janvier 17, 2008

SIR HUDSON LOWE (1769-1844), GOUVERNEUR DE SAINTE-HELENE

Posted in Napoléon, Opposants, adversaires, et ennemis tagged , , , , , , , , , , , , , , , à 10:45 par napoleonbonaparte

Sir Hudson Lowe (1769-1844), gouverneur de l’ïle de Sainte-Hélène

J’ai vu des tartares, des cosaques, des kalmouks, mais je n’ai jamais vu une figure aussi sinistre et aussi repoussante.

Si un tel homme reste un instant seul près d’une tasse de café, c’est à ne pas la boire ! Il a le crime gravé sur le visage.

(Napoléon Bonaparte)

Lowe (Hudson). Lieutenant général anglais, gouverneur de Sainte-Hélène, né à Galway (Irlande) le 28 juillet 1769, mort à Londres, le 10 janvier 1844. Son, père était chirurgien-major du 50e régiment de ligne. En 1787, à dix-huit ans, Hudson Lowe obtint une commission d’enseigne dans ce régiment. Lowe prit part en Italie, en Egypte, en Allemagne et partout aux guerres que son pays a soutenues contre nous. En 1793, Lowe, alors lieutenant, fut envoyé en Corse avec son régiment, pour aller tenir garnison à Ajaccio. Il suivit peu après son régiment à Porto-Ferrajo, dans l’île d’Elbe. En 1795, il fut promu au grade de capitaine. De l’île d’Elbe, le 5oe se rendit à Lisbonne, et resta près de deux ans en garnison au Portugal, au fort Saint-Julien. De là, il se rendit à Minorque, où commandait alors le général Fox. Un grand nombre d’émigrés corses étaient arrivés dans cette île, où ils furent organisés en un petit corps qu’Hudson Lowe fut chargé d’instruire et qu’il conduisit ensuite en Egypte avec le grade de major. Hudson Lowe resta presque constamment à la tête du Royal-Corse, qu il avait puissamment organisé, et qui, plus d’une fois, sous son commandement, donna des preuves d’une grande valeur. Mais attaqué avec ses Corses, dans l’île de Capri, par les Français sous les ordres du général Lamarque, il fut forcé de capituler (1808). Il fut plus heureux dans les îles Ioniennes, où il devint chef du gouvernement provisoire, et s’empara de l’île Sainte-Maure, détenue par les Français. En 1815, on lui confia le commandement des troupes anglaises qui étaient réunies à Gènes. Ces troupes devaient agir dans le midi de la France de concert avec l’armée austro-sarde et l’escadre de l’amiral lord Exmouth ; et c’est à Marseille que Lowe apprit la victoire de Waterloo, la chute profonde de Napoléon, puis, plus tard (août 1816), sa propre nomination aux fonctions de gouverneur de Sainte-Hélène, qui devait servir de lieu d’exil au vaincu. Avant son départ de Marseille, la municipalité de cette ville lui offrit une urne d’argent, en considération de sa nomination à un poste d’honneur qui devait assurer, disait la délibération, le repos de l’Europe par le vigilant maintien en captivité de celui qui l’avait si souvent troublé. Les écrivains bonapartistes ont créé, sur les rapports d’Hudson Lowe et de Napoléon, une véritable légende, qui a fait du gouverneur de Sainte-Hélène un atroce geôlier et de son prisonnier une sorte de martyr. Nous-même, lorsque nous avons eu dans ce dictionnaire l’occasion de parler des dernières années de Napoléon, nous nous sommes laissé quelquefois entraîner par le courant d’une opinion qui nous séduisait par son apparence de patriotisme ; mais de nouveaux documents que nous avons pu étudier nous ont détrompé. La vérité est que les exigences tyranniques du vaincu rendirent presque impossible au malheureux gouverneur la conciliation des devoirs d’humanité avec les obligations de sa charge et les instructions qu’il avait reçues. La petite colonie de Longwood était en conspiration permanente pour préparer l’évasion du prisonnier ; toutes les mesures prises par Lowe pour empêcher ce malheur public étaient naturellement taxées d’atroce tyrannie. Le dissentiment éclata d’ailleurs pour une cause des plus futiles, et qui montre bien jusqu’où l’ex-empereur poussait sa susceptibilité orgueilleuse. Le gouvernement anglais avait ordonné dé ne l’appeler que le général Bonaparte ; il considéra cela comme une insulte.  « II s’obstina, dit Lamartine, avec une affectation que ses flatteurs trouvent héroïque, que l’histoire jugera puérile, parce qu’elle est un contre-sens à sa fortune, à exiger les titres d’Empereur et de Majesté, que l’Angleterre, qui n’avait jamais reconnu l’usurpateur, ne devait pas lui attribuer. Il en appela à la terre et au ciel de cette offense de l’étiquette. Il dicta des notes sur cette vétille, comme il en aurait dicté sur la conquête ou sur la perte de l’Europe. » Pendant toute la durée de sa captivité à Sainte-Hélène, cette persistance à lui refuser ce titre fut un sujet perpétuel d’irritation et de discussion ; et, comme il le dit lui-même, la moitié des dégoûts qu’il éprouva lui vint de cette source. Au fond, une pensée hypocrite inspirait toutes ces récriminations : Napoléon espérait encore s’attirer en Europe une sympathie assez puissante pour l’arracher à cette prison trop étroite. « Sir Hudson Lowe, dit encore Lamartine, sir Hudson Lowe, que les séides de Napoléon et Napoléon lui-même poursuivaient d’inculpations gratuites et passionnées, telles que les hallucinations de la captivité peuvent en inspirer, traité par eux de sbire et d’assassin, n’avait ni crime dans la pensée contre son captif, ni offense dans le cœur contre l’infortune. Seulement, écrasé sous le poids de la responsabilité qui pesait sur lui dans le cas où il laisserait s’évader l’agitateur que l’Europe lui avait donné en garde, étroit d’idées, ombrageux de formes, maladroit de moyens, odieux par ses fonctions à ses hôtes, il fatigua Napoléon de restrictions, de surveillances, de consignes. Il donna trop au devoir du gouverneur de l’Ile et du gardien d’un otage européen l’apparence et la rudesse d’un geôlier. Toutefois, on put lui reprocher des inconvenances, non des sévices. En lisant attentivement les correspondances et les notes échangées à tout prétexte entre les familiers de Napoléon et Hudson Lowe, on est confondu des outrages, des provocations, des invectives, dont le captif et ses amis insultent à tout proposée gouverneur. Napoléon, dans ce moment, cherchait à émouvoir, par des cris de douleur, la pitié du Parlement anglais et à fournir un grief aux orateurs de l’opposition contre le ministère, afin d’obtenir son rapprochement de l’Europe. Le départ de provoquer des outrages par des outrages et de présenter ensuite ces outrages comme des crimes à l’indignation du continent, et de faire de sir Hudson Lowe le Pilate de ce calvaire napoléonien a transpiré dans toutes ses notes. » Lamartine a dit là le vrai mot : le grand comédien jouait la comédie à Sainte-Hélène comme partout ; son fidèle Las Cases en a laissé échapper l’aveu. « L’Empereur convenait, dit Las Cases, dans le Mémorial, avoir fort maltraité et souvent sir Hudson Lowe, et il lui rendit la justice d’avouer qu’il ne lui avait jamais précisément manqué. » II a dit ailleurs, découvrant, mieux encore l’objet de ces scènes de comédie : « II ne nous restait que des armes morales pour en faire l’usage le plus avantageux, il fallait réduire en système notre attitude, nos paroles, nos sentiments, nos privations même, afin qu’une nombreuse population en Europe prît intérêt à nous. « Montholon, ami d’un officier anglais qui faillit être désigné pour résider à Longwood auprès de Napoléon, lui dit dans un moment d’expansion : « Mon cher ami, vous l’avez échappé belle car, si vous fussiez venu ici comme officier d’ordonnance, nous vous aurions certainement perdu de réputation. Que voulez-vous ? cela fait partie de notre système. « Moutholon disait au même officier dans une autre occasion : « Mon cher ami, un ange du ciel n’aurait pu nous plaire. » Or Hudson Lowe n’était pas un ange : c’était simplement un soldat rigide pour la discipline, parfaitement convaincu de la gravité des fonctions qu’on lui avait confiées et aussi incapable d’une offense gratuite envers son prisonnier que d’une négligence dans le service important que lui imposaient ses fonctions. L’Europe ne voulait pas un second retour de l’île d’Elbe, ni Hudson Lowe non plus ; voilà son véritable crime.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Sir Hudson Lowe sur Wikipedia

http://www.lerubicon.com

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