février 18, 2008

MARECHAL BRUNE (1763-1815)

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Maréchal Guillaume-Marie-Anne Brune (1763-1815), alors Capitaine-Adjoint aux adjudants généraux en 1792

Il s’est perdu dans mon esprit à cause de sa conduite avec le roi de Suède dans les affaires de Stralsund. Un maréchal de France valait un roi de Suède ! Je rends justice au maréchal Brune, il a bien fait en Hollande ; la bataille d’Alkemaar a sauvé la République d’un grand péril.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal BRUNE (Guillaume-Marie-Anne), maréchal de France, né à Brive-la-Gaillarde (Corrèze) en 1763, fils d’un avocat au présidial de cette ville. Etudiant en droit, puis journaliste, il accueillit avec enthousiasme la Révolution, fut, avec Danton, un des principaux fondateurs du club des Cordeliers, remplit une mission en Belgique, entra ensuite dans les armées, contribua à chasser les étrangers de notre territoire, fut employé dans l’intérieur et passa à l’armée d’Italie avec le grade de général de brigade. Son nom se rattache dès lors à l’histoire de la lutte formidable de la France contre l’Europe coalisée. A. Arcole, à Rivoli, pendant tout le cours de cette campagne glorieuse, il donna des preuves, multipliées de sa supériorité militaire et de sa vaillance héroïque. Après le traité de Campo-Formio, il commanda en Suisse, en Italie, puis en Hollande, où il écrasa les Anglo-Russes à Bergen et imposa au duc d’York une capitulation humiliante. En 1800, il pacifia la Vendée, soulevée de nouveau ; remplaça Masséna à la tête de l’armée d’Italie, et remporta sur les insurgés et les Autrichiens des succès qui préparèrent la conclusion de la paix. Nommé, en 1803, ambassadeur à Constantinople, puis maréchal, grand-croix, gouverneur des villes hanséatiques, il fut, en 1807, appelé à commander l’un des corps d’armée qui opéraient contre la Prusse. Il étendit ses lignes jusqu’à la Baltique, prit Stralsund, l’île de Rugen, et compléta par la soumission de la Poméranie suédoise les conquêtes de la grande armée. Un armistice ayant été demandé par le roi de Suède Gustave-Adolphe, le maréchal eut avec ce prince une conférence, dans laquelle il dut repousser des propositions peu convenables, et quoiqu’il les eût réellement repoussées, comme il le devait, Napoléon se montra fort mécontent lorsqu’il eut connaissance de tout ce qui s’était passé ; il fut surtout blessé de ce que le maréchal avait permis que, dans une convention signée avec le roi de Suède, on se fût servi des mots armée française, au lieu de armée de Sa Majesté impériale et royale. A ce sujet de mécontentement se joignit peut-être une certaine prévention fâcheuse contre Brune, qui passait, dit-on, pour avoir prêté des mains trop complaisantes aux concussions de Bourrienne ; nous ne savons si cette accusation, que quelques historiens font peser sur sa mémoire, était fondée ; mais, ce qu’il y a de certain, c’est qu’à partir de ce moment Brune perdit la faveur du maître, qui lui retira son commandement. Il reçut l’ordre d’aller présider le collège électoral du département de l’Escaut, et, après avoir rempli cette mission insignifiante, il vécut dans la retraite jusqu’en 1814. Après la première abdication de Napoléon, le maréchal, qui s’était réfugié dans sa terre de Saint-Just, envoya son adhésion au nouvel ordre de choses et Louis XVIII le gratifia de la croix de Saint-Louis. Mais pendant les Cent-Jours, Brune se rapprocha de Napoléon, qui lui confia le commandement du camp d’observation du Var. On a dit que, dans l’exercice de ce commandement, le maréchal montra une grande vigueur pour comprimer les ardeurs royalistes des populations méridionales, et que les mesures rigoureuses qu’il dut prendre lui attirèrent des haines profondes dont nous allons voir bientôt les tristes effets. A la seconde Restauration, il n’essaya point de résister ; il résilia son commandement et se mit en route pour Paris. En arrivant à Aix, il apprit qu’une troupe de furieux l’attendaient pour l’égorger, et il ne put échapper à ce premier danger que par la protection des soldats autrichiens qui occupaient la ville. Il voulut ensuite se rendre à Avignon, et quoique le maître de poste d’Aix fit tous ses efforts pour l’en détourner, il se dirigea vers cette ville, où il n’entra toutefois qu’après avoir pris un déguisement. Mais il n’en fut pas moins reconnu ; sa voiture fut assaillie par une bande d’assassins royalistes, et il se vit obligé de se réfugier dans une auberge. La foule, qui s’acharnait après sa proie, s’arrêta devant la porte en poussant des cris furieux, et se vit bientôt renforcée par de nouveaux arrivants attirés par la curiosité ou par les mêmes passions politiques. On accusait le maréchal d’avoir causé la mort de Mme de Lamballe ; on voulait sa tête pour venger cette victime. Le préfet et le maire d’Avignon firent tout ce qui était en leur pouvoir pour dissiper l’attroupement ; mais les assassins trouvèrent le moyen, en passant par les jardins et par les toits des maisons voisines, de pénétrer dans la chambre du maréchal. Ici, nous empruntons quelques détails à une brochure intitulée les événements d’Avignon (Paris, 1818) : Un jeune homme reproche à Brune le crime dont la clameur publique l’accusait, Brune le désavoue avec indignation, affirme hautement qu’il n’a jamais donné la mort que sur le champ de bataille et au péril de sa vie, dont il est prêt à faire le sacrifice ; il réclame du papier pour écrire ses dernières volontés, et ses armes pour mettre fin à ses jours. On lui refuse cette triste satisfaction, et deux coups de pistolet sont tirés sur lui à bout portant ; il tombe au second. On lui passe une corde au cou et on le traîne jusqu’au Rhône, où on le précipite avec trois invalides qu’on venait de rencontrer, après avoir tiré sur lui une cinquantaine de coups de fusil. Pendant ce temps, le maire faisait sauver ses deux aides de camp, déguisés en domestiques. Une troupe de femmes, et même de dames appartenant à des classes plus relevées, vinrent danser la farandole sur la place encore teinte de sang. Ainsi l’on avait vu, vingt-quatre ans auparavant, les femmes de Duprat, de Tournai, la mère des Mainvielle, etc., se réjouir des massacres de la Glacière. Un chirurgien, nommé Allard, appelé pour constater que Brune s’était suicidé, refusa d’attester ce mensonge, ayant vu plusieurs coups de feu sur les reins du cadavre. Un autre fut moins courageux, moins délicat. La fureur populaire, loin de se trouver satisfaite par la mort de sa victime, voulut en consacrer le souvenir par une inscription qui fut gravée sur le pont même d’où le cadavre avait été jeté dans le Rhône, et qui était ainsi conçue : C’est ici le cimetière du maréchal Brune, 2 août 1815. Ce ne fut que longtemps après ce jour néfaste que l’autorité fit effacer cette inscription, qui faisait rougir tous les habitants honnêtes d’Avignon. Ce crime horrible resta impuni ; de hautes protections couvrirent les assassins, parmi lesquels la rumeur publique plaçait l’infâme Trestaillon, et il fallut à l’infortunée veuve du maréchal près de six années de sollicitations et de démarches pour obtenir l’autorisation d’intenter des poursuites. La cour de Riom fut saisie de l’affaire ; M. Dupin plaida la cause avec toute l’énergie d’un talent qui semblait alors vouloir se consacrer uniquement à la défense de nos libertés. Mais la cour ne put ou ne voulut pas mettre la main sur les vrais coupables, quoiqu’ils fussent bien connus de tous les Avignonnais ; on jugea et on condamna, pour la forme et par défaut, un portefaix nommé Guindon, qui ne fut jamais retrouvé, parce que, selon toute apparence, on ne se donna pas même la peine de le chercher. L’arrêt portait que la maréchale serait tenue d’avancer les frais et dépens de la procédure, sauf son recours contre le condamné, recours dérisoire, puisque le condamné était pauvre. Outre la brochure a laquelle nous avons emprunté une citation, on peut consulter le Procès des assassins du maréchal Brune, publié à Riom en 1821. En 1841, une statue a été érigée au maréchal Brune, à Brive-la-Gaillarde, aux frais de la ville même, qui voulut ainsi honorer la mémoire d’un de ses enfants les plus illustres.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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septembre 21, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL BRUNE (1763-1815)

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Maréchal Guillaume Brune (1763-1815)

Masséna, Augereau, Brune, et beaucoup d’autres étaient des déprédateurs intrépides.

(Napoléon Bonaparte)

Brune (Guillaume-Marie-Anne), maréchal de France, ambassadeur, et législateur, né à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), le 13 mai 1763, de « Etienne Brune et de Jeanne Vielbans », assassiné à Avignon le 2 août 1815 ; s’enrôla en 1789 dans le 2e bataillon des volontaires de Seine-et-Oise, y devint adjudant-major le 18 octobre 1791, parvint rapidement au grade de général de brigade, se battit à Hondschoote, fit la campagne d’Italie dans la division Masséna, combattit à Rivoli, à Saint-Michel, à Feltre, dans les gorges de la Carinthie, etc., et fut promu général de division. Après la paix de Campo-Formio, il fut nommé commandant des troupes dirigées en Suisse. En l’an VII, il prit le commandement de l’armée de Hollande, battit le duc d’York à Bergen, fut nommé gouverneur du pays, repartit ensuite pour l’Italie, prit les villes de Vicence et Montebello. En l’an XI, il fut envoyé à Constantinople comme ambassadeur et revint à Paris deux ans après. A la proclamation de l’Empire, et en son absence, Bonaparte le fit maréchal de France et grand-aigle (13 pluviôse an XIII). En 1807, il fut nommé gouverneur des villes hanséatiques ; peu après on lui confia le commandement du corps de réserve de la grande armée, il prit Stralsund et signa avec M. de Toll, général en chef de l’armée suédoise, une convention par laquelle l’île de Rugen et les îles adjacentes étaient cédées à la France. Dans cet acte, Brune fit mention de l’armée française et non de l’armée de sa majesté impériale et royale ; il fut de ce chef mis en disgrâce par l’Empereur qui lui enleva son commandement. Pendant les Cent-Jours, il fut mis à la tête de l’armée du Var, et le 2 juin 1815 nommé pair de France. Au retour de Louis XVIII, il fit sa soumission et remit son commandement au représentant du gouvernement royal dans le Midi, le marquis de Rivière, et partit pour Paris, muni par un passeport, dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1815 ; arrivé à Avignon, il descendit pour déjeuner à l’hôtel du Palais royal où se trouvait la poste. L’entrée de la voiture avait attiré un groupe d’oisifs qui cherchaient à savoir quel était le voyageur. Un jeune homme, appelé Soulié, s’écria : « C’est le maréchal Brune », puis il raconta que Brune était un des meurtriers de la princesse de Lamballe, et qu’il allait chercher l’armée de la Loire pour châtier le Midi. Ces mensonges lancés à dessein produisirent l’effet voulu, et, malgré le maire et le prefet, la foule envahit l’hôtel ; deux individus s’en détachèrent et parvinrent à pénétrer dans la chambre occupée par le maréchal. « Que me voulez-vous ? » leur dit-il. Pour toute réponse l’un d’eux tira à bout portant un coup de carabine sur le maheureux Brune et l’étendit raide mort. L’assassin eut encore le triste courage, après son meurtre, d’ouvrir une fenêtre pour annoncer qu’il venait de tuer le maréchal. Lorsque l’on sortit le cercueil contenant les restes de ce héros, les royalistes s’en emparèrent et le jetèrent dans le Rhône. La veuve du maréchal ne connut que deux ans après l’endroit où son malheureux mari reposait et fit rapporter le corps à Paris le 6 décembre 1817, et ce ne fut que le 19 mars 1819 qu’elle put obtenir l’autorisation de poursuivre les assassins de son mari. Ils s’appelaient Trestaillon et Grindon, dit Roquefert, Portefaix, le premier était mort lors du jugement, le second était en fuite, et fut condamné à mort. Les concitoyens de Brune lui ont fait élever un monument à Brive, par souscription.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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