janvier 14, 2008

JEAN NICOLAS CORVISART (1755-1821), BARON D’EMPIRE

Posted in Dignitaires civils, Napoléon tagged , , , , , , , , , à 10:38 par napoleonbonaparte

Jean Nicolas Corvisart (1755-1821), baron d’Empire 

Ne vous livrez pas à des idées mélancoliques ; j’espère que vous vivrez encore pour rendre des services et pour vos amis.

(Napoléon Bonaparte)

Corvisart (Jean-Nicolas, baron), médecin français, né à Brécourt, dans les Ardennes, le 15 février 1755, mort à Paris le 18 septembre 1821, était le fils d’un avocat et procureur au parlement de Paris. Un de ses oncles maternels, curé de Vimille, village voisin de Boulogne-sur-Mer, fut son premier maître. Ce fut lui qui forma ses idées naissantes et ses premiers sentiments, tout en l’initiant aux lettres françaises et latines. A l’âge de douze ans, Corvisart entra au collège de Sainte-Barbe, où il se fit remarquer, sinon par des facultés brillantes, du moins par un esprit réfléchi, par une grande rectitude dans le jugement, et par une singulière aptitude pour tous les exercices du corps. Ses humanités terminées, son père, qui le destinait au barreau, le fit travailler dans son étude. Corvisart obéit, bien qu’il eût une profonde antipathie pour la procédure mais cette obéissance était un supplice, qui bientôt lui devint insupportable. Une inquiétude qu’il ne pouvait maîtriser, et qui n’est que l’instinct du génie, le faisait soupirer après des travaux d’un autre genre, et le portait malgré lui vers une situation qu’il cherchait sans la connaître. Il lui arrivait par moments de s’échapper de l’étude, et d’aller à la découverte, ayant soin, pour couvrir ses courtes absences ou pour les faire pardonner, non-seulement de s’acquitter de son travail de chaque jour, mais encore d’en faire par anticipation et de le laisser en dépôt sur son pupitre. On conçoit que dans une ville telle que Paris, où mille portes sont ouvertes à celui qui désire s’instruire, Corvisart ne tarda pas à découvrir sa voie. Conduit par le hasard à d’éloquentes leçons de médecine et de chirurgie, sur le champ son parti fut pris. D’auditeur, il devint disciple, quitta la maison paternelle, et, seul, sans appui, sans recommandation et sans ressources, il chercha un asile dans le premier des hôpitaux de Paris, à l’Hôtel-Dieu, et s’y ménagea les moyens de vivre et d’étudier. Attaché au service de la salle, Corvisart se livra tout entier à la science médicale ; il cultiva avec la, même ardeur la médecine et la chirurgie. Admis dans la familiarité de ses maîtres, Petit, Desault et Louis, il devint leur ami et leur auxiliaire ; il préparait pour eux les pièces qui servaient à leurs démonstrations. Ce fut dans une de ces préparations anatomiques que Corvisart se fit une blessure au doigt, légère en apparence, mais qui lui eût coûté le bras et peut-être la vie, s il ne se fût trouvé dans les habiles mains de Desault. Nommé docteur régent de la Faculté de Paris en 1782, après des épreuves subies avec éclat, son goût pour les études positives et le désir d’étendre ses connaissances le portèrent à faire des cours d’anatomie, de physiologie, et même d’opérations de chirurgie et d’accouchements ; il obtint, dans quelques parties de cet enseignement, un succès dont le souvenir subsiste encore aujourd’hui. Cependant Corvisart, convaincu que les observations des maladies peuvent seules conduire au véritable but de la médecine, rechercha et obtint la place de médecin des pauvres de la paroisse Saint-Sulpice. Un motif frivole, le refus de porter perruque, dit-on, l’empêcha de devenir médecin de l’hôpital que M. Necker venait de fonder ; mais cet échec le servit, en lui permettant de parvenir un peu plus tard à un poste plus considérable. En effet, en 1798, à la mort de Desbois de Rochefort, il obtint la place de médecin de la Charité. L’élève devint le successeur du maître, et la gloire du maître en reçut un nouveau lustre. Corvisart, continuant l’enseignement de son prédécesseur, fonda cette
clinique célèbre qui, pendant près de vingt ans qu’il la dirigea, lui assura la réputation de premier praticien de son temps, et jeta tant d’éclat sur la médecine française. En 1795, lors de la première création de l’Ecole de médecine de Paris, Corvisart fut chargé de la chaire de clinique interne, comprise pour la première fois, en France, dans l’enseignement public, et établie à la Charité. Deux ans après (1797), il fut nommé professeur de médecine au Collège de France. En 1799, dès les premiers jours du Consulat, il fut nommé médecin du gouvernement, et plus tard premier médecin de Napoléon et de Joséphine, qui l’avait connu chez Barras, et qui le présenta elle-même à Bonaparte. « A quelle maladie, lui demanda Joséphine, selon vous, docteur, le général est-il exposé ? – Aux maladies du coeur.-Ah!… dit Bonaparte, et vous avez fait un livre là-dessus ? – Non, répondit Corvisart, mais j’en ferai un. – Faites, faites vite, nous en parlerons ensemble. » Peu de temps après, en effet, il publia son Traité des maladies du cœur et des gros vaisseaux (1806), qui, en 1810, partagea, avec la Nosologie de Pinel, les prix décennaux, et la seule œuvre vraiment remarquable qu’il nous ait laissée. Ce livre, écrit dans une forme excellente, a eu surtout l’immense avantage de délimiter les divers terrains de la pathologie circulatoire. Il a ouvert de larges routes dans une contrée couverte de ténèbres, à travers les ronces et les épines. Pour la première fois, les maladies du cœur et des poumons ont été isolées les unes des autres, les corrélations entre la composition du sang et les mouvements du cœur entrevues. Il avait ramassé également un grand nombre de matériaux relativement à l’affection connue sous le nom de squirre du pylore, mais rien n’en fut publié, et ce n’est que plus tard que quelques-uns de ses élèves songèrent à en tirer parti. Corvisart avait le tact et l’ouïe d’une extrême finesse et son diagnostic était regardé comme infaillible, et, quand il faisait résonner sous son doigt la poitrine et les reins d’un malade, en y prêtant l’oreille, on attendait comme une sentence le jugement qu’il allait prononcer. On a représenté Corvisart comme enclin aux dissipations et aux plaisirs ; il était, au contraire, d’un naturel morose et mélancolique. Si son esprit laissa souvent échapper de piquantes railleries, des mots fins et légers, en particulier dans des entretiens familiers avec ses amis. Ailleurs, il était toujours sérieux et préoccupé. Quelques historiens ont parlé de sa docilité aux volontés du maître et il est certain cependant que Napoléon, qui l’aimait beaucoup et qui avait en lui la plus entière confiance, lui passait certaines libertés de langage que nul autre ne se serait permises. Aussi disait-il de lui : « Honnête et habile homme, que Corvisart ; seulement, un peu brusque. » De son côté, Corvisart professait un tel dévouement à la personne de l’Empereur, que, à la nouvelle des désastres de 1814, il fut frappé d’une attaque d’apoplexie ; aussi son nom n’est-il pas oublié dans testament du captif de Sainte-Hélène. On a cité de ce savant praticien un trait d’honnêteté qui mérite de trouver place ici. Un jour l’Empereur lui remet, en personne, un brevet pour son frère : « Permettez, dit Corvisart, que je refuse pour mon frère. La place exige une capacité qu’il n’a pas. Je sais qu’il est pauvre, mais c’est mon affaire. » Bonaparte se tourna vers le ministre, et lui dit : En connaissez-vous ‘beaucoup comme celui-là? » En 1805, Corvisart fut créé baron et plus tard’ officier de l’ordre de la Légion d’honneur ; en 1811, l’Institut l’admit dans son sein. Il laissa, en mourant, pour héritier de sa fortune, mais non de son mérite, son neveu, Scipion Corvisart. Outre son Essai sur les maladies du cœur et des gros vaisseaux, il a publié (1808) une traduction de l’ouvrage d’Avenbrugger, intitulé : Nouvelle méthode pour connaître les maladies externes de la poitrine par la percussion.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Jean Nicolas Corvisart sur Wikipedia

http://www.lerubicon.com
 

2 commentaires »

  1. guillou claudine said,

    J’ai fait la connaissance de Corvisart en séance de spiritisme. Je sais que l’on ne va pas me croire tant pis. C’est un hommage que je veux lui faire pour le remercier de sa visite impromptue.

  2. veronique said,

    Vous avez omis de citer Jean-Noël Hallé
    Membre de l’institut,
    Premier médecin de l’Empereur,
    Professeur au Collège de France,
    1754-1822.
    Chevalier de l’Empire.
    http://ambulance1809-gardeimperiale.ibelgique.com/les_grands_noms_de_l_empire_023.htm

    … successivement professeur de physique médicale et d’hygiène à l’École de santé, professeur au Collège de France en 1794, professeur à la Faculté de médecine, premier médecin de Napoléon Ier, puis de Charles X, après la Restauration. Il est membre de l’Académie nationale de médecine. En 1795, il est élu membre de l’Académie des sciences, dont il est président en 1813.
    C’est Hallé qui a créé en France l’enseignement de l’hygiène. (source Wikipédia)


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