janvier 19, 2008

BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – DE PONTENOVO AU GOLFE D’AJACCIO

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L’Empereur Napoléon (179-1821) et Madame Mère (1750-1836)

C’est à ma mère que je dois ma fortune et tout ce que j’ai fait de bien.

(Napoléon Bonaparte)

On sait que Napoléon eut pour père Charles-Marie Bonaparte, dont l’éducation avait été très soignée à Rome et à Pise, où il avait étudié la jurisprudence. Plein de patriotisme, Charles-Marie Bonaparte avait combattu avec ardeur à la tête de sa paroisse dans la guerre contre les Génois, oppresseurs de son pays, et il s’était attiré particulièrement l’estime et l’amitié de Paoli. Il s’était marié très jeune, au commencement de 1767, a une belle fille corse, Marie-Laetitia Ramolino, dont la mère, devenue veuve, avait épousé en secondes noces M. Fesch, capitaine dans un des régiments suisses que la république de Gênes entretenait en Corse. De ce mariage était issu, le 3 janvier 1763, un fils qui fut le cardinal Fesch, par conséquent frère utérin de la mère de Napoléon, et oncle, à ce titre, du futur empereur ; Dans l’a matinée du 15 août 1769, au moment où l’île tout entière célébrait la fête de la mère du Christ, Mme Laetitia Bonaparte accoucha d’un enfant mâle qu’on appela Napoléon. C’était, depuis des siècles, le nom que portait le second fîls de la famille Bonaparte, pour y conserver éternellement le souvenir de ses relations avec un Napoleone Degli Orsini, célèbre dans les fastes militaires de l’Italie. Napoléon arrivait à point pour payer cette dette à un vieux souvenir de famille. Cette particularité n’est qu’un détail infime ; mais ici les moindres choses acquièrent de l’importance. Ainsi ce nom, qui doit retentir des Alpes aux Pyramides, est un hommage à la reconnaissance ; et, chose frappante, nous verrons dans la suite de cette histoire, de cette épopée, que cette vertu est peut-être celle qui domine toutes les autres au sein de l’illustre maison. Alors Mme Bonaparte était encore souffrante des fatigues qu’elle avait éprouvées pendant la guerre de la liberté ; car la future Madame Mère accompagnait son époux dans la guerre de l’indépendance, et partageait avec lui tous les dangers. C’était une maîtresse femme que Mme Laetitia Bonaparte. Napoléon eut constamment pour elle un respect qui touchait à l’idolâtrie. Retirée à Rome, où elle termina ses jours ; toujours vêtue d’habits de deuil et vivant silencieusement dans une modeste maison, elle était généralement vénérée, et cette vénération, elle ne la devait qu’à elle-même, puisque le géant que ses flancs avaient porté était alors cloué sur son rocher. Napoléon tenait évidemment son génie de sa mère, et, pour les hommes extraordinaires, il en est généralement ainsi ; car on est toujours avant tout, et tout au moins, le fils de sa mère. Arrêtons-nous donc un instant sur ce phénomène psychologique. Les Gracques avaient pour mère Cornélie, le plus beau nom de femme de l’histoire romaine ; Alexandre était fils d’Olympias, cette grande reine qui sut toujours montrer de la fierté et de l’énergie, tandis que Philippe n’étalait que la ruse et le machiavélisme ; c’est de sa mère que Washington tenait son rare bon sens, sa droiture, sa conscience rigide, son énergie de caractère et son esprit de commandement ; et, pour n’emprunter qu’aux sources nationales, Clovis reçut le jour de cette Basine qui, s’il faut en croire Frédégaire, avait conscience de ce qu’elle valait quand, dans l’enivrement adultère de sa première nuit de noces, elle disait au faible Childéric : « Que cette nuit ne soit pas consacrée qu’à l’amour… Lève-toi, va à la fenêtre, et reviens dire à ta servante ce que tu auras vu dans la cour du logis. » Childéric se leva, alla à la fenêtre et vit un lion monstrueux qui déchirait des licornes, des léopards, des ours et des loups. Il revint alors, et Basine lui dit : « Ce que tu as vu de tes yeux, arrivera : il nous naîtra un fils qui sera un lion à cause de son courage. » Charlemagne était fils de cette Berthe au grand pied, dont le nom a enrichi la légende ; Saint Louis était fils de Blanche de Castille ; Louis XIV, fils d’Anne d’Autriche…; mais, et c’est le bonhomme qui nous y invite, ne continuons pas de peur d’approfondir. Une circonstance de la vie de Napoléon vient, quoique indirectement, à l’appui de cette loi. Sans jamais manquer de respect à la mémoire de son père, dont le rôle en Corse avait été assez effacé, Napoléon parlait peu de l’auteur de ses jours, lui cependant qui aimait tant à vivre dans le passé et qui ne laissait échapper aucune occasion de s’inspirer des souvenirs de sa jeunesse. Charles Bonaparte était mort à Montpellier le 24 février 1785, et il y avait été inhumé. Le 2 juillet 1802, le conseil municipal de cette ville, réuni extraordinairement, eut l’idée d’une sorte d’exhumation ; il leur semblait que l’apothéose de Saturne serait un encens qui ne déplairait pas à Jupiter. Un membre, un lettré sans doute, prit la parole et dit : « Le père de Bonaparte a fait à cette, ville l’honneur de décéder dans ses murs. Je propose de saisir cette heureuse circonstance pour élever un monument à la gloire du premier consul. Voici de quelle manière je voudrais rendre mon idée : A. gauche, un piédestal ; au milieu, la Ville de Montpellier, accompagnée de la Religion montrant de la main droite le piédestal, et, de la gauche, le couvercle du tombeau ; au-dessous, cette inscription : SORS DU TOMBEAU ; TON FILS NAPOLÉON T’ÉLEVE À L’lMMORTALITÉ. Cette idée, surtout la prosopopée qui la couronnait, fut accueillie avec acclamation par le conseil municipal, et, séance tenante, la délibération fut envoyée à Chaptal, alors ministre de l’intérieur, qui la soumit immédiatement à l’approbation de Napoléon. Celui-ci, avec son sens droit et son jugement ordinaire, et peut-être aussi avec un sentiment vague du phénomène psychologique auquel nous avons fait allusion plus haut, ne comprit pas tout ce que cette idée pouvait avoir de grandiose, et il refusa l’offre des notables de Montpellier, en leur disant : « Ne troublons point le repos des morts ; laissons leurs cendres tranquilles. J’ai perdu aussi mon grand-père, mon arrière-grand-père, pourquoi ne ferait-on rien pour eux ? Cela mènerait loin. Si c’était hier que j’eusse perdu l’auteur de mes jours, il serait convenable et naturel que j’accompagnasse mes regrets de quelque haute marque de respect ; mais il y a vingt ans ; .et événement est étranger au public ; n’en parlons plus. » Ainsi l’érudit conseiller en fut pour ses frais de rhétorique, et il est probable que, dans la suite, il ne s’expliqua jamais qu’un homme d’un si vulgaire positivisme ait pu remporter les victoires d’Iéna et d’Austerlitz. Encore un mot sur cette leçon de génésiologie ; le sujet en vaut la peine : neuf mois avant sou accouchement, Mme Laetitia parcourait la campagne en compagnie de son mari, et c’est au milieu des forêts et des rochers qu’elle conçut le lionceau. Encore aujourd’hui, les paysans de la Corse en tirent des conclusions qui sont devenues pour eux une légende, et l’imprudent qui oserait leur dire que ce sont là des contes de bonne femme s’exposerait, nous n’en doutons pas, à la plus terrible des vendetta. Puisque nous en sommes sur cette matière délicate, mais intéressante, citons ici une page qu’un enfant de la Corse, fier de son compatriote au delà de toute expression, nous a communiquée, et qui vient on ne peut mieux à l’appui de l’idée que nous avons hasardée : Tout se tient, tout s’enchaîne dans la vie d’un homme, et si sa carrière politique étonne parfois, c’est qu’on ne cherche pas, à, travers l’éblouissement qu’elle cause, et dont il est souvent difficile de se défendre, le fil conducteur qui a dirigé l’essor du génie. La vie privée, où le caractère se dévoile tout entier, donne parfois la cause première des grandes actions ou des grandes fautes ; mais il faut remonter plus haut pour rencontrer l’instinct, cette partie du caractère de l’homme que l’on peut vraiment dire naturelle, involontaire, dont la trace ineffaçable se retrouve dans tous ses actes, inexorable et fatale comme un sceau dont Dieu aurait marqué sa créature pour la faire connaître au monde et la pousser dans la voie qu’il lui a tracée. C’est dans la vie antérieure à la naissance, alors que l’enfant perçoit toutes les sensations de sa mère, s’imprègne en quelque sorte des impressions qu’elle subit, que l’on doit chercher le secret de ces aptitudes, de ces prédispositions et de ces goûts qu’on peut appeler organiques, puisqu’ils sont nés chez l’enfant avant sa vie : Bonaparte, plus que tout autre, dut porter en naissant, par la vie que les événements firent à sa mère pendant sa grossesse des instincts puissants et belliqueux. En 1768, la Corse était profondément troublée : Paoli et toute l’île avec lui luttaient contre la France. M. de Choiseul avait à cœur cette conquête pour faire oublier ses nombreux revers en Europe et en Amérique. Charles Bonaparte, le secrétaire du général corse, suivait sa fortune, et sa femme, bien souvent éloignée de lui, avait à veiller à sa propre sûreté. En novembre 1768, les deux époux se retrouvèrent à Corte et purent y prendre quelques jours de repos. Ils habitaient la maison du général Gaffori ; c’était une construction massive, aux fenêtres étroites comme des meurtrières, une vraie forteresse, dont la façade toute ravagée, toute couturée, conservait encore l’empreinte des boulets génois dont elle avait été si souvent et toujours inutilement criblée. C’est là qu’avait vécu Gaffori, vaillant soldat qu’en d’autres temps on eût vanté à l’égal de Paoli ; là encore l’hospitalité était offerte aux jeunes époux par l’héroïque veuve qui se défendit seule dans sa maison contre les Génois et menaça de se faire sauter avec ses défenseurs, qui voulaient se rendre. Rapprochant les dates, on voit que Bonaparte fut conçu dans cette vaillante maison aux glorieuses cicatrices et où devaient se faire de longs récits de gloire, de courage et d’honneur patriotique. Il fallut bientôt fuir Corte, errer de village en village devant l’armée française ; il y eut une halte au pied du Monte Rotondo, là plus haute cime de l’île, le géant dont le front neigeux la domine tout entière, et enfin l’enfant prédestiné vient au monde au milieu des splendeurs les plus riches et les plus sublimes d’une grande fête chrétienne. N’y a-t-il pas dans cette vie antérieure de récits héroïques qui durent souvent faire tressaillir la jeune mère, de grandes souffrances où plus d’une fois elle maudit son sexe qui l’empêchait de se jeter au milieu de la lutte, et de grandes pompes, le secret des instincts de guerre, d’ambition et de fastueuse vanité, ainsi que l’image fidèle de la vie de celui qui fut Bonaparte et Napoléon ?» La Corse avait été réunie à la France un peu plus d’un an avant la naissance de Napoléon.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Suite -> De Brienne à l’Ecole Militaire

Biographie de Napoléon Bonaparte par Pierre Larousse

http://www.lerubicon.com

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Un commentaire »

  1. martin said,

    Notre plus grand chef : Courageux, humain, intelligent, un être unique sans lequel la France n’aurait été la France grande et magnifique et qui depuis ne cesse de péricliter. Notre cher « Grand De Gaulle  » est-il jamais allé sur un champs de bataille ? Je crois même qu’il a mis un point d’honneur à laisser une grande étendue d’eau entre lui et la guerre….puis « ‘il est revenu vivre entre les siens » quand il n’y avait plus de conflit…. Notre plus grand Homme fut et restera NAPOLEON BONAPARTE….


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