mars 16, 2008

CHARLE-GUILLAUME-FERDINAND DUC DE BRUNSWICK (1735-1806)

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Charles-Guillaume-Ferdinand, duc de Brunswick (1735-1806)

Les faux calculs des jeunes gendarmes sont pardonnables ; mais la conduite de ce vieux prince âgé de soixante-et-onze ans est un excès de délire dont la catastrophe ne saurait exciter de regrets. Qu’aura donc de respectable la vieillesse si , aux défauts de son âge, elle joint la fanfaronnade et l’inconsidération de la jeunesse ?

(Napoléon Bonaparte)

BRUNSWICK ( Charles-Guillaume-Ferdinand, duc DE), neveu de Ferdinand, signataire du fameux Manifeste qui a gardé son nom, né à Brunswick le 9 octobre 1735 , mort, à Altona le 10 novembre. 1806. Comme tous les princes de sa maison, il reçut une éducation extrêmement soignée, et montra dès son adolescence des facultés supérieures. Formé dans l’art de la guerre par ses oncles le prince Ferdinand et le grand Frédéric, il se distingua de la manière la plus éclatante dans la guerre de Sept ans, comme général au service de la Prusse. Après la conclusion de la paix, il entreprit, sous le nom de comte de Blackenbourg, de longs voyages, d’abord en France, où il se lia avec les esprits les plus distingués ; puis en Italie, à Rome, où l’antiquaire Winckelmann le guida dans ses explorations ; enfin en Moravie, en Silésie, en Westphalie, en compagnie du grand Frédéric, qui lui donna de nouveau un commandement dans la guerre de la Succession de Bavière (1778). Le duc de Brunswick y soutint sa réputation militaire et succéda, en 1780, à son père dans le gouvernement du duché. Mirabeau, qui le vit quelques, années plus tard, fait le plus grand éloge de son administration, et le représente lui-même comme un homme tout à fait supérieur. Lors des troubles de la Hollande, en 1787, il reçut le commandement de vingt mille Prussiens, et s’empara d’Amsterdam, d’ailleurs faiblement défendue. A l’époque de la Révolution française, le duc de Brunswick était généralement regardé comme un des meilleurs généreux de l’Europe. Aussi, après le traité de Pillnitz, dès les premiers mouvements contre la France, fut-il nommé généralissime des armées alliées (Prusse et Autriche). Il fit précéder son invasion par un Manifeste daté de Coblentz (25 juillet 1792), et qui a donné à son nom une triste célébrité. Il n’était point l’auteur de cette pièce odieuse, dont la rédaction appartient à la faction des émigrés, et l’on prétend qu’il ne la signa qu’avec la plus grande répugnance ; mais enfin il consentit à la signer, et ce fait seul suffit pour ternir sa réputation. On a rapporté aussi que, dans la suite, il ne parlait de cet acte qu’en le qualifiant de déplorable, et qu’il démentit, dans une lettre rendue publique, Bertrand de Molleville qui, dans ses Mémoires, lui attribuait une part dans la rédaction du Manifeste. Sa lettre se terminait ainsi : « Il est bien permis de chercher à éviter de passer, dans les siècles à venir, pour un étourdi inconsidéré. » (Mallet du Pan, Mémoires et correspondance.) Mais, encore une fois qui l’obligeait à signer ? Probablement, l’ambition de garder le commandement en chef. Qu’il conserve donc dans l’histoire la responsabilité de cet acte, qui n’était pas seulement contraire au droit, à la justice, à l’humanité, mais encore qui violait toutes les règles du droit des gens, toutes les règles de guerre établies entre les nations civilisées. On a dit aussi que l’empereur d’Autriche et le roi de Prusse, informés que des propositions brillantes lui avaient été faites pour le porter à embrasser la défense de la Révolution française, l’avaient mis dans la nécessité d’apposer son nom sur ce Manifeste de sang, dans le but secret de le compromettre pour jamais au regard de la France. Les Mémoires tirés des papiers d’un homme d’Etat se sont faits l’écho de ce bruit ; mais est-il vrai qu’un parti, un groupe d’hommes politiques, constitutionnels, girondins ou autres, séduits par la réputation militaire du duc de Brunswick, aient songé à l’attirer en faisant luire à ses yeux le mirage de la couronne de France ? Il n’est guère possible de répondre à une telle question. D ailleurs, ce rêve insensé, s’il a quelque réalité, ne dut jamais s’élever même à l’état de projet. Quoi qu’il en soit, par une coïncidence bien étrange, le jour même où le duc de Brunswick signait le manifeste, c’est-à-dire le 25 juillet, le girondin Carra publiait a Paris, dans son journal (Annales patriotiques), l’article suivant, qui fut plus tard un des motifs de son arrêt de mort : « Rien de si bête que ceux qui croient ou, voudraient faire croire que les Prussiens songent a détruire les jacobins, et qui n’ont pas vu dans ces mêmes jacobins les ennemis les plus acharnés de la maison d’Autriche, les amis constants de la Prusse, de l’Angleterre et de la Hollande… C’est le plus grand guerrier et le plus grand politique de l’Europe que le duc de Brunswick. Il ne lui manque peut-être qu’une couronne, je ne dis pas pour être le plus grand roi de l’Europe, mais pour être le restaurateur de la liberté en Europe. S’il arrive à Paris, je gage que sa première démarche sera de venir aux jacobins, et d’y mettre le bonnet rouge… » Sans doute, on peut regarder cette absurde tirade comme une présentation de candidat, d’autant plus qu’alors la chute de Louis XVI, n’était plus douteuse ; mais la coïncidence même de la publication avec celle du Manifeste, qui en eût été le plus détestable commentaire, éloigne toute idée d’un concert quelconque. Carra était un esprit assez chimérique, et c’était une de ses manies de songer à des princes étrangers. N’ayait-il pas déjà soulevé, un jour, tout le club des jacobins en proposant d’appeler le duc d’York au trône de France ? Cependant Brunswick entra en France dans les premiers jours d’août (1792). Le 20, il investit Longwy que la trahison lui livra sans combat, deux jours après. Il agit ensuite avec une extrême lenteur. Le 31 seulement, il se présenta devant Verdun, place qui était hors d’état d’opposer une résistance prolongée, qu’il bombarda pendant quinze heures, mais qui ne se rendit qu’après la mort du brave commandant Beaurepaire. Pendant ce temps, Dumouriez s’emparait rapidement des défilés de l’Argonne, les Thermopyles de la Franco, et, par cette manœuvre de génie, fermait pour ainsi dire la porte à l’invasion. Le duc de Brunswick avait commis plus d’une faute pendant ces rapides opérations, et la conquête de la France ne lui paraissait plus d’ailleurs aussi facile que l’affirmaient les fous de l’émigration. Après Valmy, il insista vivement auprès du roi de Prusse pour le décider à négocier. Des pourparlers eurent lieu en effet, et l’armée austro-prussienne, commença sa retraite le 1er octobre, abandonna successivement toutes ses positions, et quitta le territoire français, fort diminuée par les maladies et les engagements journaliers. Les arrangements entre l’ennemi et Dumouriez n’ont jamais été connus dans tous leurs détails, et l’on a supposé, à tort ou à raison, que le général français avait consenti à ne pas inquiéter les armées alliées dans leur retraite. Brunswick conserva le commandement des troupes prussiennes pendant la campagne de 1793 ; mais, par suite de dissentiments avec Wurmser, général autrichien, il donna sa démission en janvier 1794, et ne s’occupa plus dès lors que du gouvernement de son duché. En 1806, au moment où la Prusse reprit une attitude hostile contre la France, il reçut encore une fois le commandement des troupes prussiennes, mais ne fit rien de remarquable, et fut atteint d’une balle dans les yeux à la bataille d’Auerstaedt, ce qui amena la déroute de son armée ; il revint mourir à Altona, au milieu des plus grandes souffrances. Le duc de Brunswick, bon administrateur, homme instruit, éclairé, passionné, dit-on, pour le bien, ne paraît avoir combattu qu’à regret dans les rangs de la coalition : c’est ainsi qu’on expliquerait les revers qu’il éprouva ; mais, d’un autre côté, il faut bien reconnaître que, comme tous les généraux, habiles des anciennes écoles, il n’était plus à la hauteur de la tactique héroïque créée par les capitaines de la grande Révolution. Il était dans la destinée de l’ancien régime d’être vaincu sur tous les terrains.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Charles-Guillaume-Ferdinand duc de Brunswick sur wikipedia

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GENERAL GEBHARD LEBERECHT VON BLÜCHER (1742-1819)

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Feld Marechal Gebhard Leberecht von Blücher (1742-1819)

Blücher est un brave soldat, un bon sabreur. C’est comme un taureau qui ferme les yeux et se précipite en avant sans voir aucun danger. Il a commis des millions de fautes, s’il n’eût été servi par les circonstances, j’aurai pu différentes fois le faire prisonnier, ainsi que la plus grande partie de son armée. Il est opiniâtre et infatigable, n’a peur de rien et est très attaché à son pays ; mais comme général, il est sans talent.

(Napoléon Bonaparte)

BLÜCHER (Gerhard-Leberecht DE), prince de Wahlstatt, feld-maréchal des armées prussiennes, né à Rostock, dans le Mecklembourg, le 16 décembre 1742, mort à Kriblowitz le 12 septembre 1819, était fils d’un capitaine au service de la Hesse-Cassel. A l’âge de treize ans, il fut envoyé dans l’île de Rugen, près d’une de ses parentes, Mme de Krakwitz. Là, il s’adonna à sa nature sauvage et fougueuse, se livra aux exercices du corps, qui seuls convenaient à ses goûts, et sentit s’éveiller en lui sa passion pour les armes en voyant dans l’île un régiment, de hussards suédois. Malgré toutes les représentations, il s’engagea en qualité de porte-enseigne dans l’armée suédoise ; mais, dès sa première campagne, il fut fait prisonnier à Suckow par les Prussiens, et incorporé presque de force, par le colonel Belling, dans les troupes de Frédéric (1760). D’abord cornette dans le régiment des hussards noirs, il acquit quelque réputation par son courage impétueux pendant la guerre de Sept ans, se signala a Kunersdorff et à Freiberg, où il fut blessé, et se fit un renom comme duelliste. Après la paix d’Hubertsbourg (1763), Blucher étudia l’art militaire sous la direction du major Poscharli, mais s’abandonna surtout à la vie désordonnée des soldats en garnison. Devenu capitaine en 1770, il prit part à la guerre de Pologne, s’attira le mécontentement du général Loskow par la cruauté avec laquelle il traita ses prisonniers, et, pour ce fait, il se vit préférer un subalterne dans une promotion. Blessé de ce qu’il considérait comme un passe-droit, Blucher donna sa démission, que Frédéric accepta en ces termes : « Le capitaine Blucher est congédié et peut aller au diable (1773). » Il se retira alors à la campagne, se maria avec la fille d’un riche fermier général, Mlle de Mehling, s’occupa d’exploitations agricoles et fut nommé membre du conseil de la noblesse ; mais à peine Frédéric II fut-il mort (1786), que Blucher accourut à Berlin et reprit du service dans son ancien régiment. D’abord major, puis colonel en 1790, il se distingua par son sang-froid, son audace et sa farouche intrépidité pendant les campagnes de 1793 et contre les Français, notamment à Moorlautern, à Kaiserlautern, à Edesheim, à Neustadt, et fut nommé général major (1794). Après la paix de Bâle (1795), il se remaria, fut promu au grade de lieutenant général (1801) et devint gouverneur de Munster, de 1803 à 1806. A cette époque, la guerre ayant recommencé avec la France, Blucher prit part à la bataille d’Auerstaedt, où il commença l’attaque à la tête de vingt-Cinq escadrons. Ecrasé par la formidable artillerie de Davout, il opéra vers la Poméranie une retraite qui lui a été vivement reprochée. Le prince de Hohenlohe, ne pouvant gagner Stettin sans cavalerie et ayant vainement donné l’ordre à Blücher de le rejoindre, se vit contraint de signer la capitulation de Prenzlau et de se rendre. Coupé et poursuivi dans tous les sens, Blucher échappa, avec 10.000 hommes, au général Klein, en lui affirmant, contrairement à la vérité, qu’un armistice venait d’être signé ; puis il entra dans le Mecklembourg, fit sa jonction avec le corps du duc de Weimar, et combattit entre Wahren et Vieux-Schwerin, mais sans succès. Poursuivi par le grand-duc de Berg, par Soult et Bernadotte, il se jeta dans la ville libre de Lubeck, et, après une sanglante et inutile défense, qui fit subir à cette cité neutre toutes les horreurs d’une place prise d’assaut, il se retira en désordre sur Schwartau, et se vit forcé de mettre bas les armes, ainsi que le duc de Brunswick et 16.000 officiers et soldats. Bientôt après, il fut échangé contre le général Victor et se rendit à Koenigsberg, où, malgré les fautes qu’il avait commises dans cette campagne, il fut reçu avec distinction par la cour. Après la paix de Tilsit (1807), Blücher vécut dans l’inaction, mais sans dissimuler la haine profonde qu’il ressentait contre les Français. Ce fut avec une joie des plus vives qu’il apprit les résultats désastreux de la campagne de Russie, et qu’il vit arriver le moment de sortir de son repos. La Prusse entra dans la coalition (1813), et, bien que Blücher eût alors soixante et onze ans, il fut nommé commandant en chef de l’armée prussienne. A la tête de 40.000 Prussiens et Russes, il s’avança vers la Saxe, fit sa jonction avec le général Wittgenstein et rencontra, le 1er mai 1813, les Français à Lutzen. Le vieux Prussien, bien que blessé, ne quitta point le champ de bataille tant que dura l’action ; il se distingua également aux journées de Bautzen et de Hanau, et remporta sur Macdonald, à la Katzbach, un avantage marqué. Après la suspension d’armes conclue le 5 juin, Blücher prit le commandement de l’armée russo-prussienne, dite de Silésie, qui était forte de 120.000 hommes. Reprenant alors l’offensive, il s’avança vers Dresde, et, malgré les efforts de Napoléon, il passa l’Elbe (3 octobre 1813), battit les corps de Ney, Marmont et Bertrand, et marcha sur Leipzig, où Napoléon attendait les alliés, et leur livra une bataille de trois jours, qui se termina par la retraite des Français, trahis par les Saxons. Nommé feld-maréchal le lendemain de son entrée à Leipzig, Blucher poursuivit l’armée française ; mais il se trompa sur sa direction et marcha sur Coblentz, où il croyait que Napoléon se retirait. Arrivé sur les bords du Rhin le 1er janvier 1814, il le franchit près de Kaub, entra à Nancy le 17 du même mois, remporta sur Napoléon un avantage à la Rothière (1er février). Enflé de ce succès, Blücher, qui avait dit au moment où l’invasion avait été résolue : « Je veux planter mon drapeau sur le trône de Napoléon, » Blucher, voulant arriver le premier à Paris, se sépara de Schwarzemberg, s’engagea entre la Seine et la Marne, se fit battre à Champaubert et à Montmirail, et arriva à Soissons, qui se rendit, ce qui lui permit d’avancer encore et d’attendre près de Laon, dans une position formidable, Napoléon, qui l’attaqua avec des forces trop inférieures, et perdit la bataille. Après cette victoire, Blücher marcha sur Paris, fit, après le combat d’Arcis, sa jonction avec les alliés, et vint camper sur les buttes Montmartre. Le 31 mars, les armées alliées entraient à Paris. Nommé par le roi de Prusse prince de Wahlstatt, comblé d’honneurs et de dotations, Blücher fut néanmoins tenu à l’écart de la politique active par le tsar Alexandre. Bientôt après, il accompagnait à Londres les souverains alliés, y était accueilli avec enthousiasme, nommé docteur en droit par l’université d’Oxford, honneur qui dut le toucher médiocrement, et, de retour sur le continent, il assistait au congrès, où il proposa de démembrer la France. Lorsque, en 1815, Napoléon débarqua à Cannes, accourut à Paris et reprit sa terrible épée, Blücher fut nommé de nouveau général en chef de l’armée prussienne. Battu à Ligny par Napoléon, qui tua 15.000 Prussiens dans cette journée (16 juin), Blücher décidait trois jours après, par son arrivée inopinée, le succès de la bataille de Waterloo. Une seconde fois, le général prussien entra à Paris. Là, il manifesta sa haine contre la France par ses manières brutales et par des actes de vandalisme dignes d’un sauvage. Non content de piller Saint-Cloud, où il établit d’abord son quartier général, il livra la Bibliothèque royale à la merci de ses officiers en disant : « Tous les livres sont prisonniers de guerre : ils sont en rang et en file, prenez, emportez tout ce que vous voudrez. » II leva d’énormes contributions de guerre, accabla les populations de vexations inouïes, voulut faire prisonnière la garde nationale, parce qu’une partie avait combattu les envahisseurs, et ordonna de faire sauter par la mine le pont d’Iéna, parce que ce nom était injurieux pour la Prusse en rappelant une de ses défaites. Vainement la municipalité s’adressa à Wellington pour qu’il intervînt. Celui-ci se contenta de répondre : « Je suis le maître dans Paris, Blücher est le maître hors de Paris et le pont d’Iéna est en dehors, cela ne me regarde pas. » Blücher toutefois fit cesser les travaux de destruction, moyennant une somme de 300.000 francs qu’on lui apporta. Bientôt après l’arrivée des souverains alliés, le général prussien transporta son quartier général à Rambouillet, répandit ses troupes dans les départements en deçà de la Loire, les autorisa à se livrer au pillage et à la dévastation et fit arrêter un assez grand nombre de citoyens, qu’il envoya peupler les forteresses prussiennes. Exécré des Français, désapprouvé par les souverains étrangers, et surtout par le tsar Alexandre, le farouche général n’en reçut pas moins de nouvelles récompenses de Frédéric-Guillaume III, qui créa pour lui une décoration spéciale, une croix de fer entourée de rayons d’or. Après la paix de Paris, il retourna en Prusse, puis se fixa dans ses terres de Silésie, où, malade, sombre, irascible, il mourut, après avoir reçu la visite du roi. Un mois environ avant sa mort, la ville de Rostock avait fait ériger une statue colossale en bronze du feld-maréchal, pour célébrer l’anniversaire de la bataille de la Katzbach. C’était la première fois, en Allemagne, qu’on élevait une statue à un homme vivant. Les villes de Berlin et de Breslau suivirent l’exemple de Rostock, la première eu 1826 et la seconde en 1827. Soldat intrépide et excellent officier de cavalerie, Blücher ne fut qu’un médiocre général. L’impétuosité de ses attaques lui avait mérité le surnom de maréchal Vorwoets (en avant) ; mais comme tacticien, il était d’une nullité complète. « Blücher, a dit un de ses compatriotes, est assez habile pour la petite guerre. Il fond sur l’ennemi, et ordinairement repoussé, rallie ses troupes, se met en embuscade, attaque de nouveau, et, par de nouvelles surprises, fatigue plus qu’il ne nuit. Grand joueur, il porte à la guerre l’esprit de la table de jeu ; il est minutieux et s’isole, il ne se bat jamais d’ensemble avec le reste des troupes. C’est Blücher qui a causé la dévastation de Lubeck etdu Mecklembourg. Il est brave, mais sans lumières, et, comme général, infiniment au-dessous de son siècle. » Exalté d’abord outre mesure, Blücher n’a pas tardé à être remis à son rang, même par les ennemis de cette France qu’il exécrait. Servi par les circonstances et par la fortune, il partagea avec Wellington la gloire d’avoir porté le coup suprême au plus grand homme de guerre des temps modernes ; mais il ne fut, en réalité, qu’un intrépide et farouche partisan, dont la réputation militaire n’a pas survécu à l’enthousiasme excité en Allemagne à la nouvelle de nos revers. Le nom de Blücher joue un grand rôle dans notre histoire, disons mieux, dans notre amour-propre national. Certainement, le principe de la guerre trouve en nous un ennemi déclaré ; nous acceptons les luttes fratricides comme une nécessité déplorable, et, forcé de capituler avec le mal, nous reléguons nos années permanentes aux frontières. Cela posé, entrons résolument en matière. Le nom de Blücher est singulièrement antipathique à notre pays ; il sonne à nos oreilles françaises à peu près comme celui d’Erostrate aux oreilles des Delphiens. Dans cette France toujours si généreuse, le général prussien, en un jour de victoire, s’est conduit comme un sauvage, comme un lieutenant de Tamerlan ou d’Attila ; nos soldats, nos officiers surtout s’en souviennent, et le mot prussien est très impopulaire chez nous. Ce sentiment remonte même plus haut ; il prend naissance à Rosbach, et le nom de Blücher est le dernier anneau de cette chaîne d’inimitiés.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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