juillet 10, 2008

NAPOLEON BONAPARTE – « POETE ROMANTIQUE EN ACTION »

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , , à 3:16 par napoleonbonaparte

Et pourtant, quel roman que ma vie !

(Napoléon Bonaparte)

Quelle belle tête il a ! C’est pur, c’est grand, c’est beau comme l’antique ! … C’est un homme auquel on aurait élevé des autels dans l’antiquité… Bonaparte est mon héros. (Jacques-Louis David)

Il n’a pas vingt-huit ans et il a sur la tête toutes les gloires, celles de la guerre, celles de la paix, celles de la modération, celles de la générosité. (Talleyrand)

Plus la vérité tout entière sera connue, plus Bonaparte sera grand. (Stendhal)

Que Bonaparte soit un grand homme, et comme il n’y a pas un second en Europe dans tous les sens, guerrier, militaire, politique, je défie même un ennemi de le nier. Ce sera le plus grand homme de notre siècle. (Marie-Caroline, reine de Naples)

Toutes nos gloires d’autrefois se réunirent […] et firent leur dernière explosion. (François-René de Chateaubriand)

Monté au trône, il y fit asseoir le peuple avec lui, roi prolétaire, il humilia les rois et les nobles dans ses antichambres ; il nivela les rangs, non en les abaissant, mais en les élevant : le niveau descendant aurait charmé davantage l’envie plébéienne, le niveau ascendant a plus flatté son orgueil. (François-René de Chateaubriand)

Mon admiration a été grande et sincère alors même que j’attaquais Napoléon avec le plus de vivacité. (François-René de Chateaubriand)

Il a fendu les rochers du Simplon, et planté ses drapeaux sur les capitales de l’Europe, relevé l’Italie prosternée depuis tant de siècles. (François-René de Chateaubriand)

Cet homme, dont j’admire le génie et dont j’abhorre le despotisme. (François-René de Chateaubriand)

Bonaparte n’est plus le vrai Bonaparte, c’est une figure légendaire composée des lubies du poète, des devis du soldat et des contes du peuple. (François-René de Chateaubriand)

Moins de vingt ans après, le chef de la nouvelle armée française, Bonaparte, prit aussi congé des ses compagnons ; tant les hommes et les empires passent vite ! tant la renommée la plus extraordinaire ne sauve pas du destin le plus commun ! (François-René de Chateaubriand)

Né dans une île pour aller mourir dans une île, aux limites de trois continents ; jeté au milieu des mers où Camoëns sembla le prophétiser en y plaçant le génie des tempêtes. (François René de Chateaubriand)

Le souffle de vie le plus puissant qui jamais anima l’argile humaine. (François-René de Chateaubriand)

Vivant il avait manqué le monde. Mort il le conquiert. (François-René de Chateaubriand)

Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte, – Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte, – Et du premier consul déjà, par maint endroit, – Le front de l’Empereur brisait le masque étroit. (Victor Hugo)

La France était pour les nations un magnifique spectacle. Un homme la remplissait alors et la faisait si grande qu’elle remplissait l’Europe. […] Il était au-dessus de l’Europe comme une vision extraordinaire. (Victor Hugo)

Vous n’adimrez pas Napoléon ! Mais qui admirez-vous donc ? (Victor Hugo)

Qui pourra jamais expliquer, peindre ou comprendre Napoléon ? Un homme qu’on représente les bras croisés, et qui a tout fait ! Qui a été le plus beau pouvoir connu, le pouvoir le plus concentré, le plus mordant, le plus acide de tous les pouvoirs ; singulier génie qui a promené partout la civilisation armée sans la fixer nulle part ; un homme qui pouvait tout faire, parce qu’il voulait tout ; prodigieux phénomène de volonté, domptant une maladie par une bataille, et qui cependant devait mourir d’une maladie dans un lit après avoir vécu au milieu des balles et des boulets ; un homme qui avait dans la tête un code et une épée, la parole et l’action. (Balzac)

J’appartiens à cette génération , née avec le siècle, qui nourrie de bulletins de l’Empereur, avait toujours devant les yeux une épée nue et vint la prendre au moment même où la France la remettait dans le fourreau des Bourbons. (Vigny)

Rien d’humain ne battait sous ton épaisse armure. (Alphonse de Lamartine)

L’excès du génie, l’excès de la fortune, l’excès du malheur : voilà pour l’historien, qui fait trembler, à l’aspect de ces proportions colossales. (Norvins)

On parlera de sa gloire sous les chaumes bien longtemps l’humble toit dans cinquante ans ne connaîtra pas d’autre histoire. (Beranger)

Ainsi, à l’âge de vingt-sept ans, Bonaparte tient d’une main l’épée qui divise les états, et de l’autre la balance qui pèse les rois. Le Directoire a beau lui tracer sa voie, il marche dans la sienne : s’il ne commande pas encore, il n’obéit déjà plus. (Alexandre Dumas père)

Napoléon, en arrivant sur la scène du monde, vit que son rôle était d’être l’exécuteur testamentaire de la Révolution. (Napoléon III)

Napoléon est si grand qu’on dirait que l’empire du monde ne fut pour lui qu’un pis-aller. (Léon Bloy)

Napoléon, c’est un professeur d’énergie ! (Maurice Barrès)

Il me semble que Napoléon serait content de tous les livres dont il fait le sujet. C’était un auteur. Au silence, il préfère toujours l’éreintement. (Jacques Bainville)

Qu’est-ce donc que cette chose dont parle Alexandre lorsqu’il évoque sa destinée, César sa chance, Napoléon son étoile ? Qu’est-ce donc sinon la confiance qu’ils avaient tous les trois dans leur rôle historique ? (Charles de Gaulle)

La gloire ne se marchande pas. (Charles de Gaulle)

Napoléon n’aurait pas pu être ambassadeur ou archevêque, il ne pouvait être que Napoléon. (André Malraux)

Laissez tranquille mon Empereur. (Goethe)

Plus Napoléon sera connu, plus il sera grand. (Goethe)

Dieu est avec Napoléon ! Napoléon est avec nous ! (Mickiewicz)

J’ai vu passer l’âme du monde à cheval. (Hegel)

Mais pour les cœurs ardents, le Repos est Enfer,
Ta perte vint de là ; il existe dans l’âme
Une vigueur, un feu qui se sent à l’étroit
Dans la prison du corps et prétend dépasser
L’équilibre permis des médiocres désirs. (Byron)

Le destin merveilleux s’est accompli : Le grand homme s’est éteint. (Pouchkine)

Cet homme merveilleux, envoyé de la Providence,
Instrument fatal d’un ordre mystérieux,
Ce cavalier devant qui s’inclinaient les rois. (Pouchkine)

Cet homme du destin, ce voyageur guerrier,
Devant qui les rois s’abaissèrent,
Ce cavalier sacré par le pape,
Qui disparut comme l’ombre de l’aurore. (Pouchkine)

Pourquoi as-tu été envoyé ?
Est-ce du bien ou du mal que tu fus l’exécuteur ?
Pourquoi t’es-tu éteint, pourquoi as-tu brillé ?
Visiteur merveilleux de la terre. (Pouchkine)

Son regard merveilleux, vivant, insaisissable, Tantôt perdu dans les lointains, tantôt irrésistible, Brillait comme le feu de la guerre, comme un éclair. (Lermontov)

Les dieux ne purent souffrir en lui leur semblable. (Grillparzer)

http://www.lerubicon.com

Publicités

septembre 1, 2007

NAPOLEON PAR SES CITATIONS – DE LA REVOLUTION A L’EMPIRE

Posted in CITATIONS, Napoléon à 4:45 par napoleonbonaparte

Napoléon 1er, créateur des lois

1794

Ma conscience est le tribunal où j’évoque ma conduite.

1796

Un mauvais général vaut mieux que deux bons.

La main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit.

Que l’on frappe les riches, c’est une nécessité de guerre, mais les pauvres, c’est une infamie.

1797

Mon pouvoir tient à ma gloire, et ma gloire aux victoires que j’ai emportées. Ma puissance tomberait si je ne lui donnais pour base encore de la gloire et des victoires nouvelles. La conquête m’a fait ce que je suis, la conquête seule peut me maintenir.

N’ira pas loin celui qui sait d’avance où il veut aller.

La haine des traîtres, des tyrans et des esclaves sera dans l’histoire notre plus beau titre à la gloire et à l’immortalité.

L’Europe est une taupinière. Il n’y a jamais eu de grands empires et de grandes révolutions qu’en Orient où vivent six cents millions d’hommes.

Soldats ! Vous allez entreprendre une conquête dont les effets sur la civilisation et le commerce du monde sont incalculables.

1798

Songez que du haut de ces monuments quarante siècles vous contemplent.

La gloire est fade ; à vingt-neuf ans, j’ai tout épuisé.

1799

L’homme d’Etat n’a pas le droit d’être sentimental.

Il faut endormir le fanatisme afin de pouvoir le déraciner.

Que m’importe que deux peuples soient séparés par des fleuves, qu’ils parlent des idiomes différents ? A des nuances près, la France, l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre ont les mêmes moeurs, les mêmes habitudes, la même religion.

La vraie politique n’est autre chose que le calcul des combinaisons des chances.

Citoyens, la révolution est fixée aux principes qui l’ont commencée, elle est finie ! Il faut en commencer l’histoire et voir ce qu’il y a de réel et de possible dans l’application des principes et non ce qu’il y a de spéculatif et d’hypothètique.

Allons, allons, citoyens ministres, réveillons-nous ! Il n’est que deux heures du matin, il faut gagner l’argent que nous donne le peuple français.

Venez à moi, mon gouvernement sera celui de la jeunesse et de l’esprit.

Et comment avez-vous imaginé, monsieur Sieyès, qu’un homme de quelque talent et d’un peu d’honneur voulût se résigner au rôle d’un cochon à l’engrais de quelques millions.

Quand ma résolution est prise, tout est oublié, hors ce qui peut la faire réussir.

1800

Je ne suis qu’un magistrat de la République qui n’agit que sur les imaginations de la nation ; lorsque ce moyen me manquera, je ne serai plus rien ; un autre me succèdera.

Violer le droit de propriété d’un seul, c’est le violer pour tous.

César avait bien raison de citer sa fortune et de paraître y croire. C’est un moyen d’agir sur l’imagination de tous sans blesser l’amour-propre de personne.

Vous ne devez pas souhaiter votre retour enFrance ; il vous faudrait marcher sur cent mille cadavres. Sacrifiez votre intérêt au repos et au bonheur de la France ; l’Histoire vous en tiendra compte.

Pourquoi l’armée française est-elle la plus redoutée au monde ? C’est parce que les officiers ont émigré et qu’ils ont été remplacés par les sous-officiers qui sont devenus généraux. C’est avec des sous-officiers que l’on mène une armée nationale, parce qu’ils sont sortis du peuple.

Une grande réputation, c’est un grand bruit ; plus on en fait, plus il s’entend loin ! Les lois, les institutions, les monuments, les nations, tout cela tombe. Mais le bruit reste et retentit dans d’autres générations.

On ne peut gouverner l’homme que par l’imagination ; sans l’imagination, c’est une brute ! Ce n’est pas pour cinq sous par jour ou pour une chétive distinction que l’on se fait tuer ; c’est en parlant à l’âme que l’on électrise l’homme.

Je me sers de tous ceux qui ont la volonté et la capacité de marcher avec moi.

Gouverner la France après dix ans d’évènements aussi extraordinaires est une tâche difficile.

Je sens en moi de l’infini.

Jusqu’à présent le peuple m’a gâté, il va au-devant de mes désirs comme moi au-devant des siens ; et je suis plein de reconnaissance pour lui.

Je songe à l’ordre social que j’ai mission de rétablir, à l’honneur national que j’ai mission de laver d’une souillure abominable.

1801

Le génie ne se perfectionne pas, mais l’art de bien combiner les choses est perfectionné chaque jour par l’observation et l’expérience.

Le grand art du gouvernement, c’est de ne pas laisser vieillir les hommes.

La plupart des sentiments sont des traditions ; nous les éprouvons parce qu’ils nous ont précédés.

1802

Une constitution doit être faite de manière à ne pas gêner l’action du gouvernement et à ne pas le forcer à la violer.

Je ne suis pas un caractère d’opéra.

Pour embellir Paris, il y a plus à démolir qu’à bâtir.

Une bonne idée ne se lie pas toujours à un bon jugement, maus un jugement suppose toujours de bonnes idées.

1803

Chaque vent qui souffle d’Angleterre ne m’apporte que haine ou outrage.

Tout individu né en France est français.

1804

Je vous ai toujours dit qu’il me fallait dix ans… je ne fais que commencer ; il n’y a rien d’achevé.

Je n’ai point d’ambition, ou, si j’en ai, elle m’est tellement innée, elle est si bien attachée à mon existence qu’elle est comme le sang qui coule dans mes veines, comme l’air que je respire.

Je suis la Révolution.

Nous sommes faits pour diriger l’opinion publique et non pour la discuter.

Il faut savoir donner pour prendre.

Le nom de roi est usé car il apporte avec lui de vieilles conceptions et ferait de moi un héritier ; je ne veux descendre ni dépendre de personne. Le titre d’empereur est plus grand, il est un peu inexplicable et impressionne l’imagination.

La grandeur et la générosité est de ne pas supposer que de vains noms, des titres donnés pour la forme d’un système politique, puissent changer quelque chose aux rapports d’amitié, de famille ou de société.

Cinq ou six famille se partagent les trônes de l’Europe et elles voient avec douleur qu’un Corse est venu s’asseoir sur l’un d’eux. Je ne puis m’y maintenir que par la force.

Le coq n’a point de force, il ne peut pas être l’image d’un empire tel que la France ! Il faut choisir entre l’aigle, l’éléphant ou le lion. Prenons l’aigle : c’est l’oiseau qui porte la foudre et qui regarde le soleil en face. Les aigles françaises sauront se faire respecter comme les aigles romaines.

On ne gouverne pas avec la métaphysique mais avec les résultats de l’expérience des siècles.

La mort n’est rien ; mais vivre vaincu et sans gloire c’est mourir tous les jours.

Si la mort ne me surprend pas au milieu de mes travaux, j’espère laisser à la postérité un souvenir qui serve à jamais d’exemple ou de reproche à me successeurs.

1805

Je ne veux pas la guerre, mais j’aime mieux la faire plus tôt que plus tard.

L’ordre civil ne se maintient que par l’exécution des lois. Sous mon règne, les lois ne seront jamais accessibles à l’impunité.

Il faut déployer plus de caractère en administration qu’à faire la guerre.

On ne paye pas la bravoure avec de l’argent.

1806

La foi est hors d’atteinte de la loi ; c’est la propriété la plus intime de l’homme et l’on a pas le droit d’en faire rendre compte.

On ne doit pas se régler sur ce qui a existé précédemment comme s’il étai impossible de faire mieux.

Tout l’art de la guerre consiste dans une défensive bien raisonnée, extrêmement circonspecte, et dans une offensive audacieuse et rapide.

Prévenir pour ne pas avoir à punir.

Je veux conquérir la mer par la puissance de la terre.

Les architectes ont ruiné Louis XIV parce que le grand roi ne savait pas compter.

On n’apprécie la santé que lorsqu’elle vous quitte.

J’ai l’habitude de penser trois ou quatre mois d’avance à ce que je dois faire, et je calcule sur le pire.

Le code civil est le code du siècle : la tolérance, ce premier bien de l’homme, y est non seulement prêchée, mais organisée.

Plus on est grand et moins on doit avoir de volonté : l’on dépend des évènements et des circonstances.

1807

Le luxe des riches donne le nécessaire aux pauvres.

La discipline et la patience à supporter les fatigues sont les premiers garants de la victoire.

La véritable gloire consiste à se mettre au-dessus de son état ! Moi, mes amis, j’ai une bonne place, je suis empereur. Je pourrais vivre dans les délices de ma capitale… Eh bien, je fais la guerre pour la gloire de la France, je suis au milieu de vous au bivouac et dans les combats ; je puis être, tout comme vous, atteint par une balle… je me mets au-dessus de mon état.

Sachez que la vie est semée de tant d’écueils et peut être la source de tant de maux que la mort n’est pas le plus grand de tous.

Vivre c’est souffrir, et l’honnête homme combat toujours pour rester maître de lui.

Rien n’interrompt aussi bien une scène tragique qu’inviter l’autre à s’asseoir ; lorsqu’il est assis, le tragique devient comique.

La paix est un mariage qui dépend d’une réunion de volonté.

Le budget est ma loi ; il faut se conformer parce que les finances, de toutes les branches de l’administration, sont la première de mes affaires.

J’ai fait consister la gloire de mon règne à changer la face des territoires de mon Empire. L’exécution de grands travaux est aussi nécessaire à l’intérêt de mes peuples qu’à ma propre satisfaction.

Là, où le gouvernement est faible, l’armée gouverne.

Les Romains se sont toujours attachés à de grandes choses, et c’est ainsi qu’ils ont créé le colosse qui traversa le monde.

1808

J’ai fait des courtisans, je n’ai jamais prétendu me faire des amis.

Les militaires sont une franc-maçonnerie ; il y a entre eux tous une certaine intelligence qui fait qu’ils se reconnaissent partout sans se méprendre, qu’ils se recherchent et s’entendent ; et moi, je suis le grand maître de leurs loges.

Une guerre entre européen est une guerre civile.

La génération future ne doit point souffir des haines et des petites passions de la génération présente.

1809

Dans l’art de la guerre, comme dans la mécanique, le temps est le grand élément entre le poids et la puissance.

Il n’y a point de bête que ne soit propre à rien, il n’y a point d’esprit qui soit propre à tout.

Un mal vif et court vaut mieux qu’une souffrance prolongée.

On s’est rallié à moi pour jouir en sécurité ; on me quitterait demain si tout rentrait en problème.

Il faut avoir bien de l’amour-propre pour être mis aussi simplement.

1810

Jeune, j’ai été révolutionnaire par ignorance et par ambition.

Je suis un homme qu’on peut tuer mais qu’on n’outrage pas.

J’ai très rarement tiré mon épée, car je gagnais les batailles avec mes yeux et non pas avec mes armes.

Je n’aime pas revenir sur ce que j’ai fait ; ce qu’il faut éviter, c’est moins encore l’erreur que la contradiction avec soi-même ; c’est surtout par cette seconde faute que l’autorité perd sa force.

Quand je veux interrompre une affaire, je ferme son tiroir et j’ouvre celui d’une autre. Elles ne se mêlent point l’une à l’autre et jamais ne me gênent ni me fatiguent. Veux-je dormir ? Je ferme tous les tiroirs et me voilà au sommeil.

J’ai toujours aimé l’analyse : « pourquoi » et « comment » sont des questions si utiles qu’on ne saurait trop se les poser.

La France avant tout.

J’ai voulu réaliser dans un Etat de quarante millions d’individus ce qu’avaient fait Sparte et Athènes.

1811

J’ai mis autour de ma personne jusqu’à des émigrés, des soldats de l’armée de Condé, bien qu’on voulût qu’ils m’eussent assassiné. Je dois être juste : ils m’ont été fidèles.

Des soucis ont gâté mes jeunes années. Ils ont influencé mon humeur. Ils m’ont rendu grave bien avant l’âge.

Pour qu’elle dure [ma dynastie], il faut que je vive encore vingt-cinq ans et que mon fils soit un grand homme.

1812

Pour terminer la Révolution, il faut confondre toutes les opinions et se servir des hommes les plus opposés.

La guerre a été dans mes mains l’antidote de l’anarchie.

Il y a en général peu d’hommes d’Etat ! J’ai sûrement les ministres les plus capables d’Europe, mais on s’apercevrait cependant bientôt combien ils sont au-dessous de l’opinion qu’on en a, si je n’imprimais pas le mouvement de ces rouages.

Mon fils est le plus bel enfant de France.

La fortune est une grande courtisane ! Je l’ai souvent dit, et je commence à l’éprouver.

Les Anglais finiront pas souscrire à tout ce que les Etat-Unis voudront, et le gouvernement américain, confié à des mains habiles, à des hommes d’Etat, y gagnera plus de ressort. Ce pays sera, à l’avenir, le plus puissant adversaire de l’Angleterre. Il la fera trembler avant trente ans.

Je ne suis pas un don Quichotte qui a besoin de quêter l’aventure… La seule différence entre moi et les autres souverains, c’est que les difficultés les arrêtent et que j’aime à les surmonter.

1813

A partir de trente ans on commence à être moins propre à faire la guerre. Alexandre est mort avant de pressentir le déclin.

1814

La stratégie est la science de l’emploi du temps et de l’espace. Je suis, pour mon compte, moins avare de l’espace que du temps : pour l’espace, nous pouvons toujours le regagner. Le temps perdu, jamais.

Je vivrai, puisque la mort ne veut pas plus de moi dans mon lit que sur le champ de bataille. Il y aura aussi du courage à supporter la vie après de tels évènement.

Ce n’est pas à moi que les puissances font la guerre. C’est à la Révolution. Elles n’ont jamais vu en moi que le représentant, l’homme de la Révolution.

1815

Vous avez raison de m’appeler votre père ; je ne vis que pour l’honneur et le bonheur de la France.

On n’est plus à quarante-cinq ans ce qu’on était à trente ! Le repos d’un roi constitutionnel peut [maintenant] me convenir. Il conviendra encore plus sûrement à mon fils.

C’est dans les temps difficiles que les grands hommes déploient toute l’énergie de leur caractère et deviennent un objet d’admiration pour la postérité.

août 31, 2007

NAPOLEON BONAPARTE PAR SES APHORISMES

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , à 7:43 par napoleonbonaparte

De Bonaparte à Napoléon Ier

1786

Toujours seul au milieu des hommes, je rentre pour rêver avec moi-même et me livrer à toute la vivacité de ma mélancolie. 

1791

Je crois l’amour nuisible à la société, au bonheur individuel des hommes. Enfin, je crois que l’amour fait plus de mal que de bien.

1795

L’homme esclave est à peine l’ombre de l’homme libre.

La vie est un songe léger qui se dissipe.

1796

Malheur au général qui vient sur le champ de bataille avec un système. 

De nos jours personne n’a rien conclu de grand ; c’est à moi de donner l’exemple.

1797

On ne conduit un peuple qu’en lui montrant un avenir ; un chef est un marchand d’espérance.

Les vraies conquêtes sont celles que l’on fait sur l’ignorance.

1798

Je mesurais mes rêveries au compas de mon raisonnement.

Quand j’avais l’honneur d’être lieutenant en second, je déjeunais avec du pain sec, mais je vérouillais ma porte sur ma pauvreté.

1799

De Clovis au comité de salut public, je me sens solidaire de tout.

On ne fait de grandes choses en France qu’en s’appuyant sur les masses ; d’ailleurs, un gouvernement doit aller chercher son point d’appui là où il est.

Les grands noms ne se font qu’en Orient.

1800

Ma politique est de gouverner les hommes comme le grand nombre veut être gouverné. C’est là, je crois, la manière de reconnaître la souveraineté du peuple.

Les guerres inévitables sont toujours justes.

La première des vertus est le dévouement à la patrie.

L’amour est une sottise faite à deux !

Mon héritier naturel, c’est le peuple français. C’est là mon enfant ! Je n’ai travaillé que pour lui.

Je suis bien vieux en coeur humain.

Je n’ai qu’un besoin, c’est celui de réussir.

Un talent dans quelque genre qu’il soit, est une vraie puissance.

L’homme supérieur n’est sur le chemin de personne.

Il n’y a que la religion qui puisse faire supporter aux hommes des inégalités de rang parce qu’elle console de tout.

Les conquérants habiles ne sont jamais brouillés avec les prêtres.

Une société sans religion est comme un vaisseau sans boussole.

1801

Il ne faut pas croire que je me laisserai faire comme Louis XVI ! Je suis soldat, fils de la Révolution et je ne souffrirai pas qu’on m’insulte comme un roi.

1802

Celui qui gouverne doit avoir de l’énergie sans fanatisme, des principes sans démagogie et de la sévérité sans cruauté.

Les soldats n’ont qu’un sentiment : l’honneur ! Il faut donc donner de l’aliment à ce sentiment-là, il leur faut des distinctions.

La religion ce n’est pas pour moi le mystère de l’incarnation ; c’est le mystère de l’ordre social.

Je suis loin d’être athée, mais je ne puis croire tout ce que l’on m’enseigne en dépit de ma raison, sous peine d’être faux et hypocrite.

On croit en Dieu parce que tout le proclame autour de nous et que les plus grands esprits y ont cru.

1804

La faiblesse du pouvoir suprême est la plus affreuse calamité des peuples.

Il y a deux leviers pour remuer les hommes : la crainte et les intérêts.

Je n’ai qu’une passion, qu’une maîtresse : c’est la France ! Je couche avec elle… je jure que je ne fais rien que pour la France.

Je n’ai pas succédé à Louis XVI, mais à Charlemagne.

Le grand art d’écrire, c’est de supprimer ce qui est inutile.

1805

Une belle femme plaît aux yeux, une bonne femme plaît au coeur : l’une est un bijou, l’autre est un trésor.

La chasteté est pour les femmes ce que la bravoure est pour les hommes : je méprise un lâche et une femme sans pudeur.

Le meilleur moyen de tenir sa parole est de ne jamais la donner.

L’art d’être tantôt très audacieux et tantôt très prudent est l’art de réussir.

1806

La haute politique n’est que le bon sens appliqué aux grandes choses.

Il n’y a plus d’ennemis après la victoire, mais seulement des hommes.

L’art de la guerre est un art simple et tout d’exécution. La part des principes est minimes : rien n’y est idéologie.

Il n’y pas deux puissances au monde : le sabre et l’esprit. A la longue le sabre est toujours vaincu par l’esprit.

De toutes les institutions, la plus importante est l’institution publique. Tout en dépend, le présent et l’avenir.

Il faut être lent dans la délibération, et vif dans l’exécution.

1807

La royauté est un rôle : les souverains doivent toujours être en scène.

A la guerre l’audace est le plus beau calcul du génie.

Je gagne mes batailles avec les rêves de mes soldats endormis.

Les Romains donnaient leurs lois à leurs alliés ; pourquoi la France ne ferait-elle pas adopter les siennes ?

1808

C’est la volonté, le caractère, l’application et l’audace qui m’ont fait ce que je suis.

1809

La force morale plus que le nombre décide de la victoire.

Je suis le plus esclave des hommes, obligé d’obéir à un maître qui n’a point de coeur : le calcul des évènements et la nature des choses.

1810

On gouverne mieux les hommes par leurs vices que par leurs vertus.

L’ambition est le principal mobile des hommes ; on dépense son mérite tant qu’on espère s’élever.

L’amour devrait être un plaisir et non pas un tourment.

Ne croyez pas que je n’ai pas le coeur sensible comme les autres hommes, mais dès la première jeunesse je me suis habitué à rendre muette cette corde qui, chez moi, ne rend plus aucun son.

Je suis l’instrument de la providence ; elle me soutiendra tant que j’accomplirai ses desseins, puis elle me cassera comme un verre.

Je ne puis pas bien écrire parce que je suis dans deux courants : l’un des idées, l’autre de la main. Les idées vont plus vite, alors adieu les caractères.

Le courage est une vertu qui échappe à l’hypocrisie.

1812

Le génie n’est pas héréditaire.

On me croit sévère et dur. Tant mieux, cela me dispense de l’être.

Du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas.

1813

L’athéisme est un principe destructeur de toute organisation sociale qui ôte à l’homme toutes ses consolations et toutes ses espérances.

1815

Les hommes qui ont changé l’univers n’y sont jamais parvenus en changeant les chefs, mais toujours en remuant les masses.

L’anarchie ramène toujours le gouvernement absolu.

L’amour devrait être l’occupation de l’homme oisif, la distraction du guerrier, l’écueil du souverain.

La fibre populaire répond à la mienne ; je suis sorti des rangs du peuple, ma voix agit sur lui.

1816

L’autorité ne doit voir point les personnes ; elle ne doit voir que les choses, leurs poids et leurs conséquences.

Si j’avais pu gouverner la France pendant quarante ans, j’en aurais fait le plus bel empire qu’il eût jamais existé !

Une femme qui couche avec son mari exerce toujours une influence sur lui.

Le manque de jugement et les défauts d’éducation peuvent porter une femme à se croire en tout l’égale de son mari.

J’avais le goût de la fondation, mais je n’ai jamais eu celui de la propriété.

Quel roman pourtant que ma vie !

La vraie sagesse des nations, c’est l’expérience.

Il est noble et courageux de surmonter l’infortune.

Le sentiment religieux est si consolant que c’est un bienfait du ciel que de le posséder.

L’honnête homme ne doute jamais de l’existence de Dieu ; car, si la raison ne suffit pas pour le comprendre, l’existence de l’âme l’adopte.

Les plus petites circonstances conduisent les plus grands évènements.

L’homme n’a pas d’amis ; c’est son bonheur qui en a.

1817

Un homme n’est qu’un homme. Ses moyens ne sont rien si les circonstances et l’opinion ne le favorisent pas.

Les hommes ne sont vraiment grands que par ce qu’ils laissent d’institutions  après eux.

Le génie agit par inspiration.

Les conquérants doivent être tolérants et protéger toutes les religions.

Ce qui est supérieur en Mahomet, c’est qu’en dix ans il a conquis la moitié du globe, tandis qu’il a fallu trois cents ans au christianisme pour s’établir.

Dans les révolutions, il ya deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent.

1818

Ma gloire n’est pas d’avoir gagné quarante batailles ; ce que rien n’effacera, ce qui vivra éternellement, c’est mon code civil et les procès verbaux au Conseil d’Etat.

1820

Ce n’est point à un incident de gouverner la politique, mais bien à la politique de gouverner les incidents.

Je n’ai point usurpé la couronne ; je l’ai relevée dans le ruisseau. Le peuple me l’a mise sur la tête. Je voulais que le titre de Français fût le plus beau, le plus désirable de la terre.

C’est une de mes fautes que d’avoir cru mes frères nécessaires pour assurer ma dynastie.

Mes frères ont été beaucoup plus rois que moi ! Ils ont eu les jouissances de la royauté, je n’en ai eu que les fatigues.

J’ai toujours été heureux, jamais mon sort n’a resisté à ma volonté.

Je suis construit pour le travail. J’ai connu les limites de mes jambes, j’ai connu les limites de mes yeux, je n’ai pu connaître les limites de mon travail.

En mourant, je laisse deux vainqueurs, deux hercules au berceau : la Russie et les Etats-Unis d’Amérique.

Une de mes grandes pensées avait été l’agglomération, la concentration des mêmes peuples géographiques qu’on dissout et morcelle. J’eusse voulu faire de chacun de ces peuples un seul et même corps de nation ; c’est avec un tel cortège qu’il eût été beau de s’avancer dans la bénédiction des siècles. Je me sentais digne de cette gloire.

Le sot a un grand avantage sur l’homme d’esprit : il est toujours content de lui-même.

C’est dans la morale que se trouve la vraie noblesse ; hors d’elle, elle n’est nulle part.

Les peuples passent, les trônes s’écroulent, l’Eglise demeure.

Une tête sans mémoire est une place sans ganison.

ACTEURS DE LA REVOLUTION ET DU CONSULAT PAR NAPOLEON 1er

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , à 12:40 par napoleonbonaparte

Maximilien de Robespierre, “l’incorruptible” (1758-1794)

Ni Robespierre, ni Danton, ni Marat n’avaient d’égaux quand « liberté, égalité ou la mort » se lisaient en lettres de sang sur toutes les bannières françaises ; ils étaient les premiers d’une aristocratie terrible, dont la livrée était teinte journellement par la hache du bourreau.

(Napoléon Bonaparte)

Le général Caffarelli était d’une activité qui ne permettait pas de s’apercevoir qu’il avait une jambe de moins. Il entendait parfaitement les détails de son arme, mais il excellait par les qualités morales et par l’étendue de ses connaissances dans toutes les parties de l’administration publique. C’était un homme de bien, brave soldat, fidèle ami, bon citoyen. Il périt glorieusement au siège de Saint-Jean-d’Acre en prononçant sur son lit de mort un très éloquent discours sur l’instruction publique.

Le vrai caractère perce toujours dans les grandes circonstances ; voilà l’étincelle qui signale le héros de la Vendée.

C’était un homme bien extraordinaire, fait pour tout ; on ne conçoit pas pourquoi il s’est séparé de Robespierre et s’est laissé guillotiner. Il paraît que les deux millions qu’il avait pris en Belgique avait altéré son caractère. C’est lui qui disait : « de l’audace, puis de l’audace et encore de l’audace ».

Desaix était dévoué, généreux, tourmenté par la passion de la gloire. Sa mort fut une de mes calamités ! Il était habile, vigilant, plein d’audace ; il comptait la fatigue pour rien, la mort pour moins encore.

Ce nain de Ducos, ce cul-de-jatte de Ducos, un homme borné et facile.

Dugommier avait toutes les qualités d’un vieux militaire ; extrêmement brave de sa personne, il aimait les braves et en était aimé ; il était bon, quoique vif, très actif, juste, avait le coup d’oeil militaire, le sang-froid et de l’opiniâtreté dans le combat.

Hoche fut un des premiers généraux que la France ait produits. Il était brave, intelligent, plein de talent, de résolution et de pénétration. Il était aussi intrigant. Si Hoche avait débarqué en Irlande, il aurait réussi. Il possédait toutes les qualités nécessaires pour assurer le succès de son expédition. Il était accoutumé à la guerre civile et savait comment s’y prendre en pareil cas. Il avait pacifié la Vendée et était ce qu’il fallait pour l’Irlande : c’était un homme superbe, très adroit et d’un extérieur prévenant.

Ce fut une des plus belles réputations militaires de la Révolution… Hoche était un véritable homme de guerre.

Le général Joubert qui a commandé à la bataille de Rivoli, a reçu de la nature les qualités qui distinguent les guerriers : grenadier par le courage, il était général par le sang-froid et les talents militaires.

Il était grand, maigre, semblait naturellement d’une faible complexion : mais avait trempé sa constitution au milieu des fatigues, des champs et de la guerre et des montagnes. Il était intrépide, vigilant, actif… Il était fait pour arriver à une grande renommée militaire.

Joubert avait une haute vénération pour moi ; à chaque revers éprouvé par la République, durant l’expédition d’Egypte, il déplorait mon absence. Se trouvant en cet instant chef de l’armée d’Italie, il m’avait pris pour modèle, aspirait à me recommencer, et ne prétendait à rien de moins qu’à tenter ce que j’ai exécuté depuis en Brumaire, seulement, il eût agi avec les Jacobins.

Kléber était doué d’un grand talent, mais il n’était que l’homme du moment ; il cherchait la gloire comme la seule route aux jouissances ; d’ailleurs, nullement national, il eût pu, sans effort, servir l’étranger ; il avait commencé dans sa jeunesse sous les Prussiens, dont il demeurait fort engoué.

Il y a des dormeurs dont le réveil est terrible : Kléber était d’habitude endormi, mais dans l’occasion -et toujours au besoin- il avait le réveil du lion.

Si Kléber avait vécu, la France aurait conservé l’Egypte.

La mort de Kléber fut une perte irréparable pour la France et pour moi. C’était un homme doué des talents les plus brillants et de la plus grande bravoure.

Kléber, c’était l’image du dieu Mars en uniforme.

Il était de la très petite bourgeoisie ; petit, bossu, de l’extérieur le plus désagréable qu’on puisse imaginer, c’était un véritable Esope. Il n’avait ni l’habitude des affaires ni la connaissance des hommes. Du reste il était patriote, chaud et sincère, honnête homme, citoyen probe et instruit ; il entra au Directoire et sortit pauvre. La nature ne lui avait accordé que les qualités d’un magistrat subalterne.

Naturellement dissimulé, inobligeant, dur et sans affection, dévoré d’ambition.

Marat avait de l’esprit mais était un peu fou. Ce qui lui a donné une grande popularité, c’est qu’en 1790 il annonçait ce qui arriverait en 1792 ; il luttait seul contre tous. C’était un homme bien singulier.

Il était l’un des meilleurs avocats de Colmar. Il avait l’esprit qui caractérise un bon praticien ; il influença presque toujours les délibérations, prenait facilement des préjugés, croyait peu à la vertu et était d’un patriotisme assez exalté. Il avait, comme les patriciens, un préjugé d’Etat contre les militaires.

C’était un fanatique, un monstre ; mais il était incorruptible et incapable de voter ou causer la mort de qui que ce fût par inimitié personnelle ou par désir de s’enrichir. C’était un enthousiaste, il croyait agir selon la justice, et il ne laissa pas un sou après sa mort.

Sieyès était l’homme du monde le moins propre au gouvernement mais essentiel à consulter, car quelquefois il avait des aperçus lumineux et d’une grande importance.

août 30, 2007

ENNEMIS, ADVERSAIRES ET OPPOSANTS PAR NAPOLEON 1er

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , à 1:06 par napoleonbonaparte

Entrevue de Napoléon 1er et François II après Austerlitz

Bien qu’on m’ait salué, en leur nom, de moderne Attila, de Robespierre à cheval, tous [les rois d’Europe] savent mieux dans le fond de leur coeur que, si je l’avais été, je règnerais encore peut-être ; mais eux, bien sûrement et depuis longtemps, il ne règneraient plus.

(Napoléon Bonaparte)

Ce qu’il y a de plus singulier, c’est qu’on ne peut prévoir ce qui lui manquera dans un cas donné ou dans une circonstance particulière, car ce qui lui manque varie à l’infini.

C’est un grec du Bas-Empire, fin, faux et adroit.

N’ayant aucun talent pour la tribune, et nulle habitude au travail, il se jeta dans le parti thermidorien menacé par Robespierre ainsi que Tallien et tout le reste du parti de Danton. Ils se réunirent et firent la journée du 9 Thermidor. Cette réussite lui donna une grande célébrité. Les évènements le portèrent au Directoire : il n’avait point les qualités nécessaires pour cette place.

Barras était d’une haute stature, il parla quelquefois dans les moments d’orage et sa voix couvrait alors la salle. Ses facultés morales ne lui permettaient pas d’aller au-delà de quelques phrases. La passion avec laquelle il parlait l’aurait fait prendre pour un homme de résolution, mais il ne l’était point : il n’avait aucune opinion faite sur aucune partie de l’administration publique.

Blücher est un très brave soldat, un bon sabreur. C’est comme un taureau qui ferme les yeux et se précipite en avant sans voir aucun danger. Il a commis des millions de fautes et, s’il n’eût été servi par les circonstances, j’aurais pu différentes fois le faire prisonnier, ainsi que la plus grande partie de son armée. Il est opiniâtre et infatigable, n’a peur de rien et est très attaché à son pays ; mais comme général, il est sans talent.

Le prince des Asturies est très bête, très méchant, très ennemi de la France ; avec mon habitude de manier les hommes, son expérience de vingt-quatre ans n’a pu m’en imposer.

Le roi Charles est un brave homme. Je ne sais si c’est sa position ou les circonstances, il a l’air d’un patriarche franc et bon.

La reine a son coeur et son histoire sur sa physionomie, c’est vous en dire assez. Cela passe tout ce qui est permis de s’imaginer.

Le duc de Brunswick a eu tous les torts dans cette guerre [contre la Prusse en 1806] ; il a mal conçu et mal dirigé les mouvements de l’armée ; il croyait l’empereur à Paris lorsqu’il se trouvait sur ses flancs ; il pensait avoir l’initiative des mouvements et il était déjà tourné.

Le prince Charles est un homme sage, aimé par ses troupes… Bien qu’il ait commis un millier de fautes, il est le meilleur général autrichien.

Il s’est offert vingt fois à mois ; mais comme c’est pour me faire plier à son imagination et non pour m’obéir, je me suis refusé à ses services, c’est-à-dire à le servir.

Je n’ai point de reproches à faire à Chateaubriand. Il m’a resisté dans ma puissance.

Tout ce qui est grand et national doit convenir au génie de Chateaubriand.

  • Sir George Cockburn, contre-amiral anglais (1772-1853)

Malgré certaines contrariétés, l’amiral Cockburn avait mérité ma parfaite confiance ; mais il ne paraît pas que son successeur soit jaloux de m’en inspirer une semblable.

C’est un homme d’honneur. Sa brusquerie nous blesse parfois ; mais en définitive, c’est un vieux et brave soldat, et avec eux je finis toujours par m’entendre… J’ai eu quelques reproches à lui faire, mais j’ai toujours rendu justice à ses sentiments honorables. Jamais il ne m’a inspiré la plus légère méfiance.

Comme homme d’esprit, écrivain, il fallait qu’il écrive, qu’il accuse. Il était l’amant de Madame de Staël qui eût aimé me culbuter. Il avait été fort partisan du 18 Fructidor et du 18 Brumaire. Constant avait toujours été désireux de se rapprocher de moi sous l’Empire.

Il faut supporter la responsabilité de l’événènement ; la rejeter sur d’autres, même avec vérité, ressemblerait trop à une lâcheté pour que je veuille m’en laisser soupçonner.

Assurément, si j’eusse été instruit à temps de certaines particularités concernant les opinions et le naturel du duc d’Enghien, et surtout si j’avais vu la lettre qu’il m’écrivit et que Talleyrand me remit que quand il n’était plus, bien certainement j’eusse pardonné.

Ce squelette de François II, que le mérite de ses ancêtres a placé sur le trône.

Je préfère un homme d’honneur qui tient parole à un homme consciencieux. L’empereur François a fait ce qu’il estimait être le plus utile pour le bien de son peuple, il est consciencieux, mais il n’est pas homme d’honneur.

Je croyais que l’empereur François était un bon homme : je me suis trompé ! C’est un imbécile, un paresseux sans cervelle et sans coeur. Il est dépourvu de tout talent. Il ignore l’affection, la sensibilité et la gratitude. En fait, les bonnes qualités lui font complètement défaut.

C’est un homme entièrement borné, sans caractère, sans moyens, un vrai benêt, un balourd, un ennuyeux.

Le plus grand sot de la terre, sans talent, sans instruction, incapable de soutenir une conversation de cinq minutes. Il a l’air d’un vrai don Quichotte.

Pas un tailleur e savait plus long que le roi Frédéric-Guillaume sur ce qu’il fallait de drap pour faire un habit. Si l’armée française avait été comandée par un tailleur, le roi de Prusse aurait certainement gagné la bataille à cause de son savoir supérieur en cette matière.

La Fayette a été un niais politique. Sa bonhomie doit le rendre constamment dupe des hommes et des choses. Son insurrection des chambres, au retour de Waterloo, a tout perdu.

La Fayette… était un homme sans talents, ni civils ni militaires ; esprit borné, caractère dissimulé, dominé par des idées vagues de liberté, mal digérées chez lui et mal conçues. Au reste, dans la vie privée, La Fayette était un honnête homme.

Les deux issues si malheureuses des invasions de la France lorsqu’elle avait encore tant de ressources sont dues aux trahisons de Marmont, Augereau, Talleyrand, et La Fayette. Je leur pardonne ; puisse la postérité française leur pardonner comme moi !

Vous êtes pour nous un plus grand fléau que les misères de cet affreux rocher.

J’ai vu des tartares, des cosaques, des kalmouks, mais je n’ai jamais vu une figure aussi sinistre et aussi repoussante.

Si un tel homme reste un instant seul près d’une tasse de café, c’est à ne pas la boire ! Il a le crime gravé sur le visage.

Metternich est tout prêt d’être un homme d’Etat : Il ment très bien.

Il a du génie sur le champ de bataille, mais, dans la vie, c’est un faible servilement soumis à sa femme. Sa belle-mère lui a monté la tête contre moi.

La nature en lui n’avait pas fini sa création ; il avait plus d’instinct que de génie.

Moreau ne connaissait pas le prix du temps ; il le passait toujours le lendemain d’une bataille dans une fâcheuse indécision.

Il était supérieur pour commander une forte division ou un de mes corps d’armées, mais pour bien commander en chef il faut être un autre homme que lui.

Nelson était un brave homme. Si Villeneuve à Aboukir et Dumanoir à Traflagar avait eu un peu de son sang, les Français auraient été vainqueurs.

Madame de Staël était ardente dans ses passions, furieuse et forcenée dans ses expressions. Sa demeure à Coppet était devenue un véritable arsenal contre moi ; on venait y faire armer chevalier. Elle s’occupait à me susciter des ennemis et me combattait elle-même.

Il est vrai de dire que personne ne saurait nier qu’après tout Madame de Staël est une femme d’un grand talent, fort distinguée, de beaucoup d’esprit : elle restera.

Si je juge les actions de Wellington d’après les dépêches, et surtout d’après sa conduite envers Ney, son procès et son exécution, je dois dire que c’est un homme de peu d’esprit, sans générosité ni grandeur d’âme. Wellington est un homme ordinaire. Il a été prudent et heureux, mais ce n’est pas un grand génie.

août 29, 2007

LES PERSONNAGES HISTORIQUES PAR L’EMPEREUR NAPOLEON 1er

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , à 7:07 par napoleonbonaparte

 L’assassinat de Jules César par Gérôme (1824-1904) 

Quand on veut se meler de gouverner, il faut savoir payer de sa personne, au besoin savoir se laisser assassiner.

(Napoléon Bonaparte)

Ce que j’aime chez Alexandre le Grand, ce ne sont pas ses campagnes que nous ne pouvons concevoir, mais ses moyens politiques. Il laissa à trente-trois ans un immense empire bien établi, et il avait eu l’art de se faire aimer des peuples vaincus.

Alexandre Le Grand, César, Hannibal, le Grand Gustave et d’autres réussissent toujours ; est-ce parce qu’ils ont eu du bonheur qu’ils deviennent ainsi de grands hommes ? Non, mais parce qu’étant des grands hommes ils ont maîtrisé leur bonheur ! Quand on veut étudier les ressorts de leurs succès, on est tout étonné de voir qu’ils avaient tout fait pour l’obtenir.

C’était une maîtresse femme, elle était digne d’avoir de la barbe au menton.

César n’a jamais voulu se faire roi, et il n’a pas été tué pour avoir ambitionné la couronne, mais pour avoir voulu établir l’ordre civil par la réunion de tous les partis. Il a été tué dans le Sénat où il avait placé un grand nombre de ses ennemis, c’est à dire plus de quarante amis de Pompée.

D’où a-t-il cette grandeur antique ? C’est le génie ! Le génie, voyez-vous, est une flame qui tombe du ciel mais qui trouve rarement un esprit prèt à la recevoir. Corneille était un homme qui connaissait le monde. C’est justement pourquoi je prétends qu’il est un grand homme.

S’il vivait, je le ferais prince.

Ce n’était pas un grand militaire, il n’a gagné que deux batailles. La révolution d’Angleterre n’a rien de commun avec la nôtre, et Cromwell rien de commun avec moi : Cromwell a tout fait par la force, et moi tout régulièrement par les lois.

Si François Ier avait embrassé le luthérianisme, si favorable à la suprématie royale, il eût épargné à la France de terribles convulsions religieuses amenées plus tard par les calvinistes. Après tout, il n’était qu’un héros de tournoi, un beau de salon, un de ces grands hommes pygmées.

En plaine, je pense comme Frédéric : il faut toujours attaquer le premier.

Il a été grand surtout dans les moments les plus critiques : c’est le plus bel éloge que l’on puisse faire de son caractère. Ce qui distingue le plus Frédéric, ce n’est pas l’habileté de ses manoeuvres, c’est son audace ! Il a exécuté ce que je n’ai jamais tenté. Il a quitté sa ligne d’opération et a souvent agi comme s’il n’avait aucune connaissance de l’art militaire.

Voilà un homme !

Il a été le plus audacieux de tous [les grands guerriers], le plus étonnant peut être ! Si hardi, si sûr, si large en toutes choses, qui, à vingt-six ans, conçoit ce qui est à peine concevable, exécute ce qu’on devait tenir pour impossible ; qui, renonçant à toute communication avec son pays, traverse des peuples ennemis ou inconnus qu’il faut attaquer et vaincre, escalade les Pyrénées et les Alpes… Certes, il devait être doué d’une âme de la trempe la plus forte et avoir une bien haute idée de sa science en guerre.

C’était un bon homme, mais il n’a rien fait d’extraordinaire, et ce barbon qui courait les rues de Paris après les catins n’était qu’un vieux fou. Je suis sûr que, de son temps, il n’avait pas la réputation qu’on lui donne maintenant.

Depuis Charlemagne, quel est le roi de France qu’on puisse comparer à Louis XIV sous toutes les faces ?

Louis XIV fut un grand roi ; c’est lui qui a élevé la France au premier rang des nations… Mais le soleil n’a-t-il pas lui même ses taches ?

Sa mort m’a paru une opprobe pour la nation ! Quant aux juges du roi, chez plusieurs, c’est la peur plutôt que la haine et la méchanceté qui l’a jugé. J’ai toujours regardé sa mort comme un crime.

Nous condamnons Louis XVI ; mais, indépendamment de sa faiblesse, il a été le premier prince attaqué. C’est celui sur lequel les nouveaux principes faisaient leur essai.

Qui fut plus populaire, plus débonnaire que le malheureux Louis XVI ? Pourtant quelle a été sa destinée ? Il a péri ! C’est qu’il faut servir dignement le peuple et ne pas s’occuper de lui plaire. La belle manière de le gagner, c’est de lui faire du bien, car rien n’est plus dangereux que de le flatter : s’il n’a pas ensuite tout ce qu’il veut, il s’irrite et pense qu’on lui a manqué de parole et, si alors on lui résiste, il hait d’autant plus qu’il se dit trompé.

Si Louis XVI s’était échappé à Varennes, le duc d’Orléans aurait été fait roi et la Révolution aurait pris un tout autre cours.

Bien que Racine ait accompli des chefs-d’oeuvre en eux-même, il a répandu néanmoins une perpétuelle fadeur, un éternel amour et son ton douceureux, son fastidieux entourage. Mais ce n’était pas précisément sa faute. C’était le vice et les moeurs du temps.

Ne me parlez pas de ce pamphlétaire qui a calomnié les empereurs. Il fait des scélérats profonds de tous les empereurs, sans faire admirer le génie qui les a pénétrés.

Turenne est le plus grand général français. Contre l’ordinaire, il a pris de l’audace en vieillissant ; ses dernières campagnes sont superbes.

août 28, 2007

LES DIGNITAIRES CIVILS DE L’EMPIRE PAR NAPOLEON 1er

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , à 10:18 par napoleonbonaparte

Jean Etienne Marie Portalis (1746-1807)

L’art le plus difficile n’est pas de choisir les hommes, mais de donner aux hommes que l’on a choisis toute la valeur qu’ils peuvent avoir.

Un homme que je fais ministre ne doit plus pouvoir pisser au bout de quatre ans. C’est un honneur et une fortune éternelle pour sa famille.

(Napoléon Bonaparte)

Je parie que je ferais enfermer Bourrienne seul dans le jardin des Tuileries qu’il finirait pas y trouver une mine d’argent.

Si vous voulez bien manger, allez chez Cambacérès.

Il aura toujours droit à ma reconnaissance et à mon intérêt. Je ne ferai point de difficulté pour l’employer.

Carnot était travailleur, sincère dans tout, sans intrigues, mais facile à tromper. Il montra toujours un grand courage moral. Il a été fidèle, travailleur, probe, et toujours vrai.

Carnot, c’est le plus honnête des hommes. Il a quitté la France sans un sou.

Caulaincourt n’a pas fait grand-chose à Saint-Petersbourg. C’est un honnête homme qui m’a bien servi, mais il ne convenait pas comme ministre des affaires étrangères.

Un vrai courtisan, et d’ailleurs l’homme le plus vaniteux qu’il eût jamais vu.

Il croyait que j’étais comme Louis XV, qu’il fallait me cajoler, me plaire. Si j’avais des maîtresses, il serait le plus empressé serviteur.

Un homme d’une rare capacité, mon meilleur administrateur… un boeuf au travail.

Decrès est généralement détesté mais on a tort ; il a rendu de grands services à la marine. Il est très capable, homme d’esprit, beaucoup de caractère, et ennemi, en tout genre, des abus.

Homme d’esprit, mais petite tête… trop adulateur.

Mon Université, tel que je l’avais conçue, était un chef-d’oeuvre dans ses combinaisons, et devait en être un de ses résultats nationaux. Un méchant homme [Fontanes] m’a tout gâté, et cela avec mauvaise intention et par calcul sans doute.

Si je ne l’eusse pas retenu, il nous aurait donné l’éducation de Louis XV, nous aurait fait des marquis ; or ils ne sont bons qu’à la comédie.

Celui-ci n’est qu’intrigant ; il a prodigieusement d’esprit et de facilité d’écrire. C’est un voleur qui prend de toutes mains. Il doit avoir des millions ! Il a été un grand révolutionnaire, un homme de sang. Il croit racheter ses torts ou les faire oublier en cajolant les parents de ses victimes et se faisant, en apparence, le protecteur du Faubourg Saint-Germain. C’est un homme qu’il peut être utile d’employer parce qu’il est encore le drapeau de beaucoup de révolutionnaires, et d’ailleurs très capable, mais je ne puis jamais avoir confiance en lui.

J’aurais dû le faire pendre plus tôt, j’en laisse maintenant le soin aux Bourbons.

C’est un homme de peu de moyens, d’une parfaite immoralité, qui n’est bon qu’à tramer de petites intrigues, et ce qui peut lui arriver de plus heureux c’est qu’on ne parle plus de lui. Louis XVIII a sagement fait de le chasser.

C’est un homme tout d’une pièce, et c’est une forteresse inattaquable pour la corruption. Je me suis toujours applaudi de son concours, et je lui porte une amitié que je me plais à rappeler.

Lacuée est un homme intègre ; plus propre que personne, après Daru, pour mener l’administration de guerre.

Au Conseil d’Etat, j’étais très fort tant qu’on demeurait dans domaine du code. Mais, dès qu’on passait aux régions extérieures, je tombais dans les ténèbres et Merlin était ma ressource. Sans être brillant, il était fort érudit, puis sage, droit et honnête. Il m’était fort attaché.

Molé, ce beau nom de la magistrature, caractère appelé probablement à jouer un rôle dans les ministères futurs.

Mollien avait ramené le trésor public à une simple maison de banque, si bien que, dans un seul petit cahier, j’avais constamment sous les yeux l’état complet de mes affaires : ma recette, ma dépense, mes arriérés, mes ressources.

J’aurais nommé Narbonne grand maréchal à la mort de Duroc… Il est devenu homme de cour, homme de beaucoup d’esprit et diplomate de haute valeur. Malheureusement, j’ai écouté Talleyrand qui le craignait.

Portalis serait l’orateur le plus fleuri et le plus éloquent s’il savait s’arrêter.

Quel dommage que Regnault aime tant l’argent et les plaisirs qu’il procure ! Ce serait un ministre comme jamais je n’en ai pu trouver un.

Il ne faut pas laisser entrevoir à Savary l’opinion que j’ai de son incapacité.

Savary est un homme secondaire, qui n’a pas assez d’expérience et de calme pour être à la tête d’une grande machine. Du reste, c’est un homme d’énergie.

Si on le laissait faire, il mettrait bientôt le feu à la France

Les mouvements de Savary font hausser les épaules aux hommes qui raisonnent.

Je l’ai couvert d’honneurs, de richesses, de diamants. Il a employé tout cela contre moi ! Il m’a trahi autant qu’il le pouvait à la première occasion qu’il a eue de le faire.

Comment voulez-vous que cet homme ne soit pas riche, ayant vendu tous ceux qui l’ont acheté ?

Nous n’étions pas toujours du même avis, Talleyrand et moi ; il lui est arrivé plus d’une fois de m’en donner de bons.

C’est un homme d’intrigue, d’une grande immoralité, mais avec beaucoup d’esprit et, certes, le plus capable des ministres que j’aie eus.

Non que je ne rende justice à ses talents. C’est l’homme qui a le plus de vues et d’adresse, mais c’est de l’or à côté de la merde.

Il n’a jamais été pour moi éloquent ni persuasif ; il roulait beaucoup, et longtemps autour de la même idée. Il était si adroitement évasif et divagant qu’après des conversations de plusieurs heures il s’en allait, ayant échappé souvent aux éclaircissements ou aux objets que je m’étais promis d’en obtenir lorsque je l’avais vu arriver.

août 27, 2007

LES GENERAUX D’EMPIRE PAR L’EMPEREUR NAPOLEON 1er

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , à 10:55 par napoleonbonaparte

Général Lasalle (1775 - 1809)

J’ai tiré la plupart de mes généraux de la boue. Partout où j’ai trouvé le talent et le courage, je l’ai élevé et mis à sa place car mon principe était de tenir la carrière ouverte aux talents.

(Napoléon Bonaparte)

J’ai dit que le général Bertrand était l’homme de la vertu, je n’ai rien dit de trop ; sa réputation est faite.

Bertrand est le meilleur ingénieur depuis Vauban.

Bourmont s’est conduit bassement… Il était connu pour être un des Véndéens les plus faux et les plus hypocrites : je n’aurais jamais dû l’employer.

Bourmont est une de mes erreurs.

Je n’ai jamais rencontré d’homme aussi prononcé, aussi déterminé dans l’exécution de son opinion. J’aurai dû le nommer commandant de la garde nationale de Paris.

C’est une famille de braves. Je n’ai pas assez fait pour lui.

Je gagne brillament la bataille de Ligny, mais un lieutenant [Drouet d’Erlon] me prive de ses fruits… Le mouvement d’Erlon m’a fait bien du tort… D’Erlon est un bon chef d’état-major, a de l’ordre, mais voilà tout.

  • Antoine Drouot, Commandant général de la Garde Impériale, Comte (1774-1847)

Drouot, c’est la vertu.

Plein de charité et de religion, sa morale, sa probité et sa simplicité lui eussent fait honneur dans les plus beaux jours de la république romaine. ; il n’existait pas deux officiers dans le monde pareils à Murat pour la cavalerie et à Drouot pour l’artillerie.

Dupont a flétri nos drapeaux. Quelle ineptie, quelle bassesse ! Il a signé une capitulation où il a compromis les intérêts de son armée en ne la faisant pas garantir par les agents anglais au camp de l’ennemi.

J’aime Duroc parce qu’il est sérieux et décidé de caractère ; je crois que cet homme n’a jamais pleuré.

C’est depuis vingt ans la seule fois qu’il n’ait pas deviné ce qui pouvait me plaire.

« Ici le général Duroc, duc de Frioul, grand maréchal du palais de l’Empereur Napoléon, frappé glorieusement par un boulet, est mort dans les bras de l’empereur, son ami. »

Duroc avait des passions vives, tendres et secrètes, qui répondaient peu à sa froideur extérieure. Duroc était pur et moral, tout à fait désintéressé pour recevoir, extrêmement généreux pour donner.

Eblé était un homme du plus grand mérite.

Ce n’est pas comme on l’a dit, parce qu’il était trop jeune que je ne l’ai pas nommé [comme grand maréchal du palais, après la mort de Duroc en 1813]. C’est parce qu’il était homme à bonnes fortunes, et surtout parce que sa mère, Mme De Souza, était dans toutes les intrigues de Paris. Flahaut je l’aimais… Il a beaucoup d’esprit naturel, une brillante bravoure et une grande habitude au monde.

Le comte Gérard s’y couvrit de gloire et y montra autant d’intrépidité que de talent… Les généraux qui semblaient devoir s’élever aux destinées de l’avenir étaient Gérard, Clauzel, Foy, Lamarque… C’étaient mes nouveaux maréchaux.

C’est un militaire de peu de valeur ; c’est cependant un écrivain qui a saisi quelques idées saines sur la guerre.

Il était aveuglé par un sentiment honorable ; l’amour de la patrie ne l’a pas retenu.

Junot dans la campagne de Russie me mécontenta fort ; on ne le reconnaissait plus ; il fit des fautes capitales qui nous coûtèrent bien cher.

Il avait dissipé de vrais trésors sans discernement, sans goût ; trop souvent même dans des excès grossiers.

La Bédoyère était éminemment français ; il fut guidé par les sentiments les plus nobles et les plus chevaleresques dans la démarche qu’il fit à Grenoble ; dévouement alors admirable, car tout était douteux.

Lallemand s’est déclaré pour moi à mon retour de l’île d’Elbe, dans le moment le plus périlleux.

Il a beaucoup de résolution, est capable de faire des combinaisons, et il y a peu d’hommes plus propres que lui à conduire une entreprise hasardeuse. Il a le feu sacré.

Le général de division Lasalle a été tué d’une balle. C’était un officier du plus grand mérite et l’un de nos meilleurs généraux de cavalerie légère.

Lecourbe était un excellent général, accumulant des victoires qui ont achevé la victoire de son ami le général Moreau à Hohenlinden en 1800.

Très brave, il eût été un excellent maréchal de France ; il avait reçu de la nature toutes les qualités nécessaires pour être un excellent général… Je l’ai éloigné parce que, lors du procès de Moreau et Georges Cadoudal, il s’est rangé du côté de mes ennemis.

Voilà le meilleur ouvrage que j’aie lu depuis quatre ans ! Il y a des choses qu’il dit mieux que moi ; il les sait mieux parce que, dans le fond, il était plus chef de corps que moi. C’est un homme instruit qui écrit bien, simplement et convenablement.

Je l’engage à continuer à écrire pour la défense et la gloire des armées françaises et en confondre les calomniateurs et les apostats.

Le général Marchand n’est pas maréchal d’Empire, mais il vaut quatre maréchaux.

Le général Marescot s’étant déshonoré en attachant son nom à une infâme capitulation, ce qui m’a contraint à lui ôter toutes ses charges et emplois.

Mon Mouton est un lion.

Mouton est le meilleur colonel qui ait jamais commandé un régiment de Français.

Le général de division comte Rapp a eu un cheval tué sous lui ; l’intrépidité dont ce général a donné tant de preuves se montre dans toutes les occasions.

Le général Saint-Hilaire, blessé au commencement de l’action, est resté toute la journée sur le champ de bataille et s’est couvert de gloire.

Ceux-là [Lannes et Saint-Hilaire] n’eussent pas été infidèles à la gloire du peuple français.

Pillard comme un enragé mais brave comme un César.

Si j’avais deux Vandamme, j’en ferais fusiller un, mais je n’en ai qu’un et je le garde pour moi.

août 26, 2007

LA FAMILLE IMPERIALE PAR L’EMPEREUR NAPOLEON 1er

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , à 8:33 par napoleonbonaparte

Blason de la famille Bonaparte (ou Buonaparte)

Je n’ai pas trouvé de coopération dans ma famille. Si je n’avais pas voulu l’utiliser, j’aurai réussi plus aisément.

(Napoléon Bonaparte)

  • Letizia Bonaparte, Madame Mère (1750-1836)
  • Tout petit garçon, j’ai été initié à la gêne et aux privations d’une nombreuse famille. Mon père et ma mère ont connu de mauvais jours… huit enfants ! Le ciel est juste… Ma mère est une digne femme.

    Ma mère était par trop parcimonieuse ; c’en était ridicule… C’était excès de prévoyance ; elle avait connu le besoin, et ces terribles moments ne lui sortaient pas de la pensée… mais chez elle le grand l’emportait encore sur le petit : la fierté, la noble ambition marchaient avant l’avarice.

    Madame Mère avait une âme forte et trempée aux plus grands évènements.

Joseph, c’est un fort bon homme. Je ne doute pas qu’il ne fît tout au monde pour moi ; mais toutes ses qualités tiennent uniquement de l’homme privé. Dans les hautes fonctions que je lui avais confiées, il a fait ce qu’il a pu, mais dans les circonstances bien grandes la tâche s’est trouvée peu proportionnée avec ses forces.

Beaucoup d’esprit, des connaissances, et beaucoup de caractère… ornement de toute assemblée politique.

  • Elisa Bonaparte, princesse de Lucques et Piombino, grande duchesse de Toscane (1777-1820)

Maîtresse femme, elle avait de nobles qualités, un esprit recommandable et une activité prodigieuse, connaissant les affaires de son cabinet aussi bien qu’eût pu le faire le plus habile diplomate. Il n’y a pas eu d’intimité entre nous, nos caractères s’y opposaient.

Il a de l’esprit et n’est point méchant, mais avec ces qualités un homme peut faire bien des sottises et causer bien du mal. Dès son arrivée en Hollande, il n’imaginait rien de beau comme de faire dire qu’il n’était plus qu’un bon Hollandais. Jamais un homme ne s’égara plus complètement avec de bonnes intentions ; jamais l’honnêteté sans intelligence ne fit plus de mal.

Défenseur des intérêts matériels, Louis laissa par son départ un prétexte à bien des mécontentements, et sa révolte de 1810 servit en 1814 d’exemple et d’excuse aux passions égoïstes.

Quand il était petit, il faisait des vers. Mais, pour Dieu, pourquoi les fait-il imprimer ? Il faut avoir le diable au corps !

Pauline était trop prodigue ; elle avait trop d’abandon. Elle aurait dû être immensément riche par tout ce que je lui ai donné ; mais elle donnait tout à son tour, et sa mère la sermonnait souvent à cet égard, lui prédisant qu’elle pourrait mourir à l’hôpital.

Dans sa petite enfance, on la regardait comme la sotte et la cendrillon de la famille ; mais elle en a bien rappelé ; elle a été une très belle femme et elle devenue très capable.

La reine de Naples s’était beaucoup formée dans les évènements. Il y avait chez elle de l’étoffe, beaucoup de caractère et une ambition désordonnée.

Jerôme en mûrissant, eût été propre à gouverner ; je découvrais en lui de véritables espérances.

  • Joséphine, impératrice des Français (1763-1814)

Un fils de Joséphine m’eût été nécessaire et m’eût rendu heureux non seulement comme résultat politique, mais comme douceur domestique.

Joséphine faisait des dettes que j’étais obligé de payer. Je ne l’aurais jamais quitté si elle avait pu avoir un enfant.

Joséphine avait donné le bonheur à son mari et s’était constamment montrée son amie le plus tendre, professant – à tout moment et en toute occasion – la soumission, le dévouement et la complaisance la plus absolue.

Eugène est une tête carrée, un administrateur habile, c’est un homme de mérite supérieur, mais ce n’est pas un homme de génie. Il n’a pas ce caractère qui distingue les grands hommes.

Le mariage avec une Autrichienne, ce que les meilleures têtes considéraient comme le chef-d’oeuvre de ma politique, m’a précipité du trône. J’ai posé le pied sur un abîme recouvert de fleurs.

C’est une bonne petite femme timide qui avait toujours peur en se voyant au milieu des Français qui avait assassiné sa tante.

Je l’envie ! La gloire l’attend, alors que j’ai dû courir après elle. Pour saisir le monde il n’aura qu’à tendre les bras. J’aurais été Philippe, il sera Alexandre.

Je préférerais qu’on egorge mon fils plutôt de le voir jamais élevé comme un prince autrichien.

août 25, 2007

LES MARECHAUX D’EMPIRE PAR L’EMPEREUR NAPOLEON 1er

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , à 8:30 par napoleonbonaparte

La distribution des Aigles (1810) par Jacques-Louis David (1748 - 1825)

Ces gens-là [les maréchaux] n’ont ni coeur ni entrailles ; je suis moins vaincu par la fortune que par l’égoïsme et l’ingratitude de mes frères d’armes.

(Napoléon Bonaparte)

Jadis il était brave. Je n’oublierai jamais l’affaire de Castiglione. Son courage, ses vertus premières l’avaient élevé très haut hors de la foule. Les honneurs, les dignités, la fortune l’y avaient replongé.

Il a vieilli vingt ans sous mes ordres, il n’a plus la même ardeur ; d’ailleurs il a eu des moyens militaires, mais jamais de génie ni d’éducation… Le vainqueur de Castiglione eût pu laisser un nom cher à la France ; mais elle réprouvera la mémoire du défectionnaire de Lyon, dont la trahison a fait tant de mal à la patrie.

Sa taille, ses manières, ses paroles lui donnaient l’air d’un bravache, ce qu’il était bien loin d’être quand une fois il se trouva gorgé d’honneurs et de richesses.

C’est lui qui a donné à nos ennemis la clef de notre politique, la tactique de nos armées ; c’est lui qui a montré le chemin du sol sacré. Vraiment dirait-il pour excuse qu’en acceptant le trône de Suède, il n’a plus dû n’être que suédois, excuse banale, bonne tout au plus pour la multitude et le vulgaire des ambitieux. Pour prendre femme on ne renonce point à sa mère, encore moins est-on tenu de lui percer le sein et de lui déchirer les entrailles.

Si une nation acceptait un Français qui s’est fait étranger, qui est venu les armes à la main envahir son pays avec les hordes du Nord, ce serait se déshonorer. Le destin, il faut l’espérer, n’a pas réservé une telle honte à la France ! Un Français qui doit la gloire qu’il s’est acquise, la réputation qui l’a porté sur la première marche du trône, au courage et à la valeur de ses compatriotes, ce Français, qui a oublié qu’il est né sur cette terre des braves et qui vient pour asservir, celui-là ne peut espérer commander à la grande nation ; son nom seul doit faire bouillonner le sang de tout ce qui est français.

Il était suédois en quelque sorte et n’a jamais promis que ce qu’il avait l’intention de tenir. Je puis l’accuser d’ingratitude, non de trahison.

En vérité, je ne puis comprendre comment il a pu s’établir entre Berthier et moi une relation qui ait quelque apparence d’amitié. Je ne m’amuse guère aux sentiments inutiles, et Berthier était si médiocre que je ne sais pourquoi je m’amusais à l’aimer. Et cependant, au fond, quand rien ne m’en détourne, je crois que je ne suis pas tout à fait sans quelque penchant pour lui.

Il y a des hommes que la nature a marqués pour les postes subordonnés. Tel était Berthier ! Il n’y avait pas au monde meilleur chef d’état major, mais, changé son état, il ne pouvait commander à cinq cents hommes.

Ce maréchal, qu’on peut à juste titre nommer brave et juste, était recommandable autant par son coup d’oeil militaire et par sa grande expérience de l’arme de la cavalerie que par ses qualités civiles et son attachement à l’empereur.

Le duc d’Istrie est mort de la plus belle mort, sans souffrir. Il laisse une réputation sans tache : c’est le plus bel héritage qu’il ait pu laisser à ses enfants.

Bessières a vécu comme Bayard et il est mort comme Turenne.

Les hommes de 1815 n’étaient pas les mêmes que ceux de 1792. Les généraux craignaient tout… J’aurai eu besoin d’un commandant de la garde ; si j’avais eu Bessières à Waterloo, ma garde aurait décidé de la victoire. Il était d’une bravoure froide, calme au milieu du feu ; il avait de très bons yeux, il était fort habile aux manoeuvres de cavalerie. Plein de vigueur mais prudent et circonspect. On le verra dans toutes les grandes batailles rendre les plus grands services. Il avait en moins ce que Murat avait en trop.

Il s’est perdu dans mon esprit à cause de sa conduite avec le roi de Suède dans les affaires de Stralsund. Un maréchal de France valait un roi de Suède ! Je rends justice au maréchal Brune, il a bien fait en Hollande ; la bataille d’Alkemaar a sauvé la République d’un grand péril.

La conduite du maréchal prince d’Eckmühl avait été pure et les mémoires qu’il avait publiés convenables.

En voilà un que j’ai fort maltraité assurément. Rien de plus naturel sans doute que de penser qu’il eût dû m’en vouloir beaucoup. Eh bien, j’ai appris avec un plaisir qu’après ma chute il est demeuré constamment très bien. Il a montré là cette élévation d’âme qui honore et classe les gens. Du reste, c’est un vrai patriote ; c’est une réponse à bien des choses.

Kellermann était un brave soldat, extrêmement actif, avait beaucoup de bonnes qualités, mais il était tout à fait privé des moyens nécessaires pour la direction en chef d’une armée. Il ne fit dans la conduite de cette guerre d’Italie que des fautes.

Je perds le général le plus distingué de mes armées, celui que je considérais comme mon meilleur ami ; ses enfants auront toujours des droits particuliers à ma protection.

L’un des militaires les plus distingués qu’a eus la France ! Chez Lannes, le courage l’emportait d’abord sur l’esprit, mais l’esprit montait chaque jour pour se mettre en équilibre. Je l’avais pris pygmée, je l’ai perdu géant… Un des hommes au monde sur lesquels je pouvais le plus compter.

Au siège de Dantzig, il m’écrivait d’abord que des sottises; mais, lorsque les Russes débarquèrent, il se trouva dans son élément et ses rapports devinrent ceux d’un homme qui voit bien.

Lefebvre est cause de la victoire de Fleurus. C’est un bien brave homme qui ne s’occupe pas des grands mouvements qui s’opèrent à sa droite et à sa gauche ; il ne songe qu’à bien se battre. Il n’a pas peur de mourir. C’est bien ! Mais parfois, ces gens là se trouvent dans une position aventurée, entourés de tous côtés, alors ils capitulent, et après, ils deviennent lâches pour toujours.

Masséna, d’un rare courage et d’une tenacité si remarquable, dont le talent croissait par l’excès du péril et qui, vaincu, était toujours prêt à recommencer comme s’il eût été vainqueur.

C’eût été un grand homme si ses qualités brillantes n’eussent été ternies par l’avarice… C’est Masséna qui a fait les plus grandes choses, quoique sa capitulation de Gênes, dont la défense lui fait un si grand honneur dans le public, soit sa plus grande faute.

Masséna avait été un homme très supérieur qui, par un privilège très particulier, ne possédait l’équilibre tant désiré qu’au milieu du feu ; il lui naissait au milieu du danger.

Moncey est un honnête homme.

Mortier m’a fait du mal en quittant le commandement de la Garde à Beaumont pendant la campagne de Waterloo ; il connaissait tout ce corps. Ce sera sûrement la faute de Mortier, à qui l’on aura écrit de Paris que le Corps législatif conspirait.

  • Joachim Murat, grand-duc de Berg et de Clèves, roi de Naples et des Deux-Siciles (1767-1815)

Le roi de Naples était vraiment sublime au feu, le meilleur officier de cavalerie au monde. Au combat c’était un « césar », mais, hors de là, « presqu’une femme »… Murat avait un très grand courage et fort peu d’esprit. La trop grande différence entre ces deux qualités l’explique en entier.

A Waterloo, je manquai d’un général pour mener toute ma cavalerie ; si j’avais eu Murat, j’aurai gagné la bataille.

Murat et Ney étaient les hommes les plus braves que j’aie jamais vus. Cependant Murat avait un caractère plus noble que Ney. Murat était généreux et franc ; Ney tenait de la canaille. Mais, chose étrange, quoique Murat m’aimât, il m’a fait plus de mal que qui que ce soit au monde…

Sa mort a été un assassinat car il était bien roi, ayant été reconnu par toutes les puissances.

Ce qui m’a porté le dernier coup, c’est d’avoir fait Murat roi de Naples.

  • Michel Ney, duc d’Elchingen, prince de la Moskowa (1769-1815)

Il est aussi faible qu’il est brave et son excessive ambition donne prise sur lui. Ney est le plus brave des hommes, mais là se bornent toutes ses facultés.

Il y avait en lui une disposition ingrate et factieuse et, si je devais mourir de la main d’un maréchal, il y a à parier que ce serait de la sienne.

Ney n’a eu que ce qu’il méritait ! Je le regrette comme un homme précieux sur le champ de bataille, mais il était trop immoral et trop bête pour réussir.

Sérurier avait conservé toutes les formes et la rigidité d’un major. Il était fort sévère sur la discipline et passait pour un aristocrate… Il était brave, intrépide de sa personne, mais pas heureux. Il avait moins d’allant que les précédents [généraux Masséna et Augereau], mais il les dépassait par la moralité de son caractère et la sagesse de ses opinions politiques.

Soult ne m’a pas servi à Waterloo autant qu’il eût été nécessaire. Son état-major, malgré tous mes ordres, n’était pas bien organisé. Berthier eût mieux fait.

Soult avait ses qualités et ses défauts : toute sa campagne du Midi de la France a été très belle et, ce qu’on aura de la peine à croire, c’est avec son attitude et sa tenue qui indiquent un grand caractère.

Victor est meilleur qu’on ne suppose. Au passage de la Berezina, il avait tiré très bon parti de son corps.

Il ne m’aime pas, mais c’est un homme d’honneur qui a des sentiments élevés et sur lequel je peux, je crois, pouvoir compter.

Il était le plus médiocre des généraux ; je l’ai soutenu, défendu contre tous parce que je lui croyais de l’honneur. Elevé dans mon camp, nourri dans ma maison, marié par moi, comblé de faveurs, de richesses, devenu un des hommes les plus marquants de la France, au moins un des plus élevés en dignité, son ambition lui a fait rêver qu’il pouvait s’élever encore ; il a oublié sous quel drapeau il a obtenu tous ses grades, sous quel toit il a passé sa jeunesse ; il a oublié qu’il doit tous ses honneurs au prestige de cette cocarde nationale qu’il foule aux pieds pour se parer du signe des traîtres qu’il a combattu pendant vingt-cinq ans !… Voilà le sort des souverains : ils font des ingrats !

C’est un général éprouvé dans cent combats, où il a montré autant d’intrépidité que de savoir.

Ce maréchal avait, pour son malheur, épousé une demoiselle de Couchy ; cette jeune femme le dominait entièrement et était dans le camp royaliste ; sa mauvaise conduite, ses propos en 1814, indisposèrent les Lorrains à tel point qu’il leur était devenu en horreur ; on ne l’appelait que « traître ».

C’est un homme qui, s’il était venu près de moi à Waterloo, aurait de suite tout compris… Si j’avais eu Suchet à la place de Grouchy, je n’aurais pas perdu Waterloo.

Mon tort est d’avoir employé Saint-Cyr ; il ne va pas au feu, ne visite rien, laisse battre ses camarades et aurait pu secourir Vandamme.

  • Józef Antoni Poniatowski, Prince de Pologne et du Saint Empire romain germanique, Généralissime des Polonais (1763-1813)

Le vrai roi de la Pologne, c’était Poniatowski : il réunissait tous les titres, et il en avait tous les talents.

Il était un homme de noble caractère, rempli d’honneur et de bravoure. J’avais l’intention de le faire roi de Pologne si mon expédition de Russie était heureuse.

La conduite du maréchal Grouchy, qui s’était distingué si souvent depuis vingt-cinq ans à la tête de la cavalerie, était aussi imprévisible que si, sur sa route, son armée eut éprouvé un tremblement de terre qui l’eût engloutie.

Non, non, Grouchy n’a pas agi [à Waterloo] avec l’intention de trahir, mais il a manqué d’énergie. Il y a eu aussi de la trahison parmi l’état-major. Cependant je n’en suis pas certain, n’ayant jamais revu Grouchy depuis lors.