novembre 25, 2007

BONAPARTE ET LE COUP D’ETAT DU 18 BRUMAIRE AN VIII (9 NOVEMBRE 1799)

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Bonaparte le 19 brumaire an VIII (10 novembre 1799) au Conseil des Cinq-Cents à Saint-Cloud

La faiblesse du pouvoir suprême est la plus affeuse calamité des peuples.

L’anarchie ramène toujours au gouvernement absolu.

(Napoléon Bonaparte)

Dix-Huit brumaire an VIII. Le général Bonaparte venait d’arriver soudainement d’Egypte, au milieu de l’enthousiasme des populations sur son parcours. La première chose qu’il fit, fut d’aller rendre visite aux membres du Directoire, c’était le 25 vendemiaire, et il leur dit qu’après avoir consolidé l’établissement de son armée en Egypte, après les victoires du Mont-Thabor et d’Aboukir et confié le commandement en chef en ses lieu et place, à Kléber, il était parti pour voler au secours de la République qu’il croyait perdue, mais il la trouvait sauvée par les exploits de ses frères d’armes et il s’en réjouissait. « Jamais, ajouta-t-il en mettant la main sur son épée, jamais il ne la tirerait que pour la défense de la République. » Le président Gohier lui répondit en le complimentant sur ses triomphes et sur son retour, et lui donna l’accolade fraternelle. L’accueil fut en apparence très flatteur, mais au fond les Directeurs se méfiaient. Lannes, Murat, et Berthier ne le quittaient pas et le Directoire, de plus en plus méfiant et inquiet, cherchait à l’écarter en lui offrant un commandement, mais Bonaparte, se tenant dans l’expectative, répondait qu’il ne s’était pas encore assez reposé de ses fatigues.

Pendant ce temps, des amis faisaient tous leurs efforts pour engager Bonaparte à agir avec Sieyès et Roger Ducos : « Barras, ajoutaient-ils, est tellement déconsidéré qu’il ne compte plus. » Une entrevue eut lieu, en effet, entre Sieyès et Roger Ducos d’une part, et de Bonaparte de l’autre, et l’entente fut complète, ils décidèrent d’en finir au plus tard du 18 au 20 brumaire. Il fut décidé que l’on demanderait le transfert à Saint-Cloud des deux conseils. Le 18 au matin, un mouvement imprévu se manifesta de toute part, une nombreuse cavalerie parcourut les boulevards et tout ce qu’il y avait de généraux et d’officiers dans Paris se rendirent en grand uniforme, rue chantereine où habitait Bonaparte. Ce même jour, le Conseil des Anciens réuni aux Tuileries, décidait que les conseils seraient transférés à Saint-Cloud, le lendemain matin même, et nommait Bonaparte général en chef de toutes les troupes de la 17e division militaire, de la garde du Corps législatif, de la garde du Directoire et de la garde nationale de Paris et de ses environs. Parmi les quelques généraux qui ne voulurent point seconder Bonaparte, il y eut Bernadotte, Augereau, puis Jourdan. Nous sommes près du dénouement. Bonaparte monta à cheval pour se rendre aux Tuileries, suivi par les généraux Moreau, Macdonald, Berthier, Lannes, Murat et Leclerc. En arrivant aux Tuileries il trouva les détachements du 9e, les harangua, et, après les avoir enthousiasmés, entra dans le Palais ; il se présenta aux Anciens, accompagné de son magnifique état major, et fit son apparition à la barre : « Citoyens représentant, dit-il, la République allait périr, votre décret vient de la sauver ! Malheur à ceux qui voudraient s’opposer à son exécution. Aidé de tous mes compagnons d’armes rassemblés ici autour de moi, je saurais prévenir leurs efforts. On cherche en vain des exemples dans le passé pour inquiéter vos esprits ; rien dans l’Histoire ne ressemble au dix-huitième siècle, et rien dans ce siècle ne ressemble à sa fin… Nous voulons la République… Nous la voulons fondée sur la vraie liberté, sous le régime représentatif. Nous l’aurons, je le jure en mon nom, et au nom de mes compagnons d’armes… » Murat fut chargé d’aller occuper Saint-Cloud. Sérurier fut mis au Point-du-jour avec une réserve, Lannes fut chargé de commander les troupes qui gardaient les Tuileries, et Moreau fut chargé de garder le Luxembourg avec 500 hommes. Fouché, qui était de connivence avec Bonaparte, comme préfet de police, suspendit 12 municipalités de Paris. Le lendemain 19, la route de Saint-Cloud était couverte de troupes.

Trois salles avaient été préparées au château, l’une pour les Anciens, l’autre pour les Cinq-Cents, la troisième pour la Commission des inspecteurs et pour Bonaparte. La séance des deux Conseils s’ouvrit à deux heures. Aux Anciens rien de bien saillant ne se produisit, mais il en fut tout autrement aux Cinq-Cents. Gaudin avait mission de Sieyès et de Bonaparte d’ouvrir la séance, mais à peine a-t-il fini de parler qu’un orage épouvantable éclate dans l’Assemblée ; des imprécations, des discours violents retentissent, on entend de toutes parts ces cris : « A bas les dictateurs, point de dictature, vive la Constitution ! – La Constitution ou la mort ! s’écrie Delbrel. Les baïonnettes ne nous effrayent pas, nous sommes libres ici. » Ces paroles furent suivies de nouveaux cris. Quelques députés furieux répétèrent en regardant Lucien : « Point de dictature ! A bas les dictateurs ! » Après cette longue agitation, Grandmaison propose de prêter serment à la Constitution de l’an III. La proposition est aussitôt accueillie. On demande l’appel nominal, ce qui est accepté. Chaque député vient tour à tour préter serment à la tribune à l’applaudissement de toute l’Assemblée.Voyant le danger croître, Bonaparte et Sieyès arrête sur le champ d’en finir de suite. Bonaparte se décide à se présenter aux deux Conseils à la tête de son état-major. Il rencontre Augereau qui, d’un ton railleur, lui dit : « Vous voilà dans une jolie position ! – Les affaires étaient en bien plus mauvais état à Arcole, » lui répond Bonaparte, et il poursuit son chemin au conseil des Anciens. Il n’avait pas les habitudes parlementaires, et, au moment où il devait prendre la parole devant les Anciens, il se trouva quelque peu géné. « Citoyens représentants, dit-il, vous n’êtes point dans des circonstances ordinaires, mais sur un volcan. Permettez-moi quelques explications. Vous avez cru la République en danger ; vous avez transféré le Corps législatif à Saint-Cloud ; vous m’avez appelé pour assurer l’exécution de vos décrets ; je suis sorti de ma demeure pour vous obéir, et déjà on nous abreuve de calomnies, moi et mes compagnons d’armes : on parle d’un nouveau Cromwell, d’un nouveau César. Citoyens, si j’avais voulu d’un tel rôle, il m’eut été facile de le prendre au retour d’Italie, au moment du plus beau triomphe, et lorsque l’armée et les partis m’invitaient à m’en emparer, je ne l’ai pas voulu alors, je ne le veux pas aujourd’hui. Ce sont les dangers seuls de la patrie qui ont éveillé mon zèle et le vôtre. » Il trace ensuite le tableau de la situation dangereuse de la République, tableau qu’il rend très noir. « Prévenons, ajoute-t-il, tant de maux ; sauvons les deux choses pour lesquelles nous avons fait tant de sacrifices, la liberté et l’égalité… »  » Parlez donc aussi de la Constitution ! » lui crie Lenglet. Cette interruption interloque sur le moment le général, mais bientôt remis, il répond :  » De Constitution ! vous n’en avez plus. C’est vous qui l’avez détruite en attentant, le 18 fructidor, à la représentation nationale, en annulant, le 22 floréal, les élections populaires, et en attaquant le 30 prairial, l’indépendance du gouvernement. Cette Constitution dont vous parlez, tous les partis veulent la détruire. Ils sont tous venus pour me faire confidence de leurs projets, et m’offrir de les seconder. Je ne l’ai pas voulu ; mais, s’il le faut, je nommerai les partis et les hommes. » – « Nommez-les, s’écrie alors les opposants, nommez-les, demandez un comité secret. » Une longue agitation succède à cette interruption. Bonaparte attend quelques moments et reprend la parole : « Environné de mes frères d’armes, je saurai vous seconder. J’en atteste ces braves grenadiers dont j’aperçois les baïonnettes, et que j’ai si souvent conduits à l’ennemi, j’en atteste leur courage, nous vous aiderons à sauver la patrie, et si quelque orateur, ajoute Bonaparte d’une voix menaçante, si quelque orateur, payé par l’étranger parlait de me mettre hors la loi, alors j’en appelerais à mes compagnons d’armes. Songez que je marche , accompagné de la fortune et du dieu de la guerre. » Ces paroles menaçantes étaient à l’adresse des Cinq-Cents. Quant aux Anciens, ils furent gagnés à sa cause ; ils lui accordèrent les honneurs de la séance. De là, sûr à peu près de lui-même, il se rendit aux Cinq-Cents suivi de quelques grenadiers ; il entre et laisse des grenadiers derrière lui au bout de la salle. A peine arrivé au milieu, une tempête furieuse éclate de toutes parts. « Quoi ! s’écrient plusieurs voix, des soldats ici ! des armes ! Que veut-on ? A bas le dictateur ! A bas le tyran ! » Beaucoup de députés s’élancent au milieu de la salle, entourent Bonaparte et lui adressent des interpellations très vives. Quoi ! lui dit Destrem, c’est pour cela que vous avez vaincu ?… Tous vos lauriers sont flétris… Votre gloire s’est changée en infamie… Respectez le temple des lois. Sortez, sortez ! » Bonaparte au milieu de cette foule menaçante, semble perdre contenance. Les grenadiers qu’il avait laissé à la porte accourent, repoussent les députés et le saisissent par le milieu du corps. Des coups de poignards auraient été donné sans l’atteindre. Le grenadier Thomé eut ses vêtements déchirés. Bonaparte est emporté hors de la salle, fort pâle, il monte à cheval, se rend auprès des troupes, et leur crie que l’on a voulu l’assassiner, il est accueilli par les cris de : Vive Bonaparte ! Cependant l’orage continue au sein du Conseil des Cinq-Cents et, cette fois, les attaques sont dirigés contre Lucien, frère de Bonaparte. Lucien essaie d’être ferme à son poste : « Votre frère est un tyran, lui dit-on ; en un jour il a perdu toute sa gloire ! » Ce dernier chercha à le justifier. « Vous n’avez pas voulu l’entendre, leur répond-il. – Non, non, à bas le tyran ! clament certains des Cinq-Cents. Hors la loi ! ajoutent-il. » Ce mot terrible, on le sait, avait perdu Robespierre ; prononcé devant les troupes, il pouvait jeter la perturbations dans les rangs. Lucien, qui ne voulut pas mettre aux voix la proposition de mise hors la loi de son propre frère, déclara qu’il renonçait au fauteuil de la présidence et descendit. Bonaparte, entendant du dehors ce qui se passait, fait entrer quelques grenadiers pour sauver son frère, puis se décide à en finir d’un seul coup : il monte à cheval avec Lucien et parcourt le front des troupes. Lucien les harangue. « Le Conseil des Cinq-Cents est dissous, leur dit-il ; c’est moi qui vous le déclare. Des assassins ont envahi la salle des séances, et ont fait violence à la majorité : je vous somme de marcher pour la délivrer. » Murat et Leclerc ébranle alors un bataillon de grenadiers et le conduisent à la porte des Cinq-Cents. A la vue des baïonnettes les députés jettent des cris épouvantables, mais des roulements de tambours couvrent leurs cris : Grenadiers, en avant ! commandent les officiers. Ces derniers entrent dans la salle et dispersent en tous sens les députés, les uns par les couloirs, les autres par les fenêtres. La salle est évacuée et Bonaparte reste complètement maître du champ de bataille. La nouvelle, portée aux Anciens, loin de les rasséréner les plonge dans l’inquiètude et les regrets. Mais Bonaparte avait réussi, et les députés des Anciens, quoique atteints de remords, acceptèrent le fait accompli…

Bonaparte, Roger Ducos et Sieyès furent nommés consuls provisoires et les Conseils furent ajournées au 1er ventôse prochain. Deux commissions, qu’on a appelées intermédiaires, de vingt-cinq membres chacune, prises dans les deux Conseils, furent chargées de fonctionner et d’approuver les mesures législatives que les trois Consuls eurent besoin de prendre. Les Consuls et les commissions susdites furent chargées de rédiger une Constitution nouvelle. Tel fut le 18 brumaire.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Coup d’Etat du 18 brumaire sur Wikipedia

http://www.lerubicon.com

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novembre 2, 2007

PAUL BARRAS (1755-1829)

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Vicomte Paul Barras (1757-1829)

Barras était d’une haute stature, il parla quelquefois dans les moments d’orage et sa voix couvrait alors la salle. Ses facultés morales ne lui permettaient pas d’aller au-delà de quelques phrases. La passion avec laquelle il parlait l’aurait fait prendre pour un homme de résolution, mais il ne l’était point : il n’avait aucune opinion faite sur aucune partie de l’administration publique.

(Napoléon Bonaparte)

Barras (Paul-François-Jean-Nicolas, vicomte de), capitaine, législateur, et membre du Directoire, né à Fox-Amphoux (Var) le 30 juin 1755, de « François de Barras et d’Elisabeth Pourcely », mort à Chaillot (Seine) le 29 janvier 1829 ; entra dans l’armée comme sous-lieutenant au régiment de Languedoc, et partit en 1775 pour l’Ile de  France. Capitaine au régiment de Pondichéry, il  échappa à la capitulation de cette ville et, mécontent de la conduite des affaires dans les colonies, se décida à venir prendre sa résidence à Paris où il dissipa en peu de temps tout son patrimoine. Il se trouvait dans une triste position quand la Révolution éclata ; il l’accepta avec enthousiasme, prit part à la prise de la Bastille, voulut encore défendre le roi et la reine, lorsque le peuple envahit le palais des Tuileries, mais les abandonna quand il s’aperçut qu’ils étaient complètement perdus. Il s’affilia aux Jacobins et les poussa aux événements du 10 août ; il était administrateur du Var depuis le 31 août 1791, quand il devint haut juré à Orléans, puis commissaire à l’armée d’Italie et administrateur du comté de Nice. Le 7 septembre 1792, il fut élu par le Var membre de la Convention. Il siégea d’abord à la Montagne, vota la mort du roi et le 31 mai se prononça contre les Girondins. Nouvellement en mission à l’armée d’Italie, il se rendit à Toulon et Dugommier lui confia le commandement de l’aile gauche assiégeante. Revenu à Paris, il fut de ceux qui préparèrent le 9 thermidor ; chargé de défendre la Convention contre Henriot, qui commandait la garde nationale, il agit en conséquence, et lorsqu’il eut réuni assez de troupes, prit l’offensive, s’empara de l’Hôtel de Ville et put se saisir de Robespierre et de ses patisans. Après cette journée, Barras oublia qu’il avait siégé à la Montagne, se rapprocha des modérés, fut nommé secrétaire,  puis président de la Convention, et ensuite membre du Comité de sureté générale. Pour donner le change, il sut ou voulut contenter un peu tout le monde, en attaquant d’une part les émigrés et en faisant proclamer jour de fête publique l’anniversaire de la mort de Louis XVI ; et, d’autre part, en poursuivant les derniers montagnards (1er prairial) et en mitraillant les sections révoltées de Paris (13 vendemiaire). Il fut alors nommé général en chef par la Convention en s’adjoignant Bonaparte qu’il avait connu à Toulon.  En brumaire an IV, élu par le conseil des Anciens membre du Directoire exécutif, il alla habiter le palais du Luxembourg avec 150.000 francs d’appointements, devint alors le véritable chef du pouvoir exécutif, et put donner libre carrière à ses appétits de luxe et de jouissances :  » La cour de Barras, dit le Dictionnaire des Parlementaires, donna le ton à la jeunesse dorée » dont Mme Tallien fut la reine. Bonaparte y rencontra la veuve du général de Beauharnais ; Barras la lui fit épouser, et lui fit donner le commandement en chef de l’armée d’Italie. Les élections de l’an V ayant été favorables en majorité aux royalistes, les deux conseils conspirèrent contre les institutions existantes, Barras très résolu encore, décida la résistance, et le 18 fructidor, aidé par Augereau, surprit les Tuileries, fit arrêter Pichegru et Barthélemy, son collègue,  ainsi que tous les députés réactionnaires aux cris de : A bas les aristocrates ! mais très perplexe sur l’avenir du Directoire, qui était de plus en plus discrédité, il fit rompre les conférences ouvertes avec l’Angleterre au sujet de la paix, écrivit en secret à Pitt, assure-t-on , offrant d’accepter les conditions proposées en échange de 50 millions pour ses amis et pour lui, mais cette combinaison échoua ; et après le 3 prairial, qui fut une revanche contre le Directoire, Barras demanda à entrer en relation avec Louis XVIII ; il devait recevoir 12 millions. Le Dictionnaire des Parlementaires nous apprend encore que l’agent royal, le chevalier Tropez de Guérin, écrivit à Louis XVIII, : « Ce n’est pas une misérable conspiration qui se trame par des particuliers sans moyens, sans alentours ; c’est le chef du gouvernement, c’est l’homme presque assis à votre place qui vous l’offre. » Les négociations traînèrent en longueur du coté des royalistes, ce qui permit à Bonaparte de revenir en toute hâte d’Egypte, et de faire le 18 brumaire. Entre temps, Barras avait été élu député du Var au conseil des Cinq-Cents (germinal an VI). Le coup d’Etat de brumaire l’annihila complètement, sa carrière politique fut brisée ; il donna sa démission de député et se retira à Grosbois. Bonaparte lui fit offrir l’ambassade de Dresde, celle des Etats-Unis et le commandement de l’armée de Saint-Domingue, mais il refusa d’une façon catégorique toutes ces places, ce qui irrita profondément le Premier Consul. Barras prit alors la détermination de se retirer à Bruxelles, et comme cette retraite lui pesait, il demanda à plusieurs reprises de faire cesser cet état de choses. Il obtint enfin, en 1805, d’aller habiter à Marseille pour raison de santé. Il revint à Paris au retour des Bourbons, et on le laissa vivre tanquillement dans sa maison de Chaillot. Il fut le seul régicide excepté de la loi du 12 janvier 1816.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Paul Barras sur Wikipedia