juillet 11, 2008

AUSTERLITZ – 2 DECEMBRE 1805

Posted in Campagne d'Allemagne (1805), Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , à 4:17 par napoleonbonaparte

Soldats ! vous avez conquis la paix ; vous allez revoir la France ! Donnez mon nom à vos enfants, je vous le permets ; et si parmi eux il s’en trouve un digne de vous, je lui lègue mes biens et le nomme mon successeur.

(Napoléon Bonaparte)

BATAILLE D’AUSTERLITZ. Austerlitz, petite ville des Etats autrichiens, dans la Moravie, à jamais célèbre par l’immortelle victoire que Napoléon y remporta sur les Austro-Russes le 2 décembre 1805. Cette victoire marque l’apogée de notre puissance militaire, et elle rappelle de si glorieux souvenirs, que nous ne craindrons pas d’entrer ici dans des détails plus circonstanciés. Napoléon était au camp de Boulogne, s’apprêtant à fondre sur l’Angleterre, lorsque les armements de l’Autriche et de la Russie, soudoyées par le cabinet anglais, le rappelèrent au cœur du continent. Il s’y porta avec une rapidité foudroyante, dont les marches de César lui-même n’offrent peut-être pas d’exemple ; en vingt jours, son armée arriva de l’Océan sur le Rhin. Puisant dans les inspirations de sa colère et de son génie le plan d’une des plus admirables campagnes dont puissent s’enorgueillir les fastes militaires d’une nation, il enveloppa le général Mack dans Ulm, avant même que celui-ci eût soupçonné l’approche des Français, le força de se rendre, fit, sans combattre, 60.000 prisonniers à une armée de 80.000 hommes, autour de laquelle ses hardies et savantes combinaisons avaient étendu un cercle de fer infranchissable ; occupa Vienne, que n’avait jamais humiliée la présence d’un vainqueur, et se porta si audacieusement à la rencontre des empereurs d’Autriche et de Russie. L’armée russe, qui taxait de lâcheté l’armée autrichienne, si souvent vaincue en Italie, brûlait d’en venir aux mains avec les soldats de Napoléon ; la jeune noblesse qui entourait Alexandre se faisait surtout remarquer par son ardeur présomptueuse. En voyant que Napoléon n avançait plus, car déjà l’aigle avait choisi son champ de bataille, elle répétait avec une incroyable assurance qu’il hésitait, qu’il était intimidé, qu’il n’osait pas s’avancer jusqu’à Olmütz à la rencontre de l’armée russe. Vainement le vieux Koutousov, craignant de heurter des sentiments qu’il savait partagés par l’empereur, son maître, se hasardait néanmoins à dire timidement qu’il ne devait pas en être tout à fait ainsi ; vainement le prince Czartorysld, conseiller d’Alexandre, affirmait que si Napoléon n’avançait pas, ce n’était pas qu’il eût peur : que des militaires sans expérience pouvaient seuls prétendre qu’un tel homme avait peur. Ces conseils de la sagesse furent méprisés, et l’entourage d’Alexandre persista à courir au devant du désastre qui allait bientôt châtier sa folle témérité. L’armée austro-russe marcha donc d’Olmûtz sur Brunn, position que Napoléon étudiait avec soin depuis plusieurs jours, et s’établit en avant du château d’Austerlitz, qui appartenait à la famille de Kaunitz. Le prince Dolgorouski, aide de camp de l’empereur de Russie, et l’un des plus ardents déclamateurs de son état-major, vint, de la part de son maître, oifrir à Napoléon des conditions de paix insultantes. Il le trouva dans un moment où, achevant la visite de ses avant-postes, le grand capitaine n’avait dans Son costume et son entourage rien d’imposant pour un esprit vulgaire. L’Empereur contint son indignation, croyant de sa dignité de ne point la laisser éclater en présence d’un tel négociateur ; mais il le congédia sèchement, en lui disant qu’on viderait ailleurs que dans des conférences diplomatiques les différends qui divisaient les deux empires. Il concentra aussitôt toutes ses forces entre Brunn et Austerlitz, appuyé d’un côté aux collines boisées de la Moravie, de l’autre aux étangs de Satschan et de Menitz, dont il se proposait de tirer un redoutable parti. Il avait à sa disposition 65 ou 70.000 hommes, qui allaient lutter contre Russes et Autrichiens. A sa gauche, il plaça Lannes, renforcé de la cavalerie de Murat ; au centre, il rangea les divisions Vandamme et Saint-Hilaire, appartenant au corps du maréchal Soult, et, un peu plus loin, derrière un marécage, la 3e division du même corps, commandée par le général Legrand, puis enfin fort en arrière, la division Friant. Sur dix divisions d’infanterie, Napoléon n’en mit que six en ligne, gardant sous sa main une puissante réserve de 25.000 hommes pour la porter partout où le besoin s’en ferait sentir. Ces dispositions prises, il poussa la confiance jusqu’à les annoncer à son armée, dans une proclamation toute pleine de la grandeur des événements qui se préparaient, et où se trouvaient ces mots restés célèbres : « II faut finir cette campagne par un coup de tonnerre. »  On était au soir du 1er décembre, veille de l’anniversaire du couronnement. La nuit était froide et sombre. Napoléon voulut visiter ses soldats, ei juger par lui-même de leur  disposition morale. Les premiers qui l’aperçurent ramassèrent la paille de leur bivouac et en formèrent des torches enflammées qu’ils placèrent au bout de leurs fusils pour éclairer ses pas. L’armée entière s’empressa d’imiter cet exemple ; les soldats suivaient Napoléon aux cris de Vive l’empereur ! lui promettant de se montrer le lendemain dignes de lui et d’eux-mêmes. Un vieux grenadier osa même s’approcher et lui dire, avec une familiarité digne des temps homériques : « Tu n’auras pas besoin de t’exposer ; demain nous t’amènerons les drapeaux et les canons des Russes. » Ces feux, ces acclamations avaient été facilement distingués des hauteurs qu’occupait l’armée ennemie, et y avaient produit, chez un petit nombre d’officiers sages, une douloureuse impression; ils se demandaient si c’était là le signe d’une armée abattue et en retraite. Le lendemain, à quatre heures du matin, Napoléon quittait sa tente ; ses maréchaux, entourés de leurs aides de camp, étaient à cheval à côté de lui, attendant l’ordre de commencer le combat. Un brouillard d’hiver couvrait au loin la campagne ; mais enfin, le soleil parut et inonda de clarté ce vaste champ de bataille. C’était le soleil d’Austerlitz, soleil dont le souvenir fait toujours vibrer les cœurs français, et qui ne sera sans doute jamais oublié des générations futures. Napoléon donne le signal de l’attaque, et les maréchaux partent au galop pour aller se mettre à la tête de leurs corps respectifs. Un combat acharné s’engage vers notre droite, tandis que le maréchal Soult, au centre, s’empare du plateau de Pratzen, que les Austro-Russes n’ont occupé que faiblement, et dans la possession duquel un coup d’œil d’aigle a vu le sort de la bataille. On dit que le prince Czartorysld, placé entre les deux empereurs, fit remarquer à Alexandre la marche leste et décidée des Français qui gravissaient le plateau, sans répondre au feu des Russes, et que ce prince, ému à cette vue, en conçut un pressentiment sinistre qui ne l’abandonna pas de toute la journée. En moins d’une heure, les deux divisions du corps du maréchal  Soult s’étaient rendues maîtresses du plateau poursuivaient les Russes et les Autrichiens fuyant pêle-mêle dans la direction d’Austerlitz, et Koutousov, blessé d’une balle à la joue, voyait se réaliser le désastre qu’il avait prévu, mais qu’il n’avait pas eu la fermeté d’empêcher. Partout les positions sont emportées et les ennemis jetés hors de leurs lignes. Toutefois, ce n’est pas sans quelques pertes regrettables de notre côté. Dans une lutte meurtrière avec l’artillerie russe, le général Valhubert a une cuisse fracassée par un boulet. Quelques soldats veulent l’emporter : « Restez à votre poste, leur dit-il ; je saurai bien mourir tout seul. Il ne faut pas, pour un homme, en perdre six. » A une heure de l’après-midi, la victoire ne présentait plus de doute sur la gauche. Napoléon tourna alors à droite avec le corps du maréchal Soult, la garde et les grenadiers d’Oudinot, voulant recueillir par lui-même le prix de ses profondes combinaisons. Il vint assaillir les Russes par derrière, et jeta parmi eux une affreuse confusion. Surpris et désespérés, tous ensemble se précipitent vers les étangs glacés et tâchent de s’y  frayer un chemin. La glace ne peut résister au poids des hommes, des chevaux, des canons ; sur plusieurs points elle fléchit sous les Russes, qui s’y engouffrent, tandis que Napoléon, apercevant le désastre qu’il avait si bien préparé en laissant libres les abords des étangs pour y attirer l’ennemi, fait tirer à boulet sur la glace, qui se brise alors de toutes parts, engloutissant les malheureux qui s’y étaient réfugiés. Plusieurs milliers d’hommes trouvèrent ainsi la mort. La victoire pour nous était complète ; les débris de l’armée russe, en proie à un désordre affreux, se précipitaient dans toutes les directions, poussant des cris sauvages et pillant les villages épars sur la route, pour se procurer quelques vivres. Les deux souverains de Russie et d’Autriche fuyaient ce champ de bataille, sur lequel ils entendaient les Français crier Vive l’empereur ! Ils couraient rapidement à travers les champs de la Moravie, au milieu d’une obscurité profonde, et exposés  à être insultés par la barbarie de leurs propres soldats. L’empereur d’Autriche se hâta d envoyer le prince Jean de Liechtenstein à Napoléon, pour solliciter un armistice et lui exprimer le désir d’avoir avec lui une   entrevue aux avant-postes. Telle fut cette célèbre victoire d’Austerlitz, juste prix, pour Napoléon, des plus savantes et des plus habiles combinaisons. La majeure partie de ses troupes, gardée en réserve, n’avait presque pas eu besoin d’agir, tant les calculs de son génie avaient su rendre sa position redoutable. Sur 65.000 Français, 40 ou 45.000 au plus avaient pris part à la lutte, et avaient vaincu 90.000 Austro-Russes. Napoléon adressa à son armée une proclamation qui se terminait ainsi : « Soldats, lorsque tout ce qui est nécessaire pour assurer le bonheur et la prospérité de notre patrie sera accompli, je vous ramènerai en France : là vous serez l’objet de mes plus tendres sollicitudes. Mon peuple vous reverra, avec joie, et il vous suffira de dire : J’étais à la bataille d’Austerlitz, pour’que l’on vous réponde : Voilà un brave. » Ces mots, où l’on sent un souffle homérique, sont devenus populaires dans toutes les langues ; mais ils appartiennent à ces souvenirs auxquels il ne faut pas toucher, sous peine de tomber du sublime dans le grotesque. Nos lecteurs verront sans doute, sans qu’il soit besoin d’appuyer davantage, que ces lignes, sont une allusion à ce bulletin fameux qui visait à immortaliser un fait d’armes où les vainqueurs étaient au moins dix contre un. Les résultats de la journée d’Austerlîtz furent immenses : 15.000 morts, noyés ou blessés, environ 20.000 prisonniers, parmi lesquels 10 colonels et 8 généraux, 180 bouches à feu, une immense quantité de chevaux, de voitures d’artillerie et de bagage, telles étaient les pertes de l’ennemi et les trophées des Français. Ceux-ci avaient à regretter environ 7.000 hommes, tant tués que blessés. Le lendemain, Napoléon porta son quartier général au château d’Austerlitz, et voulut donner ce nom à la bataille, que les soldats appelaient déjà la Bataille des Trois Empereurs. Elle a porté depuis, et elle portera dans les siècles futurs, la nom qu’elle a reçu du capitaine immortel qui l’a gagnée : lui seul avait le droit de baptiser un aussi glorieux enfant. Parmi toutes les victoires du grand homme, il n’en est pas une qui entoure sa mémoire d’un prestige plus glorieux, plus légendaire ; c’est pourquoi il est si souvent appelé le vainqueur d’Austerlitz. Pour l’armée et pour lui-même, elle est toujours restée un de leurs plus purs, de leurs plus brillants souvenirs. Quelques instants avant la bataille de la Moskowa, le soleil se montra dans tout son éclat : « Soldats, s’écrie Napoléon, c’est le soleil d’Austerlitz ! » et ces seuls mots électrisèrent la grande armée.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Liens : Bataille d’Austerlitz sur wikipedia & Bataille Austerlitz (1805)

http://www.lerubicon.com

Un commentaire »

  1. histoirefrht said,

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