mars 16, 2008

GENERAL GEBHARD LEBERECHT VON BLÜCHER (1742-1819)

Posted in Napoléon, Opposants, adversaires, et ennemis tagged , , , , , , , , , , , , , at 12:42   par napoleonbonaparte

Feld Marechal Gebhard Leberecht von Blücher (1742-1819)

Blücher est un brave soldat, un bon sabreur. C’est comme un taureau qui ferme les yeux et se précipite en avant sans voir aucun danger. Il a commis des millions de fautes, s’il n’eût été servi par les circonstances, j’aurai pu différentes fois le faire prisonnier, ainsi que la plus grande partie de son armée. Il est opiniâtre et infatigable, n’a peur de rien et est très attaché à son pays ; mais comme général, il est sans talent.

(Napoléon Bonaparte)

BLÜCHER (Gerhard-Leberecht DE), prince de Wahlstatt, feld-maréchal des armées prussiennes, né à Rostock, dans le Mecklembourg, le 16 décembre 1742, mort à Kriblowitz le 12 septembre 1819, était fils d’un capitaine au service de la Hesse-Cassel. A l’âge de treize ans, il fut envoyé dans l’île de Rugen, près d’une de ses parentes, Mme de Krakwitz. Là, il s’adonna à sa nature sauvage et fougueuse, se livra aux exercices du corps, qui seuls convenaient à ses goûts, et sentit s’éveiller en lui sa passion pour les armes en voyant dans l’île un régiment, de hussards suédois. Malgré toutes les représentations, il s’engagea en qualité de porte-enseigne dans l’armée suédoise ; mais, dès sa première campagne, il fut fait prisonnier à Suckow par les Prussiens, et incorporé presque de force, par le colonel Belling, dans les troupes de Frédéric (1760). D’abord cornette dans le régiment des hussards noirs, il acquit quelque réputation par son courage impétueux pendant la guerre de Sept ans, se signala a Kunersdorff et à Freiberg, où il fut blessé, et se fit un renom comme duelliste. Après la paix d’Hubertsbourg (1763), Blucher étudia l’art militaire sous la direction du major Poscharli, mais s’abandonna surtout à la vie désordonnée des soldats en garnison. Devenu capitaine en 1770, il prit part à la guerre de Pologne, s’attira le mécontentement du général Loskow par la cruauté avec laquelle il traita ses prisonniers, et, pour ce fait, il se vit préférer un subalterne dans une promotion. Blessé de ce qu’il considérait comme un passe-droit, Blucher donna sa démission, que Frédéric accepta en ces termes : « Le capitaine Blucher est congédié et peut aller au diable (1773). » Il se retira alors à la campagne, se maria avec la fille d’un riche fermier général, Mlle de Mehling, s’occupa d’exploitations agricoles et fut nommé membre du conseil de la noblesse ; mais à peine Frédéric II fut-il mort (1786), que Blucher accourut à Berlin et reprit du service dans son ancien régiment. D’abord major, puis colonel en 1790, il se distingua par son sang-froid, son audace et sa farouche intrépidité pendant les campagnes de 1793 et contre les Français, notamment à Moorlautern, à Kaiserlautern, à Edesheim, à Neustadt, et fut nommé général major (1794). Après la paix de Bâle (1795), il se remaria, fut promu au grade de lieutenant général (1801) et devint gouverneur de Munster, de 1803 à 1806. A cette époque, la guerre ayant recommencé avec la France, Blucher prit part à la bataille d’Auerstaedt, où il commença l’attaque à la tête de vingt-Cinq escadrons. Ecrasé par la formidable artillerie de Davout, il opéra vers la Poméranie une retraite qui lui a été vivement reprochée. Le prince de Hohenlohe, ne pouvant gagner Stettin sans cavalerie et ayant vainement donné l’ordre à Blücher de le rejoindre, se vit contraint de signer la capitulation de Prenzlau et de se rendre. Coupé et poursuivi dans tous les sens, Blucher échappa, avec 10.000 hommes, au général Klein, en lui affirmant, contrairement à la vérité, qu’un armistice venait d’être signé ; puis il entra dans le Mecklembourg, fit sa jonction avec le corps du duc de Weimar, et combattit entre Wahren et Vieux-Schwerin, mais sans succès. Poursuivi par le grand-duc de Berg, par Soult et Bernadotte, il se jeta dans la ville libre de Lubeck, et, après une sanglante et inutile défense, qui fit subir à cette cité neutre toutes les horreurs d’une place prise d’assaut, il se retira en désordre sur Schwartau, et se vit forcé de mettre bas les armes, ainsi que le duc de Brunswick et 16.000 officiers et soldats. Bientôt après, il fut échangé contre le général Victor et se rendit à Koenigsberg, où, malgré les fautes qu’il avait commises dans cette campagne, il fut reçu avec distinction par la cour. Après la paix de Tilsit (1807), Blücher vécut dans l’inaction, mais sans dissimuler la haine profonde qu’il ressentait contre les Français. Ce fut avec une joie des plus vives qu’il apprit les résultats désastreux de la campagne de Russie, et qu’il vit arriver le moment de sortir de son repos. La Prusse entra dans la coalition (1813), et, bien que Blücher eût alors soixante et onze ans, il fut nommé commandant en chef de l’armée prussienne. A la tête de 40.000 Prussiens et Russes, il s’avança vers la Saxe, fit sa jonction avec le général Wittgenstein et rencontra, le 1er mai 1813, les Français à Lutzen. Le vieux Prussien, bien que blessé, ne quitta point le champ de bataille tant que dura l’action ; il se distingua également aux journées de Bautzen et de Hanau, et remporta sur Macdonald, à la Katzbach, un avantage marqué. Après la suspension d’armes conclue le 5 juin, Blücher prit le commandement de l’armée russo-prussienne, dite de Silésie, qui était forte de 120.000 hommes. Reprenant alors l’offensive, il s’avança vers Dresde, et, malgré les efforts de Napoléon, il passa l’Elbe (3 octobre 1813), battit les corps de Ney, Marmont et Bertrand, et marcha sur Leipzig, où Napoléon attendait les alliés, et leur livra une bataille de trois jours, qui se termina par la retraite des Français, trahis par les Saxons. Nommé feld-maréchal le lendemain de son entrée à Leipzig, Blucher poursuivit l’armée française ; mais il se trompa sur sa direction et marcha sur Coblentz, où il croyait que Napoléon se retirait. Arrivé sur les bords du Rhin le 1er janvier 1814, il le franchit près de Kaub, entra à Nancy le 17 du même mois, remporta sur Napoléon un avantage à la Rothière (1er février). Enflé de ce succès, Blücher, qui avait dit au moment où l’invasion avait été résolue : « Je veux planter mon drapeau sur le trône de Napoléon, » Blucher, voulant arriver le premier à Paris, se sépara de Schwarzemberg, s’engagea entre la Seine et la Marne, se fit battre à Champaubert et à Montmirail, et arriva à Soissons, qui se rendit, ce qui lui permit d’avancer encore et d’attendre près de Laon, dans une position formidable, Napoléon, qui l’attaqua avec des forces trop inférieures, et perdit la bataille. Après cette victoire, Blücher marcha sur Paris, fit, après le combat d’Arcis, sa jonction avec les alliés, et vint camper sur les buttes Montmartre. Le 31 mars, les armées alliées entraient à Paris. Nommé par le roi de Prusse prince de Wahlstatt, comblé d’honneurs et de dotations, Blücher fut néanmoins tenu à l’écart de la politique active par le tsar Alexandre. Bientôt après, il accompagnait à Londres les souverains alliés, y était accueilli avec enthousiasme, nommé docteur en droit par l’université d’Oxford, honneur qui dut le toucher médiocrement, et, de retour sur le continent, il assistait au congrès, où il proposa de démembrer la France. Lorsque, en 1815, Napoléon débarqua à Cannes, accourut à Paris et reprit sa terrible épée, Blücher fut nommé de nouveau général en chef de l’armée prussienne. Battu à Ligny par Napoléon, qui tua 15.000 Prussiens dans cette journée (16 juin), Blücher décidait trois jours après, par son arrivée inopinée, le succès de la bataille de Waterloo. Une seconde fois, le général prussien entra à Paris. Là, il manifesta sa haine contre la France par ses manières brutales et par des actes de vandalisme dignes d’un sauvage. Non content de piller Saint-Cloud, où il établit d’abord son quartier général, il livra la Bibliothèque royale à la merci de ses officiers en disant : « Tous les livres sont prisonniers de guerre : ils sont en rang et en file, prenez, emportez tout ce que vous voudrez. » II leva d’énormes contributions de guerre, accabla les populations de vexations inouïes, voulut faire prisonnière la garde nationale, parce qu’une partie avait combattu les envahisseurs, et ordonna de faire sauter par la mine le pont d’Iéna, parce que ce nom était injurieux pour la Prusse en rappelant une de ses défaites. Vainement la municipalité s’adressa à Wellington pour qu’il intervînt. Celui-ci se contenta de répondre : « Je suis le maître dans Paris, Blücher est le maître hors de Paris et le pont d’Iéna est en dehors, cela ne me regarde pas. » Blücher toutefois fit cesser les travaux de destruction, moyennant une somme de 300.000 francs qu’on lui apporta. Bientôt après l’arrivée des souverains alliés, le général prussien transporta son quartier général à Rambouillet, répandit ses troupes dans les départements en deçà de la Loire, les autorisa à se livrer au pillage et à la dévastation et fit arrêter un assez grand nombre de citoyens, qu’il envoya peupler les forteresses prussiennes. Exécré des Français, désapprouvé par les souverains étrangers, et surtout par le tsar Alexandre, le farouche général n’en reçut pas moins de nouvelles récompenses de Frédéric-Guillaume III, qui créa pour lui une décoration spéciale, une croix de fer entourée de rayons d’or. Après la paix de Paris, il retourna en Prusse, puis se fixa dans ses terres de Silésie, où, malade, sombre, irascible, il mourut, après avoir reçu la visite du roi. Un mois environ avant sa mort, la ville de Rostock avait fait ériger une statue colossale en bronze du feld-maréchal, pour célébrer l’anniversaire de la bataille de la Katzbach. C’était la première fois, en Allemagne, qu’on élevait une statue à un homme vivant. Les villes de Berlin et de Breslau suivirent l’exemple de Rostock, la première eu 1826 et la seconde en 1827. Soldat intrépide et excellent officier de cavalerie, Blücher ne fut qu’un médiocre général. L’impétuosité de ses attaques lui avait mérité le surnom de maréchal Vorwoets (en avant) ; mais comme tacticien, il était d’une nullité complète. « Blücher, a dit un de ses compatriotes, est assez habile pour la petite guerre. Il fond sur l’ennemi, et ordinairement repoussé, rallie ses troupes, se met en embuscade, attaque de nouveau, et, par de nouvelles surprises, fatigue plus qu’il ne nuit. Grand joueur, il porte à la guerre l’esprit de la table de jeu ; il est minutieux et s’isole, il ne se bat jamais d’ensemble avec le reste des troupes. C’est Blücher qui a causé la dévastation de Lubeck etdu Mecklembourg. Il est brave, mais sans lumières, et, comme général, infiniment au-dessous de son siècle. » Exalté d’abord outre mesure, Blücher n’a pas tardé à être remis à son rang, même par les ennemis de cette France qu’il exécrait. Servi par les circonstances et par la fortune, il partagea avec Wellington la gloire d’avoir porté le coup suprême au plus grand homme de guerre des temps modernes ; mais il ne fut, en réalité, qu’un intrépide et farouche partisan, dont la réputation militaire n’a pas survécu à l’enthousiasme excité en Allemagne à la nouvelle de nos revers. Le nom de Blücher joue un grand rôle dans notre histoire, disons mieux, dans notre amour-propre national. Certainement, le principe de la guerre trouve en nous un ennemi déclaré ; nous acceptons les luttes fratricides comme une nécessité déplorable, et, forcé de capituler avec le mal, nous reléguons nos années permanentes aux frontières. Cela posé, entrons résolument en matière. Le nom de Blücher est singulièrement antipathique à notre pays ; il sonne à nos oreilles françaises à peu près comme celui d’Erostrate aux oreilles des Delphiens. Dans cette France toujours si généreuse, le général prussien, en un jour de victoire, s’est conduit comme un sauvage, comme un lieutenant de Tamerlan ou d’Attila ; nos soldats, nos officiers surtout s’en souviennent, et le mot prussien est très impopulaire chez nous. Ce sentiment remonte même plus haut ; il prend naissance à Rosbach, et le nom de Blücher est le dernier anneau de cette chaîne d’inimitiés.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Général Blücher sur wikipedia

http://www.lerubicon.com

1 commentaire »

  1. Joël Soyez said,

    Blücher a été très cruel contre les français à la bataille de Waterloo en ne tolérant aucun prisonnier. Ceux-ci étaient fusillés sur place. Pas cool…


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