octobre 17, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL CLARKE (1765-1818), DUC DE FELTRE

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Général Henri-Jacques-Guillaume Clarke (1765-1818), comte d’Hunebourg, duc de Feltre 

Clarke avait la manie des parchemins ; il passait une partie de son temps, à Florence, à rechercher ma généalogie ; il s’occupait aussi beaucoup de la sienne, et était venu à bout de se persuader, je crois, qu’il était le parent de tout le faubourg Saint-Germain.

(Napoléon Bonaparte)

Clarke (Henri-Jacques-Guillaume, duc de Feltre et comte d’Hunebourg), officier général, ministre et législateur, né à Landrecies (Nord), le 17 octobre 1765, de « messire Thomas Clarke, capitaine aide-major du régiment irlandais de Bulkeley, et de dame Louise Shee », mort à Neuwiller (Bas-Rhin), le 28 octobre 1818 ; entra à l’école militaire le 17 septembre 1781 et arriva de grade en grade chef d’escadron au 2e régiment de cavalerie, fut employé à l’armée du Rhin, se distingua au siège de Spire, et fut promu le 19 mai 1793, général de brigade. Destitué comme suspect, il ne recouvra son grade que le 11 ventôse an III, seconda habilement Carnot, ministre de la guerre, et fut fait général de division le 17 frimaire de la même année. Il fut ensuite envoyé comme ambassadeur près le roi d’Etrurie, rappelé en l’an XII, et nommé conseiller d’Etat. Le 9 ventôse an XII, il fut fait membre de la Légion d’honneur, et le 25 prairial suivant, commandeur du même ordre. Rappelé à l’activité, il fit la campagne d’Allemagne, se distingua à Ulm et Iéna et devint gouverneur de Berlin en novembre 1806 après l’avoir été de Vienne l’année précédente. Le 9 août 1807, il fut appelé au ministère de la guerre, poste qu’il occupa jusqu’au 3 avril 1814. Il avait été créé comte d’Hunebourg le 24 avril 1808, puis duc de Feltre le 15 août 1809. Il adhéra à la déchéance de l’Empereur en avril 1814, et la Restauration à laquelle il se rallia, le fit pair de France (4 juin 1814), redevint ministre de la guerre le 12 mars 1815. Il suvit Louis XVIII à Gand, revint en France avec les Bourbons, reprit le portefeuille de la guerre le 26 septembre et fut très rigoureux pour ses anciens compagnons d’armes, ce qui lui fut vivement reproché. Le 3 juillet 1816, il fut élevé au maréchalat.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Clarke sur Wikipedia

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octobre 16, 2007

LES AMIRAUX DE NAPOLEON – AMIRAL DUC DENIS DECRES (1761-1820)

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 Amiral duc Denis Decrès (1761-1820)

Decrès est généralement détesté mais on a tort ; il a rendu de grands services à la marine. Il est très capable, homme d’esprit, beaucoup de caractère, et ennemi, en tout genre, des abus.

(Napoléon Bonaparte)

Decrès (Denis), amiral et ministre, né à Ville-sous-Anjou (Isère) le 18 juin 1761, mort à Paris le 7 décembre 1820 ; entra dans la marine en 1779, passa en février 1791 sur le Cybèle avec le grade de major, puis capitaine de vaisseau en janvier 1793, fut destitué comme noble, puis arrêté et conduit à Paris et relâché presque aussitôt, fut réintégré an l’an III et devint contre-amiral en l’an VI, prit part au combat d’Aboukir, parvint à se réfugier à Malte avec les débris de l’escadre ; reçut l’ordre de regagner la France avec le Guillaume Tell qui rapatriait les malades et soutint contre la flotte anglaise un glorieux combat et fut fait prisonnier. Rentré en France, Bonaparte lui fit don d’un sabre d’honneur et le nomma préfet maritime à Lorient. Le 9 vendemiaire an X, il fut nommé ministre de la marine, poste qu’il occupa jusqu’à la chute de l’Empire. Pendant les Cent-Jours il devint amiral et reprit son portefeuille de la marine, puis fut nommé pair de France (2 juin 1815). Il rentra dans la vie privée sous la Restauration, Decrès était grand officier de la Légion d’honneur depuis le 10 pluviôse an XIII, et avait été comte de l’Empire le 4 juillet 1808 et duc le 28 avril 1810.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire dur Dr Robinet) 

Lien : Amiral Decrès sur Wikipedia

octobre 10, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL LECOURBE (1759-1815), COMTE D’EMPIRE

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 Général Claude-Jacques Lecourbe (1759-1815), comte d’Empire

Très brave, il eût été un excellent maréchal de France ; il avait reçu de la nature toutes les qualités nécessaires pour être un excellent général.

(Napoléon Bonaparte)

Lecourbe (Claude-Jacques, comte), officier général et législateur, né à Besançon (Doubs), le 22 février 1759, de « Claude-Guillaume Courbe (sic), officier d’infanterie et de demoiselle Marie Valette », mort à Belfort (Haut-Rhin) le 22 octobre 1815 ; fut élu, en 1789, commandant de la garde nationale de Ruffey ; devint, le 24 novembre 1791, chef de bataillon du Jura, fit la campagne de 1792 à l’armée du Rhin, puis passa à l’armée du Nord, se signala à Hondschoote et à Wattignies, fut envoyé en en frimaire an II, soupçonné d’hostilité au gouvernement et arrêté, puis traduit à Nantes devant une commission militaire qui l’acquitta ; il partit alors à l’armée de Moselle, se distingua à Fleurus, s’empara de Namur et occupa les environs de Nimègue. Le 25 prairial an III, il fut promu général de brigade, puis attaché à l’armée de Sambre-et-Meuse et à l’armée du Rhin, se fit remarquer aux batailles de Rastadt et de Néresheim, général de division le 17 pluviôse an VII, il fut blessé à l’affaire de Wasen. En messidor an VII, il occupa le massif du Saint-Gothard et de la Furea, à la tête de deux divisions, et parvint, dans les premiers jours de vendemiaire an VIII, à contenir avec 1.500 hommes Souvarov et 30.000 Russes près de Seedorf et, grâce à la contre-attaque qu’il exécuta du côté d’Altorf, il occupa la vallée de la Reuss et le canton de Glaris. Il eut, sous le général Moreau, le commandant de l’aile droite de son armée, forte de 40.000 hommes. Lecourbe força alors le passage du Rhin à Reutlingen le 9 floréal, se battit victorieusement à Engen et Moeskisch, s’empara de Memmingen, écrasa les Autrichiens de Klingin, et participa à la victoire d’Hochstedt. Inspecteur général d’infanterie le 5 thermidor an IX, il fut fait membre de la Légion d’honneur le 19 frimaire an XII, puis mis à la retraite le 14 fructidor de la même année, lors du procès de Moreau, et placé à Bourges sous la surveillance de la haute police. Lecourbe fut très lié avec Moreau et Pichegru et, à ce titre, il avait été initié aux projets de ces deux conspirateurs, mais il fut remis en activité à la rentrée des Bourbons comme inspecteur général d’infanterie dans les 6e et 18e divisions militaires, créé chevalier de Saint-Louis le 8 juin 1814, et grand officier de la légion d’honneur le 29 juillet. Au retour de l’île d’Elbe, Lecourbe refusa d’abord de se rallier à l’Empereur, mais s’offrit bientôt pour défendre la France menacée, reçut le commandement de la 18e division, puis du corps d’observation du Jura, fut nommé pair des Cent-Jours le 2 juin 1815 et créé comte de l’Empire. Il défendit les passages de la Suisse et de la Franche-Comté avec la plus grande valeur et n’arrêta les hostilités que quand il sut officiellement la rentrée de Louis XVIII à Paris. Il fut mis à la retrait sous la seconde Restauration.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Lecourbe sur Wikipedia

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL DROUET D’ERLON (1765-1844), COMTE D’EMPIRE

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 Général Jean-Baptiste Drouet d’Erlon (1765-1844), comte d’Empire

D’Erlon est un bon chef d’état-major, a de l’ordre, mais voilà tout.

(Napoléon Bonaparte)

Drouet (Jean-Baptiste, comte d’Erlon), maréchal de France et législateur, né à Reims (Marne), le 29 juillet 1765, de « Jean-Thierry Drouet et de Marie-Anne Pothé, mariés ensemble », mort à Paris le 25 janvier 1844 ; entra dans l’armée en 1782 comme engagé volontaire au régiment du Beaujolais, devint en l’an II aide de camp du général Lefebvre et assista au siège de Valenciennes et de Condé ; passa sous les ordres de Hoche, à l’armée du Rhin et fut promu général de brigade le 7 thermidor an VII, se battit à Zurich et à Constance, se distingua à Hohenlinden, puis passa général de division le 8 fructidor an VIII, conclut et signa la capitulation de Dantzig et fut blessé à Friedland, fut fait grand officier de la Légion d’honneur le 29 mai 1807 et créé comte d’Erlon le 28 janvier 1809, partit en Espagne et battit les anglais commandés par le général Hill au col de Maya (22 juin 1811). Sous la Réstauration, il fut nommé commandant de la 16e division militaire et fait chevalier de Saint-Louis. Impliqué dans le complot de Lefebvre-Desnouettes, arrêté le 13 mars 1815 et bientôt remis en liberté. Pendant les Cent-Jours, l’Empereur le nomma pair de France et, après la chute définitive de ce dernier, Drouet d’Erlon se retira à Bayreuth où il tint une brasserie. L’amnistie de 1825 lui permit de rentrer en France. Sous Louis-Philippe il fut nommé pair de France (19 novembre 1831) et en 1834 envoyé comme gouverneur général des possessions françaises, dans le nord de l’Afrique. Le 9 avril 1843, il fut promu maréchal de France.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Drouet d’Erlon sur Wikipedia

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL MOUTON (1770-1838), COMTE DE LOBAU

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Général Georges Mouton (1770-1838), comte de Lobau

Mon Mouton, c’est un lion.

(Napoléon Bonaparte)

Mouton (Georges, comte de Lobau), pair des Cent-Jours, député de Lunéville de 1828 à 1834 ; né à Phalsbourg (Meuthe) le 21 février 1770, mort à Paris le 27 novembre 1838 ; fils de monsieur Joseph Mouton, propriétaire et conseiller de l’hôtel de ville, et de Catherine Charpentier » ; s’engagea comme simple soldat en 1792 dan la Légion de la Meurthe, gagna ses premiers grades à l’armée du Rhin et suivit Championnet à l’armée d’Italie, où il fit la campagne de 1798-99. Il concourut, en 1800, sous Masséna, à la défense de Gênes, il y fut grièvement blessé. L’Empereur se l’attacha comme aide de camp et le fit général de brigade. Il le suivit en Pologne, fut encore blessé à Friedland et, après, nommé général de division. Il se distingua en Espagne en 1808, puis l’année se battit à Eckmühl, à Essling, et à Wagram, où il se signala à son ordinaire. Son titre de comte de Lobau en témoigne. Enfin il accompagna l’Empereur en Russie (1812). Mais il fut fait prisonnier en 1813, à Dresde, lors de la bataille de Leipzig. Il ne revint qu’en 1814, après la première abdication de Napoléon. Au retour de l’île d’Elbe, celui-ci le nomma pair de France. A Waterloo, Mouton, après des prodiges de valeur et de savoir militaire, fut fait une seconde fois prisonnier et conduit en Angleterre ; de là il passa en Belgique, comme exilé de France, et y resta jusqu’en 1818.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Mouton sur Wikipedia

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL EXELMANS (1775-1852), BARON D’EMPIRE

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Général Henri-Joseph-Isidore Exelmans, baron d’Empire 

Je sais qu’on ne peut être plus brave que vous !

(Napoléon Bonaparte)

Exelmans (Henri-Joseph-Isidore, baron d’Empire), officier général et législateur, né à Bar-le-Duc (Meuse), le 12 novembre 1775, du « sieur Guillaume-Isidore Exelmans, négociant en cette ville et de demoiselle Françoise Belhomme », mort à Saint-Cloud (Seine-et-Oise) le 10 juillet 1852 ; entra dans l’armée le 6 septembre 1791 comme volontaire dans le 3e bataillon de la Meuse, devint aide de camp du général Eblé (1er brumaire an VII). Il se disntingua en Italie au passage de l’Adda, à Castelnuovo et à Cremone, eut une part considérable à la prise de Naples, et devint le 3 thermidor an VII, aide de camp du général Broussier, chef d’escadron le 10 vendemiaire an XII, et membre de la Légion d’honneur ; se battit bravement le 16 vendemiaire an XIV, au combat de Wertingen, où il eut deux chevaux tués sous lui, fut fait officier de la Légion d’honneur le 27 vendémiaire et nommé le 6 nivôse, après Austerlitz, colonel du 1er régiment de chasseurs à cheval ; c’est à la tête de ce régiment qu’il se montra aux combats de Posen, et de Golymin, fut employé dans la campagne de Pologne, en 1807, sous les ordre du général Marulaz ; puis promu le 14 mars de la même année, général de brigade, se battit à Friedland, et passa en Espagne où il fut fait prisonnier de guerre, après la capitulation de Baylen ; il obtint sa mise en liberté et alla à la cour de Murat, qui lui conféra la charge de grand maréchal du palais, revint en France, et fut créé baron de l’Empire le 13 mars 1812. Le 6 septembre, la veille de la bataille de la Moskowa, Exelmans fut promu général de division. Pendant la retraite de Russie, il se fit remarquer par son intrépidité, fut bléssé à Vilna, revint en France et dans la guerre de l’intérieur, il concourut à la défense de Châlons-sur-Marne et de Vitry, montra beaucoup de valeur à Craonne, contribua à la prise de Reims. La Restauration le nomma comte, il fut fait chevalier de Saint-Louis. Peu de temps après, une lettre qu’il écrivait à Murat, fut saisie par la police ; il fut enjoint de quitter Paris dans les vingt-quatre heures et de se retirer à Bars-sur-Ornans, mais refusa d’obéir.  L’ordre fut donné immédiatement de se saisir du général et de le traduire devant un conseil de guerre pour avoir entretenu une correspondance avec l’ennemi ; il s’agissait bien entendu de Murat qui n’était pas encore reconnu roi par les puissances. Exelmans fut, en conséquence, accusé d’espionnage, d’offense envers le roi, etc. Il se constitua prisonnier dans la citadelle de Lille, le 14 janvier 1815, et le 23 janvier passa devant le tribunal militaire présidé par le général Drouet d’Erlon, et à l’unanimité fut acquitté. Pendant les Cent-Jours, il fut créé pair de France, le 2 juin 1815, commanda une division de cavalerie à Fleurus, et le 16 juin prit part au combat de Ligny ; fut entraîné dans la fausse marche de Grouchy,  et, à la suite de la retraite de l’armée, sous les murs de Paris, Exelmans vint prendre position à Versailles avec la cavalerie de l’aile gauche et battit les Prussiens à Rocquencourt. Paris ayant capitulé, il fut obligé de se retirer sous la Loire et se rendit à Clermont jusqu’au licenciement. Compris dans l’ordonnance du 24 juillet 1815, il reçut l’ordre des Bourbons de quitter la France, se fixa à Bruxelles, puis à Liège et dans le grand-duché de Nassau. En vertu de l’amnistie de 1823, il put rentrer en France où il resta à l’écart jusqu’en 1830. Louis-Philippe le fit entrer à la Chambre des pairs le 19 novembre 1831. Lors du procès du National, journal républicain que défendait Armand Carrel, il manifesta en pleine cour des pairs ses sentiments contre la condamnation du maréchal Ney, en s’écriant : « Je suis de l’avis de M. Carrel ; c’est un abominable assassinat. » En 1849, le 15 août, le président Louis Bonaparte nomma le général Exelmans grand chancelier de la Légion d ‘honneur, et, par décret du 10 mars 1851, lui octroya le bâton de maréchal de France ; entra, par conséquent, de droit au Sénat du Second Empire, le 26 janvier 1852.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Exelmans sur Wikipedia

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL RAPP (1773-1821), COMTE D’EMPIRE

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Général Jean Rapp (1771-1821), comte d’Empire

Le général de division comte Rapp a eu un cheval tué sous lui ; l’intrépidité dont ce général a donné tant de preuves se montre dans toutes les occasions.

(Napoléon Bonaparte)

Rapp (Jean, comte), officier général, législateur, né à Colmar (Haut-Rhin) le 27 avril 1773, mort à Rhénewillers (Haut-Rhin), le 8 novembre 1821 ; fils de « sieur Jean Rapp, bourgeois négociant de ce lieu, et de dame Catherine Salomé d’Edighoffein » ; chef d’escadron le 16 vendemiaire an VII, général de brigade le fructidor an XI, général de division en 1805, se distingua à Austerlitz, gouverneur de Dantzig en 1807, comte de l’Empire après Wagram en 1809, grand officier de la Légion d’honneur en 1811, s’illustra tout particulièrement pendant la retraite de Russie en 1812, fut pair des Cent-Jours, mais aussi fait chevalier de Saint-Louis par Louis XVIII en 1815. L’un des bons généraux de Napoléon.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL MOREAU (1763-1813)

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Général Jean-Victor Moreau (1763-1813)

Il était supérieur pour commander une forte division ou un de mes corps d’armées, mais pour bien commander en chef il faut être un autre homme que lui.

(Napoléon Bonaparte)

Moreau (Jean-Victor), officier général né à Morlaix (Finistère) le 11 août 1763, mort le 2 septembre 1813 ; son père était avocat dans cette ville et sa famille fort estimée. Destiné au barreau, il fit de fortes études générales et spéciales et montra dès sa première jeunesse les grandes qualités qu’il déploya dans le reste de sa carrière. En 1790, il fut choisi et nommé commandant du bataillon de volontaires qui s’était formé dans le département du Morbihan, et se rendit avec ce corps, à l’ armée du Nord. Il s’adonna aussitôt à la théorie et à la pratique de l’art de la guerre ; c’est ainsi qu’il devint un des meilleurs tacticiens de l’Europe. Il donna, avec son bataillon, une adhésion entière au 10 août, et, un mois après, en septembre 1792, à la République. Il fut ébranlé dans ses dispositions politiques par la chute des Girondins, par le triomphe des Montagnards, et il montra de l’hésitation pour la Constitution de 1793. Mais la réputation de son bataillon avait attiré sur lui l’attention du général en chef, Pichegru, qui résolut de se l’attacher ; telle fut l’origine de leur liaison. Moreau fut nommé général de brigade à la fin de 1793, et général de division le 14 avril 1794. Il commença aussitôt en Belgique, une campagne brillante qui aboutit, dans l’hiver de 1795, à la conquête de la Hollande et de tous les Pays-Bas. A la retraite de Pichegru, Moreau fut nommé général en chef de l’ armée du Rhin-et-Moselle, et fit la célèbre campagne de 1796, qui affranchit le Rhin et nous ouvrit le coeur de l’Allemagne. Il y avait pénétré à plus de deux cents lieues ; mais apprenant que les les armées du Nord et de Sambre-et-Meuse, qui devaient converger vers lui, étaient battues et rétrogadaient, il opéra une merveilleuse retraite, ne se laissant pas entamer et faisant subir des pertes considérables à l’ennemi. Il eut à lutter, dans cete guerre acharnée, avec le prince Charles, commandant toutes les forces germaniques ; il y fut secondé par Desaix, Férino, Jourdan, Hoche, etc. Mais ces hauts succès militaires, arrêtés tout au moins par les préliminaires de paix que le général Bonaparte avait assez irrégulièrement ouverts à Léoben, le 27 avril 1797, ne permirent point à Moreau d’en obtenir le résultat. C’est vers ce temps que l’interception d’une correspondance de Pichegru lui apprit la trahison de ce général, sur lequel il avait déjà des soupçons ; il l’a communiqua, tardivement a-t-on dit, au Directoire (fructidor an V, septembre 1797). Il tomba en disgrâce et demanda sa retraite. Elle ne fut pas de longue durée. La France était toujours menacée par la coalition ; on avait besoin d’hommes de valeur pour tenir tête à tant d’ennemis. Moreau et Kléber furent rappelés : le premier alla reprendre en Italie la place de Schérer, qui se trouvait dans une position désespérée. Il resta dans cette situation subordonnée jusqu’à l’arrivée de Joubert, mais après la mort de ce général, à la suite de la douloureuse bataille de Novi, il reprit le commandant en chef jusqu’au jour où il reçut le commandement de l’armée du Rhin. Ce fut à ce moment qu’il fit la connaisance de Bonaparte, qui en fit son allié. Moreau l’aida à exécuter le 18 brumaire. Le 25 avril 1800, il était à la tête de son armée, battant chaque jour les Autrichiens, jusqu’à la journée de Hohenlinden ; cette victoire célèbre lui donnait la clef de leur capitale, juste au moment où la paix était conclue, en 1801. Moreau avait goûté les enivrements de la victoire, sans en avoir aucun des résultats ; il revint à Paris, et eut le malheur d’épouser une femme ambitieuse qui domina son caractère et accrut l’amertume de ses griefs. La déférence qu’il avait pour Bonaparte fit bientôt place au plus profond éloignement : il refusa la décoration de la Légion d’honneur, et sa maison fut bientôt désignée sous le nom de « Club Moreau ». On y flagellait la « Cour Bonaparte ». Le futur Empereur affecta de prendre patience, mais son rival, bientôt accusé de complicité avec Pichegru et les partisans de Louis XVIII, fu poursuivi et condamné à deux ans de détention ! En 1804, il obtient sa grâce et passa en Espagne ; en 1805, il arrivait aux Etats-Unis. Il y vécut paisiblement jusqu’en 1813 ; mais à ce moment l’Empereur de Russie, Alexandre, lui fit de brillantes propositions, ayant pour but de renverser Napoléon ; il se rendit immédiatement à Prague, et, en présence des souverains alliés, avec le futur roi de Suède, Bernadotte, son ancien compagnon d’armes, il élabora le plan des campagne de 1813 et 1814. Il fut bléssé mortellement lors de l’exécution de ce plan, le 27 août 1813, par un boulet français, à la bataille de Dresde, aux côtés de l’empereur de Russie ; il ne succomba que le 2 septembre. Sa femme, qui fut la cause de la malheureuse détermination qui lui coûta la vie et l’honneur, reçut une dotation de la Russie, Lousi XVIII en fit autant, en y ajoutant le titre honorifique de « Maréchale ».

(Extrait du dictionnaire sur  la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Moreau sur Wikipedia

octobre 9, 2007

GENERAL JEAN-CHARLES PICHEGRU (1761-1804)

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Général Jean-Charles Pichegru (1761-1804)

Avant de commettre une faute, il a honnêtement servi son pays. Je n’ai pas besoin de son sang.

(Napoléon Bonaparte)

Pichegru (Jean-Charles), général, député du Jura au Conseil des Cinq-Cents, élu le 23 germinal an V ; né à Arbois (Jura), le 16 février 1761, mort à Paris, le 5 avril 1804, ; fils de « Pierre Pichegru et de Françoise Roumain, cultivateurs » ; fit ses études chez les Minimes d’Artois, où il montra de grandes dispositions pour les mathématiques ; à l’âge de 18 ans, il fut envoyé par sa congrégation au collège de Brienne, comme maître répétiteur de quartier. Quoique destiné à rester dans les ordres, suivant les conseils de son ancien maître le Père Patrault, il jeta le froc, et, en 1783, s’engagea dans le 1er régiment d’artillerie à pied ; il franchit rapidement tous les grades jusqu’à celui d’adjudant, et allait être nommé officier lorsque la Révolution éclata ; enthousiasmé du nouvel ordre des choses, il en adopta les principes, présida le club démocratique de Besançon ; puis, à la tête d’un bataillon de volontaires du Gard qui l’avait choisi pour commandant, il alla rejoindre l’armée du Rhin. En 1792, employé à l’état-major de cette armée, il arriva promptement au grade de général de brigade, à celui de général de division le 4 octobre 1793 ; peu de temps après il était nommé général en chef de son corps d’armée. Par sa tactique et son habileté, il fut désigné, le 7 février 1794, au commandement de l’ armée du Nord, qui s’empara promptement de Cassel, Courtrai, Menin, Hooglède, Bruges, Gand, Anvers, Bois-le-Duc, Venloo, Nimègues ; le 27 décembre, il alla prendre l’île de Bommel ; le 19 janvier 1795 il entrait victorieusement dans Amsterdam, et bientôt ses troupes occupaient la Zélande, le Brabant et La Haye. Envoyé à l’Armée du Rhin, il eut l’indignité d’écouter les propositions des agents du prince de Condé, qui lui firent de promesses pompeuses, qui le grisèrent d’ambition : il commençait à laisser les Autrichiens remporter quelques succès sur nos armes, lorsque le Directoire soupçonnant sa conduite, le remplaça par Moreau en 1796. L’année suivante, élu au conseil des Cinq-Cents, il en devient président en même temps que l’âme du parti contre-révolutionnaire. Au 18 fructidor il fut déporté avec ses partisans à Sinnamary, dont ils ‘évada. Il se rendit à Londres et en Allemagne où il conspirait la chute de la république. A la demande du Premier Consul, il fut expulsé de Prusse, revint à Londres, se lia avec Georges Cadoudal et devint le chef d’une conspiration ayant pour but l’assassinat du Premier Consul ; en 1804, il arriva secrètement à Paris avec Georges ; dénoncé par un ami, il fut arrêté, conduit à la prison du Temple, et au moment où le procès devait avoir lieu devant la cour, on le trouva étranglé dans sa chambre. On accusa Bonaparte de ce crime, il s’en défendit : la justice n’aurait pu prononcer que sa mort. Le gouvernement de la Restauration lui éleva une statue à Besançon, que le peuple brisa en morceaux à la Révolution de 1830.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Pichegru sur Wikipedia

septembre 29, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL SOULT (1769-1851), DUC DE DALMATIE

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Maréchal Jean de Dieu Soult (1769-1851, duc de Dalmatie

Soult ne m’a pas servi à Waterloo autant qu’il eût été nécessaire. Son état-major, malgré tous mes ordres, n’était pas bien organisé. Berthier eût mieux fait.

(Napoléon Bonaparte)

Soult (Nicolas-Jean de Dieu, duc de Dalmatie), pair de France lors Cent-Jours, puis en 1827, et en 1830, né à Saint-Amand-la-Bastide (Tarn) le 29 mars 1769, mort au château de Soultberg (Tarn) le 26 novembre 1851 ; fils de « sieur Jean Soult, notaire, et de demoiselle Brigitte Grenier » ; engagé le 16 avril 1785 dans le régiment royal d’infanterie ; 1er juillet 1792, adjudant major, devint capitaine le 20 août 1793, chef d’état-major de la division d’avant-garde de l’armée Sambre-et-Meuse ; assista à la bataille de Fleurus et fut promu général de Brigade le 11 octobre 1794 ; se distingua au combat de Stokack, ce qui lui valut le grade de général de division en avril 1799 ; passa à l’armée d’Helvétie commandée par Masséna et se battit à la bataille de Zurich. Colonel général de la garde consulaire le 5 mars 1802, créé maréchal de France le 19 mai 1804, grand cordon de la Légion d’honneur, le 13 pluviôse an XIII. Il commanda ensuite un corps lors de la campagne de 1805, jouant un rôle décisif à Austerlitz ; participa à la campagne de Prusse en 1806 puis à celle de Pologne en 1807. Napoléon le fit duc de Dalmatie en 1808, et l’envoya en Espagne et au Portugal. En 1813, il se battit lors de la campagne d’Allemagne auprès de l’Empereur à la tête du 4e corps d’armée à Lutzen, mais dut rejoindre Bayonne pour réorganiser l’armée du Midi suite à la défaite de Vittoria. Rallié à Louis XVIII, il est nommé en juin 1814 gouverneur de la 1ère division militaire, grand cordon de Saint-Louis (23 septembre). Le 8 juin suivant, il reçut une gratification de 200.000 francs après le retour de l’île d’Elbe puis accompagna Napoléon à Waterloo comme chef d’Etat major. De retour en grâce auprès des Bourbons après 1819, cette girouette politique se révéla encore une fois un fervent royaliste et fut décoré par le collier de Saint-Louis à l’occasion du sacre de Charles X, mais servit avec autant de zèle Louis-Philippe après 1830.

( Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL MARMONT (1774-1852), DUC DE RAGUSE

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Maréchal Auguste-Frédéric Viesse de Marmont (1774-1852), duc de Raguse

Il était le plus médiocre des généraux ; je l’ai soutenu, défendu contre tous parce que je lui croyais de l’honneur. Elevé dans mon camp, nourri dans ma maison, marié par moi, comblé de faveurs, de richesses, devenu un des hommes les plus marquants de la France, au moins un des plus élevés en dignité, son ambition lui a fait rêver qu’il pouvait s’élever encore ; il a oublié sous quel drapeau il a obtenu tous ses grades, sous quel toit il a passé sa jeunesse ; il a oublié qu’il doit tous ses honneurs au prestige de cette cocarde nationale qu’il foule aux pieds pour se parer du signe des traîtres qu’il a combattu pendant vingt-cinq ans !… Voilà le sort des souverains : ils font des ingrats !

(Napoléon Bonaparte)

Marmont (Auguste-Frédéric-Louis Viesse de, duc de Raguse), officier général et législateur, né à Châtillon-sur-Seine (Côte d’Or), le 20 juillet 1774, de « Nicolas-Edme Viesse de Marmont, écuyer seigneur de Sainte-Colombe, capitaine au régiment de Hainault-infanterie, et de Clotilde-Hélène-Victoire Chappron », mort à Venise (Italie), le 2 mars 1852 ; fut reçu en janvier 1792, sous-lieutenant élève à l’Ecole d’artillerie de Châlons. Envoyé à l’armée des Alpes, il prit part au siège de Toulon, en qualité de lieutenant d’artillerie, devint aide de camp de Bonaparte après le 13 vendemiaire, d’abord à l’armée de l’intérieur, puis à l’armée d’Italie : se battit à Lodi, à Castiglione, à Saint-Georges, et devant Mantoue ; revint à Paris charger de porter au Directoire 22 drapeaux pris à l’ennemi, et fut nommé chef de brigade ; alla en Egypte, et s’empara, à Malte, du drapeau de l’ordre ; fut nommé général d’artillerie le 28 messidor an VI, et assista à la prise d’Alexandrie et à la bataille des Pyramides. Il revint en France en même temps que Bonaparte ; devint, après le 18 brumaire, conseiller d’Etat, et fut promu général de division après Marengo. A la reprise des hostilités, il fut mis sous les ordres de Brune, en qualité de commandant de l’artillerie, assista au passage du Mincio, de l’Adige et de la Brenta. Grand Officier de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII et colonel général des chasseurs à cheval, il reçut l’ordre, au moment de la rupture de la paix d’Amiens, de rejoindre la grande armée, sur la Mein, avec 21.000 hommes du 2e corps. Au moment du traité de Presbourg, il fut appelé au commandement supérieur de la Dalmatie, et, en septembre 1806, fit sommer l’amiral russe Symavine d’abandonner le siège de Raguse, mais ne recevant aucune réponse satisfaisante, il marcha, avec quleques bataillons seulement, contre l’ennemi, le battit à Castelnuovo, le 30 octobre, et le força à se rembarquer. le 29 juin 1808, il fut créé duc de Raguse, avec des dotations considérables en Illyrie. Il y vivait sur un pied royal, et ne sut pas se concilier les sympathies des habitants. Il était hautain, trop infatué de lui-même, et Napoléon l’a peint d’un mot en l’appelant : Marmont premier. En 1809, il participa à la prise de Gratz, et, le 9 juillet de la même année, après Wagram, il rencontra une arrière-garde ennemie qui voulut s’opposer à son passage ; il la battit et continua sa marche. Le 12 juillet 1809, il fut élevé au maréchalat. A la paix de Vienne, il devint gouverneur général de l’Illyrie, où, après une rapide et heureuse expédition contre les Croates, il mena une vie de faste et de plaisir. Il s’en excusa du reste en disant : « J’ai toujours eu une manière de magnificence. » Le 7 mai 1811, Napoléon lui confia le comamndement de l’armée du Portugal en remplacement de Masséna. Le 18 juin, Marmont était sur la Guadanice, à proximité de Soult qu’il devait rallier. Le 14 septembre, il força l’armée anglo-portugaise à lui abandonner le siège de Ciudad-Rodrigo et peu après de Badajoz ; puis ayant attaqué Wellington aux Arapiles, près de Salamanque, le 22 juillet, il fut blessé au bras dès le début de l’action et ne put conserver la direction du combat ; son armée fut battue et dut se replier sur l’Ebre. En 1813, il fut nommé commandant du 6e corps et se distingua à Lutzen, à Bautzen, à Wurstzschen. A Leipzig, dans la journée du 16 octobre, il tint tête, avec 20.000 hommes seulement, aux 60.000 hommes de l’armée de Silésie. Pendant la campagne de France, Marmont se battit à Brienne, à la Rothière, à Champaubert et à Vauchamps. Le 29 mars 1814, les alliés arrivant à Paris par la rive gauche de la Marne, occupèrent les hauteurs des Buttes-Chaumont et de Belleville, de la Villette et de Saint-Ouen. Moncey commandait la garde nationale, c’est à dire 20.000 hommes en tout, qui allaient avoir à lutter contre 180.000 alliés. La bataille commença le 30 mars, à quatre heures du matin. Marmont repoussa d’abord Barclay de Tolly au plateau de Romainville, sur Pantin et Noisy ; l’ennemi était momentanément vaincu. Mais Marmont avait déjà prévenu le roi Joseph qu' »il était impossible de prolonger la résistance au delà de quelques heures et qu’on devait préserver Paris des malheurs irréparables d’une occupation de vive force ». Le roi Joseph lui envoya alors l’autorisation de conclure la capitulation qui fut signée à quatre heures du soir, chez un marchand de vin, à l’enseigne du Petit Jardinet, dans le faubourg de la Villette. Aussitôt, les soldats crièrent à la trahison ; les dragons d’Ordener, brandissant leur sabre, demandaient à se battre encore. Dejean pleurait devant les officiers russes, et disait en face de Marmont : »Capituler, c’est trahir. » Lavalette survenait à son tour, annonçant l’arrivée de l’ Empereur, suppliant qu’on attendit quelques heures encore ; les soldats ne voulaient pas partir. Marmont fut inflexible, et rédigea une convention qui fut signée en son nom par les colonels Denys et Fabvier, ses aides de camp. Puis il envoya un aide de camp à l’Empereur, pour le prévenir de la capitulation et lui annoncer « que les étrangers étaient reçus avec enthousiasme à Paris » et que s’il voulait rentrer de vive force dans la capitale, il devrait s’attendre à la voir toute entière s’armer contre lui ». Le lendemain, il fut reçu par Napoléon, et son petit corps d’armée eut pour mission d’occuper Essone, position d’avant-garde. En confiant ce post e au duc de Raguse, Napoléon dit, non sans une pointe d’ironie : « Essone, c’est là que viendront s’adresser toutes les intrigues, toutes les trahisons ; aussi y ai-je placé Marmont, mon enfant élevé sous ma tente. » En effet, la capitulation de Paris, exigée par Marmont, fut bien une défection, car quelques jours après il fit partir son corps d’amée pour la Normandie, malgré les objections de ses officiers et malgré les simples soldats eux-mêmes qui se munitèrent en passant devant l’ennemi. A la nouvelle de ce départ, Napoléon resta attérré : « Marmont m’a porté le dernier coup » dit-il. Le lendemain, dans la proclamation qu’il adressa à ses troupes, il dit : « L’Empereur remercie l’armée pour l’attachement qu’elle lui témoigne… Le soldat suit la fortune et l’infortune de son général ; son honneur est sa réputation… Le duc de Raguse n’a point inspiré ce sentiment à ses compagnons d’armes ; il a passé aux alliés. L’Empereur ne peut accepter la condition sous laquelle il a fait cette démarche ; il ne peut accepter la vie et la liberté de la main d’un sujet. » Louis XVIII nomma Marmont commandant de la 6e compagnie des gardes du corps, créée exprès pour lui, puis chevalier de Saint-Louis et pair de France le 4 juin 1814, et lorsque le roi partit pour Gand, Marmont reçut 450.000 frs de l’intendant de la maison royale, le duc de Blacas, et suivit le roi en qualité de commandant de la maison militaire. De retour de l’ïle d’Elbe, Napoléon adressa une proclamation dans laquelle il dit : « Soldats, nous n’avons pas été vaincus. Deux hommes sortis de nos rangs, Marmont, Augereau, ont trahi nos lauriers, leur pays, leur prince, leur bienfaiteur. » Et, dans le décret d’amnistie signé à Lyon, le 12 mars, Marmont en fut excepté. Sous la Restauration, il devint ministre d’Etat (4 novembre 1817). En 1830, au moment de la publication des Ordonnances, le 25 juillet, Marmont était major général de la garde royale et gouverneur de la première division militaire (Paris). Le 26, il fut averti par Polignac de prendre les mesures nécessaires à leur exécution. Le 27, il reçut ses lettres de services du roi et se rendit à l’état-major, place du Carroussel. Cependant les députés réunis chez Audry de Puyraveau, déléguèrent auprès de Marmont, aux Tuileries, Casimir Périer, Laffitte, Mauguin, Lobau, et Girard. Arago était déjà chez Marmont et lui représentait Paris à feu et à sang et la terrible responsabilité qu’il encourrait. « Faut-il tout vous dire, s’écria Arago, j’ai recueilli dans la foule, sur mon passage, des paroles sinistres : « On mitraille le peuple, c’est Marmont qui paie ses dettes ! » Marmont eut un frémissement de honte et se tut, puis on vint lui annoncer la députation venant de chez Audry de Puiraveau. Sur l’ordre express de Polignac, Marmont était mis en demeure de les faire arrêter, mais il hésita, devant les progrès de l’insurrection, à exécuter cet ordre. Laffitte lui parla au nom du peuple, le somma au nom de l’honneur de faire cesser le carnage : « L’honneur militaire est l’obéissance » répliqua le traître de 1814. « Et l’honneur civil, répondit Laffitte, ne vous ordonne-t-il pas re respecter le sang des citoyens ? » mais Marmont ne voulut rien entendre. Le lendemain 29, le Louvre et les Tuileries furent attaqués, et Marmont se vit contraint de battre en retraite par le jardin des Tuileries, les Champs Elysées et le bois de Boulogne. A la barrière, le Dauphin vint se mettre à la tête des troupes. Ayant obtenu de Charles X une gratification de deux mois de solde pour le soldats qu’il dirigeait, il l’annonça dans un ordre du jour et ordonna aux officiers payeurs de se présenter chez l’intendant de la liste civile. L’intendant, qui n’avait pas d’argent, vint se plaindre d’un ordre du jour qui le mettait dans l’embarras. Déjà irrité contre Marmont, le Dauphin s’indigna qu’on ne l’eût pas consulté ; il fit mander le maréchal : « Vous oubliez, lui dit-il, que je commande ! Vous méconnaissez donc l’ordonnance qui m’a nommé généralissime ? – Non, monseigneur, j’ai pris les ordres du roi. – Ah ! vous me bravez. Pour vous prouvez que je commande, je vous envoie aux arrêts. » Surpris et irrité, Marmont haussa les épaules. Le Dauphin ajouta : « Est-ce que vous voulez faire avec nous comme avec l’autre ? » C’est alors que Marmont s’accusant lui-même, répondit : « Prince, sans les traîtres, vous n’auriez jamais régné. » Il suvit ensuite à Rambouillet, puis en Angleterre, Charles X, et ne rentra jamais en France. Le traitre de 1814 s’était fait justice lui-même. Il laissa, en mourant, ses mémoires, de 1792 à 1832, qui furent publiés, en 1856, chez Perrotin, et voici comment M. Cuvillier-Fleury les apprécia : « Les Mémoires du duc de Raguse ne sont pas seulement le monument de l’orgueil, c’en est le triomphe ; et je ne sais rien de plus déconcertant pour la sagesse humaine, de plus décourageant pour la modestie, de plus corrupteur qu’un pareil livre. »

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 26, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL MORTIER (1768-1835), DUC DE TREVISE

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Maréchal Adople-Edouard Mortier (1768-1835), duc de Trévise

Mortier m’a fait du mal en quittant le commandement de la Garde à Beaumont pendant la campagne de Waterloo ; il connaissait tout ce corps. Ce sera sûrement la faute de Mortier, à qui l’on aura écrit de Paris que le Corps législatif conspirait.

(Napoléon Bonaparte)

Mortier (Adolphe-Edouard-Casimir-Joseph, duc de Trévise), né à cateau-Cambrésis (Nord) le 13 février 1768, mort à Paris le 28 juillet 1835 ; fils de « Antoine-Charles-Joseph Mortier et de Anne-Josèphe Bonnaire » ; sous-lieutenant des carabiniers en 1791, capitaine au 1er bataillon du Nord en 1791, adjudant général (16 octobre 1793), général de division en 1799, s’empara du Hanovre ; maréchal de France en 1804, mis à la tête d’un corps d’armée en 1805 ; s’y couvrit de gloire près de Léoben. Il assista à Friedland, et à la paix de Tilsitt (21 juin 1807), il fut nommé gouverneur général de la Silésie, reçut une dotation de 100.000 francs de rente avec le titre de duc de Trévise. En 1808, il prit le commandement du 5e corps en Espagne, si distingua au siège de Saragosse, battit 60.0000 espagnols à Ocana le 18 novembre 1809 avec des troupes deux fois moins nombreuses. En 1812, lors de la campagne de Russie, Napoléon lui confia le commandement de la jeune garde, le nomma ensuite gouverneur du Kremlin. Lors de la terrible retraite, il fut attaqué à la Bérézina et sauva les débris de la grande armée avec le maréchal Ney. Il prit part à la campagne de 1813, se battant à Lutzen, Bautzen, Dresde, et Leipzig. En 1814 il lutta vaillament pendant la campagne de France contre les alliés près de Langres, puis autour de Paris. Après l’abdication de l’Empereur, il se rallia à Louis XVIII, qui le fit chevalier de Saint-Louis et pair de France. Il reprit du service au Cent-Jours mais dut quitter la campagne pour des raisons de santé avant la bataille de Waterloo. Membre du Conseil de guerre chargé de juger le maréchal Ney il se déclara incompétent. Bien plus tard, il fut ministre de la guerre de Louis-Philippe ; il périt par l’explosion de la machine de Fieschi, sur le boulevard du Temple.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL KELLERMANN (1735-1820), DUC DE VALMY

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Maréchal François-Christophe Kellermann (1735-1820), duc de Valmy

Kellermann était un brave soldat, extrêmement actif, avait beaucoup de bonnes qualités, mais il était tout à fait privé des moyens nécessaires pour la direction en chef d’une armée. Il ne fit dans la conduite de cette guerre d’Italie que des fautes.

(Napoléon Bonaparte)

Kellerman (François-Christophe, duc de Valmy), officier général et législateur, né à Strasbourg (Bas-Rhin), le 30 mai 1735, de « sieur Christophe Kellermann, licencié es lois, et dame Marie-magdeleine Dürr, ses père et mère » ; s’engagea en 1752, comme cadet, dans le régiment de Lowendahl, fit la guerre de Sept ans comme lieutenant aux volontaires d’Alsace, et était parvenu au grade colonel en 1784, puis fut promu le 9 mars 1788, général de brigade ; se déclara partisan de la Révolution et fut appelé au commandement du Haut et du Bas-Rhin, déjoua les intrigues des émigrés et fut promu général de division le 19 mars 1792 et commandant en chef du camp de Neukirch, mit l’Alsace à l’abri de l’invasion, en état de défense Thionville et Metz, et, lorsque le duc de Brunswick pénétra en Champagne, Kellermann put faire sa jonction avec Dumouriez, afin de couvrir Paris, puis remporta la belle victoire de Valmy sur les Prussiens, le 20 septembre, et força ces derniers à la retraite. Dénoncé par Custine à la Convention comme n’ayant pas attaqué Trèves et marché sur Mayence, Kellermann se justifia aisément et fut envoyé à l’armée des Alpes ; se porta avec une partie de ses troupes devant Lyon révolté, repoussa les Piémontais qui avaient envahi notre territoire, fut de nouveau dénoncé, puis destitué le 10 septembre 1793, et enfermé à l’Abbaye pendant treize mois, puis réintégré par décision de la Convention, le 26 nivôse an III ; repartit à l’armée des Alpes, fut mis à la tête de 47.000 hommes, et arrêta, en Provence, la marche des Autrichiens forts de 150.000 hommes, devint, en l’an V, inspecteur général de cavalerie de l’armée d’Angleterre, puis membre du bureau militaire institué près du Directoire. Nommé membre du Sénat conservateur le 3 nivôse an VIII, il fut fait grand cordon de la Légion d’honneur (an X) et maréchal de France le 30 floréal an XII, prit le commandement en chef du 3e corps de réserve de l’armée du Rhin ; en 1806, de l’armée entière de réserve qui couvrait la frontière de Bâle à Nimègue ; puis fut créé duc de Valmy, le 3 juin 1808. Pendant la campagne de 1812, il reprit le commandement de l’armée de réserve du Rhin, et, à la fin de 1813, fut mis à la tête des deuxième et troisième division militaires. En 1814, il vota la déchéance de l’Empereur, Lous XVIII le nomma pair de France le 4 juin 1814, et le fit grand cordon de Saint-Louis. Pendant les Cent-Jours, il se tint à l’écart, quoique l’Empereur l’eut nommé pair de France le 2 juin 1815. Dans la Chambre haute Kellermann, vota la mort du maréchal Ney, et, par contre, tous ses votes furent acquis aux libertés constitutionnelles.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL PERIGNON (1754-1818), COMTE D’EMPIRE

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Maréchal Catherine-Dominique Pérignon (1754-1818), comte d’Empire

(Napoléon Bonaparte)

Pérignon (Catherine-Dominique, Marquis de, Comte de l’Empire), député de la Haute-Garonne à l’Assemblée législative, au Conseil des Cinq-Cents, membre du Sénat conservateur et pair de France ; né à Grenade (Haute-Garonne), le 31 mai 1754, mort à Paris le 25 décembre 1818, fils de « Messire Jean-Bernard de Pérignon et de madame Dirat (Marie) ». Le 6 juillet 1780, sous-lieutenant au bataillon des grenadiers lyonnais ; 18 août 1782, sous-lieutenant des grenadiers royaux, et réformé. Le 16 septembre 1792, lieutenant-colonel dans la légion des Pyrénées, puis chef provisoire de cette légion (septembre 1793), général de brigade (3 nivôse an II), général de division (27 brumaire an III). Nommeé un temps ambassadeur à Madrid, il est rappelé par le Directoire en 1797, et reprend du service dans l’armée d’Italie, assista à la bataille de Novi, où il est blessé et fait prisonnier. Libéré par les Russes, Bonaparte le nomme au Sénat, et lors de la proclamation de l’Empire, il l’est l’un des quatre maréchaux honoraires créés par Napoléon. En 1808, l’Empereur le nomme gouverneur en chef des troupes françaises en remplacement de Jourdan dans le royaume de Naples. Créé comte de l’Empire en 1808, il se rallie en 1814 aux Bourbons. rayé de la liste des maréchaux par Napoléon lors des Cent-Jours. Pair de France après Waterloo, il se déshonore lors du procès du maréchal Ney en votant la mort. Lors de la seconde Restauration, Louis XVIII le recompense de son zèle en le décorant de la croix de commandeur de l’ordre de Saint-Louis, le nommant ensuite gouverneur de Paris, et lui accordant le titre de marquis.

( Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 25, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL LEFEBVRE (1755-1820), DUC DE DANTZIG

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Maréchal François-Joseph Lefebvre (1755-1820), duc de Dantzig

Lefebvre est cause de la victoire de Fleurus. C’est un bien brave homme qui ne s’occupe pas des grands mouvements qui s’opèrent à sa droite et à sa gauche ; il ne songe qu’à bien se battre. Il n’a pas peur de mourir. C’est bien ! Mais parfois, ces gens là se trouvent dans une position aventurée, entourés de tous côtés, alors ils capitulent, et après, ils deviennent lâches pour toujours.

(Napoléon Bonaparte)

Lefebvre (François-Joseph, duc de Dantzig), officier général et législateur, né à Rouffach (Haut-Rhin), le 25 novembre 1755, de « Joseph Lefebvre, aubergiste, et d’Anne Marie Riss », mort à Paris le 14 septembre 1820 ; entra dans la carrière militaire, le 10 septembre 1773, comme simple soldat au régiment des gardes françaises, et devint 1er sergent le 9 avril 1788. Après le licenciement de ce régiment, il fut versé comme instructeur au bataillon de la garde nationale des Filles-Saint-Thomas, nommé capitaine au 13e bataillon d’infanterie légère, le 1er janvier 1792, puis adjudant général, chef de bataillon, le 3 septembre 1793. Le 12 frimaire an II, il fut promu général de brigade, et envoyé, en cette qualité, à l’armée de la Moselle sous les ordres de Hoche. Après l’affaire de Lambach, il fut promu général de division (19 pluviôse an II) et commanda l’avant-garde aux armées de Rhin-et-Moselle, de Sambre-et-Meuse et du Danube, se battit à Fleurus et eut un cheval tué sous lui. Il fit la campagne de l’an IV sous les ordres de Jourdan à l’armée de Sambre-et-Meuse, assista à Siesberg et Altenkirchen, puis sous le commandement de Hoche, aux batailles de Bamberg, et de Salzbach et à la prise de Koenigshoffen. Après la mort de Hoche, Lefebvre prit le commandement provisoire de l’armé de Sambre-et-Meuse. En l’an VII, il fut blessé à Stockoch et revint à Paris, le Directoire lui remet alors une arme d’honneur. Il prit une part active au 18 brumaire et conserva le commandement de la division de Paris ; contribua à maintenir l’ordre dans l’Orne, la Manche, le Calvados et l’Eure, puis, le 11 germinal an VIII, il fut nommé membre du Sénat conservateur. Maréchal de France, au 30 floréal an XII, puis fait grand aigle de la Légion d’honneur le 10 pluviôse an XIII, il fut nommé, en 1805, au commandement supérieur des bataillons de gardes nationaux de la Roër, du Mont-Tonnerre et du Rhin-et-Moselle. Pendant la campagne de 1806, il commanda l’infanterie de la garde, assista à Iéna. Après la bataille d’Eylau, le corps du maréchal Lefebvre fut chargé du siège de Dantzig. Au bout de trois mois de tranchées ouvertes, la ville capitula, malgré les secours que les Russes cherchèrent à jeter dans la place. Le 10 septembre 1808, il reçut en récompense, le titre de duc de Dantzig, partit en Espagne la même année, s’empara de Bilbao et de Santander. En 1809, il commanda l’armée du Danube, le contingent bavarrois et se distingua à Thann, à Abensberg, à Eckmühl et à Wagram, se lança à la poursuite de Jellachich, le battit et s’empara d’Insprück. En 1812, il fit la campagne de Russie, comme commandant de la garde impériale, assista à la bataille de la Moskowa, et, lors de la terrible retraite, il marcha constamment à pied, en tête des débris de ses troupes, fit la campagne de France et eut un cheval tué sous lui à Champaubert. Après la capitulation de Paris, Lefebvre adhéra à la déchéance de l’Empereur et fut nommé pair de France, le 4 juin 1814, par Louis XVIII. Au retour de l’île d’Elbe, Napoléon le nomma également pair des Cent-Jours (2 juin 1815). Il fut éliminé par la seconde Restauration, mais par un nouveau décret du 5 mars 1819, il put reprendre son siège à la Chambre haute. Le maréchal Lefebvre avait épousé, étant simple sergent aux gardes françaises, la blanchisseuse de sa compagnie, laquelle ne s’aperçut jamais qu’elle était la femme d’un des premiers dignitaires de l’Empire ; son langage et sa tenue d’autrefois n’avait pas changé, et, sous le Directoire, elle portait des robes au bas desquels on avait brodé, sur un large ruban : « Unité, indivisibilité de la République française ; liberté, égalité, fraternité ou la mort. » Elle continua, même à la cour, à tenir le langage des casernes.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL SERURIER (1742-1819), COMTE D’EMPIRE

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Maréchal Jean-Mathieu Sérurier (1742-1819), comte d’Empire

Sérurier avait conservé toutes les formes et la rigidité d’un major. Il était fort sévère sur la discipline et passait pour un aristocrate… Il était brave, intrépide de sa personne, mais pas heureux. Il avait moins d’allant que les précédents [généraux Masséna et Augereau], mais il les dépassait par la moralité de son caractère et la sagesse de ses opinions politiques.

(Napoléon Bonaparte)

Sérurier (Jean-Mathieu-Philibert, Comte), membre du Sénat conservateur, pair de France ; né à Laon (Aisne) le 8 décembre 1742, mort à Paris le 21 décembre 1819 ; fils de « M. Mathieu-Guillaume Sérurier, officier de la maison du roy, et de dame Elisabeth Dange » ; lieutenant à treize ans aux grenadiers de Laon ; fut blessé à Warbourt le 13 juillet 1760, fut décoré de Saint-Louis en 1781, colonel en 1792, fut cassé comme suspect de royalisme ; l’influence de Barat lui fit rendre son grade. Il se distingua à Utello le 28 février 1793. Bonaparte le chargea de porter au Directoire les 22 drapeaux pris aux Autrichiens ; il mérita par sa probité le surnom de « Vierge d’Italie » ; il fut le seul général qui ne voulut rien dérober pendant cette longue guerre, rentra en France et commanda à Saint-Cloud le 18 brumaire, Bonaparte le nomma membre du Sénat conservateur le 4 nivôse an VIII, membre de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII, grand-aigle le 13 pluviôse an XII, comte de l’Empire le 3 juin 1808, nommé pair de France par Louis XVIII le 4 juin 1814.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL PONIATOWSKI (1763-1813)

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Prince Jozef Poinatiowski (1763-1813)

Il était un homme de noble caractère, rempli d’honneur et de bravoure. J’avais l’intention de le faire roi de Pologne si mon expédition de Russie était heureuse.

(Napoléon Bonaparte)

Poniatowski (Jozef, prince polonais), surnommé le “Bayard polonais”, neveu du dernier roi élu de Pologne (Stanisłas Auguste Poniatowski) et fils d’un feld-maréchal autrichien, Colonel au service des autrichiens, il rejoint son oncle devenu roi de Pologne. Stanislas Auguste lui confie alors le commandement de l’armée polonaise d’Ukraine avec laquelle il combat les Russes en 1792, et, après la Confédération de Targowitz, il quitte l’armée suivi des meilleurs officiers. En 1794, il s’engage en tant que simple soldat dans l’armée de libération de Kosciusko pour l’indépendance de la Pologne avant l’ultime partage de 1795. Gouverneur de Varsovie sous la domination prussienne, il se rallie à Napoléon en 1806 et devient ministre de la Guerre du gouvernement provisoire. Il pense que l’Empereur est la seule chance pour la Pologne de retrouver son indépendance et son territoire. Généralissime du duché de Varsovie en 1808, il défend les frontières contre les Autrichiens et les repoussa en 1809. Il reforme l’armée polonaise, et rejoint Napoléon en Saxe en juillet 1813. Il se couvre de gloire à la tête du corps polonais dans les campagnes de Russie et d’Allemagne en 1812 et 1813, de sorte qu’il est fait maréchal de France le 16 octobre 1813. Il se noie en voulant traverser à cheval l’Elster à l’issue de la bataille de Leipzig, le 19 octobre 1813.

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL GOUVION-SAINT-CYR (1764-1830), COMTE D’EMPIRE

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Maréchal Laurent Gouvion-Saint-Cyr (1764-1830), comte d’Empire

Mon tort est d’avoir employé Saint-Cyr ; il ne va pas au feu, ne visite rien, laisse battre ses camarades et aurait pu secourir Vandamme.

(Napoléon Bonaparte)

Gouvion-Saint-Cyr (Laurent, Marquis), officier général et législateur, né à Toul (Meurthe), le 13 avril 1764, de « Jean-Baptiste Gouvion, tanneur à Toul », mort à Hyères (Var) le 17 mars1830 ; s’enrôla, après le 10 août 1792, dans les bataillons appelés à défendre la patrie et se fit inscrire le 1er septembre au 1er chasseurs républicains en joignant à son nom celui de sa mère ; fut nommé capitaine le 1er novembre, et partit pour Mayence, prit une part active à la campagne de l’armée du Rhin et à la victoire de Berghem, passa en nivôse an II, adjudant général, chef de brigade, fut promu, le 22 prairial an II, général de brigade, et, le 16 fructidor, devint général de division, puis se distingua particulièrement au siège de Mayence, passa en Italie, fit preuve de beaucoup de valeur à la bataille de Novi, et reçut du Premier Consul un sabre d’honneur, commanda en l’an VII l’armée du Rhin jusqu’à l’arrivée de Moreau, s’empra de Fribourg et contribua à la victoire de Hohenlinden. En l’an IX, il eut le commandement d’un corps de 25.000 hommes destinés à envahir le Portugal, fut ensuite nommé ambassadeur extraordinaire auprès de Charles IV, après le traité de Badajoz, devint conseiller d’Etat et fut nommé grand-croix de la Légion d’honneur, fit en 1805 la campagne en Italie contre l’archiduc Charles. En 1807, il fut nommé gouverneur de Varsovie ; puis, l’année suivante retourna en Espagne, prit le fort de Rosas et fit campagne contre les Espagnols et les anglo-portugais jusqu’en 1813, puis fut mis à la tête du 6e corps de la grande armée ; gagna, le 18 août, la bataille de Polotsk où il fut blessé, et, à la suite de cette affaire, fut promu maréchal de France, et comte de l’Empire, défendit Dresde en 1813 contre l’armée de Schwartzenberg, mais après la capitulation de Vandamme il fut retenu prisonnier, et, lordqu’il rentra en France, il trouva Louis XVIII installé sur le trône qui l’avait, en son absence, nommé pair de France. Après Waterloo, il fut nommé membre du conseil de défense de Paris, donna des conseils de résistance, mais en vain, puis au retour de Louis XVIII de Gand, le 8 juillet 1815, il fut nommé ministre de la guerre, où il ne resta que jusqu’au 25 septembre, fut rappelé au pouvoir comme ministre de la marine le 23 février 1817, reçut le titre de marquis, et reprit le protefeuille de la guerre le 12 septembre de la même année où il resta jusqu’au 18 novembre 1819, puis se retira à la campagne où il s’occupa d’agriculture et de la rédaction de ses mémoires. Dans la Chambre haute, il avait voté en 1815, la déportation du maréchal Ney ; il y siégea peu, et son mauvais état de santé l’obligea à aller s’installer à Hyères et y mourut d’une attaque d’apoplexie en 1830. On a de lui : Journal des opérations de l’armée de Catalogne, en 1808 et 1809 ; Mémoires sur les campagnes des armées du Rhin et de Rhin-et-Moselle ; Mémoires pour servir à l’histoire militaire sous le Directoire, le Consulat et l’Empire.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 24, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL VICTOR (1764-1841), DUC DE BELLUNE

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Maréchal Victor Perrin, dit Victor (1764-1841), duc de Bellune

Victor est meilleur qu’on ne suppose. Au passage de la Berezina, il avait tiré très bon parti de son corps.

(Napoléon Bonaparte)

Perrin dit Victor (Claude-Victor), duc de Bellune, maréchal de France et pair de France, né à Lamarche (Vosges) le 7 décembre 1864, mort à Paris le 1er mars 1841 ; fils de « Charles Perrin, notaire royal et de Marie Floriot ». Partit en 1792 comme volontaire et arriva rapidement aux grades supérieurs, se battit en Italie, en Espagne, se battit vigoureusement à Friedland, devint gouverneur de Berlin et fut créé duc de Bellune le 10 septembre 1808, et pendant la campagne de France en 1814, il fut blessé à Craonne, se rallia à la Restauration et vota la mort de Ney comme pair de France, devint ministre de la guerre le 14 décembre 1828. Il était maréchal de France depuis la bataille de Friedland.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL JOURDAN (1762-1833)

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Maréchal Jean-Baptiste Jourdan (1762-1833)

En voilà un que j’ai fort maltraité assurément. Rien de plus naturel sans doute que de penser qu’il eût dû m’en vouloir beaucoup. Eh bien, j’ai appris avec un plaisir qu’après ma chute il est demeuré constamment très bien. Il a montré là cette élévation d’âme qui honore et classe les gens. Du reste, c’est un vrai patriote ; c’est une réponse à bien des choses.

(Napoléon Bonaparte)

Jourdan (Jean-Baptiste), officier général et législateur, né à Limoges (Haute-Vienne), le 29 avril 1762 de « Mr Roch Jourdan, maître chirurgien juré de Limoges, et de demoiselle Jeanne Foreau-Franeiguet, son épouse » ; embrassa la carrière militaire le 2 avril 1778 comme simple soldat au dépôt de l’île de Ré et fut incorporé la même année, le 10 décembre, dans le régiment de l’Auxerrois ; revint en France pour cause de maladie en 1782, puis fut réformé le 26 juin 1784, et s’établit à Limoges comme mercier. Ayant accueilli la Révolution avec enthousiasme, il devint le 9 octobre 1791, chef du deuxième bataillon de la Haute-Vienne, et fut envoyé à l’armée du Nord, sous les ordres de Dumouriez ; fut promu général de brigade le 27 mai 1793, et quatre ans plus tard ; le 30 juillet, général de division ; il eut à combattre l’armée anglo-hanovrienne d’York, et fut blessé à Handschoote. Appelé, le 20 ventôse an II, à commander en chef en remplacement de Houchard, il remporta la victoire de Wattignies. Appelé à Paris, son avis n’ayant pas prévalu au sein du comité de la guerre sur la nécessité de la défensive, il fut mis en réforme ; il retourna à Limoges et reprit sa boutique de mercier. Mais il ne tarda pas à être rappelé et le commandement de l’armée de la Moselle lui fut confié, devenue armée de Sambre-et-Meuse. Il se trouva à la tête de 90.000 combattants et battit le prince de Cobourg à Fleurus le 26 juin, occupa Mons, Louvain, Namur et Liège ; écrasa pour la deuxième fois Cobourg sur la Roër, à Aldanhoven, puis s’empara de Maastricht et de Coblentz, exécuta brillamment le passage du Rhin le 21 fructidor an III ; il battit, en 1796, le duc de Wurtemberg à Altenkirchen, puis ensuite subite un échec à Wurtzbourg, devant des forces supérieures aux siennes et fut obligé de battre en retraite sur le Rhin ; disgracié, il entra dans la lutte politique et fut élu, le 23 germinal an VI, par la Haute-Vienne, député au Conseil des Cinq-Cents ; fut deux fois président de ce Conseil et fit adopter, le 18 fructidor an VI, la loi de conscription militaire qui donna de si belles armées à la Répulbique et à l’Empire ; donna sa démission le 23 vendemiaire an VII, pour reprendre le commandement de l’armée du Danube, franchit le Rhin à Kehl, traversa la Forêt Noire et fut battu à Stockach par l’archiduc Charles. Il revint à Paris après avoir confié le commandement à Masséna, fut réélu député au Conseil des Cinq-Cents, fit une tentative pour s’opposer au coup d’Etat de brumaire et proposa au Conseil de déclarer la patrie en danger. Cette motion fut repoussée et Jourdan fut exclu de la représentation nationale le 19 brumaire, mais il ne tarda pas à se réconcilier avec Bonaparte qui le nomma inspecteur général d’infanterie, puis amabassadeur près la République cisalpine ; il réussit à pacifier le pays et à faciliter sa réunion à la France ; devint conseiller dEtat en l’an X, grand aigle de la Légion d’honneur, puis enfin maréchal de France le 30 floréal an XII ; fut nommé gouverneur de Naples le 17 mars 1806, puis conseiller militaire du roi Joseph ; suivit ce dernier Espagne, devint major général de ses armées et prépara la bataille de Talavera, ne voulut pas continuer à jouer un rôle de comparse et revint en octobre 1809, puis se retira dans sa terre du Coudray (Seine-et-Oise). Retourné en Espagne en 1811, il fut nommé, le 11 juillet, gouverneur de Madrid et mena contre Wellington, la campagne du Portugal ; fut battu à Vittoria ; le 21 juin 1813 et résigna ses fonctions de major général. En 1814, il adhéra à la déchéance de l’Empereur, mais aux Cent-Jours, l’Empereur le nomma commandant de Besançon, et le désigna comme chef de la 6e division, puis le nomma pair de France le 2 juin 1815. Après Waterloo il commanda l’armée du Rhin, se rallia pour la seconde fois aux Bourbons, mais refusa de présider le conseil de guerre qui devait juger le maréchal Ney. Malgré cela, Louis XVIII le créa comte et le nomma pair de France, le 5 mars 1819. A la Chambre haute, il défendit les libertés publiques et, à la Révolution de 1830, il occupa un instant le ministère des affaires étrangères ; puis, le 11 août, il fut nommé gouverneur des Invalides. On a de lui : Opérations de l’armée de Danube ; Mémoires pour servir à l’histoire de la campagne de 1796.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL MONCEY (1754-1842), DUC DE CONEGLIANO

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Maréchal Bon-Adrien Jeannot-Moncey (1754-1842)

Moncey est un honnête homme.

(Napoléon Bonaparte)

Jeannot-Moncey (Bon-Adrien, duc de Conégliano), officier général et législateur, né à Moncey (Doubs), le 31 juillet 1754, du « sieur François-Antoine Jeannot (Moncey) et dame Marie-Elisabeth Guillaume », mort à Paris le 20 avril 1842 ; embrassa la carrière militaire en 1768 comme volontaire dans le régiment Champagne-infanterie, sortit de l’armée en 1772, reprit du service le 8 avril 1774, comme gendarme, compagnie dite des Anglais jusqu’au 15 août 1776 ; passa, le 16 août 1779, sous-lieutenant dans le corps d’infanterie de Nassau-Siégen et devint capitaine, le 1er avril en 1791, dans le 5e bataillon de chasseurs. Le 26 juin 1793, il fut promu chef de bataillon de la 5e demi-brigade d’infanterie légère à l’armée des Pyrénées-Occidentales, s’y distingua particulièrement à l’affaire des Aldules et à la défense du camp d’Hendaye, puis fut blessé légèrement à Roncevaux. Ces beaux faits d’armes le firent nomme général de brigade, puis, le 21 prairial an II, général de division ; il exécuta très heureusement les mouvements qu’il avait conçus, occupa la vallée de Bastan, Fontarabie, Saint-Sébastien, se signala au siège de Toulon et devint, le 30 thermidor an II, commandant en chef, remporta la victoire de Villanova. En l’an III, il commanda l’armée des Côtes de Brest. Accusé de royalisme, le Directoire le révoqua ; il vécut deux ans dans la retraite, puis fut rappelé à l’activité le 16 fructidor an VII. Au moment de la campagne d’Italie, en l’an VIII, il reçut l’ordre d’amener 20.000 hommes de l’armée du Rhin par le Saint-Gothard. Après la bataille de Marengo, il occupa la Valteline, et à la paix de Lunéville, il commanda les départements de l’Oglio et de l’Adda. Après avoir accompagné Bonaparte dans les Pays-Bas en l’an XI, il fut élevé au maréchalat le 29 floréal an XII, nommé grand cordon de la Légion d’honneur le 13 pluviôse an XIII, puis créé duc de Conégliano le juillet 1808 : prit part, cette même année, à la campagne d’Espagne, et, en 1809, occupa la province de Valence, et se distingua au siège de Saragosse, puis rentra en France en 1811. Il ne participa pas à la campagne de Russie qu’il n’approuvait pas, mais reçut le 14 janvier 1814, le commandement en second de la garde nationale de Paris. Dans cette circonstance Moncey montra beaucoup de courage, à la tête de quelques milliers d’hommes seulement et qu’il disposa sur les hauteurs de Belleville et des Batignolles, il tint pas mal de temps contre l’enenmi, beaucoup plus supérieur en nombre, et se battit avec une réelle bravoure sur la place de Clichy. Après la capitulation, il rassembla aux Champs-Elysées les débris de sa petite armée et les conduisit à Fontainebleau, et de cette ville il adressa son adhésion aux Bourbons. Louis XVIII le maintint comme inspecteur de la gendarmerie et le nomma chevalier de Saint-Louis, puis pair de France (4 juin 1814). Au retour de l‘île d’Elbe, Napoléon maintint Moncey comme pair de France, mais il n’exerça pendant les Cent-Jours aucun commandement actif. Louis XVIII, de retour de Gand, raya Moncey de la chambre des pairs. Nommé, en août 1815, président du conseil de guerre, chargé de juger le maréchal Ney, il refusa cette fonction par une lettre adressée au roi, ainsi conçue : « Sire, placé dans la cruelle alternative de désobéir ou de manquer à ma conscience, j’ai dû m’en expliquer à Votre Majesté. Je n’entre pas dans la question de savoir si le maréchal Ney est innocent ou coupable ; votre justice et l’équité de ses juges en répondront à la postérité qui pèse dans la même balance les rois et les sujets. Eh quoi ! le sang française n’a-t-il pas assez coulé ?… etc.  » Pour cet acte de courage, Moncey fut naturellement suspendu de ses fonctions et enfermé à Ham. Mais Louis XVIII, quelque peu honteux, le fit sortir de sa prison et le rétablit, le 14 juillet 1816, dans ses honneurs et dignités, et le rappela à la chambre des pairs le 5 mars 1819. L’année suivante, il devint gouverneur de la 9e division militaire. En 1823 il prit part à la guerre d’Espagne et fut mis à la tête du 4e corps, envahit la Catalogne, batit Mina et s’empara de Barcelone et de Tarragone. Nommé, en 1833, gouverneur des Invalides, il occupa ce poste jusqu’à sa mort.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 23, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL MACDONALD (1765-1840), DUC DE TARENTE

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Maréchal Etienne Macdonald (1765-1840), duc de Tarente

Il ne m’aime pas, mais c’est un homme d’honneur qui a des sentiments élevés et sur lequel je peux, je crois, pouvoir compter.

(Napoléon Bonaparte)

Macdonald ((Etienne-Jacques-Joseph-Alexandre, duc de Tarente), officier général et législateur, né à Sedan (Ardennes), le 17 novembre 1765, de « Neill-Etienne Macdonald, ancien officier au régiment écossais, et d’Alexandrine Genant », mort à Choisy-le-Roy (Seine) le 25 septembre 1840 ; fit partie, de 1784 à 1786, de la légion de Maillebois au service de Hollande, comme lieutenant ; il était devenu, en novembre 1792, chef de bataillon au 94e régiment, et, bien que presque tous les officiers de son régiment eussent émigré, il était resté en France et fut attaché à l’Etat-major de Beurnonville, puis à celui de Dumouriez ; il se battit à Jemmapes et fut promu peu après colonel du 94e régiment, devint général de brigade, et contribua, en cette qualité, à la prise de la flotte hollandaise ; puis le 8 frimaire an III, fut nommé général de division, passa à l’armée du Rhin, ensuite à celle d’Italie, et devint gouverneur de Rome en l’an VI. Macdonald aida puissamment Championnet à envahir le royaume de Naples er contribua à la prise de Padoue. Après l’arrestation de Championnet, Macdonald prit le commandement de l’armée, rentra peu après en France, par suite de mauvaise santé, et aida Bonaparte dans son coup d’Etat de brumaire. Il assista à la bataille de Marengo et devint général en chef de l’armée de réserve (6 fructidor an VIII) ; fut chargé d’une mission extraordinaire au Danemark, et, à son retour, fut fait grand officier de la Légion d’honneur (25 prairial an XII). Mais ayant eu la malencontreuse idée de défendre Moreau, il tomba en disgrâce et resta sans commandement jusqu’en 1809. Au moment de la campagne du Danube, il s’empara de Laybach, et finit par faire sa jonction avec l’Empereur près de Vienne. A Wagram, il fut intrépide, enfonça le centre et l’ennemi et fut blessé à la jambe. Au grand quartier impérial où on l’amena, Napoléon l’embrassa, et lui dit : « Oublions le passé, soyons amis ! Je vous fais maréchal et duc, vous l’avez mérité. » – « Oh ! sire, s’écria Macdonald, désormais entre nous c’est à la vie, à la mort » ; et le 7 juillet 1809, il reçut son bâton de maréchal, et le titre de duc de Tarente le 9 décembre suivant. En avril 1810, après avoir été nommé gouverneur de Gratz, il prit le commandement du corps d’Augereau en Espagne, s’empara de Fignières en 1811, et, au moment de l’expédition de Russie, le commandement du 10e corps lui fut confié. En Saxe, en 1813, il fut mis à la tête du 11e corps, battit les Prussiens à Mersebourg, se battit bravement à Lutzen et à Bautzen, mais il se laissa battre en Silésie par Blücher. A Leipzig, où il combattit come un lion, il se trouvait de l’autre côté du pont de l’Elster lorsque ce pont sauta, mais il put se sauver à la nage. Il se distingua ensuite à Hanau, rentra bientôt en France où il se vit dans la nécessité de resister aux attaques de Blücher, principalement à Nangis (17 février 1814). Le 11 avril, il fut chargé de porter, avec Caulaincourt, aux souverain alliés, l’acte d’abdication de l’Empereur et fut le dernier des maréchaux à adhérer à la déchéance. Louis XVIII le fit chevalier de Saint-Louis (2 juin) et pair de France (4 juin), puis gouverneur de la 21e division militaire. Au retour de l‘île d’Elbe ; il refusa tout emploi et servit comme simple grenadier dans la garde nationale. Nommé grand chancelier de la Légion d’honneur, il conserva ce poste jusqu’en 1831. A Sainte-Hélène, Napoléon, parlant de Macdonald, dit de lui : « Macdonald avait une grande loyauté. »

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL OUDINOT (1767-1847), DUC DE REGGIO

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Maréchal Nicolas Oudinot (1767-1847), duc de Reggio

Ce maréchal avait pour son malheur, épousé une demoiselle de Couchy ; cette jeune femme le dominait entièrement et était dans le camp royaliste ; sa mauvaise conduite, ses propos en 1814, indisposèrent les Lorrains à tel point qu’il leur était devenu en horreur ; on ne l’appelait que “traître”.

(Napoléon Bonaparte)

Oudinot (Nicolas-Charles-Marie, duc de Reggio), député du département de Maine-et-Loire au Corps législatif, en l’an XII, et pair de France, né à Bar-le-Duc (Meuse) le 25 avril 1767, mort à Paris le 13 septembre 1847, fils de « Nicolas Oudinot, et de Marie-Anne Adam » ; le 30 octobre 1783, soldat au régiment de Médoc jusqu’au 30 avril 1787 ; le 4 juillet 1789, chef du 3e bataillon de la Meuse ; 11 vendemiaire an II, chef de brigade et le 2 prairial général de brigade ; le 12 avril 1799, général de division, ; chancelier de la Légion d’honneur, le 17 mai 1839, et gouverneur des Invalides le 21 octobre 1842 ; grand-croix de Saint-Louis, le 3 mai 1816, et chevalier du Saint-Esprit le 30 septembre 1820. IL défendit Bitche avec succès en 1793, combattit vaillament à Kayserlantern et Morlantern (1794), contribua à la victoire de Zurich comme chef d’Etat-major de Masséna (1799) et à celle de Marengo. Fit la campagne de 1805 et coopéra à la victoire d’Austerlitz ; fit ensuite la campagne de Prusse et celle de Pologne et se distingua à Eylau et à Friedland. Comte de l’Empire le 2 juillet 1808, prit part à la campagne du Danube l’année suivante et se distingua à Essling et à Wagram. Le 12 juillet, il est créé maréchal de France, et le 14 avril 1810, duc de Reggio, et administrateur du pays conquis, avec une dotation considérable. Fait la campagne de Russie, au début de laquelle il est bléssé grièvement, ainsi qu’à la fin, avant la retraite. Il assista à Lutzen, Bautzen, et Leipzig, et fit la campagne de France en 1814. Se laissa faire par Louis XVIII, ministre d’Etat, pair de France, gouverneur de la 3e division militaire (Metz). Exilé dans ses terres pendant les Cent-Jours, il se laissa encore une fois combler d’honneurs et de commandements à la seconde Restauration et par la monarchie de Juillet !… Brave soldat, bon général de division, triste citoyen.

(Extrait du dictionnaire de la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 22, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL SUCHET (1770-1826), DUC D’ALBUFERA

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Maréchal Louis-Gabriel Suchet (1770-1826), Duc d’Albuféra

C’est un homme qui, s’il était venu près de moi à Waterloo, aurait de suite tout compris… Si j’avais eu Suchet à la place de Grouchy, je n’aurais pas perdu Waterloo.

(Napoléon Bonaparte)

Suchet (Louis-Gabriel, duc d’Albuféra), pair de France en 1814, pendant les Cent-Jours, et en 1819 ; né à Lyon le 2 mars 1770, mort au château de Montredon, près de Marseille, le 3 janvier 1826. Il était destiné à suivre la profession de son père, lorsqu’en 1791, il s’enrôla dans la cavalerie de la garde nationale de sa ville natale et y servit comme sous-lieutenant ; deux ans après, il était capitaine d’une compagnie franche de l’Ardèche. Au siège de Toulon il commandait un bataillon de ce département. Puis, en Italie, sous les ordres de Schérer, d’Augereau et de Masséna, il se montra si vaillamment que, sur le champs de bataille de Neumarkt, où il fut bléssé pour la seconde fois, il fut nommé chef de la 2e brigade (26 novembre 1797). Il passa ensuite à l’armée d’Helvétie, assita au traité conclu avec les cantons de Berne et Fribourg. Il fut ensuite désigné comme major général de l’armée d’Egypte, mais à ce moment, il dut se rendre à Paris pour se disculper des fausses accusations portées contre sa gestion ; absout, il rejoignit l’armée d’Helvétie, comme chef d’Etat-major, sous Masséna, passa en Italie avec le même emploi sous Joubert, fut à Marengo, au passage de Mincio, aux combats de Pozzolo ; Borghetto, Vérone et Montebello, remplit ensuite diverses missions et en 1805 commanda la 1ère division du corps de Lannes, où il contribua puissamment aux victoires d’Austerlitz et d’Iéna ainsi qu’aux succès de la campagne de Pologne ; en 1808, il prit part à la guerre d’Espagne à la tête du 5e corps, où le siège de Sarragosse, Lérida, Tarragone, l’occupation du Mont-Serra lui valurent le bâton de maréchal. C’est à la suite de ses succès à Oropesa, Murviédo et Valence qu’il reçut le titre de duc d’Albuféra. Quand l’armé française fut accablée par les revers dans ce pays, il en sortit honoré et respecté de nos ennemis ; le 13 novembre 1808 ; il épousa Mlle A. de Saint-Joseph, nièce de la femme de Joseph Bonaparte. Il a laissé en manuscrit, Mémoires sur les campagnes en Espagne, publié à Paris de 1829-1834.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL GROUCHY (1766-1847), COMTE D’EMPIRE

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Maréchal Emmanuel de Grouchy (1766-1847), Comte d’Empire

La conduite du maréchal Grouchy [à Waterloo], qui s’était distingué si souvent depuis vingt-cinq ans à la tête de la cavalerie, était aussi imprévisible que si, sur sa route, son armée eut éprouvé un tremblement de terre qui l’eût engloutie.

(Napoléon Bonaparte)

Grouchy (Emmanuel, Marquis de), officier général et législateur, né au château de Villette (Seine-et-Oise), le 23 octobre 1766, de « François-Jacques de Grouchy de Robertot, chevalier, seigneur de Villette, Cordecourt, Sagny, officier au régiment d’Houdricourt-cavalerie, et de dame Marie-Gilberte-Henriette Freteau », mort à Paris le 29 mai 1847 ; débuta à l’âge de 15 ans, comme lieutenant en second au régiment de la Fère-artillerie, passa dans la cavalerie le 28 octobre 1784, avec le rang de capitaine dans le Royal-étranger, se montra partisan de la Révolution, était, le 18 décembre 1791, lieutenant-colonel du 12e régiment de chasseurs à cheval, promu général de brigade en septembre 1792, suspendu comme noble le 30 septembre 1793, mais presque aussitôt réintégré, concourut à la conquête de la Savoie, partit en Vendée en l’an II, et défendit Nantes contre Charette, puis fut nommé par les représentants en mission, général de division, mis à la disposition de Hoche à l’armée de la Vendée, assista à la bataille de Quiberon, puis alla à Brest en qualité de commandant supérieur, fit partie de l’an IV à l’an V, de l’armée du Nord, et le commandement en second de l’expédition d’Irlande lui fut confié, ensuite passa en Italie sous le commandement de Jourdan, se battit à Novi où il reçut quatorze blessures et où il fut fait prisonnier, resta captif un an, puis protesta par écrit contre l’établissement du Consulat. En l’an VIII, il prit part à la bataille de Hohenlinden et, après la paix de Lunéville, fut nommé inspecteur général de cavalerie, grand officier de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII, fit la campagne de 1805 et assista à la prise d’Ulm, se distingua particulièrement en 1807 à Eylau et à Friedland et fut envoyé en Espagne l’année suivante, puis devint gouverneur de Madrid, prit part à la campagne du Danube en 1809 et contribua aux victoires de Raab et Wagram, et pour récompenser tant de service l’Empereur le nomma colonel général des chasseurs à cheval de la garde. Il fut créé comte de l’Empire, contribua en 1812 à la victoire de la Moskowa, se battit à Smolensk et Krasnoé, et pendant la retraite désastreuse, il dirigeait « le bataillon sacré », composé exclusivement d’officiers et chargé de veiller à la sécurité personnelle de l’Empereur, ne prit point part à la campagne de Saxe, mécontent qu’il fut de ne pas avoir le commandement d’un corps d’armée, puis se retira dans ses terres, mais lorsqu’il vit la France envahie il redemanda à prendre du service et l’Empereur lui confia le commandement d’une division de cavalerie, à la tête de laquelle il fit des prodiges de valeur à Brienne, à la Rothière, à Vauchamps, à Craonne où il fut très grièvement blessé (7 mars). La Restauration le mit en disponibilité. Pendant les Cent-Jours, il fut créé maréchal de France et reçut le commandement des 7e, 8e, 9e, et 10e divisions, dirigea les opérations contre le duc d’Angoulême et les royalistes du Midi et refusa de reconnaître la convention de la Palud. Grouchy mit ensuite les frontières des Alpes en état de défense et fut nommé pair de France (2 juin). Le lendemain de la bataille de Ligny, où il se battit courageusement, l’Empereur l’envoya à la poursuite de Blücher que l’on croyait en pleine retraite ; mais qui en réalité, marchait sur Waterloo. Mais Grouchy, fidèle à la discipline, et malgré la canonnade furieuse de Waterloo qu’il entendit, ne bougea pas et garda ses positions jusqu’au soir, ce qui causa, en grande partie le désastre de Waterloo. Après l’abdication de Napoléon, Grouchy adressa une proclamation à ses troupes, les abjurant d’acclamer Napoléon II, puis ramena sous Paris les débris de ce qui restait de l’armée et qui comptait 45.000 hommes, puis remis son commandement à Davout avant la reddition de Paris. Proscrit par Louis XVIII, Grouchy partit pour l’Amérique, et ne revint en France qu’en vertu de l’amnistie du 24 novembre 1819, ne recouvra sa dignité de maréchal qu’en 1831 et celle de pair de France le 11 octobre 1832. Il mourut en revenant d’un voyage d’Italie. Ses deux soeurs avaient épousé, l’une Condorcet, l’autre Cabanis. On a de lui : Fragment historique et relatif à la campagne et à la bataille de Waterloo.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et sur l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL BERNADOTTE (1763-1844), PRINCE DE PONTE-CORVO

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Maréchal Jean-Baptiste Bernadotte (1763-1844), prince de Pontecorvo

C’est lui qui a donné à nos ennemis la clef de notre politique, la tactique de nos armées ; c’est lui qui a montré le chemin du sol sacré. Vraiment dirait-il pour excuse qu’en acceptant le trône de Suède, il n’a plus dû n’être que suédois, excuse banale, bonne tout au plus pour la multitude et le vulgaire des ambitieux. Pour prendre femme on ne renonce point à sa mère, encore moins est-on tenu de lui percer le sein et de lui déchirer les entrailles.

(Napoléon Bonaparte)

Bernadotte (Jean-Baptiste-Jules), officier général, ambassadeur, ministre et roi, né à Pau (Basses-Pyrénées), le 26 janvier 1764, de « sieur Henry Bernadotte, procureur au sénéchal de Pau, et de la demoiselle Jeanne de Saint-Jean », mort à Stockholm (Suède) le 8 mars 1844 ; entra dans l’armée en 1780, comme simple soldat ; au moment de la Révolution, nous le trouvons sergent-major, monta de grade en grade rapidement, fut nommé colonel le 15 germinal an II et général de brigade le 11 messidor. Il prit part à la bataille de Fleurus, fut promu général de division le 1er brumaire an III, fit les campagnes du Rhin, se distingua à Mayence, à Neuhoff et à la prise d’Altorf. Il fit partie ensuite de l’armée d’Italie mais ses nombreux succès portèrent ombrage à Bonaparte, qui l’éloigna. Peu après un arrêté du Directoire le nomma ambassadeur à Vienne. Après le congrès de Rastadt, il accepta le commandement du corps d’observation du Bas-Rhin, fit bombarder Philipsbourg et prit la ville de Manheim. Le 15 messidor an VII, il fut nommé ministre de la guerre et y déploya une grande activité ; mais la majorité du Directoire n’aimait point Bernadotte, on le trouvait trop républicain, et son opposition à Bonaparte ne leur plaisait pas davantage. Il passe alors pour le général des néo-jacobins. Malgré cela, Bonaparte lui confie l’armée de l’Ouest après le 18 brumaire. Suite à la conspiration des « libelles », préparée par son chef d’état major le général Simon, il perd son commandement. Mais en raison de son mariage avec Désirée Clary (l’ancienne fiancée de Bonaparte), qui en fait le beau-frère de Joseph Bonaparte (marié à Julie Clary), il est toujours ménagé par le Premier Consul. Il est ainsi de la première promotion des maréchaux en 1804, créé prince de Ponte-Corvo en 1806. Sur le théâtre militaire, il ne se montre pourtant guère brillant, que cela soit à Austerlitz, Auerstaedt, Eylau, ou Wagram. Après sa piètre prestation lors de la campagne de 1809, Napoléon furieux, se décide à l’écarter. Il est alors mis à la tête duc corps d’observation placé au nord de l’Allemagne, établissant son quartier général à Hambourg. Le trône de Suède étant devenu vacant, la Diète l’offrit à Bernadotte ; cette nouvelle lui arriva à Paris en août 1810 et l’Empereur lui laissa toute latitude pour l’accepter ; celui-ci parti immédiatement, emportant avec lui 2 millions de francs et arriva à Elseneur le 19 octobre 1810, abjura le cathocisme, se présenta devant la Diète, préta serment comme prince royal de Suède et fut proclamé héritier du trône, sous le nom de Charles-Jean. Mais bientôt éclatèrent entre la France et la Suède des difficultés qui devaient appeler fatalement la guerre entre les deux nations. Le blocus continental fut cause de l’antagonisme entre l’Empereur et Bernadotte. Les puissances coalisées contre la France profitèrent de ce conflit et proposèrent à Bernadotte de faire rentrer la Suède dans la coalition. Après la bataille de Lutzen et l’armistice qui suivit cette bataille, Bernadotte, à la tête de 30.000 suédois, rejoignit l’armée alliée sous les murs de Berlin et, dans un combat, repoussa à Interbock le corps d’armée du maréchal Ney, et, en grande partie, ce fut encore à Bernadotte que l’on du d’être battu à Lepizig ; aussi le roi de Prusse l’embrassa-t-il sur la place de Leipzig en l’appelant son libérateur. Bernadotte accompagna les alliés à Paris, mais déçu dans ses projets personnels, il ne se mêla pas des affaires de la France pendant les Cent-Jours. Il fut définitivement proclamé roi de Suède, sous le nom de Charles-Jean XIV, le 5 février 1818. Il mourut d’une attaque d’apoplexie.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL DAVOUT (1770-1823), DUC D’AUERSTAEDT, PRINCE D’ECKMÜHL

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Maréchal Louis-Nicolas Davout (1770-1823), duc d’Auerstaedt, prince d’Eckmühl

La conduite du maréchal prince d’Eckmühl avait été pure et les mémoires qu’il avait publiés convenables.

(Napoléon Bonaparte)

Davout (Louis-Nicolas, duc d’Auerstaedt et prince d’Eckmühl), officier général et législateur, né à Annoux (Yonne), le 10 mai 1770, de « Jean-François Davout, écuyer, lieutenant au régiment royal de Champagne-cavalerie, seigneur d’Annoux, et de Françoise-Adélaïde Miard de Villars », mort à Paris le 1er juin 1823 ; entra comme cadet-gentilhomme, en 1785, à l’école militaire de Paris et en sortit sous-lieutenant au 19e régiment de cavalerie. S’étant déclaré partisan de la Révolution, il s’engagea dans les volontaires de l’Yonne, et fut élu, par ses camarades, chef du 3e bataillon (22 septembre 1791), fit la campagne de Belgique, sous les ordres de Dumouriez, et lors de la défection de ce dernier, Davout fit mine de tirer sur lui quand il se rendit au camp autrichien, puis fut destitué comme noble en 1793 ; cette situation ne dura que très peu de temps, puisque le 3 vendemiaire an III, il fut promu général de brigade et envoyé à l’armé de la Moselle, passa sous les ordres de Pichegru, et fut fait prisonnier à Manheim, puis échangé, défendit Kehl et se lia à Desaix, se distingua particulièrement au passage du Rhin (1er floréal an V), fit partie ensuite de l’expédition d’Egypte et prit part à la bataille d’Aboukir. En revenant en france il tomba entre les mains des Anglais et fut interné à Libourne, puis rentré en France, fut nommé général de division (14 messidor an VIII) et maréchal de France, (29 floréal an XII), puis grand-croix de la Légion d’honneur (19 pluviôse an XIII), appartint à la grande armée et se battit vaillamment à Ulm, à Austerlitz et Iéna, à Auerstaedt où il décida la victoire, puis à Eylau et Friedland. Le 8 juillet 1808, il fut créé duc d’Auerstaedt, et le 28 novembre 1809, prince d’Eckmühl ; en 1812, il eut le commandement en chef du 1er corps de la grande armée, battit les Russes à Mohilow, et fut blessé à la Moskowa. Pendant les Cent-Jours, l’Empereur le nomma ministre de la guerre (20 mars 1815), il fut élu le 2 juin suivant, membre de la chambre des pairs. Après Waterloo, il commanda l’armée réunie sous Paris ; le gouvernement provisoire envoya alors, le 3 juillet, l’ordre de traiter et, le même jour, il signa avec l’ennemi, à Saint-Cloud, la convention de Paris. Le 5 mars 1819 il fut nommé pair de France. On lui a élevé une statue à Auxerre en 1867.

(Extrait du dictionnaite sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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septembre 21, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL BRUNE (1763-1815)

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Maréchal Guillaume Brune (1763-1815)

Masséna, Augereau, Brune, et beaucoup d’autres étaient des déprédateurs intrépides.

(Napoléon Bonaparte)

Brune (Guillaume-Marie-Anne), maréchal de France, ambassadeur, et législateur, né à Brive-la-Gaillarde (Corrèze), le 13 mai 1763, de « Etienne Brune et de Jeanne Vielbans », assassiné à Avignon le 2 août 1815 ; s’enrôla en 1789 dans le 2e bataillon des volontaires de Seine-et-Oise, y devint adjudant-major le 18 octobre 1791, parvint rapidement au grade de général de brigade, se battit à Hondschoote, fit la campagne d’Italie dans la division Masséna, combattit à Rivoli, à Saint-Michel, à Feltre, dans les gorges de la Carinthie, etc., et fut promu général de division. Après la paix de Campo-Formio, il fut nommé commandant des troupes dirigées en Suisse. En l’an VII, il prit le commandement de l’armée de Hollande, battit le duc d’York à Bergen, fut nommé gouverneur du pays, repartit ensuite pour l’Italie, prit les villes de Vicence et Montebello. En l’an XI, il fut envoyé à Constantinople comme ambassadeur et revint à Paris deux ans après. A la proclamation de l’Empire, et en son absence, Bonaparte le fit maréchal de France et grand-aigle (13 pluviôse an XIII). En 1807, il fut nommé gouverneur des villes hanséatiques ; peu après on lui confia le commandement du corps de réserve de la grande armée, il prit Stralsund et signa avec M. de Toll, général en chef de l’armée suédoise, une convention par laquelle l’île de Rugen et les îles adjacentes étaient cédées à la France. Dans cet acte, Brune fit mention de l’armée française et non de l’armée de sa majesté impériale et royale ; il fut de ce chef mis en disgrâce par l’Empereur qui lui enleva son commandement. Pendant les Cent-Jours, il fut mis à la tête de l’armée du Var, et le 2 juin 1815 nommé pair de France. Au retour de Louis XVIII, il fit sa soumission et remit son commandement au représentant du gouvernement royal dans le Midi, le marquis de Rivière, et partit pour Paris, muni par un passeport, dans la nuit du 31 juillet au 1er août 1815 ; arrivé à Avignon, il descendit pour déjeuner à l’hôtel du Palais royal où se trouvait la poste. L’entrée de la voiture avait attiré un groupe d’oisifs qui cherchaient à savoir quel était le voyageur. Un jeune homme, appelé Soulié, s’écria : « C’est le maréchal Brune », puis il raconta que Brune était un des meurtriers de la princesse de Lamballe, et qu’il allait chercher l’armée de la Loire pour châtier le Midi. Ces mensonges lancés à dessein produisirent l’effet voulu, et, malgré le maire et le prefet, la foule envahit l’hôtel ; deux individus s’en détachèrent et parvinrent à pénétrer dans la chambre occupée par le maréchal. « Que me voulez-vous ? » leur dit-il. Pour toute réponse l’un d’eux tira à bout portant un coup de carabine sur le maheureux Brune et l’étendit raide mort. L’assassin eut encore le triste courage, après son meurtre, d’ouvrir une fenêtre pour annoncer qu’il venait de tuer le maréchal. Lorsque l’on sortit le cercueil contenant les restes de ce héros, les royalistes s’en emparèrent et le jetèrent dans le Rhône. La veuve du maréchal ne connut que deux ans après l’endroit où son malheureux mari reposait et fit rapporter le corps à Paris le 6 décembre 1817, et ce ne fut que le 19 mars 1819 qu’elle put obtenir l’autorisation de poursuivre les assassins de son mari. Ils s’appelaient Trestaillon et Grindon, dit Roquefert, Portefaix, le premier était mort lors du jugement, le second était en fuite, et fut condamné à mort. Les concitoyens de Brune lui ont fait élever un monument à Brive, par souscription.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL MASSENA (1758-1817), DUC DE RIVOLI, PRINCE D’ESSLING

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Maréchal André Masséna (1758-1817), duc de Rivoli, prince d’Eslling

Masséna, d’un rare courage et d’une tenacité si remarquable, dont le talent croissait par l’excès du péril et qui, vaincu, était toujours prêt à recommencer comme s’il eût été vainqueur. C’était néanmoins un voleur… et c’eût été un grand homme, si ses qualités brillantes n’eussent été ternies par l’avarice.

(Napoléon Bonaparte)

Masséna (André, duc de Rivoli et prince d’Essling), officier général et législateur, né à Nice (Alpes-Maritime), le 6 mai 1758, de « Jules Masséna, propriétaire à Levens, et de Catherine Fabre », mort à Paris le 4 avril 1817 ; prit du service, le 18 août 1775, comme simple soldat au 1er bataillon d’infanterie légère (Royal-Italien) et arriva au grade de sous-officier, mais ne put espérer avoir un grade supérieur, n’étant pas noble. A l’avènement de la Révolution, il s’enthousiasma pour les idées nouvelles et s’engagea dans les volontaires du Var. Il arriva rapidement au grade de chef du 3e bataillon ; fut promu, le 22 août 1793, général de brigade et, le 30 frimaire an II, général de division. Il se distingua en l’an II, dans la campagne d’Italie, à Loano et à Saugio, et l’année suivante au col de Borghetto. A la reprise de la campagne, sous les ordres de Bonaparte, il reçut, après Millesimo, le commandement des compagnies de grenadiers réunies en corps, et, à leur tête, franchit le pont de Lodi, entra le premier dans Milan et assista à Roverdo, à Castiglione, à Arcole, à Rivoli, à la Favorite, où il mérita d’être appelé par Bonaparte : l’enfant chéri de la victoire. Revenu en Italie porteur de la ratification des préléminaires de Léoben, il remplaça Berthier à Rome, mais ayant été mal accueilli, il se démit et vécut à Paris, en disponibilité, dans une situation assez précaire ; mais menacés, sur nos frontières compromises, il fut rappelé à l’activité en ventôse an VII, et le commandement de l’armée d’Helvétie lui fut confié. Masséna ne possédait guère alors, malgré les renforts qu’il reçut, que 40.000 hommes, contre 100.000 Autrichiens, sous l’archiduc Charles, et les généraux Bellegarde et Hotze. Il prit position sur la Limurat, ayant trois divisions à droite sur les Alpes, quatre au centre et deux à gauche sur le Rhin ; fit passer, le 25 septembre, la Limurat, au-dessous de Zurich, à quatre divisions, en tout 37.000 hommes, et attaqua Korsakov qui, isolé des Autrichiens, ne disposait plus que de 25.000 hommes. Après deux jours en lutte, les Russes battirent en retraite vers le Rhin, ayant perdu 13.000 hommes. Pendant ce temps, Soult et Vandamme avaient battu, au-dessus de Zurich, le général Hotz. C’est à ce moment que Souvarov débouchait de la vallée de la Reuss et arriva le 26 septembre à Altfor et se trouva en face de troupes victorieuses et supérieures en nombre ; il dut battre en retraite précipitamment, abandonnant ses canons, ses voitures, ses traînards, et arriva péniblementà Coire avec 10.000 hommes seulement. La coalition, grâce à l’adresse et à la tactique de Masséna, fut dissoute. Après le 18 brumaire, Bonaparte confia à Masséna le commandement en chef de l’armée d’Italie, qui n’avait à sa disposition que 35.000 hommes, tandis que le baron de Melas disposait de 120.000 Autrichiens. Ce dernier attaqua nos lignes le 15 germinal an VIII et, grâce à sa supériorité numérique, rejeta Suchet sur le Var et Masséna sur Gênes. Assiégé par les Autrichiens du général Ott et bloqué sur mer par les anglais, Masséna résista pendant deux mois d’une façon héroïque, mais la garnison et les habitants furent réduits à vivre d’herbes et de pain d’amidon et les soldats n’avaient plus la force de porter leur fusil. Masséna se vit dans la dure nécessité de capituler et obtint le droit de se retirer sur le Var avec le reste de ses troupes, pour y rejoindre Suchet. En signant la réddition, il dit aux officiers autrichiens et anglais : « Je vous donne ma parole d’honneur qu’avant vingt jours je serai devant Gênes. » Après Marengo, il garda le commandement de l’armée d’Italie, mais qu’il dut céder à Brune, en raison de ses dépradations, qui avait mécontenté Bonaparte. Masséna se montra peu favorable au 18 brumaire. Le 9 thermidor an XI, il entra au Corps législatif comme député de la Seine, fut promu maréchal d’empire le 29 floréal an XII, grand-aigle de la Légion d’honneur le 10 pluviôse an XIII et chef de la 14e cohorte. Il fut de nouveau mis à la tête de l’armée d’Italie en 1805, s’empara de Vérone le 18 octobre et attaqua les positions de Caldiero sans pouvoir les forcer. Après le traité de Presbourg, il entrprit de conquérir le royaume de Naples, et, en quelques jours, il dispersa les Napolitains et les Anglais, s’empara de Gaëte et occupa les Calabres. Le 19 mars 1808, il fut créé duc de Rivoli, prit part à la campagne du Danube en 1809 et se distingua à Landshut et Eckmühl, il s’empara du château d’Ebersdorff. A la bataille de Wagram, Masséna commandait la gauche, qui eut à supporter les efforts de l’armée autrichienne et, quelques jours après, il dégagea Marmont à Znaïm ; fut créé prince d’Essling le 31 janvier 1810, et reçut au mois de février suivant, le commandement de l’armée du Portugal ; il s’empara le 10 juillet de de Ciudad-Rodrigo, le 28 août d’Almeïda, mais fut repoussé le 27 septembre à Busaco ; après, il subit encore quelques échecs et fut disgracié par Napoléon ; il abandonna son commandement au maréchal Marmont et revint en France, resta en disponibilité pendant les campagnes de 1812 et 1813, et devint gouverneur de la 8e division militaire. Pendant les Cent-Jours, l’Empereur le nomma le 2 juin 1815 pair de France, mais il ne siégea pas. Masséna mourut de chagrin et tous les vieux soldats qu’une police ombrageuse n’avait pas éloignés de Paris se pressèrent autour de son cercueil. Napoléon a dit de lui : « Le bruit du canon éclaircissait ses idées et lui donnait de l’esprit, de la pénétration et de la gaieté. »

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL AUGEREAU (1757-1816), DUC DE CASTIGLIONE

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Maréchal Pierre Augereau (1757-1816), duc de Castiglione

Jadis il était brave. Je n’oublierai jamais l’affaire de Castiglione. Son courage, ses vertus premières l’avaient élevé très haut hors de la foule. Les honneurs, les dignités, la fortune l’y avaient replongé.

(Napoléon Bonaparte)

Augereau (Pierre-François-Charles), officier général et législateur, né à Paris le 21 octobre 1757, de « Pierre Augereau, domestique et Marie-Joseph Kresline », mort à la Houssaye (Seine-et-Marne) le 12 janvier 1816 ; s’enrola en 1774 dans le régiment de Clarke-irlandais, entra en 1777 comme dragon dans le régiment d’Antin, servit quelques temps le roi de Naples pour l’instruction de ses troupes, mais ses opinions révolutionnaires le firent rentrer en France en 1792, se distnigua par son intrépidité et fut nommé le 6 vendemiaire an II, adjudant général, ensuite envoyé à l’armée des Pyrénées où il fut promu général de brigade (3 nivôse an II). Envoyé à l’armée d’Italie, il s’empara de Millesimo le 23 germinal an III, fit prisonnier le général autrichien Provera, prit à la ête de ses grenadiers le pont de Lodi, s’empara ensuite de Castiglione et de Bologne, se dinstingua particulièrement au pont d’Arcole, où, saisissant un drapeau, il s’élança sur l’ennemi et entraîna par son exemple les troupes en face d’une artillerie formidable. De retour à Paris, après cette brillante campagne, il fut chargé par le Directoire de la besogne du 18 fructidor, où il empoigna lui-même le général Pichegru au collet. En l’an V, il remplaça à l’armée du Rhin-et-Moselle le général Hoche qui venait de mourir et le 27 germinal an VII, fut élu député de la Haute-Garonne au conseil des Cinq-Cents ; se montra d’abord indépendant, mais finit par se rallier à Bonaparte après son 18 brumaire. Ce dernier l’envoya prendre le commandement de l’armée franco-batave en Hollande, où il contribua à la victoire de Hohenlinden. De retour en France et fatigué, Augereau se reposa quelques années dans ses terres de la Houssaye. Il assita au sacre de Napoléon et fut nommé maréchal de France et chef de la 15e cohorte de la Légion d’honneur (29 floréal an XII). Il fit les campagne d’Autriche, de Prusse et d’Espagne, et le 26 octobre 1806, s’empara de Berlin. Le 19 mars 1808, il fut créé duc de Castiglione. Envoyé en Espagne, il força Girone à capituler, essuya un échec, en avril 1810, et fut forcé de battre en retraite sur Barcelone ; rappelé par l’Empereur et disgrâcié momentanément, il reprit le commandement du 11e corps à Berlin, en 1812 ; se trouva à Leipzig où il se battit comme un lion. En 1814, chargé de la défense de Lyon, il délia l’armée de ses serments, à la nouvelle de l’abdication de l’Empereur, « qui, disait-il dans sa proclamation, après avoir immolé des millions de victimes à sa cruelle ambition, n’a pas su mourir en soldat ». Louis XVIII le nomma chevalier de Saint-Louis et pair de France. Au retour de l‘île d’Elbe, il tenta de revenir à l’Empereur en conviant à ses soldats de se rallier aux aigles immortelles de Napoléon, qui seules conduisent à l’honneur et à la victoire ; mais, n’ayant pas été agréé par ce dernier, qui ne lui pardonnait pas d’avoir livré Lyon aux ennemis et se voyant également abandonné de Louis XVIII, il se retira dans ses terres de la Houssaye, et y mourut d’une hydropisie de poitrine.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL BERTHIER (1753-1815), PRINCE DE WAGRAM ET DE NEUCHÂTEL

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Maréchal Louis-Alexandre Berthier (1753-1815), prince de Wagram et de Neuchâtel

Il y a des hommes que la nature a marqués pour les postes subordonnés. Tel était Berthier ! Il n’y avait pas au monde meilleur chef d’état major, mais, changé son état, il ne pouvait commander à cinq cents hommes.

(Napoléon Bonaparte)

Berthier (Louis-Alexandre, prince de Wagram et de Neuchâtel), maréchal de France et législateur, né à Versailles (Yvelines), le 20 septembre 1753, de « Monsieur Jean-Baptiste Berthier, lieutenant réformé au régiment royal-Comtois, ingénieur ordinaire des camps et armées du roi, et de dame Marie-Françoise Lhuillier de La Serre, sa légitime épouse », mort Bamberg (Bavière) le 1er juin 1815 ; entra dans l’armée en 1770, servit en Amérique sous La Fayette, devint en 1789, major génral de la garde nationale de Versailles. Arrivé rapidement de grade en grade à celui de général de brigade (22 mai 1792), il fut un instant suspendu (septembre 1792), et réintégré le 15 ventôse an II. Promu général de division en l’an IV, devint le chef d’état major de l’armée d’Italie et fut chargé par Bonaparte d’apporter au Directoire le traité de Campo-Formio, devint ensuite commandant général de l’armée d’Italie en remplacement de Bonaparte, s’empara de Rome et y organisa l’administration républicaine. Lors de l’expédition d’Egypte, Berthier raccompagna Bonaparte avec le grade de chef d’état-major de l’armée, quand il revint en France, il l’aida puissamment à faire réussir le coup d’Etat de brumaire, et le 21 du même mois, fut nommé ministre de la guerre, retourna en Italie comme général en chef de l’armée. Après Marengo, il fut chargé d’organiser le Piémont, revint en France pour redevenir ministre de la guerre (16 ventôse an IX). A la proclamation de l’Empire, il fut nommé maréchal de France (28 floreal an XII), chef de la première cohorte et grand cordon de la Légion d’honneur, grand veneur, major général de la grande armée. Le 31 mars 1806, il fut créé souverain de Neuchâtel, et le 30 décembre 1809, prince de Wagram, ensuite président du collège électoral du Pô (10 janvier 1812). En 1814, il n’eut rien de plus pressé que d’abandonner l’Empereur et de se rallier à Louis XVIII. Ce dernier le nomma pair de France (4 juin 1814) et capitaine des gardes. Très perplexe, Berthier ne sut quel parti prendre au retour de l’île d’Elbe, ce qui fit dire à Napoléon : « Je ne veux d’autre vengeance de cet imbécile de Berthier que de le voir dans son costume de capitaine des garde de Louis XVIII. » Dans son Mémorial de Sainte-Hélène il ajoute : « J’ai été trahi par Berthier, véritable oison que j’avais fait une expèce d’aigle. » Berthier honteux alla se réfugier à Bamberg (Bavière) et, dans un accès de folie, se précipita des fenêtres du château sur le pavé et se tua.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Liens : Maréchal Alexandre Berthier (1753-1815)Maréchal Berthier sur Wikipedia

septembre 20, 2007

LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL MURAT (1767-1815), PRINCE, ROI DE NAPLES

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Maréchal Joachim Murat (1767-1815), Roi de Naples

Le roi de Naples était vraiment sublime au feu, le meilleur officier de cavalerie au monde. Au combat c’était un “césar”, mais, hors de là, “presqu’une femme”… Murat avait un très grand courage et fort peu d’esprit. La trop grande différence entre ces deux qualités l’explique en entier.

(Napoléon Bonaparte)

Murat (Joachim, Prince, Grand duc de Berg et de Clèves, puis roi de Naples), élu le 2 fructidor an XII, député du Corps législatif pour le département du Lot ; roi de Naples le 15 juillet 1808, né à la Bastide-Fortunière (Lot), le 25 mars 1767, fusillé à Pizzo (Italie) le 13 octobre 1815 ; fils du « sieur Pierre Murat, négociant (aubergiste), et de demoiselle Jeanne Loubières » ; fit ses études comme boursier dans le collège de sa ville natale ; étant destiné à l’état ecclésiastique, il se rendit à Toulouse pour étudier la théologie, fut reçu sous-diacre, mais s’étant fait renvoyer du séminaire, il retourna dans sa famille, qui lui fit un mauvais accueil. Aussitôt il s’engagea au 12e régiment de chasseurs à cheval, y parvint au grade de maréchal des logis et revint en congé à l’auberge paternelle. Au bout de peu de temps J-B. Cavaignac, député de son département, lui fit obtenir son admission dans la garde constitutionnelle de Louis XVI, et le 30 mai 1791, il était promu sous-lieutenant au21e régiment de chasseurs à cheval, dans lequel il fit les campagnes de Champagne et des Pyrénéees-Occidentales ; officier d’ordonnance du général d’Urre, chef d’escadron, ayant écrit aux Jacobins de Paris, lors de l’assassinat de Marat, qu’il voulait échanger son nom contre celui de Marat, il fut dénoncé après le 9 thermidor, et ce fut encore par la faveur de J-B. Cavaignac, que la dénonciation portée contre lui fut annulée par le Comité de Salut public, mais il perdit son grade et resta sans emploi jusqu’au 13 vendemiaire an IV, date à laquelle Bonaparte lui donna mission, lors de l’insurrection des sections de Paris, de ramener des Sablons aux Tuileries 40 pièces de canons. Il fit cette opération avec rapidité et en fut récompensé par le grade de chef de brigade. Devenu général en chef de l’armée d’Italie, Bonaparte en fit son aide de camp ; il se distingua par sa bravoure et fut chargé avec Junot d’aller porter à Paris les drapeaux pris sur l’ennemi. Peu après son retour, il passa général de brigade (14 pluviôse an V), continua la campagne d’Italie jusqu’à la paix de Léoben, et le 19 mai 1798 il accompagna Bonaparte dans l’expédition d’Egypte. Partout il fit des prodiges de vaillance et mérita d’être représenté sur un bas-relief de l’Arc de Triomphe se faisant rendre le cimeterre de Mustapha-Pacha. En octobre 1799 il était général de division ; à la rentrée de Bonaparte en France, il le suivit, l’accompagna le 18 brumaire au Conseil des Cinq-Cents et quelques jours après, le 20 janvier 1800, il épousait la plus jeune soeur du Premier Consul, Caroline-Annonciade Bonaparte. Ayant le commandement de la garde consulaire, il fit la campagne de Marengo, à la suite de laquelle il reçut un sabre d’honneur. En janvier 1801, il prit le commandement de l’armée avec laquelle il chassa les Napolitains de Etats pontificaux, s’empara de l’île d’Elbe, où il commença le siège de Porto-Ferrajo, interrompu par le traité d’Amiens. C’est à son retour en France qu’il fut élu président du collège électoral du Lot, gouverneur de Paris, et en cette qualité, il institua la commission chargée de juger le duc d’Enghien ; il fut alors et successivement promu : maréchal de l’Empire le 30 floréal an XII, prince, grand-amiral le 12 pluviôse an XIII et le lendemain grand-aigle de la Légion d’honneur et chef de la 12e cohorte. Il se couvrit de gloire dans la grande armée qui s’avançait vers le danube et dont il avait le commandement de la réserve de cavalerie. Après la bataille d’Austerlitz, Napoléon le créa Grand duc de Berg et de Clèves, le 15 mars 1806 ; lors de la reprise des hostilités contre la Prusse au mois d’octobre suivant, il eut le commandement de la cavalerie indépendante.

En 1807, il fit campagne de Pologne, assista à l’entrevue des deux empereurs et après la paix, au mois de novembre de la même année, il entrait en Espagne à la tête d’un corps d’armée de 80.000 hommes pendant que Junot envahissait le Portugal ; on lui donna le titre de lieutenant-général de ce royaume, dont il ambitionnait la dignité royale ; néanmoins le 15 juillet 1808, après une vive discussion avec l’Empereur, la couronne de Naples, qui était devenue vacante, à la suite du départ de Joseph-Napoléon, fut donnée à Murat, son beau-frère, lequel fut proclamé roi de Naples sous le nom de Joachim-Napoléon ; à peine monté sur le trône, il s’empara de l’île de Capri et força Hudson Lowe, le futur garde-chiourme de son beau-frère, à capituler. En juin 1809, une flotte anglo-sicilienne tenta de soulever la Napolitaine, Murat organisa aussitôt une expédition contre la Sicile ; mais n’y put débarquer que la division sous les ordres du général Cavaignac ; il attribua son insuccès au mauvais vouloir de Napoléon et lui en garda une certaine rancune jusqu’au moment de la guerre de Russie, où l’Empereur lui confia le commandement de la cavalerie de la grande armée et celui de l' »escadron sacré », chargé de sa garde personnelle pendant la retraite.

A la rentrée en France de l’Empereur, celui-ci remit le commandement en chef à Murat le 5 décembre 1812, qu’il conserva jusqu’au 8 janvier 1813 ; à ce moment, il le transmit au prince Eugène, pour rentrer précipitamment à Naples, où de concert avec l’Autriche et l’Angleterre, suivant les conseils de Fouché et de Caroline, sa femme, il signait, les 6 et 11 janvier 1814, un traité avec les alliés, par lequel il s’engageait à leur fournir 30.000 hommes, en échange de la garantie de la possession de son royaume. Immédiatement il se mit en campagne et força l’armée du prince Eugène à se retirer derrière l’Adige. L’adication de Napoléon ne fit qu’augmenter ses embarras, les princes de la maison de Bourbon se refusant à le reconnaître. Au retour de l’île d’Elbe, il assura l’Empereur de son dévouement et de sa fidélité, organisa la garde nationale napolitaine et confia la régence à la reine Caroline, puis se rendit avec son armée à Ancône, malgré les avis des Autrichiens sur les bonnes dispositions de l’Angleterre à son égard, il était trop tard pour reculer le 30 mars 1815, de son quartier général de Rimini, il lançait une proclamation aux Italiens, les appelant à la guerre de l’indépendance, et en peu de temps s’emparait de Modène et de Florence ; le 2 mai il se fit battre à Tolentino, rentra presque seul à naples le 18, mais, sentant l’insurrection gronder sous ses pas le 19, il se retira à Gaëte ; à ce moment, Ferdinand reprit possession de son trône. Murat s’embarqua le 21 avec sa famille sur un bâtiment français qui le conduisit à Cannes. De nouveau il se mit à la disposition de Napoléon ; celui-ci ne lui répondit pas, mais chargea Fouché de lui interdire le séjour de Paris. En route pour Lyon, il apprit le désatre de Waterloo, revint à Toulon, tenta de s’embarquer pour Le Havre, mais le mauvais état de la mer ne lui permit pas de rejoindre et il apprit alors que sa tête était mise à prix, pendant huit jours il resta caché dans une cabane au bord de la mer et parvint enfin à se rendre à Bastia, où des agents napolitains, trompant sa confiance, lui firent entendre qu’il n’avait qu’à paraître, pour que la Napolitaine saluât son autorité, négligeant les conseils du comte Marcirone, son aide de camp, qui lui apportait des passeports pour se rendre en Autriche, où on lui garantissait la vie sauve en échange de son abdication, il partit le 28 septembre avec 6 barques et 250 hommes, conduit par un certain Barbara, qui s’était engagé à le livrer à la cour de Naples. En raison du mauvais temps les barques se dispersèrent, Murat donna l’ordre de mettre le cap sur Trieste, Barbara, prétextant des réparations urgentes, le fit consentir à entrer dans le port du Pizzo. Descendu sur la plage avec 30 hommes, près de Montelleone, un capitaine de gendarmerie donna l’ordre à des paysans armés de faire feu sur son escorte. Quand il revint au rivage, Barbara avait levé l’ancre. Murat fut bientôt fait prisonnier, conduit au fort du Pizzo, traduit devant une commission militaire et condamné à mort le 13 octobre 1815, la sentence fut exécutée une demi-heure après.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL NEY (1769-1815), DUC D’ELCHINGEN, PRINCE DE LA MOSKOWA

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Maréchal Michel Ney (1769-1815), duc d’Elchingen, prince de la Moskowa

Ney n’a eu que ce qu’il méritait ! Je le regrette comme un homme précieux sur le champ de bataille, mais il était trop immoral et trop bête pour réussir.

(Napoléon Bonaparte)

Ney (Michel, duc d’Elchingen, prince de la Moskowa), maréchal de France, pair de France en 1814 et pendant les Cent-Jours, né à Sarrelouis (Moselle) le 10 janvier 1769, mort à Paris le 7 décembre 1815 ; fils de « Pierre Ney, maître tonnellier à Sarrelouis, et de Marguerite Graffin » ; engagé volontaire aux hussards de Metz, le 6 décembre 1788, il parvint à la plus haute renommée, aux plus hauts grades et à la plus haute faveur par sa bravoure, et mérita de la part des soldats les surnoms : « infatigable » et « brave des braves ». Il parvint rapidement au grade d’aide de camp des généraux Lamarche et Collaud, assista dans le Nord aux combats de Neerwinden, de Louvain, de Valenciennes, etc. Sous les ordres de Kléber, il fut placé à la tête d’un petit corps de 500 hommes avec lesquels il causa les plus grands dommages à l’ennemi ; il prit part aux batailles d’Aldenhoven et de Maastricht, de Mayence, dans l’armée Sambre-et-Meuse, aux combats de Lahn, d’Obermel, de Friedberg, de Dierdoff ; il s’empara de la citadelle de Wurtzbourg, le 15 juillet 1796 et fut nommé général de brigade. En 1797, à la tête des hussards, il culbuta les autrichiens à Neuwied et à Dierdorff et, fait prisonnier le 22 avril à Giessen, il fut échangé presque aussitôt et continua à servir sous Hoche. Le 28 mars 1799, à l’armée de Bernadotte, il s’empare de Manheim, fut nommé général de division et passa à l’armée du Danube sous Masséna ; il se distingua à Fraenfelde, à Altikow, à Wintherthur surtout, où il reçut deux blessures. De là, il passa au commandement de l’armée du Rhin et se couvrit de gloire à Hilbroon, à Laufen, à Wisloch, à Hochheim, à Ludwigsburg. C’est peu après, qu’ayant le commandement provisoire de l’armée du Rhin, il empécha la jonction de Souvarov avec l’archiduc Charles, qui eut pour résultat la défaite des Austro-Russes à Zurich, par Masséna ; blessé de nouveau, il remit son commandement au général Lecourbe. Après le 18 brumaire, étant sincèrement républicain, il était à la veille de quitter l’armée, mais, se rendant aux conseils de Bernadotte et Lefebvre, il se résigna à servir la patrie, en adhérant au nouveau régime, dans les armées du Rhin et du Danube, commandées par Moreau. On le retouve à Engen, Moskirch, Hochstaedt, Ingolstadt, Wasserburg, et Hohenlinden. Le 3 décembre 1800 ; cette dernière victoire, appuyée par celle de Marengo, eut pour résultat la paix de Lunéville, signée le 9 février 1801. C’est alors que Bonaparte le maria à une femme de sa cour et le nomma (1802) ministre plénipotentiaire en Suisse. Il y obtint la médiation du 19 février 1803. Le 28 décembre, on lui promit le commandement du 6e corps, chargé d’opérer une descente en Angleterre qui ne fut pas entrerprise ; le 19 mai 1804, l’Empereur le créa maréchal de France, lui donnant encore, peu après, le grand cordon de la Légion d’honneur avec le titre de chef de la 7e cohorte.

En 1805, ayant toujours le 6e corps sous ses ordres, il s’empara des défilés du Danube, mit en déroute l’armée de l’archiduc Ferdinand à Guntzbourg, le 9 octobre ; s’empara d’Elchingen et de ses admirables positions, défendues par 15.000 hommes et 35 pièces de canon ; l’ennemi se réfugia aussitôt dans la place forte d’Ulm, où il fut forcer de capituler le 26 octobre. En même temps, Napoléon approchait de Vienne ; Ney, à la tête de 30.000 hommes, entra dans le Tyrol, en chassa l’archiduc Jean, s’empara de Charnitz, Inspruck, Hall, et allait entrer dans la Carinthie, au moment où l’Autriche, après Austerlitz, signait la paix de Presbourg, le 26 décembre 1805. Dans la campagne suivante, avec le corps d’armée, il compléta la défaite des Prussiens le 14 octobre à Iéna ; le 15, il s’empara d’Erfurt, de 100 pièces de canons et de 14.000 prisonniers ; puis il prit Magdebourg, la place la plus importante du royaume, avec 800 canons et 23.000 prisonniers, le 8 novembre 1806. Ney chassa les Prussiens de Thorn, franchit la Vistule, s’empara de Mlawa et s’avança jusque près de Lauterbach, culbutant Bendingsen au delà de Pregel, et dégageant Bernadotte, aux prises avec toute l’armée russe à Morhungen, le 25 janvier 1807 ; à Deppen, il mit les Prussiens en déroute le 5 février, et trois jours après, il coupa la retraite de l’armée russe à la bataille d’Eylau. Le 1er mars, à Guttstadt, avec 14.000 hommes il résista à 70.000 Russes protégés par 100 pièces de canon. Le 6 juin, il battit l’ennemi à Sparden, mais accablé par des forces trop considérables, il se retira habilement sur Allenbourg ; le 14 du même mois, il assurait la victoire de Friedland et quelques jours après s’emparait d’Intersbourg, au moment de la signature de la paix de Tilsitt. Nous voyons ensuite le maréchal Ney, commandant toujours le 6e corps, prendre une part considérable à la guerre d’Espagne, en 1808. En 1810, même conduite et même succès au Portugal contre les anglo-portugais, sous le commandement de Masséna. Le 22 juin 1812 le duc d’Elchingen prenait le commandement du 3e corps, pour faire la campagne de Russie, et marchait de succès en succès jusqu’à la bataille du 7 septembre, où Napoléon le créait prince de la Moskowa, sur le champ de bataille. Pendant la retraite de la grande armée, il fut chargé du commandement de l’arrière-garde où il se montra plus vaillant, plus ferme et plus grand que jamais, marcha le fusil à la main, échangeant continuellement des coups de feu avec l’ennemi ; Napoléon et Murat étaient rentrés en France depuis longtemps, lorsqu’il parvint avec sa poignée de braves à quitter le sol de la Russie. En avril 1813, le prince de la Moskowa, à la tête de son 3e corps, assurait la victoire de Lutzen, et celle de Bautzen le 21 mai ; pénétrait en Silésié à la tête des 3e et 7e corps, et s’emparait de Breslau le 3 juin. Après Leipzig, la France fut envahie, Brienne, Mézières, Champaubert, Montmirail, Craonne et Château-Thierry illustrèrent le nom de Ney. Cependant le 31 mars 1814, les alliés entraient à Paris ; à la suite de la déchéance de Napoléon prononcée par le Sénat, il fut un des délégués de Bonaparte chargés de négocier la paix au nom de Marie-Louise ; cette négociation se termina par l’abdication de l’Empereur. Le 11 avril suivant, le comte d’Artois faisait son entrée dans Paris. Michel Ney, qui ne voyait que la France, qu’il croyait encore servir, eut le tort de se rallier au nouvel ordre des choses et d’accepter un commandement dans l’armée devenue royale. Mais le 1er mars 1815, Napoléon, sortant de l’île d’Elbe, débarquait dans le Golfe Juan près de Fréjus. Ney fut envoyé à sa rencontre, avec ordre d’arrêter sa marche sur Paris ; au lieu de cela, devant l’élan de l’armée et des populations, il se joignit lui-même au cortège impérial s’avançant triomphalement vers la capitale ; à Auxerre, il remit cependant à l’Empereur un mémoire dans lequel il le sommait de « gouverner par les lois« , et lui déclarait qu’il ne se réunissait à lui que dans l’intérêt de la patrie, et que « s’il ne lui promettait solennellement de faire le bonheur des Français, il n’était plus un de ses généraux, mais son prisonnier ! » Le 11 juin 1815, il se rendit à l’armée redevenue impériale, où il reçut le commandement de l’aile gauche et prit part avec sa force et son intrépidité habituelles aux batailles de Ligny et Waterloo, suivies de la seconde abdication de Napoléon. Le 5 août 1815, en violation flagrante des articles 11 et 12 de la convention sur la capitulation de Paris, il fut arrêté dans le Lot, et, ce qui est plus odieux encore, jugé, et condamné et fusillé d’après un jugement de la Chambre des pairs. Le braves des braves était âgé de 46 ans.

( Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL BESSIERES (1768-1813), DUC D’ISTRIE

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Maréchal Jean-Baptiste Bessières (1768-1813), duc d’Istrie

Ce maréchal, qu’on peut à juste titre nommer brave et juste, était recommandable autant par son coup d’oeil militaire et par sa grande expérience de l’arme de la cavalerie que par ses qualités civiles et son attachement à l’Empereur. Bessières a vécu comme Bayard et il est mort comme Turenne.

(Napoléon Bonaparte)

Bessières (Jean-Baptiste, duc d’Istrie), maréchal de France, né à Prayssac, (Lot), le 6 août 1768, de « M. Maturin Bessières, chirurgien et de demoiselle Antoinette Lemory, mariés », tué près de Rippach (Saxe) le 1er mai 1813 ; entra au service le 1er novembre 1792, dans la légion des Pyrénées, devint rapidement capitaine, fit partie de l’expédition d’Italie, se distingua à Rivoli, devint commandant des guides de Bonaparte, contribua peu de temps aptrès à la victoire de Roveredo, partit avec Bonaparte en Egypte et fut promu général de Brigade le 10 juillet 1800. Très fidèle à son frère d’arme Bonaparte, il contribua quelque peu à la réussite du coup d’Etat de brumaire, et devint général de division le 13 septembre 1802, commanda ensuite les guides à cheval de la garde des consuls et obtint d’être nommé maréchal de France le 19 mai 1804, eut ensuite un commandement à l’armée d’Allemagne, se battit avec courage à Austerlitz où il chargea à la tête de la garde impériale et enleva une grande partie de l’artillerie ennemie. L’année suivante, il montra la même valeur à Iéna, contre les Prussiens, et se couvrit de gloire à Eylau en 1807. Créé duc d’Istrie, il fit ensuite partie du corps d’occupation en Espagne. Revenu en France, il présida le collège électoral de la Haute-Garonne, fit la campagne de Saxe en 1813, et mourut le 1er mai près de Rippach, la veile de la bataille de Lutzen.

(Extrait du dictionnaire sur l’Empire et la Révolution du Dr Robinet)

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LES MARECHAUX DE NAPOLEON – MARECHAL LANNES (1769-1809), DUC DE MONTEBELLO

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Maréchal Jean Lannes (1769-1809), duc de Montebello

L’un des militaires les plus distingués qu’a eus la France ! Chez Lannes, le courage l’emportait d’abord sur l’esprit, mais l’esprit montait chaque jour pour se mettre en équilibre. Je l’avais pris pygmée, je l’ai perdu géant… Un des hommes au monde sur lesquels je pouvais le plus compter.

(Napoléon Bonaparte)

Lannes (Jean, duc de Montebello), maréchal de France et ministre plénipotentiaire, né à Lectoure (Gers), le 11 avril 1769, de « Jean Lannes, trafiqueur, et Cécile Fouraignan mariés » mort à Vienne (Autriche) le 31 mai 1809, embrassa la carrière militaire comme simple soldat. Adjudant de division de la garde nationale parisienne en l’an III, il fut employé à la journée du 13 vendemiaire par Barras et quand Bonaparte partit en Italie, il emmena Lannes avec lui ; il y devint colonel du 29e régiment de ligne après la bataille de Millesimo et, presque aussitôt après, fut promu général de brigade, se distingua particulièrement au passage du Pô, à la bataille de Fombio et à l’affaire du pont d’Arcole où il fut blessé, fit partie de l’expédition d’Egypte et de celle de Syrie, se trouva au siège de Saint-Jean-d’Acre, puis revint en France avec Bonaparte et seconda ce dernier au 18 brumaire ; fut pourvu du commandement des Tuileries, devint commandant et inspecteur général de la garde des Consuls, assista à la bataille de Marengo et obtint alors un sabre d’honneur. Envoyé en l’an IX, en qualité de ministre plénipotentiaire à Lisbonne, il eut, avant son départ, de violentes altercations avec Bonaparte avec qui il n’avait pas l’habitude de se gêner, revint en France, à la suite des difficultées occasionnées par le droit qu’il prétendait avoir de faire dans le Tage des bâtiments chargés de marchandises, sans être soumis à aucune visite ni payer de droits ; il fut nommé maréchal de France en l’an XII, créé chef de la neuvième cohorte et grand officier de la Légion d’honneur. Lors de la reprise des hostilités avec l’Autriche, il eut le commandement de l’avant-garde de la grande armée, se porta sur Louisbourg et pénétra en Bavière, où il commença la campagne d’une façon très brillante, contribua à la victoire de Wertingen, à la défaite de Mack et à la prise d’Ulm, puis à la victoire de Hollabrünn, se battit en en héros à Austerlitz, fit ensuite la campagne de Prusse en 1806, se montra intrépide à Iéna et à Eylau, alla en Espagne, revint en Allemagne en 1809, où, après avoir accompli des prodiges de valeur à la bataille d’Essling, il eut la cuisse emportée par un boulet, fut transporté à Vienne où il mourut quelques jours après.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Liens : Maréchal Lannes (1769-1809) – Maréchal Lannes sur Wikipedia

septembre 19, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL LASALLE (1775-1809), COMTE D’EMPIRE

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Général Antoine Lasalle (1775-1809), Comte d’Empire

Le général de division Lasalle a été tué d’une balle. C’était un officier du plus grand mérite et l’un de nos meilleurs généraux de cavalerie légère.

(Napoléon Bonaparte)

Lasalle (Antoine-Charles-Louis, Comte de), officier général, né à Metz (Moselle), le 1à mai 1775, de « Nicolas de Lasalle d’Augny, écuyer commissaire ordonnateur des guerres, chevalier de Saint-Louis, et de Suzanne du Puy de la Gaule », tué à Wagram le 6 juillet 1809 ; entra dans la carrière militaire au moment de la Révolution, comme simple chasseur du 23e régiment de cette armé, devint aide de camp de Kellermann, et arriva au grade de chef d’escadron sur le champ de bataille. A la bataille de Rivoli, il fit mettre bas les armes à un bataillon autrichien, suivit ensuite Bonaparte en Egypte, et se fit remarquer à la bataille des Pyramides par un fait d’arme superbe, digne d’un Bayard, et dans cette journée fut nommé colonel du 22e régiment de chasseurs. De retour en France, il devint colonel du 10e régiment de hussards et en cette qualité fit de nouveau la campagne d’Italie, fut promu général de brigade et se battit bravement à Austerlitz à la tête d’une brigade de dragons, et dans la campagne de Prusse força le corps de gendarmes de la garde du roi, à se rendre à discrétion. Le 30 décembre 1806, il fut promu général de division, attaqua la ville de Stettin et s’en fit ouvrir les portes par le gouverneur, passa ensuit en Espagne, et s’y distingua, comme toujours, par des actions d’éclat ; fit la dernière campagne contre les Autrichiens et cueillit de nouveaux lauriers aux combats d’Altenborg, de Raab, d’Essling, et après avoir fait des prodiges de valeur, il y fut tué.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Lasalle sur Wikipedia

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL KLEBER (1753-1800)

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Général Jean-Baptiste Kléber (1753-1800)

La mort de Kléber fut une perte irréparable pour la France et pour moi. C’était un homme doué des talents les plus brillants et de la plus grande bravoure.

(Napoléon Bonaparte)

Kléber (Jean-Baptiste), officier général né à Strasbourg (Bas-Rhin), le 9 mars 1753 de « Jean-Nicolas Kléber, tailleur de pierre, et de Renée Borget », assassiné au Caire (Egypte) le 14 juin 1800 ; débuta dans l’armée autrichienne en 1776 et y servit jusqu’en 1783 ; donna sa démission et revint dans le Bas-Rhin ; devint le 8 janvier 1792, adjudant major dans le 4e bataillon du Haut-Rhin et parvint, en mai de la même année, lieutenant-colonel en deuxième du même bataillon, assista au siège de Mayence où il se distingua d’une façon brillante et fut nommé chef de brigade, le 17 août 1793, et c’est en cette qualité qu’il passa en Vendée avec la garnison de Mayence, y montra un courage extraordinaire et fut blessé au fameux combat de Torfou, à la tête des grenadiers d’avant-garde, fut ensuite envoyé à l’armée du Nord ; puis à celle de Sambre-et-Meuse ; fut un des vainqueurs de Fleurus où il commandait l’aile gauche de l’armée française, s’y distingua par sa grande habileté. Il fut promu, le 9 floréal an II, général de division et seconda énergiquement le général en chef Jourdan dans sa campagne de l’an IV et contribua pour une large part à ses succès ; remporta personnellement de brillants avantages, fit abandonner la position d’Ukerath à l’ennemi et livra bataille à Altenkirchen, où il resta vainqueur, continua ses succès en prenant Koemigshoffen et Bamberg, puis, le commandement en chef de l’armée de Sambre-et-Meuse lui fut confié, passa au même titre à l’armée dite d’Angleterre, puis suivit Bonaparte en Egypte, et fut blessé, à la première attaque à Alexandrie ; marcha ensuite en Syrie, commanda le corps d’observation pendant le siège d’Acre et l’arrière-garde au moment de la retraite, et fut pourvu du commandement en chef de l’armée d’Egypte lors du départ de Bonaparte pour la France, battit successivement Mourad-Bey, et le grand vizir, et quoique dénué de tout, sans argent, sans secours, sans renfort, il parvint, par une tactique admirable, à conserver l’honneur la gloire de l’armée française et s’immortalisa lui-même. Il gagna la fameuse bataille d’Héliopolis avec une poignée d’hommes, fit le siège du Caire révolté, repris la ville et se trouva dans une belle situation. Le 14 juin, après avoir passé, dans l’île de Raoudach, la revue de la légion grecque, il vint au Caire voir les préparatifs que l’on faisait à sa maison, il fut frappé mortellement par plusieurs coups de poignard par un Turc nommé Soleyman. Cette perte fut irréparable, car l’armée perdait un de ses meilleurs généraux, et comme Hoche et Marceau, Kléber fut pleuré par les républicains et les patriotes !

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Kléber sur Wikipedia

septembre 18, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL JUNOT (1771-1813), DUC D’ABRANTES

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Général Jean-Andoche Junot (1771-1813), duc d’Abrantès

Il avait dissipé de vrais trésors sans discernement, sans goût ; trop souvent même dans des excès grossiers.

(Napoléon Bonaparte)

Junot (Jean-Andoche, duc d’Abrantès), officier général, né à Bussy-le-Grand (Côte d’Or), le 23 octobre 1771, de « Michel Junot, marchand, et de Marie-Antoinette Bienaymé », mort à Montbard (Côte d’Or) le 29 juillet1813 ; partit, en 1792, comme grenadier dans un des bataillons de volontaires, de la Côte d’Or et devint, en l’an IV, aide de camp de Bonaparte, se signala, dans cet emploi, par sa bravoure, l’accompagna en Egypte, et se distingua surtout dans l’expédition de Syrie, où il livra, avec environ 300 Français, contre des forces considérables de turcs, le fameux combat dit de Nazareth, en thermidor an VIII. Junot fut ensuite nommé commandant de la place de Paris, et, en frimaire an XII, eut le commandement d’une division de l’armée d’Angleterre ; fut décoré, le 1er février 1805, du Cordon rouge au moment où il était ambassadeur près du prince régent du Portugal, se rendit ensuite à l’armée d’Alllemagne, se trouva à la bataille d’Austerlitz, où il se distingua d’une façon brillante, puis retourna en Espagne où il devint commandant en chef de l’armée, appelé à marcher contre le Portugal, s’en empara sans rencontrer une grande résistance et en fut récompensé par le titre de duc d’Abrantès. Il fut obligé de rétrograder devant les forces supérieures des Anglais, qui vinrent l’assièger dans Lisbonne, puis contraint de capituler le 30 août 1808, mais le fit d’une manière très honorable pour lui et pour son armée, qui ne fut pas prisonnière de guerre. L’Empereur qui ne pardonna jamais aux généraux le plus petit échec, le disgracia un certain temps, mais quand l’expédition de Russie en 1812 fut décidée, se vit forcé de rappeler Junot, à qui il confia le commandement du 8e corps, à la tête duquel il se signala au combat de Valentino. Rentré en France après les désastres de cette expédition, Junot fut envoyé dans les Provinces Illyriennes, dont il venait d’être nommé gouverneur général ; il y tomba malade, et, dans un accès de fièvre, il se jeta par la fenêtre et se tua sur le coup.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : général Junot sur Wikipedia

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL DE LA BEDOYERE (1786-1815)

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Le Général Charles de La Bédoyère (1786-1815)

La Bédoyère était éminemment français ; il fut guidé par les sentiments les plus nobles et les plus chevaleresques dans la démarche qu’il fit à Grenoble ; dévouement alors admirable, car tout était douteux.

(Napoléon Bonaparte)

La Bédoyère (Charles-Angélique-François Huchet, Comte de), Officier général et législateur, né à Paris, le 17 avril 1786, de « Charles-Marie-Philippe Huchet de La Bédoyère, et de Félicité-Julie Desbarres », mort à Paris le 19 août 1815 ; entra au service en 1806, fit les campagnes de 1806 et 1807 dans le corps des gendarmes d’ordonnance, devint l’aide de camp de Lannes, se distingua à Ratisbonne et fut blessé à Essling, prit part à la campagne de 1812 et fut nommé colonel au 112° de ligne, se battit à Lutzen, à Bautzen et assista à la prise de Colberg (1813), y fut encore blessé et revint en France. Après l’abdication de Fontainebleau, sa famille qui cherchait à le convertir au royalisme, obtint pour lui la décoration de Saint-Louis, mais le retour de l’île d’Elbe le rejeta dans le parti impérialiste. Lorsque l’Empereur arriva à Vizille, un régiment entier se joignit à lui ; ce fut celui de La Bédoyère, et ce dernier abordant Napoléon, ne craignit pas de lui adresser les paroles suivantes : « Sire, lui dit-il, plus d’ambition, plus de despotisme, nous voulons être libres et heureux. Il faut que Votre Majesté abjure le système des conquêtes et d’extrême puissance qui a fait le malheur de la France et le vôtre. » La Bédoyère se faisait illusion sur les sentiments de l’Empereur, et s’en aperçut de suite en voyant les premiers décrets de ce dernier, mais il n’en fut pas moins nommé général de brigade, devint son aide de camp et passa général de division, et tout cela en quelques jours, puis il fut nommé pair de France, le 2 juin 1815 ; il assista à la bataille de Waterloo et resta un des derniers sur le champ de bataille ; puis il revint après ce désastre, occuper son siège à la Chambre haute, appuya la proposition de faire accéder au trône de Napoléon Ier, son fils Napoléon II : « Faudra-t-il, dit-il, au milieu des interruptions et des rappels à l’ordre, que le sang des français ait encore coulé pour passer sous le joug odieux de l’étranger, pour courber la tête sous un gouvernement avili ; pour voir nos braves guerriers abreuvés d’humiliations et d’amertumes et privés de l’existence due à leurs services, à leurs blessures, à la gloire de la nation ? J’ai entendu des voix autour du trône du souverain heureux ; elles s’en éloignent aujourd’hui qu’il est dans le malheur. L’adication de Napoléon est indivisible. Si l’on ne veut pas le reconnaître, i doit tenir l’épée, environné de Français qui ont versé leur sang pour lui et qui sont encore tout couverts de blessures. Il sera abandonné par de vils généraux qui l’ont déjà trahi. » Puis il proposa que tout Français qui quitterait son drapeau fût noté d’infamie, et eût « sa maison rasée et sa famille proscrite » ; enfin il mit le comble à l’exaspération de plusieurs de ses collègues par les mots suivants : « Alors, plus de traîtres, plus de ces manoeuvres qui ont occasionné les dernières catastrophes et dont peut-être quelques auteurs siègent ici. » Après la réddition de Paris, La Bédoyère se retira derrière la Loire, puis se fixa à Riom. dans cette ville il lui fut signifié qu’il n’était pas compris dans la loi d’amnistie et qu’il serait traduit devant un conseil de guerre ; il tenta alors de passer en Suisse ; mais, dénoncé par un officier de gendarmerie, qui se trouvait dans la même voiture que lui, il fut aussitôt surveillé de près et arrêté dans une maison du faubourg Poissonnière, le 2 août 1815, puis conduit à la prison militaire de l’Abbaye. La famille et quelques amis essayèrent de le délivrer, mais ce fut peine perdue ; il prit comme défenseur Benjamin Constant, fut traduit devant le 2ème conseil de guerre permanent de la 1ère division militaire, et comparut le 9 août devant ce conseil. Il était prévenu « de trahison, de rebellion et d’embauchage ». La Bédoyère resta calme et répondit avec simplicité. « J’ai pu, dit-il me tromper sur les véritables intérêts de la France, j’ai pu être égaré par des illusions, par des souvenirs, par de fausses idées d’honneur ; il est possible que la patrie ait donné à mon coeur un langage chimérique. Mais la grandeur des sacrifices que j’a faits, en m’exposant à rompre les liens les plus chers, prouve qu’il n’entrait dans ma conduite aucun motif d’intérêt personnel. Je n’ai ni l’intention ni la possibilité de nier des faits publics et notoires ; mais je proteste que je n’ai trempé dans aucun complot qui ait précédé le retour de Buonaparte ; je suis même convaincu qu’il n’a point existé de conspiration pour ramener Buonaparte de l’île d’Elbe… ». Le 15, il fut condamné à mort, et le 19 son pourvoi fut rejeté ; toutes les démarches de sa famille auprès de Louis XVIII furent vaines et La Bédoyère fut fusillé dans la plaine de Grenelle. Désignant son coeur il cria au peloton : « C’est là qu’il faut frapper ! ».

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général La Bédoyère sur Wikipedia

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL GERARD (1773-1852), COMTE D’EMPIRE

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Général Etienne Gérard (1773-1852), Comte d’Empire

Entre tous mes généraux, Gérard est né avec l’instinct d’un grand capitaine ; c’est une espérance pour la France; le temps m’a manqué pour le faire maréchal.

(Napoléon Bonaparte)

Gérard (Etienne-Maurice, Comte), officier général et législateur, né à Damviller (Meuse), le 4 avril 1773, du « sieur Jean Gérard, et demoiselle Saint-Rémy », mort à Paris le 17 avril 1852 ; entra dans l’armée en 1791 comme engagé volontaire, fit partie de l’armée de Sambre-et-Meuse et assista à la bataille de Fleurus, devint aide de camp de Bernadotte le 25 messidor an VII, puis fut adjudant commandant le 2 fructidor an XIII, prit par à la bataille d’Austerlitz et y fut blessé, devint grand officier de la Légion d’honneur le 27 janvier 1806 et se distingua à la bataille de Hall, fut promu le 13 novembre général de Brigade, se battit à Eylau, se signala dans la campagne de 1809, à Durfort, à Euzersdorff et à Rorschdorff, et fut créé baron d’Empire le 15 août, fit la campagne de Russie, succéda au général Gudin dans le commandement de sa division, le 23 septembre 1812 ; prit part aux batailles de Lutzen, et de Bautzen, puis à Leipzig où il fut sérieusement blessé. Gérard fit toute la campagne de France, se multiplia à Brienne, à La rothière et à Saint-Dizier, adhéra à la déchéance de l’Empereur, ce qui lui valut de Louis XVIII la croix de Saint-Louis et le grand cordon de la Légion d’honneur. Au retour de l’île d’Elbe, il fut chargé du commandement du 4° corps puis, nommé, le 2 juin 1815, pair de France ; se battit avec acharnement à Ligny, ne put prendre part à la bataille de Waterloo, par suite de la fausse manoeuvre de Grouchy, fut blessé à l’affaire de Wavre contre l’arrière garde de Blücher. Mis en non-activité par la Restauration, il passa en Belgique et ne revint à Paris qu’en 1817. Elu député le 28 janvier 1822, par le 1er arrondissement de Paris, il siégea dans l’opposition libérale, signa la protestation contre l’expulsion de Manuel, fut réélu par l’arrondissement de Bergerac le 19 novembre 1827. A la Chambre, Gérard prit constamment la défense de ses anciens compagnons d’armes, fut l’un des premiers signataires de la protestation contre les ordonnances du 25. Le 11 août 1830, il accepta le portefeuille de la guerre, et fut promu le 17 du même mois, maréchal de France, donna sa démission de ministre, pour raison de santé continua de siéger à la Chambre des députés ; puis fut nommé pair de France le 11 février 1833, et, le 18 juillet 1834, reprit le portefeuille de la guerre. Grand chancelier de la Légion d’honneur le 4 février 1836, il abandonna ce poste le 11 décembre 1838 pour remplacer le maréchal Lobau à la tête de la garde nationale e la Seine, et devint, le 21 octobre 1842, grand chancelier de la Légion d’honneur. Le 26 janvier 1852, il fut nommé sénateur.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et de l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Gérard sur Wikipedia

septembre 17, 2007

LES GENERAUX NAPOLEON – GENERAL CAULAINCOURT (1773-1827), DUC DE VICENCE

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Caulaincourt n’a pas fait grand-chose à Saint-Petersbourg. C’est un honnête homme qui m’a bien servi, mais il ne convenait pas comme ministre des affaires étrangères.

(Napoléon Bonaparte)


Caulaincourt
(Armand-Augustin-Louis, duc de Vicence), officier général, ambassadeur, législateur et ministre, né à Caulaincourt (Aisne) le 9 décembre 1773, mort à Paris 19 février 1827 ; était en 1791, aide de camp de son père, destitué en 1792, comme noble et réintégré dans l’armée en l’an III avec le grade de capitaine, fit les campagnes du Rhin, fut promu colonel et blessé à Weinheim. Après la paix, Bonaparte l’envoya en Russie, comme agent diplomatique, auprès du tsar Alexandre, mais il échoua dans sa mission, revint en France, fut promu général de brigade, puis général de division. Le 11 pluviôse an XII, il fut fait grand officier de Légion d’honneur, devint grand écuyer, et fut envoyé à Saint-Pétersbourg comme ambassadeur, puis créé le 7 juin 1808, duc de Vicence. Il sollicita son rappel en 1811, quand il vit le refroidissement se produire entre les deux cours. A son retour, le 5 avril 1813, il fut nommé membre du Sénat conservateur, partit comme plénipotentiaire français auprès des rois coalisés, pendant la campagne de Saxe et signa l’armistice de Pleswitz le 4 juin 1813, fut ensuite nommé ministre des affaires étrangères en novembre de la même année, portefeuille qu’il reprit pendant les Cent-jours et fut nommé le 2 juin 1815, pair de France. Sous la Restauration, il se retira de la vie politique.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Caulaincourt sur Wikipedia

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL CAMBRONNE (1770-1842), COMTE D’EMPIRE

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Général Pierre Cambronne (1770-1842), Comte d’Empire

« La Garde meurt. Elle ne se rend pas. »

(Waterloo – 18 juin 1815)

Cambronne (Pierre-Jacques-Etienne), officier général et législateur, né à Nantes (Loire-Inférieure), le 26 décembre 1770, de « noble homme Pierre-Charles Cambronne, négociant, et de dame Françoise Adélaïde Druon », mort à Nantes le 29 janvier 1842 ; entra dans l’armée en 1792 comme grenadier dans le 1er bataillon de Maine-et-Loire, fit les campagnes de l’armée du Nord, à celles des Côtes de Brest, de Cherbourg et de l’Ouest, était capitaine de carabiniers en l’an III passa à l’armée de Rhin-et-Moselle, servit en l’an VI à celle d’Angleterre et en l’an VII à celle du Danube, fit partie en l’an XII et l’an XIII des troupes rassemblées au camp de Saint-Omer où il reçut la décoration de la Légion d’honneur, se signala plus tard à la bataille d’Iéna, fut fait officier de la Légion d’honneur et fit la campagne de Pologne ; partit pour l’Espagne, prit part à tous les combats de 1809, 1810, et 1812, fut promu colonel major du 3e régiment de voltigeurs de la garde, se montra très brave à la bataille de Hanau (octobre 1813) et fut nommé général de brigade. En 1814, Cambronne fut bléssé quatre fois, tant à Craonne que sous les murs de Paris ; puis il accompagna à l’Île d’Elbe l’Empereur déchu, revint avec lui en France, s’empara, le 5 mars 1815, du pont de la citadelle de Sisteron, et fu nommé, le 1er avril, grand officier de la Légion d’honneur ; fut créé comte de l’Empire et compris parmi les pairs de France. Le 18 juin 1815, à Mont-Saint-Jean, son régiment fut presque entièrement détruit. Entourés par les anglais et sommé de mettre bas les armes, les braves du 1er régiment de chasseurs à pied préférèrent une mort glorieuse et Cambronne tomba lui-même grièvement blessé. Le général anglais qui commandait leur cria : « Braves français, rendez-vous !… » Cambronne répondit : « M!….. » Fait prisonnier et conduit en Angleterre, il écrivit à Louis XVIII pour obtenir la permission de rentrer en France, et n’ayant pas reçu de réponse, il prit le parti de s’en passer ; il rentra fut arrêté et conduit à Paris, puis traduit devant le 1er conseil de guerre, prit pour défenseur Berryer qui, dans une émouvante plaidoirie, parvint à le faire acquitter ; il se retira à Nantes dans sa famille. Présenté un an après au duc d’Angoulème, ce dernier le fit réintégrer sur les contrôles de l’armée, fut décoré de l’ordre de Saint-Louis et créé vicomte par Louis XVIII et nommé au commandement de la 16e division militaire à Lille ; et fut admis à la retraite le 15 janvier 1823. La ville de Nantes lui éleva une statue.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Cambronne sur Wikipedia

septembre 16, 2007

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL DROUOT (1774-1847), COMTE D’EMPIRE

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Général Antoine Drouot, Comte d’Empire (1774-1847)

Drouot, c’est la vertu.

Plein de charité et de religion, sa morale, sa probité et sa simplicité lui eussent fait honneur dans les plus beaux jours de la république romaine. ; il n’existait pas deux officiers dans le monde pareils à Murat pour la cavalerie et à Drouot pour l’artillerie.

(Napoléon Bonaparte)

Drouot (Antoine, Comte) officier général et législateur, né à Nancy (Meurthe), le 11 janvier 1774, de « Claude Drouot, boulanger, et de Anne Boyer » mort à Nancy le 24 mars 1847 ; embrassa la carrière militaire en 1793, fut nommé, le 1er juillet de la même année, second lieutenant au 1er régiment d’artillerie, envoyé à l’armée du Nord assista à la bataille de Fleurus, se battit à la Trebbia, puis passa à l’armée du Rhin et prit part à la bataille de Hohenlinden, fut fait membre de la Légion d’honneur en l’an XII et nommé colonel de la garde impériale, se distingua particulièrement à Wagram, et à la Moskowa, où il fut fait commandeur de la Légion d’honneur, il fut créé baron de l’Empire le 16 onctobre 1810, commanda en chef l’artillerie de la grande armée, à Lutzen, et à Bautzen, et fut promu général de brigade en janvier 1813, devint aide de camp de l’Empereur et passa général de division le 3 septembre de la même année, fut créé comte d’Empire le 22 mars 1814, suivit l’Empereur à l’Île d’Elbe, dont il devint gouverneur ; revint en France avec ce dernier et entra un des premiers à Paris. Le 2 juin 1815 il fut nommé pair de France, puis assista à la bataille de Waterloo. Compris dans l’ordre royal du 24 juillet 1815, il vit à Paris se constituer prisonnier, fut traduit devant un conseil de guerre sous l’inculpation de trahison et acquitté, pui se retira à Nancy. Le 6 janvier 1825, il fut mis à la retraite cille lieutenant général et Louis-Philippe le nomma pair de France le 19 novembre 1831. Il était devenu complètement aveugle quand il mourut dans sa ville natale en 1847.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL DESAIX (1768-1800)

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Général Louis-Charles Desaix (1768-1800)

Desaix était dévoué, généreux, tourmenté par la passion de la gloire. Sa mort fut une de mes calamités ! Il était habile, vigilant, plein d’audace ; il comptait la fatigue pour rien, la mort pour moins encore.

(Napoléon Bonaparte)

Desaix de Veygoux (Louis-Charles Antoine), officier général, né au château d’Ayat (Puy-de-Dôme), le 17 août 1768, de « Gilbert-Antoine Desaix, seigneur de Veygoux, et de Amable de Beaufranchet » ; entra au collège d’Effiat le 18 octobre 1776, fut nommé en 1784, sous-lieutenant au régiment de Bretagne-infanterie, devint aide de camp de Mathieu Dumas, le 24 novembre 1791 et ensuite aide de camp de Broglie le 1er juin 1792. Il fut chargé de la défense de Worms en 1793, devint adjudant général, chef de bataillon le 20 mai 1793, contribua à la prise des lignes de Haguenau, fut promu général de brigade, puis devint le 29 vendemaire an II, général de division provisoire, et fut suspendu par Bouchotte comme parent d’émigré. Le 4 prairial an II, il repoussa les autrichiens à Weistheim. Il fut confirmé dans son grade de général de division le 13 fructidor, s’empara de de Franckendal le 18 vendemiaire an III et devint le commandant de la tête du pont de Kehl, qu’il défendit vaillamment. Dans une sortie qu’il fit, il y fut légèrement bléssé. Après la paix de Campo-Formio, Desaix fut nommé général en second de l’armée d’Angleterre et en prit le commandement en l’absence de Bonaparte. Desaix suivit ce dernier en Egypte, contribua à ses premiers succès et eut à combattre sans relâche Mourad-Bey. C’est Desaix qui, après le départ de Bonaparte, signa le traité d’El-Arich. De retour en France, il alla rejoindre le Premier Consul à l’armée d’Italie et obtint le commandement de deux divisions. Arrivé à Marengo par une marche forcée de dix lieues et malgré une artillerie qui jetait à la mort dans ses rangs, il se forma en colonnes par bataillon et tournant à droite, coupa entièrement l’aile gauche autrichienne. C’est dans ce moment décisif et glorieux que Desaix fut frappé d’une balle et expira le 25 prairial an VIII. Il avait sauvé la situation et on peut dire que le véritable vainqueur de Marengo fut Desaix.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL DUROC (1772-1813), GRAND MARECHAL DU PALAIS, DUC DE FRIOUL

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Général Géraud Duroc, Grand Maréchal du Palais, duc de Frioul (1772-1813)

Duroc avait des passions vives, tendres et secrètes, qui répondaient peu à sa froideur extérieure. Duroc était pur et moral, tout à fait désintéressé pour recevoir, extrêmement généreux pour donner.

(Napoléon Bonaparte)

Duroc (Géraud-Christophe de Michel, Duc de Frioul), officier général et législateur, né à Pont-à-Mousson (Meurthe), le 25 octobre 1772, de « Géraud Pierre de Michel seigneur du Roc, Aldy, Le Mas, Viala, Aubard, et de Claude de Cabiron-Curières », tué à Reichembach (Saxe) le 23 mai 1813 ; était lieutenant en second d’artillerie le 1er juin 1793, fit les campagnes de la Révolution, en qualité d’aide de camp du général Lespinasse, puis devint aide camp de Bonaparte, se battit courageusement aux passages de l’Isonzo et des gorges de la Brenta (Frioul), fut nommé chef de bataillon, puis accompagna Bonaparte en Egypte, se trouva à la bataille de Salhieh, où il courut un grand danger, se fit encore remarquer aux sièges de Jaffa et de Saint-Jean-d’Acre et fut bléssé grièvement à la bataille d’Aboukir. Rentré en France avec Bonaparte, il le seconda dans son coup d’Etat de brumaire ; puis, fut promu général de brigade, partit en Italie et prit part à la bataille de Marengo. Il fut envoyé en mission à Berlin, à Vienne, à Stockholm et à Saint-Pétersbourg, nommé général de division en l’an XI, fait membre de la Légion d’honneur le 19 frimaire an XII, grand officier le 25 prairial suivant et grand aigle le 25 prairial an XIII. Le 19 mars 1808, il fut créé duc de Frioul, prit une part glorieuse aux batailles de Wagram et d’Essling, puis fut nommé membre du Sénat conservateur, le 5 avril 1813. Il accompagna l’Empereur en Saxe et se battit à Lutzen et à Bautzen. Le 22 mai, à Wurtzen, il escortait l’Empereur qui descendait au galop un petit chemin creux, pour gagner une éminence d’où il pourrait juger l’effet de la charge des 14.000 cavaliers du général Latour-Maubourg dans la plaine de Reichenbach lorsqu’un boulet l’atteignit mortellement au bas ventre ; on le transporta dans une petite ferme, l’Empereur vint le voir et le trouva en pleine connaissance. Duroc prit la main de l’Empereur… « Toute ma vie, dit-il, a été consacrée à votre service et je ne la regrette que pour l’utilité dont elle pouvait être encore… J’ai vécu en honnête homme, je ne me reproche rien. Je laisse ma fille, votre Majesté lui servira de père. » Et voyant l’Empereur préoccupé, Duroc reprit : « Ah ! sire ! allez-vous en, ce spectacle vous peine !… » L’Empereur quitta le duc de Frioul, sans pouvoir lui dire autre chose que ces mots « Adieu… donc… mon ami. » Duroc expira peu après.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Général Duroc sur Wikipedia

septembre 3, 2007

LE SUICIDE DU MARECHAL BERTHIER

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Maréchal Louis Alexandre Berthier, prince de Neuchâtel et de Wagram (1753-1815)

I

Berthier, Prince de Wagram, s’était en 1814 rallié sincèrement et sans réserve aux Bourbons, et les Bourbons le récompensèrent. Louis XVIII le fit commandeur de l’ordre de Saint-Louis, pair de France et capitaine d’une compagnie des gardes du corps, la compagnie Wagram, comme l’appelaient les royalistes, la compagnie de Saint-Pierre, comme l’appela le peuple qui nommait « compagnie de Judas » la compagnie commandée par Marmont.

Aussi, lorsque Napoléon quitta l’île d’Elbe et marcha sur Paris, Berthier n’abandonna pas les Bourbons. De même que Macdonald et Mortier, il accompagna Louis XVIII fugitif jusqu’à la frontière. Mais, disait Jaucourt, les maréchaux fidèles et dévoués avaient ainsi fait tout ce qu’il feraient ; le roi était hors de leur responsabilité ; ils allaient se mettre à l’abri, allaient sauver leur tête et leur fortune. Macdonald et Mortier demandèrent à Louis XVIII la permission de rester sur le territoire français en assurant qu’ils lui seraient là plus utiles qu’ailleurs. Berthier, il est vrai, n’osa solliciter la même faveur. Il était alors de service, comme capitaine des gardes, et, selon son habitude, il se rongeait nerveusement les ongles, pendant que les deux maréchaux prenaient congé de Louis XVIII. Toutefois, au sortir de l’audience royale, il confia à Macdonald qu’une fois en Belgique, il enverrait sa démission, qu’il irait chercher à Bamberg la princesse sa femme et ses enfants, puis qu’il rentrerait en France parce qu’il craignait d’être considéré comme émigré, et il pria Macdonald d’annoncer cette résolution à sa famille et à ses amis, fût-ce par la voie des journaux.

Il voulait donc faire ce que firent Macdonald, Oudinot, Moncey, Castellane, demeurer en France sans avoir la moindre part aux évènements. Moncey demandait à l’Empereur l’autorisation de se retirer dans ses propriétés de Franche-Comté et, le 23 mars, Napoléon approuvait son projet. Oudinot déclarait qu’il se confinait désormais dans la retraite. Macdonald regagnait Paris et y restait, tourmenté par la goutte, sans voir personne. Le colonel Castellane refusait de rejoindre son régiment et passait les Cent Jours à la campagne. Berthier aurait volontiers suivi cet exemple, et dans une lettre que Savary a vue et qu’il adressait à un général, peut-être à son frère César, il disait qu’il était Français avant tout, qu’il ne voulait pas émigrer et qu’il se recommandait à la générosité de l’Empereur. A-t-il écrit à Napoléon, comme le rapporte Savary, et Napoléon lui aurait-il répondu ? Nous ne le croyons pas. Quoi qu’il en soit, son devoir rempli envers le roi, Berthier comptait revenir en France et vivre tranquillement sur ses biens.

Dès qu’il fut à Ostende et son service de capitaine des gardes terminé, il quitta Louis XVIII. Le 29 mars, il était à Bamberg auprès de sa femme, chez son beau-père, le duc Guillaume de Bavière-Birkenfeld, et le 2 avril il demanda au ministre comte de Montgelas un passeport pour rentrer en France, sur ses domaines, soit à Grosbois, soit à Chambord. Le 5 avril il réitère sa requête à Montgelas : « La fortune de ma famille exige que nous nous retirions de suite dans nos terres où je veux vivre. » Le 10 avril, il écrit au roi Max-Joseph de Bavière que l’honneur guide toujours sa conduite, qu’il désire revenir en France et y demeurer dans la retraite, uniquement occupé de sa femme et de ses enfants, fidèle à ses serments et faisant voeux pour son pays. Le 11 avril, son premier aide de camp, le colonel baron Pernet, revenant de Vienne, passe la journée avec lui au château de Bamberg, et Berthier montre avec douleur à Pernet les journaux de Paris : ils prétendent que le maréchal Berthier est arrivé à Vienne le 5 avril, et le prince de Wagram prie Pernet qui se rend à Paris, de démentir la nouvelle. Le 20 avril, dès son arrivée, Pernet envoie aux journaux une lettre qu’ils reproduisent le lendemain : le maréchal prince Berthier, dit Pernet, a rejoint à Bamberg sa femme et ses enfants, il y attend les passeports qu’il a demandés au gouvernement bavarois pour rentrer en France avec sa famille, et d’ailleurs, « il est trop bon Français, trop connu pour son attachement à la patrie pour laisser croire qu’il ait jamais songé la quitter. » Le 23 avril, le Journal de l’Empire publie une lettre particulière de Gand, datée du 17 ; elle confirme le dire de Pernet : « On annonce tous les jours l’arrivée prochaine du maréchal Berthier, mais des personnes bien informées assurent qu’il ne viendra point et qu’il veut rentrer en France. »

 

II

Napoléon n’avait pas de rancune contre Berthier. Le frère du maréchal, le général César Berthier l’assurait dans ses lettres que, s’il rentrait, il n’aurait rien à craindre. « Il reviendra, disait Napoléon à Rapp avec un malin sourire, je lui pardonne tout, à condition qu’il revêtira son habit de garde du corps pour paraître devant moi, » et, dans ses conversations avec Mollien, l’Empereur répétait, sans accompagner ses regrets de plaintes ni de reproches, qu’il aurait besoin d’un Berthier, que le prince de Wagram était le plus intelligent et le plus habile des majors généraux, celui qui saisissait mieux que tout autre ses pensées et ses plans, qui savait les transmettre et les rédiger sous une forme claire et facile à comprendre. Pourtant, dans le secret de son coeur, Napoléon se doutait que Berthier ne le servirait plus. « Il m’a trahi, disait-il à Sainte-Hélène, parce que c’était un homme de Versailles. » Il mit les biens de Berthier, le 26 mars, sous séquestre et il le raya, le 10 avril, de la liste des maréchaux. Mais, si Berthier était rentré en France, Napoléon aurait sûrement levé le séquestre, et c’est pourquoi le prince de Wagram avait sollicité du roi de Bavière la permission de partir.

Le roi de Bavière et le ministre Montgelas n’osèrent pas lui donner de passeport sans avoir consulté les alliés, et l’envoyé bavarois à Vienne, le comte de Techberg, prit l’avis de Metternich. Le chancelier refusa le passeport : il croyait que Berthier, une fois en France, serait de nouveau le lieutenant de Napoléon, et, le 15 avril, Montgelas répondait au prince de Wagram : « Les puissances alliées m’ont invité à vous conseiller de ne pas vous retirer en France, et je vous prie de rester auprès du duc, votre beau-père, jusqu’à ce que les circonstances vous permettent de retourner dans votre patrie. »

Le gouverment bavarois exerça dès lors une surveillance occulte sur Berthier. Le 14 avril, sans nul doute après avoir reçu la réponse de Metternich, Montgelas ordonnait au directeur de la police de Bamberg d’employer tous les moyens « pour observer le prince de Wagram et savoir sous main tous les mouvements qui auraient rapport au départ. »

Berthier sut que ses moindres démarches étaien épiées ; il sut que ses lettre étaient envoyées à Munich ; il se vit comme prisonnier à Bamberg, et s’attrista, se désespéra. Il écrivit au duc de Feltre et au duc d’Havré qu’il était fatigué, vieilli, chagrin, incapable de toute besogne, quelle qu’elle fût, et qu’il souffrait très vivement de la goutte, « cette maladie sur laquelle les affections morales agissent toujours. »

Par deux fois, il avait envoyé sa démission au duc de Feltre : « L’état de sa santé, disait-il, le forçait à la retraite de toutes les fonctions militaires ou civiles. » Le duc de Feltre répondit que Berthier devait remetre personnellement à Louis XVIII sa démission de capitaine des garde, puisque cette charge « venait directement du roi, » et il pria le prince de Wagram de se rendre sans retard à Gand, si sa santé le lui permettait, puisque tous les autres capitaines de la garde étaient, en ce moment critique, réunis autour du monarque. Lois XVIII lui-même écrivit de sa main au maréchal. Le 22 mai, dans une lettre au roi, Berthier maintint sa démission.

Un grave incident avait finit de l’assombrir et de lui faire voir tout en noir. Sa femme avait obtenu du roi de Bavière, ainsi que ses enfants et serviteurs, la permission de retourner en France. Elle fut arrêtée, le jour même de son départ, le 30 avril, à Stockach, par les autorités wurtembergoises, et obligée de revenir sur ses pas, sous prétexte que son passeport n’était pas signé par le prince de Schwarzenberg.

Déjà, depuis le débarquement de Napoléon, Berthier, qui n’avait pas l’âme forte, semblait méconnaissable. Il se lamentait à la cour des Tuileries parce que sa femme était allée en Allemagne chez ses parents, et Castellane jugeait qu’il n’avait pas une tenue convenable et ne montrait pas de caractère. Un autre témoin, Reiset, trouvait qu’il était des tous les gens le plus affecté par les évènements, qu’il avait la figure à l’envers, que son état faisait peur. Durant le mois d’avril et le mois de mai, Berthier ne se remit pas, ne se releva pas de cette sorte de découragement et de dépression. Il demeurait accablé, affaissé, absolument démoralisé ; il se renfermait sur lui-même ; il ne parlait que pour se plaindre de l’ennui mortel qui le consumait, et les médecins notaient en lui tous les symptômes d’une « hypocondrie mélancolique, » le manque d’appétit, une sensation d’amertume dans la bouche. Le 31 mai, le général russe Sacken qui dînait avec lui chez le duc Guillaume de Bavière, le félicitait d’être du petit nombre de ceux qui n’avaient pas trahi le roi légitime ; Berthier ne répondit qu’avec embarras et par des mots entrecoupés.

Le lendemain, 1er juin, à midi et demi, au palais de Bamberg, il tombait d’une fenêtre du troisième étage et se fracassait le crâne.

 

III

Les bruits les plus étranges, les plus inouïs coururent aussitôt. Des émissaires du Tugendbund, disait-on, des parents du libraire Palm que Berthier avait fait passer par les armes en 1806, des amis de Staps qu’il avait fait fusiller en 1809, avaient pénétré dans le château sous un déguisement et jeté le maréchal par la fenêtre. N’a-t-on pas prétendu naguère, et très sérieusement, que Berthier fut assassiné sur un ordre parti de Gand par des hommes de main, émigrés ou chouans, parce que les les royalistes craignaient qu’il ne re rejoignît l’Empereur pour être de nouveau son major général ?

D’autres, avec plus de raison, ont soutenu que Berthier était mort, soit d’une congestion cérabrale, soit d’un accident : pour mieux voir les troupes russes qui passaient devant le palais, il monta sur une chaise et, soudainement étourdi, frappé de vertige ou d’un transport au cerveau, il perdit l’équilibre, tomba dans le vide et vint s’écraser sur le pavé. Le général Thiébault qui défend cette opinion et qui n’est jamais à court d’arguments, affirme que l’apoplexie semblait endémique chez les Berthier ; que César Berthier et Mme d »Haugeranville étaient morts comme leur frère le maréchal, dans une attaque d’aploplexie ; que l’un, montant en bateau sur le lac de Grosbois, tomba dans l’eau ; que l’autre, étant debout devant la cheminée de sa chambre, tomba dans le feu, et, parce qu’un autre frère, Léopold, est mort d’une sorte de malaria à Hanovre, Thiébault conclut ingénieusement, sinon subtilement, que ces quatre Berthier ont péri par les quatre élèments et que la nature leur a fait l’honneur de déployer contre eux les plus nobles moyens de destruction, la terre, l’air, l’eau, et le feu.

Eh bien non ! Berthier s’est donné volontairement la mort.

Ce qui prouve son suicide, c’est ce mot d’un employé du ministère bavarois qui écrit au crayon sur une lettre du directeur de la police de Bamberg : « Le prince a mis fin lui-même à la surveillance. »

C’est la missive du baron Seckendorf, prsident du tribunal d’appel de Bamberg, qui mande le 5 juin à Mongelas : « je déjeunais lorsque deux messagers, hors d’haleine, vinrent l’un après l’autre, m’annoncer que le prince Berthier s’était jeté du haut d’une fenêtre dans la rue et qu’il était mort sur la place. L’opinion qui règne ici croit à une mort préméditée. Les gens qui tiennent à la cour veulent expliquer la chose par le vertige qu’aurait excité un soudain retour de la goutte. »

C’est la lettre envoyée de Gand par Sir Charles Stuart le 9 juin à Castlereagh et ainsi conçue ; « des lettres de Bamberg annoncent que le maréchal Berthier a mis fin récemment à sa vie en se jetant par la fenêtre au moment où une colonne russe passait par la ville. »

C’est le rapport que le tribunal d’appel de Bamberg adressa le 21 juin au roi de Bavière. Le prince de Wagram, lisons-nous dans cette pièce capitale vint entre midi et une heure dans la chambre de ses enfants, au troisième étage du palais. Il s’entretint avec la gouvernante française Mlle Gallien ; il dit qu’il était souffrant, qu’il avait la langue jaune, et il allait par la chambre, de long en large, absorbé dans ses pensées et rongeant ses ongles. Les troupes russes ne cessaient de passer. Il les vit de la fenêtre et il s’écria en soupirant :  » Ce défilé n’aura donc pas de fin ! Pauvre France, que vas-tu devenir ? Et moi, je suis ici ! «  Puis s’éloignant de la fenêtre, il demanda si Mlle Gallien allait sortir pour faire une promenade en voiture avec les enfants. La gouvernante répondit qu’elle ne pourrait sortir que lorsque le prince aurait quitté la chambre. Alors il voulut savoir où étaient les cabinets. Il ouvrit la porte et la referma. Soudain retentit un bruit. Mlle Gallien accourt, croyant le prince indisposé ; elle ne le voit plus ; mais la chaise percée entre la commode et la croisée est tombée et vacille encore ; pendant que la gouvernante entendait le bruit de la chaise renversée, « avait lieu la malheureuse chute. »

Le mot de suicide n’est pas prononcé dans le rapport que nous venons de traduire. Mais ce rapport décisif nous révèle l’état d’âme de Berthier, et on notera qu’avant d’entrer dans les cabinets, il a essayé d’éloigner mlle Gallien et qu’elle n’a pas voulu le laisser seul dans la chambre des enfants.

Une lettre confidentielle, écrite de Munich le 13 juin par le conseiller de légation baron Strampfer à Hardenberg, confirme le rapport du tribunal d’appel de Bamberg. Le conseiller Strampfer assure que la princesse de Wagram craignait une catastrophe et qu’elle avait chargé les domestiques de surveiller son mari, mais que le prince sut se soustraire à l’attention de ses gens, qu’il se rendit, pour exécuter son dessein, dans la chambre de ses enfants où il y a des cabinets, et que là, sous prétexte d’un besoin naturel, il trouva le temps de mettre une chaiser contre la fenêtre, de se jeter en bas. « La cour de Bamberg, ajoute Strampfer, représente cette mort comme tout à fait accidentelle ; mais on sait que Berthier s’est ôté la vie à dessein, et il a sans doute choisi ce genre de mort pour donner à la chose l’air d’un accident. »

 

IV

La cause est entendue. Nous n’ignorons plus le comment et le pourquoi de la mort de Berthier. Il est degoûté de la vie, et voici que passent sous ses yeux les colonnes russes en files interminables. Quoi ! elles vont envahir et ravager la France, et lui Berthier, est cloué à Bamberg ! Plutôt mourir… et il meurt.

On a dit que ce suicide était impossible parce qu’il était vulgaire, qu’un soldat, un maréchal de France aurait choisi d’autres moyens. Berthier devait donc se tirer un coup de pistolet ! Il devait s’empoisonner ainsi que Napoléon l’avait tenté dans la nuit du 11 au 12 avril 1814 ! Hélas, le pauvre Berthier ne pensait pas à mourir en beauté. Quand on veut mourir, on meurt comme on peut.

Arthur Chuquet – Etudes d’Histoire – Série 3

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