03.30.08

LA QUATRIEME DYNASTIE OU LES NAPOLEONIDES - LE PRINCE IMPERIAL “NAPOLEON IV”

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Napoléon-Eugène-Louis-Jean-Joseph-Napoléon-Bonaparte (1756-1879), Prince Impérial

(16 mars 1856 - 1er juin 1879)

Prince Impérial 

(16 mars 1856 - 4 septembre 1870)

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LA QUATRIEME DYNASTIE OU LES NAPOLEONIDES - NAPOLEON III (1808-1873)

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Napoléon III (1808-1873), empereur des Français (1852-1870) en uniforme de général de brigade, dans son Grand Cabinet aux Tuileries, en 1862 par Hippolyte Flandrin

(20 avril 1808 - 9 janvier 1873)

Empereur des Français

(2 décembre 1852 - 4 septembre 1870)

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03.29.08

LA QUATRIEME DYNASTIE OU LES NAPOLEONIDES - NAPOLEON II (1811-1832)

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Napoléon II (1811-1832), roi de Rome, puis Empereur des Français (1815) par Thomas Lawrence

(20 mars 1811 - 31 juillet 1832)

Empereur des Français

(22 juin - 7 juillet 1815)

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03.15.08

L’IMPERATRICE JOSEPHINE, VEUVE DE BEAUHARNAIS (1763-1814)

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Joséphine Bonaparte, veuve de de Beauharnais, née Tascher de la Pagerie (1763-1814), impératrice des Français (1805-1809)

Joséphine avait donné le bonheur à son mari et s’était constamment montrée son amie la plus tendre, professant - à tout moment et en toute occasion - la soumission, le dévouement et la complaisance la plus absolue.

(Napoléon Bonaparte)

JOSÉPHINE (Marie-Josèphe-Rose TASCHER DE LA PAGERIE), impératrice des Français, née aux Trois-Ilets (Martinique) le 23 juin 1763, morte à la Malmaison (Seine-et-Oise) le 29 mai 1814. Elle appartenait à une famille originaire du Blaisois. Elle fut amenée en France à l’âge de quinze ans, et y épousa, en 1779, le vicomte Alexandre de Beauharnais, dont elle eût deux enfants, le prince Eugène et la reine Hortense. Son mari ayant été emprisonné pendant la Terreur, Joséphine lui rendit en prison les soins les plus affectueux, essaya vainement de l’arracher à l’échafaud, fut arrêtée elle-même et ne dut son salut qu’au 9 thermidor. Mise en liberté par le crédit de Tallien, qui lui fit rendre une partie de ses biens, elle acquit ensuite l’amitié et la protection de Barras, et ce fut celui-ci qui lui proposa d’épouser le général Bonaparte, que les manières distinguées de Joséphine, sa grâce et sa douceur eurent bientôt captivé. Le mariage purement civil eut lieu le 9 mars 1796. Le mariage religieux ne fut célébré que la nuit qui précéda la cérémonie du sacre, huit ans plus tard. Elle partagea dès lors la fortune de Bonaparte, qui, malgré de fréquents accès d’une jalousie trop motivée, ne cessa point de l’aimer beaucoup. Pendant l’expédition d’Egypte, Joséphine s’établit à la Malmaison, et, aux approches du coup d’Etat du 18 brumaire, elle rendit les plus grands services au futur empereur par sa dextérité et l’influence que sa grâce irrésistible exerçait sur les principaux personnages de l’époque. Le 2 décembre elle fut sacrée impératrice par le pape Pie VII en même temps que Napoléon. Cinq années s’écoulèrent, et l’union de Joséphine avec Napoléon étant demeurée stérile, l’Empereur, qui tenait à avoir un héritier, résolut de faire rompre son mariage.Ce fut en dînant tête à tète avec sa femme qu’il lui apprit sa résolution de divorcer avec elle. En l’entendant, Joséphine s’évanouit. Aussi effrayé qu’ému de l’effet qu’il venait de produire, dit M. d’Haussonville, Napoléon entr’ouvrit la porte de son cabinet et appela à son aide le chambellan de service, M. de Bausset. L’évanouissement durant toujours, il demanda au chambellan si, pour éviter toute esclandre, il se sentait la force de porter l’impératrice jusque dans ses appartements, qui communiquaient avec les siens par un escalier dérobé. M. de Bausset prit l’impératrice dans ses bras, et l’Empereur, marchant le premier, à reculons, lui soutint soigneusement les pieds. Ils descendirent ainsi l’escalier. Rien n’avait paru feint ni arrangé à M. de Bausset dans la triste scène dont il était le témoin involontaire ; cependant, ses jambes s’étant un moment embarrassées dans son épée, tandis qu’il descendait cet escalier étroit, comme il se roidissait pour ne pas laisser tomber son précieux fardeau, sa surprise fut assez grande d’entendre Joséphine lui dire tout bas : « Prenez garde, monsieur, vous me serrez trop fort. » Malgré les supplications et les larmes de Joséphine, la volonté du maître s’accomplit. Le divorce fut prononcé le 16 décembre et Joséphine se retira à la Malmaison. Napoléon lui fit de magnifiques dotations, lui constitua une rente de 2 millions de francs et entretint même avec elle une correspondance dont Marie-Louise se montra plus d’une fois jalouse. Joséphine mourut d’une esquinancie, après six jours de maladie, juste au moment où Napoléon tombait, entraînant dans sa chute l’honneur de la France dont l’étranger foulait le sol. Elle put deviner les malheurs que l’insatiable ambition et la folie guerrière dû despote de brumaire, dont elle s’était faite la complice et l’associée, faisaient fondre sur nous.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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03.05.08

FRANCOIS Ier (1768-1835), EMPEREUR D’AUTRICHE

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François Ier d’Autriche (1768-1835), Empereur d’Allemagne (1792-1805) puis d’Autriche (1805-1835)

Ce squelette de François II, que le mérite de ses ancêtres a placé sur le trône.

Je croyais l’empereur François un bon homme ; je me suis trompé !  C’est un imbécile, un paresseux sans cervelle et sans coeur. Il est dépourvu de tout talent. Il ignore l’affection, la sensibilité et la gratitude. En fait, les bonnes qualités lui font complètement défaut.

(Napoléon Bonaparte)

FRANÇOIS II (Joseph-Charles), empereur  d’Allemagne, puis FRANÇOIS 1er, empereur d’Autriche, né en 1768, mort en 1835. Il succéda, en 1792, à Léopold II, son père. C’était un prince d’une nullité à peu près complète. Il ne régna que de nom, sous la tutelle de Metternich. A son début, il entra en lutte avec la Révolution française, et, jusqu’en 1809 cette lutte ne fut pour lui qu’une série de désastres. En 1797, le traité de Campo-Formio lui enlève la Lombardie ; mais, par une condescendance coupable du Directoire, François reçoit Venise en dédommagement. La perte de la bataille de Marengo lui coûte plusieurs provinces (14 juin 1800). Défait à Austerlitz, il cède la Vénétie (1805). L’établissement de la Confédération du Rhin l’oblige à abdiquer le titre d’empereur d’Allemagne pour prendre celui d’empereur d’Autriche (1806) ; une nouvelle levée de boucliers, qu’il fait en 1809,lui coûte la Gallicie et les provinces illyriennes. Enfin, pour comble d’humiliation, il se voit obligé de donner sa fille aînée, Marie-Louise, à son heureux vainqueur (1810). L’alliance qu’il a contractée, il se hâte de la rompre dès que Napoléon est abandonné par la fortune (1813). Les succès de la coalition le remettent en possession de tous les Etats qu’il a perdus depuis vingt ans. François Ier se montra dur dans la répression des tentatives insurrectionnelles de la Lombardie eu 1821 : les tortures du Spielberg pèseront éternellement sur sa mémoire.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : François Ier d’Autriche sur wikipedia
 

01.18.08

LA FAMILLE DE NAPOLEON - CHARLES BONAPARTE (1746-1785)

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Charles Bonaparte (1746-1785)

Si mon père qui est mort avant quarante ans, eût vécu, il eût été nommé député de la noblesse de Corse à l’Assemblée constituante. Il tenait fort à la noblesse et l’aristocratie ; d’un autre côté il était très chaud dans les idées généreuses et libérales ; il eût donc été ou tout à fait du côté droit, ou au moins dans la minorité de la noblesse. Dans tous les cas quelles qu’eussent été mes opinions personnelles, j’aurais suivi sa trace, et voilà ma carrière entièrement dérangée et perdue.

(Napoléon Bonaparte)

Bonaparte (Charles-Marie). Père de Napoléon, né à Ajaccio le 29 mars1746, fut envoyé à Pise pour étudier le droit, et épousa à son retour Laetitia Ramolino. C’est de ce mariage que naquit toute une génération de rois. En 1768, Charles Bonaparte fut du nombre des patriotes qui secondèrent les deux Paoli dans leur lutte armée pour l’indépendance de la Corse. Non seulement il se distingua par son courage, mais c’est lui qui rédigea, dit-on, l’adresse à la jeunesse corse, publiée à Corte en juin 1768. Sa femme l’accompagna partout, bien qu’elle fût enceinte de sept mois de Napoléon, et partagea avec lui tous les périls delà guerre, jusqu’au moment où Paoli s’éxila. Alors, après l’établissement définitif de la domination française, Charles Bonaparte revint s’établir dans ses foyers, et, grâce à la protection du comte de Marbeuf, gouverneur de l’Ile, fut reconnu noble et nommé successivement assesseur de la ville et province d’Ajaccio en 1774, député de la noblesse de Corse à la cour de France en 1777, et enfin, en 1781, membre du conseil des douze nobles de l’île. Pendant qu’il remplissait à Paris sa mission, il obtint trois bourses : une pour Joseph, son fils aîné, au collège d’Autun ; la seconde, pour Napoléon, à l’école de Brienne ; la troisième, à la maison royale de Saint-Cyr, pour sa fille Marie-Anne-Elisa. Charles Bonaparte mourut en à Montpellier, où il était venu pour se faire traiter d’un squirre à l’estomac. Ses restes furent transportés plus tard à Saint-Leu, par les soins de son fils Louis. Il eut de son mariage treize enfants, dont huit lui survécurent, cinq fils et trois filles, savoir : 1° Joseph Bonaparte; 2° Napoléon Bonaparte ; 3° Marie-Anne-Elisa Bonaparte ; 4° Lucien Bonaparte ; 5° Louis Bonaparte ; 6° Marie-Pauline Bonaparte ; 7° Marie-Annonciade-Caroline Bonaparte ; 8° Jérôme Bonaparte.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Liens : Charles Bonaparte sur Wikipedia & Biographie de Charles Bonaparte par Nasica

LA FAMILLE DE NAPOLEON - LAETITIA BONAPARTE (1750-1836), MADAME MERE

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Laetitia Bonaparte (1750-1836), Madame Mère

Madame Mère était trop parcimonieuse ; c’en était ridicule… c’était excès de prévoyance ; elle avait connu le besoin, et ces terribles moments ne lui sortaient pas de la pensée… mais chez elle le grand l’emportait toujours sur le petit : la fierté, la noble ambition marchait avant l’avarice.

(Napoléon Bonaparte)

Bonaparte (Mme Marie-Laetitia Ramolino). Epouse de Charles Bonaparte, mère de Napoléon 1er, née à Ajaccio le 24 août 1750, d’une famille patricienne. Bien qu’au milieu des discordes civiles qui déchiraient son pays, elle n’eût pu recevoir qu’une éducation médiocre, elle se fit toujours remarquer par la pénétration de son esprit et la rectitude de son jugement, autant que par l’élévation de son caractère. Elle, était d’une beauté pleine d’éclat, dont la gravité mélancolique et la dignité sévère rappelaient à l’esprit le type idéal de la matrone romaine. En 1767, elle épousa Charles Bonaparte, dont elle partagea les périls lors de la résistance armée contre la conquête française ; elle le suivait à cheval, même pendant ses grossesses, dans ses expéditions et ses fuites à travers les montagnes. Devenue veuve en 1785, elle déploya le plus ferme caractère et veilla seule à l’éducation de ses enfants. Lorsque, en 1793, la Corse eut été livrée aux Anglais, elle fut obligée de fuir au milieu de mille dangers, et se réfugia avec son fils Lucien et ses trois filles à Marseille, où elle fut réduite aux subsides que la République accordait aux patriotes réfugiés, et où elle vécut dans un dénùment extrême jusqu’au moment où Bonaparte, devenu général en chef de l’armée d’Italie, put améliorer le sort de sa famille. Dès lors, elle suivit la fortune extraordinaire de son illustre fils ; reçut, en 1804, le titre de Madame Mère, eut un palais, une cour, dont les charges étaient remplies par les plus grands noms de l’ancienne monarchie ; mais conserva, au milieu de cette grandeur inouïe de sa race, l’austère simplicité de sa vie passée. Il paraît même que, malgré le désir de l’Empereur, elle poussait sa répugnance pour le faste et l’éclat jusqu’à la parcimonie, et qu’elle s’attachait moins à jouir du présent qu’à se prémunir contre les éventualités de l’avenir. Par une prévoyance de mère de famille dont la vie avait été douloureusement éprouvée, elle disait parfois, avec une gaieté pleine de mélancolie : Qui sait si je ne serai pas un jour obligée de donner du pain à tous ces rois ? On sait qu’en effet, plus tard, les économies accumulées par la sollicitude maternelle ne furent pas inutiles à tous ces rois devenus des proscrits. Après les désastres de Waterloo et la seconde abdication de Napoléon, Madame Mère se relira à Rome, où elle vécut dans une retraite profonde, protégée par le respect et la sympathie de toute l’Europe, portant avec une dignité admirable, et pendant plus de vingt ans encore, le poids de ses souffrances physiques (elle s’était cassé la cuisse), de ses angoisses morales et de ses immenses douleurs. Elle mourut en 1836, âgée de plus de quatre-vingt-cinq ans, d’une fièvre gastrite, emportant dans sa tombe la déchirante pensée que la France était à jamais fermée à tous les siens, et exprimant le désir qu’ils n’y rentrassent jamais qu’appelés par la volonté nationale. Quelques dissidences passagères avaient existé entre le fils et la mère. Napoléon se rappelait avec une certaine amertume qu’elle s’était vivement opposée à ce qu’il prît le titre d’Empereur, et oubliait difficilement sa préférence pour Lucien, qu’elle avait sans cesse soutenu, en disant avec une grandeur d’âme toute cornélienne : « Celui de mes enfants que j’aime le plus, c’est toujours le plus malheureux. » II se montrait aussi blessé de son aversion pour Marie-Louise. Cependant, en 1820, lorsque les fautes de la Restauration suscitèrent des révolutions en Espagne et en Italie, et qu’il se forma une conspiration bonapartiste, accusée de répandre des millions pour fomenter un mouvement en faveur de son fils, elle répondit noblement : « Je n’ai pas de millions ; mais si je possédais les trésors qu’on me suppose, je les emploierais à armer une flotte pour enlever mon fils de l’île de Sainte-Hélène, où la plus odieuse déloyauté le retient prisonnier. » En effet, quoi qu’on ait dit de ses immenses richesses, elle ne laissa qu’une fortune de 80.000 fr.ancs de rente et environ 500.000 francs de bijoux. Le plus bel héritage qu’elle légua à ses enfants fut l’exemple de sa modération dans la prospérité, de sa grandeur d’âme dans l’adversité.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Madame Mère sur Wikipedia & Souvenirs de Madame Mère

01.16.08

LA FAMILLE DE NAPOLEON - HORTENSE DE BEAUHARNAIS (1783-1837), REINE DE HOLLANDE

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Hortense de Beauharnais (1783-1837), reine de Hollande

Hortense, si bonne, si généreuse, si dévouée, n’est pas sans avoir quelques torts avec son mari ; j’en dois convenir, en dehors de toute l’affection que je lui porte et du véritable attachement que je sais qu’elle a pour moi.

(Napoléon Bonaparte)

Beauharnais (Eugénie-Hortense de). Reine de Hollande, connue sous le nom de la reine Hortense, née à Paris en 1783, morte à Arenenberg en 1837. Fille d’Alexandre de Beauharnais et de Rose Tascher de la Pagerie, que devait épouser Napoléon, elle fut emmenée, à l’âge de quatre ans, à la Martinique, d’où elle revint en 1790. La jeune Hortense avait onze ans lorsque son père monta sur l’échafaud. Sa mère fut jetée en prison, et elle-même gardée à vue dans l’hôtel de Salm avec son frère Eugène. Lorsque l’horizon se fut éclairci et que Joséphine, sans prévoir sa future grandeur, eut, malgré les conseils de ses amis, épousé en secondes noces (9 mars 1796) le général Bonaparte, connu seulement par le siège de Toulon et la journée du 13 vendémiaire, Hortense fut mise en pension chez Mme Campan. Elle en sortit à dix-sept ans, et, deux, ans plus tard, le 13 janvier le premier consul lui fit épouser son frère Louis. Ni l’un ni l’autre des deux époux, n’avait désiré cette union ; mais elle servait la politique de Napoléon : il fallut obéir. Cette union fut néanmoins promptement féconde, car Hortense de Beauharnais mit au monde, le 10 octobre 1802, un fils, Napoléon-Charles, et le 10 octobre 1804, un second lils, Napoléon-Louis. En 1806, elle partit pour aller rejoindre son mari placé sur le trône de Hollande, et, l’année suivante, elle perdit son fils aîné, enlevé par le croup. Frappée au cœur, elle alla passer quelque temps au village d’Arrens, dans la vallée d’Azan, au milieu, des Pyrénées, puis retourna à Paris, à son hôtel de la rue Cerutti. Là, entourée d artistes et de littérateurs, elle demandait des distractions à la peinture et à la musique. Tantôt elle dessinait des fleurs et des paysages, tantôt elle chantait des romances, dont elle se plaisait à composer l’accompagnement. Une de ces romances est devenue un chant national sous le Second Empire, c’est le fameux air : Partant pour la Syrie, dont M. Laborde avait versifié les paroles. C’est à la reine Hortense qu’est due l’idée ingénieuse de faire placer avant chaque romance un dessin qui se rapporte au sujet. Elle aimait encore à cultiver des fleurs de ses propres mains. Le 20 avril 1808, elle mit au monde, à Paris, un troisième fils, Charles-Louis-Napoléon, qui devait être un jour Napoléon III. Lors du divorce de Napoléon avec Joséphine, qui n’aurait peut-être pas eu lieu si la mort du fils aîné d’Hortense n’eût pas déconcerté les projets de l’Empereur, qui voulait l’adopter, cette princesse plaida, mais inutilement, la cause de sa mère avec l’éloquence du cœur. Elle dut se faire violence, dévorer ses larmes, et, comme les autres reines de sa famille, soutenir, aux cérémonies du mariage, le manteau de la nouvelle impératrice. S’autorisant de l’exemple de l’Empereur, elle lui demanda la permission de divorcer, ce qui lui fut refusé. La simple séparation de corps lui fut même interdite. Obligée d’aller partager avec son mari le poids de la couronne de Hollande, la reine Hortense ne dissimula pas sa préférence pour les Français et ne fut pas étrangère, dit-on, à l’acceptation, par le roi Louis, du traité qui cédait à l’Empereur une province hollandaise. Lors de l’abdication de son mari, elle gouverna quelque temps comme régente, jusqu’à la réunion de la Hollande à l’Empire. Comme compensation, l’Empereur l’autorisa alors à se séparer du roi Louis, à garder ses deux enfants, et lui assura un douaire de 2 millions de revenu. Devenue reine honoraire, elle se fixa alors à Paris, et son salon fut bientôt le rendez-vous de la bonne société et de toutes les illustrations. Mais elle préférait à l’éclat du monde, l’amitié sincère d’une de ses amies de pension, Adèle Augulé, sœur cadette de la maréchale Ney, qu’elle eut la douleur de voir se noyer dans un précipice à Aix, en Savoie, sans pouvoir lui porter secours. La reine Hortense se mêla cependant encore une fois de politique. Lors de l’invasion de la France par les alliés, elle fit de courageux efforts pour empêcher le départ de l’impératrice pour Blois ; puis, après avoir rendu visite à sa mère, à Evreux, elle rejoignit Marie-Louise, prisonnière à Rambouillet, et ne la quitta que lors de son départ pour Vienne, bien qu’elle n’eût pas à se louer de sa réception. Elle retourna alors à la Malmaison, où les souverains alliés, outre une pension de 400.000 francs, lui formèrent un duché de tous les biens environnant la terre de Saint-Leu, duché qui devait lui donner un revenu à peu près égal (30 mai 1814). Deux jours auparavant, Hortense avait recueilli le dernier soupir de sa mère, dont elle fit déposer les restes dans l’église de Rueil. Après être allée se reposer de ses fatigues et de ses douleurs aux eaux de Plombières et de Bade, où sa cousine, la grande-duchesse: Stéphanie, la reine de Bavière, Caroline, et l’impératrice de Russie Elisabeth, la traitèrent en reine, Hortense revint à Saint-Leu. On l’accusa d’y conspirer, à cause de la société de mécontents qu’elle recevait, et ces mécontents l’accusèrent à leur tour d’être portée pour la Restauration, qui lui témoignait un grand intérêt. C’est à ce moment que le tribunal de la Seine la condamna à rendre au roi Louis, son fils aîné; Napoléon-Louis, arrêt que les Cent-Jours lui permirent d’éluder. L’Empereur l’accusa, à son retour, d’avoir pactisé avec ses ennemis, puis lui rendit justice et même, à sa prière, il accorda à la duchesse douairière d’Orléans une pension de 200.000 francs avec la permission de rester à Paris. Après Waterloo, Hortense accueillit avec un respect pieux Napoléon à la Malmaison et le soigna comme une fille dévouée. Elle le força même à accepter un collier de 800.000 francs, en échange duquel Napoléon lui donna sur le trésor une délégation qui n’eut aucun effet. Lorsqu’il fut parti, elle retourna à Paris, d’où on lui intima l’ordre de sortir dans les deux heures. Suivie de ses deux enfants, elle résida successivement à Aix en Savoie, où elle avait fondé un hôpital, à Constance et àThurgovie. Là, elle se mit à écrire ses mémoires, tout en surveillant avec les soins d’une mère digne de ce nom l’éducation de .son second fils, auquel elle, enseignait elle-même les beaux-arts. Le château d’Arenenberg, sur les bords du lac de Constance, lui ayant plu, elle l’acheta (1817), et, tandis qu’on l’embellissait, elle passa l’hiver a Augsbourg, où son frère Eugène vint la voir. Elle quitta cette résidence à la mort de ce dernier, en 1824, et, autorisée par le pape Léon XII à habiter l’Italie, elle passait l’hiver à Rome et l’été à Arenenberg. Lorsque éclata la Révolution de 1830, elle fit, tous ses efforts pour empêcher ses fils de se compromettre dans l’insurrection italienne ; mais l’aîné partit malgré elle, et fut emporté par la rougeole à Forli, l’année suivante, le mars 1831, sans qu’elle pût recueillir son dernier soupir. Pour sauver le fils qui lui restait, elle se rendit à Paris avec un passeport anglais et obtint une audience du roi Louis-Philippe, qui ne put que lui donner un vague espoir. Hortense retourna à Arenenberg, après un séjour de trois mois en Angleterre, et vécut tranquille jusqu’à la tentative de Louis-Napoléon à Strasbourg, le 30 octobre 1836. L’amour maternel l’entraîna de nouveau à Paris, pour solliciter la grâce de son fils. Le sort du prince était déjà décidé ; elle en reçut la nouvelle, avec l’ordre de quitter la France. Le gouvernement la faisait prier en même temps d’engager son fils à rester dix ans aux Etats-Unis. La déportation du prince Louis acheva de détruire la santé d’Hortense, si cruellement éprouvée. Elle lui écrivit le 3 avril de venir lui fermer les yeux. Quittant aussitôt l’Amérique, Louis-Napoléon arriva à temps en Suisse pour recevoir son dernier soupir, le 5 octobre 1837. Selon sou désir, la reine Hortense fut inhumée à Rueil, près de sa mère. Son fils, pendant sa détention au fort de Ham, fit élever à sa mémoire un monument funèbre, inauguré le 20 avril 1848. La reine Hortense était une femme pleine de bonté de cœur. L’adversité, en mûrissant sa raison, la rendit plus respectable aux yeux de tous et l’on fut obligé de reconnaître qu’en la jugeant d’après les apparences, on s’était montré trop sévère à son égard ; si d’ailleurs elle a eu des torts, elle les a cruellement expiés et noblement rachetés par son dévouement à l’empereur, qui l’avait rendue malheureuse en la forçant à contracter un hymen vers lequel elle ne se sentait pas attirée, et par son amour maternel, toujours prêt à tout sacrifier au bonheur de ses enfants. Aujourd’hui, que les passions se sont éteintes ou tout au moins assoupies, la reine Hortense occupe avec l’impératrice Joséphine, sa mère, une grande place dans le cœur reconnaissant de tous les Français et surtout des Françaises.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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LA FAMILLE DE NAPOLEON - MARIE-LOUISE D’AUTRICHE (1791-1847), IMPERATRICE DES FRANCAIS

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Marie-Louise (1791-1847), impératrice des Français et le Roi de Rome (1811-1832)

C’était une bonne petite femme timide qui avait toujours peur en se voyant au milieu des Français qui avait assassiné sa tante.

(Napoléon Bonaparte)

Marie-Louise. Impératrice des Français, fille de l’empereur d’Autriche François 1er, née à Vienne en 1791, morte en 1847. « C’était, dit Lamartine, une belle fille du Tyrol, les yeux bleus, les cheveux blonds, le visage nuancé de la blancheur de ses neiges et des rose de ses vallées, la taille souple et-svelte, l’attitude affaissée et langoureuse de ces Germaines qui semblent avoir besoin de s’àppuyer sur le cœur d’un homme ; les lèvres un peu fortes, la poitrine pleine de soupirs et de fécondité, les bras longs, blancs, admirablement sculptés et retombant avec une gracieuse langueur… Nature simple, touchante, renfermée, en soi-même, muette au dehors, pleine d’échos au dedans, faite pour l’amour domestiqué dans une destinée obscure. » Ce fut-sur cette princesse, âgée de dix-huit ans, élevée par sa famille dans la haine de la France et du souverain qui la gouvernait, que Napoléon jeta les yeux lorsque, désireux d’avoir un héritier, il résolut de divorcer avec Joséphine. Vainqueur de l’Autriche à Wagram, maître de Vienne, il demanda ou plutôt exigea la main de l’archiduchesse, qui lui fut accordée. Le 1er avril 1810, le mariage civil de Napoléon et de Marie-Louise fut célébré à Saint-Cloud, et, le lendemain, eut lieu dans la grande galerie du Louvre le mariage religieux. Bien que cette union parût offrir une chance de plus pour la conclusion de la paix générale que la France désirait ardemment depuis si longtemps, elle fut mal accueillie par le peuple, très attaché à Joséphine et qui voyait avec regret une Autrichienne monter sur le trône. Après les fêtes splendides auxquelles donna lieu ce mariage, Napoléon fit visiter à sa jeune épouse la Belgique et la Hollande. « Les premiers temps de cette union furent assez heureux, dit Mme de Brady. L’empereur, très moureux, négligeait tout pour sa nouvelle épouse ; l’impératrice, toujours réservée, fut d’abord sensible à ce tendre sentiment ; mais les mœurs françaises n’étaient point faites pour lui plaire et elle inspira bientôt à ceux qui l’entouraient et à la nation entière l’indiffèrence qu’elle-même ressentait. Dans la conversation, sa réserve allait jusqu’à la froideur et elle avait un air constamment ennuyé. » Le 20 mars 1811, Marie-Louise, à la grande joie de Napoléon, lui donna, un fils, salué du nom de roi de Rome. Nommée régente toutes les fois que son époux s’absentait pour une campagne, elle montra dans l’exercice de ses hautes fonctions une nullité absolue. Le 23 janvier 1814, Napoléon embrassa pour la dernière fois Marie-Louise et son fils, et marcha contre les armées coalisées qui venaient d’envahir la France. Lorsque, le 29 mars, les alliés approchèrent de Paris, Marie-Louise, obéissant aux instructions péremptoires de Napoléon, qui avait déclaré qu il aimerait mieux voir sa femme et son fils au fond de la Seine qu’entre les mains de l’ennemi, quitta la capitale, gagna Blois avec le roi de Rome, refusa de suivre Joseph et Jérôme au delà de la Loire, se rendit, après l’abdication de Napoléon, à Orléans, d’où elle gagna Rambouillet avec le prince Esterhazy, y reçut la visite de son père l’empereur François 1er, et partit pour l’Autriche le 25 avril. Pendant les Cent-Jours, on la garda à vue dans son palais et on la sépara de son fils, qu’elle ne devait plus revoir qu’au moment de la mort. Elle eut, pour la dédommager du trône qu’elle perdait, la souveraineté viagère des principautés de Parme, Plaisance et Guastalla, dont elle prit possession en 1816 et qu’elle gouverna avec modération. Marie-Louise entretint des intrigues avec un obscur général autrichien, le comte de Neipperg, se maria, secrètement avec lui après la mort du captif de Sainte-Hélène, et en eut trois enfants. En 1831, une insurrection la força de quitter ses Etats, où, grâce à l’intervention de l’Autriche, elle revint quelque temps après. Le duc de Lucques lui succéda après sa mort. Jusqu’à l’a fin de sa vie, Napoléon se fit une illusion complète sur les sentiments de Marie-Louise à son égard. « Soyez bien persuadés, disait-il quelque temps avant de mourir, que si l’impératrice ne fait aucun effort pour alléger mes maux, c’est qu’on la tient environnée d’espions qui l’empêchent de rien savoir de tout ce qu’on me fait souffrir, car Marie-Louise est la vertu même. » Il disait un autre jour: «J’ai été occupé en ma vie de deux femmes très différentes ; l’une (Joséphine) était l’art et les grâces ; l’autre (Marie-Louise), l’innocence et la simple nature. » En prononçant ces paroles, il ne se doutait guère que Marie-Louise, après avoir consenti sans murmurer à se séparer complètement de son fils, oubliait dans d’indignes affections celui qui expiait son despotisme et son ambition démesurée sur le rocher de Sainte-Hélène.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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01.15.08

LA FAMILLE DE NAPOLEON - NAPOLEON II (1811-1832), ROI DE ROME ET EMPEREUR DES FRANCAIS

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Napoléon II (1811-1832), roi de Rome, Empereur des Français (1815)

Je l’envie ! La gloire l’attend, alors que j’ai dû courir après elle. Pour saisir le monde il n’aura qu’à tendre les bras. J’aurais été Philippe, il sera Alexandre.

(Napoléon Bonaparte)

Napoléon II (François-Charles-Joseph-Napoléon Bonaparte, roi de Rome, duc De Reichstadt), né aux Tuileries le 20 mars 1811, mort à Schonbrunn (Autriche) le 22 juillet 1832. Comme pour Louis XVII, la légende d’abord, puis les faits ont consacré ce nom de Napoléon II, qu’il n’a jamais légalement porté. La destinée de ce jeune homme, qui fut salué roi de Rome en naissant, à qui Napoléon comptait bien laisser son vaste empire et qui mourut simple prince autrichien, a quelque chose d’étrange et de mystérieux qui a fasciné les poètes ; mais l’historien pourrait presque la laisser de côté, tant elle a peu d’importance. Sa naissance fut saluée avec un enthousiasme dont les écrivains contemporains et même ceux de la génération suivante se sont plu à se faire l’écho ; ils nous montrent toute la capitale comme en suspens et retenant son haleine, tandis que le canon des Invalides annonçait la délivrance de l’impératrice Marie-Louise, un peuple immense autour des Tuileries, comptant les coups de canon et laissant enfin échapper une joie qui tenait du délire lorsque le vingt-deuxième annonça qu’un enfant mâle était l’héritier de César. L’accouchement de Marie-Louise avait été laborieux ; on fut obligé d’employer le forceps, et la vie de l’enfant fut un moment menacée. Aussitôt qu’il’ eut jeté un cri, il fut créé roi de Rome, grand-aigle de la Légion d’honneur, grand-croix de la Couronne de fer et il reçut la Toison d’or. Casimir Delavigne et Michaud sentirent l’inspiration des cendre sur leur front et composèrent chacun un dithyrambe. La ville de Paris offrit, pour berceau du jeune prince, ce magnifique vaisseau de vermeil, emblème de Lutèce, que l’on a vu longtemps au musée des Souverains ; puis, après tant de marques d’enthousiasme, réel ou simulé, le silence se fit autour du roi de Rome ; On sut seulement que Napoléon lui avait donné pour gouvernante Madame de Montesquiou, afin de suivre les royales traditions, et les feuilles officielles racontèrent, suivant l’habitude, quelques traits enfantins de l’altesse au maillot. Le 6 septembre 1812, sur les bords de la Moskova, la veille de la terrible bataille de ce nom, Napoléon, qui était justement en train de perdre, par ses gigantesques folies, son trône et celui de son fils, reçut de Paris, des mains de M. de Beausset, préfet du palais, le portrait du roi de Rome, peint par Gérard. Le grand artiste l’avait représenté à demi couché dans son berceau, jouant, en guise de hochets, avec le sceptre et le globe du monde. L’empereur s’interrompit au milieu de ses dispositions pour la bataille du lendemain et montra, tout joyeux, ce portrait à son état-major ; il le fit saluer par sa garde. Il ne revit son fils que deux fois, à son retour de la Bérézina et après Leipzig ; il le présenta alors aux officiers de la garde nationale parisienne, réunis aux Tuileries pour le premier jour de l’an 1814, et le confia à leur patriotisme, dans une de ces scènes théâtrales qu’il affectionnait. La frontière était alors envahie de toutes parts. Paris allait être menacé, et Napoléon, revenant peu de temps après sur ses dispositions premières, prescrivit à son frère Joseph de faire retirer l’impératrice et le roi de Rome au sud de la Loire. Marie-Louise et son fils, accompagnés du roi Jérôme et d’une fiable escorte de cavaliers, arrivaient à Blois en même temps que les alliés entraient à Paris (30 mars 1814) ; quelque temps après, ils étaient à Orléans, où, ils logèrent à l’évêché. Là, il se passa un fait odieux que les historiens bonapartistes ont laissé de côté. Le roi Jérôme, qui savait qu’un des fourgons renfermait des diamants pour une somme énorme et quatre millions en or, résolut de laisser là l’impératrice et de sauver la caisse. Au milieu de la nuit, il essaya d’enlever le fourgon laissé à la garde d’une seule sentinelle, sur le parvis de la cathédrale, et comme la sentinelle, qui ne connaissait que sa consigne, menaça d’appeler aux armes, Jérôme lui cassa la tête d’un coup de pistolet ; le poste accourut au bruit et l’on arrêta le voleur. C’était une affaire manquée. Tel était pourtant le trouble qui régnait alors qu’on le relâcha, malgré le flagrant délit, et qu’il continua le voyage jusqu’à la frontière. Cet épisode scabreux de l’histoire des Bonaparte est raconté par Vaulabelle Histoire des deux restaurations, et les pièces justificatives existent aux archives d’Orléans. On sait que Maubreuil a aussi prétendu avoir été chargé par divers personnages, entre autres par Talleyrand, d’assassiner le roi de Rome pendant ce voyage, s’il en trouvait l’occasion, ou tout au moins d’enlever le fameux fourgon aux diamants, but, comme on le voit, de Bien des convoitises. Ce ne fut donc pas sans danger que l’impératrice et son fils réussirent à gagner le Rhin, qu’ils franchirent près de Huningue à la fin d’avril. Dans l’acte d’abdication de Fontainebleau, Napoléon avait réservé les droits du roi de Rome, proclamé empereur sous le nom de Napoléon II, avec Marie-Louise comme régente. Cette clause fut considérée comme non avenue par les alliés, maîtres de la France et décidés à rétablir les Bourbons. Ce fut également en vain qu’à son départ pour l’île d’Elbe, il demanda que sa femme et son fils pussent l’accompagner ; les alliés décidèrent que le jeune prince serait confié à son grand-père, l’empereur d’Autriche, et qu’il porterait, dès lors, le titre de duc de Reichstadt, Durant les Cent-Jours, Napoléon renouvela réclamation ; il ne lui fut même pas fait de réponse, et l’issue de la bataille de Waterloo coupa court aux négociations. Quelques membres de la Chambre proclamèrent une seconde fois Napoléon II, en vertu de la seconde abdication ; les manœuvres du duc d’Otrante empêchèrent toute action efficace jusqu’à ce que les alliés fussent dans Paris, et alors on trouva qu’il était trop tard. Pendant ce temps, le jeune prince, entouré d’une garde soupçonneuse et objet de précautions infinies, était retenu à Vienne et confié à un gouverneur qui prit le nom de grand maître, le comte de Dietrischtein, spécialement chargé d’empêcher qu’il n’eût la moindre communication avec le dehors, surtout avec des Français. Cet enfant inquiétait l’Europe ; et, en effet, l’alliance des républicains et des bonapartistes, devenus alliés en face des Bourbons, la force encore redoutable des débris de l’armée réunie derrière la Loire offraient des points d’appui sérieux à ceux qui auraient voulu prolonger l’Empire. De plus, il est certain que, aux mains de l’Autriche et de ses alliés, Napoléon II était un épouvantail qui leur servait à tenir en respect les Bourbons, à exiger d’eux une plus dure rançon de la France ; à la moindre velléité de résistance, ils menaçaient de le reconnaître. Après la conclusion des traités, les alliés ne songèrent plus qu’à se garantir eux-mêmes et à empêcher à tout prix que le fils suivît jamais les traces de son père. Par une première convention, le duché de Parme avait été donné en souveraineté à Marie-Louise, avec réversibilité au duc de Reichstadt (11 juin 1817) ; la clause de réversibilité fut annulée quelques années après, sur la demande des Bourbons, qui voyaient avec terreur qu’un jour, une fois souverain, il pourrait vouloir compter avec eux. Afin de mater ce qu’il pouvait avoir d’intelligence, on négligea son éducation au point qu’à seize ans il ne savait rien de l’histoire de France. Retenu comme prisonnier dans les palais impériaux, principalement à Schonbrunn, objet d’une surveillance qui ne se relâchait pas un instant, il ne vit jamais que des personnes étrangères à son entourage domestique ; dom Manuel de Portugal, qui était de séjour à Vienne et grand ami du comte de Metternich, et, dans ses dernières années, Marmont, duc de Raguse, chassé de France par la Révolution de 1830, Aucun écrit ne lui parvenait sans avoir été scrupuleusement examiné par ses gardiens ; jamais, surtout, on ne permit qu’il reçût des nouvelles de son père, qui, de son côté, était laissé à son égard dans la plus complète ignorance. Quand il eut quinze ou seize ans, on lui fit apprendre l’histoire, réduite à une simple chronologie, et quelques théorèmes de géométrie. On prétend que, surpris de tant de précautions, il se serait écrié un jour : « Mais que veulent-ils donc faire de moi ? Pensent-ils que j’aie la tête de mon père? » Rarement on put le voir en public ; c’était un beau jeune homme, d’une taille élevée, aux cheveux blonds et aux yeux bleus, très bon écuyer et se plaisant à monter à cheval. L’empereur François le créa colonel d’un régiment, puis gouverneur de Gratz, en Styrie, une ville qu’il ne connaissait même pas. Depuis la mort de Napoléon, le parti libéral en France tournait volontiers les yeux vers lui ; il ne paraît pourtant pas qu’aucune tentative sérieuse ait été faite pour le délivrer. Son nom servait de signe de ralliement à l’opposition. Béranger en fit le thème d’une de ses chansons, les deux cousins, où il supposait une épître adressée par le duc de Reichstadt au duc de Bordeaux. Barthélémy fit le voyage de Vienne pour lui remettre un exemplaire de son poème, Napoléon en Egypte, et ne put parvenir à le voir ; il composa à ce sujet, sous le titre du Fils de l’homme (1829), une si éloquente apologie de Napoléon II, qu’il se vit condamner à trois mois de prison pour écrit séditieux. On trouve dans les notes de ce poème quelques détails assez curieux sur le jeune prince, entre autres cette réponse que fit le comte de Dietrichstein à sa demande d’audience : « Ne savez-vous pas que la politique de l’Autriche et celle de la France s’opposent à ce qu’aucun étranger et surtout un Français soit présenté au prince ?… Est-il bien vrai que vous soyez venu à Vienne pour le voir ? On se fait en France des idées bien fausses et bien ridicules sur ce qui se passe ici. Le prince n’est pas prisonnier, mais il se trouve dans une position toute particulière. Soyez bien persuadé qu’il ne voit, ne lit et n’entend que ce que nous voulons. S’il recevait une lettre, un livre qui eût trompé notre surveillance, il ne le lirait pas sans que nous lui eussions dit qu’il peut le faire sans danger. Son premier soin serait de nous le remettre. » Tenu dans cet état de sujétion, le fils de Napoléon ne tarda pas à s’étioler ; sa tristesse et sa pâleur maladive frappaient les quelques personnes qui purent l’apercevoir et firent même conjecturer qu’on le soumettait à un régime particulier, renouvelé des empoisonnements lents du moyen âge. Barthélémy, qui put apercevoir le jeune prince au théâtre, s’est fait l’écho de ce bruit : A la cour de Pyrrhus j’ai vu le fils d’Hector !”. Quel germe destructeur, sous l’écorce agissant, A sitôt défloré ce fruit adolescent ? Ce qui est certain, c’est que, accablé à vingt ans de la plus grande lassitude ; indifférent à tout et même à la vie, il s’écriait sans cesse : Qu’on me laisse mourir en paix. « Au lendemain de la Révolution de 1830, une fraction du parti libéral, qui avait fait son idole du fils de Napoléon, songea à l’appeler au trône ; Talleyrand, ce ténébreux artisan de toutes les trames de 1814 et de 1815, se chargea même de faire agréer cette proposition à l’Autriche ; mais il fut accueilli si froidement qu’il repartit de Vienne le soir même de son arrivée. Les bonapartistes s’agitèrent plus secrètement ; la comtesse Camerata, fille de la princesse Bacciochi, fit remettre au duc de Reichstadt deux lettres dans lesquelles elle lui rappelait la mort de son père à Sainte-Hélène et l’exhortait à le venger. Il refusa dans des termes qui prouvent que sa réponse lui fut dictée. En 1831, lorsqu’il fut question de donner un roi à la Belgique, quelques enthousiastes mirent encore en avant le nom du duc de Reichstadt. Ce fut alors à Louis-Philippe d’avoir peur : « Nous ne souffrirons jamais, s’écria Casimir Périer, qu’un membre de la famille Bonaparte règne aux portes de la France, ni que Bruxelles soit un foyer de révolutions. » II est bien probable que le prince ne sut jamais l’honneur qu’on avait voulu lui faire ; l’année suivante, il délivra d’inquiétude tous les souverains en mourant, suivant les uns, du cancer d’estomac héréditaire dans sa famille, et, suivant d’autres, de phthisie. Il avait’un peu plus de vingt et un ans. On lui fit des funérailles magnifiques et son corps fut inhumé dans la cathédrale de Vienne. Sa mort a inspiré à Victor Hugo une de ses plus belles odes, Napoléon II, dans le recueil intitulé Feuilles d’autonme.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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01.13.08

LA FAMILLE DE NAPOLEON - CAROLINE BONAPARTE (1782-1839), REINE DE NAPLES

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Caroline Bonaparte (1782-1839), Princesse Murat, Reine de Naples

Dans sa petite enfance, on la regardait comme la sotte et la cendrillon de la famille ; elle en a bien rappelé ; elle a été une très belle femme et elle est devenue très capable. La reine de Naples s’était beaucoup formée dans le événements. Il y avait chez elle de l’étoffe, beaucoup de caractère et une ambition désordonnée.

(Napoléon Bonaparte)

BONAPARTE (Caroline-Marie-Annonciade). Troisième sœur de Napoléon, née à Ajaccio le 25 mars 1782, avait à peine onze ans, lorsqu’elle quitta la Corse pour venir habiter Marseille. Elle y resta jusqu’en 1796, époque à laquelle Mme Laetitia vint se fixer à Paris. Napoléon, qui l’aimait tendrement, lui fit épouser l’un de ses plus braves lieutenants, Joachim Murat, le 20 janvier de l’année 1800. Successivement grande-duchesse de Berg et de Clèves et placée sur le trône de Naples le juillet 1808, Caroline se montra digne de sa haute position par son intelligence, ses talents, le tact fin qu’elle montra dans les affaires. Radieuse de grâce et de beauté, douée d’un esprit cultivé, elle exerça un grand ascendant sur son époux, suppléa aux qualités qui manquaient à ce vaillant soldat pour l’exercice de la souveraineté, et tint elle-même, en qualité de régente, les rênes de l’Etat avec une remarquable habileté. Son avènement au trône fut signalé par des actes de justice et d’humanité. Elle fit rappeler les exilés et rendre la liberté aux condamnés politiques. Prenant une part très active au gouvernement du royaume, pendant un règne de sept années seulement, elle réalisa à Naples d’immenses progrès, fonda des établissements utiles qui subsistent encore, protégea les sciences, les lettres et les arts, appela à la direction des affaires des hommes éminents, et veilla avec sollicitude à l’extension de l’instruction populaire. Douée d’une grande fermeté d’âme et de caractère, on la vit, après le combat naval de Milucola, pour ranimer ses sujets, se promener impassible sur le quai de la Chiaja au milieu d’une pluie de boulets anglais. Chargée en 1810 par son frère d’organiser la maison de Marie-Louise, Caroline se rendit au-devant d’elle à Braunaw, mais ne tarda pas à s’aliéner ses bonnes grâces par ses prétentions orgueilleuses. Elle regarda comme un outrage d’avoir été obligée de porter le manteau de l’impératrice aux cérémonies du mariage, et retourna à Naples mal disposée contre la cour de Paris. Aussi, en 1813, lorsque la fortune commença à se lasser de favoriser Napoléon, caressa-t-elle l’ambition de Murat, qui rêvait la couronne des rois lombards et la souveraineté de la péninsule italique, et ne s’opposa-t-elle point aux traités des 6 et 11 janvier 1814, conclus avec l’Autriche et l’Angleterre, traités qui jetaient son mari dans les rangs ennemis de la France et de son bienfaiteur. Cette ingratitude révolta d’autant plus l’opinion publique que Caroline abandonnait son frère, elle qui n’avait eu qu’à se louer de lui, et cela au moment des revers, lorsque les membres de sa famille qui avaient eu le plus à se plaindre de son despotisme se rapprochaient de lui spontanément. Aussi Madame mère irritée ne voulait plus la voir et l’écrasa de ces énergiques et généreuses paroles : « Vous avez trahi votre bienfaiteur, votre frère ; il aurait fallu que votre mari passât sur votre cadavre avant d’arriver à une félonie pareille. » Joseph Bonaparte prétendit même que, chargée par le général Miollis d’une somme considérable pour l’empereur captif à l’île d’Elbe, elle négligea dei lui faire passer. La défection de l’ancien volontaire de 1792 ne sauva pas son trône. Murat parut néanmoins revenir à de plus nobles sentiments ; en il voulut seconder le retour de l’Empereur, mais il fut battu et forcé de se réfugier eu France. L’énergie de Caroline ne l’abandonna pas dans les péripéties de cette catastrophe. Victime de la trahison à son tour, menacée par les lazzaroni, dont elle essayait de réprimer les violences, et par les partisans de Ferdinand IV, elle stipula, avant de partir, avec le commodore Campbell, chef de la flotte anglaise, la conservation des propriétés de ses anciens sujets, et ne s’occupa de ses intérêts personnels qu’après avoir obtenu des garanties pour les intérêts du pays. Elle s’embarqua sur le Tremendous, vaisseau anglais, qui salua de vingt et un coups de canon le retour de Ferdinand. Au mépris de la capitulation, elle fut dépouillée de ses propriétés et emmenée prisonnière a Trieste avec ses quatre enfants, qu’elle avait été chercher à Gaëte. On lui permit de se fixer au château de Haimbourg, près de Vienne, où elle apprit par un journal la fin tragique de son malheureux époux, fusillé au château de Pizzo. Elle obtint plus tard l’autorisation d’habiter près de sa sœur Elisa, à Trieste, avec le titre de comtesse de Lipona, anagramme de Napoli, nom italien de Naples. Là elle éleva ses enfants avec peine, n ayant plus aucune fortune, et épousa secrètement le général Macdonald, ancien ministre de son mari. En 1830, Madame mère étant tombée malade à Rome, la princesse Caroline alla la soigner, puis retourna à Trieste. Après la Révolution de Juillet, ses deux fils, Achille et Lucien, se réfugièrent aux Etats-Unis, où ils embrassèrent la profession d’avocat, et elle revint en Italie, auprès de ses deux filles, la marquise de Pepoli et la comtesse de Rosponi. Caroline fit un voyage à Paris pour réclamer une indemnité au sujet de l’Elysée-Bourbon et du château de Neuilly, dont Murat avait été dépossédé par l’Empereur sans compensation. Les chambres lui votèrent, le 2 juin 1838, une pension viagère clé cent mille francs, dont elle ne jouit pas longtemps, car, à son retour de Paris, elle mourut à Florence d’un cancer à l’estomac, le 18 mai 1839, entre les bras de la comtesse de Rosponi et de Jérôme Bonaparte. Née avec une tète forte, un esprit souple et délié, de la grâce, de l’amabilité, séduisante au delà de toute expression, il ne lui manquait que de savoir cacher son amour pour la domination. « C’était, dit M. de Talleyrand, la tête de Cromwell sur le corps d’une jolie femme. » La princesse Caroline avait eu de son mariage avec Murat quatre enfants : 1° Napoléon-Achille-Charles-Louis Murat ; 2° Laetitia-Josèphe, née le 25 avril 1802, mariée au marquis de Pepoli à Bologne ; 3° Lucien-Charles-Joseph-François-Napoléon Murat ; 4° Louise-Julie-Caroline, née le 22 mars 1805, mariée au comte de Rosponi, à Ravenne.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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LA FAMILLE DE NAPOLEON - ELISA BONAPARTE (1777-1820), PRINCESSE DE LUCQUES ET DE PIOMBINO, GRANDE DUCHESSE DE TOSCANE

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Elisa Bonaparte (1777-1820), princesse de Lucques et de Piombino, grande duchesse de Toscane

Maîtresse femme, elle avait de nobles qualités, un esprit recommandable et une activité prodigieuse, connaissant les affaires de son cabinet aussi bien qu’eût pu le faire le plus habile diplomate. Il n’y a pas eu d’intimité entre nous, nous caractères s’y opposaient.

(Napoléon Bonaparte)

Bonaparte (Marie-Anne-Elisa). Sœur de Napoléon 1er, née à Ajaccio le 3 janvier 1777. Son père, dans un voyage qu’il fit la même année comme député de la noblesse corse à la cour, obtint pour elle une bourse à la maison royale de Saint-Cyr, qu’elle ne quitta qu’après l’achèvement de son éducation pour retourner en Corse, à l’âge de quinze ans. Lorsque son pays natal fut tombé au pouvoir des Anglais, elle l’abandonna avec le reste de sa famille, et alla se fixer à Marseille. Elle y fit la connaissance d’un compatriote dénué de toute fortune,’mais de famille noble, le capitaine d’infanterie Félix Bacciochi, avec lequel elle se maria le 5 mai 1797. Napoléon, qui se vengeait sur les Vénitiens de leur conduite équivoque après le traité de Leoben, n’apprit ce mariage qu’après sa conclusion : moins puissant à cette époque qu’en 1805, lorsqu’il fit annuler celui de Jérôme avec Melle Paterson, il laissa seulement deviner son mécontentement. L’année suivante, Mme Bacciochi vint à Paris, et se déclara la protectrice des lettres et des arts, qu’elle aimait avec passion. Son salon devint un terrain neutre où les hommes marquants de tous les partis se donnaient rendez-vous : Chateaubriand et Lemercier s’y rencontraient avec Legouvé, La Harpe, Boufflers et Fontanes. Lorsque, en 1805, Napoléon fit sa distribution de couronnes dans sa famille, il érigea en principauté, pour sa sœur Elisa, Lucques et Piombino. La nouvelle princesse se montra digne sœur de Napoléon, et déploya des talents et une dignité en rapport avec sa haute position. Bacciochi, couronné en même temps qu’elle, régna, mais ne gouverna pas. Eclipsé par l’esprit supérieur de sa femme, il eut le bon esprit de lui laisser la direction des affaires, et ne fut pour ainsi dire que le premier de ses sujets. Elisa. se sentant à la hauteur de sa tâche, gouverna par elle-même, présida le conseil de ses ministres, simplifiant les rouages administratifs avec un tact, une fermeté et un esprit d’organisation rares, même chez un homme. Elle porta surtout son attention sur la réparation des routes, les travaux d’utilité publique et l’établissement de nouvelles fortifications. L’empereur, en récompense du talent dont elle avait fait preuve, lui conféra, le 5 mars 1809, le titre de grande-duchesse de Toscane, avec le gouvernement général de cette province. Son mérite sembla grandir avec son pouvoir, et elle continua de marcher hardiment dans la voie du progrès. La princesse Elisa, tout en protégeant les arts et les lettres, imprima une nouvelle impulsion à l’agriculture en lui accordant habilement des primes, développa l’instruction populaire et ht construire des établissements utiles. Un des plus grands services qu’elle rendit à la Toscane fut de la purger des bandes de brigands qui infestaient les routes. Aussi le surnom de Sémiramis de Lucques, qui lui fut donné par les adulateurs de Premier Empire, ne parut-il pas une épigramme. Ses connaissances politiques, administratives et militaires lui avaient assuré un certain crédit auprès de l’Empereur, qui se montrait flatté de trouver dans une femme de sa famille un caractère assez énergique, pour s’identifier pleinement avec sa politique ambitieuse. Quant à son mari, excellent homme d’ailleurs, ce n’était guère que son aide de camp, même quand elle passait les troupes en revue. Lorsque, en 1814, l’empereur fut accablé sous les coups de l’Europe coalisée contre nous, la princesse Elisa se retira à Bologne, d’où elle partit en 1815 pour se rendre à Trieste, puis près de sa sœur Caroline, la veuve de Murat, au château de Haimbourg. Elle quitta ce château pour celui de Brunn, et enfin résida près de Trieste, au château de Santo-Andrea, où elle mourut à quarante-trois ans d’une fièvre nerveuse, sous le nom de comtesse de Campignano, le 7 août 1820. Mme Bacciochi laissa deux enfants : 1° Charlés-Jérôme, né le 3 juillet 1810, mort à Rome, d’une chute de cheval, à l’âge de vingt ans, 2° Napoleone-Elisa, née le 3 juin 1806, mariée au comte Camerata. L’empereur Napoléon III lui a donné rang à la cour avec les titres de princesse et d’altesse. Elle partageait le goût de sa mère pour l’agriculture, à laquelle, dans un magnifique château qu’elle possèdait en Bretagne, elle se plaisait à consacrer ses loisirs.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

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LA FAMILLE DE NAPOLEON - PAULINE BONAPARTE (1780-1825), PRINCESSE BORGHESE, DUCHESSE DE GUASTALLA

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Pauline Bonaparte (1780-1825), princesse Borghese, duchesse de Guastalla

Pauline était trop prodigue ; elle avait trop d’abandon. Elle aurait dû être immensément riche par tout ce que je lui ai donné ; mais elle donnait tout à son tour, et sa mère la sermonnait souvent à cet égard, lui prédisant qu’elle pourrait mourir à l’hôpital.

(Napoléon Bonaparte)

Bonaparte (Marie-Pauline). Deuxième sœur de Napoléon 1er, née à Ajaccio le 20 septembre 1780, suivit en 1793 sa famille à Marseille, où le conventionnel Fréron demanda sa main, qui lui fut refusée. Le