décembre 4, 2007

GENERAL LOUIS-LAZARE HOCHE (1768-1797)

Posted in Généraux, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , à 5:09 par napoleonbonaparte

Général Lazare Hoche (1768-1797)

Hoche fut un des premiers généraux que la France ait produits. Il était brave, intelligent, plein de talent, de résolution et de pénétration. Il était aussi intrigant. Si Hoche avait débarqué en Irlande, il aurait réussi. Il possédait toutes les qualités nécessaires pour assurer le succès de son expédition. Il était accoutumé à la guerre civile et savait comment s’y prendre en pareil cas. Il avait pacifié la Vendée et était ce qu’il fallait pour l’Irlande : c’était un homme superbe, très adroit et d’un extérieur prévenant.

Ce fut une des plus belles réputations militaires de la Révolution… Hoche était un véritable homme de guerre.

(Napoléon Bonaparte)

Hoche (Louis-Lazare). Officier général né à Montreuil près Versailles, le 25 juin 1768, de « Louis Hoche, palfrenier à la vénerie du roi, et d’Anne Marlière », mort au camp de Wetzlar (Prusse) le 28 septembre 1797 ; était né de parents pauvres, fut soutenu tout jeune par une tante, fruitière, qui lui donnait de temps en temps de quoi acheter des livres, qu’il dévorait, et ne dut qu’à lui-même ce qu’il devint par la suite. Ayant des goûts essentiellement militaire, il s’engagea, le 19 octobre 1784, comme soldat au régiment des gardes françaises. « On le vit, dit la Biographie moderne, dès lors porter de l’eau, monter des gardes et s’adonner à toutes espèces de travaux pendant le jour, afin de pouvoir se former une petite bibliothèque au milieu de laquelle il passait une partie de ses nuits » ; il devint caporal le 16 juin 1789, passa avec le grade de sergent, le 1er septembre de la même année, dans la garde nationale soldée de Paris, puis parvint au grade d’adjudant au 104e régiment d’infanterie, le 1er janvier 1792, et capitaine par ancienneté la même année, puis adjudant général chef de bataillon. Le 15 mai 1793, il fut promu général de brigade, s’empara de Furnes le 22 décembre, et nommé commandant en chef de l’armée de Moselle, subit d’abord quelques petits échecs devnt les forces supérieures aux siennes et fortement retranchées de Brunswick, puis il lui suffit de quleques jours pour prendre sa revanche, battit Wurmser et débloqua Landau, et vint à bout de chasser de l’Alsace l’armée autrichienne.

Le 3 nivôse an II, il écrivait au ministre de la guerre : « Quartier général de l’armée de la Moselle, à Verd : je n’ai pu donner hier aucun détail, j’étais trop occupé ; je le suis encore, passablement cependant, d’après tous les renseignements que j’ai, nous avons pris 16 canons, 24 caissons, 500 prisonniers, tués ou blessés 300 hommes. La vivacité de l’attaque nous a fait perdre peu de monde, à peu près 80 tués et 150 blessés. J’attaque à la pointe du jour ; les troupes se montrent sans culottes, etc. Le 3e régiment de hussards, le 14e de dragons, les carabiniers, le 55e régiment d’infanterie se sont parfaitement distingués. Le général Dubois, blessé malheureusement, s’est comporté, j’ose le dire, comme un héros, ou plutôt comme un républicain. On amène encore des voitures d’armes, je laisse les sacs à nos braves volontaires ; j’ai donné toute cette nuit les ordres les plus prompts pour que le grand développement de l’armée de la Moselle s’opère ; il ne reste plus qu’à mettre l’armée en avant ; si ma droite me seconde, j’irai… J’ai toujours deux guenilles de drapeaux pris aux soldats des brigands couronnés. A la première occasion, je les enverrai à la Convention nationale. Je ne puis écrire davantage. » « HOCHE »

Il s’empara de Guenmersheim et de Spire le 10 nivôse, et ensuite de Worms, puis fut promu, le 2 brumaire an II, général de division. Hoche, d’une nature droite, très franche, pas du tout courtisan, n’eut pas le don de plaire à Saint-Just, alors en mission dans l’Est, fut destitué et emprisonné par son ordre et rendu à la liberté que dans le courant de thermidor, puis obtint le 13 ventôse an III, le commandement en chef de l’armée des Côtes de Brest, où il déploya un véritable talent.

Le 3 thermidor an III, Hoche, rendant compte de la prise de Quiberon, termina ainsi sa lettre : « Le voilà, monsieur Pitt, le résultat de trois années de travaux ! Quels sentiments pensez-vous inspirer à ceux que vos nombreux armements ne pourront sauver de la vengeance nationale ? Ils vous abhorrent : vous les avez indignement sacrifiés. Envoyez-nous d’autres victimes ; elles apprendront à connaître votre politique, lorsqu’elles seront sur notre sol. Vous n’ignorez pas monsieur, qu’il n’est jamais envahi impunément ; mais ces malheureux sont nés en France, et conséquemment ils sont, ainsi que nous, l’objet de votre haine. Demandez à M. de Puisaye, qui s’est rembarqué au premier coup de fusil, s’il est aussi aisé de vaincre les républicains sur leur territoire que dans votre cabinet. Monsieur Pitt, il est un Dieu vengeur, vos forfaits seront punis ! »

Le 14 fructidor, Hoche fut nommé par la Convention à l’armée de l’Ouest, et le 9 vendemiaire an IV, annonça de nouveaux succès sur Charette. Après avaoir complètement pacifié la Vendée, on le mit à la tête d’une expédition en Irlande qui ne réussit pas. Il fut le 6 pluviôse an V, nommé général en chef de l’armée de Sambre-et-Meuse, remporta les victoires de Neuwied, d’Altenkirchen de Diedorff, s’empara de Welylaër et exécuta une des plus belles opérations de cette guerre ; l’armistice conclu entre l’archiduc Charles et Bonaparte arrêta les succès de Hoche. On lui proposa, à cette époque, le portefeuille de la guerre qu’il refusa. L’armée de Sambre-et-Meuse ayant célébré l’anniversaire de la journée du 10 août à Vetlar, Hoche prononça un discours dont voici un fragment : « Amis, je ne dois pas vous le dissimuler, vous ne devez pas encore vous dessaisir de ces armes terribles avec lesquelles vous avez tant de fois fixé la victoire. Avant de le faire, peut-être aurons-nous à assurer la tranquillité de l’intérieur que des fanatiques et des rebelles aux lois républicaines essaient de troubler. Combien ils s’abusent, ces perfides ennemis ! Sans songer à vous, ils méditent de rendre la France à l’esclavage dont vous l’avez affranchie pour toujours. Semblables aux conseillers de Louis XVI, avant la journée du 10 août, ils espèrent nous redonner des maîtres. Le fanatisme, l’intrigue, la corruption, le désordre dans les finances, l’avilissement des institutions républicaines et des hommes qui ont rendu de grands services : voilà les armes qu’ils emploient pour arriver à une dissolution sociale, qu’ils diront être l’effet de circonstances. Nous leur opposerons la loyauté, le courage, le désintéressement, l’amour des vertus dont ils ne connaissent que le nom, et ils seront vaincus. Mais j’en suis certain, votre présence et la fermeté du gouvernement suffiront au maintien de la Constitution, que je jure avec vous de maintenir dans toute sa pureté. »

En l’absence du général Moreau appelé à Paris par le Directoire, en fructidor an V, le général Hoche fut chargé par intérim de l’armée du Rhin-et-Moselle.

Le 3e jour complémentaire de l’an V de la République, le général de division commandant en chef de l’artillerie de l’armée de Sambre-et-Meuse écrivait au Directoire exécutif du quartier général de Wetzlar, l’épouvantable nouvelle qui suit : « Citoyens directeurs, je vous ai écrit ce matin dans les larmes, au milieu d’une famille et d’amis éplorés, et je n’ai pu vous donner aucun détail sur les circonstances qui ont enlevé à la France le général Hoche. Doué d’un tempérament robuste et ardent, quoique d’une sensibilité de nerfs extraordinaire, le général Hoche n’éprouvait que des sentations vives et brûlantes ; le moindre sentiment l’affectait au delà de toute expression : la Révolution ne fit que développer ce tempérament. Jeté sur un grand theâtre, Hoche a employé toutes ses facultés pour remplir dignement le rôle éminent qu’il était destiné à jouer, il les a usées à forces de travail. Les contrariétés qu’il a éprouvées lors de son emprisonnement sous le règne de Robespierre, les fatigues extraordinaires qu’il s’est imposées dans les départements de l’Ouest pour pacifier ce pays, le mauvais succès de l’expédition d’Irlande et les dangers qu’il courut sur la mer, les accusations portées contre lui à la tribune nationale par les derniers conspirateurs, l’ardeur qu’il a mise à les confondre, tout cela a épuisé ses forces, et ranimé avec des symptômes effrayants, il y a environ un mois, un rhume et une oppression de poitrine que déjà il avait éprouvés à Brest, mais qu’il avait alors trop négligés. Tous les secours de l’art n’ont pu le sauver. Depuis sept ou huit jours, il éprouvait de temps en temps des crises de suffocation qui ne se calmaient qu’à force de soins, et après des souffrances inouïes, et la moindre occupation produisait une de ses crises. Enfin, hier, sur les dix heurs du soir, après avoir passé une journée assez calme, s’être même occupé de quelques affaires, ses souffrances redoublèrent, une suffocaiton horrible lui fit perdre connaissance, et après six heures de douleurs qu’on ne peut dépeindre, il mourut dans mes bras… Demain, son corps sera ouvert, afin de détruire les bruits d’empoisonnement qui se sont déjà répandus. Après demain, il partira de Wetzlar avec toute la pompe convenable, pour être transféré à Coblentz, où il sera enterré à côté du général Marceau, dans le fort de Péterberg. Salut et respect : « DEBELLE »

Telle fut la fin de ce général républicain, qui fut une perte irréparable pour la République et pour la France.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Hoche sur Wikipedia

http://www.lerubicon.com

3 commentaires »

  1. alain guillem said,

    Je pense toujours que c’est le symbole de la France révolutionaire avec peut-être Marceau. J’ai toujours cru qu il était mort empoisonné.

  2. Chokri said,

    J’ ai une affection profonde pour Hoche. C’était un général humaniste qui servit la république avec une ferveur nourrie par l’amour de justice, de fraternité et de liberté. Militaire doué et fin politicien; il était le seul, sans une mort précoce,à pouvoir éviter à la France les années napoléonienne.
    Les grandes idées ont besoin de grands hommes.

  3. […] Révolution, fut enfermée à la prison de Carmes en 1794. Là, elle y croisa un certain général Lazare Hoche. Encore auréolé de gloire suite à ses victoires dans l’est de la France, il avait été […]


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