janvier 19, 2008

BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – DE BRIENNE A L’ECOLE MILITAIRE

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Bonaparte à l’Ecole militaire s’initiant à la fortification

Tout ce qui n’est pas fondé sur les bases physiques et mathématiques exactes doit être proscrit par la raison.

(Napoléon Bonaparte)

La Corse avait été réunie à la France un peu plus d’un an avant la naissance de Napoléon. En 1777, son père, Charles Bonaparte, ayant été nommé membre de la députation envoyée à Versailles, obtint pour son second fils, Napoléon, une bourse à l’Ecole militaire de Brienne, où celui-ci entra le 23 avril 1779, âgé de neuf ans huit mois et huit jours. Comme nous bénirions l’artiste qui nous représenterait le jeune Corse traversant sur un navire le bras de mer qui sépare sa ville natale, et peut-être voyant déjà, à travers les brumes de l’océan, à l’horizon, un trône et un tombeau ! car on sait que Napoléon croyait sérieusement à son étoile. Ah oui, nous saurions infiniment gré à l’artiste, au poëte… La muse athénienne a chanté la traversée de la belle Lesbienne quittant sa patrie pour aller à la conquête d’une couronne dans la ville de Périclès. Que le voyage dut être long au gré de la jeune et belle inconnue, sans fortune aussi et, de plus, sans naissance, qu’un secret instinct menait vers la grande cité, où elle devait trouver pour époux plus qu’un roi ! Il nous semble la voir debout à la proue du navire ; elle cherche des yeux la célèbre cité hellénique. Elle aperçoit au loin une colline où elle ne distingue rien encore ; mais elle sait que c’est Athènes, et elle sent en elle un trouble indéfinissable. Comment la muse française n’a-t-elle, pas encore trouvé d’accents pour célébrer ce passage autrement mystérieux ? car là, si c’est une jeune fille, une beauté, un charme, un esprit ; ici, c’est un homme prédestiné, un incomparable génie. Quelles sont les idées qui devaient bouillonner dans ce cerveau de dix ans ? Que se passa-t-il dans cette barque, qui portait César et sa fortune? Admirable sujet, tout d’invention, mais où la fiction n’atteindrait point les hauteurs de la réalité. A Brienne, le nombre des élèves n’excédait guère cent dix, dont cinquante aux frais du roi, qui payait pour chacun 700 livres par an ; et soixante environ aux frais de leurs parents, payant aussi une pension de 700 livres. La maison, desservie par des minimes, n’avait que 8 à 10.000 livres de rente. On dit que ces moines étaient bien inférieurs en connaissances à ceux des congrégations qui dirigeaient les autres écoles militaires ; car, sous l’ancien régime, chose singulière ! c’étaient des moines qui étaient chargés de former les officiers de l’armée française. Obligés d’avoir recours à des professeurs laïques, et trop pauvres pour leur assurer un traitement convenable, les minimes de Brienne n’avaient que des sujets médiocres. Telle était leur pénurie à cet égard que, vers le temps où Napoléon entra dans leur école, ils avaient eu recours aux minimes de la Franche-Comté, qui leur envoyèrent le Père Patrault comme professeur de mathématiques, homme assez ordinaire d’ailleurs, qui avait pris Napoléon en grande amitié, et qui, rentré dans la vie séculière après 1789, devint secrétaire du général Bonaparte, quand celui-ci fut nommé commandant en chef de l’armée d’Italie. Une tante de Pichegru, soeur de charité, suivit ce minime à Brienne, et y amena son neveu alors jeune, Franc-Comtois comme elle, à qui l’on donna gratuitement la même éducation qu’aux élèves. Pichegru, doué d’une grande intelligence, devint, aussitôt que son âge le permit, maître de quartier et répétiteur pour les quatre règles d’arithmétique du Père Patrault, qui a eu ainsi la gloire de compter parmi ses élèves un des bons généraux de la France et le plus grand capitaine des temps modernes. Pichegru songeait alors à se faire minime ; c’était là toute son ambition, c’était aussi le désir de sa tante ; mais le Père Patrault l’en dissuada en lui disant que leur profession n’était plus du siècle, et qu’il devait songer à quelque chose de mieux. Ce conseil d’un homme de bon sens porta Pichegru à s’enrôler dans le régiment d artillerie de Metz, où il devint bientôt après bas officier, et obtint rapidement, sous la République, le grade de général de division et les fonctions de général en chef de l’armée de Hollande. II y avait à l’Ecole de Brienne un maître d’écriture nommé Dupré, qui donna pendant quinze mois des leçons à Napoléon, et un maître d’escrime, le sieur Daboval, qui lui donna aussi des leçons de son art. Celui-ci devint sous-officier de gendarmerie, et n’est mort, retiré a Nogent-sur-Marne, qu’au commencement de 1834, âgé de plus de quatre-vingts ans. A propos de l’autre, on raconte que, peu de temps après l’élévation de Napoléon a l’Empire, un homme âgé, et d’une mise plus que modeste, arriva un jour à Saint-Cloud, et sollicita du grand maréchal Duroc la faveur d’une audience particulière de l’Empereur. Introduit presque aussitôt dans le cabinet de Napoléon : « Qui êtes-vous, et que me voulez-vous ? demanda sèchement l’empereur. Sire, répondit le solliciteur, c’est moi qui ai eu le bonheur de donner des leçons d’écriture à Votre Majesté pendant quinze mois, à Brienne. – Le bel élève, en vérité, que vous avez fait là ! dit vivement l’Empereur ; ma foi, monsieur Dupré, je ne vous en fais pas mon compliment. » Puis, se prenant à rire de sa vivacité, il adressa quelques paroles bienveillantes au pauvre vieillard, et le congédia en lui promettant de lui faire savoir bientôt de ses nouvelles. Le vieux professeur reçut, en effet, quelques jours après, le brevet d’une pension1 de 1.200 francs sur la cassette particulière de l’Empereur, signée de cette terrible griffe parfaitement illisible, mais reconnaissable entre toutes, comme une griffe de lion, dont Sa Majesté était redevable aux leçons du pauvre Dupré. Napoléon avait apporté à Brienne une âme, encore tout italienne : il se sentait comme étranger et mal à l’aise parmi ces jeunes nobles français, la plupart infatués de leurs noms, et qui regardaient la patrie du jeune Corse comme un pays barbare. Il ne prenait que rarement part à leurs jeux et à leurs exercices, et ne se lia qu’avec un ou deux de ses camarades. Malgré sa petite taille, son air sombre et fier leur imposait ; toutefois, le nom de Napoleone, que son accent corse lui faisait prononcer à peu près Napoillioné, lui valut de ses nouveaux camarades le sobriquet de La Paille-au-Nez. Dévoré du désir d apprendre, et déjà, pressé du besoin de parvenir, Napoléon se faisait remarquer de ses maîtres par une application forte et soutenue ; il était, pour ainsi dire, le solitaire de l’école. On croit que l’éloignement du jeune écolier pour ses condisciples prenait aussi sa source dans l’état d’infériorité où il se sentait placé, en raison de sa condition de boursier et du peu de fortune de sa famille, qui ne permettait pas à celle-ci de lui envoyer les petits secours d’argent que les autres recevaient de leurs parents. Un dernier trait, qui achèvera de peindre cette fierté de l’écolier de Brienne : Un jour, le maître du quartier, brutal de sa nature, condamna le jeune Bonaparte, pour une faute légère, à dîner à genoux sur le seuil de la porte du réfectoire, punition que les élèves redoutaient entre toutes et qu’ils considéraient comme une espèce de déshonneur. L’exécution provoqua chez Bonaparte une violente attaque de nerfs accompagnée de vomissements. Le supérieur, qui passait par là, l’arracha au supplice et réprimanda sévèrement le maître sur son peu de discernement ; en même temps, le P. Patrault accourait de son côté et se plaignait que, sans nul égard, on dégradât ainsi son premier élève. Au mois d’août 1783, le duc d’Orléans (père de celui qui s’appela plus tard Philippe-Egalité, et qui ne prit le titre de duc d’Orléans qu’à la mort de celui dont nous parlons, en et Mme de Montesson vinrent à Brienne. Mme de Montesson était alors mariée au prince, avec le consentement conditionnel du roi, qui portait : « Qu’elle ne changerait pas de nom ; qu’elle ne s’attribuerait aucune prérogative de princesse du sang ; qu’elle ne déclarerait point son mariage, et ne paraîtrait jamais à i cour. » Le magnifique château de Brienne fut, pendant plus d’un mois, un petit Versailles ; on célébra par de brillantes fêtes la présence des nobles visiteurs, qui venaient pour présider à la distribution des prix aux élèves de l’école. Ce fut le 25 août, jour de la Saint-Louis, qu’eut lieu cette distribution. Le jeune Bonaparte eut, avec Bourrienne, le prix de mathématiques, partie à laquelle il avait à peu près borné ses études et où il excellait. Tous deux reçurent leur couronne de la main de Mme de Montesson. Lorsque Bonaparte fut élevé au consulat, ayant appris que Mme de Montesson vivait encore, il la fit prier de se rendre aux Tuileries. Dès qu’il la vit ; il se leva, alla courtoisement au-devant d’elle et l’engagea à lui demander tout ce qui pourrait lui plaire. « Mais, général, je n’ai aucun droit à ce que vous voulez bien m’offrir, » répondit Mme de Montesson, «Vous ne savez donc pas, madame, répliqua le premier consul, que j’ai reçu de vous ma première couronne ? Vous vîntes à Brienne, avec M. le duc d’Orléans, distribuer les prix, et, en posant sur ma tête le laurier précurseur de quelques autres : Puisse-t-il vous porter bonheur ! me dîtes-vous. Je suis, assure-t-on, fataliste, madame ; il est tout simple que je n’aie pas oublié ce dont vous ne vous souvenez plus. Je serai charmé de vous être utile. D’ailleurs, le ton de la bonne compagnie est à peu près perdu en France ; il faut qu’il se retrouve chez vous. J’aurai besoin de quelques traditions ; vous voudrez bien les donner à ma femme ; et lorsque quelque étranger marquant viendra dans la capitale, vous lui offrirez des fêtes, pour qu’il soit convaincu que nulle part on ne peut voir plus de grâce et d’amabilité. » Le premier consul fit restituer à Mme de Montesson les 60.000 livres de rente qui lui avaient été léguées par le duc d’Orléans. La grande dame survécut peu à cette faveur. Quelque temps après, mais lorsque déjà Napoléon avait été élevé à l’Empire, elle se fit transporter mourante à Saint-Cloud, et obtint de lui la promotion à la dignité de sénateur du lieutenant général vicomte de Valence, son petit-neveu par alliance, et neveu direct du lieutenant général du même nom, qui avait été gouverneur de l’Ecole militaire de Paris, quand Napoléon y était passé au sortir de Brienne. Comme nous l’ayons déjà fait pressentir plus haut, cette famille est vraiment étonnante par les élans de reconnaissance qui animent chacun de ses membres ; chez elle, la mémoire du cœur ne fait jamais défaut. En voyant ce sentiment toujours vivace, on dirait une plante dans un sol généreux, qui rend au centuple le peu qu’il a reçu. Le 15 septembre 1783, arriva a Brienne M. le chevalier de Keralio, maréchal de camp et sous-inspecteur général des écoles royales militaires de France. C’était un vieillard aimable, des plus propres aux fonctions dont il, était chargé ; il aimait les enfants, jouait avec eux après les avoir examinés, et retenait avec lui à la table des minimes les élèves qui lui avaient plu. Il avait conçu une affection toute particulière pour le jeune Corse, qu’il se plaisait à exciter de toutes manières. Il le mit sur la liste des élèves en état d’entrer au service ou de passer à l’Ecole de Paris. L’élève Napoléon Bonaparte avait alors tout juste quatorze ans et un mois. L’enfant n’était fort que sur les mathématiques, et les moines représentèrent à M. de Keralio qu’il serait mieux d’attendre à l’année suivante, afin de lui donner le temps de se fortifier dans la langue latine. Mais le chevalier tint bon. « Je sais, leur dit-il, ce que je fais. Si je passe ici par-dessus la règle, ce n’est point une faveur de famille ; je ne connais pas celle de cet enfant. C’est tout à cause de lui-même. J’aperçois ici une intelligence qu’on ne saurait trop cultiver. » Et M. de Keralio rédigea la note suivante sur cet élève, dont il plaça le nom en tête de sa liste :  » ÉCOLE DE BRIENNE. Etat des élèves du roi capables, par leur âge, d’entrer au service ou de passer à l’Ecole de Paris, savoir : M. de Bnonaparte (Napoléon), né le 15 août Taille de 4 pieds 10 pouces 10 lignes ; bonne constitution ; excellente santé ; caractère-soumis. Il a fait sa quatrième. Honnête et reconnaissant ; sa conduite est très-régulière. Il s’est-toujours distingué par son application aux mathématiques ; il sait passablement l’histoire et la géographie ; il est faible dans les exercices d’agrément. Ce sera un excellent marin. Mérite de passer à l’Ecole de Paris. » Ce bon chevalier, si juste appréciateur du mérite, fut bientôt mis à la retraite, et mourut peu de temps après. M. Reynaud des Monts, brigadier de dragons, qui remplaça M. de Keralio, n’en avait pas la perspicacité ; mais il se conforma à ses notes, tout en s’étonnant, à la vue du jeune Napoléon, de celles qui le concernaient, et, l’année suivante, le futur empereur des Français passa à l’Ecole de Paris octobre 1784. Mais ne quittons pas si vite l’Ecole de Brienne, restons encore quelques instants sur ce mont Pélion ; nous avons bien le temps de suivre Achille à la guerre de Troie. Ceux des élèves de Brienne qui cherchaient à taquiner Napoléon feignaient de ne pas comprendre le mot assesseur, qui était le titre de son père, et se plaisaient à dire qu’il était tout simplement huissier. Le 8 octobre 1783, un écolier nommé Pougin des Ilets, avec qui il se disputait, ne craignit pas de lui dire : « Votre père est un misérable sergent. » A ces mots, Napoléon se retire frappé de stupeur, et revient bientôt avec un cartel qu’il ne put faire tenir à celui qui venait de l’insulter, le cartel ayant été aperçu et saisi entre ses mains par le préfet des classes, qui condamna Bonaparte à la chambre de discipline et Pougin aux arrêts. L’irritation du jeune Corse fut extrême, et toucha presque au désespoir. Cet incident, tout petit qu’il paraisse, eut cependant pour Napoléon un résultat important; il lui dut le repos et presque le respect de ses camarades. Frappés de l’énergie qu’il avait déployée en cette occasion, ils ne se hasardèrent plus à le mortifier, et prirent dès lors la plus haute idée de son courage et de ses qualités personnelles. Le 19 octobre 1784, Napoléon arriva à Paris avec quatre de ses condisciples de Brienne, nommés comme lui, sur le rapport du chevalier de Kéralio, élèves de l’Ecole militaire de Paris. Tous portaient de grands noms, des noms aristocratiques : c’étaient MM. Nicolas-Laurent Montarby de Dampierre, Jean-Joseph de Cominges, Henri-Alexandre-Léopold de Castries et Pierre-François-Marie Laugier de Bellecour. Aucun, toutefois, de ces quatre élèves n’entra dans l’artillerie aussitôt que Napoléon. Les cinq jeunes gens furent accompagnés jusqu’à Paris par un minime chargé dé veiller sur eux, et jusqu’à Nogent-sur-Seine, où ils prirent le coche, par leur camarade Bourrienne, qui allait à Sens, son pays, faire une visite à sa mère. A l’Ecole militaire de Paris, Napoléon reçut des leçons de messieurs Monge et Labbey. M. de l’Eguille, professeur d’histoire, dans le rapport qu’il fit sur ses élèves, avait ainsi noté le jeune Napoléon : Corse de nation et de caractère ; il ira loin les circonstances le favorisent. Ce professeur était très fier – il y avait de quoi-de sa prédiction, et se plaisait, lorsqu’elle fut accomplie, à la rappeler M. Domairon, professeur de belles-lettres, disait qu’il avait toujours été frappé de la bizarrerie des amplifications de Napoléon ; il les appelait du granit chauffé au volcan. Un seul s’y trompa : ce fut M. Bauer, le gros et lourd maître d’allemand. Le jeune Napoléon ne faisait aucun progrès dans cette langue, ce qui avait inspiré un profond mépris à maître Bauer, qui ne supposait « rien au-dessus de son art. Un jour que Vécolier ne se trouva pas à sa place, ce professeur s’informe où il pourrait être. On lui dit qu’il subissait en ce moment un examen préparatoire pour l’artillerie. « Mais, est-ce qu’il sait quelque chose ? dit ironiquement l’épais M. Bauer. -Comment, monsieur ! c’est le plus fort mathématicien de l’école , lui fut-il répondu. – Eh bien, je l’ai toujours entendu dire, et j’ai toujours pensé que les mathématiques n’allaient qu’aux bêtes. » C’est Napoléon -lui-même qui a rappelé ce mot à Sainte-Hélène ; et, comme il n’avait plus entendu ‘parler de ce professeur : « Je serais curieux, disait-il, de savoir si M. Bauer a vécu assez longtemps pour jouir de son jugement. « Quoique nommé lieutenant en second d’artillerie, le 1er septembre 1785, après avoir été examiné à Paris par Laplace, il n’avait encore reçu, le 23 septembre, ni son brevet ni sa lettre de service, ainsi que le témoigne une lettre qu’il écrivit sous cette date, de Paris, à M. Labitte, marchand de draps, rue Saint-Honoré, au coin de la rue des Prouvaires, à l’enseigne de la Croix d’or, et fournisseur de tous les régiments étrangers au service de France. Enfin le jeune officier reçut l’ordre de se rendre à Valence à la fin d’octobre 1785.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Suite -> Le premier séjour de Napoléon à Valence

Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse

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décembre 9, 2007

BATAILLE DE BRIENNE-LE-CHÂTEAU (1814)

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Le général Gourgaud sauvant la vie de Napoléon sous la menace d’un cosaque lors de la bataille de Brienne le 29 janvier 1814

La mort n’est rien ; mais vivre vaincu et sans gloire c’est mourir tous les jours.

(Napoléon Bonaparte)

Brienne-le-Château (Bataille de). Le 25 janvier 1814, les Français sous le commandement direct de l’Empereur Napoléon, après un combat opiniâtre, remportèrent une brillante victoire sur les troupes étrangères menées par le vieux général prussien Blücher. Cependant, à l’issue de la bataille, les pertes humaines furent aussi lourdes pour l’armée impériale que pour les Prussiens et Russes (environ 4.000 tués et blessés pour chacun des deux camps). Les généraux Cavrois et Decouz furent parmi les blessés français (Decouz déceda plus tard des suites de ses blessures). Brienne est un chef-lieu de canton de l’Aube, situé sur les bords de la rivière de ce nom.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Bataille de Brienne-le-Château sur Wikipedia

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octobre 9, 2007

GENERAL JEAN-CHARLES PICHEGRU (1761-1804)

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Général Jean-Charles Pichegru (1761-1804)

Avant de commettre une faute, il a honnêtement servi son pays. Je n’ai pas besoin de son sang.

(Napoléon Bonaparte)

Pichegru (Jean-Charles), général, député du Jura au Conseil des Cinq-Cents, élu le 23 germinal an V ; né à Arbois (Jura), le 16 février 1761, mort à Paris, le 5 avril 1804, ; fils de « Pierre Pichegru et de Françoise Roumain, cultivateurs » ; fit ses études chez les Minimes d’Artois, où il montra de grandes dispositions pour les mathématiques ; à l’âge de 18 ans, il fut envoyé par sa congrégation au collège de Brienne, comme maître répétiteur de quartier. Quoique destiné à rester dans les ordres, suivant les conseils de son ancien maître le Père Patrault, il jeta le froc, et, en 1783, s’engagea dans le 1er régiment d’artillerie à pied ; il franchit rapidement tous les grades jusqu’à celui d’adjudant, et allait être nommé officier lorsque la Révolution éclata ; enthousiasmé du nouvel ordre des choses, il en adopta les principes, présida le club démocratique de Besançon ; puis, à la tête d’un bataillon de volontaires du Gard qui l’avait choisi pour commandant, il alla rejoindre l’armée du Rhin. En 1792, employé à l’état-major de cette armée, il arriva promptement au grade de général de brigade, à celui de général de division le 4 octobre 1793 ; peu de temps après il était nommé général en chef de son corps d’armée. Par sa tactique et son habileté, il fut désigné, le 7 février 1794, au commandement de l’ armée du Nord, qui s’empara promptement de Cassel, Courtrai, Menin, Hooglède, Bruges, Gand, Anvers, Bois-le-Duc, Venloo, Nimègues ; le 27 décembre, il alla prendre l’île de Bommel ; le 19 janvier 1795 il entrait victorieusement dans Amsterdam, et bientôt ses troupes occupaient la Zélande, le Brabant et La Haye. Envoyé à l’Armée du Rhin, il eut l’indignité d’écouter les propositions des agents du prince de Condé, qui lui firent de promesses pompeuses, qui le grisèrent d’ambition : il commençait à laisser les Autrichiens remporter quelques succès sur nos armes, lorsque le Directoire soupçonnant sa conduite, le remplaça par Moreau en 1796. L’année suivante, élu au conseil des Cinq-Cents, il en devient président en même temps que l’âme du parti contre-révolutionnaire. Au 18 fructidor il fut déporté avec ses partisans à Sinnamary, dont ils ‘évada. Il se rendit à Londres et en Allemagne où il conspirait la chute de la république. A la demande du Premier Consul, il fut expulsé de Prusse, revint à Londres, se lia avec Georges Cadoudal et devint le chef d’une conspiration ayant pour but l’assassinat du Premier Consul ; en 1804, il arriva secrètement à Paris avec Georges ; dénoncé par un ami, il fut arrêté, conduit à la prison du Temple, et au moment où le procès devait avoir lieu devant la cour, on le trouva étranglé dans sa chambre. On accusa Bonaparte de ce crime, il s’en défendit : la justice n’aurait pu prononcer que sa mort. Le gouvernement de la Restauration lui éleva une statue à Besançon, que le peuple brisa en morceaux à la Révolution de 1830.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Pichegru sur Wikipedia

septembre 9, 2007

BONAPARTE ELEVE AU COLLEGE D’AUTUN, A L’ECOLE DE BRIENNE, A L’ECOLE MILITAIRE DE PARIS

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Le jeune Bonaparte à Brienne

De toutes les institutions, la plus importante est l’institution publique. Tout en dépend, le présent et l’avenir.

(Napoléon Bonaparte)

Napoléon et Joseph entrèrent au collège d’Autun le 1er janvier 1779. Ils furent aussitôt l’objet des taquineries de leurs jeunes camarades. Joseph ne paraissait guère s’en émouvoir, mais le petit Napoléon, les nerfs frémissants, les déconcertait par son impétuosité ; on ne tarda guère à le laisser tranquille.

Le collège d’Autun était dirigé par des séculiers depuis la suppression des Jésuites. Les petits Corses furent confiés à l’Abbé Chardon qui leur donna des leçons de français ; au bout de trois mois, le petit Napoléon avait appris le français de manière à faire librement la conversation et même de petits thèmes et de petites versions.

Le 28 mars 1779, le prince de Montbarey, ministre de la guerre, donnait avis à Charles Bonaparte que son fils était admis à l’école militaire de Brienne. Le petit Napoléon quitta le collège d’Autun le 21 avril. Après un séjour de trois semaines au château de Thoisy-le-Désert qui appartenait au père de son camarade J.-B. de Champeaux, il faisait son entrée au collège de Brienne le 15 mai 1779.

Le personnel enseignant du collège royal de Brienne était composé de religieux Minimes, auxquels étaient adjoints des professeurs laïques pour l’étude des mathématiques, de l’allemand et des arts d’agrément.

Après avoir passé avec satisfaction son examen d’entrée, le jeune Bonaparte fut placé en septième. Il fut un objet de curiosité pour les jeunes nobles qui se trouvaient dans la classe. Son accent corse, sa façon d’estropier les mots français, mettait la classe en gaîté. A l’appel de son nom, ayant prononcé à l’ajaccienne, Nabulioné de Bonaparte, on l’affubla du sobriquet de Paille-au-nez. Comme à Autun, on le plaisanta sur Paoli, sur la conquête de la Corse. Ces innocentes espiègleries l’exaspéraient ; son amour de la Corse s’enfiévrait au choc des persécutions dont il était l’objet. Il se promenait constamment seul, à l’heure des récréations, demeurait étranger à tous les jeux, et sa pensée se reportait avec force vers son pays natal ; le climat froid, humide, de la Champagne, lui causait des malaises. Il éprouvait l’âpre nostalgie du chaud soleil d’Ajaccio, de son ciel pur, de sa mer bleue. Ce n’était qu’un pauvre exilé !

Cependant ce petit garçon taciturne, ombrageux, faisait des progrès rapides.

Aux exercices publics de 1781, il brillait par ses réponses en arithmétique et en géométrie ; l’histoire et la géographie le passionnaient, attiraient sur lui l’attention de ses maîtres ; c’est qu’avec les héros de l’antiquité s’ouvrait au rêve sa pauvre âme comprimée ; dans ces mâles Spartiates, surtout, il reconnaissait des êtres d’énergie et de courage comme il y en avait dans son île. En 1782 il tenait la tête de sa classe en mathématiques ; sur les conseils de M. de Marbeuf, il avait tourné ses études vers la marine ; M. de Keralio, sous-inspecteur des écoles royales, lui avait donné l’assurance qu’à la prochaine inspection il serait désigné soit pour l’école militaire de Paris, soit pour le département de Toulon. L’inspectiond e 1783 fut passée par M. Raynaud des Monts, qui avait remplacé M. de Kéralio ; il ne désigna que deux élèves de Brienne pour passer à l’école de Paris et ils étaient tous deux d’un an plus âgés que Bonaparte qui n’avait que quatre ans de séjour à l’école, au lieu de six exigés par les règlements.

Charles Bonaparte éprouva une vive déception en apprenant que son fils n’avait pas été compris dans la promotion pour l’école de Paris. Il y comptait si fermement qu’il avait mis en pension à Autun, à ses frais, le jeune Lucien, pour être prêt à remplacer Napoléon à Brienne cette année là. Ils e trouvait aux prises avec de graves difficultés d’argent ; il avait obtenu, en 1782, la direction de la pépinière de mûriers créée à Ajaccio ; l’entreprise de desséchement des Salines où devait être établie la pépinière, ne lui avait occasionné que des déboires ; l’affaire Odone traînait en longueur ; sur les conseils de l’intendant, il se bornait à demander « la préférence d’un bail emphythéotiques de la campagne dite des Milelli et de la maison Badine moyennant une légère redevance ». Il menait un train de maison important, surtout aprè avoir recueilli, en 1780, la succession d’un parent de San Miniato, avait cuisinière, nourrice, femme de chambre ; la naissance de Paola-Maria, en 1780, et de Marie-Nunziata (Caroline) en 1782, avaient encore augmenté ses charges. Sa santé au surplus, s’altérait visiblement. Il souffrait de maux d’estomac très violents, suivis, après le repas, de vomissements rebelles.

Charles Bonaparte prit la résolution de se rendre à Paris ; il se mit en route avec sa fille Marie-Anne qui avait été admise, en novembre 1782, à Saint-Cyr, il se rendit directement à Autun, retira Lucien du Collège, et l’emmena avec lui à Brienne où il arriva le 21 juin 1784. Il entretint longuement le petit Napoléon de la Corse, des parents, des amis, des inquiétudes que lui causait Joseph qui, après avoir dirigé son éducation vers l’état ecclésiastique, manifestait le désir de suivre la carrière militaire.

Charles Bonaparte quitta Brienne le 22 juin, se rendit à Versailles, plaça Marie-Anne à Saint-Cyr, consulta sur sa santé, M. de la Sonde, médecin de la Reine, gagna ensuite Paris pour faire agréer Lucien comme élève du roi, à la place de Napoléon, puis, comme l’état de sa santé s’aggravait, il rentra en Corse précipitamment sans avoir eu le temps de repasser par Brienne.

Le jeune Bonaparte qui avait été déçu dans ses espérances pour la marine à l’inspection de 1783, avait maintenant tourné ses études ves l’artillerie. Le sous-inspecteur des écoles, M. Raynaud des Monts arriva à Brienne le 16 septembre 1784. Bonaparte fut interrogé le 22 septembre et il fut jugé digne de passer à l’école de Paris. M. le marquis de Timbrune lui donnait avis, le 22 septembre, que le roi le nommait à une place de cadet-gentilhomme dans la compagnie de cadets-gentilhommes établi à son école ».

Il faisait son entrée à l’école militaire de Paris le 30 octobre 1784. Bonaparte apportait dans ce milieu de jeunes adolescents enthousiastes, qui rêvaient de leurs prochains galons d’officiers, son esprit grave, net, réfléchi, sa susceptibilité de Corse farouche.

Dans le feu du travail, il apprenait que son père venait de mourir à Montpellier, où il était allé consulté des sommités médicales, le 14 février 1785, à peine âgé de trente neuf ans. Sa douleur fut vive et profonde.

Les examens d’artillerie eurent lieu à l’école de Paris du 6 au 12 septembre 1785 ; la liste du concours paraissait à la fin septembre ; la promotion comptait cinquante-huit élèves : Bonaparte fut reçu avec le numéro 42 ; le 28 septembre parurent les promotions qui portaient la date du 1er septembre ; Bonaparte était nommé lieutenant en second au régiment de la Fère-artillerie à Valence, et affecté à la compagnie de bombardiers d’Autume.

Le 3 octobre, il se mettait en route pour Valence.

(Extrait du Souvenir de Napoléon à Ajaccio de Jean-Baptiste Marcaggi)

août 5, 2007

LE PERE BERTON – COLLEGE DE BRIENNE LE CHATEAU

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Le père Louis-Sébastien Berton (1746 - 1811)

Louis-Sébastien Berton, né à Reims le 6 mars 1746, fit d’assez bonnes études à l’Université de sa ville natale, s’engagea, dit-on, au régiment dur Roi, puis quitta le service pour entrer chez les Minimes. Il fit sa profession le 27 août 1765 au couvent de Reims. Principal du collège de Brienne jusqu’à la Révolution, grand vicaire de l’évêque constitutionnel de Sens, passant la Terreur dans cette dernière ville où il instruisait un jeune homme et cultivait un jardin, il fut nommé par Bonaparte économe du collège de Saint-Cyr : le décret, daté du 20 juillet 1800 et signé par Lucien Bonaparte, ministre de l’intérieur, porte que « Le Breton s’occupera sans délai de l’établissement du régime économique ». Le 28 mars 1801, Berton succédait, comme directeur du collège de Compiègne, à Crouzet, qui venait au collège de Saint-Cyr remplacer Sallior. Proviseur du lycée de Reims en 1803, mis à la retraite en 1808, il mourut le 20 juillet 1811. « Si cet homme, a écrit Lacatte-Joltrois dans sa Biographie rémoise manuscrite, n’eût pas revenu dans son pays, on l’aurait toujours regardé comme un personnage important. Qu’avait-il ou que lui restait-il ? Un ton plus dur que sévère, sans cependant savoir se faire obéir. Les mémoires qu’il fit dans lesquels on remarquait la dureté de son caractère, ne lui donnèrent aucune confiance. Il faut avouer que les discours qu’il prononçait aux distributions des prix étaient toujours bien faits et faisaient admirer son éloquence. Voilà tout. Il négligea sa place, se livra aux plaisirs de la table, et se perdit, et, s’il est vrai qu’il se laissa mourir, comme on dit, en se privant de manger, et ne buvant que de l’eau pendant quarante-deux jours, qu’il allait chercher lui-même dans une cruche à la rivière (il demeurait alors dans la rue du Cerf), que penser de cet homme ?  »

(Notes et notices – La jeunesse de Napoléon par Arthur Chuquet)