octobre 2, 2007

CHARLES-MAURICE TALLEYRAND-PERIGORD (1754-1838), PRINCE DE BENEVENT

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Charles-Maurice Talleyrand-Périgord (1754-13838), prince de bénévent

Je l’ai couvert d’honneurs, de richesses, de diamants. Il a employé tout cela contre moi ! Il m’a trahi autant qu’il le pouvait à la première occasion qu’il a eue de le faire. Comment voulez-vous que cet homme ne soit pas riche, ayant vendu tous ceux qui l’ont acheté ?

(Napoléon Bonaparte)

Talleyrand-Périgord (Charles-Maurice de, prince de Bénévent), législateur et homme d’Etat ; fils de « Charles Daniel, comte de Talleyrand-Périgord, lieutenant-général des armées et du roi, et d’Alexandrine-Marie-Victoire de Damas d’Aubigny » ; né à Paris le 13 février 1754, mort le 17 mai 1838. Boiteux depuis l’âge d’un an, ne pouvant embrasser cette profession des armes qu’avaient illustrée ses ancêtres, il fut destiné à l’Eglise, et c’est sous le nom d’abbé de Périgord qu’il entra dans le monde. Agent général du clergé de France en 1780, évêque d’Autun en 1788, membre de l’assemblée des notables, puis des Etats généraux. D’esprit conciliant et large, il fut l’un des premiers évêques qui, avec la majorité du bas clergé et la minorité de la noblesse, se joignirent au tiers état. Il devint dès lors un des membres les plus actifs, souvent même les plus libéraux de l’Assemblée constituante. C’est lui qui en octobre 1789, proposa de mettre les biens du clergé à la disposition de la nation ; c’est lui encore qui, le 14 juillet 1790, officia sur l’autel de la Patrie, y bénit les drapeaux des fédérés de tous les départements. Il se prononça pour la constitution civile du clergé, à laquelle il préta serment, et il sacra lui-même les évêques assermentés.

En 1792, il fut envoyé, sans caractère officiel, à Londres, pour établir une alliance nationale ; les résultats obtenus furent négatifs. Après le 10 août, il n’en obtint pas moins, du conseil exécutif, une mission secrète en Angleterre, et ce fut à Londres qu’il connut le décret d’accusation lancé par la Convention contre lui ; en novembre 1792, à la suite de la découverte des papiers de l’armoire de fer. Talleyrand se montrait déjà ce qu’il devait être plus tard.

En 1793, Pitt lui fait intimer l’ordre de quitter l’Angleterre ; il se réfugie en Amérique, y refait sa fortune en quelques mois par le commerce, et, en 1796, il revient à Paris. Le crédit de Mme de Staël lui fait obtenir du Directoire le ministère des relations extérieures. Son prodigieux sens des choses et des hommes lui fait aussitôt sentir que Bonaparte est l’homme de la situation. Il s’attache à ses pas, s’associe au coup d’Etat du 18 brumaire, et fut nommé ministre des relations extériereures du nouveau gouvernement. Dès lors, il prit part à toutes les grandes transactions diplomatiques du Consulat et, pour prix des négociations du Concordat, qu’il avait conduites avec infiniment d’habileté, le pape le releva de ses voeux religieux. Grand chambellan en 1804, prince de bénévent en 1806, il devient un fervent partisan de l’alliance autrichienne, et, devant la politique de l’Empereur à Tilsitt, il renonce au ministère. Il est alors nommé vice-grand Electeur avec 500.000 francs de traitement.

La guerre d’Espagne, qu’il a pourtant conseillée lui fait entrevoir la chute de l’Empire ; et dès lors tout doucement il commence à séparer sa fortune de celle de l’Empereur et à se chercher de nouveaux maîtres. Dès 1810, il commence une sourde opposition ; il est privé de sa charge. En 1814, il change entièrement de face et intrigue ouvertement en faveur des Bourbons ; il excite contre l’Empereur les souverains étrangers, met en avant le nom des Bourbons et provoque la déchéance de la dynastie napoléonienne. Chef du gouvernement provisoire le 1er avril 1814, il est nommé par Louis XVIII ministre des affaires étrangères. Ce fut à ce titra qu’il alla représenter la France au congrès de Vienne. Son habileté y fut très grande ; il posa et fit reconnaitre le principe de la légitimité et signa avec l’Autriche et l’Angleterre le fameux traité du 3 janvier 1815. Ministre de Louis XVIII pour la deuxième fois après les Cent-Jours, il fut obligé de se retirer devant la répulsion des députés et la haine de la famille royale. Il fut nommé grand chambellan, pair de France, et s’employa dès lors à faire de l’opposition dans les salons où son esprit et ses bons mots le faisaient rechercher.

Après la Révolution de Juillet, il accepta d’être nommé ambassadeur à Londres et son dernier acte diplomatique fut le traité de la quadriple alliance (1834). Il rentra en France en 1835 et vécut dès lors dans la retraite. Talleyrand fut un de nos plus habiles diplomates, et comme le dit Mignet, une des plus grandes renommées de la révolution, mais ce fut un homme funeste par l’exemple de la vénalité et de corruption qu’il offrit en exemple à ses contemporains.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Charles-Maurice Talleyrand Périgord sur Wikipedia

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septembre 9, 2007

BONAPARTE ELEVE AU COLLEGE D’AUTUN, A L’ECOLE DE BRIENNE, A L’ECOLE MILITAIRE DE PARIS

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Le jeune Bonaparte à Brienne

De toutes les institutions, la plus importante est l’institution publique. Tout en dépend, le présent et l’avenir.

(Napoléon Bonaparte)

Napoléon et Joseph entrèrent au collège d’Autun le 1er janvier 1779. Ils furent aussitôt l’objet des taquineries de leurs jeunes camarades. Joseph ne paraissait guère s’en émouvoir, mais le petit Napoléon, les nerfs frémissants, les déconcertait par son impétuosité ; on ne tarda guère à le laisser tranquille.

Le collège d’Autun était dirigé par des séculiers depuis la suppression des Jésuites. Les petits Corses furent confiés à l’Abbé Chardon qui leur donna des leçons de français ; au bout de trois mois, le petit Napoléon avait appris le français de manière à faire librement la conversation et même de petits thèmes et de petites versions.

Le 28 mars 1779, le prince de Montbarey, ministre de la guerre, donnait avis à Charles Bonaparte que son fils était admis à l’école militaire de Brienne. Le petit Napoléon quitta le collège d’Autun le 21 avril. Après un séjour de trois semaines au château de Thoisy-le-Désert qui appartenait au père de son camarade J.-B. de Champeaux, il faisait son entrée au collège de Brienne le 15 mai 1779.

Le personnel enseignant du collège royal de Brienne était composé de religieux Minimes, auxquels étaient adjoints des professeurs laïques pour l’étude des mathématiques, de l’allemand et des arts d’agrément.

Après avoir passé avec satisfaction son examen d’entrée, le jeune Bonaparte fut placé en septième. Il fut un objet de curiosité pour les jeunes nobles qui se trouvaient dans la classe. Son accent corse, sa façon d’estropier les mots français, mettait la classe en gaîté. A l’appel de son nom, ayant prononcé à l’ajaccienne, Nabulioné de Bonaparte, on l’affubla du sobriquet de Paille-au-nez. Comme à Autun, on le plaisanta sur Paoli, sur la conquête de la Corse. Ces innocentes espiègleries l’exaspéraient ; son amour de la Corse s’enfiévrait au choc des persécutions dont il était l’objet. Il se promenait constamment seul, à l’heure des récréations, demeurait étranger à tous les jeux, et sa pensée se reportait avec force vers son pays natal ; le climat froid, humide, de la Champagne, lui causait des malaises. Il éprouvait l’âpre nostalgie du chaud soleil d’Ajaccio, de son ciel pur, de sa mer bleue. Ce n’était qu’un pauvre exilé !

Cependant ce petit garçon taciturne, ombrageux, faisait des progrès rapides.

Aux exercices publics de 1781, il brillait par ses réponses en arithmétique et en géométrie ; l’histoire et la géographie le passionnaient, attiraient sur lui l’attention de ses maîtres ; c’est qu’avec les héros de l’antiquité s’ouvrait au rêve sa pauvre âme comprimée ; dans ces mâles Spartiates, surtout, il reconnaissait des êtres d’énergie et de courage comme il y en avait dans son île. En 1782 il tenait la tête de sa classe en mathématiques ; sur les conseils de M. de Marbeuf, il avait tourné ses études vers la marine ; M. de Keralio, sous-inspecteur des écoles royales, lui avait donné l’assurance qu’à la prochaine inspection il serait désigné soit pour l’école militaire de Paris, soit pour le département de Toulon. L’inspectiond e 1783 fut passée par M. Raynaud des Monts, qui avait remplacé M. de Kéralio ; il ne désigna que deux élèves de Brienne pour passer à l’école de Paris et ils étaient tous deux d’un an plus âgés que Bonaparte qui n’avait que quatre ans de séjour à l’école, au lieu de six exigés par les règlements.

Charles Bonaparte éprouva une vive déception en apprenant que son fils n’avait pas été compris dans la promotion pour l’école de Paris. Il y comptait si fermement qu’il avait mis en pension à Autun, à ses frais, le jeune Lucien, pour être prêt à remplacer Napoléon à Brienne cette année là. Ils e trouvait aux prises avec de graves difficultés d’argent ; il avait obtenu, en 1782, la direction de la pépinière de mûriers créée à Ajaccio ; l’entreprise de desséchement des Salines où devait être établie la pépinière, ne lui avait occasionné que des déboires ; l’affaire Odone traînait en longueur ; sur les conseils de l’intendant, il se bornait à demander « la préférence d’un bail emphythéotiques de la campagne dite des Milelli et de la maison Badine moyennant une légère redevance ». Il menait un train de maison important, surtout aprè avoir recueilli, en 1780, la succession d’un parent de San Miniato, avait cuisinière, nourrice, femme de chambre ; la naissance de Paola-Maria, en 1780, et de Marie-Nunziata (Caroline) en 1782, avaient encore augmenté ses charges. Sa santé au surplus, s’altérait visiblement. Il souffrait de maux d’estomac très violents, suivis, après le repas, de vomissements rebelles.

Charles Bonaparte prit la résolution de se rendre à Paris ; il se mit en route avec sa fille Marie-Anne qui avait été admise, en novembre 1782, à Saint-Cyr, il se rendit directement à Autun, retira Lucien du Collège, et l’emmena avec lui à Brienne où il arriva le 21 juin 1784. Il entretint longuement le petit Napoléon de la Corse, des parents, des amis, des inquiétudes que lui causait Joseph qui, après avoir dirigé son éducation vers l’état ecclésiastique, manifestait le désir de suivre la carrière militaire.

Charles Bonaparte quitta Brienne le 22 juin, se rendit à Versailles, plaça Marie-Anne à Saint-Cyr, consulta sur sa santé, M. de la Sonde, médecin de la Reine, gagna ensuite Paris pour faire agréer Lucien comme élève du roi, à la place de Napoléon, puis, comme l’état de sa santé s’aggravait, il rentra en Corse précipitamment sans avoir eu le temps de repasser par Brienne.

Le jeune Bonaparte qui avait été déçu dans ses espérances pour la marine à l’inspection de 1783, avait maintenant tourné ses études ves l’artillerie. Le sous-inspecteur des écoles, M. Raynaud des Monts arriva à Brienne le 16 septembre 1784. Bonaparte fut interrogé le 22 septembre et il fut jugé digne de passer à l’école de Paris. M. le marquis de Timbrune lui donnait avis, le 22 septembre, que le roi le nommait à une place de cadet-gentilhomme dans la compagnie de cadets-gentilhommes établi à son école ».

Il faisait son entrée à l’école militaire de Paris le 30 octobre 1784. Bonaparte apportait dans ce milieu de jeunes adolescents enthousiastes, qui rêvaient de leurs prochains galons d’officiers, son esprit grave, net, réfléchi, sa susceptibilité de Corse farouche.

Dans le feu du travail, il apprenait que son père venait de mourir à Montpellier, où il était allé consulté des sommités médicales, le 14 février 1785, à peine âgé de trente neuf ans. Sa douleur fut vive et profonde.

Les examens d’artillerie eurent lieu à l’école de Paris du 6 au 12 septembre 1785 ; la liste du concours paraissait à la fin septembre ; la promotion comptait cinquante-huit élèves : Bonaparte fut reçu avec le numéro 42 ; le 28 septembre parurent les promotions qui portaient la date du 1er septembre ; Bonaparte était nommé lieutenant en second au régiment de la Fère-artillerie à Valence, et affecté à la compagnie de bombardiers d’Autume.

Le 3 octobre, il se mettait en route pour Valence.

(Extrait du Souvenir de Napoléon à Ajaccio de Jean-Baptiste Marcaggi)