octobre 29, 2007

LOUIS DE FONTANES (1757-1821), COMTE D’EMPIRE

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Louis de Fontanes  (1757-1821), comte d’Empire

Homme d’esprit, mais petite tête… trop adulateur.

(Napoléon Bonaparte)

Fontanes (Jean-Pierre-Louis, baron de), inspecteur de manufactures, publisciste, professeur et législateur, né à Niort (Deux-Sèvres), le 6 mars 1757, de « Pierre-Marcelin Fontanes, inspecteur de manufactures, et de demoiselle Dominique-Jeanne-Baptiste-Raymonde de Sède », mort à Paris le 17 mars 1821 ; débuta comme inspecteur de manufactures à Niort et aux Andelys, s’adonna à la littérature, traduisit en vers l’Essai sur l’homme, de Pope, l’Essai sur l’astronomie et l’Epitre sur l’édit en faveur des non catholiques. Dans les premiers temps de la Révolution, il écrivit un Poème sur la Fédération de 89, se montra hostile aux actes de la Convention et resta caché jusqu’au 9 thermidor à Servan, près de Lyon. En l’an IV, il obtint la chaire de professeur de littérature à l’Ecole centrale établie à l’ancien collège des Quatre-Nations, puis entra à l’Institut comme membre de la classe de littérature et beaux-arts, mais dut se dérober de nouveau, le 18 fructidor, à l’arrestation qui le menaçait à cause de sa collaboration au journal royaliste le Mémorial, il passa alors en Angleterre et fut très bien accueilli des émigrés, revint en France après le 18 brumaire, fit sa cour à la famille Bonaparte et entra, le 14 pluviôse an X, au Corps législatif, puis devint un admirateur du Premier Consul, fut fait membre de la Légion d’honneur le 4 frimaire an XII, et membre de l’Institut réorganisé en l’an XI, vit son mandat de député renouvelé le 18 février 1807, et fut placé le 17 mars 1808, à la tête de l’Université, comme grand maître. Le 3 juin de la même année il fut créé comte de l’Empire et entra au Sénat conservateur le 5 février 1810. Il vota en 1814, la déchéance de l’Empereur et le 3 mai, jour de l’entrée de Louis XVIII à Paris, adressa au roi un discours enthousiaste ; il en fut récompensé par un siège à la Chambre des pairs, il vota contre la peine de mort du maréchal Ney. Le 31 août 1817, il fut créé Marquis ; entra à l’Académie française en 1821 et mourut la même année. Le nom de Fontanes a été donné au lycée de Niort.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Louis de Fontanes sur Wikipedia 

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août 31, 2007

NAPOLEON, LES LIEUX DU POUVOIR

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Napoléon dans son cabinet du Palais des Tuileries

Ce n’est pas tout d’être aux Tuileries. Il faut y rester.

(Napoléon Bonaparte)

Ces lieux du pouvoir ne sont pas nés en un jour par la seule volonté de Napoléon. Devenu chef de l’Etat avec le titre de Premier Consul en novembre 1799, Bonaparte fait immédiatement promulguer la constitution de l’an VIII (13 décembre 1799) qui lui affecte comme unique résidence le palais des Tuileries, baptisé pour la circonstance Palais du Gouvernement. Il n’en aura pas d’autre jusqu’à l’automne 1802. Souhaitant s’y installer le plus tôt possible, il ordonne de faire disparaître piques, faisceaux, cocardes tricolores ou bonnets phrygiens ornant les murs, disant à l’architecte qu’il ne voulait pas de « pareilles saloperies ». A ses yeux, la résidence du premier magistrat se doit de refléter la puissance de la France. Peu à peu, surtout après l’Empire, il considérera les Tuileries comme le sanctuaire de la monarchie, faisant plus pour les appartements de réception que pour sa propre habitation. Ce sera sa résidence officielle pendant les quinze années où il fut au pouvoir.

Longtemps hésitant, Bonaparte décide finalement en septembre 1801 de faire du château de Saint-Cloud sa résidence d’été, sa petite demeure personnelle de Malmaison ne suffisant plus pour l’embryon de cour consulaire qui s’installe autour de lui. Il lui faut désormais un vrai palais, car peu à peu on se donne autour de lui des allures de Versailles, surtout après l’adoption de la constitution de l’an X qui le nomme consul à vie.

Mais c’est la constitution de l’an XII (18 mai 1804) qui fixe le statut des résidences de la couronne ; l’article 14 précise dans son second alinéa que l’empereur établit « une organisation du palais impérial conforme à la dignité du trône et à la grandeur de la nation », et dans l’article 16 que « l’Empereur visite les départements : en conséquence, des palais impériaux sont établis aux quatre points de l’empire ». Outre les Tuileries et Saint-Cloud déjà affectés à son service, le nouvel empereur dispose désormais d’une liste civile comprenant les châteaux royaux de l’Ancien Régime comme Fontainebleau, Versailles et les deux Trianon, Rambouillet et Meudon. Napoléon les fera aménager au fur et à mesure de ses besoins, repoussant d’année en année le projet de s’installer à Versailles, comme si l’ombre du grand roi l’en empêchait. En fonction des circonstances politiques, Napoléon créée donc de nouveaux palais impériaux aux quatre coins de l’Empire comme à Strasbourg (1806), Bordeaux (1808), Marrac près de Bayonne (1808) ou dans les nouveaux départements français du Mont-Tonnerre à Mayence (1804) ou de la Dyle à Laeken aux portes de Bruxelles (1804). Après avoir eu le titre de Président de la République italienne, Napoléon est couronné roi d’Italie en 1805 ; la encore, il faut donc prévoir des palais dignes de le recevoir ; c’est d’abord dans la capitale, à Milan, qu’il fait embellir le Palais Royal situé aux pieds de la cathédrale ; puis la seconde ville du royaume, Venise, se voit dotée d’une résidence officielle pour laquelle on démolit une vieille église du XVIè siècle, ce que les Vénitiens ne lui pardonneront jamais. Encore de nos jours, récemment retrouvée en Amérique, la statue de l’Empereur qui se dressait place Saint-Marc a dû, après avoir été rachetée, prendre place à l’intérieur de l’ancien palais, devenu le musée Correr, afin d’échapper à la rancoeur des Vénitiens. Après la réunion des états du pape à la France en 1809, Rome devient la seconde capitale du grand empire ; il faut donc là encore un palais pour l’empereur. Ce sera le Quirinal rebaptisé pour la circonstance palais de Monte-Cavallo. Napoléon ne le verra jamais, mais il se fait aménager une somptueuse résidence meublée par de nombreux envois faits depuis Paris. On expédie même une batterie de cuisine complète qui sert aujourd’hui de décoration au restaurant des musées du Vatican… Il fait de même pour les départements italiens nouvellement intégrés, que ce soit en Toscane où, à Florence un appartement lui est réservé au palais Pitti, ou bien dans l’ancienne république de Gênes où il fait acheter le palais Durazzo, ou bien encore en Piémont où il décide de transformer le château de Stupinigi, aux portes de Turin, en un palais impérial.

Toutes ces décisions découlent d’une même volonté politique : montrer la puissance de l’Empire tant à l’intérieur de ses anciennes frontières que dans les pays nouvellement conquis, et faire de ces palais la vitrine des industries du luxe français. Toutes les résidences françaises avaient été vidées de leur contenu au moment des ventes révolutionnaires ; en à peine quatorze ans, l’empereur les fait entièrement remeubler, fort de la supériorité des productions françaises. Il fait imposer un nouveau style que mettent au point les architectes Percier et Fontaine ; on leur doit la profusion de palmettes, de foudres, de sphinx ailés, de pieds en forme de gaine ou de Victoires qu’ils empruntent au répertoire de la Rome antique. Ils suivent en cela la volonté de Napoléon qui déclarait en 1808 : « J’ai à cœur de voir les artistes français effacer la gloire d’Athènes et de l’Italie » ; pour l’empereur, ce qui est grand est beau. La cour doit être fastueuse et son train de vie doit entraîner des dépenses somptuaires qui soutiennent les industries de luxe et encouragent les arts. C’est dire combien les ébénistes, les bronziers, les soyeux, les tapissiers ou les porcelainiers sont mis à contribution pour accomplir cet extraordinaire programme.

Il s’agit bien là d’un programme politique, car pour lui-même, l’empereur conserve des goûts simples. C’est un homme d’habitudes qui exige que les appartements de toutes ses résidences soient aménagés selon la même disposition, souhaitant par exemple que sa bibliothèque soit toujours située à proximité de sa chambre à coucher. Il aime retrouver partout les mêmes meubles, placés aux mêmes endroits dans les mêmes pièces. Ses goûts simples sont connus de l’Administrateur du Garde Meuble de la Couronne qui écrit invariablement aux fournisseurs : « Simplifier les ornements : c’est pour l’Empereur ».

Plus que pour construire sa propre gloire, ces lieux du pouvoir ont été considérés par Napoléon comme une priorité politique ; il convenait d’éblouir une Europe momentanément asservie, et ce fut la une des vraies victoires de l’empereur, car pendant encore vingt ou trente après Waterloo, le style Empire restera la référence absolue en matière d’arts décoratifs des Etats-Unis à la Russie du Portugal à la Suède.¨

Pour en savoir plus : Napoléon, les lieux du pouvoir (Bernard Chevallier – Editions Artlys 2004).

© Bernard CHEVALLIER, directeur des châteaux de Malmaison et Bois Préau, du musée napoléonien de l’Île d’Aix, et de la Maison Bonaparte à Ajaccio, conservateur général du patrimoine.

août 28, 2007

LE PATRIMOINE NAPOLEONIEN

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Le Pont des Arts et le Palais de l’Institut

Je veux faire des quais de Paris des voies romaines avec, de distance en distance, les statues de tous les grands hommes d’Europe.

(Napoléon Bonaparte)

Si l’Empereur s’est toujours méfié des architectes, les quatorze années qu’ont durés le Consulat et l’Empire ont néanmoins laissé des réalisations et des projets qui ne manquent pas de grandeur. Appliquant à la lettre ce qu’il avait dit aux membres de l’Institut le 5 mars 1808 « J’ai à cœur de voir les artistes français effacer la gloire d’Athènes et de l’Italie », Napoléon jette les bases d’un Paris moderne emprunt d’Antiquité classique. Tout un chacun connaît l’arc de triomphe du Carrousel, le palais de la Bourse, l’église de la Madeleine, la façade du Palais-Bourbon, la colonne Vendôme ou la rue de Rivoli. Ce que l’on sait moins, c’est que Napoléon apporta un effort tout particulier aux constructions édilitaires et l’on oublie trop souvent de mettre à son actif les ponts d’Austerlitz, d’Iéna ou des Arts, l’aménagement des trois grands cimetières parisiens (Montmartre, Père Lachaise et Montparnasse), la construction de trois kilomètres de quais, le creusement des canaux pour amener à Paris les eaux de la rivière de l’Ourcq, ce qui détermina l’édification de quinze nouvelles fontaines dont celle de la place du Châtelet reste la plus spectaculaire.

A côté de ce Paris construit, il ne faut pas oublier le Paris projeté dont la chute de l’Empire ne permit pas l’achèvement. Si Napoléon eut le temps de voir l’arc de triomphe de l’Etoile s’élever de quelques mètres au-dessus du sol, il ne connut que les fondations du palais érigé sur la colline de Chaillot pour servir de résidence au roi de Rome, ainsi que celles du futur palais des Archives et de celui de l’Université et des Beaux-Arts.

Comment ne pas songer au rétablissement des industries de luxe, faisant à nouveau de Paris la capitale des arts décoratifs. Non seulement l’Empereur fait remeubler les anciens châteaux royaux, mais il redonne du travail aux manufactures de Sèvres, des Gobelins, de Beauvais et de la Savonnerie. Enfin, après avoir fait achever le palais du Louvre, il y ouvre le Musée Napoléon, notre actuel musée du Louvre.

On le voit, l’activité incessante de l’Empereur dans le domaine des arts a transformé radicalement notre paysage patrimonial ; axée principalement sur Paris, capitale du Grand Empire, elle a ouvert la voie aux transformations que connaîtra Paris sous le règne de Napoléon III.

 © Bernard CHEVALLIER, directeur des châteaux de Malmaison et Bois Préau, du musée napoléonien de l’Île d’Aix, et de la Maison Bonaparte à Ajaccio, conservateur général du patrimoine.