12.22.07

ABBE GREGOIRE (1750-1831), COMTE D’EMPIRE

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Abbé Grégoire (1750-1831)

Grégoire, si acharné contre le clergé, qu’il voulait ramener à sa simplicité première, eût pu être pris pour un héros d’irreligion ; et Grégoire, quand les Révolutionnaires reniaient Dieu et abolissaient la prêtrise, faillit se faire massacrer en montant à la tribune pour y proclamer hautement ses sentiments religieux, et protester qu’il mourrait prêtre. Quand on détruisait les autels dans les églises, Grégoire en élevait un dans sa chambre, et y disait la messe chaque jour.

(Napoléon Bonaparte)

Grégoire (Baptiste-Henri, comte). Curé, législateur, et évêque constitutionnel, né à Vého (Meurthe), le 4 décembre 1750, de “Bastien Grégoire, tailleur d’habits, et de Marguerite Thiébault”, mort à Paris le 26 mai 1831 ; après de très sérieuses études théologiques publia, en 1772, un Eloge de la poésie, couronné par l’académie de Nancy et fut nommé curé d’Embermesnil. Il fonda dans son presbytère une bibliothèque publique dans laquelle on pouvait puiser pour se perfectionner dans les arts et l’industrie. Elu, le 27 mars 1789, député du clergé aux Etats généraux par le bailliage de Nancy, il fut l’un des premiers à se joindre au tiers état, prêta le serment du Jeu de Paume, et, lors de de la séance royale du 23 juin 1789 fut du nombre des quelques députés qui, sous la présidence de Palasne de Champeaux, décidèrent de résister aux ordres de la cour, et formèrent le premier noyau du “Club breton“. Dans la nuit du 4 août, il fut un des plus ardents à voter l’abolition des privilèges et réclama suppréssion des annales, combattit le véto absolu du roi, se prononça pour la Constitution civile du clergé, puis prêta le serment civique. Lorsqu’il apprit l’arrestation du roi à Varennes, Grégoire demanda la mise en jugement immédiat, combattit ensuite le cens électoral “qui concentrait la représentation entre quelques citoyens riches et grands propriétaires”. Deux fois élu évêque constitutionnel dans la Sarthe et dans le Loir-et-Cher (1790), il opta pour Blois, et fut nommé, le 6 septembre 1791, l’un des administrateur du Loir-et-Cher, et le 3 septembre 1792, élu, par ce dernier département, membre de la Convention. Président de la députation chargée d’annoncer à l’Assemblée législative que la Convention était constituée, il appuya, le même jour, l’abolition de la royauté : “L’histoire des roi, dit-il, est le martyrologe des nations.” Le 8 octobre 1792, il écrivait une lettre particulière à un chef de bataillon, et on y lisait ce passage : “Tâchez de nous envoyer un jour, en don patriotique, quelque tête d’un Condé, d’un Artois, d’un Brunswick“, et devint président de la Convention. Lors du procès du roi, il était absent, il était alors commissaire de la Convention chargé d’organiser le nouveau département du Mont-Blanc et ne put prendre part au jugement, passa ensuite dans les Alpes-Maritimes pour organiser également le département. De retour à la Convention, il fut nommé membre du comité de l’instruction publique dont il devint le membre le plus actif. Lorsque l’évêque de Paris, Gobel, vint abjurer sa foi à la tribune de la Convention, Grégoire refusa absolument de le suivre : “Catholique par conviction et par sentiment, dit-il, prêtre par choix, j’ai été délégué par le peuple pour être évêque ; ce n’est ni de lui ni de vous que je tiens ma mission. On m’a tourmenté pour accepter le fardot de l’épiscopat, on me tourmente aujourd’hui pour me forcer à une abdication qu’on ne m’arrachera jamais ; j’invoque la liberté des cultes” ; devint ensuite membre de l’Institut (19 frimaire an IV). Elu, le 23 vendemiaire an IV, député au Conseil des Cinq-Cents, il y siégea jusqu’en germinal an VI, accepta le Coup d’Etat du 18 brumaire et entra au corps législatif le 4 nivôse an VIII, comme député du Loir-et-Cher ; le bruit ayant couru qu’il allait être créé cardinal, Grégoire répondit le 30 fructidor dans une lettre envoyée au député Bordes : “Croyez que cet ornement prétendu (le chapeau rouge) n’est pas réservé pour les têtes qui sont simultanément religieuses et républicaines.” Il entra au Sénat conservateur le 4 nivôse an X, fit partie de la minorité, protesta contre les tribunaux d’exception, vota avec deux autres sénateurs seulement contre l’établissement de l’Empire, parla seul contre le rétablissement des titres nobiliaires, se prononça contre le divorce de Napoléon et n’assista pas au mariage de Marie-Louise. Il avait été fait membre de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII, puis commandeur le 25 prairial suivant, il fut créé comte de l’Empire le 2 juillet 1808, son opposition ne se démentit pa un seul instant, et, en 1814, il rédigea d’avance un projet de déchéance des plus énergiques contre l’Empereur ; il fut tenu à l’écart par la première Restauration, ne reparut pas pendant les Cent-Jours, et fut exclu de l’Institut sous la seconde Restauration. En 1819, il fut élu, par le collège électoral de l’Isère, député de l’opposition ; cette élection déchaîna les passions contre-révolutionnaires, et les royalistes se vantèrent publiquement de l’exclure de la Chambre comme indigne. L’opposition presque incolore de cette époque n’osa pas le défendre ouvertement sous prétexte que Grégoire était resté républicain, elle l’engagea à donner spontanément sa démission ; il s’y refusa, et le 6 décembre la Chambre prononça l’annulation de son élection, mais sans la motiver. Ces royalistes, vis-à-vis de lui, ne désarmèrent pas, il se livrèrent contre lui à des attaques furibondes. Grégoire se défendit, écrivit au journal la Quotidienne, le 4 octobre 1820, et protesta contre l’épithète de régicide : “Le devoir de souffrir chétiennement n’ôte pas le droit de repousser la calomnie. J’étais absent aux quatre appels nominaux du procès de Louis XVI ; dans mon discours à la Convention, j’avais demandé la suppression de la peine de mort et que Louis XVI en profitât en tout premier.” La censure ayant mutilé sa lettre, il demanda justice, le 8 octobre, au ministre duc de Richelieu. “Mon âme inflexible se raidira toujours contre la calomnie, l’iniquité ; je suis comme le granit, on peut me briser, mais on ne me plie pas”, puis il renonça à son titre de commandeur de la Légion d’honneur. Aux élections de 1824, le gouvernement ne voulut pas l’inscrire sur les listes électorales, malgré ses réclamations. Il se retira, dès lors, dans sa retraite d’Auteuil et resta en correspondance avec la plupart des savants de l’Europe. Le gouvernement de Juillet lui-même ne fit rien pour réparer les injustices du règne précédent. A son lit de mourant, Grégoire réclama les secours de la religion, l’archevêque de Paris exigea au préalable qu’il rétractât son serment à la Constitution civile du clergé. Grégoire se montra inflexible et refusa, mais l’abbé Guillon lui administra  quand même les sacrements. Après sa mort, l’Eglise lui refusa la sépulture ; l’administration d’alors fit porter son corps à l’Abbaye-au-Bois, où la messe fut célébrée par un prêtre étranger. Après la cérémonie, un certain nombre de jeunes gens dételèrent les chevaux du char funèbre, et trainèrent le cercueil à bras au cimetiere Montparnasse.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LOUIS-MARIE DE LA REVELLIERE-LEPEAUX (1753-1824)

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Louis-Marie de La Révellière-Lépeaux (1753-1824), directeur

Il était de la très petite bourgeoisie ; petit, bossu, de l’extérieur le plus désagréable qu’on puisse imaginer, c’était un véritable Esope. Il n’avait ni l’habitude des affaires ni la connaissance des hommes. Du reste il était patriote, chaud et sincère, honnête homme, citoyen probe et instruit ; il entra pauvre au Directoire et en sortit pauvre. La nature ne lui avait accordé que les qualités d’un magistrat subalterne.

(Napoléon Bonaparte)

La Révellière-Lépeaux (Louis-Marie de). Avocat, législateur, et membre du Directoire, né à Montaigu (Vendée), le 24 août 1753, de “noble homme Jean-Baptiste de La Réveillière, bourgeois de la ville d’Angers, licencié ès lois, conseiller du roi, lieutenant juge au siège royal des traites de Montaigu, et de demoiselle Marie-Anne Maillochau”, mort à Paris le 27 mars 1824 ; fut reçu avocat au parlement de Paris en 1775. Elu, le 20 mars 1789, député du Tiers aux Etats généraux par la sénéchaussée d’Anjou, il devint membre du comité de Constitution (6 juillet 1789), se prononça en faveur du drapeau tricolore (21 octobre), vota pour la non-réélection des députés à la Législative suivante, et fut élu, le 22 septembre, haut juré de Maine-et-Loire et l’un des administrateurs de son département. Le 5 septembre 1792, il fut élu par le Maine-et-Loire, membre de la Convention, et, dans le procès du roi, vota “pour la mort et contre le sursis”. Le 11 mars 1793, il combattit la motion de Danton, tendant à ce que la Convention choisit le ministère en son sein ; fut élu secrétaire le 30 mars et appuya le 3 avril la mise en accusation de Marat. Au 31 mai il prit la défense des Girondins, mais devant l’animosité et les violentes protestations de la Montagne contre son attitude quelque peu provocatrice, il sortit de la chambre, fut de ce chef, décrété d’arrestation et mis hors la loi. La Révellière eut la précaution de se réfugier à l’ermitage de Sainte-Radegonde, dans la forêt de Montmorency, et y resta caché un an, revint à Paris après le 9 thermidor et repris son siège à la Convention (18 frimaire an III), fit décréter, le 12 floréal, que les prêtres déportés, non sortis du territoire seraient traités comme des émigrés, devint président de la Convention le 1er thermidor, et fut membre du Comité de Salut public (15 fructidor). Le 20 vendemiaire an IV, il fut élu, par trente et un départements, député au Conseil des Anciens et opta pour le Maine-et-Loire, puis le 10 brumaire an IV, il fut élu membre du Directoire exécutif et le 15 thermidor en devint le président. Après les victoires de Lonato et de Castiglione, il envoya, le 1er fructidor, une lettre de félicitations à la citoyenne Bonaparte : “Permettez-moi, citoyenne, disait-il en terminant, de saisir cette occasion de vous dire que le général Bonaparte peut me compter au nombre de ses francs admirateurs, et que je fais les voeux les plus sincères pour que celle à laquelle il a lié son sort soit comblée d’autant de bonheur que lui-même est comblé de gloire.” Lors des élections de l’an V, qui amenèrent dans les conseils une majorité royaliste, La Révellière-Lépeaux fut un des instigateurs du coup d’Etat du 18 fructidor, devint ensuite membre de l’Institut (classe sciences morales et politiques), et seconda les efforts de Haüy pour établir une religion simple, destinée à la fois à remplacer l’ancien culte et à réveiller des idées religieuses dans le peuple ; c’est ce système préconisé par lui qui fut appelé du nom de Théophilanthropie, il n’en fut ni le père, ni même l’apôtre, il se contenta de l’approuver, mais n’assista pas aux réunions de la secte. Le 30 prairial an VII, il donna sa démission de membre du Directoire; depuis qu’il en était membre, il s’était attiré un grand nombre d’ennemis, entre autres Carnot qui l’appelait “puant et difforme, bilieux et naïf” ; il refusa de prêter serment à l’Empereur comme membre de l’Institut, malgré l’injonction formelle que lui avait été adressée, partit avec sa famille dans sa propriété, et envoya sa démission d’académicien. Il revint à Paris en 1809, et Fouché lui ayant fait offrir une pension, sous la seule condition qu’il la demanderait lui-même à l’Empereur, La Révellière-Lépeaux refusa net, et, pendant les Cent-Jours, n’ayant rempli aucune fonction publique, il ne fut pas contraint, comme ses anciens collègues régicides, de quitter la France lors de la seconde Restauration. Il a laissé des Mémoires de sa vie politique.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire su Dr Robinet)

Lien : Louis-Marie La Révellière-Lépeaux sur Wikipedia

12.21.07

ROGER DUCOS (1747-1816)

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Roger Ducos (1747-1816), Directeur, puis Consul provisoire

Ce nain de Ducos, ce cul-de-jatte de Ducos, un homme borné et facile.

(Napoléon Bonaparte)

Ducos (Pierre-Roger, comte). Avocat, législateur, directeur et consul provisoire, né à Montfort (Landes), le 27 juillet 1747, de “maître Philibert Ducos, notaire royal et procureur au sénéchal et présidial de cette ville, et de demoiselle Jeanne-Marie Leclercq”, mort à Ulm (Autriche) le 4 mars 1816 ; était avocat à Dax, quand il devint, sous la Révolution, président du tribunal criminel des Landes. Le 5 septembre 1792, il fut élu, par ce département, membre de la Convention et prit place à la Plaine ; dans le procès du roi, il vota pour “la mort”, fut ensuite envoyé en mission en Belgique, et de retour, se prononça contre les Girondins, fut élu, en l’an II, président du club des Jacobins et secrétaire de la Convention le 2 frimaire de la même année. Le 23 vendemiaire an IV, il entra au Conseil des Anciens et devint président le 2 vendemiaire an V. Son mandat terminé, il reprit ses fonctions de président du tribunal criminel des Landes, puis devint, le 30 prairial an VII, membre du Directoire exécutif, en remplacement de Merlin de Douai, où il aida puissamment en cette qualité, à la réussite du coup d’Etat de brumaire et devint le collègue de Sieyès et de Bonaparte comme troisième consul provisoire. Le 22 frimaire suivant, il fut nommé membre du Sénat conservateur, fait membre de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII, et grand officier le 25 prairial suivant, puis créé comte de l’Empire le 28 mai 1808. L 2 juin 1815 il fut nommé pair des Cent-Jours. En 1816, il dut quitter le territoire français comme régicide, alla à Stuttgard et se rendait en Autriche pour y fixer sa résidence, quand sa voiture versa près d’Ulm, la roue lui ayant passé sur le corps, il mourut quelques instants après.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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CHARLES-ANDRE POZZO DI BORGO (1764-1842)

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Comte Charles André-Pozzo di Borgo (1764-1842)

C’est Pozzo di Borgo, croit-on, qui a conseillé à l’Empereur Alexandre de marcher sur Paris ; il a, par ce seul fait, décidé des destinées de la France, de celle de la civilisation européenne, de la face et du sort du monde.

(Napoléon Bonaparte)

Pozzo di Borgo (Charles-André, comte). Né à Alata (Corse) le 8 mars 1764, mort à Paris le 15 février 1842 ; d’une famille noble, mais pauvre, il se trouva en opposition avec les familles Paoli et Bonaparte. A la demande de Saliceti et de Mirabeau (30 novembre 1789) pour que le territoire de la Corse fût régi par les lois en usage sur le territoire français, il fut chargé d’en remercier l’Assemblée législative, où il se montra partisan de Louis XVI. En 1793, il rentra dans son île natale où il ne se montra pas favorable au gouvernement républicain. Après la rupture avec la France de la Terreur, Paoli et Pozzo di Borgo n’eurent d’autre alternative que d’en appeler au soutien des Anglais. La Corse tomba alors sous le joug de ces derniers jusqu’en 1796 date à laquelle Napoléon Bonaparte orchestra depuis l’Italie la reconquête de l’île et mit fin à ce curieux royaume anglo-corse. Pozzo di Borgo dut alors s’enfuir en Angleterre et les circonstances de sa vie politique l’obligèrent de quitter ce premier asile et de se réfugier à Vienne en 1798 ; quelque temps après il se mit au service de la Russie, son caractère facile et souple s’accomoda des finesses de la diplomatie, il chercha à entraîner l’empereur Alexandre dans une ligue dont le but était d’assurer l’indépendance de la Suisse, la restitution des états de terre ferme du roi de Sardaigne, enfin pour le prince d’Orange la constitution d’un royaume composé de la Belgique et de la Hollande. Ces différentes puissances adhèrèrent au programme développé par Pozzo di Borgo ; l’Autriche surtout attendait avec anxiété le résultat de ses négociations, mais la journée d’Austerlitz déjoua ses combinaisons. Après l’entrevue de Tilsit, il fut, en Autriche, traqué par la police de Napoléon, qui réclamait son extradition ; c’est alors qu’il dut fuir provisoirement à Malte et de là, quelques temps après, il passa en Angleterre ; Cette puissance ainsi que la Russie l’engageaient chacune de son côté à les seconder dans leurs vues personnelles ; elles le poussaient à gagner l’intimité de Moreau, Murat, Eugène de Beauharnais et Bernadotte même qu’il suivit sur les champs de bataille de Dresde et de Leipzig. Au congrès de Francfort-sur-le-Mein, l’empereur de Russie fit jouer à Pozzo di Borgo le premier rôle en lui faisant rédiger la fameuse déclaration à laquelle Napoléon ne voulut pas souscrire. Son ennemi renversé du pouvoir, il eut le triste honneur d’être chargé par les alliés souverain d’aller complimenter Louis XVIII en Angleterre, que le Sénat venait d’appeler au trône. Pendant les Cent-Jours, il resta prudemment à Gand, et en 1815, il eut encore le talent d’être mêlé aux combinaisons louches des alliés ; il en fut de même en 1818 au congrès d’Aix-la-Chapelle. Très bien en cour avec Louis XVIII il eut un peu moins de succès avec Charles X, mais sut se faire bien voir par le gouvernement de Juillet. Ambassadeur de Russie en France, il échangea ce poste pour celui de Londres où il resta jusqu’à sa mise en retraite en 1839.

(Extrait corrigé du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Liens : Charles-André Pozzo di Borgo sur Wikipedia, Napoléon et Pozzo di Borgo

12.20.07

LOUIS-PHILIPPE COMTE DE SEGUR (1753-1830)

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Louis-Philippe, comte de Ségur, historien et sénateur (1753-1830)

C’est sans raison surtout qu’on m’a reproché d’avoir employé des nobles et des émigrés. Imputation banale et tout à fait vulgaire ! Le fait est que, sous moi, il n’y avait plus en France que des opinions, des sentiments individuels. Ce ne sont pas les nobles et les émigrés qui ont ramené la Restauration, mais bien plutôt la Restauration qui a ressuscité les nobles et les émigrés. Ils n’ont pas plus particulièrement contribué à notre perte que d’autres : les vrais coupables sont les intrigants de toutes les couleurs et de toutes les doctrines. Fouché n’était point noble, Talleyrand n’était pas un émigré ; Augereau et Marmont étaient ni l’un ni l’autre. Enfin, voulez-vous une preuve dernière du tort de s’en prendre à des classes entières, quand une Révolution comme la notre a labouré au milieu d’elles ? Le bon M. de Ségur, malgré son âge, à mon départ m’a offert de me suivre. Je pourrai multiplier mes citations à l’infini.

(Napoléon Bonaparte)

Ségur (Louis-Philippe, comte de). Député de  l’Isère au Corps législatif de l’an IX à 1813 ; membre du sénat conservateur en 1813, pair de France en 1814, pair des Cents-Jours, pair de France en 1819, né à Paris le 10 décembre 1753, mort dans la même ville le 17 août 1830 ; fils de “Philippe-Henry, marquis de Ségur, seigneur de Pouchaf et de Fongeuvilles, baron de Romainville, et de Louise-Anne-Madeleine de Vernon” ; en 1769, sous-lieutenant au régiment, mestre de camp général, capitaine en 1772 et colonel en second du régiment d’Orléans en 1776, colonel des dragons de Ségur en 1783 ; en 1791, il était ambassadeur à Rome, mais le Pape refusa de le recevoir et obtint, à son retour le grade de maréchal de camp, grand officier du palais de l’Empereur (an XII), comte de l’Empire (1808) ; il soutint énergiquement les droits de Napoléon II, et offrit de suivre l’Empereur partout où il irait. Il applaudit à la Révolution de 1830, et au retour du drapeau tricolore, il fut l’un des premiers à adhérer au gouvernement de Louis-Philippe ; membre de l’académie depuis 1803, il a publié un grand nombre d’ouvrages et a donné lui-même une édition de ses oeuvres complètes en 1824.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

Lien : Louis-Philippe de Ségur sur Wikipedia

LES AMIRAUX DE NAPOLEON – VICE-AMIRAL VILLARET DE JOYEUSE (1747-1812), COMTE D’EMPIRE

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Amiral Louis-Thomas Villaret de Joyeuse (1747-1812), comte de l’Empire

Le courage et la fidélité plaide en faveur du vice-amiral… Ses fautes ont-elle fait perdre la colonie ? Elles ont tout au plus abrégé de quelques jours la durée de sa conservation.

(Napoléon Bonaparte)

Villaret de Joyeuse (Louis-Thomas, comte). Député du Morbihan au Conseil des Cinq-Cents (an V) ; né à Auch (Gers) le 27 mai 1747, mort à Venise (Italie) le 14 juillet 1812 ; fils de “Jean-François Villaret de Joyeuse, ecuyer, inspecteur des domaines du roi, et de Marie-Thérèse Courtade” ; il s’enrola dans les gendarmes du roi, qu’il quitta à la suite d’un duel et entra en 1766 dans la marine ; lieutenant de vaisseau en 1774, reçut de Suffren le commandement de la frégate la Naïade. Décoré de Saint-Louis, il apaisa les troubles de Saint-Domingue en 1791. Capitaine de vaisseau, il fut contre-amiral en 1793 et placé à la tête de la flotte. Il mit son pavillon sur la Montagne et se rendit à la rencontre d’un convoi de grains qui venait d’Amérique, mais ce fut l’amiral Howe qui se présenta avec une flotte supérieure ; il put dégager son arrière-garde attaquée par les Anglais, mais un brouillard empêcha les deux flottes de s’aborder, malgré les renforts qu’elles avaient reçus, une fausse manoeuvre permit à Howe de couper la flotte française. La Montagne fut entourée et faillit être prise, pendant que le Vengeur et l’Impétueux coulaient plutôt que de se rendre. Les Anglais cessèrent les premiers le feu et Villaret, après avoir dispersé la flotte ennemie, put enfin faire entrer à Brest le convoi de grains. Secrétaire du Conseil en l’an V, il fit un rapport en faveur de Surcouf. Il fut condamné à la déportation au 18 fructidor, parvint à s’échapper, et se rendit à l’île d’Oléron. En l’an IX, il fut commandant des forces navales dirigées contre Saint-Domingue, mais il y arriva trop tard pour agir. Capitaine général de la Martinique (an X), grand-aigle (an XIII), il soutint au fort Bambou à la Martinique un bombardement d’un mois (30 janvier-24 février 1809) ; dépourvu de tout secours, il dut rendre l’île aux Anglais. L’Empereur, en 1811, le nomma gouverneur général de Venise où il mourut d’une hydropisie. Il était comte de l’Empire depuis 1808.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.19.07

GENERAL PIERRE RIEL DE BEURNONVILLE (1752-1821), COMTE D’EMPIRE

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Général Pierre Riel, marquis de Beurnonville (1752-1821), comte de l’Empire

Homme nul, sans talent civil ou militaire.

(Las Cases)

Beurnonville (Pierre de Riel, marquis de). Officier général, législateur et ministre, né à Champagnol (Aube), le 10 mai 1752, de “Pierre de Riel de Beurnonville et de Jeanne de Laurencin”, mort à Paris le 23 avril 1821 ; entra dans l’armée en 1774, au régiment de l’Île de France, revint en France en 1789, parvint rapidement au grade de maréchal de camp (13 mai 1792), et la même année, fut promu général de division ; se battit sous les ordres de Dumouriez, à l’armée du Nord. Le 4 février 1793, nommé ministre de la guerre, il donna presque aussitôt sa démission (11 mars). La même année, il fut chargé, par le comité de défense générale, d’aller surveiller les agissements de Dumouriez, devenu à bon droit suspect, mais aussitôt arrivé, ce dernier le fit arrêter avec les représentants qui l’accompagnaient, et le livra aux Autrichiens, qui l’enfermèrent à Olmütz jusqu’au 12 brumaire an IV, date de l’échange des commissaires avec la fille de Louis XVI. Dès son retour, il fut nommé général en chef de l’armée de Sambre-et-Meuse, ensuite de l’armée du Nord (24 ventôse an IV). S’étant montré favorable au 18 brumaire, Beurnonville fut envoyé à Berlin comme ambassadeur, ensuite à Madrid, devint membre de la Légion d’honneur (vendemiaire an XII), et grand officier (25 prairial). Entré au Sénat conservateur le 12 pluviôse an XIII, il fut créé comte de l’Empire le 28 mai 1808, et grand-aigle (avril 1809). En avril 1814, il vota la déchéance de l’Empereur, fut nommé membre du gouvernement provisoire et demanda le rappel des Bourbons. Le 26 avril 1814, promu conseiller d’Etat, Louis XVIII le nomma ministre d’Etat, et le 11 juin 1814, pair de France. Dans le procès du maréchal Ney, son ancien camarade, il vota pour la mort, fut fait commandeur de Saint-Louis, le 3 juillet 1816, maréchal de France, de plus, créé marquis en 1817, et reçut, à l’occasion de la naissance du duc de Bordeaux, le cordon bleu. Il mourut quelques mois après d’une attaque de goutte.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL VANDAMME (1770-1830), COMTE D’UNSEBOURG

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Général Dominique-Joseph-René Vandamme (1770-1830), comte d’Unsebourg

Si j’avais deux Vandamme, j’en ferais fusiller un, mais je n’en ai qu’un et je le garde pour moi.

(Napoléon Bonaparte)

Vandamme (Dominique-Joseph-René, Comte d’Unsebourg). Officier général et législateur, né à Cassel le 5 novembre 1770 de “Maurice Vandamme, chirurgien, et de Barbe-Françoise Baert”, mort à Cassel le 5 juillet 1830, s’engagea le 8 juillet 1788 dans le régiment colonial de la Martinique, revint en France en 1790 avec le grade de sergent, passa le 22 juin 1791 dans le régiment de Brie. Chargé peu après de l’organisation des chasseurs du Mont-Cassel, et fut envoyé à l’armée du Nord où il se signala particulièrement devant Mons, se fit surtout remarquer par ses sentiments patriotiques. Nommé général de Brigade le 27 septembre 1793, il participa à la prise de Furnes et d’Ypres. Le 29 septembre 1795 il passa à l’armée du Rhin où il se battit à Mereisheim, puis à Nieuwed. Promu général de division le 5 février 1799, il fut chargé du commandement de l’aile gauche de l’armée du Danube, passa ensuite sous les ordres de Brune, en Hollande, et contribua à la victoire de Berghen, alla en Italie et se battit encore à Pozzolo et à Moyembano. En 1803, une division du camp de Boulogne lui fut confiée, et il devint grand-officier de la Légion d’honneur, le 19 frimaire an XII ; il fit, dans le corps de Soult, la campagne de 1805, se distingua à Donawerth et à Austerlitz. En Prusse, il commanda le 9e corps, prit Breslau, Schwerdenitz, Gratz, et fut appelé le 11 novembre 1807, au commandement de la 16e division, et, le 16 août 1808, à celui du camp de Boulogne. Il prit part en 1809 aux victoires d’Abensberg et d’Eckmühl et fut créé comte d’Unsebourg lors de cette campagne d’Autriche. Il était à la tête du 1er corps de la Grande Armée en 1813 quand il occupa la ligne de l’Elbe et s’empara de Hambourg. Appelé à Dresde, il eut ordre d’occuper Pirna et Toeplitz. Mal soutenu, il se trouva à Kulm le 30 août, en face de forces bien supérieures. Après une héroïque défense, il chercha à s’échapper par les défilés de Péterswald, mais le corps prussien de Kleist lui barra de nouveau la route : Vandamme fut fait prisonnier et ne rentra en France que le 1er septembre 1814. Au retour de l’île d’Elbe, il rejoignit de suite l’Empereur, fut nommé pair de France et commandant du 3e corps d’armée. Il contribua à la victoire de Ligny et fut aux prises avec l’ennemi à Wavre le jour de la bataille de Waterloo. Il ramena ses troupes à Paris et occupa Montrouge, Vanves, et Issy. Louis XVIII le comprit dans l’ordonnance de proscription du 24 juillet 1815. Il se retira aux Etats-Unis, puis fut gracié le 1er décembre 1819 et enfin à la retraite le 4 mai 1825.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.18.07

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL LAMARQUE (1770-1832), BARON D’EMPIRE

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Général Jean-Maximilien Lamarque (1770-1832), comte de l’Empire

Les dernières insurrections [de Vendée] n’avaient-elles plus le même caractère que la première : ce n’était plus du pur fanatisme, mais seulement de l’obéissance passive à une aristocratie dominatrice. Quoi qu’il en soit, Lamarque, que j’y avais envoyé au fort de la crise, y fit des merveilles et surpassa mes espérances.

(Napoléon Bonaparte)

Lamarque (Jean-Maximilien, comte). Officier général et législateur, né à Saint-Sever (Landes), le 22 juillet 1770 de “Mr Maître Pierre-Joseph Lamarque, conseiller du roi et son procureur au sénéchal de cette ville, et de dame Marie-Ursule Duffau” ; entra dans les rangs de l’armée en 1791, comme engagé dans un bataillon de volontaires des Landes, arriva rapidement au grade de capitaine de grenadiers dans la colonne infernale commandée par La Tour d’Auvergne, puis passa à l’armée d’Espagne, s’y conduit d’une façon héroïque et fut nommé adjudant général, alla ensuite à l’armée du Rhin, fut promu général de brigade en l’an IX et se distingua à Moeskirch et à Hohenlinden ; ses montra très brave à Austerlitz, fut remarqué par l’Empereur qui l’envoya à l’armée chargée de conquérir le royaume de Naples ; il s’empara de Gaëte, mais refusa le poste d’aide de camp du roi Joseph, pour conserver sa qualité de Français ; puis le 6 décembre 1807, fut promu général de division. Le roi Murat ayant chargé Lamarque de reprendre Capri aux Anglais commandés par Hudson Lowe, il y déploya un tel sang-froid et un tel courage, que le ministre napolitain, Salicetti, écrivait à son maître : ” Je suis à Capri, j’y vois les Français, mais je ne puis comprendre comment ils y sont entrés.” Plus tard, nous le revoyons à Wagram, où il eut quatre chevaux tués sous lui ; passa ensuite en Espagne, et fut créé baron de l’Empire le 4 juin 1810, en 1814, la Restauration le mit en disponibilité, mais au retour de l’île d’Elbe, Napoléon le nomma gouverneur de Paris ; il fut nommé général en chef de l’armée de la Vendée qui venait, encore une fois, de se soulever : puis, par des manoeuvres lentes mais prudentes, il put battre en plusieurs rencontres les troupes royalistes, et obligea les chefs vendéens à signer la paix à Cholet le 26 juin 185. La chambre des Cent-Jours déclara que le général Lamarque avait bien mérité de la patrie. L’ordonnance royale du 24 juillet 1815 comprit Lamarque dans les personnes obligées de quitter la France. Il protesta contre cette mesure immérités, mais ce fut en vain, et fut contraint de se diriger vers Bruxelles, d’où le gouvernement des Pays-Bas lui intima l’ordre de partir pour Amsterdam ; par une nouvelle ordonnance du 20 octobre 1818, il fut autorisé à rentrer en France, et se retira à Saint-Sever. Le 22 décembre 1828, il fut élu député de l’opposition par l’arrondissement de Mont-de-Marsan ; il fut créé comte en 1829 ; il prit cependant place à gauche, fut mis d’office à la retraite comme lieutenant général, par le ministère Polignac et fut des 221 ; contribua, pour une large part au succès de la Révolution de 1830, puis continua à appartenir à l’opposition démocratique contre Louis-Philippe. Il demanda la réunion de la Belgique à la France, l’abrogation des traités de 1815, la reconstitution de la Pologne, et s’éleva, avec une rare éloquence, contre les partisans de la paix à tout prix ; fut réélu aux élections du 5 juillet 1831 et continua de lutter contre les tendances de plus en plus réactionnaires du gouvernement issu des barricades de Juillet. Malheureusement pour la démocratie et pour la France, Lamarque fut enlevé par une attaque de choléra. Cette mort jeta une telle stupeur qu’elle faillit renverser en quelques heures le trône déjà bien ébranlé du fils de Philippe-Egalité.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL DUPONT DE L’ETANG (1765-1840), COMTE D’EMPIRE

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Général Dupont de l’Etang (1765-1840), Comte de l’Empire

Dupont a flétri nos drapeaux. Quelle ineptie, quelle bassesse ! Il a signé une capitulation où il a compromis les intérêts de son armée en ne la faisant pas garantir par les agents anglais qui étaient au camp de l’ennemi.

(Napoléon Bonaparte)

Dupont de l’Etang (Pierre, comte). Officier général et législateur, né à Chabanais (Charente), le 4 juillet 1765, de “Pierre-Isaac Dupont, propriétaire, et de dame Françoise-Claire Benoist”, mort à Paris le 7 mars 1840 ; entra dans l’armée comme sous-lieutenant d’artillerie dans la légion Maillebois au service de la Hollande. Rappelé en France en 1791, il servit comme capitaine et devint l’aide de camp du général Théobald Dillon à l’armée du Nord, se distingua à Valmy, fut promu général de brigade, après avoir fait mettre bas les armes à un régiment de grenadiers autrichiens. Sous le Directoire, Carnot l’appela aux fonctions de directeur au dépôt de la guerre, il prêta un concours actif au coup d’Etat du 18 brumaire (il venait de passer général de division) et fut nommé chef d’état-major de l’armée de réserve, puis contribua à la victoire de Marengo, établit un gouvernement provisoire en Toscane, et, avec 15.000 hommes, culbuta 45.000 Autrichiens au passage du Mincio, fut fait membre de la Légion d’honneur le 19 frimaire an XII et grand officier le 25 prairial, partit pour l’armée d’Allemagne en 1805, fut vainqueur de Mélas à Ulm et lui fit 20.000 prisonniers, puis contribua à la victoire de Friedland. Le 4 juillet 1808, il fut créé comte de l’Empire. Ces brillants succès lui valurent d’être appelé au commandement d’une division de l’armée d’Espagne. Il prit successivement Carpio, Monters, Alcolea et s’avança jusqu’à Cordoue, puis les revers arrivèrent après les victoires. Le 18 juillet, il se trouva acculé à de très grandes difficultés, et se vit contraint de demander au général Castanos un armistice, qui aboutit quelques jours après à un désastre. Le 23 juillet, Dupont capitula à Baylen ; dans cette ville 17.000 Français mettaient bas les armes mais devaient être reconduits en France par mer, avec armes, drapeaux et bagages. A la nouvelle de cette humiliante capitulation de Bailen, l’Empereur entra dans une colère épouvantable, donna de suite l’ordre d’arrêter Dupont de l’Etang et de l’enfermer au fort de Joux et le fit traduire, sous l’accusation de haute trahison, en février 1812, devant un commission militaire. Dupont de l’Etang fut destitué de ses grades militaires, ses décorations lui furent retirées et son nom fut rayé des cadres de la Légion d’honneur, le port de l’habit militaire lui fut interdit, défense lui faite de prendre le titre de comte ; ses dotations furent mises sous séquestre, et enfin il fut transféré dans une prison d’Etat pour y être détenu jusqu’à nouvel ordre. Il ne fut remis en liberté qu’à la chute de l’Empire. Le gouvernement provisoire de 1814 le nomma commissaire au département de la guerre, et Louis XVIII le confirma dans ce grade le 3 avril. Le 7 novembre, le roi ordonna que le dossier de sa condamnation fut révisé, mais son passage au ministère de la guerre ne fut pas heureux ; il se livra à une véritable hécatombe de destitutions, au gaspillage de la Légion d’honneur, à de nombreuses nominations de complaisance dans l’armée, ce qui donna lieu à de nombreuses protestations. Louis XVIII se vit obligé de lui retirer le ministère de la guerre. En échange, on lui confia le gouvernement de la 22e division militaire et la croix de commandeur de Saint-Louis, il fut destitué pendant les Cent-Jours, puis réintégré au retour de Gand. Le 22 août 1815, il fut élu député par le collège de la Charente, et ce mandat fut continuellement renouvelé jusqu’aux éléctions de 1827. Il fut admis à faire valoir ses droits à la retraite le 13 août 1832. On a de lui : Opinions sur le nouveau mode de recrutement ; Lettre sur la campagne d’Autriche ; lart de la guerre, etc.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.16.07

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL BOURMONT (1773-1846)

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Général Louis-Victor-Auguste de Ghaisne de Bourmont (1773-1846)

Bourmont s’est conduit bassement… Il était connu pour être un des Vendéens les plus faux et les plus hypocrites : je n’aurais jamais dû l’employer.

Bourmont est une de mes erreurs.

(Napoléon Bonaparte)

Bourmont (Louis-Victor-Auguste de Ghaisne, vicomte de). Maréchal de France et législateur, né au château de Bourmont (Maine-et-Loire), le 2 septembre 1773, de “Louis-Marie-Eugène de Ghaisne, comte de Ghaisne et de Bourmont, seigneur de Reigni la Cornouaille, etc., capitaine de cavalerie, et de Joséphine-Sophie de Coutances”, mort au château de Bourmont le 27 octobre 1846 ; était enseigne dans les gardes françaises au moment de la Révolution, émigra en 1790 et devint aide de camp du prince de Condé, passa en Vendée où il fut nommé major général de l’armée royaliste, commandée par M. de Scépeaux. En l’an VII, le comte d’Artois le nomma maréchal de camp et l’investit du commandement des provinces du Maine et du Perche ; se mit à la tête des chouans et battit les républicains à Saumur, s’empara du Mans ; mais, après la capitualtion de M. de la Prévalais et la soumission du comte de Châtillon, Bourmont adhéra au traité de paix conclu par ces deux chefs avec les républicains. Il vint alors s’installer à Paris et voulut se rendre agréable à Bonaparte, alors Premier Consul. L’explosion de la machine infernale, le 3 nivôse an IX, changea les intentions que l’on pouvait avoir pour lui, car il fut soupçonné de complicité, et, sur l’ordre de Fouché, arrêté et mis au secret au Temple, transféré à la citadelle de Besançon, d’où Bourmont réussit à s’évader en 1805, pour se réfugier au Portugal. Après la prise de Lisbonne par Junot, il rentra en France, parvint à capter la confiance de l’Empereur et fut nommé par ce dernier colonel, adjudant-commandant de l’armée de Naples, fit ensuite la campagne de Russie, prit part à la bataille de Dresde, fut promu, en octobre 1813, général de brigade, se signala en février 1814 à la défense de Nogent et y gagna le grade de général de division. Aussitôt les Bourbons maîtres du pouvoir, Bourmont se donna à eux ; puis, au retour de l’île d’Elbe, parvint à retrouver du crédit auprès de l’Empereur, qui le mit à la tête d’une division de l’armée du Nord. A la veille de la bataille de Waterloo, dans la nuit du 14 au 15 juin 1815, l’armée française avait fait son entrée à Charleroi, qunad tout à coup de Bourmont abandonna ses troupes et passa à l’ennemi ; peu après, figurant comme témoin dans le procès du maréchal Ney et du général Bonnaire, il contribua, par ses dépositions, à les faire condamner. Sous la Restauration il eut un commandement supérieur dans l’expédition d’Espagne et fut créé pair de France le 9 octobre 1823. Le 8 août 1829, il entra dans le ministère Polignac comme ministre de la guerre ; cette nomination fut tellement scandaleuse et accueillie en général avec une telle stupeur que le gouvernement se décida à nommer M. de Bourmont général en chef de l’expédition qui partait pour Alger, et le 5 juillet 1830, cette dernière ville ayant capitulé, Bourmont fut nommé maréchal de France. Quand il apprit la Révolution et la chute de Charles X, il s’empressa d’aller rejoindre à Londre le roi détrôné. Il ne rentra en France qu’en vertu de l’amnistie de 1840.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.15.07

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL EBLE (1758-1812), BARON D’EMPIRE

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Général Jean-Baptiste Eblé (1758-1812), comte de l’Empire

Eblé était un homme du plus grand mérite.

(Napoléon Bonaparte)

Eblé (Jean-Baptiste, baron). Officier général, né à Saint-Jean-de-Rosback (Moselle), le 21 décembre 1758, de “Jean-Baptiste Eblé, capitaine d’artillerie et chevalier de Saint-Louis, et de dame Marie Medre”, mort à Koenigsberg le 31 décembre 1812 ; entra au service le 21 décembre 1767 (à neuf ans), dans le 6e régiment d’artillerie, et nous retrouvons capitaine le 18 mai 1792, et chef de bataillon le 26 août 1793. Le 29 septembre 1793, il fut promu général de brigade et le 4 brumaire an II, général de division, fait membre de la Légion d’honneur le 23 vendemiaire an XII. Après la paix de Tilsit, le général Eblé passa au service du roi de Westphalie et devint son ministre de la guerre. Il fut créé baron de l’Empire le 26 octobre 1808, et reprit du service en France en 1810 puis passa en Espagne. Employé en Russie, dans la campagne de 1812, il se signala, le 17 août, à la bataille de Smolensk. Mais c’est au passage de la Bérézina qu’il se couvrit de gloire, où son courage permit de sauver de nombreux soldats de la Grande Armée. Il mourut à Koenigsberg par suite des fatigues de la guerre avant que les lettres patentes le faisant comte de l’Empire ne soient publiées. C’est à sa veuve que revint le titre de comtesse, dernier hommage posthume de l’Empereur à ce héros de la retraite de Russie.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL FOY (1775-1825), BARON D’EMPIRE

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Général Sébastien-Maximilien Foy (1775-1825), baron de l’Empire

Il ne vivait que pour le glorieux péril de la guerre.

(Napoléon Bonaparte)

Foy (Sébastien-Maximilien, comte). Officier général et législateur, né à Ham (Somme), le 3 février 1775, de “Florent-Sébastien Foy, marchand, et de Elisabeth-Joachime Visbecq”, mort à Paris le 28 novembre 1825 ; entra dans l’armée, le 1er novembre 1790, comme aspirant au corps d’artillerie, devint élève sous-lieutenant le 1er mars 1792, et fit partie de l’armée du Nord, comme lieutenant en second, fit la campagne de Flandre et devint capitaine le 15 avril 1793. Partisan de la Révolution, il se prononça un moment pour les Girondins et fut envoyé devant un tribunal révolutionnaire pour avoir tenu des propos inciviques, puis mis en liberté après le 9 thermidor, envoyé à l’armée de Moselle pour commander une compagnie d’artillerie légère, fit avec Moreau les campagnes de l’an IV et de l’an V, et fut grièvement blessé à Diersheim. En l’an VI, il fut proposé comme aide de camp de Bonaparte, mais refusa, servit en l’an VII à l’armée du Danube, contribua à la prise de Schaffouse, se battit vaillament au passage de la Limath et fut nommé sur le champ de bataille adjudant général, par Masséna, combattit encore à Moerskirch et à Biberach, traversa la Suisse avec le corps de Moncey pour aller rejoindre l’armée d’Italie à Marengo, commanda la place de Milan en l’an IX, et rentra en France après la paix d’Amiens ; il était alors colonel au 5e régiment d’artillerie à cheval, fut fait membre de la Légion d’honneur le 19 frimaire an XII, et officier du même ordre le 25 prairial suivant, puis envoyé au camp d’Utrecht comme chef d’état-major de l’artillerie. Avec Carnot, il refusa de s’associer à l’élévation de Bonaparte à l’Empire ; aussi ce dernier attendit-il longtemps avant de donner les étoiles de général au colonel Foy. En l’an XIV, il fit la campagne avec le 2e corps, et commanda, en 1806, au Frioul. En 1807, il passa sous les ordres de Junot à l’armée du Portugal et, en 1808, obtint le commandement de l’artillerie de réserve ; il fut blessé à Vimeiro le 21 août et promu, le 3 septembre suivant, général de brigade. Dans Oporto, le 27 mars 1809, il faillit être égorgé, en allant sommer l’évêque, au nom du maréchal Soult, d’ouvrir les portes de la ville à l’armée française. Il fut maltraité et jeté dans un cachot et n’attendait plus que la mort quand nos soldats vainqueurs, ayant remporté la place le délivrèrent. En 1810, il battit les Anglos-Espagnols en Estramadure et fut blessé à Busaco. Le 29 novembre 1810, il fut promu général de division ; il avait été créé baron de l’Empire le 9 septembre, et, aprè s’être battu à Salamanque, il entra à Burgos le 22 octobre 1812. Le 13 décembre 1813, il se battit à Bayonne, et le 27 février 1814, fut blessé à Orthez ; c’était sa quatorzième blessure. Pendant sa convalescence il apprit l’abdication de l’Empereur et le retour des Bourbons, fut fait par la Restauration grand officier de la Légion d’honneur le 29 juillet 1814. Au retour de l’île d’Elbe, Foy reprit le drapeau tricolore avec enthousiasme et participa à Waterloo. Le 16 juin, aux Quatre-Bras, il culbuta une division belge, fut encore blessé et resta sur le champ de bataille. Le 11 septembre 1819, il fut élu député de l’opposition par le collège électoral de l’Aisne, réélu en 1824, dans trois arrondissements (Saint-Quentin, Versailles, Paris), mais tous ses travaux, son activité dans l’opposition l’épuisèrent et il mourut d’une maladie de coeur. Cette mort fut un deuil national. Paris tout entier assista à ses funérailles.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.14.07

JEAN-BAPTISTE NOMPERE DE CHAMPAGNY (1758-1834), DUC DE CADORE

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Jean-Baptiste de Nompère de Champagny (1758-1834), duc de Cadore

Un homme propre à toutes les places la veille du jour qu’on l’y nommait.

(Talleyrand)

Nompère de Champagny (Jean-Baptiste, du de Cadore, et comte de). Député par le bailliage de Forez à la Constituante, en 1789 ; membre du Sénat conservateur, pair en 1814, pair des Cent-Jours et pair de France ; né à Roanne (Loire) le 4 août 1756, mort à Paris le 3 juillet 1834 ; fils de “messire Charles de Nompère de Champagny, chevalier, lieutenant de cavalerie au 1er régiment de Monseigneur le Dauphin, et de dame Geneviève du Bost de Boisnert”. Il entra dans la marine, où il devint major en 1786 ; ayant assisté à cinq combats, il fut fait chevalier de Saint-Louis. Secrétaire de l’Assemblée nationale en 1790. Arrêté comme suspect en 1793, fut remis en liberté. Le Premier Consul le fit entrer au Conseil d’Etat le 3 nivôse an VIII et le nomma ambassadeur à Vienne (1801), ministre de l’intérieur le 8 août 1804 ; en 1805, grand aigle de la Légion d’honneur. Il rédigea le décret qui rendait au culte le Panthéon de Saint-Denis. Il perdit le portefeuille des relations étrangères pour ne pas avoir pressenti les intentions de Napoléon vis-à-vis de la Russie (16 avril 1811). On lui donna en compensation le poste de ministre d’Etat ; il devint intendant des domaines de la couronne, pui sénateur. Les Bourbons le firent entrer à la pairie le 4 juin 1814. Au retour de l’île d’Elbe, Napoléon le nomma pair de l’Empire. Il prêta serment au gouvernement de juillet.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.13.07

JEAN-ANTOINE CHAPTAL (1756-1832), COMTE DE CHANTELOUP

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Jean-Antoine Chaptal (1756-1832), comte de Chanteloup

Qu’appelez-vous “jardins anglais” ? Il n’y a que des mauvais Français qui aient pu en faire honneur à l’Angleterre. Apprenez donc que le nom de “jardins français” est le seul qui puisse convenir, et que ce nom de “jardins anglais” ne vienne plus fatiguer mon oreille.

[s'adressant à Chaptal]

(Napoléon Bonaparte)

Chaptal (Jean-Antoine, comte de Chanteloup). Chimiste, professeur, conseiller d’Etat, ministre et législateur, né à Nojaret (Lozère) le 4 juin 1756, mort à Paris le 29 juillet 1832 ; fut reçu docteur en 1777 et pourvu d’une chaire de chimie à l’école de médecine de Montpelier. Quand la Révolution éclata, il en adopta d’abord les principes, puis ayant pris la défense des Girondins, fut arrêté après le 31 mai 1793, mais relâché presque aussitôt. Appelé à Paris par le comité de Salut public, il fut nommé directeur des ateliers de salpêtre de Grenelle, puis professeur à l’ Ecole polytechnique et devint membre de l’Institut le 2 brumaire an IV. Après le 18 brumaire il se rallia à Bonaparte, qui le nomma conseiller d’Etat, puis ministre de l’intérieur par intérim le 15 brumaire an IX, en remplacement de Lucien Bonaparte, démissionaire, et enfin ministre titulaire le 1er pluviose suivant. Il donna sa démission le 20 thermidor an XII, fut fait membre de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII et grand officier le 25 prairial suivant. Le 19 thermidor de la même année, il entra au Sénat conservateur et fut créé comte de Chanteloup le 26 avril 1808. En 1814, il adhéra à la déchéance de l’Empereur, puis au retour de l’‘île d’Elbe, fut nommé directeur général du commerce et des manufactures le 31 mars 1815, ministre d’Etat le 18 avril et enfin pair des Cent-Jours le 2 juin. Louis XVIII, dès son retour, le raya de la Chambre des pairs, mais il fut renommé le 5 mars 1819. Après 1830 il prèta serment à Louis-Philippe et siégea jusqu’à sa mort dans la chambre haute.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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GASPARD MONGE (1746-1818), COMTE DE PELUSE

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Gaspard Monge (1746-1818), Comte de Peluse

Monge était le plus doux, le plus faible des hommes, et n’aurait pas laissé tuer un poulet s’il eut fallu en faire l’exécution lui-même, ou seulement devant lui. Ce forcené républicain, à ce qu’il croyait, avait pourtant un espèce de culte pour moi, c’était de l’adoration : il m’aimait comme on aime sa maîtresse.

(Napoléon Bonaparte)

Monge (Gaspard, comte de Peluse). Savant illustre, fondateur de la Géométrie descriptive, et homme politique ordinaire, né à Beaune (Côte d’Or) le 10 mai 1746, mort à Paris, de chagrin et de fatigue (crise d’apoplexie), le 28 juillet 1818 ; fils de “Jacques Monge, marchand forain, et de Jeanne Rousseau” ; professeur à l’école d’artillerie de Mézières avant la Révolution, Monge avait d’abord été mis en relation avec les savants les plus illustres de cette époque, Lavoisier, D’Alembert, Condorcet, et il était devenu en même temps correspondant de l’Académie des Sciences et professeur de physique en Lycée. Après le 10 août 1792, il fut nommé ministre de la marine par la Convention, sur la proposition de Condorcet, et resta jusqu’au 10 avril 1793 professeur à l’Ecole normale et membre de l’Institut jusqu’en l’an V. Il fut l’un des fondateurs de l’Ecole polytechnique où il devint aussi professeur.

Au sortir du ministère de la marine, Monge fut dénoncé aux Jacobins comme transfuge politique ; républicain éclairé et patriote fervent, il n’eut pas de peine à se justifier et jura de continuer de servir avec dévouement la chose publique. Il tint parole avec ses amis Berthollet, Vandermonde et autres ; il fut autrement plus utile comme directeur des travaux relatifs à la défense nationale que comme ministre : perfectionnement des alliages métalliques pour l’artillerie, surtout du fer et de l’acier ; extraction de salpêtre ; multiplication des fonderies et foreries de canons, etc, etc. Guyton-Morveau, Carnot, Fourcroy, Prieur, s’associèrent à lui pour ce grand oeuvre, dans cet immense et patriotique labeur, à ces prodiges de l’activité et de l’industrie dirigées par la science, qui sauvèrent la France et la Révolution.

Après la session conventionnelle, Monge passa au Conseil des Cinq-Cents, puis des Anciens. Il se rallia à Bonaparte, son admirateur et ami, lors du 18 brumaire, et devint successivement membre du Sénat conservateur et pair des Cent-Jours. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII et grand officier de l’ordre le 25 prairial suivant ; directeur de l’Ecole polytechnique en 1802. Il avait été fait comte de Peluse en souvenir de ses travaux dans l’isthme de Suez lors de la campagne d’Egypte à laquelle il prit une part considérable.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.12.07

BATAILLE DE SMOLENSK (1812)

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Napoléon et le prince Poniatowski le 17 août 1812 lors de la bataille de Smolensk

Messieurs, rappelez-vous ce mot d’un empereur romain “Le corps d’un ennemi mort sent toujours bon.”

(Napoléon Bonaparte)

Smolensk (Bataille de). Les 17 et 18 août 1812, secondé par ses maréchaux Davout, Murat et Ney, l’Empereur à la tête de sa Grande Armée forte de 175.000 hommes, affronta le général Barclay de Tolly et ses 130.000 Russes. Si la victoire revint bien aux Français, Smolensk ne fut pas la bataille décisive escomptée par Napoléon pour détruire l’armée adverse. Les troupes du tsar lui échappèrent encore une fois, préférant la retraite à un réel affrontement, non sans avoir auparavant mis en pratique la politique de la terre brulée. C’est en fait dans une ville presque totalement détruite par les incendies que pénétrèrent les armées napoléoniennes. Les pertes françaises furent malgré tout assez faibles (moins de 1.000 tués et environ 3.000 blessés) en comparaison de celles affichées par les Russes qui eurent quant à eux près de 5.000 morts, 8.000 blessés et 2.000 soldats faits prisonniers.

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12.11.07

PRISE DE RATISBONNE (1809)

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Napoléon blessé au pied devant Ratisbonne le 23 avril 1809

Cela ne peut être qu’un Tyrolien qui m’ait ajusté de si loin : ces gens là sont fort adroits.

(Napoléon Bonaparte)

Ratisbonne (Prise de). Le lendemain de la victoire d’Eckmülh, L’objectif de Napoléon fut de marcher sur la capitale autrichienne à l’instar de ce qu’il fit lors du déroulement de la campagne de 1805. C’est donc dans cette optique qu’il se décida de s’emparer de Ratisbonne, bien secondé dans ses desseins par les meilleurs de ses maréchaux Lannes et Davout. L’opération se solda par un nouveau succès le 23 avril 1805, événement au cours duquel l’Empereur fut légèrement blessé au pied. La prise de Ratisbonne vit alors l’armée autrichienne commandée par l’archiduc Charles battre en retraite et ainsi ouvrir la route de Vienne à la Grande Armée.

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SIEGE DE DANTZIG (1807)

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Vue panoramique du siège de la ville de Dantzig par le maréchal Lefebvre (12 mars - 21 mai 1807)

Duc de Dantzig, acceptez ce chocolat ; les petits cadeaux entretiennent l’amitié.

[S'adressant au maréchal Lefebvre]

(Napoléon Bonaparte)

Dantzig (Siège de). Cette ville fut prise par les Français le 25 mai 1807 après un siège mémorable de deux mois dirigé par le maréchal Lefebvre, ce qui lui valut le titre de duc de Dantzig. Il fut ainsi le tout premier des dignitaires impériaux à se voir alors gratifier d’un titre de noblesse se référant à un succès militaire de l’épopée napoléonienne. Dantzig était une ville des Etats prussiens, baignée par la Vistule à 4 kms de la Baltique, plus connue aujourd’hui sous le nom de Gdansk.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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BATAILLE D’AUERSTAEDT (1806)

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Le Maréchal Louis-Nicolas Davout à la bataille d’Auerstaedt le 14 octobre 1806

Mon cousin, le combat d’Auerstaedt est une des plus belles journées de l’histoire de France ! Je la dois aux braves du 3e corps eu au général qui les commande ; je suis bien aise que ce soit vous.

[s'adressant au maréchal Davout]

(Napoléon Bonaparte)

Auerstaedt (Bataille d’). Le 14 octobre 1806, le maréchal Davout, quoique à la tête d’une force numériquement bien infèrieure à celle des Prussiens, remporta sur ces derniers une véritable victoire, ce qui contribua de beaucoup au gain de la bataille d’Iéna. C’est dans cette rencontre que le maréchal Bernadotte par jalousie, refusa d’envoyer des secours à son collègue et pour ce fait faillit passer en jugement. Auerstaedt est un village de Prusse de la province de la Saxe.

(Extrait du dictionnaire sur la révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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BATAILLE D’ELCHINGEN (1805)

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Le Maréchal Ney s’emparant du pont sur le danube lors de la bataille d’Elchingen le 15 octobre 1805

Il y a quinze jours que nous avons passé le Rhin… Vos neveux mêmes, d’ici à cinq cents ans, viendront à se ranger sous ces aigles qui vous rallient, sauront en détail tout ce que votre corps aura fait demain et de quelle manière votre courage les aura à jamais illustrés ! Ce sera l’objet perpétuel de leurs entretiens, et vous serez cités d’âge en âge à l’admiration des générations futures.

[S'adressant à ses soldats la veille de la bataille]

(Napoléon Bonaparte)

Elchingen (Bataille d’). Victoire remportée par le maréchal Ney à la tête de 17.000 hommes sur 16.000 Autrichiens commandés par le général Graf Von Riesch le 14 octobre 1805. Les pertes furent conséquentes dans les deux camps puisque les Français laissèrent 3.000 morts sur le champ de bataille ; les Autrichiens eurent pour leur part 4.000 hommes tués et 4.500 faits prisonniers. Elchingen est un village situé près du Danube, dans le Wurtenberg.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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REDDITION D’ULM (1805)

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L’Empereur Napoléon reçoit la capitulation du général Mack

Si vous ne capitulez pas sur le champ, je prendrai la ville d’assaut, je serai forcé de faire ce que je fis à Jaffa, où la garnison fut passée au fil de l’épée. Prince, épargnez à la brave nation autrichienne et à moi la nécessité d’un acte aussi effrayant : la place n’est pas tenable.

(Napoléon Bonaparte)

Ulm (Reddition d’). Après la victoire d’Elchingen, Napoléon et l’armée impériale française firent le siège de la ville d’Ulm où s’étaient retranchées les troupes autrichiennes. Après seulement cinq jours, le général Mack totalement encerclé et à court de vivres se vit contraint à une humiliante reddition le 20 octobre 1805. A l’issue de ces journées, les Français n’eurent à déplorer que des pertes relativement modérées (500 tués et 1.000 blessés) alors que les Autrichiens laissèrent non seulement 4.000 morts à Ulm mais surtout livrèrent 25.000 prisonniers et abandonnèrent 60 canons à l’Empereur des Français. Ce succès permit à Napoléon et sa Grande Armée de poursuivre l’une de leurs plus brillantes campagnes, qui après l’entrée dans Vienne le 14 novembre 1805 se conclut glorieusement à Austerlitz le 2 décembre 1805 lors de la bataille des trois empereurs.

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BATAILLE DE CASTIGLIONE (1796)

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Le général Bonaparte lors de la bataille de Castiglione le 5 août 1796

N’ira pas loin celui qui sait d’avance où il veut aller.

(Napoléon Bonaparte)

Castiglione (Bataille de). Le 16 thermidor an IV (5 août 1796), les Français, commandés en personne par le général Bonaparte, livrèrent à la l’armée autrichienne une bataille décisive et qui devint une brillante victoire. Les pertes de l’ennemi furent cruelles : 20 pièces de canon, 3.000 hommes tués ou blessés, 4.000 prisonniers parmi lesquels trois généraux. Du côté des Français, les pertes furent moindres, mais celle du général Beyrand fut à regretter. Les princpaux subordonnés de Bonaparte dans cette journée, furent : Augereau, Masséna, Guieu et l’aide de camp Junot.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.09.07

BATAILLE DE SOMOSIERRA (1808)

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Charge de la cavalerie polonaise lors de la bataille de Somo-Sierra le 30 novembre 1808

Vous êtes dignes de ma vieille garde, je vous reconnais comme ma plus brave cavalerie.

[s'adressant à l'escadron polonais]

(Napoléon Bonaparte)

Somosierra (Bataille de). Le 30 novembre 1808, Napoléon à la tête de 45.000 hommes doit franchir le col de Somosierra défendu par 9.000 Espagnols commandés par le général San Juan, ultime obstacle à la reconquête de Madrid. Répondant à la volonté de l’Empereur, les chevau-léger polonais chargèrent alors la position afin de libérer le passage. Ils se couvrirent de gloire par leur courage exemplaire et ouvrirent la route de la capitale espagnole à l’armée impériale.

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PRISE DE MADRID (1808)

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Napoléon recevant la capitulation de Madrid le 4 décembre 1808

Je sais qu’il faut que j’aille moi-même remonter la machine.

(Napoléon Bonaparte)

Madrid (Prise de). Cette ville, qui était au pouvoir des Espagnols, renfermait 60.000 hommes dont 6.000 soldats de garnison régulière ; 100 pièces de canons défendaient les remparts, et toutes les rues, jusqu’aux maisons, étaient barricadées ; les cloches de 200 églises sonnaient continuellement le tocsin. Napoléon, qui venait d’arriver avec 30.000 hommes, ordonne une première attaque ; le général Sénarmont, avec ses trente pièces d’artillerie, fait une brèche aux murs de Retiro ; un bataillon de voltigeurs s’y jette et chasse 4.000 hommes qui les défendent, puis tous les débouchés tombent au pouvoir de nos troupes. Dans la journée du 2 décembre 1808, le prince de Neuchâtel fait, au nom de l’Empereur, une nouvelle sommation au général Castellar et lui écrit qu’il consent à suspendre l’attaque jusqu’à deux heures. A neuf heures arrive le général Morla et un député de la ville, qui déclarent au major général que la population s’obstine à vouloir résister et demande la journée du 4 pour l’apaiser. Le prince de Neuchâtel les présente à l’Empereur, qui s’adresse au général Morla : “Retournez à Madrid, je vous donne jusqu’à demain six heures du matin. Revenez alors, si vous n’avez à me parler du peuple que pour m’apprendre qu’il s’est soumis ; sinon, vous et vos troupes serez tous passés par les armes.” Le lendemain, à six heures du matin, le général Morla revint apporter la soumission de Madrid, et à dix heures, en effet, le général Belliard prit le commandement de la ville.

(Extrait du dictionnaire de l’Histoire de Napoléon par Norvins)

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BATAILLE DE BRIENNE-LE-CHÂTEAU (1814)

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Le général Gourgaud sauvant la vie de Napoléon sous la menace d’un cosaque lors de la bataille de Brienne le 29 janvier 1814

La mort n’est rien ; mais vivre vaincu et sans gloire c’est mourir tous les jours.

(Napoléon Bonaparte)

Brienne-le-Château (Bataille de). Le 25 janvier 1814, les Français sous le commandement direct de l’Empereur Napoléon, après un combat opiniâtre, remportèrent une brillante victoire sur les troupes étrangères menées par le vieux général prussien Blücher. Cependant, à l’issue de la bataille, les pertes humaines furent aussi lourdes pour l’armée impériale que pour les Prussiens et Russes (environ 4.000 tués et blessés pour chacun des deux camps). Les généraux Cavrois et Decouz furent parmi les blessés français (Decouz déceda plus tard des suites de ses blessures). Brienne est un chef-lieu de canton de l’Aube, situé sur les bords de la rivière de ce nom.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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BATAILLE DE CHAMPAUBERT (1814)

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L’Empereur Napoléon au soir de la bataille de Champaubert le 10 février 1814

Il faut réprendre sa résolution et ses bottes de 93.

(Napoléon Bonaparte)

Champaubert (Bataille de). Le 10 février 1814, Napoléon remporta une grande victoire sur les alliés. Les maréchaux Marmont et Ney et l’armée française écrasèrent les troupes du général russe Olsufiev. Plus des deux tiers des soldats alliés furent soit tués, blessés ou faits prisonniers alors que les Français déplorèrent moins de 300 morts au terme d’une bataille ou s’illustra la cavalerie française. Parmi les blessés de l’armée impériale figurèrent par ailleurs les généraux Lagrange et Michel. Champaubert est une petite commune du département de la Marne.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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BATAILLE DE MONTMIRAIL (1814)

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Troupes françaises en route pour

La stratégie est la science de l’emploi du temps et de l’espace. Je suis, pour mon compte, moins avare de l’espace que du temps. Pour l’espace, nous pouvons toujours le regagner. le temps perdu, jamais.

(Napoléon Bonaparte)

Montmirail (Bataille de). Le 11 février 1814, soit le lendemain de la victoire de Champaubert, Napoléon et son armée de 16.000 hommes infligèrent une nouvelle humiliation aux Prussiens et Russes pourtant deux fois plus nombreux. Les alliés sous le commandement des généraux Osten-Sacken et Yorck perdirent 4.5000 hommes (blessés, tués, ou prisonniers) contre 2.000 du côté des Français.

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BATAILLE DE MONTEREAU (1814)

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Allez, mes amis, ne craignez rien. Le boulet de canon qui doit me tuer n’est pas encore fondu.

(Napoléon Bonaparte)

Montereau (Bataille de). Le 18 février, après ses succès de Champaubert et Montmirail, l’Empereur Napoléon à la tête de 25.000 hommes affronta le général Schwarzenberg, commandant les troupes alliées fortes d’environ 18.000 hommes. Cette nouvelle victoire française à défaut d’être décisive permit de repousser les forces ennemies qui s’étaient rapprochées à moins de 50 kms de Paris. Les pertes furent trois plus importantes chez les Autrichiens et Wurtembergois qui laissèrent sur le champ de bataille 6.000 tués, blessés ou prisonniers, alors que l’armée impériale comptabilisa pour sa part 2.000 tués, blessés, ou disparus.

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12.08.07

BATAILLE DE CRAONNE (1814)

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L’Empereur Napoléon pendant la campagne de France

50.000 hommes et moi ça fait 150.000 hommes.

(Napoléon Bonaparte)

Craonne (Bataille de). Le 7 mars 1814, Napoléon, à la tête de l’armée française (37.000 hommes), attaqua Blücher commandant l’armée prussienne (85.000 hommes) et lui infligea une véritable défaite bien que les pertes furent assez lourdes pour les deux camps (environ 5.000 morts et blessés de chaque côté). Parmi les blessés, du côté des Français, figurèrent le maréchal Victor de Bellune, les généraux Le Capitaine, de Nansouty, et Boyer de Rebeval. Craonne est un chef-lieu de canton du département de l’Aisne, situé sur un plateau et bordé de ravins escarpés et sillonnés de ruisseaux.

(Extrait enrichi du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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BATAILLE D’ARCIS-SUR-AUBE (1814)

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Bataille d’Arcis-sur-Aube les 20 et 21 mars 1814

J’ai tout fait pour mourir à Arcis.

(Napoléon Bonaparte)

Arcis-sur-Aube (Bataille d’). Les 20 et 21 mars 1814, les Français, sous les ordres directs de Napoléon, livrèrent bataille aux alliés, fort de 80.000 hommes et commandés par Schwarzenberg. Bien qu’inférieur en nombre avec seulement 28.000 hommes côté Français, les résultats restèrent incertains, et la défaite de Napoléon fut limitée de par la faute de ses adversaires qui ne surent profiter pleinement de leur avantage sur le champ de bataille. Les pertes furent très sensibles dans chacun des deux camps : 3.000 morts ou blessés côté français, 4.000 dans le camp des alliés. Les généraux français Chassé, Janssens, Leval et Corbienne y furent blessés.

(Extrait corrigé du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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REVOLTE DU CAIRE (1798)

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Révolte du Caire le 21 octobre 1798

La faiblesse et les bons traitements n’honorent que le vainqueur ; ils déshonorent le vaincu qui doit avoir de la fierté et de la réserve.

(Napoléon Bonaparte)

Caire (Révolte du). Cette ville fut prise par les Français le 5 thermidor an VI, et Bonaparte y établit le siège du gouvernement républicain pendant la campagne d’Egypte, mais dans la journée du 30 vendemiaire, les Turcs, sous le prétexte qu’ils étaient par trop imposés, se soulevèrent, et au nombre de 80.000 environ, se retranchèrent dans la grande mosquée. Ils y furent littéralement écrasés et vaincus après avoir perdu 5 à 6.000 des leurs. Les Français eurent à déplorer une centaine de morts, dont le brave général Dupuy. Les Grecs qui habitaient cette ville montrèrent leur dévouement en faisant cause commune avec les Français pour la répresion de cette insurrection. Le Caire était alors la capitale de l’Egypte.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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BATAILLE NAVALE D’ABOUKIR (1798)

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L’explosion de l’Orient lors de la bataille Navale d’Aboukir (1er et 2 août 1798)

Nous sommes donc réduits à rester en Egypte. C’est bien ! Il faut savoir relever la tête au dessus d’une mer en furie : elle finira par se calmer ! Peut-être sommes-nous destinés à changer la face des choses en Orient. Il nous faudra mourir ici ou sortir grands comme les anciens.

(Napoléon Bonaparte)

Aboukir (Bataille navale). Le 14 thermidor an VI (1er août 1798), la flotte française commandée par l’amiral Brueys et composée de treize vaisseaux, fut subitement attaquée en rade d’Aboukir par la flotte anglaise de l’amiral Nelson, et composée de 14 vaisseaux. Les Français se battirent avec acharnement et avec un courage au-dessus de tout éloge, mais l’infériorité du nombre et une fausse manoeuvre de l’amiral Brueys donnèrent aux Anglais l’avantage. Les pertes des deux côtés furent immenses. Du côté des Français le vaisseau l’Orient de 120 canons sauta, le Timoléon de 74 canons brûla, la frégate l’Arthémise fut coulée bas, neuf autres bateaux furent pris, l’amiral Brueys fut tué, ainsi que le capitaine de vaisseau Casabianca, ancien conventionnel. Le perte des Anglais d’après leur propre aveu, fut de 1.000 hommes tués et 1.800 blessés, dont l’amiral Nelson ; plusieurs de leurs vaisseaux furent mis dans l’état le plus pitoyable. Aboukir est un bourg de la basse Egypte à 17 kms N.O. d’Alexandrie, sur la Méditéranée ; il est situé à l’extrémité d’une presqu’île formée par le lac Madieh et la mer, près d’un fort construit sur un rocher qui en est la pointe extrême.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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BATAILLE DU MONT-THABOR (1799)

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Bataille du Mont Thabor le 16 avril 1799

Les grands noms ne se font qu’en Orient.

(Napoléon Bonaparte)

Mont Thabor (Bataille du). Le 16 avril 1799, le général en chef de l’armée d’Orient Bonaparte affronta Abadallah Pacha venu secourir les assiégés de Saint-Jean-d’Acre. Les Turcs subirent ce jour là une défaite totale malgré une très nette supériorité numérique. Les 5.000 Français sortirent encore une fois vainqueurs de 25.000 Turcs qu’ils mirent en déroute. Les pertes turques furent considérables avec environ 6.000 tués sur ce champ de bataille où s’illustrèrent en particulier les généraux Kléber, Bon et Vial.

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BATAILLE D’ABOUKIR (1799)

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Le général Joachim Murat (1767-1815) à la bataille d’Aboukir le 25 juillet 1799

Le nom d’Aboukir était funeste à tout Français ; la journée du 7 thermidor l’a rendu glorieux. La victoire que l’armée vient de remporter accélère son retour en Europe.

(Napoléon Bonaparte)

Aboukir (Bataille d’). Le 7 thermidor an VVI (25 juillet 1799), un an à peine après le désastre de la flotte française, Bonaparte, à la tête de 5.000 Français, battit complètement 20.000 Turcs qui y étaient débarqués le 23 messidor. La déroute de ces derniers fut complète, la victoire des Français décisive. Mustapha Pacha, commandant en chef de l’armée turque, fut fait prisonnier avec 2.000 de ses soldats, 2.000 autres restèrent sur le champ de bataille. Toutes les tentes et bagages, 20 pièces de canons restèrent au pouvoir des Français, 10.000 turcs furent noyés. La perte des Français monta à 150 hommes tués et 750 blessés, dont le général Murat. En l’an IX, Aboukir, qui n’était plus défendu que par 1.200 Français, commandés pa le général Friant, fut repris par les Anglais, au nombre de 12.000 hommes, commandé par le général Abercromby. La supériorité numérique de ces derniers eut raison d’une poignée de braves.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.05.07

GENERAL CLAUDE-FRANCOIS DE MALET (1754-1812)

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Géneral Claude-François de Malet (1754-1812)

Cette extravagance ne fut au fond qu’une véritable mystification : c’est un prisonnier d’Etat, homme obscur, qui s’échappe pour emprisonner à son tour le préfet, le ministre même de la police, ces gardiens de cachots, ces flaireurs de conspirations, lesquels se laissent moutonnement garrotter. C’est un préfet de Paris, le répondant né de son département, très dévoué par ailleurs, mais qui se prête sans la moindre opposition aux arrangements de réunion d’un nouveau gouvernement qui n’existe pas. Ce sont des ministres nommés par les conspirateurs, occupés de bonne foi à ordonner leur constume et faisant leur tournée de visites, quand ceux qui les avaient nommés étaient déjà rentrés dans les cachots. C’est enfin une capitale apprenant au réveil l’espèce de débauche politique de la nuit, sans en avoir éprouvé le moindre inconvénient. Une telle extravagance ne pouvait avoir aucun résultat. La chose eut-elle en tout réussi, elle serait tombée d’elle-même quelques heures après ; et les conspirateurs victorieux n’eussent eu d’autre embarras que de trouver à se cacher au sein du succès.

(Napoléon Bonaparte)

Malet (Charles-François de). Officier général et conspirateur célèbre ; né à Dôle (Jura), le 23 juin 1754, de “Jean de Malette (sic), chevalier de l’ ordre militaire de Saint-Louis, capitaine au régiment de Beauvillers, et de dame Gabrielle Febvre, son épouse”, fusillé à Paris le 29 octobre 1812 ; entra dans la carrière militaire à l’âge de seize ans, comme mousquetaire ; salua la Révolution avec enthousiasme, et devint, en 1790, commandant de la garde nationale du Jura ; puis fut délégué pour assister à la fédération du champ de Mars, le 14 juillet ; partit en 1792 à la tête d’un bataillon de volontaires, devint adjudant général en mai 1793 et se fit remarquer par sa bravoure aux armées du Rhin et d’Italie. Le 27 thermidor an VII, il fut promu général de brigade, servit en Italie sous Championnet, puis, sous Masséna, devint gouverneur de Pavie, et de Rome, eut quelques démélés avec le pape et fut remplacé par Miollis. Républicain sincère, il se montra indigné du coup d’Etat du 18 brumaire, ne le cacha pas et tomba en disgrâce. A quelque temps de là, il fut envoyé à Bordeaux avec le titre de commandant du département : il avait voté contre le Consulat à vie. Nommé commandant de la Légion d’honneur, il se contenta d’accuser réception par cette lettre sèche et froide à Lacépède, alors grand chancelier de l’ordre : “Citoyen, j’ai reçu la lettre par laquelle vous m’annoncez la marque de confiance que m’a donné le grand conseil de la Légion d’honneur. C’est un encouragement à me rendre de plus en en plus digne d’une association fondée sur l’amour de la patrie et de la liberté.” Souvent signalé par sa haine de la “tyrannie impériale”, il avait été destitué et rayé des contrôle de l’armée en 1807. Ses projets furent alors arrêtés : étant devenu libre. Il chercha des collaborateurs. Il eut d’abord l’ancien conventionnel Florent Guiot, le philosophe Jacquemont, les généraux Guillaume et Guillet, le grammairien Lemare, l’ancien montagnard Ricord, le professeur Bazin, le médecin Gindre, etc. De 1808 à1812, il fit tout un plan ; toutes les pièces et proclamations, -la conspiration devait éclater dans la nuit du 30 mai-, étaient imprimées, mais, au dernier moment, il fut dénoncé par un général Lemoine. Ayant appris que sa femme avait été arrêtée en ses lieu et place, Malet vint se constituer lui-même prisonnier. Les preuves matérielles de la conspiration manquant, et le corps de délit n’existant pas, sauf quelques aveux insignifiants des généraux Guillaume et Guillet, Malet avait dû prendre cette résolution, mais il ne resta pas inactif ; de sa prison, il renoua tous les fils de la conspiration, et d’après les nouveaux concours qu’il espérait obtenir, elle devait éclater le 23 octobre 1812. Des évènements favorables semblèrent le favoriser ; Napoléon venait de partir pour la Russie, et Malet avait obtenu d’être transféré dans la maison de santé du docteur Dubuisson, située près la barrière du Trône. Il avait formé son gouvernement provisoire et l’avait composé du général Moreau, comme président, Carnot, vice-président, le maréchal Augereau, Bigonnet, ex-législateur ; Frochot, préfet de la Seine, Florent Guiot, ex-conventionnel, Destutt de Tracy, sénateur ; Jacquemont, ex-tribun, Mathieu de Montmorency, le général malet, de Noailles, le vice-amiral Truguet, Voney, Garat, Lambrecht, sénateurs. Il s’évada de la maison de santé, le 22 octobre 1812, à onze heures du soir, avec l’abbée Lafon, qui, du reste, ne coopéra pas directement. Revêtu de l’uniforme d’officier général à cheval et suvi d’un aide de camp improvisé, le caporal Rateau, et d’un faux commissaire de police, un affilié, nommé Bontreux, il se présenta dans la nuit à la caserne Popincourt, fit réveiller le colonel nommé Soulier, lui annonça la mort de Napoléon, et lui dit que le Sénat assemblé venait de déclarer sa famille déchue, et de nommer un gouvernement provisoire, lequel l’a investi, lui Malet, du commandement de Paris. Le colonel, entièrement persuadé par cette déclaration, met de suite son régiment à la disposition du général, qui enlève de même manière la 10e cohorte de la garde nationale active, envoie des détachements s’emparer du Trésor, de la Banque, de la poste aux lettres, de l’Hôtel de Ville. Lui-même se rend à la Force et délivre les généraux Guidal et Lahorie, enfermés depuis plusieurs années, comme républicains ; nomme Guidal ministre de la police et Lahorie préfet de police avec ordre de s’assure de Savary et de Pasquier, les deux titulaires de ces fonctions ; de là, il se porte à l’état-major, place Vendôme, chez Hulin, commandant de la première division militaire et lui annonce le nouvel ordre des choses, par suite duquel il vient le remplacer. Hulin, montrant quelque méfiance et faisant des difficultés, Malet, pour qui les moments étaient précieux, lui cassa la machoire d’un coup de pistolet. Ce coup d’audace sans précédent était sur le point de réussir et était pour ainsi dire consommé, lorsque les adjudants de place Laborde et Doucet accourent et se précipitent sur Malet, le térassent et l’emmènent en prison. Traduit devant une commission militaire, il fut aussitôt condamné à mort.

Le président Dejean lui ayant demandé quels étaient ses complices, Malet répondit : La france entière, et vous-même si j’avais réussi. Conduit à la plaine de grenelle, il reçut la mort avec un sang-froid héroïque. Il commanda lui-même le feu avec une voix retentissante. Tous ses compagnons étaient tombés comme foudroyés ; lui seul était resté debout tout sanglant. Il fallut une seconde décharge encore insuffisante, et l’achever à coups de baïonnettes !

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.04.07

GENERAL LOUIS-LAZARE HOCHE (1768-1797)

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Général Lazare Hoche (1768-1797)

Hoche fut un des premiers généraux que la France ait produits. Il était brave, intelligent, plein de talent, de résolution et de pénétration. Il était aussi intrigant. Si Hoche avait débarqué en Irlande, il aurait réussi. Il possédait toutes les qualités nécessaires pour assurer le succès de son expédition. Il était accoutumé à la guerre civile et savait comment s’y prendre en pareil cas. Il avait pacifié la Vendée et était ce qu’il fallait pour l’Irlande : c’était un homme superbe, très adroit et d’un extérieur prévenant.

Ce fut une des plus belles réputations militaires de la Révolution… Hoche était un véritable homme de guerre.

(Napoléon Bonaparte)

Hoche (Louis-Lazare). Officier général né à Montreuil près Versailles, le 25 juin 1768, de “Louis Hoche, palfrenier à la vénerie du roi, et d’Anne Marlière”, mort au camp de Wetzlar (Prusse) le 28 septembre 1797 ; était né de parents pauvres, fut soutenu tout jeune par une tante, fruitière, qui lui donnait de temps en temps de quoi acheter des livres, qu’il dévorait, et ne dut qu’à lui-même ce qu’il devint par la suite. Ayant des goûts essentiellement militaire, il s’engagea, le 19 octobre 1784, comme soldat au régiment des gardes françaises. “On le vit, dit la Biographie moderne, dès lors porter de l’eau, monter des gardes et s’adonner à toutes espèces de travaux pendant le jour, afin de pouvoir se former une petite bibliothèque au milieu de laquelle il passait une partie de ses nuits” ; il devint caporal le 16 juin 1789, passa avec le grade de sergent, le 1er septembre de la même année, dans la garde nationale soldée de Paris, puis parvint au grade d’adjudant au 104e régiment d’infanterie, le 1er janvier 1792, et capitaine par ancienneté la même année, puis adjudant général chef de bataillon. Le 15 mai 1793, il fut promu général de brigade, s’empara de Furnes le 22 décembre, et nommé commandant en chef de l’armée de Moselle, subit d’abord quelques petits échecs devnt les forces supérieures aux siennes et fortement retranchées de Brunswick, puis il lui suffit de quleques jours pour prendre sa revanche, battit Wurmser et débloqua Landau, et vint à bout de chasser de l’Alsace l’armée autrichienne.

Le 3 nivôse an II, il écrivait au ministre de la guerre : “Quartier général de l’armée de la Moselle, à Verd : je n’ai pu donner hier aucun détail, j’étais trop occupé ; je le suis encore, passablement cependant, d’après tous les renseignements que j’ai, nous avons pris 16 canons, 24 caissons, 500 prisonniers, tués ou blessés 300 hommes. La vivacité de l’attaque nous a fait perdre peu de monde, à peu près 80 tués et 150 blessés. J’attaque à la pointe du jour ; les troupes se montrent sans culottes, etc. Le 3e régiment de hussards, le 14e de dragons, les carabiniers, le 55e régiment d’infanterie se sont parfaitement distingués. Le général Dubois, blessé malheureusement, s’est comporté, j’ose le dire, comme un héros, ou plutôt comme un républicain. On amène encore des voitures d’armes, je laisse les sacs à nos braves volontaires ; j’ai donné toute cette nuit les ordres les plus prompts pour que le grand développement de l’armée de la Moselle s’opère ; il ne reste plus qu’à mettre l’armée en avant ; si ma droite me seconde, j’irai… J’ai toujours deux guenilles de drapeaux pris aux soldats des brigands couronnés. A la première occasion, je les enverrai à la Convention nationale. Je ne puis écrire davantage.” “HOCHE”

Il s’empara de Guenmersheim et de Spire le 10 nivôse, et ensuite de Worms, puis fut promu, le 2 brumaire an II, général de division. Hoche, d’une nature droite, très franche, pas du tout courtisan, n’eut pas le don de plaire à Saint-Just, alors en mission dans l’Est, fut destitué et emprisonné par son ordre et rendu à la liberté que dans le courant de thermidor, puis obtint le 13 ventôse an III, le commandement en chef de l’armée des Côtes de Brest, où il déploya un véritable talent.

Le 3 thermidor an III, Hoche, rendant compte de la prise de Quiberon, termina ainsi sa lettre : “Le voilà, monsieur Pitt, le résultat de trois années de travaux ! Quels sentiments pensez-vous inspirer à ceux que vos nombreux armements ne pourront sauver de la vengeance nationale ? Ils vous abhorrent : vous les avez indignement sacrifiés. Envoyez-nous d’autres victimes ; elles apprendront à connaître votre politique, lorsqu’elles seront sur notre sol. Vous n’ignorez pas monsieur, qu’il n’est jamais envahi impunément ; mais ces malheureux sont nés en France, et conséquemment ils sont, ainsi que nous, l’objet de votre haine. Demandez à M. de Puisaye, qui s’est rembarqué au premier coup de fusil, s’il est aussi aisé de vaincre les républicains sur leur territoire que dans votre cabinet. Monsieur Pitt, il est un Dieu vengeur, vos forfaits seront punis !”

Le 14 fructidor, Hoche fut nommé par la Convention à l’armée de l’Ouest, et le 9 vendemiaire an IV, annonça de nouveaux succès sur Charette. Après avaoir complètement pacifié la Vendée, on le mit à la tête d’une expédition en Irlande qui ne réussit pas. Il fut le 6 pluviôse an V, nommé général en chef de l’armée de Sambre-et-Meuse, remporta les victoires de Neuwied, d’Altenkirchen de Diedorff, s’empara de Welylaër et exécuta une des plus belles opérations de cette guerre ; l’armistice conclu entre l’archiduc Charles et Bonaparte arrêta les succès de Hoche. On lui proposa, à cette époque, le portefeuille de la guerre qu’il refusa. L’armée de Sambre-et-Meuse ayant célébré l’anniversaire de la journée du 10 août à Vetlar, Hoche prononça un discours dont voici un fragment : “Amis, je ne dois pas vous le dissimuler, vous ne devez pas encore vous dessaisir de ces armes terribles avec lesquelles vous avez tant de fois fixé la victoire. Avant de le faire, peut-être aurons-nous à assurer la tranquillité de l’intérieur que des fanatiques et des rebelles aux lois républicaines essaient de troubler. Combien ils s’abusent, ces perfides ennemis ! Sans songer à vous, ils méditent de rendre la France à l’esclavage dont vous l’avez affranchie pour toujours. Semblables aux conseillers de Louis XVI, avant la journée du 10 août, ils espèrent nous redonner des maîtres. Le fanatisme, l’intrigue, la corruption, le désordre dans les finances, l’avilissement des institutions républicaines et des hommes qui ont rendu de grands services : voilà les armes qu’ils emploient pour arriver à une dissolution sociale, qu’ils diront être l’effet de circonstances. Nous leur opposerons la loyauté, le courage, le désintéressement, l’amour des vertus dont ils ne connaissent que le nom, et ils seront vaincus. Mais j’en suis certain, votre présence et la fermeté du gouvernement suffiront au maintien de la Constitution, que je jure avec vous de maintenir dans toute sa pureté.”

En l’absence du général Moreau appelé à Paris par le Directoire, en fructidor an V, le général Hoche fut chargé par intérim de l’armée du Rhin-et-Moselle.

Le 3e jour complémentaire de l’an V de la République, le général de division commandant en chef de l’artillerie de l’armée de Sambre-et-Meuse écrivait au Directoire exécutif du quartier général de Wetzlar, l’épouvantable nouvelle qui suit : “Citoyens directeurs, je vous ai écrit ce matin dans les larmes, au milieu d’une famille et d’amis éplorés, et je n’ai pu vous donner aucun détail sur les circonstances qui ont enlevé à la France le général Hoche. Doué d’un tempérament robuste et ardent, quoique d’une sensibilité de nerfs extraordinaire, le général Hoche n’éprouvait que des sentations vives et brûlantes ; le moindre sentiment l’affectait au delà de toute expression : la Révolution ne fit que développer ce tempérament. Jeté sur un grand theâtre, Hoche a employé toutes ses facultés pour remplir dignement le rôle éminent qu’il était destiné à jouer, il les a usées à forces de travail. Les contrariétés qu’il a éprouvées lors de son emprisonnement sous le règne de Robespierre, les fatigues extraordinaires qu’il s’est imposées dans les départements de l’Ouest pour pacifier ce pays, le mauvais succès de l’expédition d’Irlande et les dangers qu’il courut sur la mer, les accusations portées contre lui à la tribune nationale par les derniers conspirateurs, l’ardeur qu’il a mise à les confondre, tout cela a épuisé ses forces, et ranimé avec des symptômes effrayants, il y a environ un mois, un rhume et une oppression de poitrine que déjà il avait éprouvés à Brest, mais qu’il avait alors trop négligés. Tous les secours de l’art n’ont pu le sauver. Depuis sept ou huit jours, il éprouvait de temps en temps des crises de suffocation qui ne se calmaient qu’à force de soins, et après des souffrances inouïes, et la moindre occupation produisait une de ses crises. Enfin, hier, sur les dix heurs du soir, après avoir passé une journée assez calme, s’être même occupé de quelques affaires, ses souffrances redoublèrent, une suffocaiton horrible lui fit perdre connaissance, et après six heures de douleurs qu’on ne peut dépeindre, il mourut dans mes bras… Demain, son corps sera ouvert, afin de détruire les bruits d’empoisonnement qui se sont déjà répandus. Après demain, il partira de Wetzlar avec toute la pompe convenable, pour être transféré à Coblentz, où il sera enterré à côté du général Marceau, dans le fort de Péterberg. Salut et respect : “DEBELLE”

Telle fut la fin de ce général républicain, qui fut une perte irréparable pour la République et pour la France.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.03.07

GENERAL BARTHELEMY SCHERER (1747-1804)

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Général Barthélemy-Louis-Joseph Schérer (1747-1804)

Il était impossible de mieux “parler” guerre, mais il n’entendait rien à la guerre.

(Napoléon Bonaparte)

Schérer (Barthélemy-Louis-Joseph). Ministre de la guerre du 7 thermidor an V, au 3 nivôse an VII ; né à Delle (Haut-Rhin) le 18 décembre 1747, mort à Chauny (Aisne) le 19 août 1804 ; fils de “Nicolas Schérer, chirurgien, et de Catherine Lanos” ; a servi onze ans dans les troupes impériales dont cinq en qualité d’aide-major ; 5 avril 1780, capitaine au régiment provisoire d’artillerie de Strasbourg ; 20 février 1785, capitaine au service de la Hollande ; 12 janvier 1792, capitaine au 82e régiment d’infanterie ; 10 mai 1792, aide de camp du général de brigade ; 30 juillet 1793, adjudant général, chef de bataillon ; 19 septembre 1793, général de brigade ; 19 pluviose an II, général de division ; 13 brumaire an III, commandant en chef de l’armée d’Italie. Après avoir perdu la bataille de Magnano, il dut battre en retraite sur le Mincio puis sur l’Adda. Très violemment attaqué, il répondit à ses accusations par la publication d’un compte rendu, de sa gestion ministrielle en 1799. Il se retira à Chauny où il mourut.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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GENERAL JACQUES DUGOMMIER (1738-1794)

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Général Jacques François Coquille dit Jacques François Dugommier (1738-1794)

Dugommier avait toutes les qualités d’un vieux militaire ; extrêmement brave de sa personne, il aimait les braves et en était aimé ; il était bon, quoique vif, très actif, juste, avait le coup d’oeil militaire, le sang-froid et de l’opiniâtreté dans le combat.

(Napoléon Bonaparte)

Dugommier (Jacques Coquille dit). Officier général né à Basse-Terre (Gaudeloupe), le 11 août 1738, de “messire Germain-Laurent Coquille, conseiller du roi au conseil supérieur de cette île, et de dame Claire Laurent, ses père et mère”, tué sur la Montagne Noire (pyrénées Orientales) le 17 novembre 1794 ; entra au service le 15 mars 1753, dans les compagnies des cadets-gentilshommes des colonies, puis abandonna la carrière militaire ; fut nommé, en 1789, colonel des gardes nationales de Guadeloupe, se prononça en faveur de la Révolution. En septembre 1792, il fut élut par la Guadeloupe, membre de la Convention, mais refusa cete fonction, et le 10 octobre suivant fut promu maréchal de camp, employé à l’armée d’Italie, fut un défenseur de Toulon pendant le siège et s’en empara, devint général de division le 13 brumaire an II et général en chef de l’armée des Pyrénées-Orientales, puis remporta sur les Espagnols de brillants succès. Le 13 floréal an II, il gagna la bataille des Albères et enleva le poste de Montesquieu, combat qui firent tomber au pouvoir des français 200 pièces de canon et 2.000 prisonniers. Le 25 thermidor, il battit de nouveau les espagnols à Saint-Laurent de la Monga, et chassa complètement ces derniers de Bellegarde, la dernière place française occupée par eux le 29 fructidor, mais malheureusement pour la France, Dugommier fut tué à l’affaire Saint-Sébastien le 27 brumaire an III.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.02.07

EMMANUEL DE LAS CASES (1766-1842), COMTE D’EMPIRE

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Emmanuel de Las Cases (1766-1842), comte d’Empire

Votre conduite à Sainte-Hélène a été, comme votre vie, honorable et sans reproche ; j’aime vous le dire.

(Napoléon Bonaparte)

Las Cases (Marie-Joseph-Emmanuel-Auguste-Dieudonné, comte de). Lieutenant de vaisseau, chambellan, maître des requêtes et législateur, né à Belleserre (Haute-Garonne), le 21 juin 1766, de “François-Hyacinthe marquis de Las Cases, chevalier seigneur justicier dans les consulats de Puy-Laurens, Revel et Palleville, seigneur suzerain et dominant de la Mothe, Dourmes, etc., et de Jeanne Naves de Ranchin”, mort à Passy (Seine) le 14 mai 1842 ; entra tout jeune dans la marine et parvint au grade de lieutenant de vaisseau. Il émigra dès le début de la Révolution et alla rejoindre l’armée de Condé, remplit pour les royalistes diverses missions délicates et fit partie de l’expédition de Quiberon, puis après ce désastre royaliste, se réfugia à Londres où il donna des leçons pour vivre. Rentré après le 18 brumaire, il ne put d’abord obtenir aucun emploi, s’engagea en 1809, comme volontaire, sous les ordres de Bernadotte, fut remarqué par l’Empereur qui le fit baron, puis le créa comte de l’Empire le 16 décembre 1810, et fut nommé successivement maître des requêtes et chambellan, chef de bataillon dans la 10e légion de la garde nationale en 1813 ; il refusa, en qualité de conseiller d’Etat, d’adhérer à la déchéance de l’Empereur, s’exila volontairement en Angleterre sous la première Restauration, ne reparut à Paris que pendant les Cent-Jours et l’Empereur l’attacha de plus en plus à sa personne. Las Cases le suivit à La Malmaison, à Rochefort, puis enfin à Sainte-Hélène où il tint pendant dix-huit mois, un journal écrit au jour le jour sous le titre très connu de Mémorial de Sainte-Hélène. M. de Las Cases ne resta auprès de Napoléon que jusqu’au 27 novembre 1816. A cette dernière date le gouverneur de l’île, Hudson Lowe, qui n’était pas tendre, comme on le sait, fut très irrité d’une lettre écrite par Las Cases à Lucien Bonaparte ; cette lettre énumérait les mauvais traitements infligés à l’Empereur, et donna l’ordre de faire transférer Las Cases au Cap de Bonne-Espérance, où il resta huit mois prisonnier. Ramené en Europe, il put résider en Belgique, et ce ne fut qu’après la mort de Napoléon qu’il put rentrer en France et commencer la publication de son Mémorial. Très hostile aux Bourbons, après s’être battu pour eux à Quiberon, Las Cases applaudit à la Révolution de 1830, et, le 5 juillet 1831, il fut élu député par l’arrondissement de Saint-Denis, prit place sur les bancs de l’opposition et ne cessa de manifester ses sentiments bonapartistes très accentués ; réélu aux élections de 1839, il se montra très opposé à la politique intérieure et extérieure du gouvernement de Louis-Philippe. Il était chevalier de la Légion d’honneur. On a de lui : Mémorial de Sainte-Hélène, ou journal où se trouve consigné, jour par jour, ce qu’a dit et fait Napoléon (8 volumes).

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL DE MONTHOLON (1783-1853), COMTE D’EMPIRE

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Général de Montholon (1783-1853), comte d’Empire

Je lègue au comte de Montholon deux millions de francs comme preuve de ma satisfaction des soins filiaux qu’il m’a rendus depuis six ans, et pour l’indemniser des pertes que son séjour à Sainte-Hélène lui a occasionnées.

(Napoléon Bonaparte)

Montholon (Charles-Tristan, comte de). Officier général, ministre plénipotentiaire et représentant à l’Assemblée législative, le 13 mai 1849, élu par le département de la Charente-Inférieure, né à Paris le 21 juillet 1783, mourut dans cette ville le 20 août 1853 ; fils de “Mathieu de Montholon, chevalier, colonel des dragons de Penthièvre, et de Angélique-Aimée de Rostaing”. D’une ancienne famille de magistrats, était élève de marine à bord de la Junon, lors de l’expédition de l’amiral Truguet contre la Sardaigne et c’est en cette qualité qu’il y prit part. Il prit du service dans la cavalerie en 1797, il y parvint rapidement au grade de chef d’escadron, et, au 18 brumaire, remarqué par Bonaparte, comme dévoué à ses intérêts, il l’attacha à sa personne. La brillante conduite qu’il déploya en Italie, à Austerlitz, à Iéna, à Friedland, et à Wagram, lui valurent, après cette dernière bataille, les titres de comte et chambellan de l’Empereur ; Napoléon lui confia plusieurs missions diplomatiques et délicates, il s’en tira avec sagacité, notamment en 1811, dans celle qu’il fit comme ministre plénipotentiaire près de l’archiduc Ferdinand à Wurtzbourg. En 1814, à la suite d’un brillant rapport sur l’état de l’Allemagne, il fut promu général de brigade et nommé commandant du département de la Loire. Aide de camp de Napoléon pendant les Cent-Jours, il fut autorisé à l’accompagner dans son exil à Sainte-Hélène, il resta près de lui jusqu’à sa mort, fut un de ses exécuteurs testamentaires. A son retour en France, il publia, avec le général Gourgaud, Mémoires pour servir à l’ Histoire de France, sous Napoléon, écrits à Sainte-Hélène sous sa dictée (1823-1825, 8 vol.). Par testament, Napoléon lui avait laissé deux millions, qu’il employa à des spéculations trop hasardées ; en 1828, menacé de la prison pour dettes, il alla se réfugier en Belgique ; il y vécut retiré jusqu’à la Révoluton de 1830, en sollicitant sa réintrégration dans son grade ; il y parvint cependant, bien que difficilement ; serviteur de la dynastie napoléonienne, en 1840, son nom ayant été relevé au bas de la proclamation lancée par Louis-Napoléon Bonaparte, lors de la decente à Boulogne, il partagea la captivité de son prince dans le fort de Ham et n’en sortit qu’après son évasion. Pendant son séjour à l’Assemblée législative, il se contenta de voter silencieusement avec la droite, le 17 mai 1850, il fut mis à la retraite comme général de brigade ; après le coup d’Etat de 1851, il fut réintégré dans son grade par une lettre du 26 avril 1852 ; il s’en plaignit aigrement au Prince-Président, en lui faisant observer qu’à Sainte-Hélène, son oncle lui avait conféré les trois étoiles ; il mourut l’année suivante.

(Extrait du dctionnaire sur la révolution et l’Empire dur Dr Robinet)

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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL GOURGAUD (1783-1852), BARON D’EMPIRE

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Général Gaspard Gourgaud (1783-1852), Baron de l’Empire

J’ai été très satisfait de votre conduite et de vos services. Vous soutiendrez la bonne opinion que j’ai conçue de vous en servant le nouveau souverain de la France avec la même fidélité et le même dévouement que vous m’avez montrés.

(Napoléon Bonaparte)

Gourgaud (Gaspard, baron). Officier général et législateur, né à Versailles, le 14 novembre 1783, “fils d’Etienne-Marie Gourgaud, musicien ordinaire de la chapelle du roi, et d’Hélène Gérard”, mort à Paris le 25 juillet 1852 ; entra à l’école polytechnique à l’âge de 16 ans, et en sortit officier d’artillerie, fit la campagne du Hanovre comme lieutenant en second, fut nommé aide de camp du général Foucher au camp de Boulogne, fit la campagne d’Allemagne, puis fut blessé à Austerlitz et nommé capitaine après l’affaire d’Ostrolenka, partit pour l’Espagne, assista au siège de Saragosse, repartit en Allemagne pour la campagne de 1809, se battit à Eckmühl, à Essling et à Wagram, devint officier d’ordonnance de l’Empereur, l’accompagna dans la campagne de Russie et fut blessé à Smolensk, et, entré le premier au Kremlin, y découvrit une mine de 400.000 livres de poudre qui devait faire sauter la citadelle, fut de chef créé baron de l’Empire ; il fit encore toute la campagne de Saxe, et sauva la vie de l’Empereur, en 1814 à Brienne, en tuant un cosaque dont la lance allait le frapper, fut blessé à Montmirail, puis promu colonel à la bataille de Montereau, battit les Russes près de Laon et reprit Reims. Pendant les Cent-Jours, il fut nommé général de brigade, et ne quitta pas l’Empereur après Waterloo, le suivit à Rochefort. Ce fut lui que l’Empereur chargea d’aller porter sa lettre au prince-régent d’Angleterre. Il fut choisi par Napoléon pour l’accompagner à Sainte-Hélène, mais il quitta l’île en 1818, on ne sait au juste si c’est pour raison de santé ou de mésintelligence. Le territoire français lui étant absolument interdit, il dut prendre sa résidence en Angleterre ; il profita de ce séjour pour rédiger une protestation contre les rigueurs de la captivité de l’Empereur, puis publia une brochure, qui fit grand bruit, sur la bataille de Waterloo. Le duc de Wellington, qui se sentit visé directement, demanda contre Gourgaud l’application de “l’alien-bill” ; ses papiers furent saisis et il fut transport à Cuxhaven, à l’embouchure de l’Elbe. Il ne fut autorisé à rentrer en France qu’en 1821, et, à la mort de Napoléon, adressa une pétition à la Chambre des députés leur demandant leur intervention pour réclamer les restes de l’Empereur, mais ce fut en pure perte. En 1823, il publia en collaboration du comte de Montholon, les Mémoires de Napoléon. Après la Révolution de 1830, le général Gourgaud reprit un service actif comme commandant de l’artillerie à Paris et comme maréchal de camp, devint aide de camp de Louis-Philippe et fut promu lieutenant-général en 1835, puis désigné comme membre de la commission chargée d’aller chercher à Sainte-Hélène les cendres de l’Empereur, enfin nommé pair de France le 25 décembre 1841. Il fut mis à la retraite en 1848. Le 13 mai 1849, il fut élu représentant des Deux-Sèvres à la Législative, y siégea pami les conservateurs, puis mourut six mois après le coup d’état du 2 décembre 1851.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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12.01.07

LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL CLAUZEL (1772-1842), COMTE D’EMPIRE

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Général Bertrand Clauzel (1772-1842), comte d’Empire

Les généraux qui semblaient devoir s’élever, les destinées de l’avenir, étaient Gérard, Clauzel, Foy, et Lamarque. C’étaient mes nouveaux maréchaux.

(Napoléon Bonaparte)

Clauzel (Bertrand). Maréchal de France et Législateur, né à Mirepoix (Ariège), le 12 décembre 1772, du “sieur Gabriel Clauzel, marchand-fabricant, et de demoiselle Blanche Castel”, mort à Cintegabelle (Haute-Garonne) le 21 avril 1842 ; était en 1791 sous-lieutenant au régiment Royal-vaisseaux, arriva rapidement au grade de chef de brigade (25 prairial an IV). Après avoir été chef d’état major du général Grouchy il devint général de brigade le 17 pluviôse an VII, se distingua à la bataille de Novi, partit ensuite à Saint-Domingue où il prit d’assaut le fort Dauphin, fut nommé général de division et gouverneur du Cap le 27 frimaire an XII, revint en France et, après avoir commandé dans l’armée du Nord, fut mis en disponibilité. Plus tard il fut placé à la tête du 8e corps de l’armée d’Espagne, se battit à Astorga et à Sobral. Le 11 juin 1810, créé baron de l’Empire, il prit le commandement en chef de l’armée sur le champ de bataille des Arapiles, en remplacement de Marmont blessé, et fut assez heureux de sauver l’armée par une retraite habile. Devenu comte de l’Empire depuis 1813 par la volonté de Napoléon, il fut ensuite placé à la tête du corps d’observation des Pyrénées occidentales pendant les Cent-Jours, et, le 2 juin 1815, nommé pair de France ; puis, refusant d’arborer le drapeau blanc, il fut, au retour de Louis XVIII poursuivi, condamné à mort le 11 septembre 1816. Il réussit à s’embarquer pour l’Amérique et ne rentra en France qu’en vertu de l’amnistie du 20 juillet 1820. Le 26 mars 1829, élu député de l’opposition par le collège des Ardennes, il fit partie des 221 et fut réélu le 12 juillet de la même année. Après la Révolution de juillet 1830, Louis-Philippe le nomma commandant en chef de l’armée d’Afrique. Il devint maréchal de France le 30 juillet 1831, fut réélu député aux élections de 1834, de 1837 et de 1839, et mourut d’une attaque d’apoplexie pendant la législature.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL MAISON (1771-1840), COMTE D’EMPIRE

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Général Nicolas-Joseph Maison (1770-1840), comte d’Empire

Ses manoeuvres autour de Lille, dans la crise de 1814, avaient attiré mon attention et l’avaient gravé dans mon esprit.

(Napoléon Bonaparte)

Maison (Nicolas-Joseph, marquis). Officier général et législateur, né à Epinay (Seine), le 19 décembre 1771, de “Joseph Maison, bourgeois, et de Marie-Geneviève Ginard, sa femme”, mort à Paris le 13 février 1840 ; s’enrôla le 22 juillet 1792 dans un bataillon de volontaires ; était capitaine quand il se distingua, à Jemmapes, en reprenant à l’ennemi le drapeau du bataillon ; se battit à Fleurus et fut blessé à Maubeuge ; fut laissé pour mort sur le champ de bataille de Mons ; s’empara du pont de Limbourg et y fut grièvement blessé ; devint chef de bataillon, fit la campagne d’Allemagne en l’an IV et celle d’Italie en l’an V, fut blessé à Wurtzbourg, et promu adjudant général à la paix de Campo-Formio. Il partit à l’armée de Hollande et assista à la bataille de d’Alkmaïr, où il fut grièvement blessé, prit part à la campagne de 1805 et fut promu général de brigade après Austerlitz ; fit ensuite les campagne de Prusse et de Pologne, se distingua à Halle et à la prise de Lubeck, devint chef d’état major de son corps d’armée et assista à Friedland ; passa en Espagne avec le maréchal Victor et prit part, avec succès, à la victoire d’Espinosa ; puis fut créé baron de l’Empire le 2 juillet 1808. En 1812 il fut attaché au 2e corps de la Grande Armée, se distingua le 18 août à Polotzk et au passage de la Bérézina, et fut nommé général de division ; prit une part glorieuse aux batailles de Lutzen, de Bautzen et de Leipzig, où il fut encore blessé, puis fut créé comte de l’Empire le 14 août 1813. Pendant la campagne de France, Maison fut désigné pour commander l’armée du Nord et défendre la Belgique. Il battit les alliés à Courtray le jour même où Paris capitulait, dona son adhésion aux Bourbons, fut nommé grand cordon de Saint-Louis et de la Légion d’honneur, gouverneur de Paris, et pair de France, le 4 juin 1814, se refusa à servir Napoléon à son retour de l’île d’Elbe. A la chambre haute, il fut membre du conseil de guerre qui devait juger le maréchal Ney et se déclara pour l’incompétence, puis fut fait marquis le 13 aooût 1817. En 1828 il fut nommé commandant en chef de l’expédition de Morée et signa une convention avec Ibrahim-Pacha ; mais cette convention n’ayant pas été assez promptement exécutée, Maison s’empara de la citadelle de Navarin et du château de Morée. Le 22 février 1829, il reçut le baton de maréchal de France. En 1830, il se rallia à Louis-Philippe, fut nommé ministre mais céda son portefeuille le 16 novembre au général Sébastiani. Il fut ambassadeur à Vienne de 1831 à 1833, ensuite à Saint-Petersbourg, de 1833 à 1835, et, le 30 avril de la même année, il fut nommé ministre de la guerre, il le resta jusqu’au 6 septembre 1836, et continua à sièger dans la Chambre haute ; il mourut subitement.

(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)

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