juillet 10, 2008

NAPOLEON BONAPARTE – « POETE ROMANTIQUE EN ACTION »

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Et pourtant, quel roman que ma vie !

(Napoléon Bonaparte)

Quelle belle tête il a ! C’est pur, c’est grand, c’est beau comme l’antique ! … C’est un homme auquel on aurait élevé des autels dans l’antiquité… Bonaparte est mon héros. (Jacques-Louis David)

Il n’a pas vingt-huit ans et il a sur la tête toutes les gloires, celles de la guerre, celles de la paix, celles de la modération, celles de la générosité. (Talleyrand)

Plus la vérité tout entière sera connue, plus Bonaparte sera grand. (Stendhal)

Que Bonaparte soit un grand homme, et comme il n’y a pas un second en Europe dans tous les sens, guerrier, militaire, politique, je défie même un ennemi de le nier. Ce sera le plus grand homme de notre siècle. (Marie-Caroline, reine de Naples)

Toutes nos gloires d’autrefois se réunirent […] et firent leur dernière explosion. (François-René de Chateaubriand)

Monté au trône, il y fit asseoir le peuple avec lui, roi prolétaire, il humilia les rois et les nobles dans ses antichambres ; il nivela les rangs, non en les abaissant, mais en les élevant : le niveau descendant aurait charmé davantage l’envie plébéienne, le niveau ascendant a plus flatté son orgueil. (François-René de Chateaubriand)

Mon admiration a été grande et sincère alors même que j’attaquais Napoléon avec le plus de vivacité. (François-René de Chateaubriand)

Il a fendu les rochers du Simplon, et planté ses drapeaux sur les capitales de l’Europe, relevé l’Italie prosternée depuis tant de siècles. (François-René de Chateaubriand)

Cet homme, dont j’admire le génie et dont j’abhorre le despotisme. (François-René de Chateaubriand)

Bonaparte n’est plus le vrai Bonaparte, c’est une figure légendaire composée des lubies du poète, des devis du soldat et des contes du peuple. (François-René de Chateaubriand)

Moins de vingt ans après, le chef de la nouvelle armée française, Bonaparte, prit aussi congé des ses compagnons ; tant les hommes et les empires passent vite ! tant la renommée la plus extraordinaire ne sauve pas du destin le plus commun ! (François-René de Chateaubriand)

Né dans une île pour aller mourir dans une île, aux limites de trois continents ; jeté au milieu des mers où Camoëns sembla le prophétiser en y plaçant le génie des tempêtes. (François René de Chateaubriand)

Le souffle de vie le plus puissant qui jamais anima l’argile humaine. (François-René de Chateaubriand)

Vivant il avait manqué le monde. Mort il le conquiert. (François-René de Chateaubriand)

Ce siècle avait deux ans ! Rome remplaçait Sparte, – Déjà Napoléon perçait sous Bonaparte, – Et du premier consul déjà, par maint endroit, – Le front de l’Empereur brisait le masque étroit. (Victor Hugo)

La France était pour les nations un magnifique spectacle. Un homme la remplissait alors et la faisait si grande qu’elle remplissait l’Europe. […] Il était au-dessus de l’Europe comme une vision extraordinaire. (Victor Hugo)

Vous n’adimrez pas Napoléon ! Mais qui admirez-vous donc ? (Victor Hugo)

Qui pourra jamais expliquer, peindre ou comprendre Napoléon ? Un homme qu’on représente les bras croisés, et qui a tout fait ! Qui a été le plus beau pouvoir connu, le pouvoir le plus concentré, le plus mordant, le plus acide de tous les pouvoirs ; singulier génie qui a promené partout la civilisation armée sans la fixer nulle part ; un homme qui pouvait tout faire, parce qu’il voulait tout ; prodigieux phénomène de volonté, domptant une maladie par une bataille, et qui cependant devait mourir d’une maladie dans un lit après avoir vécu au milieu des balles et des boulets ; un homme qui avait dans la tête un code et une épée, la parole et l’action. (Balzac)

J’appartiens à cette génération , née avec le siècle, qui nourrie de bulletins de l’Empereur, avait toujours devant les yeux une épée nue et vint la prendre au moment même où la France la remettait dans le fourreau des Bourbons. (Vigny)

Rien d’humain ne battait sous ton épaisse armure. (Alphonse de Lamartine)

L’excès du génie, l’excès de la fortune, l’excès du malheur : voilà pour l’historien, qui fait trembler, à l’aspect de ces proportions colossales. (Norvins)

On parlera de sa gloire sous les chaumes bien longtemps l’humble toit dans cinquante ans ne connaîtra pas d’autre histoire. (Beranger)

Ainsi, à l’âge de vingt-sept ans, Bonaparte tient d’une main l’épée qui divise les états, et de l’autre la balance qui pèse les rois. Le Directoire a beau lui tracer sa voie, il marche dans la sienne : s’il ne commande pas encore, il n’obéit déjà plus. (Alexandre Dumas père)

Napoléon, en arrivant sur la scène du monde, vit que son rôle était d’être l’exécuteur testamentaire de la Révolution. (Napoléon III)

Napoléon est si grand qu’on dirait que l’empire du monde ne fut pour lui qu’un pis-aller. (Léon Bloy)

Napoléon, c’est un professeur d’énergie ! (Maurice Barrès)

Il me semble que Napoléon serait content de tous les livres dont il fait le sujet. C’était un auteur. Au silence, il préfère toujours l’éreintement. (Jacques Bainville)

Qu’est-ce donc que cette chose dont parle Alexandre lorsqu’il évoque sa destinée, César sa chance, Napoléon son étoile ? Qu’est-ce donc sinon la confiance qu’ils avaient tous les trois dans leur rôle historique ? (Charles de Gaulle)

La gloire ne se marchande pas. (Charles de Gaulle)

Napoléon n’aurait pas pu être ambassadeur ou archevêque, il ne pouvait être que Napoléon. (André Malraux)

Laissez tranquille mon Empereur. (Goethe)

Plus Napoléon sera connu, plus il sera grand. (Goethe)

Dieu est avec Napoléon ! Napoléon est avec nous ! (Mickiewicz)

J’ai vu passer l’âme du monde à cheval. (Hegel)

Mais pour les cœurs ardents, le Repos est Enfer,
Ta perte vint de là ; il existe dans l’âme
Une vigueur, un feu qui se sent à l’étroit
Dans la prison du corps et prétend dépasser
L’équilibre permis des médiocres désirs. (Byron)

Le destin merveilleux s’est accompli : Le grand homme s’est éteint. (Pouchkine)

Cet homme merveilleux, envoyé de la Providence,
Instrument fatal d’un ordre mystérieux,
Ce cavalier devant qui s’inclinaient les rois. (Pouchkine)

Cet homme du destin, ce voyageur guerrier,
Devant qui les rois s’abaissèrent,
Ce cavalier sacré par le pape,
Qui disparut comme l’ombre de l’aurore. (Pouchkine)

Pourquoi as-tu été envoyé ?
Est-ce du bien ou du mal que tu fus l’exécuteur ?
Pourquoi t’es-tu éteint, pourquoi as-tu brillé ?
Visiteur merveilleux de la terre. (Pouchkine)

Son regard merveilleux, vivant, insaisissable, Tantôt perdu dans les lointains, tantôt irrésistible, Brillait comme le feu de la guerre, comme un éclair. (Lermontov)

Les dieux ne purent souffrir en lui leur semblable. (Grillparzer)

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mars 12, 2008

BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – LA CHUTE DE L’AIGLE

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Napoléon Bonaparte (1769-1821), en exil à Sainte-Hélène

Je suis l’instrument de la providence ; elle me soutiendra tant que j’accomplirai ses desseins, puis elle me cassera comme un verre.

(Napoléon Bonaparte)

Toujours obsédé par l’idée funeste de son blocus continental, il y subordonnait en partie sa politique. C’est pour cela qu’il violentait les peuples et les princes, ceux mêmes qu’il avait établis, et qui étaient accablés de ses exigences, obligés pour y faire face de léser les intérêts et la dignité de leur patrie adoptive ; c’est pour cela qu’il imposa l’abdication à son frère Louis et convertit la Hollande en départements (juillet 1810) ; qu’il absorba les villes hanséatiques, l’Oldenbourg, une partie de la Westphalie, les provinces illyriennes ; qu’il occupa Dantzig et une partie des côtes de la Baltique ; qu’il opprimait les neutres et les alliés ; qu’il expulsait les Américains des porte de l’Empire, etc. A cette époque où la guerre lui laissait un peu de repos, sauf en Espagne, il était tout occupé de cette grande affaire et n’en agissait pas moins en prévoyance de nouveaux conflits. Le 20 mars 1811, il lui naquit un fils, qu’il baptisa du titre de roi de Rome, à l’imitation des anciens césars germaniques, et sur qui il fondait, par une vaine prévision, les plus vastes espérances. Il y eut à l’occasion de cette naissance, puis du baptême, des fêtes éclatantes, comme après le mariage. Ou revit dans ces occasions tous les actes de courtisanerie, toutes les platitudes habituelles et dont Napoléon était si avide. A l’Hôtel de ville, Bellart et les membres du conseil (qui proclameront la déchéance) votèrent 10.000 francs de rente au page qui vint des Tuileries leur annoncer la grande nouvelle qu’il était né « un roi de Rome. » C’était le budget de la ville de Paris qui soldait les frais de cet enthousiasme officiel. Des sénateurs vinrent haranguer l’enfant, etc. Bientôt le sang allait recommencer à couler par torrents, et l’Empereur, sous le prétexte que son bon allié le tsar organisait ses forces, poussait lui-même ses préparatifs militaires avec sa fiévreuse activité et comme s’il eût voulu entrer en campagne deux mois plus tard. La France et les peuples soumis, les alliés, devaient pourvoir sans murmurer à ces prodigieuses dépenses d’hommes et d’argent. Il levait les conscriptions un an et deux ans à l’avance, et quant aux nombreux réfractaires qui se dérobaient pour échapper à la boucherie, il les faisait poursuivre par des colonnes mobiles qui commettaient tous les excès, accoutumées à toutes les brutalités de la guerre, et qui installaient chez les parents des fugitifs des garnisaires que les familles devaient grassement nourrir et payer jusqu’à soumission des malheureux réfractaires. Il organisait militairement, en outre, une prétendue garde nationale, conscription mal déguisée, qu’il comptait bien incorporer d’une heure à l’autre dans l’armée active. Par suite du blocus, les matières premières étaient rares, nos manufactures combles de produits invendus, la crise commerciale et industrielle en permanence ; les faillites et banqueroutes se multipliaient par milliers et sans relâche (1811). A Lyon, à Rouen, dans la plupart des villes industrielles et dans beaucoup de départements, « les trois quarts des bras au moins restèrent oisifs. » (Thiers.) Le sucre, le café et d’autres produits atteignirent des prix fabuleux, comme nous l’avons revu durant le siège de Paris. Enfin, en 1812, il y eut une disette qui ajouta les souffrances de la faim à tant d’autres. Mais toutes ces souffrances et ces ruines ne troublaient guère le maître dans ses vastes conceptions et dans la poursuite de ses chimères. Il semblait déjà évident pour plusieurs de ceux qui l’approchaient qu’il était frappé d’une sorte de démence. Il avait au moins la folie de la puissance et de l’orgueil. L’année 1811 avait été marquée en Espagne par quelques succès, qui compensaient un peu tant d’échecs précédemment essuyés. Mais Wellington était maître du Portugal et marchait sur Madrid. C’est à cette heure critique que Napoléon se détermina à la plus funeste de ses entreprises. Mécontent du tsar, dont l’alliance ne lui avait pas procuré des avantages à la hauteur de ses prétentions, il résolut de le punir de sa tiédeur dans l’application du blocus (qui ruinait ses peuples) par l’invasion de la Russie. Pendant qu’il leurrait cette puissance par de vaines négociations, il poussait ses préparatifs avec la plus grande activité, groupant les contingents de l’Italie, de la Hollande, de la Saxe, de la Bavière, etc., de manière à se constituerune armée de 600.000 combattants ; il s’assurait le concours forcé de la Prusse et de l’Autriche, et, après avoir tenu à Dresde un de ces congrès de rois où se complaisait son orgueil, il déclare la guerre à la Russie (22 juin 1812) et, le surlendemain, franchît le Niémen à la tête de masses énormes, composées de soldats de toutes les nations. Le voilà engagé dans cette aventure tragique et gigantesque dont rien n’avait pu le détourner, ni les conseils, ni les prières, ni les représentations les plus judicieuses. Il avait dit, dans sa proclamation aux soldats : « La Russie est entraînée par la fatalité : ses destins doivent s’accomplir ! » Combien, à ce moment, ce langage emphatique s’appliquait bien plutôt à lui-même ! Après s’être attardé 17 jours dans Wilna, après les batailles de Smolensk, de Polotzk, de Valontina, qui écartèrent les armées russes plutôt qu’elles ne les dispersèrent, il s’enfonça à travers des régions dévastées, ne rencontrant que des débris de villes incendiées par les Russes, et se dirigeant sur Moscou, où il pensait pouvoir livrer une action décisive. Il rencontra, en effet, l’armée de Barclay et de Koutouzov sur les bords de la Moskova (7 sept.), et remporta sur eux la grande victoire de la Moskowa, due principalement au maréchal Ney. La vue de Moscou remplit l’armée d’enthousiasme, et Napoléon s’établit au Kremlin, attendant des propositions de paix, et affectant de dicter des décrets sur le Théâtre-Français et autres sujets de cette importance. Tout à coup, Moscou brûle, embrasé par le patriotisme des habitants et par les ordres du gouverneur Rostopchine (15-20 septembre)- Napoléon atterré, au lieu de marcher sur Saint-Pétersbourg, attendit, en poursuivant de vaines négociations, que l’hiver précoce de ce dur climat le chassât de ces ruines fumantes, terrible auxiliaire que les Russes attendaient. Il se resigne, enfin à la retraite (18 octobre), harcelé par les Cosaques et divers corps d’armée, à travers les neiges et les déserts, avec des troupes affamées, démoralisées, obligées cependant de combattre à chaque pas, et semant de milliers de cadavres cette route funèbre. Ce fut une marche dont le souvenir épouvantable ne s’effacera jamais. La Bérézina, nom sinistre, engloutit 20.000 cadavres. novembre). Enfin, on évalue à 300.000 le nombre de ceux qui ne repassèrent jamais le Niémen. L’auteur de tant de désastres, quand on fut arrivé dans un pays où l’on pouvait se procurer des moyens de transport (en Lithuanie), abandonna froidement ses débris d’armée (décembre) et accourut à Paris, où la conspiration de Malet avait récemment failli le renverser. De plus, en Espagne, la défaite des Arapiles avait encore une fois chassé Joseph de Madrid, et mis ses affaires dans le plus fâcheux état. Quant au puissant empereur, se jetant à côté, il attribua en plein conseil d’Etat les malheurs de la France à l’esprit philosophique, aux idéologues, qui avaient perverti l’esprit du peuple ! Puis, au lieu de demander la paix, il se hâta de moissonner plusieurs générations, avec l’appui d’un Sénat avili, et se précipita de nouveau en Allemagne, où la Russie, renforcée de la Prusse et de la Suède, qui avait en 1810 Bernadotte comme prince héréditaire, ne voulait plus souffrir l’occupation française. L’Angleterre fournit 7 millions sterling à la nouvelle coalition. L’Autriche reste sourde aux appels de l’époux de Marie-Louise, dominée par l’Allemagne, qui, entraînée par des ligues patriotiques, se levait à la voix de ses meilleurs citoyens contre le tyran du monde, à l’exemple de la courageuse Espagne. Le 2 mai 1813, l’empereur, au prix d’énornes sacrifices, bat les coalisés à Lutzen, réinstalle à Dresde son fidèle allié le roi de Saxe (12 mai), et défait les Russes dans une bataille de quatre jours, à Bautzen (20 mai). Il jugea prudent, toutefois, d’accepter la médiation de l’Autriche, l’armistice de Pleiswitz (3 juin), enfin le résultat du congrès réuni à Prague (5 juillet), le tout pour se donner le temps d’achever ses armements. Quant à la paix, à des conditions pratiques, il n’eu voulait pas, se croyant assuré de vaincre les coalisés et d’imposer définitivement sa domination à l’Europe. Cette paix, que l’Autriche proposait dans sa médiation, lui eût fait perdre des conquêtes que visiblement il ne pouvait plus défendre, mais lui eût laissé encore la Belgique, les provinces rhénanes, la Hollande, le Piémont, la Toscane, l’Etat romain, plus Naples, la Lombardie, la Westphalie, constitués en Etats vassaux. Mais’il préferait perdre la France plutôt que de renoncer à l’autocratie de l’Europe. La nation, exténuée, affamée de paix, eût accepté ces conditions fort modérées et qui n’avaient rien d’humiliant après les désastres de Russie et d’Espagne. Aussi, se gardait-il de laisser deviner le fond de sa pensée, sauf à quelques intimes, comme son esclave Bassano. Toute sa conduite, et cela à toutes les époques, n’était que mensonge et dissimulation. Finalement, la lutte reprit. L’Autriche entra dans la coalition, puis la Bavière, en attendant d’autres défections successives. Menacé par trois armées, Napoléon remporte encore la victoire de Dresde (27 août 1813), pendant que ses lieutenants, grands hommes de guerre, mais dominés par la situation , les Macdonald, les Ney, les Oudinot, échouent en Silésie, en Bohême, etc. Il se vit donc obligé de battre en retraite, en combattant à chaque pas, fit tète pendant deux jours à 300.000 coalisés, avec une étonnante supériorité, dans cette effroyable affaire de Leipzig (18-19 octobre), qu’on a nommée la bataille des nations. Ecrasé, il subit encore un échec au passage de l’Elster, mais soutient sa retraite jusqu’au Rhin, perce les Bavarois à Hanau (30 octobre), à Hocheim (2 novembre), et rentre en France avec un lambeau d’armée. Les souvenirs de la grande Révolution rendent les coalisés prudents, ils proposent la paix sur la base des frontières naturelles ; mais cet homme implacable refuse. Alors la débâcle commence et la France est envahie de toutes parts, pendant que Joseph est définitivement rejeté d’Espagne. L’œuvre de la Révolution était détruite, les frontières débordées, Soult luttait énergiquement dans le Midi, puis devant Toulouse. Murat s’était rallié à l’Autriche, dans l’espérance de garder son royaume. Le Corps législatif, en présence de ces catastrophes, ouvrage du despotisme et de la déraison d’un seul homme, manifeste quelques velléités d’indépendance, que l’Empereur réprime avec sa violence habituelle. Puis il réclame des hommes au Sénat, qui n’avait pas d’autre volonté que la sienne, et, le 24 janvier 1814, il quitte Paris après avoir fastueusement confié son fils et sa femme à la garde nationale (a laquelle il s’était gardé de donner des fusils), et il engage cette célèbre campagne de France, qui n’était que la lutte contre une fatalité inévitable. On sait qu’après la bataille d’Arcis-sur-Aube (20 mars) et la rupture du traité de Chatillon, Napoléon se jeta à Fontainebleau, décidé à lutter encore. Mais la prise de Paris, la défection de Marmont, le découragement de ses maréchaux et de ses instruments les plus serviles comme les plus dévoués, anéantirent ses dernières et vaines espérances. Son Sénat, si avili et si dégradé devant ses moindres caprices, proclame sa déchéance ; l’abdication pure et simple lui est imposée en échange de la souveraineté dérisoire de l’île d’Elbe, et le 20 avril, après avoir fait à ses derniers compagnons de guerre des adieux célèbres et touchants il quitta Fontainebleau et se dirigea, déguisé, vers le Midi pour gagner son lieu d’exil, poursuivi par les malédictions des populations. On sait qu’après moins d’un an de cet exil, jugeant déjà les Bourbons finis, il s’enfuit de l’île d’Elbe, débarque au golfe Juan, le 1er mars 1815, enlève successivement toutes les troupes qu on envoie contre lui et rentre victorieux aux Tuileries le 20 mars. La renaissance de l’esprit libéral lui indiquait sa voie ; il se donne effrontément comme le représentant de la Révolution contre l’ancien régime et les Bourbons. Mais, quoique s’accommodant aux circonstances, il n’avait rien perdu de son orgueil et de son ambition. Ce retour ouvre la période des Cent-Jours. Il arriva nécessairement que la coalition se reforma contre lui et qu’il voulut lutter contre elle avec des ressources insuffisantes. Traité par l’Europe en ennemi public, en tyran des nations, il se prépara de nouveau à la guerre, sa seule préoccupation, sa seule ressource, ayant, disait-il, besoin d’une victoire pour fasciner l’opinion et ressaisir la dictature. Il partit de Paris le 12 juin pour la Belgique et alla livrer cette tragique bataille de Waterloo, qui fut le terme de sa destinée et de ses boucheries, et qui fut perdue par les fautes qu’il commit, malgré la légende et malgré son habitude constante de s’attribuer tous les succès et de rejeter tous les revers sur ses lieutenants. Le 21 juin, il arriva à Paris, avec la prétention de lever de nouvellles troupes et d’exercer la dictature, pour sauver le pays, quand il n’était que trop avéré que lui seul était la cause de tous ses malheurs. La Chambre des représentants, les fonctionnaires s’élevèrent avec vigueur contre lui. Il voulut parler en maître, comme au temps de sa puissance ; mais ceux mêmes qui avaient si longtemps tremblé devant lui exigent son abdication définitive, qu’il est obligé de signer vingt-quatre heures après son arrivée à Paris (22 juin), en stipulant fort inutilement l’élévation de son fils au trône. Malheureusement, l’invasion qu’il avait une fois de plus attirée sur la France était désormais irrésistible, d’autant plus qu’elle avait des complices parmi ses créatures et ses hauts dignitaires. Malgré son patriotisme et ses efforts, la Chambre des représentants, si injustement décriée par les écrivains bonapartistes, ne put en conjurer les effets, et les Bourbons revinrent encore une fois s’imposer au pays accablé, sous la protection des hordes de l’ennemi. Napoléon, ayant perdu l’espoir de recouvrer la puissance sous un titre quelconque, se résigna à quitter la Malmaison le 29 juin et se dirigea sur Rochefort, avec l’intention de s’embarquer pour les Etats-Unis, ne croyant pas encore son rôle terminé. Mais il était surveillé, et, voyant l’inutilité de tous ses projets de départ clandestin, il se décida à se retirer sur le navire anglais le Bellérophon, en réclamant, en style de tragédie, d’aller, « comme Thémistocle, s’asseoir au foyer du peuple britannique. » Son sort était fixé par les puissances. Lui-même avait si cruellement et toujours abusé de la force, de la victoire et du mensonge, qu’il n’avait aucun droit de se plaindre de subir le sort des vaincus. Transporté aux confins de l’Océan, à l’île de Sainte-Hélène, il s’y consuma six années dans les regrets de la puissance perdue, dans les amertumes de l’orgueil vaincu. Il mourut le 5 mai 1821. Tout ce que la légende bonapartiste a rapporté des prétendues persécutions du gouverneur Hudson Lowe, officier fort honorable, est fort exagéré. Le 15 décembre 1840, ses restes, rapportés en France, furent déposés en grande pompe aux Invalides par le gouvernement de Louis-Philippe, qui comptait exploiter sans danger cette popularité si aveuglément ressuscitée par les libéraux, et qui devait contribuer à l’établissement d’ une nouvelle tyrannie napoléonienne, qui n’a pas été moins funeste à la France que la première.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse

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mars 9, 2008

BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – LE SOUVERAIN

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Napoléon Ier (1769-1821), empereur des Français en tenue de sacre

J’ai voulu pour la France le sceptre du monde, et pour lui assurer il me fallait un pouvoir sans contradiction.

(Napoléon Bonaparte)

Obligé de faire face au continent, Napoléon dut renoncer au roman de sa descente en Angleterre, dont le résultat eût été probablement un échec, et certainement l’invasion de la France par les puissances coalisées. Mais son infatuation était telle à cet égard, qu’if avait à l’avance fait frapper une médaille pour célébrer cette conquête, qu’il avait rêvée. Il en fut quitte pour attribuer, suivant sa coutume, l’avortement de ses desseins à ses lieutenants, notamment à l’amiral Villeneuve. Ses plans, au reste, étaient dressés pour une autre combinaison, avec une fécondité d’esprit dont il serait puéril de méconnaître la puissance ; c’est ce qu’il appelait « faire son thème en deux-façons » afin de n’être pas pris au dépourvu. Pendant que l’Europe s’ébranlait, il prit donc immédiatement son parti et résolut de se jeter sur l’Allemagne avec toutes ses forces, avant la jonction des alliés et l’intervention de la Prusse. Il envoie ses instructions à ses lieutenants, à Bernadotte, qui commandait l’armée du Hanovre, au prince Eugène, en Italie, à Saint-Cyr, à Marmont, etc.; puis, levant précipitamment le camp de Boulogne, il dirige cette belle armée vers le Rhin, qu’elle franchit le 1er octobre 1805. Après les brillants combats de Donauwœrth, de Wertingen, de Cruntzbourg et d’Elchingen , livrés d’ailleurs et gagnés avec des forces supérieures, elle s’établit sur le Danube. Le général autrichien Mack, enfermé dans Ulm, est forcé de capituler et de se rendre prisonnier avec 30.000 hommes 3.000 chevaux et 60 canons (20 octobre). Ce magnifique début fut malheureusement attristé par le grand désastre maritime de Trafalgar (21 octobre), où notre flotte, renforcée des contingents de l’Espagne, fut coupée en deux et battue par Nelson. L’empire de la mer restait décidément aux Anglais. « Soit, dit Napoléon, je battrai l’Angleterre sur le continent. » Ces mots contenaient en germe le blocus continental. La mer, en effet, ne lui fut jamais favorable : Aboukir, la perte de Malte et des îles Ioniennes, Trafalgar, la perte de Saint-Domingue, la vente (forcée) de la Louisiane, l’avortement réel de la descente en Angleterre, etc., étaient des faits assez caractéristiques. L’Océan restait sous l’empire de la marine britannique. Après le grand coup frappé à Ulm, Napoléon marcha sur Vienne, escomptant à l’avance ses victoires et remaniant déjà l’Europe dans son ardente imagination. Il avait divisé son armée en sept corps, dont l’ensemble formait la grande armée, nom bien justifié par ces admirables troupes et qui devait rester historique. Cette campagne se poursuivit par la prise de Vienne (15 novembre), par les succès d’Augereau et de Ney dans le Tyrol, par ceux de Masséna dans le nord de l’Italie, par la jonction de ce dernier avec la grande armée, par quantité de petites actions brillantes contre les Russes et les Autrichiens, enfin par l’immortelle bataille d’Austerlitz (2 décembre 1805), à laquelle assistaient les trois empereurs (Napoléon, François II, Alexandre 1er). Cette victoire mémorable eût pu avoir des résultats décisifs et durables ; mais Napoléon était destiné à constamment abuser de la victoire et à lasser la fortune en la surmenant. François II, réduit à la Hongrie, hors d’état même de la défendre, dut s’humilier, separer sa cause de celle d’Alexandre et, enfin, subir le traité de Presbourg (26 décembre), qui bouleversa l’Allemagne entière. L’Autriche perdait la Dalmatie et l’Albanie, réunies à l’Empire français, les Etats de Venise, réunis au royaume d’Italie (c’est-à-dire également à l’Empire français), les deux Tyrols, annexés à la Bavière, érigée en royaume, ainsi que le Wurtemberg ; le margraviat de Bade est transformé en duché et agrandi. Enfin, la plupart des petits princes allemands étaient placés sous le protectorat de Napoléon, qui exigea en outre le mariage de la princesse Catherine de Wurtemberg avec son frère Jérôme (déjà marié) et celui de la princesse Stéphanie de Beauharnais avec le fils de l’électeur de Bade. Par ces alliances princières, obtenues le sabre à la main, il voulait ainsi se faire accepter par les familles monarchiques de l’Europe, qui ne le regardaient dédaigneusement encore que comme un pavenu (de plus souillé du meurtre du duc d’Enghien). Bientôt, le royaume de Naples, enlevé par Masséna et Gouvion Saint-Cyr à Ferdinand IV, et donné à Joseph Bonaparte, qui ne l’acceptait qu’avec répugnance (mars- juillet 1806) ; le grand-duché de Berg confisqué pour Murat (mars) ; la république batave transformée en royaume de Hollande pour Louis, autre frère de l’empereur (5 juin) ; la princesse Pauline Borghèse, investie du duché de Guastalla ; Neuchâtel et Ponte-Corvo érigés en principautés pour Berthier et Bernadotte ; la création d’un grand nombre de fiefs réels et avec dotations pour les maréchaux et grands dignitaires (dans les pays conquis ou annexés), montrèrent que Napoléon n’avait d’autre but que de créer de toutes parts des souverainetés vassales, pour pressurer les peuples conquis et dominer les nations de l’Europe. D’ailleurs, il entendait que tous ces feudataires, petits ou grands, lui fussent absolument asservis et lui servissent à lever des hommes et des subsides. Ce système féodal, établi par la force, avec un mépris complet des droits et de l’autonomie des peuples, n’était propre qu’à susciter partout des haines implacables contre la France, que la Révolution et les grandes luttes de la liberté avaient rendue chère à toutes les nations. Napoléon était alors plongé dans ses rêves de restauration de l’empire de Charlemagne, en pleine utopie carlovingienne ; ce prétendu représentant de la Révolution (suivant certaines écoles ) n’avait en réalité d’autre préoccupation que de restaurer l’ancien régime, autant qu’il était en lui. Il rétablit la noblesse, en se réservant, bien entendu, de ne reconnaître que celle qu’il conférait lui-même ; il réinstitua les majorats, au mépris du droit moderne. Un peu plus tard, il allait compléter son système nobiliaire en attachant les titres à certaines fonctions ; les grands dignitaires furent princes, altesses sérénissimes; les ministres et sénateurs, comtes ; les hauts magistrats et les évoques, barons, etc. Ainsi, il rétablit une cour, une noblesse, des feudataires, des distinctions, des privilèges, une Eglise dominante, une centralisation excessive qui n’était que le despotisme administratif de l’ancien régime, un enseignement disciplinaire, persécuteur des écoles libres, confié exclusivement à son Université, par laquelle il semblait vouloir instituer la conscription des intelligences, et auquel il donna pour bases : 1° les préceptes de la religion catholique, 2° la fidélité à l’empereur, dépositaire du bonheur du peuple, à la dynastie napoléonienne, etc. ; bref, le culte officiel de sa propre personne. Il supprima les élections, tout contrôle et toute publicité libre, la liberté individuelle comme toutes les autres libertés, rétablit en réalité les lettres de cachet, les prisons d’Etat, les emprisonnements arbitraires et extra-légaux, la censure ; fit de la force et de l’autorité sans limites et sans contre-poids les seuls principes de gouvernement ; de la police, la plus inquisitoriale et la plus odieuse qui fut jamais, l’une des bases de sa puissance ; asservit l’imprimerie et la librairie ; constitua le monopole de la Banque de France, supprima la liberté théâtrale, asservit à ses règles autoritaires avoués, notaires, avocats, agents de change, etc. ; assujettit l’ouvrier au livret, à la loi contre les coalitions ; établit qu’en cas de contestation le maître sera cru sur parole, etc.; enfin se constitua lui-même au-dessus de l’humanité, comme une sorte de divinité dont le culte obligé, la volonté, les caprices les plus tyranniques et les plus extravagants devaient être également sacrés. Ses œuvres, sa correspondance, si soigneusement expurgée cependant, le détail connu de sa conduite, tout ce que les travaux récents ont recueilli, nous le font bien connaître et bien apprécier, maintenant que l’idolâtrie qui l’avait placé presque sur un autel est à peu près éteinte et ne reste plus que comme un triste souvenir de servitude intellectuelle, comme un exemple de l’aveuglement causé par l’éblouissement de la gloire militaire. Cet étranger, de race incertaine, qui vivait dans les siècles passés, obsédé par le rêve des royautés barbares, a pu pervertir et subjuguer la France, mais il n’a jamais compris son génie et sa mission d’affranchissement et de civilisation. La liberté, l’émancipation populaire, les droits de la pensée et de la science, les garanties politiques, le progrès social, le travail sous l’abri de la loi, l’indépendance des peuples et des individus, toutes ces vérités, fondement des sociétés modernes, qui n’étaient plus à découvrir, puisque le XVIIIe siècle et la grande Révolution les avaient proclamées, affirmées à la face du monde, lui ont été, non-seulement étrangères, mais odieuses. Malgré la puissance incontestable de son esprit et la grandeur théâtrale de ses conceptions, il nous apparaît avec cette infériorité native et radicale, qu’il était incapable de s’élever à la simple notion de la justice, du droit, du bon sens et de la vérité. Non-seulement la morale n’existait pas pour lui, quand ses intérêts étaient en jeu, non-seulement il se flattait présomptueusement de venir à bout de tout, des hommes comme des événements, par la terreur, la fourberie et la violence, mais encore ce prodigieux aventurier en arriva de plus en plus à méconnaître les limites du possible et, finalement, comme cela devait logiquement arriver, courut de lui-même à sa perte en se précipitant tête baissée dans les entreprises les plus insensées. Quant à ses violences, aux emprisonnements et aux exécutions qu’il ordonna, l’espace nous manque pour les enregistrer ; mais, l’histoire ne les oubliera pas, et l’on sait bien que la liste en est longue et bien faite pour exciter l’indignation.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse

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