février 21, 2008

MARECHAL LANNES (1769-1809)

Posted in BIOGRAPHIES DES MARECHAUX D'EMPIRE, Maréchaux, Napoléon tagged , , , , , , , , , , , , , , , , , at 9:20   par napoleonbonaparte

Maréchal Jean Lannes (1769-1809)

Je perds le général le plus distingué de mes armées, celui que je considérais comme mon meilleur ami ; ses enfants auront toujours des droits particuliers à ma protection.

(Napoléon Bonaparte)

Maréchal LANNES (Jean), duc de Montebello, maréchal de France, né à Lectoure en 1769, mort à Vienne en 1809. Son père, qui était garçon d’écurie lui fit apprendre à lire et à écrire, puis le mit en apprentissage chez un teinturier. En 1792, Jean Lannes s’engagea dans un bataillon de volontaires du Gers, devint bientôt après sergent-major et montra, à l’armée des Pyrénées-Orientales, une telle bravoure, qu’il fut nommé oflicier et devint chef de brigade en 1795. Néanmoins, cette
même année, il se vit compris parmi les officiers supérieurs destitués pour incapacité. Lannes n’en résolut pas moins de poursuivre une carrière pour laquelle il se sentait né ; il se fit présenter au général Bonaparte, et obtint de faire partie de L’armée d’Italie comme simple volontaire. Il ne tarda pas à se faire remarquer et fut nommé, après le combat de Millesimo, chef de brigade (1796). Il se distingua successivement à Dego, à Cadagno, au pont de Lodi, à la prise de Pavie. Nommé alors général de brigade, il enleva un faubourg de Mantoue, fut blessé à Governolo, reçut deux, nouvelles blessures à Arcole (14 novembre), et, apprenant le lendemain que le combat continue, il monte à cheval, s’élance sur le pont d’Arcole au milieu de la mitraille, entraîne les soldats, est de nouveau atteint et tombe sans connaissance. A peine guéri, Lannes prend part à la bataille de Rivoli (1797), marche sur Rome, enlève les retranchements d’Imola, puis est envoyé par Bonaparte auprès du pape pour traiter de la paix. Après le traité de Campo-Formio, Lannes reçut le commandement des départements de l’Isère, de la Drôme, de l’Ardèche et du Gard. Peu après, il fut appelé à faire partie de l’expédition d’Egypte , où il prit part à presque toutes les affaires importantes, contribua à la prise de Gaza, de Jaffa, fut- grièvement blessé à Saint-Jean-d’Acre, et reçut une nouvelle blessure à Aboukir (24 juillet 1799). De retour en France avec le grade de général de division (1799), Lannes, qui subissait au plus haut point l’ascendant de Bonaparte, n’hésita point à s’associer à ses projets ambitieux et contribua au succès du coup d’Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799). Peu après, il fut nommé commandant en chef de la garde consulaire et mis à la tète de l’avant-garde de l’armée des Alpes. Après avoir franchi le Saint-Bernard, il s’élance en avant, ayant à peine quelques canons, chasse les Autrichiens d’Aoste, de Chatillon, s’empare d’Ivrée par escalade (25 mai 1800), de Pavie, de Stradella , contribue au succès de la bataille de Montebello, « où, selon son langage, les balles claquaient sur les os de ses soldats comme la grêle sur des vitrages » et soutient pendant sept heures, à Marengo, les efforts de l’armée autrichienne et de 80 pièces de canon ; sa brillante conduite dans cette affaire lui fit décerner un sabre d’honneur. En 1801, Lannes se rendit au Portugal comme ministre plénipotentiaire ; mais, sans instruction, d’un caractère brusque et emporté, il n’avait aucune des qualités nécessaires pour faire un diplomate. Se croyant en pays conquis, il voulut faire entrer à Lisbonne des marchandises sans payer de droits, et, sur les plaintes de la régence de Portugal, il fut remplacé par Junot. Lors de l’établissement de l’Empire, Lannes devint maréchal de France (1804), puis grand-croix de la Légion d’honneur (1805), et reçut, peu après, le titre de duc de Montebello. Pendant la campagne de 1805 contre l’Autriche, il fut mis à la tête de l’avant-garde de la grande armée, et commanda l’aile gauche à la bataille d’Austerlitz ( 2 décembre 1805 ). Après avoir occupé quelque temps la Moravie, Lannes fit, en 1806, la campagne de Prusse et assista à la bataille d’Iéna ; puis il marcha contre les Russes, qu’il battit à Pultusk, où il fut blessé (26 décembre, resta quelque temps à Varsovie et contribua à la prise de Dantzig (24 mai 1807). De retour à la grande armée, il assista à la bataille de Friedland (14 juin) et fut nommé colonel général des suisses. Envoyé en Espagne en 1808, il commença par battre à Tudela, Palafox et Castanos , puis fut chargé de diriger les opérations du mémorable siège de Saragosse, et s’empara de cette ville le 21 février 1809 , après avoir éprouyé, de la part des habitants, la plus héroïque résistance. De retour en France, Lannes alla se reposer de ses fatigues, au sein de sa famille, dans sa belle terre de Maisons, près de Paris. Comblé d’honneurs et de richesses, le duc de Montebello éprouvait le besoin de jouir d’un peu de repos, lorsque Bonaparte, entraîné par son ambition vertigineuse, se lança dans une nouvelle guerre avec l’Autriche. Ce fut en pleurant, dit-on, que Lannes quitta sa femme et ses enfants. Mais à Abensberg (20 avril 1809), à Eckmühl, à Ratisbonne, il redevint ce qu’il avait toujours été, la terreur de l’ennemi. Toujours à l’avant-garde, il marche sur Vienne, et, après avoir battu les Autrichiens à Amstetten (5 mai), il arrive avec Bonaparte aux portes de Vienne, qui, bombardée, capitule le 12 mai. Il avait fait un mal épouvantable à l’ennemi, rompu et culbuté ses lignes à Essling , lorsque la rupture des ponts jetés sur le Danube vint couper l’armée française en deux. Attaqué alors par l’ archiduc Frédéric-Charles, n’ayant plus de munitions, exposé à un feu terrible, Lannes se place sur le front de sa ligne et est atteint tout à coup par un boulet qui lui brise les deux jambes (22 mai 1809). A cette nouvelle, Bonaparte court vers le brancard qui portait le maréchal dans l’île de Lobau pour y subir l’amputation, et lui dit d’une voix étouffée, dit-on, par les larmes : « Lannes, mon ami, me reconnais-tu ? C’est l’Empereur. C’est Bonaparte. C’est ton ami. » Selon une version, le duc de Montebello, ouvrant les yeux, répondit : « Dans quelques heures, vous aurez perdu l’homme qui vous a le plus aimé. » D’après une autre version, dans un entretien particulier, le maréchal reprocha amèrement sa politique, aussi fatale à lui-même qu’à la France, et lui donna des conseils qui, naturellement, ne furent point écoutés. Après avoir subi l’amputation, Lannes fut transporté à Vienne, où il mourut quelques jours après, le 31 mai. Ses restes turent transportés à Paris et déposés au Panthéon (6 juillet 1810). Une statue en marbre du maréchal a été érigée dans la ville de Lectoure après la révolution de Juillet 1830. « Lannes, dit Napoléon à Sainte-Hélène, était un homme d’une bravoure extraordinaire ; calme au milieu du feu, il possédait un coup d’œil sûr et pénétrant, prompt à profiter de toutes les occasions qui se présentaient. Il avait une grande expérience pour la guerre ; il s’était trouvé dans cinquante combats isolés et à cent batailles plus ou moins importantes. Comme général, il était infiniment au-dessus de Moreau et de Soult. » Lannes manquait absolument d’instruction et d’éducation. Dans son langage, il était grossier et brutal, et devant Bonaparte lui-même, en présence de cet homme qui voyait se prosterner lâchement devant lui tant d’autres hommes , il n’avait, cessé de conserver sa franchise et son libre parler d’ancien républicain. C’est ainsi qu’il avait vivement protesté contre le concordat et la restauration de la noblesse. Après la bataille d’Eylau, Napoléon ayant attribué toute la gloire de cette journée à Murat, Lannes entra dans une violente colère : « Nous avons combattu plus que lui, Augereau et moi ! s’écria-t-il ; croyez-vous que je sois homme à me laisser échapper une seule palme ? Non, par personne, pas même par votre coq empanaché de beau-frère qui vient, après la victoire, chanter coricoco ! » Lorsque Napoléon chargea le peintre Robert, de faire le portrait de Lannes, qui devait figurer dans la galerie des maréchaux, Lannes reçut fort mal l’artiste et lui dit, en parlant de celui qui l’envoyait : « Que veut-il faire de mon portrait, ce b….. là ? » Un jour où l’on parlait aux Tuileries, devant lui, des défenseurs de Saragosse qu’on accusait de fanatisme : « Messieurs, dit-il, ce sera ce que vous voudrez, mais je puis vous assurer que ce sont des b….. qui se battent bien ! » Lannes avait épousé, en premières noces, une demoiselle Méric, avec laquelle il divorça, et, dont un fils, né pendant le mariage, fut, après la mort du maréchal, déchiré adultérin par les tribunaux. En secondes noces, il s’était marié avec Mlle de Guéhéneuc, fille d’un entrepreneur de lits militaires, née en 1784, morte en 1856. Elle devint dame d’honneur de Marie-Louise, se retira de la cour lors de l’avènement de Louis XVIII et se consacra à l’éducation de ses enfants.

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Liens : Maréchal Lannes (1769-1809) duc de MontebelloMaréchal Lannes sur Wikipedia

http://www.lerubicon.com

1 commentaire »

  1. gioanni said,

    Si la France avait autant de Grand Homme,Si l’Empereur avait pu avoir plusieurs Lannes….aujourd’hui je serais Madame Sans Gêne…


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