mars 9, 2008

BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – L’EMPEREUR NAPOLEON Ier

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Napoléon Ier (1769-1821), empereur des Français (1804-1815)

Le nom de roi est usé car il apporte avec lui de vieilles conceptions et ferait de moi un héritier ; je ne veux descendre ni dépendre de personne. Le titre d’empereur est plus grand, il est un peu inexplicable et impressionne les imaginations.

(Napoléon Bonaparte)

L’inauguration du nouveau règne fut marquée par le procès du général Moreau, dont Bonaparte était bassement envieux, et dont la complicité dans le complot de Cadoudal et de Pichegru n’était nullement prouvée. Ce procès passionna singulièrement l’opinion publique. L’illustre vainqueur de Hohenlinden fut condamné à deux ans de prison par des juges qui eussent voulu l’acquitter et à qui le pouvoir avait imposé de prononcer une condamnation. Napoléon, qui attendait, qui voulait la peine capitale, fut exaspéré de cet arrêt ; toutefois, il consentit à commuer la peine en un exil perpétuel, qui le débarrassait pour toujours de celui que l’opinion lui donnait pour rival. Quant aux condamnés royalistes, onze furent exécutés avec Georges (26 juin 1804). L’Empereur, toujours favorable à la noblesse, ne fit grâce qu’aux Polignac et à quelques autres gentilshommes. Constamment préoccupé de frapper les imaginations par des scènes théâtrales, Napoléon avait imaginé de se faire sacrer par le pape et à Paris même, chose sans exemple jusqu’alors. Cambacérès et le cardinal Caprara furent employés à cette négociation, qui fut conduite, en quelque sorte, militairement, en ce sens qu’on fit comprendre à Rome qu’on n’accepterait aucune réponse évasive ou dilatoire. Dès l’époque du concordat, La Fayette avait prévu que Bonaparte ne rétablissait officiellement le culte que « pour se faire casser la petite fiole sur la tête » ; ce furent ses propres expressions au premier consul lui-même. Pie VII, qui voulait recouvrer les Légations, même Avignon et Carpentras, se fit longtemps prier, leurré de promesses vagues et fausses, dominé d’ailleurs par l’ascendant de la France en Italie, dupe de ses convoitises aussi bien que des ruses de Bonaparte, il finit par céder et par promettre de procéder en personne à celte cérémonie d’un autre âge. Napoléon était loin, d’ailleurs, de songer à restituer les Légations au saint-siège, car il en comptait faire une des provinces du royaume italien qu’en ce moment même il entreprenait de substituer à la république Cisalpine (dont il s’était fait donner la présidence), et par les mêmes manœuvres qui l’avaient mis en possession de la couronne impériale, c’est-à-dire en imposant à la consulte de Milan et aux fonctionnaires des manifestations et des vœux dans le sens de ses propres convoitises. Au milieu de ces préoccupations ambitieuses et pendant qu’il faisait ainsi la chasse aux couronnes, il n’oubliait pas d’exploiter à l’occasion les souvenirs des plus beaux temps de la liberté dans l’intérêt de son pouvoir et de sa personne. En 1802, il avait institué l’ordre de la Légion d’honneur. Le 14 juillet 1804, il fit coïncider l’inauguration de son ordre avec l’anniversaire de la prise de la Bastille et de la grande Fédération de 1790, pinçant avec apparat, mais sans aucune sincérité, sa nouvelle institution sous le patronage des principes révolutionnaires. Il y eut grande solennité dans l’église des Invalides ; le cardinal-archevêque de Paris officiait en l’honneur de la mémorable journée, au milieu de l’éclatante réunion du clergé, de tous les grands dignitaires civils et militaires, etc. Le grand chancelier (Lacépède) prononça un discours éloquent pour rappeler les souvenirs du 14 juillet. Enfin, pour compléter la comédie, Napoléon récita une harangue pour inviter les légionnaires à prêter le serment prescrit à la liberté, à l’égalité, à la résistance au rétablissement du régime féodal, enfin, au maintien de l’Empire, des lois de la République et des propriétés nationales. Puis il commença sa distribution de croix en détachant de son cou le grand cordon pour le donner fastueusenfent au représentant du pape, au vieux cardinal Caprara, car il ne perdait pas de vue l’affaire du sacre. Ce fut le dernier anniversaire officiel de la Fédération, et cette cérémonie ne fut qu’une représentation menteuse et sans dignité. En cette décadence de la nation, les beaux souvenirs de la liberté, qui vivaient encore en toute leur pureté dans quelques âmes flères et stoïques, ne servaient plus officiellement qu’à être exploités par le charlatanisme et l’ambition de ceux qui se partageaient les dépouilles de la République et de la Révolution. Cependant, l’Empereur n’oubliait pas les conceptions du premier consul. Au premier rang figurait le projet d’invasion contre l’Angleterre. La politique folle et téméraire qui avait préparé avec tant de machiavélisme la rupture du traité d’Amiens avait porté ses fruits. Il fallait se préparer à une guerre à mort contre l’Angleterre, et dont la nation ne voyait nullement la nécessité. De là d’immenses préparatifs, la formation du camp de Boulogne, la création de ressources financières, l’établissement des percepteurs des contributions et de la régie des droits réunis, la restauration des contributions indirectes, la formation de la compagnie pour l’escompte de valeurs du Trésor, les vastes travaux dans les ports et les arsenaux, toute la France, en quelque sorte, ainsi que la Belgique et la
Hollande, transformée en un grand chantier maritime, etc. Le plan de Napoléon était de créer une flottille assez forte pour jeter d’un seul coup hommes sur les côtes de l’Angleterre, et cela avec des chaloupes canonnières, des bateaux pêcheurs, des péniches, etc. Les marins les plus expérimentés, Decrès, Ganteaume, Villeneuve, ne croyaient pas ou croyaient peu à la réussite d’une telle entreprise, à la possibilité d’échapper à la flotte anglaise qui croisait dans la Manche. Mais, voyant leurs observations méprisées, ils s’étaient mis à l’œuvre, afin de diminuer, au moins, les mauvaises chances de l’expédition. Malgré l’avis des hommes compétents, Napoléon, fasciné par son idée fixé d’écraser l’Angleterre et d’arriver ainsi à la domination de l’Europe, mit toute sa volonté et son énergie à poursuivre ce projet chimérique, avec l’opiniâtreté aveugle qui lui fera plus tard entreprendre l’expédition de Russie. Après de longs et immenses préparatifs, il avait résolu de franchir le détroit au plus tard en août 1804, appuyé par la flotte de Toulon. Le 18 juillet, il partit pour visiter les camps qui menaçaient la Grande-Bretagne, Vimereux, Calais, Dunkerque, Ostende, etc. Le 16 août, il fit, au camp de Boulogne, une nouvelle distribution solennelle de croix et porta au comble le fanatisme de ses soldats. Néanmoins, il jugea prudent de remettre son expédition au moins de septembre. L’idée avait déjà subi bien des ajournements et des modifications. Quelques écrivains ont même conjecturé que ce fameux projet de descente n’était qu’une feinte pour masquer des plans de conquête sur le continent, ne pouvant admettre, quand nos ports étaient bloqués par les flottes anglaises, qu’on risquât sérieusement ainsi toutes nos forces disponibles dans une entreprise aussi aventureuse, laissant la France désarmée, exposée infailliblement aux coups des puissances européennes, submergée par l’invasion, pendant que ses armées seraient cernées par les escadres britanniques. Mais l’examen des faits ne permet pas de conserver le moindre doute ; le projet était sérieux, et rien ne montre mieux combien Napoléon, avec des facultés parfois merveilleuses dans l’action, était souvent dominé par l’imagination dans ses combinaisons grandioses et chimériques, et, malgré sa puissance de calcul, emporté par une fantaisie effrénée qui le poussait à des conceptions romanesques, où manquaient le bon sens et l’esprit pratique, et que des complaisants ont voulu trop facilement faire passer pour des combinaisons de génie. L’Angleterre était vivement agitée par ces préparatifs menaçants. Le vieil ennemi de la France, Pitt, venait de remonter au pouvoir, porté par la situation. Les deux champions allaient se retrouver face à face, l’un pour susciter des coalitions contre nous, l’autre pour essayer de les briser à coups d’épée. La mort de l’amiral Latouche-Tréville, qui devait guider la flotte de Toulon, fit reculer encore la fameuse entreprise. Au reste, il était évident, pour tous les marins capables, que, malgré des dépenses énormes, notre marine renaissante n’était pas encore capable d’entrer en ligne. Les constructions hâtives de bâtiments de toutes sortes n’avaient donné que des résultats inférieurs ; quant aux équipages, ils étaient insuffisants et laissaient fort à désirer, ayant été recrutés en partie par l’enlèvement forcé, par la presse, moyen violent et odieux, bien digne de l’homme qui avait rétabli l’esclavage aux colonies. En résumé, après avoir changé plusieurs fois ses plans et donné libre cours à son imagination déréglée, Napoléon finit par être obligé d’abandonner son projet. Dans l’intervalle, divers combats de mer étaient livrés et une nouvelle coalition se nouait silencieusement en Europe. Mais l’Empereur était alors surtout préoccupé de la représentation théâtrale de son sacre. Il avait aussi employé à cette négociation son oncle, l’abbé Fesch, qui avait abjuré la prêtrise en l’an II, était devenu commissaire des guerres, puis avait ramassé son froc dans les orties lors de l’élévation de son neveu, qui l’avait fait nommer archevêque de Lyon et cardinal. Il était alors notre ambassadeur à Rome. Personnage médiocre, vain et ambitieux, instrument du parti ultramontain, il causa plus d’un embarras et plus d’un chagrin à Napoléon. Quoi qu’il en soit, Pie VII consentit à venir en France, après bien des hésitations, mais aux frais de la France et sous la promesse de nouvelles concessions pour l’Eglise. Il apportait en échange, outre sa bénédiction, toute une cargaison de chapelets pour les dames de la cour. Le 2 décembre 1804, la cérémonie du sacre eut lieu sous les voûtes de Notre-Dame. Un détail curieux, c’est que la nuit précédente le pape avait dû donner la bénédiction nuptiale, dans la chapelle des Tuileries, à Napoléon et à Joséphine, qui n’étaient mariés que civilement. La solennité de Notre-Dame eut une pompe extraordinaire. Tout avait été préparé à l’avance et par des répétitions, comme une pièce de théâtre, avec de petites poupées de bois, sous la direction du peintre Isabey (Mémoires de Beausset, préfet du palais). David avait dessiné les costumes. Napoléon était affublé d’une défroque à la Henri IV, sous son manteau impérial et sa couronne de lauriers d’or. Il paraît qu’il bâilla tout le temps. Il était d’ailleurs fort indisposé d’avoir été contraint de se soumettre au mariage religieux, qui resserrait ses liens avec Joséphine, qu’à cette époque déjà il avait l’intention de répudier. Quant à celle-ci, elle avait les yeux rouges encore de violentes scènes domestiques. En présence de cette cérémonie éclatante et burlesque, les assistants, grands dignitaires, maréchaux, etc., avaient peine à garder leur sérieux. Quoique courtisans, ils étaient restés des hommes du XVIIIe siècle, sceptiques et philosophes, et d’après les témoignages les plus certains, notamment celui de l’archevêque de Malines, M. de Pradt, plus d’un maréchal ou autre grand dignitaire s’indignait assez haut de ces capucinades, et peu s’en fallut qu’elles ne fussent troublées par des éclats de rire. Au moment où le pape élevait la couronne en forme de tiare qu’il se préparait à poser sur le front de Napoléon, celui-ci, qui ne voulait la tenir que de lui-même , la saisit lestement (comme il l’avait annoncé), et se la plaça sur la tête. Il en fit autant pour celle destinée à l’impératrice. Cet homme étrange voulait bien imposer aux autres les symboles du passé, dans un but de discipline et d’asservissement, mais n’entendait s’y soumettre lui-même que dans la mesure de ses intérêts et de son ambition. La veille du sacre, le Sénat lui avait présenté le résultat du plébiscite qui ratifiait à une énorme majorité sa nouvelle usurpation. On avait dû voter sur des registres ouverts. Les 108 départements avaient donné 3.572.329 oui. Personne ne prit au sérieux ce vote par intimidation. D’ailleurs, Bonaparte avait déjà la puissance, le titre, la France sous ses pieds. Cette comédie électorale était un outrage de plus. Devenu l’oint du Seigneur, Napoléon fit inscrire dans le catéchisme , à la suite du 4e commandement, tes père et mère honoreras, des préceptes qui consacraient son propre culte presque à l’égal de celui de Dieu. On n’avait pas vu pareille infatuation depuis l’apothéose des Césars. Il se sentait alors, et il était en effet, maître absolu de la grande nation. Les prétendues institutions dont il était entouré, Sénat, Corps législatif, sans une ombre d’indépendance et de pouvoir, n’avaient d’autre objet que de servir d’instrument et de masque à son despotisme, assez semblable à celui des tsars de Russie, et incontestablement plus absolu que celui des anciens rois de France. Quant à la presse, elle était asservie comme elle ne le fut jamais. Outre qu’il avait supprimé tous les journaux qui lui déplaisaient ou qu’il en avait confisqué la propriété pour la donner à ses créatures, il ne pouvait supporter même les articles les plus innocents, et les malheureux publicistes, ceux mêmes qu’il avait choisis parmi les plus bas valets de la presse, ne pouvaient écrire dix lignes qui ne lui portassent ombrage, et ils en étaient arrivés à ne plus pouvoir parler qu’en tremblant de la pluie et du beau temps. Ils ne pouvaient même s’abstenir ; car le maître les accusait alors de ne pas soutenir l’opinion, c’est-à-dire de ne pas mentir, de n’être pas dignes d’écrire sous son règne, et il les faisait menacer par Fouché. Jamais la pensée n’avait été traitée avec cette brutalité, même sous l’ancien régime, et il en fut ainsi pendant tout ce règne néfaste. Cette servitude explique assez la stérilité intellectuelle de l’époque impériale. Toutes les intelligences étaient refoulées, éteintes par le despotisme, toutes les forces vives de la nation n’avaient d’autre emploi que la guerre. Le système ramenait directement à la barbarie. Le 1er janvier 1805, Napoléon, ayant tout fait pour rendre la guerre générale inévitable, écrivit une lettre d’apparat au roi d’Angleterre pour l’inviter à la paix, démonstration menteuse, comme la plupart de ses actes publics, car il n’avait renoncé à aucune de ses prétentions a la domination, de l’Europe, Il en donna bientôt la preuve en se faisant proclamer roi d’Italie et solennellement couronner à Milan (26 mai), en réunissant Gênes à l’Empire ; en érigeant Lucques et Piombino en principauté pour Bacciochi, l’époux de sa sœur Elisa, en créant en Hollande un grand pensionnaire, en plaçant Rome et Naples sous sa dépendance morale, en réduisant l’Espagne a une sorte de vassalité, en inquiétant enfin toute l’Europe par ses intrigues et ses projets de domination. La troisième coalition, justifiée par tant d’entreprises, se révélait par ses armements qui répondaient à ceux de la France, et, le 8 avril, un traité est signé à Saint-Pétersbourg entre l’Angleterre et la Russie, auquel allaient bientôt adhérer l’Autriche, la Suède, Naples et la Sardaigne. Les peuples allaient de nouveau s’entr’égorger pour le caprice de leurs souverains, et surtout pour l’insatiable ambition d’un seul homme.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Suite -> Le Souverain

Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse

http://www.lerubicon.com

2 commentaires »

  1. Claude GARRIER said,

    Manque le nombre d’hommes que Napoléon voulait « jeter » sur les côtes anglaises.

  2. peperoux said,

    un peu trop long


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