mars 11, 2008

BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – LE MAÎTRE DE l’EUROPE

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L’empereur Napoléon 1er (1769-1821) en uniforme de colonel des chasseurs à cheval de la garde

Une de mes grandes pensées avait été l’agglomération, la concentration des mêmes peuples géographiques qu’on dissout et morcelle. J’eusse voulu faire de chacun de ces peuples un seul et même corps de nation ; c’est avec un tel cortège qu’il eût été beau de s’avancer dans la bénédiction des siècles. Je me sentais digne de cette gloire.

(Napoléon Bonaparte)

L’Empire était à son apogée militaire, dominant tous les grands Etats de l’Europe ; Le Sénat, le 27 juillet suivant, dans sa harangue à l’Empereur, déclarait emphatiquement qu’il était au delà de l’histoire humaine, au-dessus de l’admiration. Il le prouva aussitôt en faisant disparaître les derniers vestiges de la liberté, en supprimant ce qui restait du Tribunat, une ombre, et successivement en rétablissant la censure, en suspendant le jury et les dernières garanties de la liberté individuelle, en complétant son système nobiliaire, etc. Signalons, cependant, quelques établissements utiles, l’installation de la cour des comptes et la promulgation d’un code de commerce. Il avait parlé de paix dans ses discours d’apparat : il chercha aussitôt des prétextes pour une guerre nouvelle. Le Portugal, comme c’était son droit et son intérêt, refuse d’exclure de ses ports le commerce anglais, de déclarer sur-le-champ la guerre à l’Angleterre, de saisir les marchandises et les propriétés des Anglais, comme le lui intimait Napoléon ; celui-ci en propose la conquête à l’Espagne, signe un traité dans ce sens avec l’imbécile Charles IV et son ministre, le fameux Godoy, et ordonne à Junot d’envahir le Portugal (octobre 1807). Le passage par l’Espagne était garanti. Mais Junot, qui n’avait presque que de jeunes conscrits n’ayant pas l’âge et levés par anticipation, perdit beaucoup de monde en route et arriva à la fin de novembre à Abrantès dans un assez piteux état. Mais le prestige de la « grande armée » était tel, que la cour, le gouvernement et les principales familles s’embarquèrent aussitôt pour le Brésil. La conquête était faite presque sans coup férir. Le général français entre à Lisbonne et se trouve rapidement maître de tout le Portugal. Mais Napoléon préparait déjà un autre drame politique : le détrônement de son bon allié le roi d’Espagne et la conquête de la péninsule. Ce malheureux pays, qui aurait cru trouver une protection dans notre alliance, au milieu des bouleversements de l’Europe, qui avait fait tant de sacrifices pour nous, qui avait subi toutes les exigences tyranniques de l’Empereur, avait eu un moment la velléité de s’affranchir de cette lourde tutelle, aussi onéreuse qu’humiliante, mais était retombé aussitôt dans son impuissance. Le faible Charles IV était dominé par Godoy, prince de la Paix, favori de la reine et serviteur trop docile de la politique française. Ceux qui s’indignaient en silence contre cette sujétion plaçaient volontiers leurs espérances patriotiques dans l’héritier du trône, Ferdinand, prince des Asturies. Après une suite d’intrigues ténébreuses, Napoléon crut l’heure venue de profiter des dissensions de la famille royale, qu’il attisait par ses agents, pour consommer son usurpation. En janvier 1808, tout en accablant le roi de marques d’amitié, il fait entrer des troupes en Espagne, sous le prétexte de couvrir l’armée du Portugal et de s’opposer à un débarquement supposé des Anglais à Cadix. Chaque jour de nouvelles troupes entraient, comme s’il n’y eût plus eu de Pyrénées, s’étendaient partout, assez bien accueillies, car on n’osait encore supposer une si noire trahison, et, suivant leurs instructions, profitant de ces dispositions pour occuper les places fortes et les points stratégiques. Bientôt Murat vint prendre le commandement de cette armée (1er mars 1808). La cour, dont les inquiétudes grandissaient tous les jours veut se retirer d’Aranjuez, où elle se trouvait, sur Séville. Des émeutes éclatent, le peuple s’oppose à cette fuite ; le roi, épouvanté, abdique en faveur de son fils, devenu populaire, en haine du favori Godoy, et qui est proclamé sous le nom de Ferdinand VII. Pendant ce temps, Murat entrait tranquillement à Madrid. Se posant en arbitre, il décida Charles IV à rétracter sou abdication (23 mars). Napoléon ne pouvait souhaiter mieux que tous ces déchirements. L’intrigue fut si habilement mariée, que le peuple était convaincu que les Français allaient favoriser Ferdinand. Le 27 mars, l’Empereur, qui sentait le dénouement approcher, écrivait secrètement au roi de Hollande, son frère, pour lui annoncer qu’il allait lui donner la couronne d’Espagne, le changer de royaume aussi simplement qu’il eût notifié à un fonctionnaire qu’il était « appelé à d’autres fonctions. » Enfin, Napoléon vint s’installer à. Bayonne (14 avril). A force de mensonges et de promesses, il y attira le père et le fils pour juger leurs différends, prononcer entre eux, en bon ami et en fidèle allié. Il avait, d’ailleurs, pris ses mesures pour les y faire amener au besoin de force. Quand il les eut sous sa main, il leur exprima crûment ses volontés et leur imposa à tous deux une renonciation (5-10 mai), puis les interna en France. Dans l’intervalle, une émeute avait éclaté à Madrid et avait été cruellement réprimée par Murat, qui se berçait de l’illusion que le trône d’Espagne lui était destiné. A la nouvelle du massacre de Madrid et des trahisons de Bayonne, toute l’Espagne se souleva spontanément contre cette domination étrangère, aggravée encore par une fourberie sans exemple. Ce noble pays ne fut pas seulement entraîné par ses moines, comme on l’a répété ; le soulèvement fut unanime, national, et eut tous les caractères d’une explosion ; toute classe et tout parti y contribuèrent ; ce qu’il y a de vrai, c’est que le clergé s’y associa, à son honneur. Napoléon allait avoir devant lui, non plus une armée, mais une nation, qui se levait avec la résolution de sauver son indépendance ou de périr. Quant à lui, changeant d’idée, il donna la couronne d’Espagne à son frère Joseph, qui régnait a Naples, et, sans le consulter, lui enjoignit, par un ordre bref et impératif, de venir régner sur ce volcan. Par d’autres promotions, il donne le royaume de Naples à Murat et le grand-duché de Berg au fils du roi de Hollande, déplaçant au gré de son caprice ses rois et ses grands feudataires comme il eût fait de ses garnisons. A peine installé, Joseph jugea sa situation et en demeura consterné. Mais l’Empereur le voulait, il lui fallait régner en sous-ordre et de seconde main. Il ne lui manquait guère que, des sujets. Les Espagnols soulevés, comme les Portugais, avaient appelé, accueilli les Anglais pour les soutenir. On sait ce que fut cette guerre implacable, qui dévora, dit-on, 500.000 hommes à la France et qui allait se poursuivre jusqu’en 1813, époque à laquelle le puissant empereur dut s’avouer vaincu et abandonner sa prétendue conquête. Pendant les péripéties de ce drame sanglant, d’autres événements se passaient en Europe. L’héroïque résistance des Espagnols sembla réveiller les peuples. L’Allemagne se prépare en silence, attendant le moment favorable. L’Autriche arme, renoue ses relations avec l’Angleterre, excite la Prusse, soulève le Tyrol et occupe la Bavière. En janvier 1809, Napoléon, qui s’était précédemment lié avec le tsar dans l’entrevue d’Erfurt, dont il attendait d’utiles résultats, accourt d’Espagne où, dans une apparition de deux mois, il avait un peu rétabli ses affaires, et se voit obligé de tourner de nouveau ses regards vers l’Allemagne. Il tire quelques renforts d’Espagne, organise ses nouvelles conscriptions (levées par anticipation), enrôle de toutes parts et de force, jusqu’à des enfants de seize ans, augmente son effectif en saignant la France à blanc, en épuisant les alliés ; enfin, pendant que ses lieutenants opéraient en divers lieux, il part pour l’Allemagne (avril 1809) et, à la suite des combats de Thann, d’Abensberg, de Landshut, d’Eckmülh, de Ratisbonne, qu’on a nommés la bataille des cinq jours, et où son génie militaire brilla du plus grand éclat, il enfonce le centre des Autrichiens et les rejette sur les deux rives du Danube. Ce magnifique début fut attristé par la nouvelle que le prince Eugène s’était fait battre en Italie par l’archiduc Jean. Napoléon n’en marche pas moins sur Vienne, où il entre pour la seconde fois (13 mai), et d’où, quelques jours plus tard, il lance le décret qui mettait fin au pouvoir temporel des papes. Déjà, à la suite de longs démêlés, il s’était saisi d’une partie des Etats pontificaux et il avait fait occuper Rome par Miollis. Il finit par faire enlever le pape, qu’il interna à Savone. Cette campagne, marquée par de nombreuses actions, Essling, Gros-Aspern, Raab,etc., se termine par la sanglante bataille de Wagram (6 juillet). L’Autriche, épuisée, négocie la paix, qui est signée à Vienne le 14 octobre, à des conditions assez dures pour elle. Pendant le cours de cette année, les Anglais avaient remporté quelques succès maritimes ; mais ils avaient échoué dans une descente en Hollande. Bien que le divorce fût interdit aux membres de la famille impériale par les constitutions de l’Empire, Napoléon n’en divorça pas moins avec Joséphine en décembre. Trois mois plus tard, le 2 avril 1810, il épousait l’archiduchesse d’Autriche, Marie-Louise, et entrait enfin dans « le concert des rois. » II était au sommet de sa fortune, mais déjà l’on pouvait prévoir son déclin. La nation se fatiguait comme l’Europe. Les continuelles levées d’hommes, le despotisme étendu sur tous, le malaise, l’absence de commerce extérieur, les continuels remaniements de territoire, la lassitude des généraux, les violences du maître, bien d’autres causes encore entretenaient la désaffection. La France comprenait 130 départements, sans compter le royaume d’Italie et toute une ceinture d’Etats feudataires. Mais cette puissance énorme, qui écrasait l’Europe, commençait à apparaître d’une solidité douteuse, et les esprits clairvoyants prévoyaient, craignaient une décadence rapide, que Napoléon, en effet, allait précipiter par des fautes nouvelles et qu’il avait méritée par ses excès de toute nature.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Suite -> La Chute de l’Aigle

Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse

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