août 31, 2007

NAPOLEON BONAPARTE PAR SES APHORISMES

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , à 7:43 par napoleonbonaparte

De Bonaparte à Napoléon Ier

1786

Toujours seul au milieu des hommes, je rentre pour rêver avec moi-même et me livrer à toute la vivacité de ma mélancolie. 

1791

Je crois l’amour nuisible à la société, au bonheur individuel des hommes. Enfin, je crois que l’amour fait plus de mal que de bien.

1795

L’homme esclave est à peine l’ombre de l’homme libre.

La vie est un songe léger qui se dissipe.

1796

Malheur au général qui vient sur le champ de bataille avec un système. 

De nos jours personne n’a rien conclu de grand ; c’est à moi de donner l’exemple.

1797

On ne conduit un peuple qu’en lui montrant un avenir ; un chef est un marchand d’espérance.

Les vraies conquêtes sont celles que l’on fait sur l’ignorance.

1798

Je mesurais mes rêveries au compas de mon raisonnement.

Quand j’avais l’honneur d’être lieutenant en second, je déjeunais avec du pain sec, mais je vérouillais ma porte sur ma pauvreté.

1799

De Clovis au comité de salut public, je me sens solidaire de tout.

On ne fait de grandes choses en France qu’en s’appuyant sur les masses ; d’ailleurs, un gouvernement doit aller chercher son point d’appui là où il est.

Les grands noms ne se font qu’en Orient.

1800

Ma politique est de gouverner les hommes comme le grand nombre veut être gouverné. C’est là, je crois, la manière de reconnaître la souveraineté du peuple.

Les guerres inévitables sont toujours justes.

La première des vertus est le dévouement à la patrie.

L’amour est une sottise faite à deux !

Mon héritier naturel, c’est le peuple français. C’est là mon enfant ! Je n’ai travaillé que pour lui.

Je suis bien vieux en coeur humain.

Je n’ai qu’un besoin, c’est celui de réussir.

Un talent dans quelque genre qu’il soit, est une vraie puissance.

L’homme supérieur n’est sur le chemin de personne.

Il n’y a que la religion qui puisse faire supporter aux hommes des inégalités de rang parce qu’elle console de tout.

Les conquérants habiles ne sont jamais brouillés avec les prêtres.

Une société sans religion est comme un vaisseau sans boussole.

1801

Il ne faut pas croire que je me laisserai faire comme Louis XVI ! Je suis soldat, fils de la Révolution et je ne souffrirai pas qu’on m’insulte comme un roi.

1802

Celui qui gouverne doit avoir de l’énergie sans fanatisme, des principes sans démagogie et de la sévérité sans cruauté.

Les soldats n’ont qu’un sentiment : l’honneur ! Il faut donc donner de l’aliment à ce sentiment-là, il leur faut des distinctions.

La religion ce n’est pas pour moi le mystère de l’incarnation ; c’est le mystère de l’ordre social.

Je suis loin d’être athée, mais je ne puis croire tout ce que l’on m’enseigne en dépit de ma raison, sous peine d’être faux et hypocrite.

On croit en Dieu parce que tout le proclame autour de nous et que les plus grands esprits y ont cru.

1804

La faiblesse du pouvoir suprême est la plus affreuse calamité des peuples.

Il y a deux leviers pour remuer les hommes : la crainte et les intérêts.

Je n’ai qu’une passion, qu’une maîtresse : c’est la France ! Je couche avec elle… je jure que je ne fais rien que pour la France.

Je n’ai pas succédé à Louis XVI, mais à Charlemagne.

Le grand art d’écrire, c’est de supprimer ce qui est inutile.

1805

Une belle femme plaît aux yeux, une bonne femme plaît au coeur : l’une est un bijou, l’autre est un trésor.

La chasteté est pour les femmes ce que la bravoure est pour les hommes : je méprise un lâche et une femme sans pudeur.

Le meilleur moyen de tenir sa parole est de ne jamais la donner.

L’art d’être tantôt très audacieux et tantôt très prudent est l’art de réussir.

1806

La haute politique n’est que le bon sens appliqué aux grandes choses.

Il n’y a plus d’ennemis après la victoire, mais seulement des hommes.

L’art de la guerre est un art simple et tout d’exécution. La part des principes est minimes : rien n’y est idéologie.

Il n’y pas deux puissances au monde : le sabre et l’esprit. A la longue le sabre est toujours vaincu par l’esprit.

De toutes les institutions, la plus importante est l’institution publique. Tout en dépend, le présent et l’avenir.

Il faut être lent dans la délibération, et vif dans l’exécution.

1807

La royauté est un rôle : les souverains doivent toujours être en scène.

A la guerre l’audace est le plus beau calcul du génie.

Je gagne mes batailles avec les rêves de mes soldats endormis.

Les Romains donnaient leurs lois à leurs alliés ; pourquoi la France ne ferait-elle pas adopter les siennes ?

1808

C’est la volonté, le caractère, l’application et l’audace qui m’ont fait ce que je suis.

1809

La force morale plus que le nombre décide de la victoire.

Je suis le plus esclave des hommes, obligé d’obéir à un maître qui n’a point de coeur : le calcul des évènements et la nature des choses.

1810

On gouverne mieux les hommes par leurs vices que par leurs vertus.

L’ambition est le principal mobile des hommes ; on dépense son mérite tant qu’on espère s’élever.

L’amour devrait être un plaisir et non pas un tourment.

Ne croyez pas que je n’ai pas le coeur sensible comme les autres hommes, mais dès la première jeunesse je me suis habitué à rendre muette cette corde qui, chez moi, ne rend plus aucun son.

Je suis l’instrument de la providence ; elle me soutiendra tant que j’accomplirai ses desseins, puis elle me cassera comme un verre.

Je ne puis pas bien écrire parce que je suis dans deux courants : l’un des idées, l’autre de la main. Les idées vont plus vite, alors adieu les caractères.

Le courage est une vertu qui échappe à l’hypocrisie.

1812

Le génie n’est pas héréditaire.

On me croit sévère et dur. Tant mieux, cela me dispense de l’être.

Du sublime au ridicule, il n’y a qu’un pas.

1813

L’athéisme est un principe destructeur de toute organisation sociale qui ôte à l’homme toutes ses consolations et toutes ses espérances.

1815

Les hommes qui ont changé l’univers n’y sont jamais parvenus en changeant les chefs, mais toujours en remuant les masses.

L’anarchie ramène toujours le gouvernement absolu.

L’amour devrait être l’occupation de l’homme oisif, la distraction du guerrier, l’écueil du souverain.

La fibre populaire répond à la mienne ; je suis sorti des rangs du peuple, ma voix agit sur lui.

1816

L’autorité ne doit voir point les personnes ; elle ne doit voir que les choses, leurs poids et leurs conséquences.

Si j’avais pu gouverner la France pendant quarante ans, j’en aurais fait le plus bel empire qu’il eût jamais existé !

Une femme qui couche avec son mari exerce toujours une influence sur lui.

Le manque de jugement et les défauts d’éducation peuvent porter une femme à se croire en tout l’égale de son mari.

J’avais le goût de la fondation, mais je n’ai jamais eu celui de la propriété.

Quel roman pourtant que ma vie !

La vraie sagesse des nations, c’est l’expérience.

Il est noble et courageux de surmonter l’infortune.

Le sentiment religieux est si consolant que c’est un bienfait du ciel que de le posséder.

L’honnête homme ne doute jamais de l’existence de Dieu ; car, si la raison ne suffit pas pour le comprendre, l’existence de l’âme l’adopte.

Les plus petites circonstances conduisent les plus grands évènements.

L’homme n’a pas d’amis ; c’est son bonheur qui en a.

1817

Un homme n’est qu’un homme. Ses moyens ne sont rien si les circonstances et l’opinion ne le favorisent pas.

Les hommes ne sont vraiment grands que par ce qu’ils laissent d’institutions  après eux.

Le génie agit par inspiration.

Les conquérants doivent être tolérants et protéger toutes les religions.

Ce qui est supérieur en Mahomet, c’est qu’en dix ans il a conquis la moitié du globe, tandis qu’il a fallu trois cents ans au christianisme pour s’établir.

Dans les révolutions, il ya deux sortes de gens : ceux qui les font et ceux qui en profitent.

1818

Ma gloire n’est pas d’avoir gagné quarante batailles ; ce que rien n’effacera, ce qui vivra éternellement, c’est mon code civil et les procès verbaux au Conseil d’Etat.

1820

Ce n’est point à un incident de gouverner la politique, mais bien à la politique de gouverner les incidents.

Je n’ai point usurpé la couronne ; je l’ai relevée dans le ruisseau. Le peuple me l’a mise sur la tête. Je voulais que le titre de Français fût le plus beau, le plus désirable de la terre.

C’est une de mes fautes que d’avoir cru mes frères nécessaires pour assurer ma dynastie.

Mes frères ont été beaucoup plus rois que moi ! Ils ont eu les jouissances de la royauté, je n’en ai eu que les fatigues.

J’ai toujours été heureux, jamais mon sort n’a resisté à ma volonté.

Je suis construit pour le travail. J’ai connu les limites de mes jambes, j’ai connu les limites de mes yeux, je n’ai pu connaître les limites de mon travail.

En mourant, je laisse deux vainqueurs, deux hercules au berceau : la Russie et les Etats-Unis d’Amérique.

Une de mes grandes pensées avait été l’agglomération, la concentration des mêmes peuples géographiques qu’on dissout et morcelle. J’eusse voulu faire de chacun de ces peuples un seul et même corps de nation ; c’est avec un tel cortège qu’il eût été beau de s’avancer dans la bénédiction des siècles. Je me sentais digne de cette gloire.

Le sot a un grand avantage sur l’homme d’esprit : il est toujours content de lui-même.

C’est dans la morale que se trouve la vraie noblesse ; hors d’elle, elle n’est nulle part.

Les peuples passent, les trônes s’écroulent, l’Eglise demeure.

Une tête sans mémoire est une place sans ganison.

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ACTEURS DE LA REVOLUTION ET DU CONSULAT PAR NAPOLEON 1er

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , à 12:40 par napoleonbonaparte

Maximilien de Robespierre, “l’incorruptible” (1758-1794)

Ni Robespierre, ni Danton, ni Marat n’avaient d’égaux quand « liberté, égalité ou la mort » se lisaient en lettres de sang sur toutes les bannières françaises ; ils étaient les premiers d’une aristocratie terrible, dont la livrée était teinte journellement par la hache du bourreau.

(Napoléon Bonaparte)

Le général Caffarelli était d’une activité qui ne permettait pas de s’apercevoir qu’il avait une jambe de moins. Il entendait parfaitement les détails de son arme, mais il excellait par les qualités morales et par l’étendue de ses connaissances dans toutes les parties de l’administration publique. C’était un homme de bien, brave soldat, fidèle ami, bon citoyen. Il périt glorieusement au siège de Saint-Jean-d’Acre en prononçant sur son lit de mort un très éloquent discours sur l’instruction publique.

Le vrai caractère perce toujours dans les grandes circonstances ; voilà l’étincelle qui signale le héros de la Vendée.

C’était un homme bien extraordinaire, fait pour tout ; on ne conçoit pas pourquoi il s’est séparé de Robespierre et s’est laissé guillotiner. Il paraît que les deux millions qu’il avait pris en Belgique avait altéré son caractère. C’est lui qui disait : « de l’audace, puis de l’audace et encore de l’audace ».

Desaix était dévoué, généreux, tourmenté par la passion de la gloire. Sa mort fut une de mes calamités ! Il était habile, vigilant, plein d’audace ; il comptait la fatigue pour rien, la mort pour moins encore.

Ce nain de Ducos, ce cul-de-jatte de Ducos, un homme borné et facile.

Dugommier avait toutes les qualités d’un vieux militaire ; extrêmement brave de sa personne, il aimait les braves et en était aimé ; il était bon, quoique vif, très actif, juste, avait le coup d’oeil militaire, le sang-froid et de l’opiniâtreté dans le combat.

Hoche fut un des premiers généraux que la France ait produits. Il était brave, intelligent, plein de talent, de résolution et de pénétration. Il était aussi intrigant. Si Hoche avait débarqué en Irlande, il aurait réussi. Il possédait toutes les qualités nécessaires pour assurer le succès de son expédition. Il était accoutumé à la guerre civile et savait comment s’y prendre en pareil cas. Il avait pacifié la Vendée et était ce qu’il fallait pour l’Irlande : c’était un homme superbe, très adroit et d’un extérieur prévenant.

Ce fut une des plus belles réputations militaires de la Révolution… Hoche était un véritable homme de guerre.

Le général Joubert qui a commandé à la bataille de Rivoli, a reçu de la nature les qualités qui distinguent les guerriers : grenadier par le courage, il était général par le sang-froid et les talents militaires.

Il était grand, maigre, semblait naturellement d’une faible complexion : mais avait trempé sa constitution au milieu des fatigues, des champs et de la guerre et des montagnes. Il était intrépide, vigilant, actif… Il était fait pour arriver à une grande renommée militaire.

Joubert avait une haute vénération pour moi ; à chaque revers éprouvé par la République, durant l’expédition d’Egypte, il déplorait mon absence. Se trouvant en cet instant chef de l’armée d’Italie, il m’avait pris pour modèle, aspirait à me recommencer, et ne prétendait à rien de moins qu’à tenter ce que j’ai exécuté depuis en Brumaire, seulement, il eût agi avec les Jacobins.

Kléber était doué d’un grand talent, mais il n’était que l’homme du moment ; il cherchait la gloire comme la seule route aux jouissances ; d’ailleurs, nullement national, il eût pu, sans effort, servir l’étranger ; il avait commencé dans sa jeunesse sous les Prussiens, dont il demeurait fort engoué.

Il y a des dormeurs dont le réveil est terrible : Kléber était d’habitude endormi, mais dans l’occasion -et toujours au besoin- il avait le réveil du lion.

Si Kléber avait vécu, la France aurait conservé l’Egypte.

La mort de Kléber fut une perte irréparable pour la France et pour moi. C’était un homme doué des talents les plus brillants et de la plus grande bravoure.

Kléber, c’était l’image du dieu Mars en uniforme.

Il était de la très petite bourgeoisie ; petit, bossu, de l’extérieur le plus désagréable qu’on puisse imaginer, c’était un véritable Esope. Il n’avait ni l’habitude des affaires ni la connaissance des hommes. Du reste il était patriote, chaud et sincère, honnête homme, citoyen probe et instruit ; il entra au Directoire et sortit pauvre. La nature ne lui avait accordé que les qualités d’un magistrat subalterne.

Naturellement dissimulé, inobligeant, dur et sans affection, dévoré d’ambition.

Marat avait de l’esprit mais était un peu fou. Ce qui lui a donné une grande popularité, c’est qu’en 1790 il annonçait ce qui arriverait en 1792 ; il luttait seul contre tous. C’était un homme bien singulier.

Il était l’un des meilleurs avocats de Colmar. Il avait l’esprit qui caractérise un bon praticien ; il influença presque toujours les délibérations, prenait facilement des préjugés, croyait peu à la vertu et était d’un patriotisme assez exalté. Il avait, comme les patriciens, un préjugé d’Etat contre les militaires.

C’était un fanatique, un monstre ; mais il était incorruptible et incapable de voter ou causer la mort de qui que ce fût par inimitié personnelle ou par désir de s’enrichir. C’était un enthousiaste, il croyait agir selon la justice, et il ne laissa pas un sou après sa mort.

Sieyès était l’homme du monde le moins propre au gouvernement mais essentiel à consulter, car quelquefois il avait des aperçus lumineux et d’une grande importance.

août 29, 2007

LES PERSONNAGES HISTORIQUES PAR L’EMPEREUR NAPOLEON 1er

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , à 7:07 par napoleonbonaparte

 L’assassinat de Jules César par Gérôme (1824-1904) 

Quand on veut se meler de gouverner, il faut savoir payer de sa personne, au besoin savoir se laisser assassiner.

(Napoléon Bonaparte)

Ce que j’aime chez Alexandre le Grand, ce ne sont pas ses campagnes que nous ne pouvons concevoir, mais ses moyens politiques. Il laissa à trente-trois ans un immense empire bien établi, et il avait eu l’art de se faire aimer des peuples vaincus.

Alexandre Le Grand, César, Hannibal, le Grand Gustave et d’autres réussissent toujours ; est-ce parce qu’ils ont eu du bonheur qu’ils deviennent ainsi de grands hommes ? Non, mais parce qu’étant des grands hommes ils ont maîtrisé leur bonheur ! Quand on veut étudier les ressorts de leurs succès, on est tout étonné de voir qu’ils avaient tout fait pour l’obtenir.

C’était une maîtresse femme, elle était digne d’avoir de la barbe au menton.

César n’a jamais voulu se faire roi, et il n’a pas été tué pour avoir ambitionné la couronne, mais pour avoir voulu établir l’ordre civil par la réunion de tous les partis. Il a été tué dans le Sénat où il avait placé un grand nombre de ses ennemis, c’est à dire plus de quarante amis de Pompée.

D’où a-t-il cette grandeur antique ? C’est le génie ! Le génie, voyez-vous, est une flame qui tombe du ciel mais qui trouve rarement un esprit prèt à la recevoir. Corneille était un homme qui connaissait le monde. C’est justement pourquoi je prétends qu’il est un grand homme.

S’il vivait, je le ferais prince.

Ce n’était pas un grand militaire, il n’a gagné que deux batailles. La révolution d’Angleterre n’a rien de commun avec la nôtre, et Cromwell rien de commun avec moi : Cromwell a tout fait par la force, et moi tout régulièrement par les lois.

Si François Ier avait embrassé le luthérianisme, si favorable à la suprématie royale, il eût épargné à la France de terribles convulsions religieuses amenées plus tard par les calvinistes. Après tout, il n’était qu’un héros de tournoi, un beau de salon, un de ces grands hommes pygmées.

En plaine, je pense comme Frédéric : il faut toujours attaquer le premier.

Il a été grand surtout dans les moments les plus critiques : c’est le plus bel éloge que l’on puisse faire de son caractère. Ce qui distingue le plus Frédéric, ce n’est pas l’habileté de ses manoeuvres, c’est son audace ! Il a exécuté ce que je n’ai jamais tenté. Il a quitté sa ligne d’opération et a souvent agi comme s’il n’avait aucune connaissance de l’art militaire.

Voilà un homme !

Il a été le plus audacieux de tous [les grands guerriers], le plus étonnant peut être ! Si hardi, si sûr, si large en toutes choses, qui, à vingt-six ans, conçoit ce qui est à peine concevable, exécute ce qu’on devait tenir pour impossible ; qui, renonçant à toute communication avec son pays, traverse des peuples ennemis ou inconnus qu’il faut attaquer et vaincre, escalade les Pyrénées et les Alpes… Certes, il devait être doué d’une âme de la trempe la plus forte et avoir une bien haute idée de sa science en guerre.

C’était un bon homme, mais il n’a rien fait d’extraordinaire, et ce barbon qui courait les rues de Paris après les catins n’était qu’un vieux fou. Je suis sûr que, de son temps, il n’avait pas la réputation qu’on lui donne maintenant.

Depuis Charlemagne, quel est le roi de France qu’on puisse comparer à Louis XIV sous toutes les faces ?

Louis XIV fut un grand roi ; c’est lui qui a élevé la France au premier rang des nations… Mais le soleil n’a-t-il pas lui même ses taches ?

Sa mort m’a paru une opprobe pour la nation ! Quant aux juges du roi, chez plusieurs, c’est la peur plutôt que la haine et la méchanceté qui l’a jugé. J’ai toujours regardé sa mort comme un crime.

Nous condamnons Louis XVI ; mais, indépendamment de sa faiblesse, il a été le premier prince attaqué. C’est celui sur lequel les nouveaux principes faisaient leur essai.

Qui fut plus populaire, plus débonnaire que le malheureux Louis XVI ? Pourtant quelle a été sa destinée ? Il a péri ! C’est qu’il faut servir dignement le peuple et ne pas s’occuper de lui plaire. La belle manière de le gagner, c’est de lui faire du bien, car rien n’est plus dangereux que de le flatter : s’il n’a pas ensuite tout ce qu’il veut, il s’irrite et pense qu’on lui a manqué de parole et, si alors on lui résiste, il hait d’autant plus qu’il se dit trompé.

Si Louis XVI s’était échappé à Varennes, le duc d’Orléans aurait été fait roi et la Révolution aurait pris un tout autre cours.

Bien que Racine ait accompli des chefs-d’oeuvre en eux-même, il a répandu néanmoins une perpétuelle fadeur, un éternel amour et son ton douceureux, son fastidieux entourage. Mais ce n’était pas précisément sa faute. C’était le vice et les moeurs du temps.

Ne me parlez pas de ce pamphlétaire qui a calomnié les empereurs. Il fait des scélérats profonds de tous les empereurs, sans faire admirer le génie qui les a pénétrés.

Turenne est le plus grand général français. Contre l’ordinaire, il a pris de l’audace en vieillissant ; ses dernières campagnes sont superbes.

août 28, 2007

LES DIGNITAIRES CIVILS DE L’EMPIRE PAR NAPOLEON 1er

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , à 10:18 par napoleonbonaparte

Jean Etienne Marie Portalis (1746-1807)

L’art le plus difficile n’est pas de choisir les hommes, mais de donner aux hommes que l’on a choisis toute la valeur qu’ils peuvent avoir.

Un homme que je fais ministre ne doit plus pouvoir pisser au bout de quatre ans. C’est un honneur et une fortune éternelle pour sa famille.

(Napoléon Bonaparte)

Je parie que je ferais enfermer Bourrienne seul dans le jardin des Tuileries qu’il finirait pas y trouver une mine d’argent.

Si vous voulez bien manger, allez chez Cambacérès.

Il aura toujours droit à ma reconnaissance et à mon intérêt. Je ne ferai point de difficulté pour l’employer.

Carnot était travailleur, sincère dans tout, sans intrigues, mais facile à tromper. Il montra toujours un grand courage moral. Il a été fidèle, travailleur, probe, et toujours vrai.

Carnot, c’est le plus honnête des hommes. Il a quitté la France sans un sou.

Caulaincourt n’a pas fait grand-chose à Saint-Petersbourg. C’est un honnête homme qui m’a bien servi, mais il ne convenait pas comme ministre des affaires étrangères.

Un vrai courtisan, et d’ailleurs l’homme le plus vaniteux qu’il eût jamais vu.

Il croyait que j’étais comme Louis XV, qu’il fallait me cajoler, me plaire. Si j’avais des maîtresses, il serait le plus empressé serviteur.

Un homme d’une rare capacité, mon meilleur administrateur… un boeuf au travail.

Decrès est généralement détesté mais on a tort ; il a rendu de grands services à la marine. Il est très capable, homme d’esprit, beaucoup de caractère, et ennemi, en tout genre, des abus.

Homme d’esprit, mais petite tête… trop adulateur.

Mon Université, tel que je l’avais conçue, était un chef-d’oeuvre dans ses combinaisons, et devait en être un de ses résultats nationaux. Un méchant homme [Fontanes] m’a tout gâté, et cela avec mauvaise intention et par calcul sans doute.

Si je ne l’eusse pas retenu, il nous aurait donné l’éducation de Louis XV, nous aurait fait des marquis ; or ils ne sont bons qu’à la comédie.

Celui-ci n’est qu’intrigant ; il a prodigieusement d’esprit et de facilité d’écrire. C’est un voleur qui prend de toutes mains. Il doit avoir des millions ! Il a été un grand révolutionnaire, un homme de sang. Il croit racheter ses torts ou les faire oublier en cajolant les parents de ses victimes et se faisant, en apparence, le protecteur du Faubourg Saint-Germain. C’est un homme qu’il peut être utile d’employer parce qu’il est encore le drapeau de beaucoup de révolutionnaires, et d’ailleurs très capable, mais je ne puis jamais avoir confiance en lui.

J’aurais dû le faire pendre plus tôt, j’en laisse maintenant le soin aux Bourbons.

C’est un homme de peu de moyens, d’une parfaite immoralité, qui n’est bon qu’à tramer de petites intrigues, et ce qui peut lui arriver de plus heureux c’est qu’on ne parle plus de lui. Louis XVIII a sagement fait de le chasser.

C’est un homme tout d’une pièce, et c’est une forteresse inattaquable pour la corruption. Je me suis toujours applaudi de son concours, et je lui porte une amitié que je me plais à rappeler.

Lacuée est un homme intègre ; plus propre que personne, après Daru, pour mener l’administration de guerre.

Au Conseil d’Etat, j’étais très fort tant qu’on demeurait dans domaine du code. Mais, dès qu’on passait aux régions extérieures, je tombais dans les ténèbres et Merlin était ma ressource. Sans être brillant, il était fort érudit, puis sage, droit et honnête. Il m’était fort attaché.

Molé, ce beau nom de la magistrature, caractère appelé probablement à jouer un rôle dans les ministères futurs.

Mollien avait ramené le trésor public à une simple maison de banque, si bien que, dans un seul petit cahier, j’avais constamment sous les yeux l’état complet de mes affaires : ma recette, ma dépense, mes arriérés, mes ressources.

J’aurais nommé Narbonne grand maréchal à la mort de Duroc… Il est devenu homme de cour, homme de beaucoup d’esprit et diplomate de haute valeur. Malheureusement, j’ai écouté Talleyrand qui le craignait.

Portalis serait l’orateur le plus fleuri et le plus éloquent s’il savait s’arrêter.

Quel dommage que Regnault aime tant l’argent et les plaisirs qu’il procure ! Ce serait un ministre comme jamais je n’en ai pu trouver un.

Il ne faut pas laisser entrevoir à Savary l’opinion que j’ai de son incapacité.

Savary est un homme secondaire, qui n’a pas assez d’expérience et de calme pour être à la tête d’une grande machine. Du reste, c’est un homme d’énergie.

Si on le laissait faire, il mettrait bientôt le feu à la France

Les mouvements de Savary font hausser les épaules aux hommes qui raisonnent.

Je l’ai couvert d’honneurs, de richesses, de diamants. Il a employé tout cela contre moi ! Il m’a trahi autant qu’il le pouvait à la première occasion qu’il a eue de le faire.

Comment voulez-vous que cet homme ne soit pas riche, ayant vendu tous ceux qui l’ont acheté ?

Nous n’étions pas toujours du même avis, Talleyrand et moi ; il lui est arrivé plus d’une fois de m’en donner de bons.

C’est un homme d’intrigue, d’une grande immoralité, mais avec beaucoup d’esprit et, certes, le plus capable des ministres que j’aie eus.

Non que je ne rende justice à ses talents. C’est l’homme qui a le plus de vues et d’adresse, mais c’est de l’or à côté de la merde.

Il n’a jamais été pour moi éloquent ni persuasif ; il roulait beaucoup, et longtemps autour de la même idée. Il était si adroitement évasif et divagant qu’après des conversations de plusieurs heures il s’en allait, ayant échappé souvent aux éclaircissements ou aux objets que je m’étais promis d’en obtenir lorsque je l’avais vu arriver.

août 27, 2007

LES GENERAUX D’EMPIRE PAR L’EMPEREUR NAPOLEON 1er

Posted in CITATIONS, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , à 10:55 par napoleonbonaparte

Général Lasalle (1775 - 1809)

J’ai tiré la plupart de mes généraux de la boue. Partout où j’ai trouvé le talent et le courage, je l’ai élevé et mis à sa place car mon principe était de tenir la carrière ouverte aux talents.

(Napoléon Bonaparte)

J’ai dit que le général Bertrand était l’homme de la vertu, je n’ai rien dit de trop ; sa réputation est faite.

Bertrand est le meilleur ingénieur depuis Vauban.

Bourmont s’est conduit bassement… Il était connu pour être un des Véndéens les plus faux et les plus hypocrites : je n’aurais jamais dû l’employer.

Bourmont est une de mes erreurs.

Je n’ai jamais rencontré d’homme aussi prononcé, aussi déterminé dans l’exécution de son opinion. J’aurai dû le nommer commandant de la garde nationale de Paris.

C’est une famille de braves. Je n’ai pas assez fait pour lui.

Je gagne brillament la bataille de Ligny, mais un lieutenant [Drouet d’Erlon] me prive de ses fruits… Le mouvement d’Erlon m’a fait bien du tort… D’Erlon est un bon chef d’état-major, a de l’ordre, mais voilà tout.

  • Antoine Drouot, Commandant général de la Garde Impériale, Comte (1774-1847)

Drouot, c’est la vertu.

Plein de charité et de religion, sa morale, sa probité et sa simplicité lui eussent fait honneur dans les plus beaux jours de la république romaine. ; il n’existait pas deux officiers dans le monde pareils à Murat pour la cavalerie et à Drouot pour l’artillerie.

Dupont a flétri nos drapeaux. Quelle ineptie, quelle bassesse ! Il a signé une capitulation où il a compromis les intérêts de son armée en ne la faisant pas garantir par les agents anglais au camp de l’ennemi.

J’aime Duroc parce qu’il est sérieux et décidé de caractère ; je crois que cet homme n’a jamais pleuré.

C’est depuis vingt ans la seule fois qu’il n’ait pas deviné ce qui pouvait me plaire.

« Ici le général Duroc, duc de Frioul, grand maréchal du palais de l’Empereur Napoléon, frappé glorieusement par un boulet, est mort dans les bras de l’empereur, son ami. »

Duroc avait des passions vives, tendres et secrètes, qui répondaient peu à sa froideur extérieure. Duroc était pur et moral, tout à fait désintéressé pour recevoir, extrêmement généreux pour donner.

Eblé était un homme du plus grand mérite.

Ce n’est pas comme on l’a dit, parce qu’il était trop jeune que je ne l’ai pas nommé [comme grand maréchal du palais, après la mort de Duroc en 1813]. C’est parce qu’il était homme à bonnes fortunes, et surtout parce que sa mère, Mme De Souza, était dans toutes les intrigues de Paris. Flahaut je l’aimais… Il a beaucoup d’esprit naturel, une brillante bravoure et une grande habitude au monde.

Le comte Gérard s’y couvrit de gloire et y montra autant d’intrépidité que de talent… Les généraux qui semblaient devoir s’élever aux destinées de l’avenir étaient Gérard, Clauzel, Foy, Lamarque… C’étaient mes nouveaux maréchaux.

C’est un militaire de peu de valeur ; c’est cependant un écrivain qui a saisi quelques idées saines sur la guerre.

Il était aveuglé par un sentiment honorable ; l’amour de la patrie ne l’a pas retenu.

Junot dans la campagne de Russie me mécontenta fort ; on ne le reconnaissait plus ; il fit des fautes capitales qui nous coûtèrent bien cher.

Il avait dissipé de vrais trésors sans discernement, sans goût ; trop souvent même dans des excès grossiers.

La Bédoyère était éminemment français ; il fut guidé par les sentiments les plus nobles et les plus chevaleresques dans la démarche qu’il fit à Grenoble ; dévouement alors admirable, car tout était douteux.

Lallemand s’est déclaré pour moi à mon retour de l’île d’Elbe, dans le moment le plus périlleux.

Il a beaucoup de résolution, est capable de faire des combinaisons, et il y a peu d’hommes plus propres que lui à conduire une entreprise hasardeuse. Il a le feu sacré.

Le général de division Lasalle a été tué d’une balle. C’était un officier du plus grand mérite et l’un de nos meilleurs généraux de cavalerie légère.

Lecourbe était un excellent général, accumulant des victoires qui ont achevé la victoire de son ami le général Moreau à Hohenlinden en 1800.

Très brave, il eût été un excellent maréchal de France ; il avait reçu de la nature toutes les qualités nécessaires pour être un excellent général… Je l’ai éloigné parce que, lors du procès de Moreau et Georges Cadoudal, il s’est rangé du côté de mes ennemis.

Voilà le meilleur ouvrage que j’aie lu depuis quatre ans ! Il y a des choses qu’il dit mieux que moi ; il les sait mieux parce que, dans le fond, il était plus chef de corps que moi. C’est un homme instruit qui écrit bien, simplement et convenablement.

Je l’engage à continuer à écrire pour la défense et la gloire des armées françaises et en confondre les calomniateurs et les apostats.

Le général Marchand n’est pas maréchal d’Empire, mais il vaut quatre maréchaux.

Le général Marescot s’étant déshonoré en attachant son nom à une infâme capitulation, ce qui m’a contraint à lui ôter toutes ses charges et emplois.

Mon Mouton est un lion.

Mouton est le meilleur colonel qui ait jamais commandé un régiment de Français.

Le général de division comte Rapp a eu un cheval tué sous lui ; l’intrépidité dont ce général a donné tant de preuves se montre dans toutes les occasions.

Le général Saint-Hilaire, blessé au commencement de l’action, est resté toute la journée sur le champ de bataille et s’est couvert de gloire.

Ceux-là [Lannes et Saint-Hilaire] n’eussent pas été infidèles à la gloire du peuple français.

Pillard comme un enragé mais brave comme un César.

Si j’avais deux Vandamme, j’en ferais fusiller un, mais je n’en ai qu’un et je le garde pour moi.

août 26, 2007

LA FAMILLE IMPERIALE PAR L’EMPEREUR NAPOLEON 1er

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Blason de la famille Bonaparte (ou Buonaparte)

Je n’ai pas trouvé de coopération dans ma famille. Si je n’avais pas voulu l’utiliser, j’aurai réussi plus aisément.

(Napoléon Bonaparte)

  • Letizia Bonaparte, Madame Mère (1750-1836)
  • Tout petit garçon, j’ai été initié à la gêne et aux privations d’une nombreuse famille. Mon père et ma mère ont connu de mauvais jours… huit enfants ! Le ciel est juste… Ma mère est une digne femme.

    Ma mère était par trop parcimonieuse ; c’en était ridicule… C’était excès de prévoyance ; elle avait connu le besoin, et ces terribles moments ne lui sortaient pas de la pensée… mais chez elle le grand l’emportait encore sur le petit : la fierté, la noble ambition marchaient avant l’avarice.

    Madame Mère avait une âme forte et trempée aux plus grands évènements.

Joseph, c’est un fort bon homme. Je ne doute pas qu’il ne fît tout au monde pour moi ; mais toutes ses qualités tiennent uniquement de l’homme privé. Dans les hautes fonctions que je lui avais confiées, il a fait ce qu’il a pu, mais dans les circonstances bien grandes la tâche s’est trouvée peu proportionnée avec ses forces.

Beaucoup d’esprit, des connaissances, et beaucoup de caractère… ornement de toute assemblée politique.

  • Elisa Bonaparte, princesse de Lucques et Piombino, grande duchesse de Toscane (1777-1820)

Maîtresse femme, elle avait de nobles qualités, un esprit recommandable et une activité prodigieuse, connaissant les affaires de son cabinet aussi bien qu’eût pu le faire le plus habile diplomate. Il n’y a pas eu d’intimité entre nous, nos caractères s’y opposaient.

Il a de l’esprit et n’est point méchant, mais avec ces qualités un homme peut faire bien des sottises et causer bien du mal. Dès son arrivée en Hollande, il n’imaginait rien de beau comme de faire dire qu’il n’était plus qu’un bon Hollandais. Jamais un homme ne s’égara plus complètement avec de bonnes intentions ; jamais l’honnêteté sans intelligence ne fit plus de mal.

Défenseur des intérêts matériels, Louis laissa par son départ un prétexte à bien des mécontentements, et sa révolte de 1810 servit en 1814 d’exemple et d’excuse aux passions égoïstes.

Quand il était petit, il faisait des vers. Mais, pour Dieu, pourquoi les fait-il imprimer ? Il faut avoir le diable au corps !

Pauline était trop prodigue ; elle avait trop d’abandon. Elle aurait dû être immensément riche par tout ce que je lui ai donné ; mais elle donnait tout à son tour, et sa mère la sermonnait souvent à cet égard, lui prédisant qu’elle pourrait mourir à l’hôpital.

Dans sa petite enfance, on la regardait comme la sotte et la cendrillon de la famille ; mais elle en a bien rappelé ; elle a été une très belle femme et elle devenue très capable.

La reine de Naples s’était beaucoup formée dans les évènements. Il y avait chez elle de l’étoffe, beaucoup de caractère et une ambition désordonnée.

Jerôme en mûrissant, eût été propre à gouverner ; je découvrais en lui de véritables espérances.

  • Joséphine, impératrice des Français (1763-1814)

Un fils de Joséphine m’eût été nécessaire et m’eût rendu heureux non seulement comme résultat politique, mais comme douceur domestique.

Joséphine faisait des dettes que j’étais obligé de payer. Je ne l’aurais jamais quitté si elle avait pu avoir un enfant.

Joséphine avait donné le bonheur à son mari et s’était constamment montrée son amie le plus tendre, professant – à tout moment et en toute occasion – la soumission, le dévouement et la complaisance la plus absolue.

Eugène est une tête carrée, un administrateur habile, c’est un homme de mérite supérieur, mais ce n’est pas un homme de génie. Il n’a pas ce caractère qui distingue les grands hommes.

Le mariage avec une Autrichienne, ce que les meilleures têtes considéraient comme le chef-d’oeuvre de ma politique, m’a précipité du trône. J’ai posé le pied sur un abîme recouvert de fleurs.

C’est une bonne petite femme timide qui avait toujours peur en se voyant au milieu des Français qui avait assassiné sa tante.

Je l’envie ! La gloire l’attend, alors que j’ai dû courir après elle. Pour saisir le monde il n’aura qu’à tendre les bras. J’aurais été Philippe, il sera Alexandre.

Je préférerais qu’on egorge mon fils plutôt de le voir jamais élevé comme un prince autrichien.

août 25, 2007

LES MARECHAUX D’EMPIRE PAR L’EMPEREUR NAPOLEON 1er

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La distribution des Aigles (1810) par Jacques-Louis David (1748 - 1825)

Ces gens-là [les maréchaux] n’ont ni coeur ni entrailles ; je suis moins vaincu par la fortune que par l’égoïsme et l’ingratitude de mes frères d’armes.

(Napoléon Bonaparte)

Jadis il était brave. Je n’oublierai jamais l’affaire de Castiglione. Son courage, ses vertus premières l’avaient élevé très haut hors de la foule. Les honneurs, les dignités, la fortune l’y avaient replongé.

Il a vieilli vingt ans sous mes ordres, il n’a plus la même ardeur ; d’ailleurs il a eu des moyens militaires, mais jamais de génie ni d’éducation… Le vainqueur de Castiglione eût pu laisser un nom cher à la France ; mais elle réprouvera la mémoire du défectionnaire de Lyon, dont la trahison a fait tant de mal à la patrie.

Sa taille, ses manières, ses paroles lui donnaient l’air d’un bravache, ce qu’il était bien loin d’être quand une fois il se trouva gorgé d’honneurs et de richesses.

C’est lui qui a donné à nos ennemis la clef de notre politique, la tactique de nos armées ; c’est lui qui a montré le chemin du sol sacré. Vraiment dirait-il pour excuse qu’en acceptant le trône de Suède, il n’a plus dû n’être que suédois, excuse banale, bonne tout au plus pour la multitude et le vulgaire des ambitieux. Pour prendre femme on ne renonce point à sa mère, encore moins est-on tenu de lui percer le sein et de lui déchirer les entrailles.

Si une nation acceptait un Français qui s’est fait étranger, qui est venu les armes à la main envahir son pays avec les hordes du Nord, ce serait se déshonorer. Le destin, il faut l’espérer, n’a pas réservé une telle honte à la France ! Un Français qui doit la gloire qu’il s’est acquise, la réputation qui l’a porté sur la première marche du trône, au courage et à la valeur de ses compatriotes, ce Français, qui a oublié qu’il est né sur cette terre des braves et qui vient pour asservir, celui-là ne peut espérer commander à la grande nation ; son nom seul doit faire bouillonner le sang de tout ce qui est français.

Il était suédois en quelque sorte et n’a jamais promis que ce qu’il avait l’intention de tenir. Je puis l’accuser d’ingratitude, non de trahison.

En vérité, je ne puis comprendre comment il a pu s’établir entre Berthier et moi une relation qui ait quelque apparence d’amitié. Je ne m’amuse guère aux sentiments inutiles, et Berthier était si médiocre que je ne sais pourquoi je m’amusais à l’aimer. Et cependant, au fond, quand rien ne m’en détourne, je crois que je ne suis pas tout à fait sans quelque penchant pour lui.

Il y a des hommes que la nature a marqués pour les postes subordonnés. Tel était Berthier ! Il n’y avait pas au monde meilleur chef d’état major, mais, changé son état, il ne pouvait commander à cinq cents hommes.

Ce maréchal, qu’on peut à juste titre nommer brave et juste, était recommandable autant par son coup d’oeil militaire et par sa grande expérience de l’arme de la cavalerie que par ses qualités civiles et son attachement à l’empereur.

Le duc d’Istrie est mort de la plus belle mort, sans souffrir. Il laisse une réputation sans tache : c’est le plus bel héritage qu’il ait pu laisser à ses enfants.

Bessières a vécu comme Bayard et il est mort comme Turenne.

Les hommes de 1815 n’étaient pas les mêmes que ceux de 1792. Les généraux craignaient tout… J’aurai eu besoin d’un commandant de la garde ; si j’avais eu Bessières à Waterloo, ma garde aurait décidé de la victoire. Il était d’une bravoure froide, calme au milieu du feu ; il avait de très bons yeux, il était fort habile aux manoeuvres de cavalerie. Plein de vigueur mais prudent et circonspect. On le verra dans toutes les grandes batailles rendre les plus grands services. Il avait en moins ce que Murat avait en trop.

Il s’est perdu dans mon esprit à cause de sa conduite avec le roi de Suède dans les affaires de Stralsund. Un maréchal de France valait un roi de Suède ! Je rends justice au maréchal Brune, il a bien fait en Hollande ; la bataille d’Alkemaar a sauvé la République d’un grand péril.

La conduite du maréchal prince d’Eckmühl avait été pure et les mémoires qu’il avait publiés convenables.

En voilà un que j’ai fort maltraité assurément. Rien de plus naturel sans doute que de penser qu’il eût dû m’en vouloir beaucoup. Eh bien, j’ai appris avec un plaisir qu’après ma chute il est demeuré constamment très bien. Il a montré là cette élévation d’âme qui honore et classe les gens. Du reste, c’est un vrai patriote ; c’est une réponse à bien des choses.

Kellermann était un brave soldat, extrêmement actif, avait beaucoup de bonnes qualités, mais il était tout à fait privé des moyens nécessaires pour la direction en chef d’une armée. Il ne fit dans la conduite de cette guerre d’Italie que des fautes.

Je perds le général le plus distingué de mes armées, celui que je considérais comme mon meilleur ami ; ses enfants auront toujours des droits particuliers à ma protection.

L’un des militaires les plus distingués qu’a eus la France ! Chez Lannes, le courage l’emportait d’abord sur l’esprit, mais l’esprit montait chaque jour pour se mettre en équilibre. Je l’avais pris pygmée, je l’ai perdu géant… Un des hommes au monde sur lesquels je pouvais le plus compter.

Au siège de Dantzig, il m’écrivait d’abord que des sottises; mais, lorsque les Russes débarquèrent, il se trouva dans son élément et ses rapports devinrent ceux d’un homme qui voit bien.

Lefebvre est cause de la victoire de Fleurus. C’est un bien brave homme qui ne s’occupe pas des grands mouvements qui s’opèrent à sa droite et à sa gauche ; il ne songe qu’à bien se battre. Il n’a pas peur de mourir. C’est bien ! Mais parfois, ces gens là se trouvent dans une position aventurée, entourés de tous côtés, alors ils capitulent, et après, ils deviennent lâches pour toujours.

Masséna, d’un rare courage et d’une tenacité si remarquable, dont le talent croissait par l’excès du péril et qui, vaincu, était toujours prêt à recommencer comme s’il eût été vainqueur.

C’eût été un grand homme si ses qualités brillantes n’eussent été ternies par l’avarice… C’est Masséna qui a fait les plus grandes choses, quoique sa capitulation de Gênes, dont la défense lui fait un si grand honneur dans le public, soit sa plus grande faute.

Masséna avait été un homme très supérieur qui, par un privilège très particulier, ne possédait l’équilibre tant désiré qu’au milieu du feu ; il lui naissait au milieu du danger.

Moncey est un honnête homme.

Mortier m’a fait du mal en quittant le commandement de la Garde à Beaumont pendant la campagne de Waterloo ; il connaissait tout ce corps. Ce sera sûrement la faute de Mortier, à qui l’on aura écrit de Paris que le Corps législatif conspirait.

  • Joachim Murat, grand-duc de Berg et de Clèves, roi de Naples et des Deux-Siciles (1767-1815)

Le roi de Naples était vraiment sublime au feu, le meilleur officier de cavalerie au monde. Au combat c’était un « césar », mais, hors de là, « presqu’une femme »… Murat avait un très grand courage et fort peu d’esprit. La trop grande différence entre ces deux qualités l’explique en entier.

A Waterloo, je manquai d’un général pour mener toute ma cavalerie ; si j’avais eu Murat, j’aurai gagné la bataille.

Murat et Ney étaient les hommes les plus braves que j’aie jamais vus. Cependant Murat avait un caractère plus noble que Ney. Murat était généreux et franc ; Ney tenait de la canaille. Mais, chose étrange, quoique Murat m’aimât, il m’a fait plus de mal que qui que ce soit au monde…

Sa mort a été un assassinat car il était bien roi, ayant été reconnu par toutes les puissances.

Ce qui m’a porté le dernier coup, c’est d’avoir fait Murat roi de Naples.

  • Michel Ney, duc d’Elchingen, prince de la Moskowa (1769-1815)

Il est aussi faible qu’il est brave et son excessive ambition donne prise sur lui. Ney est le plus brave des hommes, mais là se bornent toutes ses facultés.

Il y avait en lui une disposition ingrate et factieuse et, si je devais mourir de la main d’un maréchal, il y a à parier que ce serait de la sienne.

Ney n’a eu que ce qu’il méritait ! Je le regrette comme un homme précieux sur le champ de bataille, mais il était trop immoral et trop bête pour réussir.

Sérurier avait conservé toutes les formes et la rigidité d’un major. Il était fort sévère sur la discipline et passait pour un aristocrate… Il était brave, intrépide de sa personne, mais pas heureux. Il avait moins d’allant que les précédents [généraux Masséna et Augereau], mais il les dépassait par la moralité de son caractère et la sagesse de ses opinions politiques.

Soult ne m’a pas servi à Waterloo autant qu’il eût été nécessaire. Son état-major, malgré tous mes ordres, n’était pas bien organisé. Berthier eût mieux fait.

Soult avait ses qualités et ses défauts : toute sa campagne du Midi de la France a été très belle et, ce qu’on aura de la peine à croire, c’est avec son attitude et sa tenue qui indiquent un grand caractère.

Victor est meilleur qu’on ne suppose. Au passage de la Berezina, il avait tiré très bon parti de son corps.

Il ne m’aime pas, mais c’est un homme d’honneur qui a des sentiments élevés et sur lequel je peux, je crois, pouvoir compter.

Il était le plus médiocre des généraux ; je l’ai soutenu, défendu contre tous parce que je lui croyais de l’honneur. Elevé dans mon camp, nourri dans ma maison, marié par moi, comblé de faveurs, de richesses, devenu un des hommes les plus marquants de la France, au moins un des plus élevés en dignité, son ambition lui a fait rêver qu’il pouvait s’élever encore ; il a oublié sous quel drapeau il a obtenu tous ses grades, sous quel toit il a passé sa jeunesse ; il a oublié qu’il doit tous ses honneurs au prestige de cette cocarde nationale qu’il foule aux pieds pour se parer du signe des traîtres qu’il a combattu pendant vingt-cinq ans !… Voilà le sort des souverains : ils font des ingrats !

C’est un général éprouvé dans cent combats, où il a montré autant d’intrépidité que de savoir.

Ce maréchal avait, pour son malheur, épousé une demoiselle de Couchy ; cette jeune femme le dominait entièrement et était dans le camp royaliste ; sa mauvaise conduite, ses propos en 1814, indisposèrent les Lorrains à tel point qu’il leur était devenu en horreur ; on ne l’appelait que « traître ».

C’est un homme qui, s’il était venu près de moi à Waterloo, aurait de suite tout compris… Si j’avais eu Suchet à la place de Grouchy, je n’aurais pas perdu Waterloo.

Mon tort est d’avoir employé Saint-Cyr ; il ne va pas au feu, ne visite rien, laisse battre ses camarades et aurait pu secourir Vandamme.

  • Józef Antoni Poniatowski, Prince de Pologne et du Saint Empire romain germanique, Généralissime des Polonais (1763-1813)

Le vrai roi de la Pologne, c’était Poniatowski : il réunissait tous les titres, et il en avait tous les talents.

Il était un homme de noble caractère, rempli d’honneur et de bravoure. J’avais l’intention de le faire roi de Pologne si mon expédition de Russie était heureuse.

La conduite du maréchal Grouchy, qui s’était distingué si souvent depuis vingt-cinq ans à la tête de la cavalerie, était aussi imprévisible que si, sur sa route, son armée eut éprouvé un tremblement de terre qui l’eût engloutie.

Non, non, Grouchy n’a pas agi [à Waterloo] avec l’intention de trahir, mais il a manqué d’énergie. Il y a eu aussi de la trahison parmi l’état-major. Cependant je n’en suis pas certain, n’ayant jamais revu Grouchy depuis lors.