septembre 10, 2007

BONAPARTE MELE AU MOUVEMENT REVOLUTIONNAIRE EN CORSE

Posted in Biographie, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , à 10:54 par napoleonbonaparte

Chapelle des Grecs sur la route des Sanguinaires

Il est plus facile d’arrêter de parler politique de que de modérer.

(Napoléon Bonaparte)

Dès les premiers mouvements révolutionnaires, MM. le comte de Buttafoco et l’abbé Peretti, députés corses pour la noblesse et le clergé aux Etats-Généraux, écrivaient à leurs partisans pour leur recommander le calme et la modération ; ils affirmaient que l’ordre n’allait pas tarder à renaître ; les deux députés du tiers, MM. Saliceti et Colonna-Cesari, au contraire, pressaient leurs amis de s’emparer du pouvoir, de donner autorité pleine et entière aux municipalités, de former des milices nationales, comme cela se faisait partout en France.

Le lieutenant Bonaparte, à peine arrivé à Ajaccio, prit l’initiative de la formation d’un Comité Patriote de trente-six membres ; il se montrait enthousiaste de « l’heureuse révolution qui avait rendu l’homme à ses droits » et dénonçait les fonctionnaires français qui avaient maintenu pendant « vingt ans les Corses dans l’esclavage ».

La formation des milices nationales, à laquelle s’étaient montrés hostiles Buttafoco et l’abbé Peretti, occasionna un grand tumulte, le 30 octobre, à Ajaccio, des troubles sanglants, le 5 novembre, à Bastia ; une délégation du Comité Patriotique de Bastia se rendait à Paris, faisait connaître qu’aucun décret de l’Assemblée nationale n’avait été publié jusqu’à ce jour en Corse ; dans sa séance du 30 novembre 1789, l’Assemblée déclarait que la Corse faisait partie de l’Empire français », et votait ensuite un décret d’amnistie en faveur des « Corses qui, après avoir combattu pour la Liberté, s’étaient expatriés par l’effet et la suite de la conquête de leur île ».

Le grand proscrit corse, Pascal Paoli, arrivait à Paris le 3 avil 1790 ; il était reçu par Mirabeau et Lafayette comme un « héros et un martyr de la Liberté », il était présenté au Ministre de la guerre, au Roi, à la Cour, et il était l’objet d’une réception enthousiaste à la société les Amis de la Constitution, présidée par Robespierre.

Des conflits violents se produisaient en Corse entre les royalistes et les révolutionnaires ; le 18 avril 1790, le comte de Rully, colonel du Maine, était assassiné à Bastia ; le 25 juin, MM. de Cadenol, ingénieur des ponts et chaussées, et Raquine, juge royal, Lajaille, directeur de l’artillerie, Descamps, directeur de l’hôpital militaire « fauteurs de l’aristocratie », qui « parlaient et agissaient contre la Constitution », étaient mis en état d’arrestation par la municipalité d’Ajaccio ; ce coup de force avait été exécuté par le lieutenant Bonaparte ; son âme débordait d’enthousiasme pour la liberté, pour Paoli, sa plus haute personnification en Corse, et il se sentait disposé à tout oser pour assurer le triomphe des idées nouvelles.

Pascal Paoli débarquait à bastia le 17 juillet 1790 ; le lieutenant Bonaparte alla lui présenter ses hommages ; dans la nouvelle organisation administrative, son frère Joseph était élu, le 12 octobre, président du directoire du district d’Ajaccio.

Le congé du lieutenant Bonaparte, qui avait été prorogé de quatre mois et demi en avril 1790, venait à expiration à la fin de novembre, et il n’attendait « qu’un vent favorable pour s’embarquer » ; sur ces entrefaites, on apprenait, par le Moniteur que, dans la séance du 6 novembre, Buttafoco avait prononcé une violente diatribe contre Paoli et ses sectateurs « des hommes audacieux qui se couvraient du masque du bien public » pour répandre les « impostures », « emprisonner les citoyens », « mettre leur volonté à la place des décrets de l’Assemblée ».

Le « Club Patriotique » d’Ajaccio, qui était affilié aux Jacobins de Paris, donnait mission au lieutenant Bonaparte, dans sa séance du 6 janvier 1791, de stigmatiser dan un écrit « les infâmes calomnies » de Buttafoco.

Le lieutenant Bonaparte terminait son travail le 23 janvier. Il en donnait lecture dans la séance du soir ; c’était intitulé : Lettre de M. Bonaparte à M. Buttafoco, député de la Corse à l’Assemblée nationale.

Bien qu’il se fut promis de raisonner avec « flegme », il rééditait toutes les basses calomnies des Paolistes contre Buttafoco ; il le traitait de « vendu », de « lâche », de « traître », d' »égoïste ».

Ces violences sans mesure charmèrent les membres du Comité patriotique qui votaient l’impression de l’ouvrage parce que l’auteur, suivant les termes du président Masseria « avait dévoilé avec autant de finesse que de force et de vérité « les infâmes calomnies de Buttafoco ».

Le lendemain, Bonaparte partait pour son régiment.

(Extrait du Souvenir de Napoléon à Ajaccio de Jean-Baptiste Marcaggi)

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