janvier 19, 2008

BIOGRAPHIE DE NAPOLEON BONAPARTE (1769-1821) – BONAPARTE PAR PIERRE LAROUSSE

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Le général Napoléon Bonaparte (1769-1821)

L’homme de génie est un météore destiné à brûler pour éclairer son siècle.

(Napoléon Bonaparte)

Bonaparte, le nom le plus grand, le plus glorieux, le plus éclatant de l’histoire, sans en excepter celui de Napoléon, – général de la République française, né à Ajaccio (îlle de Corse) le 15 août 1769, « mort » au château de Saint-Cloud, près da Paris, le 18 brumaire, an VIII de la République française, une et indivisible (9 novembre 1799). Ce début, qui va faire dresser plus d’une oreille, montre tout simplement qu’en toutes choses nous aimons les situations tranchées ; et les oreilles reviendront à leur état normal quand nous aurons dit que nous voyons deux hommes, aussi bien que deux noms, en Napoléon Bonaparte : Bonaparte et Napoléon ; le général républicain, l’écolier de Brienne, le brillant officier de Toulon, le convive républicain, du Souper de Beaucaire, le vainqueur d’Arcole, etc., etc.; puis le colosse d’Austerlitz, le maître de l’Europe, le vaincu de Waterloo ; le prisonnier de Sainte-Hélène. Oui, il y a deux hommes en cette personnalité, en cet être si singulièrement doué, dont le double nom et le double visage, d’un caractère tout particulier, se sont trouvés admirablement appropriés au double rôle qu’il a joué dans le monde. Auguste a beau s’appeler Octave ; Octave a beau se nommer Auguste ; c’est toujours le même homme, rusé, timide ; hypocrite, astucieux, reniant ses amis quand son intérêt lui commande de les sacrifier. Ici, nous le répétons, nous avons deux hommes distincts, en même temps que deux noms séparés. Bonaparte, nom frappant, facile à retenir, simple, uni, militaire, à consonnes dures, brèves, sèches, expressives, et signifiant quelque chose, par-dessus le marché ; nom jusque alors inconnu, maïs composé de quatre syllabes énergiques qui devaient se graver pour toujours dans la mémoire, dès qu’on les avait une fois entendues soit sous la forme italienne Buonaparte, soit sous la forme française, qui est restée, Bonaparte ; quel nom plus convenable au citoyen général en chef de l’armée d’Italie, à ce jeune Corse qui rêve d’Annibal quand il gravit les flancs escarpés des Alpes ! Napoléon, nom sonore, vibrant, impérial, mais harmonieux aussi, coulant, et, chose remarquable, bruissant agréablement aux oreilles françaises ; inconnu également (in-ouï, in auditus), éminemment convenable à l’autre rôle, au rôle de maître et d’impérator, un de ces noms à l’emporte-pièce, qui vous obligent à baisser machinalement la tête comme quand on entend résonner le bruit de la foudre ou un coup de canon, nom doux en même temps, où les voyelles dominent et où l’on voit percer quelque chose de ce oui si diversement interprété du 10 décembre 1848. Examinons donc à la loupe ces deux individualités ; car il y a de même deux figures, deux physionomies différemment caractérisées, et, pour ainsi dire, taillées, appropriées à chacun des deux rôles : l’une, celle du général, belle et austère, telle qu’on la voit si bien reproduite dans le portrait de Guérin, gravé par Fiesinger et déposé à la Bibliothèque impériale, le 29 vendémiaire an VII de la République française, avec ce simple nom au-dessous, encore orthographié à titalienne : BUONAPARTE: l’autre celle de l’empereur, si souvent reproduite, que tout l’univers connaît, qui se voit partout, que les mains les moins habiles crayonnent en quelques traits, que la capoté grise et le petit chapeau ont caractérisée à d’autres titres que certaines bottes et certains gilets. Vraiment, on dirait deux hommes différents, au physique et au moral. Le premier, sobre, d’une activité prodigieuse, ardent, passionné pour la gloire, d’un patriotisme fougueux, insensible aux privations, comptant pour rien le bien-être et les jouissances matérielles ; nullement sensuel, presque chaste, jugeant que l’amour est un bagage qui gêne un homme dans les différentes étapes de la vie, ne s’occupant que du succès de ses entreprises ; l’homme de Toulon, l’homme de vendémiaire ; prévoyant, prudent, sauf dans les moments ou la passion, le sang corse l’emporte , « sachant donner quelque chose au hasard, mais lui enlevant tout ce que la prudence permet de prévoir » résolu, et tenace dans ses résolutions, ne reculant pas d’une semelle quand il s’est dit : Il le faut ; croyant les hommes capables de vertu et d’un généreux enthousiasme, et les estimant dignes de mourir pour une belle cause ; s’adressant au cœur et à l’esprit par les plus nobles instincts, et tenant compte du moral, qui joue un si grand rôle dans la guerre ; bon, juste, susceptible de s’attendrir, et généreux envers ses ennemis vaincus » L’autre… Mais n’anticipons pas sur l’ordre alphabétique. On l’a dit : Tout vient à point à qui sait attendre, et nous souhaitons au lecteur une petite dose de cette patience qui est le commencement de la sagesse. Le premier de ces deux hommes a été le général, et même le consul Bonaparte ; il a brillé jusqu’à l’an X de la République ; l’autre lui a succédé. C’est du premier que nous nous occuperons tout d’abord ; c’est de sa jeunesse, de ses espérances, de sa vie privée et militaire, ou, plus exactement encore, de sa vie républicaine que nous allons entretenir le lecteur. Nous aurons recours, pour l’étude que nous entreprenons, à des sources nombreuses, mais surtout aux deux volumes publiés en 1840 par le lieutenant-colonel d’artillerie en retraite, baron de Coston, sous le titre de : Biographie des premières années de Napoléon Bonaparte, très curieux ouvrage, devenu fort rare, et plein d’anecdotes extrêmement intéressantes sur la jeunesse de Napoléon. M. de Coston y suit, pour ainsi dire, jour par jour, les étapes du héros, depuis sa naissance jusqu’à son avènement au Consulat et à l’Empire.Quel intérêt n’offre pas pour nous une pareille étude ! Nous nous inquiétons fort peu de l’enfance d’Alexandre, d’Annibal, de César et de Charlemagne ; tous quatre sont nés sur les marches ou à côté des marches du trône ; ils ont été élevés dans la pourpre, ils ont eu en naissant d’humbles précepteurs, c’est-à-dire des esclaves soumis, et, comme l’a si bien dit le chansonnier, leur bourrelet fut une couronne. Alors qu’y a-t-il là qui puisse nous intéresser ? Mais ici, c’est bien autre chose : nous sommes en présence d’un chétif enfant, à peine Français, qui, loin d’avoir Aristote pour maître, traverse seul l’océan et parcourt deux cents lieues pour venir demander à la France, sa mère adoptive, l’hospitalité de l’instruction.Voilà pourquoi Bonaparte nous semble plus grand qu’Alexandre, plus grand qu’Annibal, plus grand que César, plus grand que Charlemagne : II ne doit qu’à lui seul toute sa renommée. Revenons à M. de Coston, qui est la cause involontaire de cette petite digression. Originaire de Valence, le baron de Coston y avait connu toutes les personnes qui, à deux reprises différentes, s’étaient trouvées en relations intimes avec le jeune officier d’artillerie ; de plus, il avait servi dans le 4e régiment d’artillerie à pied, qui, en Egypte, avait combattu si vaillamment sous les yeux du jeune général en chef. Curieux, dès cette époque, de tout ce qui se rapportait à son héros, M. de Coston ne le perdit pas de vue, ne le quitta pas d’une semelle, et fut à même de recueillir sur les premières années de son héros une quantité innombrable de notes, de documents, d’anecdotes. Ce n’est pas tout : l’infatigable biographe, poussé par une sorte de passion, s’est livré à de nombreuses recherches sur les personnes de tout état avec qui Bonaparte a eu des relations dans les premières années de sa vie, et qui, plus tard, se sont retrouvées en contact avec lui. Dans l’histoire des voyages, on parle de ces explorateurs infatigables qui ont usé dix années de leur vie à lever le voile qui nous cache les sources du Nil ; ils remontaient le cours du fleuve malgré les débordements, malgré les inondations, malgré les orages, en dépit des obstacles de toute nature et de l’intempérie des saisons ; et quand ils avaient reconnu que la partie explorée n’était qu’un affluent, ils s’attaquaient à une autre branche. Cette image est la peinture exacte des travaux du baron de Coston à la recherche des moindres particularités de la vie de celui qui offre plus d’un rapport avec ces grands cours d’eau qui fertilisent et ravagent tour à tour le monde. L’ouvrage du baron de Coston sera donc notre principal guide dans l’étude que nous avons entreprise, et nous nous permettrons d’y puiser à pleines mains. Nous passerons rapidement sur la naissance et l’enfance de Napoléon, pour arriver plus promptement au lieutenant en second du régiment de La Fère, et aux faits subséquents de sa vie avant son généralat d’Italie. Toutefois, nous dirons quelques mots de ses premières années, et nous eu rapporterons quelques faits d’après son véridique historien, qui, comme nous l’avons dit, a eu soin de prendre ses informations aux sources les plus authentiques.

Suite -> De Pontenovo au golfe d’Ajaccio

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