février 25, 2008

MARECHAL SOULT (1769-1851)

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Maréchal Jean de Dieu Soult (1769-1851), duc de Dalmatie

Soult est un homme tout à fait supérieur mais trop ambitieux.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal SOULT ( Nicolas-Jean-de-Dieu), duc de Dalmatie, maréchal et pair de France, ministre, né à Saint-Amans-la-Bastide (Tarn) le 29 mars 1769, mort au même lieu le 26 novembre 1851. Fils d’un notaire, selon les uns, d’un cultivateur, selon d’autres, il reçut une instruction très incomplète et s’engagea à seize ans (1785) dans le régiment de Royal-infanterie. Soult n’était que caporal lorsque éclata la Révolution. Sous-officier en il fut successivement élu par les volontaires du 1er bataillon du Bas-Rhin sous-lieutenant en 1791, adjudant-major en 1792 et capitaine en 1793. A cette époque, il se fit remarquer par son sang-froid et sa bravoure au combat d’Uberfelsheim, à la prise d’un camp retranché dans les Vosges, et dans un manifeste qu’il adressa, en juillet 1793, aux habitants de Leimen, dans le grand-duché de Bade, il les invita à « défendre la France contre l’insurrection des aristocrates, à opposer un rempart impénétrable à ces hommes insolents qui voudraient renverser le système heureux de l’égalité sociale établi sur les droits de l’humanité. » A la fin de 1793, Soult passa à l’état-major de Hoche, à l’armée de la Moselle, coopéra à la prise du camp de Marsthal et à la reprise des lignes de Wissembourg, fut nommé chef de bataillon le 5 avril 1794, chef de brigade adjudant général le 14 mai suivant, combattit à Arlon, au siège de Fort-Louis, puis passa à l’armée de Sambre-et-Meuse comme chef d’état-major. Sa brillante conduite à la bataille de Fleurus lui valut le grade de général de brigade (11 octobre 1794). Après avoir assisté au siège de Luxembourg, Soult commanda une brigade de la division Lefebvre, fut mis à l’avant-garde et montra autant d’habileté
que de vigueur à Altenkirchen (1796), pendant la retraite de l’armée de Sambre-et-Meuse sur le Rhin, à Wildendorf et à Friedberg. En 1797, il battit près de Steinberg le général Elnitz. Deux ans plus tard, envoyé à l’armée du Danube, Soult remplaça Lefebvre à la tète de sa division, se conduisit héroïquement à Stockach, sauva l’armée d’un désastre pendant la retraite et fut promu général de division (21 avril 1799). Pendant la campagne d’Helvétie, il seconda puissamment Masséna, contribua beaucoup à la victoire de Zurich (25 septembre), puis passa à l’armée d’Italie (15 décembre), partagea avec Masséna la difficile mission de défendre Gènes et tomba blessé au pouvoir des Autrichiens, à la bataille meurtrière de Monte-Cretto (13 mai 1800). Rendu à la liberté après la victoire de Marengo, il commanda en Piémont, parvint à soumettre et à organiser les barbets, puis commanda les troupes chargées d’occuper la presqu’île d’Otrante (1801). En 1802, il reçut le commandement de la garde des consuls, avec la qualité de colonel général, puis celui du camp de Saint-Omer et, oubliant qu’il avait été républicain, il écrivit au premier consul Bonaparte pour l’engager « à mettre le sceau à ses sublimes institutions, en plaçant majestueusement sa famille chérie au faite de l’édifice pour fixer à jamais les regards des citoyens vertueux. » Cet acte de plate adulation, aussi bien que ses talents militaires, lui valut de faire partie de la première promotion de maréchaux (19 mai 1804). Soult n’avait alors que trente-cinq ans. En même temps, il fut nommé grand officier de la Légion d’honneur et chef d’une des cohortes de cet ordre. L’année suivante, la guerre ayant de nouveau éclaté, Soult reçut le commandement du 4e corps. Après avoir battu l’ennemi à Landsberg, à Memmingen, à Hollabrunn, il dirigea avec une telle précision l’aile droite de l’armée à Austerlitz que Napoléon lui dit, après la victoire : « Maréchal, vous êtes le premier manœuvrier de l’Europe. » II devint peu après gouverneur de Vienne. Dans la guerre de Prusse et de Pologne, Soult contribua à la victoire d’Iéna (14 octobre 1806), battit Kalckreuth à Guessen le lendemain, forma le blocus de Magdebourg, prit Lubeck (6 novembre), combattit à Pultusk, à Eylau, à Heilsberg, a la tête du 4e corps, et s’empara deKœnigsberg le 16 juin 1807. Napoléon lui donna le titre de duc de Dalmatie après la paix de Tilsit. Envoyé en Espagne en 1808, avec le commandement du centre de l’armée, il gagna la bataille de Gamonal (10 novembre), entra dans Burgos, poursuivit le général John Moore l’épée dans les reins jusqu’à La Corogne, qui tomba en son pouvoir, ainsi que Santander et Le Ferrol, poussa une pointe rapide en Portugal, battit l’ennemi à Braga et se rendit maître d’Oporto (29 mars 1809) ; mais il n’osa s’aventurer plus loin dans un pays soulevé et où Wellington allait lui opposer des forces infiniment supérieures. Il est constaté aujourd’hui, par les documents les plus irrécusables, que le maréchal Soult, pendant son séjour à Oporto, songea sérieusement à se faire proclamer roi de la’ Lusitanie septentrionale. Ces velléités ambitieuses étaient secondées par les habitants et par l’entourage du maréchal. Elles parvinrent aux oreilles de Napoléon, qui dissimula son mécontentement. Il fallut d’ailleurs y renoncer et évacuer la ville (12 mai 1809) à l’approche de Wellington, en abandonnant l’artillerie et les équipages. Revenu, dans la Galice, le duc de Dalmatie débloqua Lugo et dispersa les bandes de La Romana ; mais sa mésintelligence avec Ney fit perdre la Galice. A la fin de 1809, Soult remplaça Jourdan comme major général de l’armée d’Espagne. Il releva les affaires du roi Joseph par l’éclatante victoire d’Ocana (12 novembre), envahit l’Andalousie l’année suivante, fut nommé général en chef de l’armée du Midi et força, par une suite de combats heureux, Séville, Olivenca et Badajoz (11 mars 1811) à se rendre. Après avoir éprouvé un échec à Albaherra (16 mai 1811), il eut avec le roi Joseph de nombreux démêlés qui eurent une influence désastreuse sur les affaires. Soult avait mis le siège devant Cadix, qu’il allait emporter, lorsque la défaite de l’armée de Portugal aux Arapiles et l’évacuation de Madrid par le roi Joseph l’obligèrent à se replier (25 août 1812). Sa retraite vers les Pyrénées fut admirable. Rappelé alors à Paris, il fit, en 1813, la campagne de Saxe à la tête du 4e corps ; mais Napoléon le renvoya en Espagne après la désastreuse bataille de Vittoria, pour rassembler les débris de l’armée devant Bayonne. Soult, en présence de forces quadruples, ne pouvait que faire une honorable retraite. Il la fit lente, défendant avec opiniâtreté toutes nos places frontières ; acculé enfin sur Toulouse, il livra là un combat mémorable, où 25.000 Français tinrent tête à 100.000 Anglo-Espagnols, commandés par Wellington (mars 1814). Après l’abdication de Fontainebleau, il se rallia avec un écœurant enthousiasme au gouvernement de Louis XVIII, qui lui donna le commandement de la 13e division militaire, puis le portefeuille de la guerre (3 décembre 1814). Le maréchal se fit remarquer parmi les plus fougueux royalistes. C’est lui qui provoqua l’érection d’un monument aux mânes des émigrés tués à Quiberon. Au début des Cent-Jours, lorsqu’il apprit que Napoléon venait de débarquer à Golfe-Juan, le duc de Dalmatie lança une proclamation dans laquelle il qualifia Buonaparte d’usurpateur et d’aventurier (8 mars 1815) ; néanmoins, Louis XVIII lui retira le portefeuille de la guerre (11 mars). Bonaparte, qui avait besoin de lui, oublia cette proclamation et le nomma pair de France et major général de l’armée. Soult, toujours prêt à toute palinodie, publia, à l’ouverture de la campagne de 1815, un ordre du jour plein d’invectives contre les Bourbons. Il se battit à Fleurus et à Waterloo avec son courage et son talent ordinaires ; mais, comme major-général il montra fort peu de capacité. Après Waterloo, il alla rallier à Laon les débris de l’armée, puis se rendit à Paris, où il assista au conseil de guerre qui examina la question de savoir si Paris devait se défendre. Après la capitulation de cette ville (3 juillet 1815), Soult se retira à Saint-Amans, et, pour rentrer en grâce auprès de Louis XVIII, il publia un mémoire dans lequel, parlant de Napoléon, il disait : « L’armée entière sait bien que je n’eus jamais qu’à me plaindre de cet homme et que nul ne le détesta plus franchement que moi. » Malgré ses protestations de dévouement aux Bourbons, il fut compris dans la liste des bannis (12 janvier 1816) et se retira dans le duché de Berg, où il resta trois ans. L’ordonnance du 26 mai 1819 lui permit de revenir en France. Au commencement de 1820, Louis XVIII lui rendit le bâton de maréchal de France et lui fit donner une gratification de 200.000 francs. Charles X, à l’occasion de son sacre, lui accorda le collier de ses ordres (1825), puis l’appela à siéger à la Chambre des pairs. Le duc de Dalmatie s’y montra le partisan aveugle du gouvernement, l’adversaire déclaré de toutes les libertés publiques. Comme il était alors nécessaire, pour être bien en cour, de se montrer tout confit en religion, Soult se mit à accomplir ses devoirs religieux avec une ferveur édifiante. Toute la capitale put le voir suivant dévotement les processions un cierge à la main. La Révolution de 1830 devait le trouver debout pour saluer le nouveau règne. Il s’empressa d’acclamer Louis-Philippe, qui lui donna le portefeuille de la guerre, s’occupa alors de réorganiser l’armée, de mettre les places fortes sur pied de guerre et alla comprimer, en novembre 1831, des troubles qui avaient éclaté à Lyon. Lors du remaniement du ministère, le 10 octobre 1832, il reçut la présidence du conseil, mais il n’y remplit en réalité, qu’un rôle très secondaire, étant en politique d’une profonde nullité ; l’influence qu’y exerçait M. Thiers, comme ministre de l’intérieur, irritait vivement le vieux maréchal, qui exprima fréquemment d’une façon brutale son dépit de se voir dominé malgré lui par son jeune collègue. Le 18 juillet 1834, Soult dut quitter le ministère et la présidence du conseil, qui fut donnée au maréchal Gérard. Chargé par Louis-Philippe d’aller représenter la France au couronnement de la reine Victoria (25 ayril 1838), il fut l’objet, de la part du peuple anglais, d’une véritable ovation. Le 12 mai de l’année suivante, il revint au pouvoir comme ministre des affaires étrangères et président du conseil ; mais le rejet de la dotation qu’il avait proposé d’allouer au duc de Nemours amena sa chute et son remplacement par le cabinet du 1er mars 1840, formé par M. Thiers. La guerre semblait imminente lorsque Louis- Philippe, qui tenait à conserver la paix et qui voulait se couvrir par une haute célébrité militaire, accepta la démission du cabinet Thiers et chargea Guizot de former un nouveau ministère (29 octobre 1840), dans lequel le duc de Dalmatie eut la présidence du conseil et le portefeuille de la guerre. Comme on sait, M. Guizot fut le ministre dirigeant, et le maréchal ne joua qu’un rôle très secondaire. Par raison de santé, il se démit de son portefeuille (11 novembre 1845), puis de la présidence du conseil (10 septembre 1847). Il reçut alors le vain titre de maréchal général, qu’avaient porté Turenne et Villars et, en dernier lieu, Maurice de Saxe. Il se retira peu après dans son magnifique château de Soultberg, à Saint-Amans, ou il s’éteignit quelques jours avant que Louis-Napoléon Bonaparte fît son coup d’Etat. Sa statue, en marbre blanc, exécutée par Pradier, fut placée en 1852 au musée de Versailles. Soult était un vaillant soldat, un général plein de sang-froid, de coup d’œil et d’un mérite supérieur ; mais le caractère en lui était loin d’être à la hauteur des capacités militaires. Il fut le plat adulateur de tous les pouvoirs et ne sut conserver ni tact ni mesure dans ses palinodies. Esprit étroit, entêté, ayant de lui-même l’opinion la plus haute, il ne sut jamais corriger l’insuffisance de son éducation première, et il lui arriva fréquemment d’émailler les discours qu’il prononçait à la tribune de cuirs devenus légendaires. Mal à l’aise en face des esprits lettrés et supérieurs, il ne se faisait aucun scrupule de les froisser par la brutalité de son langage. C’était, en outre, un, homme avide et qui trouva le moyen de faire une grande fortune. Lorsqu’il fut question, en 1832, de supprimer le cumul des gros traitements et de lui enlever celui de maréchal, qu’il cumulait avec celui de ministre, il déclara nettement qu’on ne le lui enlèverait qu’avec la vie. Pendant son séjour en Espagne il s’était emparé de tableaux du plus grand prix, qu’il envoya, non au musée du Louvre, mais à son château de Soultberg. Après sa mort, on vendit à Paris sa galerie de tableaux, comprenant des Ribeira, des Murillo, des Zurbaran, des Alonso Cano, etc. Cette vente, qui eut lieu les 19, 21 et. 23 mai 1852, produisit une somme de 1.467.351 francs. Un seul tableau, la grande Conception de la Vierge, par Murillo, fut acheté par l’Etat pour le musée du Louvre au prix de 586.000 francs. Le duc de Dalmatie a laissé des Mémoires, dont une partie seulement a été publiée par son fils (Paris, 1854, 3 vol. in-8°). Il avait épousé uns Allemande, qui, vers la fin de sa vie, se convertit au catholicisme et qui mourut également à Soultberg, âgée de quatre-vingt-un ans, en 1852. Elle avait donné au maréchal un fils, Napoléon-Hector, et une fille , Hortense, qui épousa le marquis de Mornay.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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