 1805, Masséna reçut le commandement de l’armée d’Italie, forte de 40.000 hommes. Il devait tenir en échec l’archiduc Charles, l’empêcher d’abord d’envahir la France par le Lyonnais, puis l’arrêter pendant que Bonaparte porterait la guerre en Autriche. Le maréchal atteignit complètement le double but qui lui était assigné, livra à l’archiduc la bataille de Caldiero, le harcela lorsqu’il voulut marcher au secours de Vienne menacée, et l’empécha de rejoindre à temps l’armée de l’empereur François. Lorsque Napoléon voulut donner à son frère le trône de Naples, il chargea Masséna de s’emparer de ce royaume. Celui-ci voit fuir devant lui les Napolitains ; mais Gaëte, réputée inexpugnable, résiste, défendue par une garnison nombreuse et par la marine anglaise. Le maréchal se montra alors aussi habile à prendre cette place qu’il s’était montré énergique à défendre Gènes. En peu de temps Gaëte capitula (18 juillet 1806). La nouvelle de ce succès mit un terme aux insurrections qui éclataient de toutes parts ; les Anglais se rembarquèrent et les Calabrais, attaqués avec la dernière vigueur, ne tardèrent pas à se soumettre. Lors de la campagne de Pologne en 1807, Masséna reçut le commandement de l’aile droite de la grande armée. Chargé, d’un côté, de contenir les Autrichiens, qui menaçaient de prendre l’offensive, d’un autre, d’empêcher les Russes de tourner par la droite notre ligne d’opération, il fortifia les bords de la Vistule et de la Narew, repoussa les Russes à Wirbïza, à Pulstuck, à Ostrolenka, et opéra avec une telle habileté qu’à l’issue de la campagne il reçut le titre de duc de Rivoli, avec une dotation considérable. Massèna se rapprocha alors de la cour impériale dont il s’était tenu jusque-là à l’écart, et, pendant une partie de chasse, il perdit l’œil gauche, atteint par un grain de plomb. Bientôt après s’ouvrit la campagne de 1809 contre l’Autriche. Napoléon, qui avait songé d’abord à donner a Masséna le commandement en chef de l’armée d’Espagne, le garda avec lui, car il le considérait comme le premier de ses généraux. Ou raconte que l’archuluc Charles, en apprenant qu’il allait encore avoir devant lui le vainqueur de Zurich, s’écria dans un accès de mauvaise humeur : « Voilà encore ce Masséna ! J’espérais en être délivré par son coup de fusil dans l’œil. » Mis a la tète de toutes les troupes qui opéraient sur la rive droite du Danube, le maréchal battit l’archiduc Charles à Landshut, à Eckmühl, enleva à la suite d’un combat terrible la position d’Ebersberg, réputée inexpugnable (3 mai), s’empara du faubourg de Léopoldstadt, et, après la prise de Vienne (14 mai), il franchit le Danube avec Lannes (21 mai), résista avec 35.000 hommes à plus de 100.000 Autrichiens, et fit, l’epèe à la main, le 22 et le 23, des prodiges de valeur en défendant près d’Essllng le village d’Aspern, qui fut pris et repris quatorze fois en deux jours. Après la reprise du grand pont qui mettait en communication la rive droite du Danube avec l’île Lobau, Masséna, par son sang-froid et son intrépidité, sauva la grande année d’un desastre. Investi du commandement de toutes les forces qui se trouvaient sur la rive gauche, il protégea contre un ennemi de beaucoup supérieur la retraite de l’armée dans l’Ile Lobau, et empêcha les Autrichiens d’enlever le petit pont par lequel s’effectuait cette retraite. A la bataille de Wagram (6 juillet), il dirigea les mouvements de la gauche de l’armée, subit le principal choc de l’ennemi, et eut une grande part au succès de la journée. Ayant fait une chute de cheval la veille, il assista à la baitaille dans une calèche, qui devint un point de mire pour les canons autrichiens, et, comme toujours, il se vit respecté par la mitraille, pendant que son état-major était moissonné autour de lui. Le lendemain, il poursuivit le prince Charles, et ne s’arrêta que lorsque la signature d’un armistice vint mettre fin à la guerre. A l’issue de cette campagne, dans laquelle il s’éiait conduit si brillamment, il reçut, comme récompense, le titre de prince d’Essling et le superbe château de Thouars. Depuis un an et demi Masséna se reposait de ses longues fatigues, lorsque Napoléon le chargea, en 1810, d aller chasser les Anglais du Portugal. Au mois de mai, il alla se mettre à la tête de l’armée du Portugal, ayant sous ses ordres Ney, Reynier et Junot. Cette armée mal disciplinée, pourvue d’un mauvais matériel, manquant de vivres et de munitions, harcelée par des guérillas qui coupaient les communications, avait à lutter contre les Anglo-Portugais, placés sous les ordres de Wellington. Après s’être emparé de Ciudad-Rodrigo et d Almeida, il pénétra au Portugal par la vallée du Mondego avec 38.000 hommes, attaqua Busaco, où Wellington s’était fortement retranché, et obligea, le 29 septembre, ce dernier à battre en retraite sur Coïmbre, puis sur Lisbonne. Mais arrivé devant les lignes de Torrès-Vedras, défendues par 600 canons, 100 redoutes et 60.000 Anglo-Portugais pourvus de tout, le prince d’Essling dut s’arrêter. Il ne pouvait songer, sans matériel de siège et avec sa petite armée, à enlever de force des lignes rendues inexpugnables. Mais il résolut, malgré l’infériorité de ses troupes, d’y tenir l’ennemi en échec, et, pendant six mois, attendant vainement des renforts et des munitions, il se maintint dans sa position, sans qu’une seule fois l’ennemi essayât de l’écraser sous la supériorité du nombre. Enfin, se voyant abandonné, ayant en outre à lutter contre la mauvaise volonté et les intrigues de ses lieutenants, surtout de Ney qui refusa à diverses reprises de lui obéir, il résolut de battre en retraite (5 mars) et revint en Espagne (6 avril), après avoir opéré un mouvement rétrograde qui était un chef-d’œuvre de stratégie, et qui excita l’admiration de Wellington lui-même. Dès qu’il eut réorganisé son armée, il reprit l’offensive et marcha contre le général anglais, campé à Fuentès de Onoro. Par une attaque oblique, Masséna culbuta l’aile droite de l’ennemi, et il eût fait subir à Wellington un désastre complet s’il n’avait été mal secondé par ses généraux (4 mai). Fatigué du mauvais vouloir qu’il trouvait autour de lui, il revint en Espagne et fut remplacé peu après dans son commandement par le maréchal Marmont. Desservi par Ney, tombé dans une sorte de disgrâce, considérablement affaibli par des fatigues trop prolongées, Masséna vit se terminer alors sa glorieuse carrière. Il ne reçut aucun commandement dans l’armée pendant la campagne de 1812, et fut relégué en 1813 à Marseille, où il eut le commandement de la 8e division militaire. En 1814, Louis XVIII le maintint à ce poste et lui envoya des lettres de grande naturalisation. Il se rallia alors aux Bourbons, comme il avait fini par s’incliner devant Bonaparte, oubliant à l’école de ce despote qu’il avait été républicain. Au début des Cent-Jours, il prêta son concours au duc d’Angoulême dans son expédition dans la Drôme, puis il vécut dans la retraite jusqu’après le désastre de Waterloo, et fut nommé alors par le gouvernement provisoire commandant de la garde nationale de Paris. Lors du procès fait au maréchal Ney, Masséna fut désigné pour faire partie du conseil de guerre ; mais il refusa de juger son ancien campagnon d’armes, bien qu’il eût eu jadis vivement à se plaindre de lui, et se prononça pour l’incompétence du conseil. Il n’en fallut pas davantage pour qu’il devînt aussitôt en butte aux attaques, aux dénonciations et aux calomnies des ultra-royalistes. Les douloureux événements auxquels il venait d’assister, l’humiliation de la France, les attaques passionnées dont il était l’objet portèrent le dernier coup à sa santé chancelante. Comme on l’engageait à aller chercher la guerison sous un climat plus doux, il répondit : « J’ai bien acquis le droit de mourir dans notre chère France, et j’y mourrai. » II s’éteignit à cinquante-neuf ans, et son corps fut déposé au Père-Lachaise, où se trouve son mausolée. Les Mémoires de ce grand homme de guerre ont été rédigés et publiés par le général Koch (Paris, 1849). Un monument lui a été élevé a Nice, sur la place qui porte son nom.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Liens : Maréchal Masséna (1758-1817), duc de Rivoli, prince d’EsslingMaréchal Masséna sur Wikipedia

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février 21, 2008

MARECHAL LANNES (1769-1809)

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Maréchal Jean Lannes (1769-1809)

Je perds le général le plus distingué de mes armées, celui que je considérais comme mon meilleur ami ; ses enfants auront toujours des droits particuliers à ma protection.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal LANNES (Jean), duc de Montebello, maréchal de France, né à Lectoure en 1769, mort à Vienne en 1809. Son père, qui était garçon d’écurie lui fit apprendre à lire et à écrire, puis le mit en apprentissage chez un teinturier. En 1792, Jean Lannes s’engagea dans un bataillon de volontaires du Gers, devint bientôt après sergent-major et montra, à l’armée des Pyrénées-Orientales, une telle bravoure, qu’il fut nommé oflicier et devint chef de brigade en 1795. Néanmoins, cette
même année, il se vit compris parmi les officiers supérieurs destitués pour incapacité. Lannes n’en résolut pas moins de poursuivre une carrière pour laquelle il se sentait né ; il se fit présenter au général Bonaparte, et obtint de faire partie de L’armée d’Italie comme simple volontaire. Il ne tarda pas à se faire remarquer et fut nommé, après le combat de Millesimo, chef de brigade (1796). Il se distingua successivement à Dego, à Cadagno, au pont de Lodi, à la prise de Pavie. Nommé alors général de brigade, il enleva un faubourg de Mantoue, fut blessé à Governolo, reçut deux, nouvelles blessures à Arcole (14 novembre), et, apprenant le lendemain que le combat continue, il monte à cheval, s’élance sur le pont d’Arcole au milieu de la mitraille, entraîne les soldats, est de nouveau atteint et tombe sans connaissance. A peine guéri, Lannes prend part à la bataille de Rivoli (1797), marche sur Rome, enlève les retranchements d’Imola, puis est envoyé par Bonaparte auprès du pape pour traiter de la paix. Après le traité de Campo-Formio, Lannes reçut le commandement des départements de l’Isère, de la Drôme, de l’Ardèche et du Gard. Peu après, il fut appelé à faire partie de l’expédition d’Egypte , où il prit part à presque toutes les affaires importantes, contribua à la prise de Gaza, de Jaffa, fut- grièvement blessé à Saint-Jean-d’Acre, et reçut une nouvelle blessure à Aboukir (24 juillet 1799). De retour en France avec le grade de général de division (1799), Lannes, qui subissait au plus haut point l’ascendant de Bonaparte, n’hésita point à s’associer à ses projets ambitieux et contribua au succès du coup d’Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799). Peu après, il fut nommé commandant en chef de la garde consulaire et mis à la tète de l’avant-garde de l’armée des Alpes. Après avoir franchi le Saint-Bernard, il s’élance en avant, ayant à peine quelques canons, chasse les Autrichiens d’Aoste, de Chatillon, s’empare d’Ivrée par escalade (25 mai 1800), de Pavie, de Stradella , contribue au succès de la bataille de Montebello, « où, selon son langage, les balles claquaient sur les os de ses soldats comme la grêle sur des vitrages » et soutient pendant sept heures, à Marengo, les efforts de l’armée autrichienne et de 80 pièces de canon ; sa brillante conduite dans cette affaire lui fit décerner un sabre d’honneur. En 1801, Lannes se rendit au Portugal comme ministre plénipotentiaire ; mais, sans instruction, d’un caractère brusque et emporté, il n’avait aucune des qualités nécessaires pour faire un diplomate. Se croyant en pays conquis, il voulut faire entrer à Lisbonne des marchandises sans payer de droits, et, sur les plaintes de la régence de Portugal, il fut remplacé par Junot. Lors de l’établissement de l’Empire, Lannes devint maréchal de France (1804), puis grand-croix de la Légion d’honneur (1805), et reçut, peu après, le titre de duc de Montebello. Pendant la campagne de 1805 contre l’Autriche, il fut mis à la tête de l’avant-garde de la grande armée, et commanda l’aile gauche à la bataille d’Austerlitz ( 2 décembre 1805 ). Après avoir occupé quelque temps la Moravie, Lannes fit, en 1806, la campagne de Prusse et assista à la bataille d’Iéna ; puis il marcha contre les Russes, qu’il battit à Pultusk, où il fut blessé (26 décembre, resta quelque temps à Varsovie et contribua à la prise de Dantzig (24 mai 1807). De retour à la grande armée, il assista à la bataille de Friedland (14 juin) et fut nommé colonel général des suisses. Envoyé en Espagne en 1808, il commença par battre à Tudela, Palafox et Castanos , puis fut chargé de diriger les opérations du mémorable siège de Saragosse, et s’empara de cette ville le 21 février 1809 , après avoir éprouyé, de la part des habitants, la plus héroïque résistance. De retour en France, Lannes alla se reposer de ses fatigues, au sein de sa famille, dans sa belle terre de Maisons, près de Paris. Comblé d’honneurs et de richesses, le duc de Montebello éprouvait le besoin de jouir d’un peu de repos, lorsque Bonaparte, entraîné par son ambition vertigineuse, se lança dans une nouvelle guerre avec l’Autriche. Ce fut en pleurant, dit-on, que Lannes quitta sa femme et ses enfants. Mais à Abensberg (20 avril 1809), à Eckmühl, à Ratisbonne, il redevint ce qu’il avait toujours été, la terreur de l’ennemi. Toujours à l’avant-garde, il marche sur Vienne, et, après avoir battu les Autrichiens à Amstetten (5 mai), il arrive avec Bonaparte aux portes de Vienne, qui, bombardée, capitule le 12 mai. Il avait fait un mal épouvantable à l’ennemi, rompu et culbuté ses lignes à Essling , lorsque la rupture des ponts jetés sur le Danube vint couper l’armée française en deux. Attaqué alors par l’ archiduc Frédéric-Charles, n’ayant plus de munitions, exposé à un feu terrible, Lannes se place sur le front de sa ligne et est atteint tout à coup par un boulet qui lui brise les deux jambes (22 mai 1809). A cette nouvelle, Bonaparte court vers le brancard qui portait le maréchal dans l’île de Lobau pour y subir l’amputation, et lui dit d’une voix étouffée, dit-on, par les larmes : « Lannes, mon ami, me reconnais-tu ? C’est l’Empereur. C’est Bonaparte. C’est ton ami. » Selon une version, le duc de Montebello, ouvrant les yeux, répondit : « Dans quelques heures, vous aurez perdu l’homme qui vous a le plus aimé. » D’après une autre version, dans un entretien particulier, le maréchal reprocha amèrement sa politique, aussi fatale à lui-même qu’à la France, et lui donna des conseils qui, naturellement, ne furent point écoutés. Après avoir subi l’amputation, Lannes fut transporté à Vienne, où il mourut quelques jours après, le 31 mai. Ses restes turent transportés à Paris et déposés au Panthéon (6 juillet 1810). Une statue en marbre du maréchal a été érigée dans la ville de Lectoure après la révolution de Juillet 1830. « Lannes, dit Napoléon à Sainte-Hélène, était un homme d’une bravoure extraordinaire ; calme au milieu du feu, il possédait un coup d’œil sûr et pénétrant, prompt à profiter de toutes les occasions qui se présentaient. Il avait une grande expérience pour la guerre ; il s’était trouvé dans cinquante combats isolés et à cent batailles plus ou moins importantes. Comme général, il était infiniment au-dessus de Moreau et de Soult. » Lannes manquait absolument d’instruction et d’éducation. Dans son langage, il était grossier et brutal, et devant Bonaparte lui-même, en présence de cet homme qui voyait se prosterner lâchement devant lui tant d’autres hommes , il n’avait, cessé de conserver sa franchise et son libre parler d’ancien républicain. C’est ainsi qu’il avait vivement protesté contre le concordat et la restauration de la noblesse. Après la bataille d’Eylau, Napoléon ayant attribué toute la gloire de cette journée à Murat, Lannes entra dans une violente colère : « Nous avons combattu plus que lui, Augereau et moi ! s’écria-t-il ; croyez-vous que je sois homme à me laisser échapper une seule palme ? Non, par personne, pas même par votre coq empanaché de beau-frère qui vient, après la victoire, chanter coricoco ! » Lorsque Napoléon chargea le peintre Robert, de faire le portrait de Lannes, qui devait figurer dans la galerie des maréchaux, Lannes reçut fort mal l’artiste et lui dit, en parlant de celui qui l’envoyait : « Que veut-il faire de mon portrait, ce b….. là ? » Un jour où l’on parlait aux Tuileries, devant lui, des défenseurs de Saragosse qu’on accusait de fanatisme : « Messieurs, dit-il, ce sera ce que vous voudrez, mais je puis vous assurer que ce sont des b….. qui se battent bien ! » Lannes avait épousé, en premières noces, une demoiselle Méric, avec laquelle il divorça, et, dont un fils, né pendant le mariage, fut, après la mort du maréchal, déchiré adultérin par les tribunaux. En secondes noces, il s’était marié avec Mlle de Guéhéneuc, fille d’un entrepreneur de lits militaires, née en 1784, morte en 1856. Elle devint dame d’honneur de Marie-Louise, se retira de la cour lors de l’avènement de Louis XVIII et se consacra à l’éducation de ses enfants.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Liens : Maréchal Lannes (1769-1809) duc de MontebelloMaréchal Lannes sur Wikipedia

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novembre 16, 2007

BATAILLE D’ESSLING (1809)

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Retour de Napoléon sur l’île de Lobau le 23 mai après la bataille d’Essling d’Essling (20 au 22 mai 1809)

C’est avec horreur que je fais la guerre.

(Napoléon Bonaparte)

Essling (Bataille d’). Du 20 au 22 mai 1809 l’armée française forte de 50.000 hommes et commandée par l’Empereur en personne, eut à subir un choc terrible à Essling, de l’archiduc Charles à la tête de 90.000 Autrichiens. Malgré l’infériorité du nombre, les Français tinrent en echec, pendant deux jours, les forces autrichiennes, mais malgré le courage déployé, et les prodiges de valeur des officiers généraux et des soldats, la partie fut perdue, c’est à dire que des deux côtés il n’y eut point de résultat. Les pertes de l’armée française furent sensibles. Lannes y fut tué, ainsi que le général de division Espagne et le général de brigade Pouzet. Les généraux blessés furent Gros, Lagrange, Navalet, de Stabenrath, Saint-Hilaire, Clarapède, Tharreau, Legrand, Durosnel, Mouton, et Franquemont. Essling, lieu du carnage, était une petite ville de l’archiduché d’Autriche.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Liens : Bataille d’Essling sur Wikipedia

octobre 10, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL MOUTON (1770-1838), COMTE DE LOBAU

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Général Georges Mouton (1770-1838), comte de Lobau

Mon Mouton, c’est un lion.

(Napoléon Bonaparte)

Mouton (Georges, comte de Lobau), pair des Cent-Jours, député de Lunéville de 1828 à 1834 ; né à Phalsbourg (Meuthe) le 21 février 1770, mort à Paris le 27 novembre 1838 ; fils de monsieur Joseph Mouton, propriétaire et conseiller de l’hôtel de ville, et de Catherine Charpentier » ; s’engagea comme simple soldat en 1792 dan la Légion de la Meurthe, gagna ses premiers grades à l’armée du Rhin et suivit Championnet à l’armée d’Italie, où il fit la campagne de 1798-99. Il concourut, en 1800, sous Masséna, à la défense de Gênes, il y fut grièvement blessé. L’Empereur se l’attacha comme aide de camp et le fit général de brigade. Il le suivit en Pologne, fut encore blessé à Friedland et, après, nommé général de division. Il se distingua en Espagne en 1808, puis l’année se battit à Eckmühl, à Essling, et à Wagram, où il se signala à son ordinaire. Son titre de comte de Lobau en témoigne. Enfin il accompagna l’Empereur en Russie (1812). Mais il fut fait prisonnier en 1813, à Dresde, lors de la bataille de Leipzig. Il ne revint qu’en 1814, après la première abdication de Napoléon. Au retour de l’île d’Elbe, celui-ci le nomma pair de France. A Waterloo, Mouton, après des prodiges de valeur et de savoir militaire, fut fait une seconde fois prisonnier et conduit en Angleterre ; de là il passa en Belgique, comme exilé de France, et y resta jusqu’en 1818.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Mouton sur Wikipedia

septembre 21, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL MASSENA (1758-1817), DUC DE RIVOLI, PRINCE D’ESSLING

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Maréchal André Masséna (1758-1817), duc de Rivoli, prince d’Eslling

Masséna, d’un rare courage et d’une tenacité si remarquable, dont le talent croissait par l’excès du péril et qui, vaincu, était toujours prêt à recommencer comme s’il eût été vainqueur. C’était néanmoins un voleur… et c’eût été un grand homme, si ses qualités brillantes n’eussent été ternies par l’avarice.

(Napoléon Bonaparte)

Masséna (André, duc de Rivoli et prince d’Essling), officier général et législateur, né à Nice (Alpes-Maritime), le 6 mai 1758, de « Jules Masséna, propriétaire à Levens, et de Catherine Fabre », mort à Paris le 4 avril 1817 ; prit du service, le 18 août 1775, comme simple soldat au 1er bataillon d’infanterie légère (Royal-Italien) et arriva au grade de sous-officier, mais ne put espérer avoir un grade supérieur, n’étant pas noble. A l’avènement de la Révolution, il s’enthousiasma pour les idées nouvelles et s’engagea dans les volontaires du Var. Il arriva rapidement au grade de chef du 3e bataillon ; fut promu, le 22 août 1793, général de brigade et, le 30 frimaire an II, général de division. Il se distingua en l’an II, dans la campagne d’Italie, à Loano et à Saugio, et l’année suivante au col de Borghetto. A la reprise de la campagne, sous les ordres de Bonaparte, il reçut, après Millesimo, le commandement des compagnies de grenadiers réunies en corps, et, à leur tête, franchit le pont de Lodi, entra le premier dans Milan et assista à Roverdo, à Castiglione, à Arcole, à Rivoli, à la Favorite, où il mérita d’être appelé par Bonaparte : l’enfant chéri de la victoire. Revenu en Italie porteur de la ratification des préléminaires de Léoben, il remplaça Berthier à Rome, mais ayant été mal accueilli, il se démit et vécut à Paris, en disponibilité, dans une situation assez précaire ; mais menacés, sur nos frontières compromises, il fut rappelé à l’activité en ventôse an VII, et le commandement de l’armée d’Helvétie lui fut confié. Masséna ne possédait guère alors, malgré les renforts qu’il reçut, que 40.000 hommes, contre 100.000 Autrichiens, sous l’archiduc Charles, et les généraux Bellegarde et Hotze. Il prit position sur la Limurat, ayant trois divisions à droite sur les Alpes, quatre au centre et deux à gauche sur le Rhin ; fit passer, le 25 septembre, la Limurat, au-dessous de Zurich, à quatre divisions, en tout 37.000 hommes, et attaqua Korsakov qui, isolé des Autrichiens, ne disposait plus que de 25.000 hommes. Après deux jours en lutte, les Russes battirent en retraite vers le Rhin, ayant perdu 13.000 hommes. Pendant ce temps, Soult et Vandamme avaient battu, au-dessus de Zurich, le général Hotz. C’est à ce moment que Souvarov débouchait de la vallée de la Reuss et arriva le 26 septembre à Altfor et se trouva en face de troupes victorieuses et supérieures en nombre ; il dut battre en retraite précipitamment, abandonnant ses canons, ses voitures, ses traînards, et arriva péniblementà Coire avec 10.000 hommes seulement. La coalition, grâce à l’adresse et à la tactique de Masséna, fut dissoute. Après le 18 brumaire, Bonaparte confia à Masséna le commandement en chef de l’armée d’Italie, qui n’avait à sa disposition que 35.000 hommes, tandis que le baron de Melas disposait de 120.000 Autrichiens. Ce dernier attaqua nos lignes le 15 germinal an VIII et, grâce à sa supériorité numérique, rejeta Suchet sur le Var et Masséna sur Gênes. Assiégé par les Autrichiens du général Ott et bloqué sur mer par les anglais, Masséna résista pendant deux mois d’une façon héroïque, mais la garnison et les habitants furent réduits à vivre d’herbes et de pain d’amidon et les soldats n’avaient plus la force de porter leur fusil. Masséna se vit dans la dure nécessité de capituler et obtint le droit de se retirer sur le Var avec le reste de ses troupes, pour y rejoindre Suchet. En signant la réddition, il dit aux officiers autrichiens et anglais : « Je vous donne ma parole d’honneur qu’avant vingt jours je serai devant Gênes. » Après Marengo, il garda le commandement de l’armée d’Italie, mais qu’il dut céder à Brune, en raison de ses dépradations, qui avait mécontenté Bonaparte. Masséna se montra peu favorable au 18 brumaire. Le 9 thermidor an XI, il entra au Corps législatif comme député de la Seine, fut promu maréchal d’empire le 29 floréal an XII, grand-aigle de la Légion d’honneur le 10 pluviôse an XIII et chef de la 14e cohorte. Il fut de nouveau mis à la tête de l’armée d’Italie en 1805, s’empara de Vérone le 18 octobre et attaqua les positions de Caldiero sans pouvoir les forcer. Après le traité de Presbourg, il entrprit de conquérir le royaume de Naples, et, en quelques jours, il dispersa les Napolitains et les Anglais, s’empara de Gaëte et occupa les Calabres. Le 19 mars 1808, il fut créé duc de Rivoli, prit part à la campagne du Danube en 1809 et se distingua à Landshut et Eckmühl, il s’empara du château d’Ebersdorff. A la bataille de Wagram, Masséna commandait la gauche, qui eut à supporter les efforts de l’armée autrichienne et, quelques jours après, il dégagea Marmont à Znaïm ; fut créé prince d’Essling le 31 janvier 1810, et reçut au mois de février suivant, le commandement de l’armée du Portugal ; il s’empara le 10 juillet de de Ciudad-Rodrigo, le 28 août d’Almeïda, mais fut repoussé le 27 septembre à Busaco ; après, il subit encore quelques échecs et fut disgracié par Napoléon ; il abandonna son commandement au maréchal Marmont et revint en France, resta en disponibilité pendant les campagnes de 1812 et 1813, et devint gouverneur de la 8e division militaire. Pendant les Cent-Jours, l’Empereur le nomma le 2 juin 1815 pair de France, mais il ne siégea pas. Masséna mourut de chagrin et tous les vieux soldats qu’une police ombrageuse n’avait pas éloignés de Paris se pressèrent autour de son cercueil. Napoléon a dit de lui : « Le bruit du canon éclaircissait ses idées et lui donnait de l’esprit, de la pénétration et de la gaieté. »

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 20, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL LANNES (1769-1809), DUC DE MONTEBELLO

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Maréchal Jean Lannes (1769-1809), duc de Montebello

L’un des militaires les plus distingués qu’a eus la France ! Chez Lannes, le courage l’emportait d’abord sur l’esprit, mais l’esprit montait chaque jour pour se mettre en équilibre. Je l’avais pris pygmée, je l’ai perdu géant… Un des hommes au monde sur lesquels je pouvais le plus compter.

(Napoléon Bonaparte)

Lannes (Jean, duc de Montebello), maréchal de France et ministre plénipotentiaire, né à Lectoure (Gers), le 11 avril 1769, de « Jean Lannes, trafiqueur, et Cécile Fouraignan mariés » mort à Vienne (Autriche) le 31 mai 1809, embrassa la carrière militaire comme simple soldat. Adjudant de division de la garde nationale parisienne en l’an III, il fut employé à la journée du 13 vendemiaire par Barras et quand Bonaparte partit en Italie, il emmena Lannes avec lui ; il y devint colonel du 29e régiment de ligne après la bataille de Millesimo et, presque aussitôt après, fut promu général de brigade, se distingua particulièrement au passage du Pô, à la bataille de Fombio et à l’affaire du pont d’Arcole où il fut blessé, fit partie de l’expédition d’Egypte et de celle de Syrie, se trouva au siège de Saint-Jean-d’Acre, puis revint en France avec Bonaparte et seconda ce dernier au 18 brumaire ; fut pourvu du commandement des Tuileries, devint commandant et inspecteur général de la garde des Consuls, assista à la bataille de Marengo et obtint alors un sabre d’honneur. Envoyé en l’an IX, en qualité de ministre plénipotentiaire à Lisbonne, il eut, avant son départ, de violentes altercations avec Bonaparte avec qui il n’avait pas l’habitude de se gêner, revint en France, à la suite des difficultées occasionnées par le droit qu’il prétendait avoir de faire dans le Tage des bâtiments chargés de marchandises, sans être soumis à aucune visite ni payer de droits ; il fut nommé maréchal de France en l’an XII, créé chef de la neuvième cohorte et grand officier de la Légion d’honneur. Lors de la reprise des hostilités avec l’Autriche, il eut le commandement de l’avant-garde de la grande armée, se porta sur Louisbourg et pénétra en Bavière, où il commença la campagne d’une façon très brillante, contribua à la victoire de Wertingen, à la défaite de Mack et à la prise d’Ulm, puis à la victoire de Hollabrünn, se battit en en héros à Austerlitz, fit ensuite la campagne de Prusse en 1806, se montra intrépide à Iéna et à Eylau, alla en Espagne, revint en Allemagne en 1809, où, après avoir accompli des prodiges de valeur à la bataille d’Essling, il eut la cuisse emportée par un boulet, fut transporté à Vienne où il mourut quelques jours après.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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