mars 9, 2008

BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – LE SEIGNEUR DE LA GUERRE

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Napoléon Ier et son état-major regardant défiler les grenadiers de la Garde Impériale en 1806

L’art de la guerre ne demande pas des manoeuvres compliquées, les plus simples sont préférables. Il faut surtout avoir du bon sens… C’est comme un combat à coups de poings : plus on en donne, mieux cela vaut.

(Napoléon Bonaparte)

Après le traité de Presbourg, et pendant que les armées impériales occupaient encore les Etats autrichiens, Napoléon, dont l’ambition et les convoitises ne dormaient jamais, songea à organiser à sa convenance et à son profit la Confédération germanique, projet plus menaçant encore pour la paix de l’Europe. Il commença par amuser l’Angleterre, la Russie et la Prusse par de vaines négociations, tenant toujours en réserve des conditions inacceptables, pour pouvoir dire ensuite qu’on lui refusait la paix. La mort de Pitt, l’élévation de Fox au ministère, l’inexpérience des négociateurs russes lui permettent de nouer ses hautes intrigues. Dans l’intervalle, ce Byzantin avait secrètement préparé et conclu le traité de la Confédération germanique (union armée de quatorze Etats allemands), qu’il notifie à la diète de Ratisbonne le 6 août 1806, et en vertu duquel il est déclaré protecteur de la confédération du Rhin, qui devait lui fournir des contingents armés. Ce coup de théâtre, qui éclatait comme un fait accompli, suivant sa méthode constante de surprises et de coups d’éclat, en diplomatie comme à la guerre, était bien propre à froisser cruellement les puissances avec lesquelles il feignait de traiter. Ce qui donnait, en outre, un caractère particulièrement mystificateur à ses négociations, c’est qu’il proposait effrontément, comme compensations, des territoires sur lesquels il n’avait aucun droit et qu’il n’avait même pas conquis, comme les villes hanséatiques, qui appartenaient à l’Allemagne, l’Albanie, que possédait la Turquie, Raguse, république indépendante, les îles Baléares, propriété du roi d’Espagne, etc. Il n’était en possession d’aucun de ces pays, et il en disposait diplomatiquement comme de propriétés personnelles ! Il semblait que le monde lui appartînt et qu’il pût trafiquer librement de tel ou tel territoire qui restait à conquérir. Qui pouvait estimer et prendre au sérieux un tel négociateur ? La quatrième coalition (Prusse, Russie, Angleterre) fut la réponse de l’Europe. La Prusse entre la première en ligne. Napoléon, tout préparé, et qui occupait encore sous différents prétextes le midi de l’Allemagne, renforcé, en outre, par les contingents de la Confédération, agit avec sa décision habituelle, malgré une crise financière à l’intérieur et qu’il essaya de conjurer à son ordinaire, par l’arbitraire et la violence. Peu de temps auparavant, il avait envoyé à Berthier l’ordre d’arrêter et de faire fusiller dans les vingt-quatre heures un libraire nommé Palm, de la ville libre de Nuremberg, momentanément occupée par nos troupes, et dont le crime était d’avoir vendu des brochures patriotiques allemandes. Ce meurtre causa dans toute l’Allemagne un frémissement d’horreur et d’indignation. C’est par ces procédés, non moins que par son despotisme et ses conquêtes, que cet homme funeste a soulevé contre nous des haines si implacables et dont nous avons vu les effets dans l’invasion prussienne de 1870-1871. Napoléon prit toutes ses mesures pour écraser la Prusse avant que la Russie fût prête, ce qui, d’ailleurs, lui était facile, car il avait encore 150.000 hommes en Allemagne, qu’il pouvait jeter tout à coup sur la frontière prussienne, et il ne négligea rien pour augmenter rapidement son effectif. Tout l’avantage était de son côté, en forces comme en positions, quoi qu’en aient dit certains historiens trop complaisants ; car, outre son armée d’expédition, il avait des corps d’armée partout, et son vaste cercle de défense embrassait près de la moitié de l’Europe, consolidé par une ligne de places fortes. Lui-même écrivait à Soult (5 octobre) : « Nous marcherons sur Dresde en un bataillon carré de 200.000 hommes. Avec cette immense supériorité de forces, je puis attaquer partout l’ennemi avec des forces doubles. » On sait quelle fut la rapidité foudroyante de cette campagne. Notre armée déboucha en Saxe par trois points différents. Le 8 octobre, la campagne s’ouvre devant Saalbourg par un engagement de la cavalerie de Murat contre l’ennemi ; le 9, Bernadotte remporte un avantage important à Schleitz ; le 10, Lannes triomphe au combat de Saafeld, où le prince Louis de Prusse fut tué ; le 14, Napoléon, avec des forces doubles et des lieutenants comme Lannes, Augereau, Ney, Soult, Murat, etc., remporte la victoire d’Iéna sur le corps du prince de Hohenlohe. A la même heure et à quelques lieues de là, Davout, avec des forces inférieures, gagne sur la plus forte partie de l’armée prussienne, commandée par Frédéric-Guillaume III et Brunswick, la bataille d’Auerstaedt. La déroute de l’armée ennemie fut achevée un peu plus loin par le corps de Bernadotte. La Prusse était anéantie d’un seul coup. Suivant sa coutume, Napoléon, contre toute vérité, intervertit les rôles dans ses relations officielles et présenta la bataille d’Auerstaedt comme un épisode secondaire de celle d’Iéna, tandis qu’elle en était l’événement’capïtal et dès le lendemain, l’Empereur frappa les pays conquis d’une contribution de 159 millions et ordonna la confiscation de toutes les marchandises anglaises qui se trouveraient chez les négociants de l’Allemagne du Nord ; spoliation inqualifiable, qui fut le prélude du blocus continental. Après divers combats qui n’étaient, d’ailleurs, que la poursuite des corps dispersés, les Français entrèrent le 24 à Berlin. Napoléon, dans un mouvement d’orgueil puéril, s’empara de l’épée du grand Frédéric et l’envoya à Paris. Il avait d’abord présenté un traité de paix, que le roi de Prusse, réfugié à Kœnigsberg, acceptait, malgré les conditions les plus dures ; mais il se ravisa et résolut de garder ses conquêtes, comme positions stratégiques contre la Russie et comme une riche mine à exploiter pour ses finances et ses approvisionnements. Enivré de ses éclatants succès, il revint alors à son idée fixe de dominer « la mer par la terre » et il rendit le fameux décret qui établissait le blocus continental, pour fermer le continent au commerce britannique, interdire partout les marchandises anglaises, les correspondances avec ce pays, confisquer les propriétés des Anglais, les arrêter eux-mêmes comme prisonniers de guerre, etc. ; projet gigantesque et extravagant, dont il prétendait imposer la réalisation à tous les peuples et qui devait avoir des conséquences si funestes (21 novembre 1806). L’Europe, qui déjà exécrait sa tyrannie, le crut tombé dans le délire. Il n’y avait pas en effet de meilleur moyen pour lui de multiplier le nombre de ses ennemis, de se créer des embarras et des cas de guerre, et de rattacher par l’intérêt et le besoin toutes les nations à l’Angleterre. Cependant, les Russes entrent en campagne en décembre, et la guerre allait avoir pour théâtre la Pologne, que Napoléon berce de la promesse vague d’une résurrection, pour exploiter le courage de ses enfants. Il arrive à Varsovie le 15 ; après deux avantages remportés à Czarnowo et à Pultusk, il joint les Russes à Eylau, et, après une bataille terrible et sanglante, longtemps indécise, première hésitation de la fortune, il triomphe complètement, de l’ennemi (8 février 1807), poursuit les Russes, occupe sur la Baltique Stralsund et Dantzig (avril-mai), et organise de ce coté son système de blocus continental. Les Russes, vaincus de nouveau dans plusieurs combats, sont écrasés complètement dans la décisive bataille de Friedland (14 juin) où ils perdirent 40.000 hommes, tués ou prisonniers. Soult occupe Kœnigsberg, un armistice est signé ; Napoléon et le tsar se rencontrent dans une entrevue célèbre sur le Niémen et discutent les conditions de la paix, qui est signée à Tilsit les 7 et 8 juillet. La Prusse, soumise à l’occupation militaire, perdait la moitié de son territoire ; deux royautés vassales, la Westphalie, donnée à Jérôme, et la Saxe, accrue du grand-duché de Varsovie, étendaient la domination française jusqu’à la Vistule. L’Allemagne demeurait inondée par nos garnisons. De plus, la Russie adhérait au blocus continental. Au lieu de reconstituer la Pologne, Napoléon avait donné à son vassal le roi de Saxe les débris de ce pays qu’il avait arrachés au tsar.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Suite -> Le Maître de l’Europe

Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse

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mars 7, 2008

FREDERIC GUILLAUME III (1770-1840), ROI DE PRUSSE (1797-1840)

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Frédéric-Guillaume III de Prusse (1770-1840)

Le plus grand sot de la terre, sans talent, sans instruction, incapable de soutenir une conversation de cinq minutes. Il a l’air d’un vrai don Quichotte.

Pas un tailleur n’en savait plus long que Frédéric-Guillaume sur ce qu’il fallait de drap pour faire un habit. Si l’armée française avait été commandée par un tailleur, le roi de Prusse aurait certainement gagné la bataille à cause de son savoir supérieur en cette matière.

(Napoléon Bonaparte)

FRÉDÉRIC-GUILLAUME III, roi de Prusse, fils aîné et successeur de Frédéric Guillaume II de Prusse, né le 3 août 1770 mort le 7 juin 1840. Il reçut sa première éducation sous la direction de sa mère. la princesse Louise de Hesse-Darmstadt, et de son grand-oncle, Frédéric II, puis eut pour gouverneur le comte Charles de-Brühl, qui l’initia à la politique en même temps qu’à l’art militaire. Pendant la guerre contre la France, en 1792, il se rendit avec son père à l’armée du Rhin et s’y fit remarquer par son courage. L’année suivante, il épousa la princesse Louise de Mecklembourg-Strelitz, pour laquelle il ressentait une vive affection. Dès son avènement au trône, en 1797, il s’attacha à réparer les fautes du dernier règne : la tolérance religieuse fut rétablie, la censure modifiée dans le sens libéral, les finances restaurées. Il s’entoura de bons conseillers et plaça à la tête de l’administration un homme d’une probité et d’une capacité reconnues. Le nouveau roi ne se laissa point distraire dans ce travail de réorganisation, restant sourd aux excitations et aux menaces des puissances coalisées contre nous. Ce prince était pacifique ; il respecta la République française et le traité de paix de Bale, que son père avait conclu avec elle. Son intention était de vivre en paix avec la France aussi bien qu’avec toutes les autres puissances, et de consacrer toutes ses forces à l’amélioration du pays. Le traité de Lunéville (1801) enleva à la Prusse ses possessions de la rive gauche du Rhin ; mais Cette puissance reçut en compensation, en un accroissement de territoire d’environ 180 milles carrés géographiques, ayant une population de plus de 400.000 habitants. A peu près vers cette époque, elle fit avec la Bavière des échanges de territoires qui l’arrondirent et l’agrandirent de telle sorte, qu’elle compta alors 10 millions d’habitants. En 1805, la roi de Prusse finit par entrer dans la troisième coalition, entraîné par Alexandre, venu lui-même à Berlin, et irrité de la violation du territoire d’Anspach, traversé par nos troupes marchant sur Vienne. Déjà il était engagé, lorsque le coup de foudre d’Austerlitz vint le rappeler à la prudence. Il se hâta de faire sa paix avec Napoléon, moyennant quelques concessions de territoire, en échange desquelles il obtint le Hanovre (15 décembre 1805). Bientôt, l’établissement de la confédération du Rhin troubla la bonne harmonie. Frédéric-Guillaume prétendait réunir sous son protectorat les Etats de l’Allemagne du Nord, comme Napoléon avait fait de ceux du Midi. On ne put s’entendre, et les hostilités commencèrent le 9 octobre 1806. Le 14, Napoléon, vainqueur à léna, entrait à Berlin, et bientôt le roi, dépouillé de ses Etats, se trouvait confiné à Memel. Grâce à l’empereur de Russie, il rentra, par le traité de Tilsit (1807), en possession d’une partie de son royaume ; mais, avant de passer des écrits au fait, il eut à subir du vainqueur les plus humiliantes épreuves. Napoléon lui imposait d’énormes contributions de guerre, 100 millions, qui devaient être payées avant l’évacuation des troupes françaises. L’épuisement de toutes ses provinces mettait le roi dans l’impossibilité de payer une somme si lourde. Il suppliait l’empereur de lui accorder des réductions et de retirer son armée. Dans une lettre, inédite, qu’il lui adressait de Memel, le 3 août 1807, et dont nous avons l’original sous les yeux, il lui dit : « Quelles sont vos vues sur la Prusse ? Votre Majesté en a-t-elle décidé l’anéantissement politique ? Expliquons-nous, sire : le langage de la conscience et de la franchise est celui qu’il convient d’adresser au plus grand homme de notre siècle. Prononcez le rôle que vous voulez m’assigner parmi les puissances de l’Europe… » Frédéric-Guillaume ne rentra dans sa capitale qu’au mois de décembre 1809. Loin de se laisser abattre par le malheur, il s’occupa sans relâche des réformes réclamées par le pays, de la reconstitution de l’armée. Deux hommes d’une haute capacité, Stein et Hardenberg, travaillèrent alors avec le roi à la régénération de la Prusse par l’établissement d’institutions libérales et par une réorganisation radicale de l’administration. Les principaux points de cette réforme furent l’égalité, devant la loi, de la noblesse et de la bourgeoisie ; la liberté du travail, de l’industrie et du commerce ; l’abolition de la corvée des paysans (loi du 9 octobre 1807) ; l’indépendance des communes en ce qui concerne la gestion de leurs affaires municipales et la représentation des villes par des conseillers municipaux (19 novembre 1808). L’instruction publique devint obligatoire et gratuite pour les pauvres (30 octobre 1810). L’université de Berlin fut fondée en 1809, et, en même temps, celle de Francfort-sur-l’Oder fut transférée à Breslau. Pour améliorer les finances de l’Etat, le roi décréta, le 6 novembre 1809, la vente des propriétés appartenant au domaine public, et déclara les biens ecclésiastiques situés dans son royaume propriétés de l’Etat. Tous les biens possédés par les ordres religieux et par le clergé furent alors sécularisés et vendus en même temps que les autres biens de l’Etat. Par ces diverses mesures, le roi de Prusse parvint a cicatriser les plaies que la guerre avait faites à ses Etats et à y ramener le bien-être. Forcé de plier devant les volontés encore toutes-puissantes de Napoléon, Frédéric-Guillaume conclut à Paris, le 24 février un traité d’alliance défensive et offensive. Cette même année, la guerre ayant éclaté entre la France et la Russie, le roi de Prusse envoya à Napoléon un corps d’armée de 30.000 hommes, sous le commandement du général York. Lors de la funeste retraite de Russie, le général York sauva ses troupes en concluant, avec le général russe Diébitsch, une convention qui lui laissait le passage libre pour retourner eu Prusse, et son corps-d’armée, déclaré neutre, se sépara de l’armée française. Les désastres de 1812 semblaient indiquer que Napoléon avait enfin lassé la fortune. Le roi de Prusse se réunit contre lui aux grandes puissances, avec d’autant plus d’empressement qu’il avait été plus profondément humilié. Il conclut contre la France une alliance avec l’empereur de Russie, à Kalisch, le 23 février 1813, et, le 27 mars de la même année, envoya à Napoléon une déclaration de guerre. Les proclamations qu’il adressa à son peuple, les 3 et 9 février et le 17 mars 1813, étaient autant d’appels aux armes, qui furent accueillis avec enthousiasme, car il s’adressait à la nation au nom de la liberté et de l’indépendance de la patrie. Deux corps d’armée prussiens, commandés par Blücher et York, se réunirent à l’armée russe sous les ordres de Wittgenstein, et marchèrent en avant en entrant en Saxe. Le roi lui-même fit la campagne de 1813 et de 1814, et contribua à l’échec que Napoléon éprouva à Leipzig. Il se rendit ensuite à Paris, qu’il quitta avec l’empereur Alexandre de Russie pour se rendre à Londres. De là, il retourna à Berlin, où il fut reçu en triomphe par le peuple prussien (le 6 août I814). De Berlin, il se rendit à Vienne pour assister au congrès, dans lequel il défendit les intérêts prussiens, se fit restituer les Etats que Napoléon lui avait enlevés, et obtint, en outre, un agrandissement de territoire. Lorsqu’au mois de mars 1815 Napoléon revint de l’ île d’Elbe, Frédéric-Guillaume conclut une nouvelle alliance avec l’Autriche, la Russie et l’Angleterre, et l’on sait quelle part décisive les Prussiens de Blücher prirent à la bataille de Waterloo. De retour en Prusse, le roi fit célébrer le jubilé de l’avènement de la maison de Hohenzollern, qui depuis quatre cents ans gouvernait la Prusse. La paix rétablie, Frédéric-Guillaume continua à s’occuper d’accroître la prospérité de ses Etats ; mais il refusa d’accorder à la nation la constitution et le système représentatif, qu’il avait solennellement promis d’octroyer, le 22 mai 1815, après le retour de Napoléon Ier en France. Il régla les difficultés qui s’étaient élevées entre les Eglises protestantes et l’Eglise catholique, rétablit, en 1823, les états provinciaux, qui ne prouvaient apporter que de très légères modifications au pouvoir absolu, et augmenta considérablement l’ascendant de la Prusse en Allemagne, en fondant l’association douanière qui devait préparer l’unité politique de l’Allemagne. Lorsque la Révolution de Juillet éclata en France, suivie bientôt après de l’insurrection polonaise, Frédéric-Guillaume contribua, par sos efforts, à maintenir la paix de l’Europe, qui semblait de nouveau menacée. Il s’empressa de reconnaître Louis-Philippe, et ne voulut pas prendre part
à la compression de la Pologne. On a reproché à ce prince, qui n’était dénué ni d’intelligence ni de courage personnel, de s’être trop laissé gouverner par sa femme, la belle Louise de Mecklembourg, qu’il perdit en 1810. En 1821, il contracta un mariage morganatique avec la comtesse de Harrac, qui devint alors duchesse de Liegnitz.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Frédéric-Guillaume III de Prusse sur wikipedia

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février 18, 2008

MARECHAL DAVOUT (1770-1823)

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Maréchal Louis-Nicolas Davout (1770-1823), duc d’Auerstaedt, prince d’Eckmühl

Ce maréchal a déployé une bravoure distinguée et de la fermeté de caractère, première qualité d’un homme de guerre.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal DAVOUT (Louis-Nicolas), duc d’Auerstaedt, prince d’Eckmühl, général français, né à Annoux (Yonne) le 10 mai 1770, mort à Paris le 1er juin 1823. On commet généralement, en écrivant ce nom, une erreur orthographique qui semble remonter à la campagne d’Egypte. Un général de cavalerie, mort pendant cette expédition, s’appelait DAVOUST ; mais il n’avait avec le maréchal aucun lien de parenté. Issu d’une famille noble, mais pauvre, Davout entra, en 1785, à l’Ecole militaire de Paris (et non à Brienne, comme l’ont écrit la plupart des biographes, qiu le font, à tort, condisciple de Bonaparte), et en sortit, en 1788, avec le grade de sous-lieutenant au régiment de Champagne (cavalerie). Là, au lieu de mener la vie brillante et dissipée des officiers de son régiment, il consacrait à l’étude les loisirs que lui laissait le service. Aussi son oncle, major dans le même corps, disait-il de lui : « Mon neveu Davout ne fera jamais rien ; il ne sera jamais un militaire. Au lieu de travailler sa théorie, il s’occupe de Montaigne, de Rousseau et d’autres farceurs. » 179 éclate ; Davout, alors en garnison à Hesdin, embrasse avec ardeur les principes rénovateurs et a, l’occasion de professer ouvertement sa foi à la liberté. Le régiment dont il faisait partie offrait un banquet à un régiment de passage à Hesdin. Vers la fin du repas, un officier de noblesse se leva et porta ce toast : « Je propose une santé que nous avons tous dans le cœur, bien que, dans ces temps de liberté, on ne nous permette pas de la porter ; et je me flatte qu’il n’y a pas parmi nous de j… f….. qui en propose une autre : à la santé du roi ! » Davout, sur lequel tous les regards s’étaient portés, se leva à son tour et répliqua froidement : « C’est moi, messieurs, qui suis le j… f….. dont monsieur a voulu parler. A la santé de la nation ! » Davout quitta le régiment : une révolte avait éclaté parmi les soldats, et il avait été considéré comme le fauteur de cette rébellion ; il fut prouvé plus tard, par une enquête, que tout le monde avait eu tort dans cette affaire, excepté Davout ; mais il n’en avait pas moins été mis en disponibilité, et il revint dans l’Yonne organiser les bataillons de volontaires : le troisième bataillon l’élut lieutenant-colonel. Il servit dans l’armée du Nord, successivement sous les ordres de Lafayette, de Kilmaine, de Custine et de Dumouriez, qu’il poursuivit inutilement avec son bataillon lors de la trahison de ce général. Exclu de l’armée en 1793, à cause de son origine noble, il fut réintégré dans les cadres en 1794, et nommé général de brigade pendant le siège de Luxembourg. Il passa alors à l’armée du Rhin sous Pichegru, et fut fait prisonnier à Manheim. Mis en liberté sur parole, il se retira quelque temps dans sa famille, et, pendant son inaction forcée, étudia très sérieusement l’art militaire. Au bout de quelques mois il rejoignit l’armée du Rhin, commandée par Marceau, prit ensuite part à l’expédition d’Egypte où il se signala par son infatigable courage, et fut le seul général qui refusa de signer, après le départ de Bonaparte, la capitulation du Caire. Quand, malgré ses énergiques protestations, ses collègues eurent apposé leur nom au bas de ce honteux traité, il reprit aussitôt, avec Desaix, le chemin de la France. En 1800, il obtint, à l’armée d’Italie, le grade de général de division ; en il fut rappelé à Paris par Bonaparte, qui lui fit épouser la sœur du général Leclerc, et lui confia, avec la direction du camp de Bruges, le commandement du troisième corps de l’armée d’Angleterre. Nommé maréchal en 1804 Davout fit ses débuts comme administrateur et homme politique, dans la présidence des élections de l’Yonne. L’année suivante, il ouvrait la campagne du Rhin à la tête de son corps qui formait l’aile gauche de la grande armée, et enlevait aux Prussiens, en quelques jours, cent quatre-vingt-onze pièces de canon. Aussi reçut-il, en récompense de sa merveilleuse activité, le grand cordon de la Légion d’honneur et le titre de général des grenadiers à pied de la garde. Après la paix de Presbourg, il alla présider les élections de la Côte-d’Or ; puis il prit part à la campagne de 1806 contre la Prusse et gagna la sanglante bataille d’Auerstaedt. Profitant de la proximité de la Pologne, il encourage, parmi les libéraux de cette nation, un mouvement indépendant que fait avorter un soulèvement de la Prusse ; contraint alors d’abandonner le peuple qu’il espérait ressusciter, il court se couvrir de gloire à Eylau, à Friedland et à Tilsitt. De juillet 1807 à la fin de 1808, il fut investi du gouvernement de la ville et du duché de Varsovie. C’est alors que des jaloux l’accusèrent d’aspirer à reconstituer à son profit la royauté polonaise. Mécontent de l’élevation de Bernadotte, blessé de la tentative faite, sans autorisation, par Soult, pour se faire adjuger la couronne de Portugal, Napoléon crut aussi à l’ambition de Davout et lui témoigna une injuste défiance. Il ne devait pourtant pas oublier que, dans toute sa correspondance, Davout n’avait cessé de lui présenter le prince Poniatowski comme le seul candidat possible au trône de Pologne, et il eût dû garder toujours présentes à l’esprit les fières paroles de la maréchale Davout qu’il interrogeait sur les velléités royales de son mari : « Hé bien ! maréchale, est-ce que vous n’avez point désiré être reine de Pologne ? » Mme Davout répondit : « Je ne désire que ce que désire le maréchal ; et il tient trop à rester Français pour être roi de quelque pays que ce soit. ». Froissé par ces injustes soupçons, Davout remit au roi de Saxe le gouvernement de Varsovie et vint reprendre son service dans la guerre déclarée à l’Autriche. A Eckmühl, il lutte seul pendant trois jours, avec deux divisions, contre l’armée autrichienne entière qu’il force à la retraite. La paix signée à Vienne en octobre 1809, Davout est chargé de la garde de Hambourg et du blocus des côtes du Nord ; en outre, Napoléon lui donne cette écrasante mission, la réorganisation de la grande armée pour la campagne de Russie. Non-seulement Davout doit dresser six cent mille soldats ; il lui faut encore rassembler le matériel, l’équipement et les transports nécessaires pour cette masse de combattants. En 1812 s’ouvre cette désastreuse expédition : le maréchal, qui en avait prévu l’échec et les suites fatales, ne put que conjurer par sa valeur, sa fermeté, son dévouement, les malheurs qui fondirent sur nos soldats. Dans la retraite, on le vit se multiplier, payer à toute minute de sa personne. Et pourtant il se vit enlever son commandement, qui fut transféré à Ney. Il alla alors s’enfermer dans Hambourg qu’il défendit contre les Russes, et qu’il ne leur remit qu’en sur un ordre authentique et exprès de Louis XVIII. De retour en France, il fut très mal accueilli par le roi, qui lui signifia l’ordre de se retirer immédiatement dans sa terre de Savigny ; les pamphlets royalistes déchirèrent alors à l’envie le défenseur de Hambourg. Le maréchal laissait, impassible, se produire toutes ces infamies ; toutefois, sur les supplications de sa famille, il publia un mémoire justificatif très digne, et surtout très concluant, qui fit taire la calomnie. Aux Cent-Jours, Napoléon chargea Davout de lui organiser une armée et de préparer la défense nationale. Davout émit à ce moment des conseils dont la franchise déplut au souverain. Le prince d’Eckmühl croyait toujours à la vitalité de la nation, mais il n’avait plus confiance dans l’Empire ; il parla à cœur ouvert ; aussi, malgré ses instances réitérées, Davout ne put-il obtenir le commandement de l’aile droite. L’impérieux Bonaparte lui préféra Grouchy. On sait ce qu’il advint de cette préférence. Waterloo brisa l’ambition du maître. Davout essaya de remonter l’esprit de Napoléon. Rien, suivant lui, n’était désespéré ; on pouvait tout attendre en s’adressant au cœur de la France. Mais l’Empereur était démoralisé, et il entendait l’exécration publique monter peu à peu autour de son nom. Le maréchal exposa nettement la situation, donna son avis, et pour soustraire Napoléon aux mille influences contradictoires qui faisaient, à chaque instant, dévier sa résolution, il l’engagea à s’enfermer à la Malmaison. C’est cet épisode de la vie de Davout que les malveillants et les envieux ont tourné contre lui pour incriminer sa mémoire. On l’a accusé d’avoir manqué de respect à une majesté tombée. Une seule circonstance a suffi pour anéantir cette imputation et pour donner un éclatant démenti au récit apocryphe de Fleury de Chaboulon qui, seul de tous les historiens ou écrivains de mémoires, a raconté la mensongère altercation reprochée à Davout. A la bibliothèque de Sens se trouve un exemplaire des Mémoires de Fleury de Chaboulon annoté de la main même de Napoléon, à Sainte-Hélène, et donné à la ville de Sens par Saint-Denis, ancien valet de chambre de l’Empereur. Nous reproduisons trois notes extraites de cet ouvrage. « On doit regarder comme d’invention pure les discours et les propos que l’on prête à l’empereur Napoléon. L’auteur le fait parler et penser selon ses propres opinions et selon les dires des gens du premier salon de service. L’auteur se reprochera toute sa vie cet ouvrage, où il compromet tant de pères de famille et calomnie tant de grands et illustres citoyens. » Enfin, en marge du récit des prétendues invectives adressées par Davout à l’empereur, celui-ci a écrit ces mots significatifs : « Quelle injustice que ce portrait ! » Après le départ de Napoléon pour la Malmaison, commencèrent les indécisions, les négociations, les entrevues. Davout était toujours attaché à l’Empereur, tout en considérant l’Empire comme fini. L’ennemi cernait Paris : le prince d’Eckmühl proposa la résistance, si le gouvernement provisoire autorisait la lutte. Carnot démontra l’impossibilité du succès et Davout dut s’incliner devant l’opinion générale. Mais les insolences des alliés croissant en raison de l’accumulation de leurs troupes, le maréchal voulut leur prouver que la France n’était pas encore écrasée. Il sort avec une poignée d’hommes et va exterminer, entre Verrières et Versailles, plusieurs régiments prussiens ; puis il attend le signal de la bataille. On lui envoie l’ordre de traiter. Il examine alors froidement la position : la lutte longue et périlleuse, la cause impériale perdue, les Bourbons acclamés, la trahison au dedans et au dehors. Il voit la France pillée, Paris bombardé, trente millions d’hommes en péril pour conserver une couronne. Il impose silence à ses sympathies, à ses instincts guerriers, à ses sentiments patriotiques, et il signe la convention de Saint-Cloud du 3 juillet. Alors, comme il était le plus en vue, comme de lui avait dépendu en quelque sorte le salut de l’Empire, tous les lâches qui avaient trahi rejetèrent sur lui leur infamie, l’accusèrent d’avoir reculé et de leur avoir donné l’exemple de la désertion. Davout se démit aussitôt du portefeuille de la guerre et se retira, avec les débris de notre armée, derrière la Loire, emportant avec lui les trésors du musée d’artillerie, les dessins topographiques et les plans en relief des places fortes. Les souverains alliés exigèrent la remise de ces collections : Davout refusa et les garda. Le 6 juillet, il négocia le ralliement de l’armée de la Loire au gouvernement des Bourbons, en sauvegardant les intérêts de ses compagnons d’armes, dont il se sépara le cœur brisé. Puis il vint à Paris, se vouer corps et âme à la défense de Ney et protester de toutes ses forces contre sa mise en accusation. Une ordonnance royale lui supprima son titre de maréchal avec tous ses traitements et l’exila à Louviers. Toutefois, en 1817, il fut réintégré dans ses titres, et, en 1819, il accepta une place a la Chambre des pairs, où il prêta au libéralisme l’appui de son nom et de sa haute raison. Cependant la santé du maréchal, qui avait bravé victorieusement tant de périls, tant d’assauts physiques et moraux, reçut tout à coup une grave atteinte. La mort de sa fille lui porta un coup dont il ne se releva point. Le croirait-on ? Les défiances de la Restauration ne cessèrent pas devant ce cercueil. Les invalides ayant exprimé le vœu d’assister au service funèbre, le gouverneur de l’hôtel reçut l’ordre de les consigner et de tenir les portes fermées pendant toute la durée de la cérémonie. Quelques-uns de ces vieux soldats ayant réussi à braver la consigne et à s’échapper par-dessus les murs pour escorter leur ancien chef à sa dernière demeure, le gouvernement résolut de les punir et de les chasser de leur refuge. Il fallut que la maréchale Davout fît trêve à sa douleur, et allât, le lendemain de l’enterrement, solliciter elle-même le pardon des insoumis ! On eut, au moins, la pudeur de ne pas lui refuser la grâce qu’elle demandait.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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septembre 22, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL DAVOUT (1770-1823), DUC D’AUERSTAEDT, PRINCE D’ECKMÜHL

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Maréchal Louis-Nicolas Davout (1770-1823), duc d’Auerstaedt, prince d’Eckmühl

La conduite du maréchal prince d’Eckmühl avait été pure et les mémoires qu’il avait publiés convenables.

(Napoléon Bonaparte)

Davout (Louis-Nicolas, duc d’Auerstaedt et prince d’Eckmühl), officier général et législateur, né à Annoux (Yonne), le 10 mai 1770, de « Jean-François Davout, écuyer, lieutenant au régiment royal de Champagne-cavalerie, seigneur d’Annoux, et de Françoise-Adélaïde Miard de Villars », mort à Paris le 1er juin 1823 ; entra comme cadet-gentilhomme, en 1785, à l’école militaire de Paris et en sortit sous-lieutenant au 19e régiment de cavalerie. S’étant déclaré partisan de la Révolution, il s’engagea dans les volontaires de l’Yonne, et fut élu, par ses camarades, chef du 3e bataillon (22 septembre 1791), fit la campagne de Belgique, sous les ordres de Dumouriez, et lors de la défection de ce dernier, Davout fit mine de tirer sur lui quand il se rendit au camp autrichien, puis fut destitué comme noble en 1793 ; cette situation ne dura que très peu de temps, puisque le 3 vendemiaire an III, il fut promu général de brigade et envoyé à l’armé de la Moselle, passa sous les ordres de Pichegru, et fut fait prisonnier à Manheim, puis échangé, défendit Kehl et se lia à Desaix, se distingua particulièrement au passage du Rhin (1er floréal an V), fit partie ensuite de l’expédition d’Egypte et prit part à la bataille d’Aboukir. En revenant en france il tomba entre les mains des Anglais et fut interné à Libourne, puis rentré en France, fut nommé général de division (14 messidor an VIII) et maréchal de France, (29 floréal an XII), puis grand-croix de la Légion d’honneur (19 pluviôse an XIII), appartint à la grande armée et se battit vaillamment à Ulm, à Austerlitz et Iéna, à Auerstaedt où il décida la victoire, puis à Eylau et Friedland. Le 8 juillet 1808, il fut créé duc d’Auerstaedt, et le 28 novembre 1809, prince d’Eckmühl ; en 1812, il eut le commandement en chef du 1er corps de la grande armée, battit les Russes à Mohilow, et fut blessé à la Moskowa. Pendant les Cent-Jours, l’Empereur le nomma ministre de la guerre (20 mars 1815), il fut élu le 2 juin suivant, membre de la chambre des pairs. Après Waterloo, il commanda l’armée réunie sous Paris ; le gouvernement provisoire envoya alors, le 3 juillet, l’ordre de traiter et, le même jour, il signa avec l’ennemi, à Saint-Cloud, la convention de Paris. Le 5 mars 1819 il fut nommé pair de France. On lui a élevé une statue à Auxerre en 1867.

(Extrait du dictionnaite sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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