juillet 9, 2008

LE PAPE PIE VII (1742-1823)

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Il est esclave de ses devoirs.

(Napoléon Bonaparte)

PIE VII (Grégoire-Barnabe CHIARAMONTI), pape, successeur immédiat du précédent, né à Césène en 1742, mort à Rome en 1823. Il était fils du comte Scipion Chiaramonti. Dès l’âge de seize ans, il prit l’habit de bénédictin dans sa ville natale, puis fit ses études théologiques qu’il termina à Rome. Il professait depuis neuf ans la théologie dogmatique dans cette ville, lorsque Pie VI, son parent, le nomma abbé, puis successivement évêque de Tivoli (1782), d’imola et cardinal (1785). Pendant quinze ans, Chiaramonti gouverna avec sagesse son diocèse. En 1798, lorsque Imola fut détaché des Etats pontificaux et annexé à la république Cisalpine, son évèque fit paraître une homélie dans laquelle il déclara que la religion chrétienne n’est incompatible avec aucune forme de gouvernement, et s’attira par là l’estime des vainqueurs et la reconnaissance de son diocèse, auquel il épargna beaucoup de malheurs. Après la mort de Pie VI, il fut élu pape en 1800 par le conclave ouvert à Venise. Il revint à Rome, occupée alors par les troupes de Naples et de l’Autriche, prit pour secrétaire d’Etat le cardinal Consalvi, à qui il devait en partie son élévation, s’attacha à rétablir l’ordre dans les finances et donna de sages règlements sur l’administration civile et l’organisation judiciaire. Après la victoire de Marengo, qui rétablissait l’influence française en Italie, le premier consul Bonaparte ayant fait des ouvertures au cardinal Martiniana sur son intention de rétablir en France la religion catholique, Pie VII accrédita aussitôt auprès de lui Spina, archevêque de Corinthe. C’est alors que furent jetées les bases du concordat et, malgré les intrigues du chevalier Acton, ministre du roi de Naples, le cardinal Consalvi fut chargé d’aller à Paris pour terminer cette importante négociation (1801). Quelques personnes en jetèrent les hauts cris. Le pape ne ratifia pas moins le concordat par une bulle du 14 août 1801, nomma cinq cardinaux français, écrivit aux titulaires des évêchés français de se démettre de leurs sièges, envoya comme légat a latere le cardinal Caprara chargé de rétablir le culte en France, et obtint, par ordre du premier consul, la restitution de Bénévent et de Ponte-Corvo. Toutefois, une longue série de mécontentements et de démêlés ne tarda point à naître de l’exécution ou de l’interprétation du concordat, et, dès le 18 avril 1802, jour de la publication officielle de ce traité, Bonaparte promulgua la loi du 18 germinal an X, connue sous le nom d’Articles organiques, laquelle atténue en plusieurs points la portée du concordat, et que ni Pie VII ni ses successeurs n’ont voulu reconnaître. Lorsqu’on 1804 Bonaparte fut devenu empereur, il chargea son oncle, le cardinal Fesch, d’engager le saint-père à venir le sacrer. Pie VII ne se dissimulait pas qu’en accédant à cette demande il allait s’attirer l’animadversion de toutes les têtes couronnées ; mais il se flattait qu’il y trouverait l’occasion d’obtenir ce qu’il demandait dans l’intérêt de l’Eglise. II céda donc aux désirs du nouveau César, donna à Consalvi tout pouvoir pour gouverner pendant son absence, arriva à Paris le 28 novembre et, le 2 décembre, il sacra Napoléon comme empereur sous les voûtes de Notre-Dame (1804). Mais la mésintelligence ne tarda pas à éclater entre les deux puissants souverains. En 1806, Napoléon exigea du pape le renvoi des Anglais, Russes, Suédois et Sardes des Etats de l’Eglise, et, sur le refus de Pie VII, il s’empara de Bénévent et de Ponte-Corvo, fit occuper militairement Rome en 1808, annexa au royaume d’Italie les légations d’Urbin, d’Ancône, de Macerata, de Camerino, et enfin réunit (1809) tous les Etats pontificaux à l’Empire français. Pie VII répondit par une bulle d’excommunication qui lui attira de nouvelles rigueurs. Lorsque, avant d’en venir contre le pape aux dernières extrémités, Napoléon voulut tenter sur lui un dernier effort, l’officier chargé de ses propositions força le passage et pénétra insolemment jusqu’au saint-père. Il soupait ; deux plats de poisson composaient tout le service. Après l’avoir écouté, le pape ne lui répondit que par ces mots : « Monsieur, un souverain qui n’a besoin pour vivre que d’un êcu par jour n’est pas un homme qu’on intimide aisément. » Sur son refus formel de renoncer à la souveraineté temporelle des Etats de l’Eglise, le général Radel l’enleva du Quirinal avec le cardinal Pacca, le fit monter dans un carrosse escorté par des gendarmes et le conduisit prisonnier à la chartreuse de Florence, puis à Alexandrie et à Grenoble. Amené ensuite à Savone, le pape y fut gardé comme un véritable prisonnier d’Etat. Il refusa de toucher les 2 millions de revenu que lui assurait le décret par lequel Rome était annexée à l’Empire, protesta de nouveau contre la conduite de Napoléon et refusa constamment de donner l’institution canonique aux évéques nommés par lui. Sur ces entrefaites, l’Empereur, ayant appelé à Paris treize cardinaux pour assister a son mariage avec Marie-Louise et ayant éprouvé un refus, signa l’ordre de leur exil et leur assigna des résidences séparées. Profondément irrite de ne rien obtenir du pape pour les affaires ecclésiastiques, il résolut de se passer de lui en convoquant à Paris un concile national (1811), interdit à Pie VII de communiquer avec les évéques de l’Empire, le menaça d’une déposition et lui envoya à Savone, pour lui arracher une adhésion aux actes de ce concile, une députation d’évéques, qu’il reçut avec une grande sévérité et qui ne put rien obtenir de lui. En 1812, avant de partir pour sa funeste campagne de Russie, Napoléon lit transférer Pie VII à Fontainebleau. C’est là que, vaincu par l’opiniâtreté de l’Empereur et par l’obsession de certains cardinaux, le malheureux pontife consentit à signer, le 25 janvier 1813, un nouveau concordat, par lequel il abdiquait sa souveraineté temporelle, une partie de son autorité spirituelle, et consentait à venir résider en France. Toutefois, à l’instigation de Consalvi et de Pacca, il se rétracta peu de temps après et fut de nouveau traité en prisonnier d’Etat. Au commencement de 1814, Napoléon lui permit cependant de rentrer à Rome. Chassé un instant pendant les Cent-Jours, il y retourna définitivement lors de la chute de son puissant ennemi. Le rétablissement des jésuites, un nouveau concordat signe avec la France des efforts pour rétablir l’ordre dans les Eglises catholiques d’Allemagne, de Suisse, de Hollande et d’Angleterre furent les évenements les plus considérables de ses dernières années. Il mourut en 1823, à l’âge de quatre-vingt-un ans, à la suite d’une chute dans laquelle il s’était fracturé le col du fémur. Ce pontife bon, sobre, pieux s’était fait aimer des Romains par la douceur de son gouvernement et s’était concilié la sympathie générale par la fermeté qu’il montra dans sa lutte contre son formidable adversaire. On a de beaux portraits de lui par Louis David et Lawrence, et Thorvvaldsen a exécuté à Rome son cénotaphe surmonté des statues de la Modération et de la force.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Pie VII sur wikipedia

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mars 22, 2008

TRAITE DE FONTAINEBLEAU (11 AVRIL 1814)

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Napoléon abdiquant à Fontainebleau en 1814

Je vivrai puisque la mort ne veut pas plus de moi dans mon lit que sur le champ de bataille. Il y aura aussi du courage à supporter la vie après de tels événements.

Ce n’est pas à moi que les puissances font la guerre. C’est à la Révolution. Elles n’ont jamais vu en moi que le le réprésentant, l’homme de la Révolution.

(Napoléon Bonaparte)

TRAITÉ DE FONTAINEBLEAU, par lequel fut réglée, après les événements de 1814 et la double abdication de Napoléon, sa situation, ainsi que celle de sa famille. Caulaincourt, les maréchaux Ney et Macdonald négocièrent cet acte, de la part de l’empereur déchu, avec les souverains alliés. C’était un dernier témoignage de déférence que ceux-ci accordaient l’homme qui les avait fait trembler si longtemps. L’orgueil de Napoléon s’en irrita. « A quoi bon un traité, écrivait-il à Caulaincourt, puisqu’on ne veut pas régler avec moi les intérêts de la France ? Du moment qu’il ne s’agit plus que de ma personne, il ny a pas de traité à faire. Je suis un vaincu. Un simple cartel suffît pour garantir ma liberté. » Puis il envoya le colonel Gourgaud à Paris pour y réclamer son acte d’abdication. « Je ne veux pas de traité pour moi seul, répétait-il à Caulaincourt ; je ne signerai pas ma honte. » On comprend, en effet, que Napoléon ait appréhendé l’impression qu’un acte de cette nature, uniquement consacré à satisfaire des intérêts d’argent, pouvait produire sur l’opinion. « Il avait honte, dit le baron Fain, qu’un si grand sacrifice offert à la paix du monde fût mêlé à des arrangements pécuniaires. » (Manuscrit de 1814). Toutefois, il était trop tard pour revenir sur son abdication, et Gourgaud fit à Paris un voyage inutile. Le 11 avril, le traité fut signé à Paris et il fut apporté le lendemain à Fontainebleau par Caulaincourt. Napoléon ne le ratifia que le 13 avril au matin, après avoir tenté de s’empoisonner la nuit précédente. Voici quelles étaient les principales clauses de ce traité octroyé à celui qui avait été le maître du monde, clauses dont la plupart restèrent inexécutées. On remarquera que les souverains alliés, par un honorable sentiment de délicatesse, conservaient à Napoléon et à Marie-Louise leurs titres d’empereur et d’impératrice ; le gouvernement anglais seul se tint dans la réservé à cet égard, conséquent en cela avec sa conduite politique : Article 1er. S. M. l’empereur Napoléon renonce, pour lui et ses successeurs et descendants, ainsi que pour chacun des membres de sa famille, à tout droit de souveraineté et de domination, tant sur l’empire français et le royaume d’Italie que sur tout autre pays. Art. 2. LL. MM. l’empereur Napoléon et l’impératrice Marie-Louise conserveront ces titres et qualités pour en jouir leur vie durant. La mère, frères, sœurs, neveux et nièces de l’Empereur conserveront également, partout où ils se trouveront, les titres de princes de sa famille. Art. 3. L’île d’Elbe, adoptée par S. M. l’empereur Napoléon pour le lieu de son séjour, formera, sa vie durant, une principauté séparée, qui’ sera possédée par lui en toute souveraineté et propriété. Il sera donné, en outre, en toute propriété à l’empereur Napoléon un revenu annuel de 2 millions de francs en rentes sur le grand-livre de France, dont 1 million réversible à l’impératrice. (Le gouvernement de la Restauration refusa de payer ces 2 millions, dont l’empereur n’a jamais rien touché). Art 5. Les duchés de Parme, de Plaisance et de Guastalla seront donnés en toute propriété et souveraineté à S. M. l’impératrice Marie-Louise. Ils passeront à son fils et à sa descendance en ligne directe ; le prince son fils prendra, dès ce moment, le titre de prince de Parme, de Plaisance et de Guastalla. Art. 6. Il sera réservé, dans les pays auxquels Napoléon renonce pour lui et sa famille, des domaines, ou donné des rentes sur le grand-livre de France, produisant un revenu annuel net, et déduction faite de toutes charges, de 2.500.000 francs. Ces domaines ou rentes appartiendront en toute propriété, et pour en disposer comme bon leur semblera, aux princes et princesses de sa famille. (Suit la répartition.) Les princes et princesses de la famille de l’empereur Napoléon conserveront, en outre, tous les biens meubles et immeubles, de quelque nature que ce soit, qu’ils possèdent à titre particulier, notamment les rentes dont ils jouissent, également comme particuliers, sur le grand-livre de France ou le Monte-Napoleone de Milan. (Aucune de ces clauses n’a été exécutée.) Art: 7. Le traitement annuel de l’impératrice Joséphine sera réduit à 1 million en domaines ou en inscriptions sur le grand-livre de France. Elle continuera à jouir en toute propriété de tous ses biens meubles et immeubles particuliers et pourra en disposer conformément aux lois françaises. Art. 8. Il sera donné au prince Eugène, vice-roi d’Italie, un établissement convenable hors de France. Art. 17. S. M. l’empereur Napoléon pourra emmener avec lui et conserver pour sa garde, hommes de bonne volonté, tant officiers que sous-officiers et soldats. Art. 18. Tous les Français qui auront suivi S. M. l’empereur Napoléon et sa famille seront tenus, s’ils ne veulent pas perdre leur qualité de Français, de rentrer en France dans le terme de trois ans, à moins qu’ils ne soient compris dans les exceptions que le gouvernement français se réserve d’accorder après l’expiration de ce terme. Art. 20. Les hautes puissances alliées garantissent l’exécution de tous les articles du présent traité. Elles s’engagent à obtenir qu’ils soient adoptés et garantis par la France. » Les articles que nous avons passés sous silence ne contiennent que des stipulations de détail et d’intérêt secondaire. Le traité, daté de Paris 11 avril 1814, était signé : pour Napoléon, par Caulaincourt, duc de Vicence ; le maréchal Macdonald, duc de Tarente ; le maréchal Ney, prince de la Moskowa et pour l’Autriche, par le prince de Metternich ; pour la Russie, par le comte de Nesselrode ; pour la Prusse, par le baron de Hardenberg ; pour le gouvernement provisoire, par le prince de Bénévent, Dalberg, Jaucourt, Beurnonville, Montesquieu. L’Angleterre donna son consentement pur et simple, par l’entremise de lord Castlereagh ; enfin, le prince de Bénévent ratifia le traité le 31 mai suivant, au nom de Louis XVIII lui-même.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Traité de Fontainebleau

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