12.22.07

ABBE GREGOIRE (1750-1831), COMTE D’EMPIRE

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Abbé Grégoire (1750-1831)

Grégoire, si acharné contre le clergé, qu’il voulait ramener à sa simplicité première, eût pu être pris pour un héros d’irreligion ; et Grégoire, quand les Révolutionnaires reniaient Dieu et abolissaient la prêtrise, faillit se faire massacrer en montant à la tribune pour y proclamer hautement ses sentiments religieux, et protester qu’il mourrait prêtre. Quand on détruisait les autels dans les églises, Grégoire en élevait un dans sa chambre, et y disait la messe chaque jour.

(Napoléon Bonaparte)

Grégoire (Baptiste-Henri, comte). Curé, législateur, et évêque constitutionnel, né à Vého (Meurthe), le 4 décembre 1750, de “Bastien Grégoire, tailleur d’habits, et de Marguerite Thiébault”, mort à Paris le 26 mai 1831 ; après de très sérieuses études théologiques publia, en 1772, un Eloge de la poésie, couronné par l’académie de Nancy et fut nommé curé d’Embermesnil. Il fonda dans son presbytère une bibliothèque publique dans laquelle on pouvait puiser pour se perfectionner dans les arts et l’industrie. Elu, le 27 mars 1789, député du clergé aux Etats généraux par le bailliage de Nancy, il fut l’un des premiers à se joindre au tiers état, prêta le serment du Jeu de Paume, et, lors de de la séance royale du 23 juin 1789 fut du nombre des quelques députés qui, sous la présidence de Palasne de Champeaux, décidèrent de résister aux ordres de la cour, et formèrent le premier noyau du “Club breton“. Dans la nuit du 4 août, il fut un des plus ardents à voter l’abolition des privilèges et réclama suppréssion des annales, combattit le véto absolu du roi, se prononça pour la Constitution civile du clergé, puis prêta le serment civique. Lorsqu’il apprit l’arrestation du roi à Varennes, Grégoire demanda la mise en jugement immédiat, combattit ensuite le cens électoral “qui concentrait la représentation entre quelques citoyens riches et grands propriétaires”. Deux fois élu évêque constitutionnel dans la Sarthe et dans le Loir-et-Cher (1790), il opta pour Blois, et fut nommé, le 6 septembre 1791, l’un des administrateur du Loir-et-Cher, et le 3 septembre 1792, élu, par ce dernier département, membre de la Convention. Président de la députation chargée d’annoncer à l’Assemblée législative que la Convention était constituée, il appuya, le même jour, l’abolition de la royauté : “L’histoire des roi, dit-il, est le martyrologe des nations.” Le 8 octobre 1792, il écrivait une lettre particulière à un chef de bataillon, et on y lisait ce passage : “Tâchez de nous envoyer un jour, en don patriotique, quelque tête d’un Condé, d’un Artois, d’un Brunswick“, et devint président de la Convention. Lors du procès du roi, il était absent, il était alors commissaire de la Convention chargé d’organiser le nouveau département du Mont-Blanc et ne put prendre part au jugement, passa ensuite dans les Alpes-Maritimes pour organiser également le département. De retour à la Convention, il fut nommé membre du comité de l’instruction publique dont il devint le membre le plus actif. Lorsque l’évêque de Paris, Gobel, vint abjurer sa foi à la tribune de la Convention, Grégoire refusa absolument de le suivre : “Catholique par conviction et par sentiment, dit-il, prêtre par choix, j’ai été délégué par le peuple pour être évêque ; ce n’est ni de lui ni de vous que je tiens ma mission. On m’a tourmenté pour accepter le fardot de l’épiscopat, on me tourmente aujourd’hui pour me forcer à une abdication qu’on ne m’arrachera jamais ; j’invoque la liberté des cultes” ; devint ensuite membre de l’Institut (19 frimaire an IV). Elu, le 23 vendemiaire an IV, député au Conseil des Cinq-Cents, il y siégea jusqu’en germinal an VI, accepta le Coup d’Etat du 18 brumaire et entra au corps législatif le 4 nivôse an VIII, comme député du Loir-et-Cher ; le bruit ayant couru qu’il allait être créé cardinal, Grégoire répondit le 30 fructidor dans une lettre envoyée au député Bordes : “Croyez que cet ornement prétendu (le chapeau rouge) n’est pas réservé pour les têtes qui sont simultanément religieuses et républicaines.” Il entra au Sénat conservateur le 4 nivôse an X, fit partie de la minorité, protesta contre les tribunaux d’exception, vota avec deux autres sénateurs seulement contre l’établissement de l’Empire, parla seul contre le rétablissement des titres nobiliaires, se prononça contre le divorce de Napoléon et n’assista pas au mariage de Marie-Louise. Il avait été fait membre de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII, puis commandeur le 25 prairial suivant, il fut créé comte de l’Empire le 2 juillet 1808, son opposition ne se démentit pa un seul instant, et, en 1814, il rédigea d’avance un projet de déchéance des plus énergiques contre l’Empereur ; il fut tenu à l’écart par la première Restauration, ne reparut pas pendant les Cent-Jours, et fut exclu de l’Institut sous la seconde Restauration. En 1819, il fut élu, par le collège électoral de l’Isère, député de l’opposition ; cette élection déchaîna les passions contre-révolutionnaires, et les royalistes se vantèrent publiquement de l’exclure de la Chambre comme indigne. L’opposition presque incolore de cette époque n’osa pas le défendre ouvertement sous prétexte que Grégoire était resté républicain, elle l’engagea à donner spontanément sa démission ; il s’y refusa, et le 6 décembre la Chambre prononça l’annulation de son élection, mais sans la motiver. Ces royalistes, vis-à-vis de lui, ne désarmèrent pas, il se livrèrent contre lui à des attaques furibondes. Grégoire se défendit, écrivit au journal la Quotidienne, le 4 octobre 1820, et protesta contre l’épithète de régicide : “Le devoir de souffrir chétiennement n’ôte pas le droit de repousser la calomnie. J’étais absent aux quatre appels nominaux du procès de Louis XVI ; dans mon discours à la Convention, j’avais demandé la suppression de la peine de mort et que Louis XVI en profitât en tout premier.” La censure ayant mutilé sa lettre, il demanda justice, le 8 octobre, au ministre duc de Richelieu. “Mon âme inflexible se raidira toujours contre la calomnie, l’iniquité ; je suis comme le granit, on peut me briser, mais on ne me plie pas”, puis il renonça à son titre de commandeur de la Légion d’honneur. Aux élections de 1824, le gouvernement ne voulut pas l’inscrire sur les listes électorales, malgré ses réclamations. Il se retira, dès lors, dans sa retraite d’Auteuil et resta en correspondance avec la plupart des savants de l’Europe. Le gouvernement de Juillet lui-même ne fit rien pour réparer les injustices du règne précédent. A son lit de mourant, Grégoire réclama les secours de la religion, l’archevêque de Paris exigea au préalable qu’il rétractât son serment à la Constitution civile du clergé. Grégoire se montra inflexible et refusa, mais l’abbé Guillon lui administra  quand même les sacrements. Après sa mort, l’Eglise lui refusa la sépulture ; l’administration d’alors fit porter son corps à l’Abbaye-au-Bois, où la messe fut célébrée par un prêtre étranger. Après la cérémonie, un certain nombre de jeunes gens dételèrent les chevaux du char funèbre, et trainèrent le cercueil à bras au cimetiere Montparnasse.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LOUIS-MARIE DE LA REVELLIERE-LEPEAUX (1753-1824)

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Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux (1753-1824), directeur

Il était de la très petite bourgeoisie ; petit, bossu, de l’extérieur le plus désagréable qu’on puisse imaginer, c’était un véritable Esope. Il n’avait ni l’habitude des affaires ni la connaissance des hommes. Du reste il était patriote, chaud et sincère, honnête homme, citoyen probe et instruit ; il entra pauvre au Directoire et en sortit pauvre. La nature ne lui avait accordé que les qualités d’un magistrat subalterne.

(Napoléon Bonaparte)

La Révellière-Lépeaux (Louis-Marie de). Avocat, législateur, et membre du Directoire, né à Montaigu (Vendée), le 24 août 1753, de “noble homme Jean-Baptiste de La Réveillière, bourgeois de la ville d’Angers, licencié ès lois, conseiller du roi, lieutenant juge au siège royal des traites de Montaigu, et de demoiselle Marie-Anne Maillochau”, mort à Paris le 27 mars 1824 ; fut reçu avocat au parlement de Paris en 1775. Elu, le 20 mars 1789, député du Tiers aux Etats généraux par la sénéchaussée d’Anjou, il devint membre du comité de Constitution (6 juillet 1789), se prononça en faveur du drapeau tricolore (21 octobre), vota pour la non-réélection des députés à la Législative suivante, et fut élu, le 22 septembre, haut juré de Maine-et-Loire et l’un des administrateurs de son département. Le 5 septembre 1792, il fut élu par le Maine-et-Loire, membre de la Convention, et, dans le procès du roi, vota “pour la mort et contre le sursis”. Le 11 mars 1793, il combattit la motion de Danton, tendant à ce que la Convention choisit le ministère en son sein ; fut élu secrétaire le 30 mars et appuya le 3 avril la mise en accusation de Marat. Au 31 mai il prit la défense des Girondins, mais devant l’animosité et les violentes protestations de la Montagne contre son attitude quelque peu provocatrice, il sortit de la chambre, fut de ce chef, décrété d’arrestation et mis hors la loi. La Révellière eut la précaution de se réfugier à l’ermitage de Sainte-Radegonde, dans la forêt de Montmorency, et y resta caché un an, revint à Paris après le 9 thermidor et repris son siège à la Convention (18 frimaire an III), fit décréter, le 12 floréal, que les prêtres déportés, non sortis du territoire seraient traités comme des émigrés, devint président de la Convention le 1er thermidor, et fut membre du Comité de Salut public (15 fructidor). Le 20 vendemiaire an IV, il fut élu, par trente et un départements, député au Conseil des Anciens et opta pour le Maine-et-Loire, puis le 10 brumaire an IV, il fut élu membre du Directoire exécutif et le 15 thermidor en devint le président. Après les victoires de Lonato et de Castiglione, il envoya, le 1er fructidor, une lettre de félicitations à la citoyenne Bonaparte : “Permettez-moi, citoyenne, disait-il en terminant, de saisir cette occasion de vous dire que le général Bonaparte peut me compter au nombre de ses francs admirateurs, et que je fais les voeux les plus sincères pour que celle à laquelle il a lié son sort soit comblée d’autant de bonheur que lui-même est comblé de gloire.” Lors des élections de l’an V, qui amenèrent dans les conseils une majorité royaliste, La Révellière-Lépeaux fut un des instigateurs du coup d’Etat du 18 fructidor, devint ensuite membre de l’Institut (classe sciences morales et politiques), et seconda les efforts de Haüy pour établir une religion simple, destinée à la fois à remplacer l’ancien culte et à réveiller des idées religieuses dans le peuple ; c’est ce système préconisé par lui qui fut appelé du nom de Théophilanthropie, il n’en fut ni le père, ni même l’apôtre, il se contenta de l’approuver, mais n’assista pas aux réunions de la secte. Le 30 prairial an VII, il donna sa démission de membre du Directoire; depuis qu’il en était membre, il s’était attiré un grand nombre d’ennemis, entre autres Carnot qui l’appelait “puant et difforme, bilieux et naïf” ; il refusa de prêter serment à l’Empereur comme membre de l’Institut, malgré l’injonction formelle que lui avait été adressée, partit avec sa famille dans sa propriété, et envoya sa démission d’académicien. Il revint à Paris en 1809, et Fouché lui ayant fait offrir une pension, sous la seule condition qu’il la demanderait lui-même à l’Empereur, La Révellière-Lépeaux refusa net, et, pendant les Cent-Jours, n’ayant rempli aucune fonction publique, il ne fut pas contraint, comme ses anciens collègues régicides, de quitter la France lors de la seconde Restauration. Il a laissé des Mémoires de sa vie politique.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire su Dr Robinet)

Lien : Louis-Marie La Révellière-Lépeaux sur Wikipedia

12.21.07

ROGER DUCOS (1747-1816)

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Roger Ducos (1747-1816), Directeur, puis Consul provisoire

Ce nain de Ducos, ce cul-de-jatte de Ducos, un homme borné et facile.

(Napoléon Bonaparte)

Ducos (Pierre-Roger, comte). Avocat, législateur, directeur et consul provisoire, né à Montfort (Landes), le 27 juillet 1747, de “maître Philibert Ducos, notaire royal et procureur au sénéchal et présidial de cette ville, et de demoiselle Jeanne-Marie Leclercq”, mort à Ulm (Autriche) le 4 mars 1816 ; était avocat à Dax, quand il devint, sous la Révolution, président du tribunal criminel des Landes. Le 5 septembre 1792, il fut élu, par ce département, membre de la Convention et prit place à la Plaine ; dans le procès du roi, il vota pour “la mort”, fut ensuite envoyé en mission en Belgique, et de retour, se prononça contre les Girondins, fut élu, en l’an II, président du club des Jacobins et secrétaire de la Convention le 2 frimaire de la même année. Le 23 vendemiaire an IV, il entra au Conseil des Anciens et devint président le 2 vendemiaire an V. Son mandat terminé, il reprit ses fonctions de président du tribunal criminel des Landes, puis devint, le 30 prairial an VII, membre du Directoire exécutif, en remplacement de Merlin de Douai, où il aida puissamment en cette qualité, à la réussite du coup d’Etat de brumaire et devint le collègue de Sieyès et de Bonaparte comme troisième consul provisoire. Le 22 frimaire suivant, il fut nommé membre du Sénat conservateur, fait membre de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII, et grand officier le 25 prairial suivant, puis créé comte de l’Empire le 28 mai 1808. L 2 juin 1815 il fut nommé pair des Cent-Jours. En 1816, il dut quitter le territoire français comme régicide, alla à Stuttgard et se rendait en Autriche pour y fixer sa résidence, quand sa voiture versa près d’Ulm, la roue lui ayant passé sur le corps, il mourut quelques instants après.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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CHARLES-ANDRE POZZO DI BORGO (1764-1842)

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Comte Charles André-Pozzo di Borgo (1764-1842)

C’est Pozzo di Borgo, croit-on, qui a conseillé à l’Empereur Alexandre de marcher sur Paris ; il a, par ce seul fait, décidé des destinées de la France, de celle de la civilisation européenne, de la face et du sort du monde.

(Napoléon Bonaparte)

Pozzo di Borgo (Charles-André, comte). Né à Alata (Corse) le 8 mars 1764, mort à Paris le 15 février 1842 ; d’une famille noble, mais pauvre, il se trouva en opposition avec les familles Paoli et Bonaparte. A la demande de Saliceti et de Mirabeau (30 novembre 1789) pour que le territoire de la Corse fût régi par les lois en usage sur le territoire français, il fut chargé d’en remercier l’Assemblée législative, où il se montra partisan de Louis XVI. En 1793, il rentra dans son île natale où il ne se montra pas favorable au gouvernement républicain. Après la rupture avec la France de la Terreur, Paoli et Pozzo di Borgo n’eurent d’autre alternative que d’en appeler au soutien des Anglais. La Corse tomba alors sous le joug de ces derniers jusqu’en 1796 date à laquelle Napoléon Bonaparte orchestra depuis l’Italie la reconquête de l’île et mit fin à ce curieux royaume anglo-corse. Pozzo di Borgo dut alors s’enfuir en Angleterre et les circonstances de sa vie politique l’obligèrent de quitter ce premier asile et de se réfugier à Vienne en 1798 ; quelque temps après il se mit au service de la Russie, son caractère facile et souple s’accomoda des finesses de la diplomatie, il chercha à entraîner l’empereur Alexandre dans une ligue dont le but était d’assurer l’indépendance de la Suisse, la restitution des états de terre ferme du roi de Sardaigne, enfin pour le prince d’Orange la constitution d’un royaume composé de la Belgique et de la Hollande. Ces différentes puissances adhèrèrent au programme développé par Pozzo di Borgo ; l’Autriche surtout attendait avec anxiété le résultat de ses négociations, mais la journée d’Austerlitz déjoua ses combinaisons. Après l’entrevue de Tilsit, il fut, en Autriche, traqué par la police de Napoléon, qui réclamait son extradition ; c’est alors qu’il dut fuir provisoirement à Malte et de là, quelques temps après, il passa en Angleterre ; Cette puissance ainsi que la Russie l’engageaient chacune de son côté à les seconder dans leurs vues personnelles ; elles le poussaient à gagner l’intimité de Moreau, Murat, Eugène de Beauharnais et Bernadotte même qu’il suivit sur les champs de bataille de Dresde et de Leipzig. Au congrès de Francfort-sur-le-Mein, l’empereur de Russie fit jouer à Pozzo di Borgo le premier rôle en lui faisant rédiger la fameuse déclaration à laquelle Napoléon ne voulut pas souscrire. Son ennemi renversé du pouvoir, il eut le triste honneur d’être chargé par les alliés souverain d’aller complimenter Louis XVIII en Angleterre, que le Sénat venait d’appeler au trône. Pendant les Cent-Jours, il resta prudemment à Gand, et en 1815, il eut encore le talent d’être mêlé aux combinaisons louches des alliés ; il en fut de même en 1818 au congrès d’Aix-la-Chapelle. Très bien en cour avec Louis XVIII il eut un peu moins de succès avec Charles X, mais sut se faire bien voir par le gouvernement de Juillet. Ambassadeur de Russie en France, il échangea ce poste pour celui de Londres où il resta jusqu’à sa mise en retraite en 1839.

(Extrait corrigé du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Liens : Charles-André Pozzo di Borgo sur Wikipedia, Napoléon et Pozzo di Borgo

12.20.07

LOUIS-PHILIPPE COMTE DE SEGUR (1753-1830)

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Louis-Philippe, comte de Ségur, historien et sénateur (1753-1830)

C’est sans raison surtout qu’on m’a reproché d’avoir employé des nobles et des émigrés. Imputation banale et tout à fait vulgaire ! Le fait est que, sous moi, il n’y avait plus en France que des opinions, des sentiments individuels. Ce ne sont pas les nobles et les émigrés qui ont ramené la Restauration, mais bien plutôt la Restauration qui a ressuscité les nobles et les émigrés. Ils n’ont pas plus particulièrement contribué à notre perte que d’autres : les vrais coupables sont les intrigants de toutes les couleurs et de toutes les doctrines. Fouché n’était point noble, Talleyrand n’était pas un émigré ; Augereau et Marmont étaient ni l’un ni l’autre. Enfin, voulez-vous une preuve dernière du tort de s’en prendre à des classes entières, quand une Révolution comme la notre a labouré au milieu d’elles ? Le bon M. de Ségur, malgré son âge, à mon départ m’a offert de me suivre. Je pourrai multiplier mes citations à l’infini.

(Napoléon Bonaparte)

Ségur (Louis-Philippe, comte de). Député de  l’Isère au Corps législatif de l’an IX à 1813 ; membre du sénat conservateur en 1813, pair de France en 1814, pair des Cents-Jours, pair de France en 1819, né à Paris le 10 décembre 1753, mort dans la même ville le 17 août 1830 ; fils de “Philippe-Henry, marquis de Ségur, seigneur de Pouchaf et de Fongeuvilles, baron de Romainville, et de Louise-Anne-Madeleine de Vernon” ; en 1769, sous-lieutenant au régiment, mestre de camp général, capitaine en 1772 et colonel en second du régiment d’Orléans en 1776, colonel des dragons de Ségur en 1783 ; en 1791, il était ambassadeur à Rome, mais le Pape refusa de le recevoir et obtint, à son retour le grade de maréchal de camp, grand officier du palais de l’Empereur (an XII), comte de l’Empire (180 8) ; il soutint énergiquement les droits de Napoléon II, et offrit de suivre l’Empereur partout où il irait. Il applaudit à la Révolution de 1830, et au retour du drapeau tricolore, il fut l’un des premiers à adhérer au gouvernement de Louis-Philippe ; membre de l’académie depuis 1803, il a publié un grand nombre d’ouvrages et a donné lui-même une édition de ses oeuvres complètes en 1824.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Louis-Philippe de Ségur sur Wikipedia

LES AMIRAUX DE NAPOLEON - VICE-AMIRAL VILLARET DE JOYEUSE (1747-1812), COMTE D’EMPIRE

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Amiral Louis-Thomas Villaret de Joyeuse (1747-1812), comte de l’Empire

Le courage et la fidélité plaide en faveur du vice-amiral… Ses fautes ont-elle fait perdre la colonie ? Elles ont tout au plus abrégé de quelques jours la durée de sa conservation.

(Napoléon Bonaparte)

Villaret de Joyeuse (Louis-Thomas, comte). Député du Morbihan au Conseil des Cinq-Cents (an V) ; né à Auch (Gers) le 27 mai 1747, mort à Venise (Italie) le 14 juillet 1812 ; fils de “Jean-François Villaret de Joyeuse, ecuyer, inspecteur des domaines du roi, et de Marie-Thérèse Courtade” ; il s’enrola dans les gendarmes du roi, qu’il quitta à la suite d’un duel et entra en 1766 dans la marine ; lieutenant de vaisseau en 1774, reçut de Suffren le commandement de la frégate la Naïade. Décoré de Saint-Louis, il apaisa les troubles de Saint-Domingue en 1791. Capitaine de vaisseau, il fut contre-amiral en 1793 et placé à la tête de la flotte. Il mit son pavillon sur la Montagne et se rendit à la rencontre d’un convoi de grains qui venait d’Amérique, mais ce fut l’amiral Howe qui se présenta avec une flotte supérieure ; il put dégager son arrière-garde attaquée par les Anglais, mais un brouillard empêcha les deux flottes de s’aborder, malgré les renforts qu’elles avaient reçus, une fausse manoeuvre permit à Howe de couper la flotte française. La Montagne fut entourée et faillit être prise, pendant que le Vengeur et l’Impétueux coulaient plutôt que de se rendre. Les Anglais cessèrent les premiers le feu et Villaret, après avoir dispersé la flotte ennemie, put enfin faire entrer à Brest le convoi de grains. Secrétaire du Conseil en l’an V, il fit un rapport en faveur de Surcouf. Il fut condamné à la déportation au 18 fructidor, parvint à s’échapper, et se rendit à l’île d’Oléron. En l’an IX, il fut commandant des forces navales dirigées contre Saint-Domingue, mais il y arriva trop tard pour agir. Capitaine général de la Martinique (an X), grand-aigle (an XIII), il soutint au fort Bambou à la Martinique un bombardement d’un mois (30 janvier-24 février 1809) ; dépourvu de tout secours, il dut rendre l’île aux Anglais. L’Empereur, en 1811, le nomma gouverneur général de Venise où il mourut d’une hydropisie. Il était comte de l’Empire depuis 1808.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.19.07

GENERAL PIERRE RIEL DE BEURNONVILLE (1752-1821), COMTE D’EMPIRE

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Général Pierre Riel, marquis de Beurnonville (1752-1821), comte de l’Empire

Homme nul, sans talent civil ou militaire.

(Las Cases)

Beurnonville (Pierre de Riel, marquis de). Officier général, législateur et ministre, né à Champagnol (Aube), le 10 mai 1752, de “Pierre de Riel de Beurnonville et de Jeanne de Laurencin”, mort à Paris le 23 avril 1821 ; entra dans l’armée en 1774, au régiment de l’Île de France, revint en France en 1789, parvint rapidement au grade de maréchal de camp (13 mai 1792), et la même année, fut promu général de division ; se battit sous les ordres de Dumouriez, à l’armée du Nord. Le 4 février 1793, nommé ministre de la guerre, il donna presque aussitôt sa démission (11 mars). La même année, il fut chargé, par le comité de défense générale, d’aller surveiller les agissements de Dumouriez, devenu à bon droit suspect, mais aussitôt arrivé, ce dernier le fit arrêter avec les représentants qui l’accompagnaient, et le livra aux Autrichiens, qui l’enfermèrent à Olmütz jusqu’au 12 brumaire an IV, date de l’échange des commissaires avec la fille de Louis XVI. Dès son retour, il fut nommé général en chef de l’armée de Sambre-et-Meuse, ensuite de l’armée du Nord (24 ventôse an IV). S’étant montré favorable au 18 brumaire, Beurnonville fut envoyé à Berlin comme ambassadeur, ensuite à Madrid, devint membre de la Légion d’honneur (vendemiaire an XII), et grand officier (25 prairial). Entré au Sénat conservateur le 12 pluviôse an XIII, il fut créé comte de l’Empire le 28 mai 1808, et grand-aigle (avril 1809). En avril 1814, il vota la déchéance de l’Empereur, fut nommé membre du gouvernement provisoire et demanda le rappel des Bourbons. Le 26 avril 1814, promu conseiller d’Etat, Louis XVIII le nomma ministre d’Etat, et le 11 juin 1814, pair de France. Dans le procès du maréchal Ney, son ancien camarade, il vota pour la mort, fut fait commandeur de Saint-Louis, le 3 juillet 1816, maréchal de France, de plus, créé marquis en 1817, et reçut, à l’occasion de la naissance du duc de Bordeaux, le cordon bleu. Il mourut quelques mois après d’une attaque de goutte.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES GENERAUX DE NAPOLEON - GENERAL VANDAMME (1770-1830), COMTE D’UNSEBOURG

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Général Dominique-Joseph-René Vandamme (1770-1830), comte d’Unsebourg

Si j’avais deux Vandamme, j’en ferais fusiller un, mais je n’en ai qu’un et je le garde pour moi.

(Napoléon Bonaparte)

Vandamme (Dominique-Joseph-René, Comte d’Unsebourg). Officier général et législateur, né à Cassel le 5 novembre 1770 de “Maurice Vandamme, chirurgien, et de Barbe-Françoise Baert”, mort à Cassel le 5 juillet 1830, s’engagea le 8 juillet 1788 dans le régiment colonial de la Martinique, revint en France en 1790 avec le grade de sergent, passa le 22 juin 1791 dans le régiment de Brie. Chargé peu après de l’organisation des chasseurs du Mont-Cassel, et fut envoyé à l’armée du Nord où il se signala particulièrement devant Mons, se fit surtout remarquer par ses sentiments patriotiques. Nommé général de Brigade le 27 septembre 1793, il participa à la prise de Furnes et d’Ypres. Le 29 septembre 1795 il passa à l’armée du Rhin où il se battit à Mereisheim, puis à Nieuwed. Promu général de division le 5 février 1799, il fut chargé du commandement de l’aile gauche de l’armée du Danube, passa ensuite sous les ordres de Brune, en Hollande, et contribua à la victoire de Berghen, alla en Italie et se battit encore à Pozzolo et à Moyembano. En 1803, une division du camp de Boulogne lui fut confiée, et il devint grand-officier de la Légion d’honneur, le 19 frimaire an XII ; il fit, dans le corps de Soult, la campagne de 1805, se distingua à Donawerth et à Austerlitz. En Prusse, il commanda le 9e corps, prit Breslau, Schwerdenitz, Gratz, et fut appelé le 11 novembre 1807, au commandement de la 16e division, et, le 16 août 1808, à celui du camp de Boulogne. Il prit part en 1809 aux victoires d’Abensberg et d’Eckmühl et fut créé comte d’Unsebourg lors de cette campagne d’Autriche. Il était à la tête du 1er corps de la Grande Armée en 1813 quand il occupa la ligne de l’Elbe et s’empara de Hambourg. Appelé à Dresde, il eut ordre d’occuper Pirna et Toeplitz. Mal soutenu, il se trouva à Kulm le 30 août, en face de forces bien supérieures. Après une héroïque défense, il chercha à s’échapper par les défilés de Péterswald, mais le corps prussien de Kleist lui barra de nouveau la route : Vandamme fut fait prisonnier et ne rentra en France que le 1er septembre 1814. Au retour de l’île d’Elbe, il rejoignit de suite l’Empereur, fut nommé pair de France et commandant du 3e corps d’armée. Il contribua à la victoire de Ligny et fut aux prises avec l’ennemi à Wavre le jour de la bataille de Waterloo. Il ramena ses troupes à Paris et occupa Montrouge, Vanves, et Issy. Louis XVIII le comprit dans l’ordonnance de proscription du 24 juillet 1815. Il se retira aux Etats-Unis, puis fut gracié le 1er décembre 1819 et enfin à la retraite le 4 mai 1825.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.18.07

LES GENERAUX DE NAPOLEON - GENERAL LAMARQUE (1770-1832), BARON D’EMPIRE

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Général Jean-Maximilien Lamarque (1770-1832), comte de l’Empire

Les dernières insurrections [de Vendée] n’avaient-elles plus le même caractère que la première : ce n’était plus du pur fanatisme, mais seulement de l’obéissance passive à une aristocratie dominatrice. Quoi qu’il en soit, Lamarque, que j’y avais envoyé au fort de la crise, y fit des merveilles et surpassa mes espérances.

(Napoléon Bonaparte)

Lamarque (Jean-Maximilien, comte). Officier général et législateur, né à Saint-Sever (Landes), le 22 juillet 1770 de “Mr Maître Pierre-Joseph Lamarque, conseiller du roi et son procureur au sénéchal de cette ville, et de dame Marie-Ursule Duffau” ; entra dans les rangs de l’armée en 1791, comme engagé dans un bataillon de volontaires des Landes, arriva rapidement au grade de capitaine de grenadiers dans la colonne infernale commandée par La Tour d’Auvergne, puis passa à l’armée d’Espagne, s’y conduit d’une façon héroïque et fut nommé adjudant général, alla ensuite à l’armée du Rhin, fut promu général de brigade en l’an IX et se distingua à Moeskirch et à Hohenlinden ; ses montra très brave à Austerlitz, fut remarqué par l’Empereur qui l’envoya à l’armée chargée de conquérir le royaume de Naples ; il s’empara de Gaëte, mais refusa le poste d’aide de camp du roi Joseph, pour conserver sa qualité de Français ; puis le 6 décembre 1807, fut promu général de division. Le roi Murat ayant chargé Lamarque de reprendre Capri aux Anglais commandés par Hudson Lowe, il y déploya un tel sang-froid et un tel courage, que le ministre napolitain, Salicetti, écrivait à son maître : ” Je suis à Capri, j’y vois les Français, mais je ne puis comprendre comment ils y sont entrés.” Plus tard, nous le revoyons à Wagram, où il eut quatre chevaux tués sous lui ; passa ensuite en Espagne, et fut créé baron de l’Empire le 4 juin 1810, en 1814, la Restauration le mit en disponibilité, mais au retour de l’île d’Elbe, Napoléon le nomma gouverneur de Paris ; il fut nommé général en chef de l’armée de la Vendée qui venait, encore une fois, de se soulever : puis, par des manoeuvres lentes mais prudentes, il put battre en plusieurs rencontres les troupes royalistes, et obligea les chefs vendéens à signer la paix à Cholet le 26 juin 185. La chambre des Cent-Jours déclara que le général Lamarque avait bien mérité de la patrie. L’ordonnance royale du 24 juillet 1815 comprit Lamarque dans les personnes obligées de quitter la France. Il protesta contre cette mesure immérités, mais ce fut en vain, et fut contraint de se diriger vers Bruxelles, d’où le gouvernement des Pays-Bas lui intima l’ordre de partir pour Amsterdam ; par une nouvelle ordonnance du 20 octobre 1818, il fut autorisé à rentrer en France, et se retira à Saint-Sever. Le 22 décembre 1828, il fut élu député de l’opposition par l’arrondissement de Mont-de-Marsan ; il fut créé comte en 1829 ; il prit cependant place à gauche, fut mis d’office à la retraite comme lieutenant général, par le ministère Polignac et fut des 221 ; contribua, pour une large part au succès de la Révolution de 1830, puis continua à appartenir à l’opposition démocratique contre Louis-Philippe. Il demanda la réunion de la Belgique à la France, l’abrogation des traités de 1815, la reconstitution de la Pologne, et s’éleva, avec une rare éloquence, contre les partisans de la paix à tout prix ; fut réélu aux élections du 5 juillet 1831 et continua de lutter contre les tendances de plus en plus réactionnaires du gouvernement issu des barricades de Juillet. Malheureusement pour la démocratie et pour la France, Lamarque fut enlevé par une attaque de choléra. Cette mort jeta une telle stupeur qu’elle faillit renverser en quelques heures le trône déjà bien ébranlé du fils de Philippe-Egalité.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES GENERAUX DE NAPOLEON - GENERAL DUPONT DE L’ETANG (1765-1840), COMTE D’EMPIRE

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Général Dupont de l’Etang (1765-1840), Comte de l’Empire

Dupont a flétri nos drapeaux. Quelle ineptie, quelle bassesse ! Il a signé une capitulation où il a compromis les intérêts de son armée en ne la faisant pas garantir par les agents anglais qui étaient au camp de l’ennemi.

(Napoléon Bonaparte)

Dupont de l’Etang (Pierre, comte). Officier général et législateur, né à Chabanais (Charente), le 4 juillet 1765, de “Pierre-Isaac Dupont, propriétaire, et de dame Françoise-Claire Benoist”, mort à Paris le 7 mars 1840 ; entra dans l’armée comme sous-lieutenant d’artillerie dans la légion Maillebois au service de la Hollande. Rappelé en France en 1791, il servit comme capitaine et devint l’aide de camp du général Théobald Dillon à l’armée du Nord, se distingua à Valmy, fut promu général de brigade, après avoir fait mettre bas les armes à un régiment de grenadiers autrichiens. Sous le Directoire, Carnot l’appela aux fonctions de directeur au dépôt de la guerre, il prêta un concours actif au coup d’Etat du 18 brumaire (il venait de passer général de division) et fut nommé chef d’état-major de l’armée de réserve, puis contribua à la victoire de Marengo, établit un gouvernement provisoire en Toscane, et, avec 15.000 hommes, culbuta 45.000 Autrichiens au passage du Mincio, fut fait membre de la Légion d’honneur le 19 frimaire an XII et grand officier le 25 prairial, partit pour l’armée d’Allemagne en 1805, fut vainqueur de Mélas à Ulm et lui fit 20.000 prisonniers, puis contribua à la victoire de Friedland. Le 4 juillet 1808, il fut créé comte de l’Empire. Ces brillants succès lui valurent d’être appelé au commandement d’une division de l’armée d’Espagne. Il prit successivement Carpio, Monters, Alcolea et s’avança jusqu’à Cordoue, puis les revers arrivèrent après les victoires. Le 18 juillet, il se trouva acculé à de très grandes difficultés, et se vit contraint de demander au général Castanos un armistice, qui aboutit quelques jours après à un désastre. Le 23 juillet, Dupont capitula à Baylen ; dans cette ville 17.000 Français mettaient bas les armes mais devaient être reconduits en France par mer, avec armes, drapeaux et bagages. A la nouvelle de cette humiliante capitulation de Bailen, l’Empereur entra dans une colère épouvantable, donna de suite l’ordre d’arrêter Dupont de l’Etang et de l’enfermer au fort de Joux et le fit traduire, sous l’accusation de haute trahison, en février 1812, devant un commission militaire. Dupont de l’Etang fut destitué de ses grades militaires, ses décorations lui furent retirées et son nom fut rayé des cadres de la Légion d’honneur, le port de l’habit militaire lui fut interdit, défense lui faite de prendre le titre de comte ; ses dotations furent mises sous séquestre, et enfin il fut transféré dans une prison d’Etat pour y être détenu jusqu’à nouvel ordre. Il ne fut remis en liberté qu’à la chute de l’Empire. Le gouvernement provisoire de 1814 le nomma commissaire au département de la guerre, et Louis XVIII le confirma dans ce grade le 3 avril. Le 7 novembre, le roi ordonna que le dossier de sa condamnation fut révisé, mais son passage au ministère de la guerre ne fut pas heureux ; il se livra à une véritable hécatombe de destitutions, au gaspillage de la Légion d’honneur, à de nombreuses nominations de complaisance dans l’armée, ce qui donna lieu à de nombreuses protestations. Louis XVIII se vit obligé de lui retirer le ministère de la guerre. En échange, on lui confia le gouvernement de la 22e division militaire et la croix de commandeur de Saint-Louis, il fut destitué pendant les Cent-Jours, puis réintégré au retour de Gand. Le 22 août 1815, il fut élu député par le collège de la Charente, et ce mandat fut continuellement renouvelé jusqu’aux éléctions de 1827. Il fut admis à faire valoir ses droits à la retraite le 13 août 1832. On a de lui : Opinions sur le nouveau mode de recrutement ; Lettre sur la campagne d’Autriche ; lart de la guerre, etc.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.16.07

LES GENERAUX DE NAPOLEON - GENERAL BOURMONT (1773-1846)

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Général Louis-Victor-Auguste de Ghaisne de Bourmont (1773-1846)

Bourmont s’est conduit bassement… Il était connu pour être un des Vendéens les plus faux et les plus hypocrites : je n’aurais jamais dû l’employer.

Bourmont est une de mes erreurs.

(Napoléon Bonaparte)

Bourmont (Louis-Victor-Auguste de Ghaisne, vicomte de). Maréchal de France et législateur, né au château de Bourmont (Maine-et-Loire), le 2 septembre 1773, de “Louis-Marie-Eugène de Ghaisne, comte de Ghaisne et de Bourmont, seigneur de Reigni la Cornouaille, etc., capitaine de cavalerie, et de Joséphine-Sophie de Coutances”, mort au château de Bourmont le 27 octobre 1846 ; était enseigne dans les gardes françaises au moment de la Révolution, émigra en 1790 et devint aide de camp du prince de Condé, passa en Vendée où il fut nommé major général de l’armée royaliste, commandée par M. de Scépeaux. En l’an VII, le comte d’Artois le nomma maréchal de camp et l’investit du commandement des provinces du Maine et du Perche ; se mit à la tête des chouans et battit les républicains à Saumur, s’empara du Mans ; mais, après la capitualtion de M. de la Prévalais et la soumission du comte de Châtillon, Bourmont adhéra au traité de paix conclu par ces deux chefs avec les républicains. Il vint alors s’installer à Paris et voulut se rendre agréable à Bonaparte, alors Premier Consul. L’explosion de la machine infernale, le 3 nivôse an IX, changea les intentions que l’on pouvait avoir pour lui, car il fut soupçonné de complicité, et, sur l’ordre de Fouché, arrêté et mis au secret au Temple, transféré à la citadelle de Besançon, d’où Bourmont réussit à s’évader en 1805, pour se réfugier au Portugal. Après la prise de Lisbonne par Junot, il rentra en France, parvint à capter la confiance de l’Empereur et fut nommé par ce dernier colonel, adjudant-commandant de l’armée de Naples, fit ensuite la campagne de Russie, prit part à la bataille de Dresde, fut promu, en octobre 1813, général de brigade, se signala en février 1814 à la défense de Nogent et y gagna le grade de général de division. Aussitôt les Bourbons maîtres du pouvoir, Bourmont se donna à eux ; puis, au retour de l’île d’Elbe, parvint à retrouver du crédit auprès de l’Empereur, qui le mit à la tête d’une division de l’armée du Nord. A la veille de la bataille de Waterloo, dans la nuit du 14 au 15 juin 1815, l’armée française avait fait son entrée à Charleroi, qunad tout à coup de Bourmont abandonna ses troupes et passa à l’ennemi ; peu après, figurant comme témoin dans le procès du maréchal Ney et du général Bonnaire, il contribua, par ses dépositions, à les faire condamner. Sous la Restauration il eut un commandement supérieur dans l’expédition d’Espagne et fut créé pair de France le 9 octobre 1823. Le 8 août 1829, il entra dans le ministère Polignac comme ministre de la guerre ; cette nomination fut tellement scandaleuse et accueillie en général avec une telle stupeur que le gouvernement se décida à nommer M. de Bourmont général en chef de l’expédition qui partait pour Alger, et le 5 juillet 1830, cette dernière ville ayant capitulé, Bourmont fut nommé maréchal de France. Quand il apprit la Révolution et la chute de Charles X, il s’empressa d’aller rejoindre à Londre le roi détrôné. Il ne rentra en France qu’en vertu de l’amnistie de 1840.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.15.07

LES GENERAUX DE NAPOLEON - GENERAL EBLE (1758-1812), BARON D’EMPIRE

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Général Jean-Baptiste Eblé (1758-1812), comte de l’Empire

Eblé était un homme du plus grand mérite.

(Napoléon Bonaparte)

Eblé (Jean-Baptiste, baron). Officier général, né à Saint-Jean-de-Rosback (Moselle), le 21 décembre 1758, de “Jean-Baptiste Eblé, capitaine d’artillerie et chevalier de Saint-Louis, et de dame Marie Medre”, mort à Koenigsberg le 31 décembre 1812 ; entra au service le 21 décembre 1767 (à neuf ans), dans le 6e régiment d’artillerie, et nous retrouvons capitaine le 18 mai 1792, et chef de bataillon le 26 août 1793. Le 29 septembre 1793, il fut promu général de brigade et le 4 brumaire an II, général de division, fait membre de la Légion d’honneur le 23 vendemiaire an XII. Après la paix de Tilsit, le général Eblé passa au service du roi de Westphalie et devint son ministre de la guerre. Il fut créé baron de l’Empire le 26 octobre 1808, et reprit du service en France en 1810 puis passa en Espagne. Employé en Russie, dans la campagne de 1812, il se signala, le 17 août, à la bataille de Smolensk. Mais c’est au passage de la Bérézina qu’il se couvrit de gloire, où son courage permit de sauver de nombreux soldats de la Grande Armée. Il mourut à Koenigsberg par suite des fatigues de la guerre avant que les lettres patentes le faisant comte de l’Empire ne soient publiées. C’est à sa veuve que revint le titre de comtesse, dernier hommage posthume de l’Empereur à ce héros de la retraite de Russie.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES GENERAUX DE NAPOLEON - GENERAL FOY (1775-1825), BARON D’EMPIRE

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Général Sébastien-Maximilien Foy (1775-1825), baron de l’Empire

Il ne vivait que pour le glorieux péril de la guerre.

(Napoléon Bonaparte)

Foy (Sébastien-Maximilien, comte). Officier général et législateur, né à Ham (Somme), le 3 février 1775, de “Florent-Sébastien Foy, marchand, et de Elisabeth-Joachime Visbecq”, mort à Paris le 28 novembre 1825 ; entra dans l’armée, le 1er novembre 1790, comme aspirant au corps d’artillerie, devint élève sous-lieutenant le 1er mars 1792, et fit partie de l’armée du Nord, comme lieutenant en second, fit la campagne de Flandre et devint capitaine le 15 avril 1793. Partisan de la Révolution, il se prononça un moment pour les Girondins et fut envoyé devant un tribunal révolutionnaire pour avoir tenu des propos inciviques, puis mis en liberté après le 9 thermidor, envoyé à l’armée de Moselle pour commander une compagnie d’artillerie légère, fit avec Moreau les campagnes de l’an IV et de l’an V, et fut grièvement blessé à Diersheim. En l’an VI, il fut proposé comme aide de camp de Bonaparte, mais refusa, servit en l’an VII à l’armée du Danube, contribua à la prise de Schaffouse, se battit vaillament au passage de la Limath et fut nommé sur le champ de bataille adjudant général, par Masséna, combattit encore à Moerskirch et à Biberach, traversa la Suisse avec le corps de Moncey pour aller rejoindre l’armée d’Italie à Marengo, commanda la place de Milan en l’an IX, et rentra en France après la paix d’Amiens ; il était alors colonel au 5e régiment d’artillerie à cheval, fut fait membre de la Légion d’honneur le 19 frimaire an XII, et officier du même ordre le 25 prairial suivant, puis envoyé au camp d’Utrecht comme chef d’état-major de l’artillerie. Avec Carnot, il refusa de s’associer à l’élévation de Bonaparte à l’Empire ; aussi ce dernier attendit-il longtemps avant de donner les étoiles de général au colonel Foy. En l’an XIV, il fit la campagne avec le 2e corps, et commanda, en 1806, au Frioul. En 1807, il passa sous les ordres de Junot à l’armée du Portugal et, en 1808, obtint le commandement de l’artillerie de réserve ; il fut blessé à Vimeiro le 21 août et promu, le 3 septembre suivant, général de brigade. Dans Oporto, le 27 mars 1809, il faillit être égorgé, en allant sommer l’évêque, au nom du maréchal Soult, d’ouvrir les portes de la ville à l’armée française. Il fut maltraité et jeté dans un cachot et n’attendait plus que la mort quand nos soldats vainqueurs, ayant remporté la place le délivrèrent. En 1810, il battit les Anglos-Espagnols en Estramadure et fut blessé à Busaco. Le 29 novembre 1810, il fut promu général de division ; il avait été créé baron de l’Empire le 9 septembre, et, aprè s’être battu à Salamanque, il entra à Burgos le 22 octobre 1812. Le 13 décembre 1813, il se battit à Bayonne, et le 27 février 1814, fut blessé à Orthez ; c’était sa quatorzième blessure. Pendant sa convalescence il apprit l’abdication de l’Empereur et le retour des Bourbons, fut fait par la Restauration grand officier de la Légion d’honneur le 29 juillet 1814. Au retour de l’île d’Elbe, Foy reprit le drapeau tricolore avec enthousiasme et participa à Waterloo. Le 16 juin, aux Quatre-Bras, il culbuta une division belge, fut encore blessé et resta sur le champ de bataille. Le 11 septembre 1819, il fut élu député de l’opposition par le collège électoral de l’Aisne, réélu en 1824, dans trois arrondissements (Saint-Quentin, Versailles, Paris), mais tous ses travaux, son activité dans l’opposition l’épuisèrent et il mourut d’une maladie de coeur. Cette mort fut un deuil national. Paris tout entier assista à ses funérailles.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.14.07

JEAN-BAPTISTE NOMPERE DE CHAMPAGNY (1758-1834), DUC DE CADORE

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Jean-Baptiste de Nompère de Champagny (1758-1834), duc de Cadore

Un homme propre à toutes les places la veille du jour qu’on l’y nommait.

(Talleyrand)

Nompère de Champagny (Jean-Baptiste, du de Cadore, et comte de). Député par le bailliage de Forez à la Constituante, en 1789 ; membre du Sénat conservateur, pair en 1814, pair des Cent-Jours et pair de France ; né à Roanne (Loire) le 4 août 1756, mort à Paris le 3 juillet 1834 ; fils de “messire Charles de Nompère de Champagny, chevalier, lieutenant de cavalerie au 1er régiment de Monseigneur le Dauphin, et de dame Geneviève du Bost de Boisnert”. Il entra dans la marine, où il devint major en 1786 ; ayant assisté à cinq combats, il fut fait chevalier de Saint-Louis. Secrétaire de l’Assemblée nationale en 1790. Arrêté comme suspect en 1793, fut remis en liberté. Le Premier Consul le fit entrer au Conseil d’Etat le 3 nivôse an VIII et le nomma ambassadeur à Vienne (1801), ministre de l’intérieur le 8 août 1804 ; en 1805, grand aigle de la Légion d’honneur. Il rédigea le décret qui rendait au culte le Panthéon de Saint-Denis. Il perdit le portefeuille des relations étrangères pour ne pas avoir pressenti les intentions de Napoléon vis-à-vis de la Russie (16 avril 1811). On lui donna en compensation le poste de ministre d’Etat ; il devint intendant des domaines de la couronne, pui sénateur. Les Bourbons le firent entrer à la pairie le 4 juin 1