août 19, 2009

LE MYSTERE DE LA GRANDE PYRAMIDE – BLAKE ET MORTIMER – EDGAR PIERRE JACOBS

Posted in Blake et Mortimer, LES CLASSIQUES DE LA BANDE DESSINEE, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , , , à 9:28 par napoleonbonaparte

La deuxième aventure de Blake et Mortimer est sans doute la plus aboutie des huit histoires élaborées par Edgar Pierre Jacobs pour cette série phare de la BD franco-belge. Publiée dans le Journal Tintin au début des années 50, elle confirme le succès et la prédominance de l’ancien collaborateur de Hergé, ainsi devenu son principal rival au sein du prestigieux illustré.

le-mystere-de-la-grande-pyramide - Le papyrus de Manéthon Le mystère de la grande pyramide - La chambre d'Horu

Jacobs fut contraint de se rapprocher du style « ligne claire » de Tintin et Milou par Hergé qui dirigeait d’une main de fer la direction artistique de l’hebdomadaire (pour le meilleur en règle générale). Jalousant Jacobs, il ne manquait aucune occasion de le persécuter ce qui ne pouvait qu’accentuer une tendance paranoïaque pré-existente chez son ancien collaborateur. Pour autant Jacobs n’en réussit pas moins à adapter son dessin et à livrer son chef d’oeuvre le plus abouti : un dyptique  dont le scénario avait été élaboré en amont et avait fait l’objet de recherches documentaires autrement plus sérieuses que pour Le Secret de l’Espadon. Passionné par l’Egypte et bien assisté par son discret ami Jacques Van Melkebeke, Jacobs continua donc de faire les beaux jours du magazine entre 1950 et 1953, période pendant laquelle furent publiées la centaines de planche somptueuses qui composent Le Mystère de la Grande Pyramide. Cette aventure connut une prolongation sous forme d’albums aux Editions du Lombard (tome 1 en 1954 et tome 2 en 1955). Sa suprématie sur le Journal Tintin devait se poursuivre encore quelques années puisqu’il enchaîna sur La Marque Jaune avant de dessiner L’Enigme de l’Atlantide et enfin  S.o.s Météores. Les trois dernières aventures de Blake et Mortimer conçues dans les années 60 s’avèrent très en deça des premiers titres de cette série désormais mythique.

Lien : Les Aventures de Blake et Mortimer

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juillet 12, 2008

LE SECRET DE L’ESPADON – BLAKE ET MORTIMER – EDGAR PIERRE JACOBS

Posted in Blake et Mortimer tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , à 10:56 par napoleonbonaparte

Le Secret de l’Espadon est la première aventure de la mythique série Blake et Mortimer créée en 1946 par le génial Edgar Pierre Jacobs, l’un des Maîtres majeurs de la bande dessinée franco-belge.

Le 26 septembre 1946 parût le premier numéro du Journal Tintin, hebdomadaire haut de gamme destiné à la jeunesse -plutôt aisée- d’Outre-Quiévrain. A l’origine de cette heureuse initiative, le jeune éditeur Raymond Leblanc (1915-2008), qui après avoir convancu Hergé (1907-1983) de la pertinence de l’entreprise artistique et économique, lui demanda de composer la toute première équipe de dessinateurs afin d’alimenter les pages de ce nouvel illustré. Le père de Tintin et Milou choisit alors de s’entourer tout logiquement de ses collaborateurs du moment : Edgar Pierre Jacobs (1904-1987) et Jacques Van Melkebeke (1904-1983). Ce trio magique fut complété par Jacques Laudy (1907-1993) et un jeune illustrateur virtuose Paul Cuvelier (1923-1978).

Passionné d’Histoire, Jacobs songea dans un premier temps à un projet de BD se déroulant au Moyen-Âge. Cependant, son ami Jacques Laudy avec La légende des quatres fils Aymon et le benjamin Paul Cuvelier avec Les extraordinaires aventures de Corentin Feldoé, déjà positionnés sur le genre historique, contraignirent Jacobs à se rabattre sur la science-fiction et le fantastique.

Aidé par son ami d’enfance, le trop méconnu Jacques Van Melkebeke -qui discrètement collabora très étroitement à l’élaboration des albums de Blake et Mortimer-, Jacobs débuta Le Secret de l’Espadon avec un synospsis a priori très sommaire. Néanmoins, ‘histoire et les dessins ne cessèrent de s’améliorer au fil des planches. Une publication en album(s) n’étant alors pas du tout envisagée à cette époque, Jacobs eut en plus toute liberté pour développer et conclure son récit sans contrainte de pagination.

Si les codes de la BD ne furent pas tous assimilées d’emblée (découpage, position des phylactères, rendu graphique), le souffle du récit fut suffisant pour compser ces lacunes initiales et enthousiasma immédiatement les lecteurs. Par la suite, les fulgurants progrès réalisés dans la première année par les deux compères permirent à la seconde partie de la saga de l’Espadon d’atteindre des sommets artistiques. Ils livrèrent alors des séquences flirtant avec la perfection, tenant plus que jamais en haleine des fans chaque jour plus nombreux.

Le succès rencontré par le Le Secret de l’Espadon donna à Jacobs le statut de vedette du Journal Tintin, au grand désespoir d’un Hergé déjà installé, qui se vit bruquement éclipser par son ex-assistant. Bien qu’exerçant ses talents dans la BD sans l’avoir souhaité, Jacobs devint le principal acteur du Journal Tintin. Il le resta pendant près de 15 ans, période devenue avec le recul l’âge d’or du Neuvième Art.

Devant la réussite -un peu inattendue- de Blake et Mortimer, Raymond Leblanc se décida à proposer les exploits des deux héros britanniques sous forme d’albums. Le Secret de l’Espadon fut donc la première histoire du Journal Tintin à être éditée aux Editions du Lombard. Cela se fit en deux temps : en 1950 pour La Poursuite Fantastique (tome1) puis seulement en 1953 pour SX-1 contre-attaque (tome 2).

Aujourd’hui, ce tout premier opus de Blake et Mortimer comprend trois volumes avec en prime 18 couvertures supplémentaires du Journal Tintin. Malheureusement, lors de cette refonte datant du milieu des années 80, les mises en couleurs réalisées par le Maître furent remplacées par celle d’un autre coloriste moins « inspiré ». Cette hérésie artistique, curieusement voulue par Jacobs lui-même, justifie aussi l’acquisition d’une version antèrieure à 1984 pour pleinement apprécier cette fresque fabuleuse.

Lien : Les Aventures de Blake et Mortimer

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juillet 29, 2007

NAPOLEON BONAPARTE EN BD – ETUDE DE MARCHE

Posted in Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , , à 7:19 par napoleonbonaparte

Nous souhaitons prouver qu’il existe bien un marché pré-existant fort conséquent pour une bande dessinée sur le sujet napoléonien se voulant artistiquement et scientifiquement de qualité. Notre démarche s’inscrit dans la perspective de démontrer à de futurs partenaires (mécènes et/ou investisseurs) qu’un tel projet peut trouver un équilibre financier à très court terme. Le soutien de tous les internautes sensibles à notre dessein est donc crucial. Merci de nous apporter votre concours en prenant quelques instants pour répondre au questionnaire.
LA jeunesse de Napoléon Bonaparte en BD

juillet 22, 2007

CRAYONNES DE LA JEUNESSE DE NAPOLEON 1er EN BD

Posted in Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , à 3:05 par napoleonbonaparte

Voici quelques crayonnés extraits de La Jeunesse de Napoléon Bonaparte. Si vous voulez en voir plus, je vous invite à vous rendre sur mon site Napoléon Bonaparte en BD. Vous pourrez ensuite remplir le questionnaire de l’étude de marché si vous souhaitez faire avancer le projet. Merci.

La jeunesse de Napoléon Bonaparte en BD (planche 1)La jeunesse de Napoléon Bonaparte (planche 2)La jeunesse de Napoléon Bonaparte en BD (planche 6)La jeunesse de Napoléon Bonaparte en BD (planche 9)

juillet 21, 2007

TRAVAUX ETHNOLOGIQUES SUR LA CORSE

Posted in Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , à 9:10 par napoleonbonaparte

Reconstituer la vie de Napoléon Bonaparte en BD implique de se documenter dans toute une série de domaines. Et sans le précieux savoir de l’éminent spécialiste Rennie Pecqueux-Barboni, rien de sérieux n’était envisageable sur la Corse.

Spécialiste du costume corse, Rennie Pecqueux-Barboni s’est engagé spontanément à nos cotés dans cette aventure, nous fournissant dans un premier temps des croquis détaillés de femmes et d’hommes vivant en cette fin du dix-huitième siècle dans l’Île de Beauté. Il nous a aussi alimenté d’autres dessins toujours réalisés par ses soins sur le mobilier corse, sans oublier d’y joindre comme pour les costumes des textes explicatifs ou descriptifs, indispensables pour une bonne compréhension de ces images inédites. Il nous a aussi transmis des informations ethnologiques manuscrites plus générales sur la Corse de cette époque troublée. Il répondait à bon nombre de questions qui se posaient là encore, et cela parfois dès l’écriture du scénario.

Dans un second temps, son rôle consistera à poursuivre son rôle de conseiller scientifique en continuant d’apporter des correctifs ethnologiques d’une grande précision scientifique. Il suivra le travail des illustrateurs à chacune des étapes du dessin (crayonnés de mise en place, de report, encrage, mise en couleurs), du moins pour ce qui est des planches se déroulant en Corse. Il faut à tout prix éviter au maximum les approximations dans notre reconstitution de la jeunesse de Napoléon Bonaparte en BD.

Costumes Corses du 18ième siècleCostumes Corses du 18ième siècleCostumes Corses du 18ième siècleCostume Corse de la fin du 18ième siècleMobilier Corse de la fin du 18ième siècleMobilier Corse de la fin du 18ième siècle Mobilier Corse de la fin du 18ième siècle

juillet 20, 2007

DIAPORAMAS – CRAYONNES ET ICONOGRAPHIE – LA JEUNESSE DE NAPOLEON BONAPARTE EN BD

Posted in Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , à 9:07 par napoleonbonaparte

Voici deux diaporamas sur lequel vous pourrez voir les premiers crayonnés et un échantillon de l’iconographie sur la base de laquelle les dessins ont été conçus. Si vous appréciez ce projet, il est très important que vous preniez quelques instants après le visionnage des vidéos, pour répondre au questionnaire de l’étude de marché. Merci.

juillet 18, 2007

NAPOLEON BONAPARTE EN BD – REPORTAGE CORSICA SERA

Posted in Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , à 12:52 par napoleonbonaparte

Napoléon Bonaparte

Interview réalisée au Musée de La Malmaison avec Monsieur Bernard Chevallier, Conservateur Général du Patrimoine. Elle a été diffusée sur France 3 Corse, puis sur France 3 Nationale.

Nota Bene : Les journalistes de France 3 Corse, dans leur enthousiasme, anticipaient malgré mes prudentes réserves sur une issue favorable des démarches entreprises auprês des Institutions centralisées.

juillet 17, 2007

LA QUETE DU GRAAL NAPOLEONIEN

Posted in Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , à 2:31 par napoleonbonaparte

Le Sacre de Napoléon par David comme les tableaux des Batailles de Napoléon par Gros ne pouvaient qu’éblouir par leurs puissances oniriques un enfant esthète et romantique. Mon désir de voir se prolonger le rève napoléonien à travers l’image trouve sa source initiale chez ces peintres, bien avant que les albums des Maîtres de l’Ecole de Bruxelles (Jacobs, Hergé, Martin) finissent par me convaincre de l’impérieuse nécessité d’une grande fresque napoléonienne en BD.


LA GENÈSE D’UN RÊVE…

Avant de présenter les différents aspects de ce projet, il me semble indispensable d’expliquer le long cheminement qui m’a conduit à donner à mes rêveries d’enfant et d’adolescent un prolongement artistique bien concret.

Tout d’abord, je dois dire que le nom de Napoléon stimule mon imagination depuis ma plus petite enfance. Et cette précoce fascination demeure une énigme dont je ne peux déterminer l’origine, ayant grandi dans un environnement nullement napoléonien et encore moins d’obédience bonapartiste.

Vers l’âge de 8 ans, je me procurais enfin le tome 6 de L’Histoire de France en Bandes Dessinées, collection éditée par Larousse, impatient que j’étais de me plonger dans les quelques planches consacrées à mon héros. Mais celles-ci se révélaient de très médiocres factures, car vite réalisées par plusieurs dessinateurs, si bien que l’ensemble débouchait ainsi sur un produit de commande relativement bâclé, aussi bien sur le fond historique que sur la forme artistique. Le résultat répondait toutefois parfaitement aux impératifs de la logique quasi industrielle voulue par l’éditeur, sans évidemment assouvir pleinement mes fantasmes napoléoniens. La frustration engendrée attisait même un peu plus en moi le désir de voir un jour l’extraordinaire destinée romanesque, romantique, épique, et onirique de Napoléon sublimée par le biais d’une fresque au dessin léché. J’étais d’autant plus convaincu de ce fait que je découvrais parallèlement les oeuvres de Edgar P. Jacobs, Hergé, et Jacques Martin.

Quelques années plus tard, je constatais avec stupéfaction et amertume que le Consulat et le Premier Empire étaient intégralement occultés par les programmes scolaires. Et je ne devais croiser Napoléon III et le Second Empire qu’en classe de Première, période survolée en moins d’une heure.

Les années passant, la nécessité de mettre en chantier une grande saga napoléonienne en BD devenait donc à mes yeux de plus en plus patente, sans trop savoir comment m’y prendre pour réunir les moyens de mes ambitions artistique, historique, et pédagogique. Quand fin 1993, j’obtenais d’un mensuel de faire l’interview et le portrait de Jacques Martin, ancien collaborateur des Studios Hergé, et dernière grande figure classique de l’Âge d’Or de l’École de Bruxelles. Ce célèbre dessinateur, en perpétuels conflits avec ses éditeurs, et bien que septuagénaire, envisageait de développer une structure éditoriale embryonnaire. Grand admirateur de sa principale série Alix (bien qu’en très sérieux déclin depuis une quinzaine d’années), je songeais avec enthousiasme à la possibilité d’intégrer son équipe, jusqu’au moment où celui-ci devait tardivement se raviser. A mon grand désappointement, pour des motifs divers, Jacques Martin abandonnait ses projets d’autonomie éditoriale. Je demeurais donc dans l’expectative, m’interrogeant sur la suite à donner à mes aspirations professionnelles, ne pouvant renoncer à la Bande Dessinée et de facto condamner mon rêve napoléonien. C’est alors qu’en me rendant aux Invalides, j’apercevais dans sa boutique deux ouvrages sortis simultanément sur le Prince Impérial. Après avoir pris connaissance de chacun d’eux, j’entrais en contact avec Monsieur Jean-Claude Lachnitt, auteur de la plus érudite de ces biographies de Napoléon IV, et l’un des gardiens du temple napoléonien. Son accueil aimable et courtois m’encourageait à poursuivre, si bien que je me décidais à « franchir le Rubicon » et commençais à étudier plus sérieusement la faisabilité du projet.

Je crois en effet qu’il est grand temps de ranimer la flamme sur le plan artistique tant notre époque fait pale figure face au XIXme siècle, où les plus grands artistes se sont tous dépassés dans leurs disciplines respectives, se nourrissant et alimentant dans un « cercle vertueux » la légende napoléonienne. Et pour ce faire quoi de mieux que d’exploiter ce puissant vecteur de communication qu’est le Neuvième Art ? Il présente l’avantage sur le Cinéma d’être beaucoup moins coûteux, tout en touchant lui aussi un large public, plus lentement certes, mais bien plus en profondeur et sur la longueur. Napoléon affirmait que l’on ne fait rien qu’en remuant les masses. Si aujourd’hui encore son nom jouit d’une notoriété sans égale, elle n’en demeure pas moins que très superficielle. Qui connaît vraiment l’homme, son parcours hors du commun, et même simplement les deux dates principales qui résument sa courte et dense existence ? Peu de gens en fait. Napoléon se réduit pour beaucoup d’individus aux clichés du bicorne et de la main glissée à l’intérieur de sa redingote. C’est pourquoi il faut s’adresser aux profanes à travers la Bande Dessinée, forme d’expression artistique moderne et pertinente pour vulgariser sa vie. C’est un outil pédagogique et didactique d’une remarquable efficacité.

LA RECHERCHE DU DESSINATEUR OU LA QUÊTE D’UN GRAAL ARTISTIQUE

Dès l’instant où je me suis décidé à initier le projet, je savais que le point d’achoppement principal se situerait au niveau du dessinateur. Compte tenu des contraintes artistiques imposées (à contre courant des tendances actuelles), je ne m’attendais pas à trouver facilement et rapidement le bon dessinateur. Aussi déroutant que cela puisse paraître à première vue, j’excluais la piste de la Bande Dessinée, ne voyant pas dans la production contemporaine de profils jacobsiens ou martiniens (de valeurs du moins), les dessinateurs les plus doués explorant à mon regret des voies sans rapport avec le style exigé.

C’est ainsi que j’orientais mes recherches vers les Ecoles d’Art parisiennes… Où le bilan s’y est avéré catastrophique. De 1998 à 2000, j’ai promené mon bâton de pèlerin dans toutes les écoles susceptibles d’avoir pu former la « perle rare ». J’entrais en relations avec une quarantaine d’étudiants, anciens élèves et professeurs de dessins des établissements les plus réputés (ESAG, Gobelins, Estienne, Olivier de Serres, Arts Déco, etc…), sans pour autant parvenir à mettre la main sur un artiste possédant tout à la fois les bases techniques du dessin classique, comme les qualités de rigueur et d’abnégation pour jouer dans la cour des Grands de la « Haute Epoque » du Journal Tintin. Issus de l’ENSAD, j’ai bien vu les travaux de deux surdoués. Le premier était l’auteur de quatre planches d’un Blake et Mortimer inédit (et atomisant tous les profanateurs de l’oeuvre jacobsienne depuis 1987), mais s’avérait proprement incapable de mener à bien un album complet. Le second, tout aussi prodige n’avait pas quant à lui la sensibilité et le goût pour le programme néo-classique que je lui proposais, même s’il en avait indubitablement les capacités techniques et artistiques. Je devais par la suite faire sans conviction les écoles préparatoires avec le même résultat. Au total, en trois ans de prospections sur Paris, je devais écumer en vain toutes les écoles ou presque, sans détecter l’ébauche de la réincarnation d’un Philippoteaux, d’un Paul Delaroche ou d’un François Gérard.

Je multipliais alors mes champs d’explorations, dirigeant mes nouvelles recherches quasi simultanément dans plusieurs directions :

Le milieu de la BD, négligé sciemment dans un premier temps en raison de la ligne artistique bien précise, en total décalage avec la production actuelle, piste qui comme prévu ne débouchait pas sur des résultats très probants,
Des écoles de Province (Arts Décoratifs de Strasbourg, Emile Cohl à Lyon, Brassart à Tours), où j’y ai rencontré des personnages intéressants, mais pas l’ultime pièce manquant à mon puzzle,
La Pologne, d’où après trois séjours à Cracovie, Varsovie, et Poznan en 2000, je suis revenu tout aussi sec,
Enfin, les catalogues de non-fiction de Bologne de ces dernières années, suivant en cela les conseils de Monsieur Xavier Pangaud, coordinateur en illustrations de l’ENSAD de Paris. Cette suggestion s’est révélée salutaire puisque c’est dans l’un de ces ouvrages que j’ai découvert la piste florentine, solutionnant ma complexe équation artistique.
C’est donc après bien des pérégrinations que j’ai levé le dernier obstacle. Seule manquait la « pierre angulaire », soit le ou les artistes dignes de succéder à David, Stendhal, ou Canova. Je peux désormais affirmer disposer de l’équipe parfaite pour mettre en oeuvre ma grande fresque biographique sur Napoléon, et ceci dans le respect absolu de mes idéaux néo-classiques.

DÉFINITION ET PRÉSENTATION DU PROGRAMME ÉDITORIAL

FOND ET FORME D’UN PROJET ARTISTIQUE ET PÉDAGOGIQUE

Ligne Artistique et Contenu Historique

Ce projet ne peut se concevoir qu’en respectant une ligne artistique précise et préalablement définie. Depuis l’après-guerre, plusieurs générations de lecteurs ont été marquées par les immortels dessinateurs de l’Ecole de Bruxelles. Et c’est tout à la fois leur style réaliste et classique, ainsi que l’esprit méticuleux et perfectionniste caractérisant ces auteurs, qui doivent aujourd’hui inspirer la réalisation de l’épopée napoléonienne en Bandes Dessinées. Je suis intimement convaincu que c’est la seule option artistique susceptible de donner pleine satisfaction à moyen comme à long terme. En effet :

Le dessin classique et académique apparaît naturellement comme le plus judicieux pour le genre historique et l’est d’autant plus qu’il s’agit de reconstituer les XVIIIème et XIXème siècles, ceux des génies de la peinture néo-classique.
Le dessin classique est intemporel et universel. Fédérateur, il s’inscrit par delà les modes sur la durée, est accessible à tous, et par conséquent en totale adéquation avec le plus grand héros des temps modernes.
Enfin, tout à la fois romantique et classique, Napoléon ne peut être transposé en Bandes Dessinées avec justesse que sous les crayons de disciples de Ingres ou David.
Mon souhait est de toucher le plus grand nombre (de 7 à 77 ans pour reprendre le slogan du Journal Tintin), soit aussi bien de jeunes enfants et adolescents ignorant tout de la vie de l’Empereur que les napoléoniens les plus savants, cela impliquant deux degrés de lecture. Et tout sera fait en ce sens, avec une approche historique extrêmement rigoureuse, s’appuyant en particulier sur les travaux d’authentiques historiens érudits et passionnés tels Dorothy Carrington, Arthur Chuquet, Jean-Baptiste Marcaggi, ou Frédéric Masson. Mais, il faut surtout être en mesure de fournir aux dessinateurs des supports iconographiques exploitables. Ils sont indispensables en vue de reproduire de façon crédible l’environnement dans lequel Napoléon a pu évoluer. Cette reconstitution historique impose donc des recherches personnelles conséquentes sur les lieux où se sont déroulés les évènements pour y photographier, filmer, et croquer les décors. Il en est de même pour les costumes, l’architecture ou le mobilier. Enfin, il faut insister sur l’aspect biographique du concept. Il s’agit bien de suivre Napoléon tel un personnage de fiction, tant sa destinée surclasse celles des plus grands héros issus d’oeuvres purement imaginaires.

Première Étape : Une Trilogie sur sa Jeunesse

Outre la ligne artistique incontournable, il faut savoir que j’envisage de traiter la Jeunesse de Buonaparte en trois volumes de plus ou moins 60 planches chacun (dont 6 à 8 illustrations). Cela répond à la fois au standing artistique ambitionné, mais aussi aux impératifs de ce premier cycle qui couvre les 26 premières années de la vie de Napoléon. Le premier tome commencera par un flash-back à Rome en 1821, pour revenir en Corse en 1768, avant de se conclure en août 1789 au terme de son premier séjour à Auxonne. Le deuxième reprendra le récit en Corse au début son troisième séjour pour s’achever quant à lui par la rupture avec les paolistes fin mai 1793. Le troisième tome relatera ensuite ses errances dans la tourmente révolutionnaire de la prise de Toulon jusqu’à sa réelle éclosion suite à Vendémiaire et sa rencontre avec Joséphine de Beauharnais. Au total, chaque ouvrage comprendra plus de 500 dessins (9 à 10 vignettes par planche en moyenne), soit autant de petits tableaux pour retracer les années initiatiques du jeune Buonaparte. Le « packaging » des albums s’alignera sur le modèle de la collection Blake et Mortimer pour des raisons d’images, afin que la filiation artistique revendiquée soit clairement identifiable par les lecteurs. En plus de cela, je veux réaliser un tirage de tête qui présentera la Bande Dessinée et son « making of » (croquis, photos, textes, etc…) destiné en priorité aux napoléoniens et aux collectionneurs de Bandes Dessinées avertis.

LES INTERVENANTS

La Structure Éditoriale

Souhaitant conserver le contrôle absolu de mon projet, j’ai opté pour la création de ma propre maison d’édition dont la dénomination est Le Rubicon Editeur. Celle-ci aura pour objet de publier l’intégralité de l’épopée napoléonienne, et élargira progressivement son domaine d’activité à la fiction.

Les Collaborateurs

N’étant pas plus historien que scénariste de formation, et n’ayant pas de réelles prétentions en la matière à terme, j’ai tout de même tenu à écrire seul les récitatifs et dialogues du premier album, ceci dans l’unique but d’affirmer mes partis pris artistiques et littéraires. J’ai toutefois estimé nécessaire de m’adjoindre dès à présent le concours de Monsieur Bernard Chevallier, Directeur des Châteaux de Malmaison et Bois Préau, qui me fait l’honneur de superviser mon travail sur le plan historique. J’envisage de me faire seconder ultérieurement par un assistant pour les aspects touchant au scénario et à la documentation.

Mais comme je l’ai déjà spécifié, c’est le choix du ou des dessinateurs qui m’a bloqué dans l’avancement du projet. Dubitatif et insatisfait aux vues des dossiers insipides ou médiocres qui m’étaient soumis en matière de dessin, il m’a fallu tout ajourner pendant près de cinq ans. Et c’est après de très longues prospections en France, Belgique, Pologne, et Italie, que j’ai pu dénicher les puissants coups de crayons dignes d’interpréter « Le plus puissant souffle de vie que jamais argile humaine anima » (Chateaubriand). Cet épineux problème n’est donc résolu que depuis mes récents séjours en Toscane. Le dessin sera donc confié à un studio d’illustrateurs extrêmement talentueux, professionnels expérimentés et spécialisés dans la reconstitution historique. Leur exceptionnel savoir-faire comme leur approche du dessin satisfont à l’exigence d’excellence pour servir au mieux la mythologie napoléonienne. Ainsi, je vais devoir m’installer partiellement à Florence pour coordonner et suivre au plus près la réalisation de l’album, et ceci dès que j’aurai rassemblé les budgets. Je désire en effet écourter au plus vite la période de travail à distance, génératrice de quiproquos et malentendus relativement dommageables sur le plan créatif.

Les Partenaires

Outre l’équipe artistique constituée, je dois recourir à divers partenaires dans le cadre des recherches documentaires. Compte tenu de la complexité de l’entreprise, elle ne serait réalisable sans les appuis ponctuels d’individus ou structures détenant des éléments propres à nous aider dans notre travail de reconstitution. Depuis plus de cinq ans que je m’investis sur ce projet, j’ai été très agréablement surpris par les accueils toujours bienveillants des historiens, conservateurs, historiens, bibliothécaires, ou délégués et adhérents du Souvenir Napoléonien sollicités. Je me suis aussi familiarisé avec quelques bibliothèques (Marmottan, Thiers, Forney, Galliera), m’étant par ailleurs rendu à Rome, Ajaccio, Corte, Autun, Brienne, Auxonne, ou Valence, où j’ai noué de nombreux contacts. Ces relais locaux me sont très précieux dans ma quête d’informations concernant les lieux de la jeunesse de Napoléon et la documentation que l’on peut encore s’y procurer.

En plus de ces soutiens techniques m’accompagnant tout au long du processus de création, l’intervention de mécènes m’est indispensable pour amorcer dans les meilleures conditions matérielles cette vaste création artistique. En plus de la Fondation Napoléon, partenaire incontournable qui m’a très tôt assuré son concours, je devais bénéficier du soutien du Ministère de la Culture, et a priori de la Collectivité Territoriale de Corse pour compléter mon budget, et escomptais encore un ou deux partenaires pour boucler confortablement le financement. L’engagement de ces mécènes auraient dû me permettre de réaliser d’emblée un album de Bandes Dessinées « très haut de gamme », à la hauteur de mes aspirations et ambitions artistiques. Les défaillances des institutionnels ont finalement bloqué l’avancement du projet, jouant un rôle plus que négatif.

LES OBJECTIFS

Le Moyen Terme

Cela prendra près de trois ans pour dessiner les quelques 180 planches décrivant le parcours si laborieux et tellement instructif du jeune Buonaparte l’amenant à l’aube de sa foudroyante entrée sur le théâtre de l’Histoire. Je souhaite donner au premier album une exposition la plus large dans les 12 à 18 mois consécutifs à sa parution. Dans un premier temps, il s’agira de communiquer sur l’ouvrage via Internet, les réseaux associatifs napoléoniens, la presse écrite, voire si possible l’arme absolue qu’est la télévision, bénéficiant là encore du soutien de la Fondation Napoléon (Site Internet, réseaux). La souscription sera employée pour commercialiser le tirage de tête, alors que l’album sera lui vendu sur les nombreux salons de Bandes Dessinées, par Internet, dans les boutiques des RMN, mais aussi celles des monuments historiques napoléoniens, ainsi que quelques premières librairies tests (dans le domaine de l’Histoire et de la BD). Si la réussite commerciale se confirme, une autre étape sera franchie lors de la sortie du deuxième volume. Les deux titres seront progressivement présents dans toutes les librairies spécialisés ainsi que les linéaires des grandes surfaces. J’aimerais aussi qu’ils pénètrent rapidement les bibliothèques scolaires. Je suis persuadé que le succès se dessinera assez vite. Toutefois je procéderai avec prudence, engrangeant avec le premier titre un maximum de données, que je disséquerai et recouperai par la suite avec d’autres informations pour aborder au mieux l’écueil de la diffusion/distribution et la délicate gestion des retours. La reconstitution de l’intégralité de sa biographie prendra de nombreuses années, puisque l’ensemble de la série devrait comprendre près de 25 volumes.

Le Long Terme

Si le décollage s’effectue convenablement, j’envisagerai parallèlement à la série sur Napoléon 1er, la réalisation de « one shots » ou doubles albums sur chacun des aiglons, et à plus longue échéance lancer la série consacrée à Napoléon III. Car je le répète l’objectif est bien de mettre en oeuvre l’ensemble de l’épopée napoléonienne, de la Maison Bonaparte au sinistre épilogue sud-africain. La Quatrième Dynastie incarne formidablement ce XIXème siècle, tant les Napoléons ont en commun d’être des personnages romanesques et romantiques. C’est un programme ambitieux que de réaliser leurs biographies en Bandes Dessinées. Il demandera quelques vingt années, disposant pour ce faire d’un studio d’artistes-artisans avec lequel je privilégierai la qualité sur la quantité. L’impact artistique n’en sera que plus fort et durable.

Il est fort probable que ma structure éditoriale se consacre par la suite à la réédition d’ouvrages historiques épuisés, prolongements indispensables aux albums de Bandes Dessinées pour des lecteurs désireux d’approfondir leurs connaissances de telle ou telle période de la vie de Napoléon.

Enfin, au delà de ces projets de reconstitutions historiques, j’aspire aussi à relancer un courant de fiction réaliste classique ou néo-classique, reprenant le flambeau éteint de l’École de Bruxelles.