décembre 22, 2007

ABBE GREGOIRE (1750-1831), COMTE D’EMPIRE

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Abbé Grégoire (1750-1831)

Grégoire, si acharné contre le clergé, qu’il voulait ramener à sa simplicité première, eût pu être pris pour un héros d’irreligion ; et Grégoire, quand les Révolutionnaires reniaient Dieu et abolissaient la prêtrise, faillit se faire massacrer en montant à la tribune pour y proclamer hautement ses sentiments religieux, et protester qu’il mourrait prêtre. Quand on détruisait les autels dans les églises, Grégoire en élevait un dans sa chambre, et y disait la messe chaque jour.

(Napoléon Bonaparte)

Grégoire (Baptiste-Henri, comte). Curé, législateur, et évêque constitutionnel, né à Vého (Meurthe), le 4 décembre 1750, de « Bastien Grégoire, tailleur d’habits, et de Marguerite Thiébault », mort à Paris le 26 mai 1831 ; après de très sérieuses études théologiques publia, en 1772, un Eloge de la poésie, couronné par l’académie de Nancy et fut nommé curé d’Embermesnil. Il fonda dans son presbytère une bibliothèque publique dans laquelle on pouvait puiser pour se perfectionner dans les arts et l’industrie. Elu, le 27 mars 1789, député du clergé aux Etats généraux par le bailliage de Nancy, il fut l’un des premiers à se joindre au tiers état, prêta le serment du Jeu de Paume, et, lors de de la séance royale du 23 juin 1789 fut du nombre des quelques députés qui, sous la présidence de Palasne de Champeaux, décidèrent de résister aux ordres de la cour, et formèrent le premier noyau du « Club breton« . Dans la nuit du 4 août, il fut un des plus ardents à voter l’abolition des privilèges et réclama suppréssion des annales, combattit le véto absolu du roi, se prononça pour la Constitution civile du clergé, puis prêta le serment civique. Lorsqu’il apprit l’arrestation du roi à Varennes, Grégoire demanda la mise en jugement immédiat, combattit ensuite le cens électoral « qui concentrait la représentation entre quelques citoyens riches et grands propriétaires ». Deux fois élu évêque constitutionnel dans la Sarthe et dans le Loir-et-Cher (1790), il opta pour Blois, et fut nommé, le 6 septembre 1791, l’un des administrateur du Loir-et-Cher, et le 3 septembre 1792, élu, par ce dernier département, membre de la Convention. Président de la députation chargée d’annoncer à l’Assemblée législative que la Convention était constituée, il appuya, le même jour, l’abolition de la royauté : « L’histoire des roi, dit-il, est le martyrologe des nations. » Le 8 octobre 1792, il écrivait une lettre particulière à un chef de bataillon, et on y lisait ce passage : « Tâchez de nous envoyer un jour, en don patriotique, quelque tête d’un Condé, d’un Artois, d’un Brunswick« , et devint président de la Convention. Lors du procès du roi, il était absent, il était alors commissaire de la Convention chargé d’organiser le nouveau département du Mont-Blanc et ne put prendre part au jugement, passa ensuite dans les Alpes-Maritimes pour organiser également le département. De retour à la Convention, il fut nommé membre du comité de l’instruction publique dont il devint le membre le plus actif. Lorsque l’évêque de Paris, Gobel, vint abjurer sa foi à la tribune de la Convention, Grégoire refusa absolument de le suivre : « Catholique par conviction et par sentiment, dit-il, prêtre par choix, j’ai été délégué par le peuple pour être évêque ; ce n’est ni de lui ni de vous que je tiens ma mission. On m’a tourmenté pour accepter le fardot de l’épiscopat, on me tourmente aujourd’hui pour me forcer à une abdication qu’on ne m’arrachera jamais ; j’invoque la liberté des cultes » ; devint ensuite membre de l’Institut (19 frimaire an IV). Elu, le 23 vendemiaire an IV, député au Conseil des Cinq-Cents, il y siégea jusqu’en germinal an VI, accepta le Coup d’Etat du 18 brumaire et entra au corps législatif le 4 nivôse an VIII, comme député du Loir-et-Cher ; le bruit ayant couru qu’il allait être créé cardinal, Grégoire répondit le 30 fructidor dans une lettre envoyée au député Bordes : « Croyez que cet ornement prétendu (le chapeau rouge) n’est pas réservé pour les têtes qui sont simultanément religieuses et républicaines. » Il entra au Sénat conservateur le 4 nivôse an X, fit partie de la minorité, protesta contre les tribunaux d’exception, vota avec deux autres sénateurs seulement contre l’établissement de l’Empire, parla seul contre le rétablissement des titres nobiliaires, se prononça contre le divorce de Napoléon et n’assista pas au mariage de Marie-Louise. Il avait été fait membre de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII, puis commandeur le 25 prairial suivant, il fut créé comte de l’Empire le 2 juillet 1808, son opposition ne se démentit pa un seul instant, et, en 1814, il rédigea d’avance un projet de déchéance des plus énergiques contre l’Empereur ; il fut tenu à l’écart par la première Restauration, ne reparut pas pendant les Cent-Jours, et fut exclu de l’Institut sous la seconde Restauration. En 1819, il fut élu, par le collège électoral de l’Isère, député de l’opposition ; cette élection déchaîna les passions contre-révolutionnaires, et les royalistes se vantèrent publiquement de l’exclure de la Chambre comme indigne. L’opposition presque incolore de cette époque n’osa pas le défendre ouvertement sous prétexte que Grégoire était resté républicain, elle l’engagea à donner spontanément sa démission ; il s’y refusa, et le 6 décembre la Chambre prononça l’annulation de son élection, mais sans la motiver. Ces royalistes, vis-à-vis de lui, ne désarmèrent pas, il se livrèrent contre lui à des attaques furibondes. Grégoire se défendit, écrivit au journal la Quotidienne, le 4 octobre 1820, et protesta contre l’épithète de régicide : « Le devoir de souffrir chétiennement n’ôte pas le droit de repousser la calomnie. J’étais absent aux quatre appels nominaux du procès de Louis XVI ; dans mon discours à la Convention, j’avais demandé la suppression de la peine de mort et que Louis XVI en profitât en tout premier. » La censure ayant mutilé sa lettre, il demanda justice, le 8 octobre, au ministre duc de Richelieu. « Mon âme inflexible se raidira toujours contre la calomnie, l’iniquité ; je suis comme le granit, on peut me briser, mais on ne me plie pas », puis il renonça à son titre de commandeur de la Légion d’honneur. Aux élections de 1824, le gouvernement ne voulut pas l’inscrire sur les listes électorales, malgré ses réclamations. Il se retira, dès lors, dans sa retraite d’Auteuil et resta en correspondance avec la plupart des savants de l’Europe. Le gouvernement de Juillet lui-même ne fit rien pour réparer les injustices du règne précédent. A son lit de mourant, Grégoire réclama les secours de la religion, l’archevêque de Paris exigea au préalable qu’il rétractât son serment à la Constitution civile du clergé. Grégoire se montra inflexible et refusa, mais l’abbé Guillon lui administra  quand même les sacrements. Après sa mort, l’Eglise lui refusa la sépulture ; l’administration d’alors fit porter son corps à l’Abbaye-au-Bois, où la messe fut célébrée par un prêtre étranger. Après la cérémonie, un certain nombre de jeunes gens dételèrent les chevaux du char funèbre, et trainèrent le cercueil à bras au cimetiere Montparnasse.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Abbé Grégoire sur Wikipedia

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décembre 21, 2007

ROGER DUCOS (1747-1816)

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Roger Ducos (1747-1816), Directeur, puis Consul provisoire

Ce nain de Ducos, ce cul-de-jatte de Ducos, un homme borné et facile.

(Napoléon Bonaparte)

Ducos (Pierre-Roger, comte). Avocat, législateur, directeur et consul provisoire, né à Montfort (Landes), le 27 juillet 1747, de « maître Philibert Ducos, notaire royal et procureur au sénéchal et présidial de cette ville, et de demoiselle Jeanne-Marie Leclercq », mort à Ulm (Autriche) le 4 mars 1816 ; était avocat à Dax, quand il devint, sous la Révolution, président du tribunal criminel des Landes. Le 5 septembre 1792, il fut élu, par ce département, membre de la Convention et prit place à la Plaine ; dans le procès du roi, il vota pour « la mort », fut ensuite envoyé en mission en Belgique, et de retour, se prononça contre les Girondins, fut élu, en l’an II, président du club des Jacobins et secrétaire de la Convention le 2 frimaire de la même année. Le 23 vendemiaire an IV, il entra au Conseil des Anciens et devint président le 2 vendemiaire an V. Son mandat terminé, il reprit ses fonctions de président du tribunal criminel des Landes, puis devint, le 30 prairial an VII, membre du Directoire exécutif, en remplacement de Merlin de Douai, où il aida puissamment en cette qualité, à la réussite du coup d’Etat de brumaire et devint le collègue de Sieyès et de Bonaparte comme troisième consul provisoire. Le 22 frimaire suivant, il fut nommé membre du Sénat conservateur, fait membre de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII, et grand officier le 25 prairial suivant, puis créé comte de l’Empire le 28 mai 1808. L 2 juin 1815 il fut nommé pair des Cent-Jours. En 1816, il dut quitter le territoire français comme régicide, alla à Stuttgard et se rendait en Autriche pour y fixer sa résidence, quand sa voiture versa près d’Ulm, la roue lui ayant passé sur le corps, il mourut quelques instants après.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Roger Ducos sur Wikipedia

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novembre 2, 2007

EMMANUEL-JOSEPH SIEYES (1748-1836), COMTE D’EMPIRE

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Emmanuel-Josep Sieyès (1748-1836), comte d’Empire

Sieyès était l’homme du monde le moins propre au gouvernement mais essentiel à consulter, car quelquefois il avait des aperçus lumineux et d’une grande importance.

(Napoléon Bonaparte)

Sieyès (Emmanuel-Joseph), né à Fréjus (Var) le 3 mai 1748 de « Honoré Sieyès, bourgeois, et de damoiselle dame Anglès. » Chanoine en Bretagne (1775) ; vicaire général et chancelier de l’église de Chartres (1784) ; au mois de janvier 1789, il se signala à l’attention publique par des brochures politiques restées célèbres, dont celle : Qu’est-ce que le Tiers Etat ? Elu, au mois de mai suivant, député du tiers état de Paris aux Etats généraux, c’est lui qui éclaira la marche de l’Assemblée nationale dès son début, et qui rédigea la formule du Serment du Jeu de Paume. Président de cett assemblée le 10 juin 1790, membre du directoire du département de Paris en février 1791, l’abbé Sieyès refuse la candidature d’évêque métropolitain de Paris. Il fut une des forces, un des inspirateurs et des guides de l’ Assemblée constituante. Nommé membre de la Convention nationale le 8 septembre 1792, pour le département de l’Orne, de la Gironde et de la Sarthe, il opta pour le dernier. Il vota pour la mort sans surcis et appel dans le procès du roi, et abjura la prètrise en brumaire de l’an II. D’ailleurs, il siégea à La Plaine dans la nouvelle Assemblée et y eut un rôle infiniment moins considérable que dans la première : ayant concentré ici toute son action sur le point de se ménager et de se conserver ! Son action fut franchement rétrograde dans la dernière période de la grande Assemblée. Elu, le 23 vendemaire an IV au Conseil des Cinq-Cents par 19 départements, il opta encore pour celui de la Sarthe, refusa de faire partie du Directoire exécutif et du Ministère des affaires étrangères. Réélu, le 23 germinal an VII à la même Assemblée, par le département d’Indre-et-Loire, il se rapprocha du Directoire et soutint le 18 fructidor. En juillet 1798, il fut nommé ministre plénipotentiaire à Berlin. A son retour, devant l’avilissement du pouvoir, l’anarchie croissante, il sentit, comme tant d’autres, la nécessité d’une dictature militaire, et songea à Joubert, qui lui fut enlevé par le désastre de Novi. Il sortit alors du Directoire et prépara avec Bonaparte le coup du 18 brumaire. Mais devant l’ambition de celui-ci, i sortit du Consulat. Bonaparte le récompensa par de l’argent et des honneurs, lui donna la terre de Crosne et le fit comte de l’Empire, grand officier et grand-croix de la Légion d’honneur. Il n’en vota pas moins la déchéance de Napoéon en 1814, lequel el fit encore pair des Cent-Jours. Après la seconde Restauration, Sieyès s’exila à Bruxelles et ne rentra en France qu’après la Révolution de 1830. Il mourut à Paris à l’âge de 88 ans, le 20 juin 1836.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Emmanuel-Joseph Sieyès sur Wikipedia

PAUL BARRAS (1755-1829)

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Vicomte Paul Barras (1757-1829)

Barras était d’une haute stature, il parla quelquefois dans les moments d’orage et sa voix couvrait alors la salle. Ses facultés morales ne lui permettaient pas d’aller au-delà de quelques phrases. La passion avec laquelle il parlait l’aurait fait prendre pour un homme de résolution, mais il ne l’était point : il n’avait aucune opinion faite sur aucune partie de l’administration publique.

(Napoléon Bonaparte)

Barras (Paul-François-Jean-Nicolas, vicomte de), capitaine, législateur, et membre du Directoire, né à Fox-Amphoux (Var) le 30 juin 1755, de « François de Barras et d’Elisabeth Pourcely », mort à Chaillot (Seine) le 29 janvier 1829 ; entra dans l’armée comme sous-lieutenant au régiment de Languedoc, et partit en 1775 pour l’Ile de  France. Capitaine au régiment de Pondichéry, il  échappa à la capitulation de cette ville et, mécontent de la conduite des affaires dans les colonies, se décida à venir prendre sa résidence à Paris où il dissipa en peu de temps tout son patrimoine. Il se trouvait dans une triste position quand la Révolution éclata ; il l’accepta avec enthousiasme, prit part à la prise de la Bastille, voulut encore défendre le roi et la reine, lorsque le peuple envahit le palais des Tuileries, mais les abandonna quand il s’aperçut qu’ils étaient complètement perdus. Il s’affilia aux Jacobins et les poussa aux événements du 10 août ; il était administrateur du Var depuis le 31 août 1791, quand il devint haut juré à Orléans, puis commissaire à l’armée d’Italie et administrateur du comté de Nice. Le 7 septembre 1792, il fut élu par le Var membre de la Convention. Il siégea d’abord à la Montagne, vota la mort du roi et le 31 mai se prononça contre les Girondins. Nouvellement en mission à l’armée d’Italie, il se rendit à Toulon et Dugommier lui confia le commandement de l’aile gauche assiégeante. Revenu à Paris, il fut de ceux qui préparèrent le 9 thermidor ; chargé de défendre la Convention contre Henriot, qui commandait la garde nationale, il agit en conséquence, et lorsqu’il eut réuni assez de troupes, prit l’offensive, s’empara de l’Hôtel de Ville et put se saisir de Robespierre et de ses patisans. Après cette journée, Barras oublia qu’il avait siégé à la Montagne, se rapprocha des modérés, fut nommé secrétaire,  puis président de la Convention, et ensuite membre du Comité de sureté générale. Pour donner le change, il sut ou voulut contenter un peu tout le monde, en attaquant d’une part les émigrés et en faisant proclamer jour de fête publique l’anniversaire de la mort de Louis XVI ; et, d’autre part, en poursuivant les derniers montagnards (1er prairial) et en mitraillant les sections révoltées de Paris (13 vendemiaire). Il fut alors nommé général en chef par la Convention en s’adjoignant Bonaparte qu’il avait connu à Toulon.  En brumaire an IV, élu par le conseil des Anciens membre du Directoire exécutif, il alla habiter le palais du Luxembourg avec 150.000 francs d’appointements, devint alors le véritable chef du pouvoir exécutif, et put donner libre carrière à ses appétits de luxe et de jouissances :  » La cour de Barras, dit le Dictionnaire des Parlementaires, donna le ton à la jeunesse dorée » dont Mme Tallien fut la reine. Bonaparte y rencontra la veuve du général de Beauharnais ; Barras la lui fit épouser, et lui fit donner le commandement en chef de l’armée d’Italie. Les élections de l’an V ayant été favorables en majorité aux royalistes, les deux conseils conspirèrent contre les institutions existantes, Barras très résolu encore, décida la résistance, et le 18 fructidor, aidé par Augereau, surprit les Tuileries, fit arrêter Pichegru et Barthélemy, son collègue,  ainsi que tous les députés réactionnaires aux cris de : A bas les aristocrates ! mais très perplexe sur l’avenir du Directoire, qui était de plus en plus discrédité, il fit rompre les conférences ouvertes avec l’Angleterre au sujet de la paix, écrivit en secret à Pitt, assure-t-on , offrant d’accepter les conditions proposées en échange de 50 millions pour ses amis et pour lui, mais cette combinaison échoua ; et après le 3 prairial, qui fut une revanche contre le Directoire, Barras demanda à entrer en relation avec Louis XVIII ; il devait recevoir 12 millions. Le Dictionnaire des Parlementaires nous apprend encore que l’agent royal, le chevalier Tropez de Guérin, écrivit à Louis XVIII, : « Ce n’est pas une misérable conspiration qui se trame par des particuliers sans moyens, sans alentours ; c’est le chef du gouvernement, c’est l’homme presque assis à votre place qui vous l’offre. » Les négociations traînèrent en longueur du coté des royalistes, ce qui permit à Bonaparte de revenir en toute hâte d’Egypte, et de faire le 18 brumaire. Entre temps, Barras avait été élu député du Var au conseil des Cinq-Cents (germinal an VI). Le coup d’Etat de brumaire l’annihila complètement, sa carrière politique fut brisée ; il donna sa démission de député et se retira à Grosbois. Bonaparte lui fit offrir l’ambassade de Dresde, celle des Etats-Unis et le commandement de l’armée de Saint-Domingue, mais il refusa d’une façon catégorique toutes ces places, ce qui irrita profondément le Premier Consul. Barras prit alors la détermination de se retirer à Bruxelles, et comme cette retraite lui pesait, il demanda à plusieurs reprises de faire cesser cet état de choses. Il obtint enfin, en 1805, d’aller habiter à Marseille pour raison de santé. Il revint à Paris au retour des Bourbons, et on le laissa vivre tanquillement dans sa maison de Chaillot. Il fut le seul régicide excepté de la loi du 12 janvier 1816.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Paul Barras sur Wikipedia

octobre 3, 2007

BERNARD-HUGUES MARET (1763-1839), DUC DE BASSANO

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Hugues-Bernard Maret (1763-1839), duc de Bassano

Bassano et Caulaincourt, deux hommes de coeur et de droiture.

(Napoléon Bonaparte)

Maret (Bernard-Hugues, duc de Bassano), avocat , ambassadeur, secrétaire général des Consuls, ministre et législateur, né à Dijon (Côte d’Or) le 22 juillet 1763, de « Hugues Maret, docteur médecin, et de Jeanne Malechard », mort à Paris, le 13 mai 1839 ; était avocat quand il vint à Paris, s’intéressa au mouvement révolutionnaire et assista assidûment aux séances de la Constituante et en publia un récit fidèle sous le nom de Bulletin de l’Assemblée. Panckoucke, à peu de temps de là, lui proposa d’effectuer ce travail dans les colonnes du Moniteur ; ce qui fut l’origine du Journal Officiel. Dans son bureau de rédaction, il fit la connaissance de Bonaparte, logé, comme lui, à l’hôtel de l’Union, entra dans la Société des Amis de la Constitution ou des Jacobins, mais en sortit après l’affaire du Champs-de-Mars, puis contribua à la création du club des Feuillants. Lorsque Lebrun devint ministres des Relations extérieures, Maret entra dans ses bureaux avec une place de directeur et disparut à la chute des Girondins, mais devint, en juillet 1793, ambassadeur à Naples. Il se rendit à son poste accompagné de Sémonville qui lui, allait à Constantinople, quand ils furent tous les deux arrêtés en Piémont par les Autrichiens. Conduits à Mantoue, puis à Brunn, où ils subirent trente mois de captivité, ils ne furent remis en liberté qu’en échange de la fille de Louis XVI. Maret revit Bonaparte à son retour d’Egypte et ils renouèrent leurs anciennes relations. Il devint après le 18 brumaire, secrétaire général des Consuls, et, jusqu’en l’an X, il partagea avec Bourrienne les fonctions de ce poste de confiance, mais après la disgrâce de son collègue, il cumula les fonctions de secétaire d’Etat et de chef de cabinet, fut fait membre de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII et grand officier le 25 prairial suivant, puis grand aigle le 2 février 1805. Il accompagna l’Empereur en Allemagne et en Pologne et prit part à la rédaction du traité de Presbourg, et aux conférences de Tilsitt, d’Erfurt et de Bayonne. Le 3 mai 1809, il fut créé comte de l’Empire, et duc de Bassano le 15 août de la même année. Nommé le 17 avril 1811, ministre des Affaires étrangères, au moment de la rupture avec la Russie, il fut chargé de négocier avec la Prusse et l’Autriche un traité d’alliance offensive et défensive, suivit la retraite depuis Moscou et rédigea, en 1813, les ordonnances qui réglaient l’organisation de la garde nationale et la levée de 350.000 hommes. Il se démit le 19 novembre 1813 de son portefeuille des Affaires étrangères mais resta le confident de l’Empereur, qu’il accompagna pendant la Campagne de 1814, et qu’il ne quitta qu’à Fontainebleau. Il reprit, pendant les Cent-Jours, ses fonctions de ministre d’Etat, et fut nommé pair de France le 2 juin 1815. Au retour de Gand, Maret fut compris dans l’ordonannce du 24 juillet, et se retira à Lintz, puis à Gratz. A cette même époque, il fut exclu de l’Académie française, dont il faisait partie depuis l’an XI. Il ne revint à Paris qu’en 1820, et on le vit reparâitre à la vie politique qu’après la Révolution de 1830. Louis-Philippe le nomma pair de France le 19 novembre 1831 ; il devint, en novembre 1834, ministre président du Conseil, mais il fut à peine installé qu’une nuée de créanciers vint pratiquer des saisies-arrêts sur son traitement ; ce qui abrégea la durée de son ministère, qui ne vécut que trois jours. Il se retira alors, ne se mêlant plus de politique active.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Bernard-Hugues Maret sur Wikipedia

octobre 1, 2007

JOSEPH FOUCHE (1759-1820), DUC D’OTRANTE

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Joseph Fouché (1759-1820), duc dOtrante

Celui-ci n’est qu’intrigant ; il a prodigieusement d’esprit et de facilité d’écrire. C’est un voleur qui prend de toutes mains. Il doit avoir des millions ! Il a été un grand révolutionnaire, un homme de sang. Il croit racheter ses torts ou les faire oublier en cajolant les parents de ses victimes et se faisant, en apparence, le protecteur du Faubourg Saint-Germain. C’est un homme qu’il peut être utile d’employer parce qu’il est encore le drapeau de beaucoup de révolutionnaires, et d’ailleurs très capable, mais je ne puis jamais avoir confiance en lui.

(Napoléon Bonaparte)

Fouché (Joseph, duc d’Otrante), oratorien, avocat, législateur, ambassadeur et ministre de la police, né au Pellerin (Loire-Inférieure), le 21 mai 1759, de « Joseph Fouché, capitaine de navire marchand, et de Marie-Françoise Croiset », mort à Trieste (Autriche) le 25 décembre 1820 ; débuta comme oratorien et professa à Juilly, à Arras, et à l’école militaire de Vendôme et était préfet des études à Nantes au moment de la Révolution, il quitta alors l’habit ecclésiastique et devint avocat ; il était devenu principal du collège de Nantes, quand il fut élu, par la Loire-Inférieure, membre de la Convention ; lors du procès du roi, il vota « la mort sans sursis », fut ensuite envoyé en mission dans l’Aube pour y faire exécuter le décret de l’Assemblée sur la réquisition, puis adhéra aux événements des 31 mai et 2 juin, partit en mission pour la Nièvre et poursuivit l’anéantissement de toutes les enseignes religieuses qui se trouvaient sur les routes, sur les places et dans les lieux publics. A Nevers et aux environs, au mois de septembre 1793, il fit, de concert avec le procureur général de la commune de Paris, G. Chaumette, venu en ce pays pour des affaires privées, une tentative antérieure à toute autre pour faire disparaître le catholicisme et le remplacer par le culte de la Raison : interdisant toute manifestation cultuelle hors des églises, donnant aux funérailles un caractère purement civil, laïcisant les cimetières (octobre 93), faisant enlever partout, pour les envoyer à la Convention et à la monnaie de Paris, les ornements d’or et d’argent des églises ; enfin, prenant, relativement aux fortunes privées, des mesures d’un socialisme radical.

A peine de retour de cette mission il fut envoyé le 3 octobre suivant avec Collot d’Herbois à Lyon, après l’insurrection royaliste de cette ville pour y contribuer à la réduction de la cité révoltée, que les armées de la République venaient de reprendre. Il s’y montra intraitable, cruel, non seulement en partageant avec son terrible collègue la responsabilité des mitraillades, mais encore en activant les opérations martiales de l’inexorable commission militaire qui y fit couler tant de sang. La conduite de Fouché dans cette circonstance fu trouvée tellement extravagante, que le Comité de Salut Public jugea prudent de le rappeler.

Rentré à Paris vers le milieu de germinal, il triompha aux Jacobins dont il fut nommé président, et parut être, au moment des préparatifs de la fête de l’être Suprême, l’un des membres les plus décidés et les plus influents, parmi ceux qui, dès lors, faisaient une opposition à la politique de Robespierre. Celui-ci le comprit, lui reprocha ses crimes et le fit exclure du club des Jacobins le 26 messidor. C’est dire qu’il se rangea définitivement parmi les auteurs de la journée du 9 thermidor suivant. Après le 9 thermidor, il s’ingénia à vouloir ménager tous les partis ; on sentait déjà en lui le futur ministre de la police ; se voyant très menacé il essaya de rentrer dans les bonnes grâces des thermidoriens, et demanda leur protection, mais sur la proposition de Boissy-d’Anglas, Fouché fut décrété d’arrestation. L’amnistie du 4 brumaire an IV le rendit trois mois après à la liberté. Sous le Directoire, ayant su capter la confiance de Barras, ce dernier le fit nomme ambassadeur à Milan (15 vendemiaire an VII), puis ambassadeur en Hollande où il resta jusqu’à ce ce qu’il fut appelé au ministère de la police (2 thermidor an VII), en remplacement de Bourguignon. Aussitôt installé il montra une certaine énergie en supprimant 11 journaux d’un seul coup, et après avoir louvoyé autour de Bonaparte, de retour d’Egypte, il sut de suite ce qu’il avait à faire et n’hésita pas. Fouché connaissait à fond les divers partis, tous leurs secrets et leurs espérances ; il les livra au vainqueur sans négliger d’en conserver une partie pour le besoin de sa cause. Fouché tout-puissant commença à jouer au grand seigneur ; dans de brillantes soirées il réunissait les survivants de l’ancienne noblesse, et soutenait son rôle avec un grand succès, grâce du reste à une audace imperturbable ajoutée à beaucoup d’esprit, mais grâce aussi au peu de scrupules de ses hôtes. Par une habilité extraordinaire il sut se faire des amis dans tous les camps, les fonctions de ministre de la police lui en donnaient le loisir. Il sut plaire aux membres de la famille Bonaparte et on peut dire qu’il devint l’homme le plus puissant du gouvernement en déjouant les complots, inventant de fausses conspirations, et sachant entretenir soigneusement les défiances et les craintes de Napoléon, mais il y eut, à un moment donné, une ombre à ses succès ; la machine infernale éclata et Fouché ne sut pas prévoir cet évènement ; aussi fut il obligé de quitter le ministère de la police, pour entrer le même jour (28 fructidor an X) et comme compensation au Sénat conservateur. Cette disgrâce fut de très courte durée, car l’Empereur, pour le besoin de sa cause, ne pouvait plus se passer de Fouché, et le 21 messidor an XII, ce dernier rentra en maître pour la seconde fois au ministère de la police et y resta jusqu’au 3 juin 1810. Jamais Fouché ne fut plus puissant, sa réputation à l’étranger était immense et le faubourg Saint-Germain le choyait ; l’Empereur très soupçonneux commença à ne plus pouvoir supporter cet homme audacieux, qui, au besoin savait contrecarrer les idées et les actes de Napoléon ; une occasion se présenta, qui devait être momentanément le coup de grâce du ministre de la police ; l’Empereur eut connaissance d’une circulaire de Fouché et dont voici le principal passage : « Prouvons à l’Europe que si le génie de Napoléon peut donner de l’éclat à la France par les victoires, sa présence n’est pas nécessaire pour repousser nos ennemis. » A la lecture de cette circulaire Napoléon n’hésita pas ; Fouché pour la deuxième fois, fut disgracié et envoyé à Rome comme gouverneur général. Il avait été fait grand offficier de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII, puis créé, le 24 avril 1808, comte de l’Empire, et le 15 août 1809, duc d’Otrante. Après les désastres de Russie, Napoléon fit appeler Fouché à Dresde et lui confia le gouvernement des provinces illyriennes, il n’eut guère le temps d’exercer ces nouvelles fonctions, car à la suite de la bataille de Leipzig, les Autrichiens redevinrent maîtres de ces provinces. A peine rentré en France, il reçut l’ordre de se rendre à Naples près de Murat. Fouché ne perdit pas de temps, il alla rejoindre Murat et, la première chose qu’il fit, fut de conseiller à Murat d’entrer dans la nouvelle coalition contre Napoléon. Aussitôt qu’il apprit la nouvelle de l’abdication de l’Empereur en 1814, il fit faire ses offres de service aux Bourbons, mais fut assez mal accueilli. De retour de l‘île d’Elbe, l’Empereur appela à lui Fouché et lui confia, pour la troisième fois, le ministère de la police, et, de plus, le nomma pair de France, puit vint Waterloo, et Fouché entra au gouvernement provisoire choisi par les Chambres, et en fut le président. Inutile d’ajouter que Fouché profita de cette haute position pour intriguer avec les Bourbons d’une part et les d’Orléans d’autre part. Louis XVIII rentré, se décida, lui aussi à se servir de Fouché, bien que ce dernier eut contribué à faire couper la tête de son frère ; c’était un mal nécessaire, pensait-il. Pour la quatrième fois, Fouché entra en vainqueur au ministère de la police, et fut élu, en même temps, le 22 août 1815, député dans la Corrèze et dans la Seine-et-Marne. Cette fois, son passage à la police devait être bien court : le roi ne supportait que très juste le joug de Fouché, ce dernier le sentit et s’empressa de donner sa démission. Atteint par la loi sur les régicides, il se vit contraint, à son grand regret, de quitter la France. Il prit sa résidence à Trieste et y mourut en 1820, laissant une fortune de quatorze millions.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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