février 17, 2008

BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – LE PREMIER CONSUL

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Napoléon Bonaparte en premier consul

Ma politique est de gouverner les hommes comme le plus grand nombre veut être gouverné. C’est là, je crois la manière de reconnaître la souveraineté du peuple.

(Napoléon Bonaparte)

Bonaparte était prêt, son plan était dressé : Moreau, avec l’armée du Rhin, devait opérer en Allemagne, Lecourbe en Suisse, Masséna en Ligurie. Quant à lui, il se réservait de franchir les Alpes et d’entrer en Italie. On sait ce que
fut cette belle campagne de 1800 : le passage du Rhin par Moreau, ses succès et ceux de ses lieutenants à Stokach, à Engen, à Moesskirch, à Biberach, à Memmingen, à Augsbourg , à Ulm, à Hochstffidt, ses conquêtes en Bavière, etc. ; la défense héroïque de Gênes, par Masséna ; le passage du mont Saint-Bernard, par Bonaparte, sa marche sur Milan, où il rétablit la république Cisalpine, enfin la victoire de Marengo, si chèrement disputée, et qui assura la prééminence de la République. Toutes ces opérations à jamais glorieuses ne furent pas toutes l’œuvre du premier consul, et même elles ne furent pas entièrement le fruit de ses conceptions ; mais, soit par lui-même, soit par le prestige qu’il exerçait, il y eut une part éclatante et qui augmenta sa renommée en France comme en Europe. Son retour d’Italie fut un triomphe, les villes lui dressèrent des arcs de triomphe, et, le jour de son arrivée, Paris entier s’illumina (3 juillet 1800). Il jouissait avec ivresse de sa gloire, et telle fut l’impression qu’il conserva de ce temps, que vingt ans plus tard, dans sa solitude de l’Océan, ces journées radieuses du consulat lui apparaissaient comme les plus belles de sa vie. La nouvelle que Moreau avait couronné ses opérations en Allemagne par les plus brillants succès vint porter au comble l’allégresse publique, et le grand anniversaire du 14 juillet se célébra cette année au milieu des transports les plus enthousiastes. Cependant des conférences s’ouvrirent à Lunéville entre la République, l’Angleterre et l’Autriche, pour discuter les conditions d’une paix générale ; ces conférences n’aboutirent, pour le moment, qu’à un armistice qui donna du moins un répit de plusieurs mois. Le premier consul en profita pour donner carrière à son activité habituelle et s’occuper des affaires de l’intérieur. Par la force même des choses, c’est-à-dire par l’état florissant de la République, le crédit se rétablissait, et il faut reconnaître que les mesures prises, et surtout la création de la Banque de France, avaient puissamment contribué à ce résultat. Malgré ses concessions aux royalistes et aux prêtres, Bonaparte était accepté avec enthousiasme par la masse de la nation comme chef de la République. Les républicains éclairés songeaient seuls alors à César et un grand nombre d’entre eux gardaient une attitude hostile, que justifiaient la compression ou la malveillance dont ils étaient l’objet, et la marche même du gouvernement. Les royalistes recevaient du premier consul des bienfaits qu’ils avaient parfois sollicités humblement (radiation des listes d’émigrés, restitution de biens non vendus, etc., etc.), mais dont en général ils conservaient peu de reconnaissance. De leur côté, ils songeaient à Monck, et ils s’étonnaient que l’heureux général différât aussi longtemps de rétablir les Bourbons sur le trône. Les illusions de ce parti étaient telles, que le prince émigré qui s’intitulait Louis XVIII écrivit à Bonaparte deux lettres fort pressantes, où il lui reprochait de perdre un temps précieux pour assurer le repos de la France en lui rendant son roi. Il l’assurait d’ailleurs de ses bons offices et lui promettait de ne pas l’oublier quand il aurait été rétabli par lui. Bonaparte fit à ce maniaque insensé une réponse pleine de dignité et de bon sens: « Vous ne devez pas, lui disait-il, souhaiter votre retour en France ; il vous faudrait marcher sur cinq cent mille cadavres… » Quels étaient alors ses desseins personnels ? Evidemment de rester le maître de la France, de se perpétuer au pouvoir, enfin de ne point quitter les Tuileries, comme il l’avait exprimé récemment. Mais quant à restaurer le trône par lui-même, quant à donner à sa dictature la consécration d’une couronne, il est vraisemblable qu’il n’osait y songer encore, ou que du moins la chose ne lui paraissait pas aussi promptement réalisable. Des manœuvres de police ayant entraîné dans une conspiration dont Fouché tenait les fils quelques républicains ardents, Aréna, Topino-Lebrun et autres, ces malheureux furent arrêtés sous l’accusation d’avoir voulu poignarder le premier consul à l’Opéra, le 18 vendémiaire an IX (10 octobre 1800) et payèrent de leur tête leur intention vraie ou supposée. Cet événement parut à quelques personnes propre à précipiter le dénouement du drame politique auquel la France assistait sans en pressentir encore la conclusion. Lucien Bonaparte fit écrire par Fontanes un factura anonyme intitulé : Parallèle entre César, Cromwell, Monck et Bonaparte, qui fut répandu dans toute la France par le ministère de l’intérieur, et dans lequel on insinuait très nettement qu’il ne manquait à la prospérité nationale que d’appliquer le principe de l’hérédité au gouvernement de Bonaparte. L’impression fut pénible dans tout le pays, et les préfets mandèrent que cette ouverture prématurée avait produit le plus fâcheux effet. Dans le sein même du conseil d’Etat, la désapprobation ne se cachait point. Le premier consul, soit qu’il eût consenti à cette tentative, soit qu’il eût été compromis à son insu par des amis impatients et maladroits, crut devoir désavouer l’écrit, et Lucien dut échanger le ministère de l’intérieur contre l’ambassade d’Espagne. Toutefois, les républicains ne pouvaient conserver aucune illusion, et Bonaparte confirmait leurs soupçons par la plupart de ses actes, aussi bien que par le soin qu’il mettait à éloigner les hommes dont l’indépendance républicaine était un obstacle pour lui. C’est ainsi, notamment, qu’il retira le ministère de la guerre à Carnot, et qu’il se débarrassa de l’austère Jourdan par un exil plus ou moins déguisé, la mission d’ambassadeur auprès de la république Cisalpine. Il se présenta bientôt une occasion qui lui permit de donner carrière à sa haine de plus en plus accentuée contre les républicains. Le 3 nivôse (24 décembre), au moment où il se rendait à l’Opéra, une explosion terrible se produisit sur le passage de sa voiture, que fort heureusement le cocher avait mis au galop de ses chevaux, et dont les glaces seulement furent brisées. C’était la machine infernale préparée par Saint-Réjant et autres sicaires royalistes. Beaucoup de personnes furent victimes de cet odieux attentat. Bonaparte parut un moment à l’Opéra, puis retourna aux Tuileries où sa colère éclata avec une telle violence, que ses familiers étaient épouvantés. « Ce sont les jacobins, les terroristes ! s’écriait-il ; il faut les écraser, en purger la France, etc. » Dans son langage habituel, d’ailleurs, les républicains étaient tous des assassins, des massacreurs de septembre. Dans cette circonstance, le danger qu’il avait couru exaltant encore son imagination, avivant ses haines implacables, il ne parlait que de fusiller et de déporter en masse. Fouché qui était sur la trace des vrais coupables, exprima quelques doutes ; mais, malgré sa conviction, il n’en suivit pas moins le torrent, et il contribua à la mesure extraordinaire en vertu de laquelle le premier consul signa la déportation de 130 innocents (4 janvier 1801). A ce moment, on n’avait pas encore arrêté les assassins ; mais il avait déjà été mis hors doute, par l’enquête et par des centaines de confrontations, que pas un seul républicain n’avait trempé dans le complot. Quinze jours plus tard, les coupables étaient arrêtés et condamnés. « Bonaparte, qui ne se souciait guère des formes violées, dit M. Thiers, et qui ne songeait qu’aux résultats obtenus, ne laissa voir aucun regret. Il trouva que ce qu’on avait fait était bien fait de tous points ; qu’il était débarrassé de ce qu’il appelait l’état-major des jacobins, etc. » Parmi les malheureux déportés, il y avait d’anciens représentants du peuple et autres fonctionnaires de la République, l’ex-général Rossignol, le colonel de gendarmerie Lefebvre, Félix Lepelletier de Saint-Fargeau, le député Talot, Charles de Hesse, le prince jacobin qui avait servi la République comme général, Tissot, depuis membre de l’Académie (qui parvint heureusement à se faire rayer de la fatale liste), etc. La deuxième session du Corps législatif venait de s’ouvrir, et, parmi les lois soumises aux délibérations, la principale était celle des tribunaux, spéciaux, justice exceptionnelle dont le premier consul voulait être armé. Cette loi souleva quelque opposition au sein du tribunat et du Corps législatif, et n’obtint qu’une majorité relativement assez faible. Quelques jours plus tard, une loi de finances fut rejetée par le tribunat ; Bonaparte se montra fort irrité de ces semblants d’opposition, quoiqu’il eût en réalité une majorité considérable dans les trois corps délibérants ; il se répandit en paroles acerbes, et l’on put prévoir le moment prochain où il n’y aurait plus d’autre loi que sa volonté. Cependant les hostilités avaient été reprises en Allemagne à l’expiration de l’armistice novembre 1800), l’Autriche ne voulant point conclure une paix particulière et se séparer de l’Angleterre. Dans cette campagne d’hiver, une des plus belles de nos annales, ce fut Moreau qui joua le rôle principal ; et, par sa mémorable victoire de Hohenlinden, par sa marche en ayant jusqu’aux portes de Vienne, il contraignit l’Autriche à solliciter un armistice pour traiter de la paix. Dans le même temps, Macdonald et Brune avaient également obtenu de brillants succès en Italie. Le premier consul n’avait pas jugé à propos d’aller exercer uu commandement. L’Autriche, fort abattue par tant de revers, se résigna enfin à signer la paix de Lunéville (9 février 1801), qui nous rendait la rive gauche du Rhin avec une situation prépondérante en Italie. La lutte contre l’Angleterre continuait sur divers théâtres, à Naples, au Portugal et en Egypte, que bientôt Menou allait être contraint d’abandonner. Mais des pourparlers s’engagèrent en avril (1801) par l’initiative de Bonaparte, pour arriver à la conclusion d’une paix définitive entre les deux peuples. Toutefois, ces négociations se poursuivaient sans que la guerre fût interrompue. Dans l’intervalle, il se passa un événement assez singulier et qui ne fut pas une des moindres bigarrures de ce temps, qui n’était plus la République et qui n’était pas encore la royauté. L’Espagne, dont les troupes et la marine combattaient alors avec nous contre les Anglais et le Portugal, nous avait précédemment, comme gage d’alliance, cédé la Louisiane, sous la condition de procurer à l’infant de Parme un agrandissement en Italie avec le titre de roi. Spectacle étrange ! voici la République française, la formidable ennemie des rois, qui va maintenant distribuer des couronnes, et qui prend pour pupilles des princes de la maison de Bourbon ! C’était Bonaparte qui s’essayait à, ce jeu de proconsul romain, dont il abusa tant dans la suite. Nos succès en Italie permirent bientôt au gouvernement de disposer de la Toscane, qui fut érigée en royaume sous le titre fastueusement historique de royaume d’Etrurie. En juillet 1801, les infants de Parme quittèrent Madrid pour venir dans cette capitale, dont le nom seul épouvantait les rois, recevoir leur investiture des mains du premier magistrat de la grande République. Pour éviter les embarras qu’aurait suscités en France la qualité de roi et de reine, il avait été convenu que les jeunes époux seraient reçus sous les noms de comte et de comtesse de Livourne. Ils furent partout accueillis avec une pompe officielle extrêmement brillante, et Paris eut le spectacle piquant et curieux de souverains fêtés avec éclat par des fonctionnaires publics qui, presque tous, avaient prêté le serment légal de haine à la royauté. Ce fut le régicide Cambacérès qui fut chargé de conduire le petit roi à l’Opéra et de le présenter au public de Paris. Enfin, après des négociations très laborieuses , poursuivies au bruit du canon et entrecoupées de mille incidents, les préliminaires de la paix furent signés le 1er octobre. Cette nouvelle fut accueillie par une explosion d’enthousiasme et de joie en France et en Angleterre. Le traité définitif fut signé à Amiens le 25 mars 1802. D’autres traités conclus avec l’Espagne et le, Portugal, la Turquie, la Russie, la Bavière, complétèrent la pacification générale. Après dix ans d’une lutte sans exemple, la grande République, arrivée au plus haut point de la grandeur et de la puissance, pouvait se bercer de l’espoir d’un avenir de paix et de prospérité.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Suite -> Consul à vie

Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse

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