janvier 14, 2008

DOMINIQUE JEAN LARREY (1766-1842), BARON D’EMPIRE

Publié dans Dignitaires civils, Napoléon tagged , , , , , , , , , , à 9:46   par napoleonbonaparte

Dominique Jean Larrey (1766-1842), baron d’Empire

A la science, il joignait au dernier degré toute la vertu d’une philanthropie effective ; tous les blessés étaient de sa famille.

C’est l’homme le plus vertueux que j’ai rencontré. Il a laissé dans mon esprit l’idée du véritable homme de bien.

(Napoléon Bonaparte)

Larrey (Dominique-Jean, baron), célèbre chirurgien français, né à Baudéan, près de Bagnères-de-Bigorre, en 1766, mort à Lyon en 1842. Il n’avait pas treize ans lorsqu’il commença ses études médicales à Toulouse, sous la direction de sou oncle le docteur Larrey. Il vint a Paris en 1787, et fit, bientôt après, un voyage en Amérique en qualité d’aide chirurgien. De retour en France, en 1789, il suivit les cours de Desault et de Sabatier, et fut nommé aide-major à l’armée du Rhin en 1792. Larrey devint ensuite chirurgien en chef de la Grande armée, qu’il suivit en Corse, en Egypte, en Russie, enfin jusqu’à Waterloo, où il fut blessé et fait prisonnier ; membre de l’Institut de France, de l’Académie de médecine, de l’Institut d’Egypte ; baron après la bataille de Wagram ; membre du conseil de santé des armées, du conseil d’hygiène et de salubrité, de la Société philomathique, de la Société médicale d’émulation ; associé ou correspondant d’un grand nombre d’Académies et de sociétés savantes, médicales et étrangères ; professeur du Val-de-Grace ; enfin, chirurgien en chef de l’hôpital du Gros-Caillou et des Invalides. Si la vie d’un homme doit se juger par les services qu’il a rendus à l’humanité, on peut le dire sans crainte d’être démenti, il n’a jamais existé un médecin qui ait rempli sa carrière mieux que le baron Larrey. Sa vie a été une série d’actes qui attestent a la fois l’homme bienfaisant, le citoyen sincèrement dévoué à son pays, le médecin profondément convaincu de l’importance et de la noblesse de sa profession. Larrey s’est acquis d’incontestables droits à la reconnaissance publique par la large part qu’il a prise au progrès de la science et au perfectionnement de l’art chirurgical. Ses mémoires de chirurgien militaire démontrent qu’il s’est trouvé à plus de soixante batailles rangées et de quatre cents combats, dans lesquels il a reçu des blessures plus ou moins graves, eu pansant les blessés sur la place même où ils avaient été frappés. Quel vaste champ d’observations pour un esprit aussi pénétrant et aussi inventif que celui de Larrey ! Il improvisait des moyens de secours applicables aux cas les plus insolites ; il prodiguait indistinctement ses soins à tous les blessés ; aussi, dans la campagne de Syrie, l’avait-on surnommé la Providence du soldat ! Il n’existait plus d’ennemis à ses yeux parmi les blessés ; tous avaient des droits égaux à ses secours généreux. « Le bon et habile Larrey, dit M. Thiers dans son Histoire du Consulat et de l’Empire, véritable héros de l’humanité, soignait les blessés de l’ennemi, afin que l’ennemi soignât les nôtres. » Larrey était doué, au plus haut degré, d’un courage imperturbable dans le danger ; avec le même calme, il affrontait la mitraille de l’ennemi et l’air pestilentiel des épidémies. Sur le terrain, il opérait avec le même sang-froid, avec la même sûreté de main que s’il se fût trouvé professant sa clinique dans les hôpitaux militaires. Il imprimait aux chirurgiens placés sous ses ordres l’impulsion de son activité infatigable. Il leur donnait l’exemple et se montrait devant eux prêt à parer à toutes les éventualités de la guerre. Il était pour les blessés un père qui souffre des douleurs de ses enfants ; il soutenait leur courage et les consolait. Son ardente énergie pour soustraire les blessés à la mort semblait braver le génie de destruction de la guerre. Ambroise Paré des temps modernes, Larrey doit être regardé comme l’organisateur de la chirurgie militaire en France, et l’organisation qu’il a établie a servi de modèle à celle de la plupart des armées européennes. C’est lui qui a surtout contribué à lixer les grands principes de la pratique chirurgicale dans nos années. On lui doit la création des ambulances volantes, parcourant le terrain pendant l’action et assurant aux blessés des secours immédiats. C’est à lui que l’on est encore redevable de la simplification des pansements, permettant d’improviser les plus utiles ressources, par les moyens les plus faciles ; c’est ainsi qu’à l’armée du Rhin, en généralisant l’emploi du linge fenêtre dans le pansement des plaies et en substituant des feuilles de végétaux à des compresses, et des branches d’arbre à des attelles, il sut parer à toutes les nécessités au milieu des circonstances les plus critiques. C’est à Larrey que la chirurgie doit encore le principe des appareils inamovibles dans le traitement d’un grand nombre de fractures ; celui des amputations primitives des membres dans les plaies d’armes à feu, et l’emploi de procédés aussi rationnels que rapides pour les amputations dans les articulations de l’épaule, de la hanche, de la cuisse et de la jambe. Il a montré les avantages des pansements rares des plaies, et exposé les indications du trépan et les phénomènes consécutifs des plaies de tète, etc.
Au milieu de la vie active des camps, Larrey se reposait de ses fatigues par l’étude, l’observation des faits, et même par l’enseignement qu’il prodiguait aux infirmiers et aux chirurgiens placés sous ses ordres. Les nombreuses publications scientifiques de Larrey portent l’empreinte de la franchise et de la naïveté de son caractère. Il écrivait comme il voyait, comme il pensait, comme il opérait, et ses ouvrages dogmatiques portent avec eux la conviction. Voici les titres des principaux : Mémoires de chirurgie militaire et campagnes (Paris, 1812-1817, 4 vol. in-8°) ; Relation des voyages et des campagnes de 1815 à 1840 (1840, in-8°) ; Relation historique et chirurgicale de l’expédition de l’armée d’Orient, en Egypte et en Syrie (1803, in-8°) ; Clinique chirurgicale exercée particulièrement dans les camps et les hôpitaux militaires depuis 1792 jusqu’en 1836 (Paris, 1830-1836, 5 vol. in-8°) ; Recueil de mémoires de chirurgie (Paris, 1821, in-8°). Enfin, on lui doit de nombreux mémoires, notices ou rapports sur divers sujets de médecine et de chirurgie, tels que : la Fièvre jaune ; le Choléra ; la Syphilis ; l’Epilepsie traumatique ; la Chorée ou Danse de Saint-Gui ; Effets des substances vénéneuses végétales ; Phénomène de la lésion des nerfs et de leur cicatrisation ; Journées de juillet 1830 ; Traitement des fractures des membres, Appareils inamovibles ; Fausse articulation de l’humérus ; Carie des os ; Amputation des membres ; Amputation coxo-fémorale ; Amputation de la jambe ; Effets consécutifs des plaies de la tète, cause particulière de surdité ; Ophthalmie d’Egypte ; Extirpation des glandes salivaires ; Plaies pénétrantes de poitrine ; Opération de l’empyème ; Plaise de la vessie ; Hernie inguinale -compliquée, et beaucoup d’autres travaux insérés dans le recueil de Mémoires de médecine, de chirurgie et de pharmacie militaires, et les divers journaux de médecine. Il faut encore mentionner trois discours prononcés successivement par Larrey aux obsèques de Pelletan, de Dupuytren et de Broussais. Le baron Larrey, dit un de ses biographes, est l’expression la plus haute et la plus complète de la chirurgie d’armée ; il en résume tous les devoirs, toutes les vertus… Larrey était un chirurgien d’armée complet, il fut le premier de sa race. Jusqu’à lui, on avait ignoré la grandeur et l’importance de la chirurgie aux armées. Non seulement il organisa le service, l’éleva à la hauteur où Napoléon élevait l’édifice de sa puissance militaire, mais il fit plus encore, et c’est là surtout que sa personnalité apparaît brillante et pure : il a l’intrépidité du capitaine le plus brave, la sévère probité du plus intègre administrateur, l’ardeur, l’activité du simple soldat, l’humanité d’un père, le courage du magistrat ; il est savant, il aime son art avec passion ; son esprit; observateur ne laisse échapper aucun phénomène sans en, tenir compte ; d’ailleurs, d’une bonté, d’une simplicité qui le font chérir de tous, et en même temps d’une vertu qui commande le respect universel. L’ambition lui est étrangère ; il dédaigne la fortune et vit au milieu de la Grande Armée comme un homme à part, une sorte de providence qu’invoquent tour à tour les amis et les ennemis, les maréchaux de France et les simples soldats. Sa mission, sa magistrature l’ont placé à la hauteur des chefs suprêmes dont il est le camarade. C’est que lui aussi est général en chef ; il a son armée qu’il commande et qu’il fait manœuvrer… Jamais Larrey n’oublie de sillonner le terrain que l’ennemi vient d’abandonner, de recueillir les blessés comme des frères, d’étancher de ses propres mains le sang de leurs plaies, et de leur prouver que, si la France est grande par le courage, elle est aussi grande par l’humanité. »

(Extrait du dictionnaire Larousse du dix-neuvième siècle)

Lien : Baron Dominique Larrey sur Wikipedia

http://www.lerubicon.com

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