janvier 15, 2008

CLAUDE AMBROISE REGNIER (1736-1814), DUC DE MASSA

Posted in Dignitaires civils, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , , , à 1:03 par napoleonbonaparte

Claude Ambroise Régnier (1736-1814), Duc de Massa

Je suis mon ministre. C’est moi qui mène mes affaires. Je suis donc assez fort pour tirer un bon parti des hommes médiocres. De la probité, de la discrétion et de l’activité, voilà tout ce que je demande.

(Napoléon Bonaparte)

Régnier (Claude-Ambroise, duc de Massa). Homme d’Etat français, né à Blamont (Lorraine) le 6 avril 1736, mort à Paris le 24 juin 1814, était avocat à Nancy lorsqu’il fut élu, en 1789, député aux états généraux. Régnier ne s’occupa guère, à l’Assemblée constituante, que de questions judiciaires. Il y fit rejeter l’application du jury en matière civile, l’ambulance des juges d’appel, et se prononça pour qu’on donnât des indemnités pécuniaires aux personnes qui, arrêtées et détenues préventivement, seraient acquittées par le jugement. Cette proposition ne fut point adoptée. A l’occasion de l’insurrection du peuple et de la garnison de Nancy, Régnier défendit la municipalité contre les attaques dont elle était l’objet et approuva la conduite du marquis de Bouille. Au mois de juin 1791, il fut envoyé en mission dans les départements des Vosges et du Rhin pour calmer l’esprit public et la fermentation qu’avait fait naître la fuite de Louis XVI. Lorsque l’Assemblée constituante se sépara, Régnier, qui avait voté à peu près constamment avec le parti modéré, rentra dans la vie privée et disparut complètement de la scène politique pendant la période des grands orages révolutionnaires. Lors de la mise en vigueur de la constitution de l’an III, il fut élu député au Conseil des Anciens par le département de la Meurthe et se montra alors désireux de voir maintenues les institutions républicaines ; il se prononça contre le retour et le rappel des prêtres déportés ou exilés, soutint la loi du 3 brumaire, devint secrétaire, puis président du conseil (1796) et resta complètement étranger aux événements du 18 fructidor. Réélu au conseil des Anciens en 1799, il appuya la proposition faite par Courtois de faire fermer le club du Manège ; puis, au retour de Bonaparte de l’Egypte, il se jeta dans le parti qui conspirait la chute du Directoire et voulait donner le pouvoir au général corse. Le 17 brumaire, il prit part à une réunion tenue chez Lemercier, président du conseil des Anciens, pour préparer les mesures nécessaires à la réussite du coup d’Etat projeté, et présenta au conseil, le 18 brumaire au matin, un projet de décret qui transférait les deux Chambres législatives à Saint-Cloud. Après le Coup d’Etat qui jetait la France dans le despotisme de l’ambitieux Bonaparte, Régnier fut nommé président de la commission intermédiaire chargée de préparer une nouvelle constitution ; il entra au conseil d’Etat, fit rétablir la marque pour crime de faux, devint, en 1802, grand juge (ministre de la justice), ayant dans ses attributions la police, et mérita, par le zèle avec lequel il dirigea les poursuites contre Cadoudal, Pichegru et autres, d’être créé grand officier de la Légion d’honneur en 1804. Toutefois, en 1804, Napoléon, tout en lui laissant le ministère de la justice, lui enleva le ministère de la police, qui fut donné à Fouché. L’année suivante, il reçut le grand cordon de la Légion d’honneur et, le 15 août 1809, le titre de duc de Massa. Le 19 novembre 1813, son maître lui retira le portefeuille de la justice pour lui confier la présidence du Corps législatif, avec le titre de ministre d’Etat. Régnier se trouva alors en face de cette commission extraordinaire qui, en sonnant, pour ainsi dire, le réveil de la liberté, porta un si grand trouble dans l’esprit du chef de l’Etat, habitué dès longtemps à la plus servile soumission. Lorsque, le 28 décembre 1813, le rapporteur de cette commission eut commencé la lecture de son énergique rapport, le duc de Massa, effrayé du mâle langage de l’orateur, l’interrompit en s’écriant : « Ce que vous dites là, est inconstitutionnel. – Il n’y a d’inconstitutionnel ici que votre présence, » lui répliqua le rapporteur, faisant allusion à ce que Régnier n’était point membre du corps politique qu’il présidait. Régnier occupait encore le fauteuil de la présidence lorsque Bonaparte abdiqua en I814. Il écrivit alors (8 avril) au gouvernement provisoire pour lui demander des instructions, mais ne reçut aucune réponse. Privé tout à coup de toutes ses dignités, cet homme d’Etat, qui, depuis 1799, n’avait cessé d’être un courtisan, éprouva le plus vif chagrin de l’effondrement de sa fortune et succomba deux mois plus tard.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Claude Ambroise Régnier sur Wikipedia

http://www.lerubicon.com

Un commentaire »

  1. Baduel said,

    Le Grand Juge est né le 6 novembre 1746, voir :

    Archives départementales de Meurthe-et-Moselle : 5 Mi 76/R2, Blâmont, registre paroissial, fo 28 vo.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :