mars 7, 2008

FERDINAND VII (1784-1833), ROI D’ESPAGNE (1813-1833)

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Ferdinand VII d’Espagne (1784-1833)

Le prince des Asturies est très bête, très méchant, très ennemi de la France ; avec mon habitude de manier les hommes, son expérience de vingt-quatre ans n’a pu m’en imposer.

(Napoléon Bonaparte)

FERDINAND VII, roi d’Espagne, fils de Charles IV et de Marie-Louise de Parme, né le 14 octobre 1784, mort le 29 septembre 1833. Il fut proclamé prince des Asturies en 1789, eut pour gouverneur le duc de San-Carlos, et pour précepteur le chanoine Escoïquiz. Dominé par ce prêtre intrigant, impatient d’occuper un trône auquel l’appelait sa naissance, il conçut une haine fort vive contre Godoy, qui régnait alors sur l’Espagne sous le nom du faible Charles IV. Renverser ce favori, c’était, pour Ferdinand, écarter le seul obstacle sérieux qui put l’empêcher de saisir la couronne au moyen d’une abdication du vieux roi. Ses vues ambitieuses se montrèrent si bien qu’on dut le tenir soigneusement éloigné des affaires, en épiant ses démarches, ce qui augmenta encore son irritation. Marié, en 1802, à Marie-Antoinette-Thérèse de Naples, à la mort de cette princesse, en 1806, il insinua qu’elle avait été empoisonnée par Godoy. Plus tard, il refusa d’épouser sa cousine dona Alaria-Luisa de Bourbon, parce qu’elle était la belle-sœur du ministre. Eu même temps, il demandait à Napoléon une fille de Lucien Bonaparte, espérant, par cette alliance, intéresser l’empereur à son élevation. Quelque secrète que fût cette démarche, on la découvrit. Une perquisition faite dans ses papiers en fournit la preuve ; on y trouva, outre les minutes de ses lettres, celles de deux mémoires adressés à Napoléon sur les intrigues de sa mère avec Godoy. Ou l’arrête, on instruit son procès ; il dénonce lâchement les amis qui l’ont aidé, et on le fait sortir de prison pendant qu’on les envoie en exil. Loin de lui nuire, ce scandale le servit, en jetant de l’odieux, sur le principal ministre, qui l’avait produit au grand jour. A quelque temps de la (1808), Godoy est horriblement maltraité dans une émeute, Charles IV abdique : enfin voilà Ferdinand roi ; mais Madrid est occupée par Murat, et l’Empereur désire voir le nouveau souverain avant de le reconnaître. Il vient au devant de lui jusqu’à Bayonne, en l’invitant à l’y joindre. Ferdinand eut l’imprudence de s’y rendre, malgré les avis de ses conseillers les plus clairvoyants. A peine est-il arrivé qu’il reconnaît le piège. On le force de rendre la couronne à son père, qui en fait ensuite présent à Napoléon, pour la placer sur la tête de Joseph Bonaparte. Après que Ferdinand eut signé sa renonciation absolue au trône d’Espagne (6 mai 1808), on le transporta dans le château de Valençay (Indre), où il vécut cinq années, d’une manière peu propre il faut le dire, à honorer son infortune ; sans qu’on le lui demandât, il faisait répandre parmi ces vaillants Espagnols qui défendaient sa cause, des proclamations où il les engageait à reconnaître la nouvelle dynastie ; de plus, il félicitait Joseph sur son avènement, et il ne manquait jamais d’illuminer, de tirer des feux d’artifice à chaque victoire de l’Empereur, même pour celles qu’il remportait eu Espagne. Etait-ce stupidité, était-ce dissimulation ? L’une et l’autre peut-être. Nos revers lui rendent sa liberté et son royaume. Il signe un traité avec la France, le 11 décembre 1813 ; le 3 mars suivant, il se met en route. L’enthousiasme de tout un peuple le salue à son arrivée sur le seuil de la patrie. Il fait d’abord les promesses les plus libérales ; mais, dès ses premiers pas sur le sol espagnol, l’empire de Napoléon s’écroule. Alors tout change : il refuse d’accepter la constitution de 1812, dissout les cortès, proscrit en masse tous les libéraux, rétablit l’inquisition et les jésuites, encombre les prisons de suspects, dresse l’échafaud sur toutes les places publiques. Une terreur sans exemple glace le pays de stupeur. Les plus généreux citoyens sont envoyés à la mort par des tribunaux de sang, gémissent dans les bagnes ou traînent une vie misérable sur la terre d’exil. La nation, appauvrie, dépeuplée déjà par tant de luttes, semble ne plus devoir se relever de ce dernier coup. Ajoutez à ce tableau navrant la perte pour l’Espagne de toutes ses colonies. Ferdinand fait de vains efforts pour en conserver des lambeaux. C’est du sein de la dernière armée qu’il envoie en Amérique que s’élève le cri d’indépendance de la mère patrie. Dans l’île de Léon, le 5 janvier 1820, Riego proclame la constitution de 1812. Toute l’Espagne se lève, les cortès s’assemblent, les institutions libérales sont rétablies. Ferdinand cède à l’orage ; il jure, la main sur l’Evangile ; il règne en roi constitutionnel, mais travaille sourdement à la ruine du nouvel ordre de choses. Rétabli dans son pouvoir absolu par une année française il remit tout sur l’ancien pied, et recommença le cours de ses saturnales sanglantes : tout ce qui put échapper à l’échafaud et à la prison reprit le chemin de l’exil ; un silence de mort s’étendit de nouveau sur ce malheureux pays, interrompu quelquefois par des protestations héroïques, toujours étouffées dans les supplices ; en 1826, la. ville de Valence put jouir de l’horrible spectacle d’un auto-da-fé. Ferdinand, resté sans postérité après trois mariages, épousa, en 1829, Marie-Christine de Naples, dont il eut Isabelle, que son peuple a chassée, elle aussi, en 1868. De son autorité privée, il abolit, en 1830, en faveur de sa fille, la loi fondamentale de l’Etat, qui excluait les femmes du trône. Trois ans après il mourut, laissant la réputation du prince le plus dissimulé et le plus sanguinaire qui ait régné au XIXe siècle.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Ferdinand VII d’Espagne sur wikipedia

http://www.lerubicon.com

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