10.31.07
LAZARE CARNOT (1753-1823), COMTE D’EMPIRE
Carnot était travailleur, sincère dans tout, sans intrigues, mais facile à tromper. Il montra toujours un grand courage moral. Il a été fidèle, probe, et toujours vrai.
Carnot (Lazare-Nicolas-Marguerite, comte), officier général, législateur et membre du Directoire, né à Nolay (côte d’Or), le 13 mai 1753, de “Claude Carnot, avocat et notaire, et de Marguerite Pothier”, mort à Magdebourg (Prusse), le 2 août 1823 ; fut admis le 1er janvier 1771, à l’école du génie de Mézières, et en sortit le 1er janvier 1774, lieutenant en premier, fut promu le 14 décembre 1783 capitaine à l’ancienneté, et admis le 10 mars 1787 membre de l’Académie d’Arras. En 1791, il fut nommé président de la société des Amis de la Constitution et le 31 août de la même année élu député du Pas-de-Calais à la Législative, eut un début assez pénible, et fut soupçonné de trahison pour avoir proposé la démolition de la citadelle d’Arras ; d’abord incompris, il dut s’expliquer : ” une citadelle est une monstruosité dans un pays libre, un repaire de tyrannie contre lequel doivent s’élever l’indignation des peuples et la colère des bons citoyens. Je demande la destruction de toutes les bastilles du royaume ; voilà les vérités que vous n’avez pas voulu entendre. Eh ! Comment aurai-je été appuyé ? Je suis militaire, je parle peu, et je ne veux être d’aucun parti.” Reconnaissant leur erreur, les membres de la Législative revinrent à carnot et le nommèrent successivement au comité diplomatique, au comité d’instruction publique, et au comité militaire. Le 31 juillet 1792, nommé commissaire avec Gasparin et Lacombe Saint-Michel pour l’organisation du camp de Chalôns ; il montra une très grande activité et il était chargé de former une nouvelle armée quand le 6 septembre 1792, il fut réélu, par le Pas-de-Calais, membre de la Convention ; il fut envoyé en mission sur la frontière d’Espagne pour y organiser la défense. De retour à la Convention, il vota “la mort” dans le procès du roi, fut un des cinq membres envoyés en mission près de Dumouriez pour y instruire sa conduite et eut la chance de ne pas être arrêté avec ses collègues, n’étant pas avec eux à ce moment. Il put écrire alors à la Convention le 6 avril : “Dumouriez est presque abandonné et sera bientôt seul…” la situation de notre frontière devient plus rassurante. Il put ajouter : “Ainsi, cette nouvelle trame n’aura servi, nous l’espérons, qu’à l’humiliation des traîtres et la République en aura tiré le plus grand de tous les avantages, si cet évènement peut enfin guérir les Français de leur idolâtrie pour les individus et le besoin de pouvoir admirer sans cesse.” Et grace aux dispositions de Carnot, les revers que nos armées avaient éprouvés au commencement de la campagne de 1793, se changèrent en victoires. Un conseil présidé par Carnot, arrêta les dispositions de la bataille de Wattignies, qui fut gagnée le 16 octobre 1793. Le 10 juillet de la même année, il fut nommé membre du Comité de Salut public et chargé spécialement du bureau de la guerre ; très laborieux il y travaillait seize heures par jour, et du fond de son cabinet, mettait en mouvement les quatorze armées de la République. Ses travaux d’organisation militaire ne l’empèchaient pas du reste de s’occuper en même temps des questions purement politiques, il devint en l’an II, président de la Convention. On lui doit, en grande partie, la réunion de la Belgique à la France. Il eut un moment des dissentiments avec son collègue du Comité de Salut public Robespierre et ne voulut jamais faire partie du club des Jacobins. Cependant la réaction thermidorienne voulut envelopper Carnot dans la chute de Robespierre, mais celui-ci objecta : “Un seul fait répondra, ce me semble, pour les prévenus : c’est que la France était aux abois lorsqu’ils sont entrés au Comité de Salut public et qu’elle était sauvée lorsqu’ils en sont sortis.” Carnot s’associa ensuite à la création de l’Ecole polytechnique, à la réorganisation de l’Ecole de Metz, à l’établissement du Conservatoire des arts et métiers et du Bureau des longitudes, du système uniforme des poids et mesures ; entra à l’Institut qu’il avait contribué à fonder en l’an III. Le 23 vendemiaire an IV il entra au Conseil des Anciens et fut nommé membre du Directoire exécutif. Les élections de l’an V ayant amené une majorité royaliste dans les deux conseils, trois des directeurs opinèrent pour un coup d’Etat. Carnot s’y étant opposé avec son collègue Barthélemy fut compris dans un arrêt de proscription après le 18 fructidor, il réussit à s’échapper et gagna la Suisse. Il fut déclaré déchu de ses fonctions de Directeur, de son siège de député et de celui de l’Institut. Après le 18 brumaire Bonaparte le nomma ministre de la guerre : il réorganisa l’administration militaire, fit transférer aux Invalides les cendres de Turenne, créa la Tour d’Auvergne premier grenadier de la République. Bonaparte ne tarda pas à prendre ombrage de Carnot et celui-ci donna sa démission de ministre le 13 vendemiaire an IX. Le Sénat l’ayant élut membre du Tribunat il fut, dans cette Assemblée, un des rares opposants à Bonaparte ; il combattit l’institution de la Légion d’honneur et le Consulat à vie ; et sur ce dernier point, quand on vint au vote Carnot écrivit sur le registre : “Dussé-je signer ma proscription, rien en saurait me forcer à déguiser mes sentiments. Non. CARNOT.” Et quand on vint au vote pour proclamer Bonaparte empereur, Carnot prononça les paroles suivantes : ” Quelques services qu’un citoyen ait pu rendre à sa patrie, il est des bornes que l”honneur autant que la raison imposent à la reconnaissance nationale. Si ce citoyen a restauré la liberté publique, sera-ce une récompense à lui offrir que le sacrifice de cette même liberté ? Le dépot de la liberté a été confié à Bonaparte ; il avait juré de la défendre. En tenant cette promesse, il eut rempli l’attente de la nation, il se fut couvert d’une gloire incomparable. Je vote contre la proposition.” Après la suppression du Tribunat, Carnot se retira à l’écart. La chute de 1814 vint le surprendre dans son domaine de Presles. Ayant appris la bataille de Bar-le-Duc, le 24 janvier, il écrivit à Bonaparte et lui offrit ses services. C’est alors qu’il fut chargé de la défense d’Anvers et sauta de grade en grade à celui de général de division, fit beaucoup de mal à l’ennemi dans sa défense et détruisit en grande partie leurs travaux. Après l’abdication de l’Empereur, Carnot adhéra aux actes du gouvernement provisoire et fut nommé inspecteur général du génie. Pendant les Cent-Jours, croyant à la sincérité de Napoléon, espérant voir les libertés rétablies en France il accepta le poste de ministre de l’intérieur et la dignité de pair de France, puis se laissa créer comte de l’Empire. Après avoir combattu le projet d’une seconde abdication, il proposa, le 20 juin 1815, dé déclarer la patrie en danger et d’appeler aux armes les gardes nationales de France. il fut nommé pour quelques jours, membre de la Commission provisoire, pour l’exercice du pouvoir exécutif. Au retour définitif des Bourbons, il dut s’expatrier en vertu de la loi sur les régicides, et alla se fixer à Magdebourg où il mourut en 1823.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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10.29.07
LOUIS DE FONTANES (1757-1821), COMTE D’EMPIRE
Homme d’esprit, mais petite tête… trop adulateur.
Fontanes (Jean-Pierre-Louis, baron de), inspecteur de manufactures, publisciste, professeur et législateur, né à Niort (Deux-Sèvres), le 6 mars 1757, de “Pierre-Marcelin Fontanes, inspecteur de manufactures, et de demoiselle Dominique-Jeanne-Baptiste-Raymonde de Sède”, mort à Paris le 17 mars 1821 ; débuta comme inspecteur de manufactures à Niort et aux Andelys, s’adonna à la littérature, traduisit en vers l’Essai sur l’homme, de Pope, l’Essai sur l’astronomie et l’Epitre sur l’édit en faveur des non catholiques. Dans les premiers temps de la Révolution, il écrivit un Poème sur la Fédération de 89, se montra hostile aux actes de la Convention et resta caché jusqu’au 9 thermidor à Servan, près de Lyon. En l’an IV, il obtint la chaire de professeur de littérature à l’Ecole centrale établie à l’ancien collège des Quatre-Nations, puis entra à l’Institut comme membre de la classe de littérature et beaux-arts, mais dut se dérober de nouveau, le 18 fructidor, à l’arrestation qui le menaçait à cause de sa collaboration au journal royaliste le Mémorial, il passa alors en Angleterre et fut très bien accueilli des émigrés, revint en France après le 18 brumaire, fit sa cour à la famille Bonaparte et entra, le 14 pluviôse an X, au Corps législatif, puis devint un admirateur du Premier Consul, fut fait membre de la Légion d’honneur le 4 frimaire an XII, et membre de l’Institut réorganisé en l’an XI, vit son mandat de député renouvelé le 18 février 1807, et fut placé le 17 mars 1808, à la tête de l’Université, comme grand maître. Le 3 juin de la même année il fut créé comte de l’Empire et entra au Sénat conservateur le 5 février 1810. Il vota en 1814, la déchéance de l’Empereur et le 3 mai, jour de l’entrée de Louis XVIII à Paris, adressa au roi un discours enthousiaste ; il en fut récompensé par un siège à la Chambre des pairs, il vota contre la peine de mort du maréchal Ney. Le 31 août 1817, il fut créé Marquis ; entra à l’Académie française en 1821 et mourut la même année. Le nom de Fontanes a été donné au lycée de Niort.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL BERTRAND (1773-1844), COMTE D’EMPIRE
J’ai dit que le général Bertrand était l’homme de la vertu, je n’ai rien dit de trop ; sa réputation est faite.
Bertrand (Henri-Gatien, comte), officier général et législateur, né à Chateauroux (Indre), le 28 mars 1773, de “Henri Bertrand, maître particulier des eaux et forêts au bailliage de Châteauroux et de Marie-Antoinette Boucher”, mort le 31 janvier 1844 ; entra dans l’armée sous la Révolution, débuta comme élève sous-lieutenant à l’école du génie (septembre 1793) et en sortit lieutenant (brumaire an III) ; partit en Egypte comme capitaine, fut fait chef de brigade (prairial an VIII) promu général de brigade le 19 fructidor de la même année, devint membre de la Légion d’honneur (frimaire an XII) et officier du même ordre, le 25 prairial suivant, prit part à la bataille d’Austerlitz, à celle de Friedland et prépara le passage du Danube, qui précéda la bataille de Wagram. Le 9 avril 1811, Bertrand fut nomé gouverneur géénral des Provinces illyriennes. En 1813, il se trouva à Leipzig, puis fut nommé grand-maréchal du Palais en remplacement de Duroc qui venait d’être tué quelques mois plus tôt. Il revint ensuite à Paris, fut nommé, le 16 janvier 1814 aide-major général de la garde nationale et de l’armée de Paris ; de retour de l’île d’Elbe avec l’Empereur, celui-ci le nomma pair de France. A l’avènement des Bourbons, Bertrand, fidèle quand même à Napoléon définitivement tombé, poussa le dévouement jusqu’à l’accompagner à Sainte-Hélène, et ne voulut pas le quitter. Le 7 mars 1816, il avait été condamné à mort par contumace. Après la mort de l’Empereur en 1821, il revint en France, et, par une ordonnance de Louis XVIII, fut réintégré dans tous ses grades, et se retira dans ses domaines de l’Indre. Après la Révolution de 1830, Bertrand fut élu député de l’opposition par l’arrondissement de Châteauroux. Il siégea au centre-gauche et vota pour la liberté de la presse. N’ayant pas été réélu en 1834, il renonça à la vie politique et mourut en 1844.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
Lien : Général Bertrand sur Wikipedia
10.17.07
LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL CLARKE (1765-1818), DUC DE FELTRE
Clarke avait la manie des parchemins ; il passait une partie de son temps, à Florence, à rechercher ma généalogie ; il s’occupait aussi beaucoup de la sienne, et était venu à bout de se persuader, je crois, qu’il était le parent de tout le faubourg Saint-Germain.
Clarke (Henri-Jacques-Guillaume, duc de Feltre et comte d’Hunebourg), officier général, ministre et législateur, né à Landrecies (Nord), le 17 octobre 1765, de “messire Thomas Clarke, capitaine aide-major du régiment irlandais de Bulkeley, et de dame Louise Shee”, mort à Neuwiller (Bas-Rhin), le 28 octobre 1818 ; entra à l’école militaire le 17 septembre 1781 et arriva de grade en grade chef d’escadron au 2e régiment de cavalerie, fut employé à l’armée du Rhin, se distingua au siège de Spire, et fut promu le 19 mai 1793, général de brigade. Destitué comme suspect, il ne recouvra son grade que le 11 ventôse an III, seconda habilement Carnot, ministre de la guerre, et fut fait général de division le 17 frimaire de la même année. Il fut ensuite envoyé comme ambassadeur près le roi d’Etrurie, rappelé en l’an XII, et nommé conseiller d’Etat. Le 9 ventôse an XII, il fut fait membre de la Légion d’honneur, et le 25 prairial suivant, commandeur du même ordre. Rappelé à l’activité, il fit la campagne d’Allemagne, se distingua à Ulm et Iéna et devint gouverneur de Berlin en novembre 1806 après l’avoir été de Vienne l’année précédente. Le 9 août 1807, il fut appelé au ministère de la guerre, poste qu’il occupa jusqu’au 3 avril 1814. Il avait été créé comte d’Hunebourg le 24 avril 1808, puis duc de Feltre le 15 août 1809. Il adhéra à la déchéance de l’Empereur en avril 1814, et la Restauration à laquelle il se rallia, le fit pair de France (4 juin 1814), redevint ministre de la guerre le 12 mars 1815. Il suvit Louis XVIII à Gand, revint en France avec les Bourbons, reprit le portefeuille de la guerre le 26 septembre et fut très rigoureux pour ses anciens compagnons d’armes, ce qui lui fut vivement reproché. Le 3 juillet 1816, il fut élevé au maréchalat.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
Lien : Général Clarke sur Wikipedia
10.16.07
LES AMIRAUX DE NAPOLEON – AMIRAL DUC DENIS DECRES (1761-1820)
Decrès est généralement détesté mais on a tort ; il a rendu de grands services à la marine. Il est très capable, homme d’esprit, beaucoup de caractère, et ennemi, en tout genre, des abus.
Decrès (Denis), amiral et ministre, né à Ville-sous-Anjou (Isère) le 18 juin 1761, mort à Paris le 7 décembre 1820 ; entra dans la marine en 1779, passa en février 1791 sur le Cybèle avec le grade de major, puis capitaine de vaisseau en janvier 1793, fut destitué comme noble, puis arrêté et conduit à Paris et relâché presque aussitôt, fut réintégré an l’an III et devint contre-amiral en l’an VI, prit part au combat d’Aboukir, parvint à se réfugier à Malte avec les débris de l’escadre ; reçut l’ordre de regagner la France avec le Guillaume Tell qui rapatriait les malades et soutint contre la flotte anglaise un glorieux combat et fut fait prisonnier. Rentré en France, Bonaparte lui fit don d’un sabre d’honneur et le nomma préfet maritime à Lorient. Le 9 vendemiaire an X, il fut nommé ministre de la marine, poste qu’il occupa jusqu’à la chute de l’Empire. Pendant les Cent-Jours il devint amiral et reprit son portefeuille de la marine, puis fut nommé pair de France (2 juin 1815). Il rentra dans la vie privée sous la Restauration, Decrès était grand officier de la Légion d’honneur depuis le 10 pluviôse an XIII, et avait été comte de l’Empire le 4 juillet 1808 et duc le 28 avril 1810.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire dur Dr Robinet)
Lien : Amiral Decrès sur Wikipedia
PIERRE DARU (1767-1829), COMTE D’EMPIRE
Un homme d’une rare capacité, mon meilleur administrateur… un boeuf au travail.
Daru (Pierre-Antoin-Noël-Bruno, comte), commissaire de guerres, législateur, et conseiller d’Etat et ministre, né à Montpellier (Hérault), le 12 janvier 1767, de “monsieur Noël Daru, avocat et premier secrétaire de l’intendance du Languedoc, et de dame Suzanne Periès”, mort à Paris le 5 septembre 1829 ; entra dans l’armée en 1783, et devint commissaire de guerres. Sous le gouvernement révolutionnaire, il fut arrêté comme suspect, enfermé à Rennes, puis à Orléans, il recouvra sa liberté après le 9 thermidor, devint chef de division au ministère de la guerre (an IV). Après le 18 brumaire, il fut nommé secrétaire général au ministère de la guerre, puis entra au Tribunat le 6 germinal an X, fut fait membre de la Légion d’honneur le 4 frimaire an XII, et commandeur du même ordre le 25 prairial suivant, devint conseiller d’Etat le 12 messidor an XII, et fut envoyé comme ministre de France à Berlin en 1806. Le 13 août de la même année il fut élu membre de l’Académie française, puis créé comte de l’Empire le 3 mai 1809, et nommé ministre secrétaire d’Etat en 1811. Du 20 novembre 1813 au 30 mai 1814, il fut ministre de la guerre, se rallia aux Bourbons qui le firent chevalier de Saint-Louis, et intendant général. Pendant les Cent-Jours il revint à l’Empereur et rentra au Conseil d’Etat le 5 mai 1819, puis fut nommé pair de France. on a de lui une Histoire de la Bretagne.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
Lien : Pierre Daru sur Wikipedia
10.10.07
LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL LECOURBE (1759-1815), COMTE D’EMPIRE
Très brave, il eût été un excellent maréchal de France ; il avait reçu de la nature toutes les qualités nécessaires pour être un excellent général.
Lecourbe (Claude-Jacques, comte), officier général et législateur, né à Besançon (Doubs), le 22 février 1759, de “Claude-Guillaume Courbe (sic), officier d’infanterie et de demoiselle Marie Valette”, mort à Belfort (Haut-Rhin) le 22 octobre 1815 ; fut élu, en 1789, commandant de la garde nationale de Ruffey ; devint, le 24 novembre 1791, chef de bataillon du Jura, fit la campagne de 1792 à l’armée du Rhin, puis passa à l’armée du Nord, se signala à Hondschoote et à Wattignies, fut envoyé en en frimaire an II, soupçonné d’hostilité au gouvernement et arrêté, puis traduit à Nantes devant une commission militaire qui l’acquitta ; il partit alors à l’armée de Moselle, se distingua à Fleurus, s’empara de Namur et occupa les environs de Nimègue. Le 25 prairial an III, il fut promu général de brigade, puis attaché à l’armée de Sambre-et-Meuse et à l’armée du Rhin, se fit remarquer aux batailles de Rastadt et de Néresheim, général de division le 17 pluviôse an VII, il fut blessé à l’affaire de Wasen. En messidor an VII, il occupa le massif du Saint-Gothard et de la Furea, à la tête de deux divisions, et parvint, dans les premiers jours de vendemiaire an VIII, à contenir avec 1.500 hommes Souvarov et 30.000 Russes près de Seedorf et, grâce à la contre-attaque qu’il exécuta du côté d’Altorf, il occupa la vallée de la Reuss et le canton de Glaris. Il eut, sous le général Moreau, le commandant de l’aile droite de son armée, forte de 40.000 hommes. Lecourbe força alors le passage du Rhin à Reutlingen le 9 floréal, se battit victorieusement à Engen et Moeskisch, s’empara de Memmingen, écrasa les Autrichiens de Klingin, et participa à la victoire d’Hochstedt. Inspecteur général d’infanterie le 5 thermidor an IX, il fut fait membre de la Légion d’honneur le 19 frimaire an XII, puis mis à la retraite le 14 fructidor de la même année, lors du procès de Moreau, et placé à Bourges sous la surveillance de la haute police. Lecourbe fut très lié avec Moreau et Pichegru et, à ce titre, il avait été initié aux projets de ces deux conspirateurs, mais il fut remis en activité à la rentrée des Bourbons comme inspecteur général d’infanterie dans les 6e et 18e divisions militaires, créé chevalier de Saint-Louis le 8 juin 1814, et grand officier de la légion d’honneur le 29 juillet. Au retour de l’île d’Elbe, Lecourbe refusa d’abord de se rallier à l’Empereur, mais s’offrit bientôt pour défendre la France menacée, reçut le commandement de la 18e division, puis du corps d’observation du Jura, fut nommé pair des Cent-Jours le 2 juin 1815 et créé comte de l’Empire. Il défendit les passages de la Suisse et de la Franche-Comté avec la plus grande valeur et n’arrêta les hostilités que quand il sut officiellement la rentrée de Louis XVIII à Paris. Il fut mis à la retrait sous la seconde Restauration.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
Lien : Général Lecourbe sur Wikipedia
LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL DROUET D’ERLON (1765-1844), COMTE D’EMPIRE
D’Erlon est un bon chef d’état-major, a de l’ordre, mais voilà tout.
Drouet (Jean-Baptiste, comte d’Erlon), maréchal de France et législateur, né à Reims (Marne), le 29 juillet 1765, de “Jean-Thierry Drouet et de Marie-Anne Pothé, mariés ensemble”, mort à Paris le 25 janvier 1844 ; entra dans l’armée en 1782 comme engagé volontaire au régiment du Beaujolais, devint en l’an II aide de camp du général Lefebvre et assista au siège de Valenciennes et de Condé ; passa sous les ordres de Hoche, à l’armée du Rhin et fut promu général de brigade le 7 thermidor an VII, se battit à Zurich et à Constance, se distingua à Hohenlinden, puis passa général de division le 8 fructidor an VIII, conclut et signa la capitulation de Dantzig et fut blessé à Friedland, fut fait grand officier de la Légion d’honneur le 29 mai 1807 et créé comte d’Erlon le 28 janvier 1809, partit en Espagne et battit les anglais commandés par le général Hill au col de Maya (22 juin 1811). Sous la Réstauration, il fut nommé commandant de la 16e division militaire et fait chevalier de Saint-Louis. Impliqué dans le complot de Lefebvre-Desnouettes, arrêté le 13 mars 1815 et bientôt remis en liberté. Pendant les Cent-Jours, l’Empereur le nomma pair de France et, après la chute définitive de ce dernier, Drouet d’Erlon se retira à Bayreuth où il tint une brasserie. L’amnistie de 1825 lui permit de rentrer en France. Sous Louis-Philippe il fut nommé pair de France (19 novembre 1831) et en 1834 envoyé comme gouverneur général des possessions françaises, dans le nord de l’Afrique. Le 9 avril 1843, il fut promu maréchal de France.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
Lien : Général Drouet d’Erlon sur Wikipedia
LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL MOUTON (1770-1838), COMTE DE LOBAU
Mon Mouton, c’est un lion.
Mouton (Georges, comte de Lobau), pair des Cent-Jours, député de Lunéville de 1828 à 1834 ; né à Phalsbourg (Meuthe) le 21 février 1770, mort à Paris le 27 novembre 1838 ; fils de monsieur Joseph Mouton, propriétaire et conseiller de l’hôtel de ville, et de Catherine Charpentier” ; s’engagea comme simple soldat en 1792 dan la Légion de la Meurthe, gagna ses premiers grades à l’armée du Rhin et suivit Championnet à l’armée d’Italie, où il fit la campagne de 1798-99. Il concourut, en 1800, sous Masséna, à la défense de Gênes, il y fut grièvement blessé. L’Empereur se l’attacha comme aide de camp et le fit général de brigade. Il le suivit en Pologne, fut encore blessé à Friedland et, après, nommé général de division. Il se distingua en Espagne en 1808, puis l’année se battit à Eckmühl, à Essling, et à Wagram, où il se signala à son ordinaire. Son titre de comte de Lobau en témoigne. Enfin il accompagna l’Empereur en Russie (1812). Mais il fut fait prisonnier en 1813, à Dresde, lors de la bataille de Leipzig. Il ne revint qu’en 1814, après la première abdication de Napoléon. Au retour de l’île d’Elbe, celui-ci le nomma pair de France. A Waterloo, Mouton, après des prodiges de valeur et de savoir militaire, fut fait une seconde fois prisonnier et conduit en Angleterre ; de là il passa en Belgique, comme exilé de France, et y resta jusqu’en 1818.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
Lien : Général Mouton sur Wikipedia
LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL EXELMANS (1775-1852), BARON D’EMPIRE
Je sais qu’on ne peut être plus brave que vous !
Exelmans (Henri-Joseph-Isidore, baron d’Empire), officier général et législateur, né à Bar-le-Duc (Meuse), le 12 novembre 1775, du “sieur Guillaume-Isidore Exelmans, négociant en cette ville et de demoiselle Françoise Belhomme”, mort à Saint-Cloud (Seine-et-Oise) le 10 juillet 1852 ; entra dans l’armée le 6 septembre 1791 comme volontaire dans le 3e bataillon de la Meuse, devint aide de camp du général Eblé (1er brumaire an VII). Il se disntingua en Italie au passage de l’Adda, à Castelnuovo et à Cremone, eut une part considérable à la prise de Naples, et devint le 3 thermidor an VII, aide de camp du général Broussier, chef d’escadron le 10 vendemiaire an XII, et membre de la Légion d’honneur ; se battit bravement le 16 vendemiaire an XIV, au combat de Wertingen, où il eut deux chevaux tués sous lui, fut fait officier de la Légion d’honneur le 27 vendémiaire et nommé le 6 nivôse, après Austerlitz, colonel du 1er régiment de chasseurs à cheval ; c’est à la tête de ce régiment qu’il se montra aux combats de Posen, et de Golymin, fut employé dans la campagne de Pologne, en 1807, sous les ordre du général Marulaz ; puis promu le 14 mars de la même année, général de brigade, se battit à Friedland, et passa en Espagne où il fut fait prisonnier de guerre, après la capitulation de Baylen ; il obtint sa mise en liberté et alla à la cour de Murat, qui lui conféra la charge de grand maréchal du palais, revint en France, et fut créé baron de l’Empire le 13 mars 1812. Le 6 septembre, la veille de la bataille de la Moskowa, Exelmans fut promu général de division. Pendant la retraite de Russie, il se fit remarquer par son intrépidité, fut bléssé à Vilna, revint en France et dans la guerre de l’intérieur, il concourut à la défense de Châlons-sur-Marne et de Vitry, montra beaucoup de valeur à Craonne, contribua à la prise de Reims. La Restauration le nomma comte, il fut fait chevalier de Saint-Louis. Peu de temps après, une lettre qu’il écrivait à Murat, fut saisie par la police ; il fut enjoint de quitter Paris dans les vingt-quatre heures et de se retirer à Bars-sur-Ornans, mais refusa d’obéir. L’ordre fut donné immédiatement de se saisir du général et de le traduire devant un conseil de guerre pour avoir entretenu une correspondance avec l’ennemi ; il s’agissait bien entendu de Murat qui n’était pas encore reconnu roi par les puissances. Exelmans fut, en conséquence, accusé d’espionnage, d’offense envers le roi, etc. Il se constitua prisonnier dans la citadelle de Lille, le 14 janvier 1815, et le 23 janvier passa devant le tribunal militaire présidé par le général Drouet d’Erlon, et à l’unanimité fut acquitté. Pendant les Cent-Jours, il fut créé pair de France, le 2 juin 1815, commanda une division de cavalerie à Fleurus, et le 16 juin prit part au combat de Ligny ; fut entraîné dans la fausse marche de Grouchy, et, à la suite de la retraite de l’armée, sous les murs de Paris, Exelmans vint prendre position à Versailles avec la cavalerie de l’aile gauche et battit les Prussiens à Rocquencourt. Paris ayant capitulé, il fut obligé de se retirer sous la Loire et se rendit à Clermont jusqu’au licenciement. Compris dans l’ordonnance du 24 juillet 1815, il reçut l’ordre des Bourbons de quitter la France, se fixa à Bruxelles, puis à Liège et dans le grand-duché de Nassau. En vertu de l’amnistie de 1823, il put rentrer en France où il resta à l’écart jusqu’en 1830. Louis-Philippe le fit entrer à la Chambre des pairs le 19 novembre 1831. Lors du procès du National, journal républicain que défendait Armand Carrel, il manifesta en pleine cour des pairs ses sentiments contre la condamnation du maréchal Ney, en s’écriant : “Je suis de l’avis de M. Carrel ; c’est un abominable assassinat.” En 1849, le 15 août, le président Louis Bonaparte nomma le général Exelmans grand chancelier de la Légion d ‘honneur, et, par décret du 10 mars 1851, lui octroya le bâton de maréchal de France ; entra, par conséquent, de droit au Sénat du Second Empire, le 26 janvier 1852.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL RAPP (1773-1821), COMTE D’EMPIRE
Le général de division comte Rapp a eu un cheval tué sous lui ; l’intrépidité dont ce général a donné tant de preuves se montre dans toutes les occasions.
Rapp (Jean, comte), officier général, législateur, né à Colmar (Haut-Rhin) le 27 avril 1773, mort à Rhénewillers (Haut-Rhin), le 8 novembre 1821 ; fils de “sieur Jean Rapp, bourgeois négociant de ce lieu, et de dame Catherine Salomé d’Edighoffein” ; chef d’escadron le 16 vendemiaire an VII, général de brigade le fructidor an XI, général de division en 1805, se distingua à Austerlitz, gouverneur de Dantzig en 1807, comte de l’Empire après Wagram en 1809, grand officier de la Légion d’honneur en 1811, s’illustra tout particulièrement pendant la retraite de Russie en 1812, fut pair des Cent-Jours, mais aussi fait chevalier de Saint-Louis par Louis XVIII en 1815. L’un des bons généraux de Napoléon.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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LES GENERAUX DE NAPOLEON – GENERAL MOREAU (1763-1813)

Il était supérieur pour commander une forte division ou un de mes corps d’armées, mais pour bien commander en chef il faut être un autre homme que lui.
Moreau (Jean-Victor), officier général né à Morlaix (Finistère) le 11 août 1763, mort le 2 septembre 1813 ; son père était avocat dans cette ville et sa famille fort estimée. Destiné au barreau, il fit de fortes études générales et spéciales et montra dès sa première jeunesse les grandes qualités qu’il déploya dans le reste de sa carrière. En 1790, il fut choisi et nommé commandant du bataillon de volontaires qui s’était formé dans le département du Morbihan, et se rendit avec ce corps, à l’ armée du Nord. Il s’adonna aussitôt à la théorie et à la pratique de l’art de la guerre ; c’est ainsi qu’il devint un des meilleurs tacticiens de l’Europe. Il donna, avec son bataillon, une adhésion entière au 10 août, et, un mois après, en septembre 1792, à la République. Il fut ébranlé dans ses dispositions politiques par la chute des Girondins, par le triomphe des Montagnards, et il montra de l’hésitation pour la Constitution de 1793. Mais la réputation de son bataillon avait attiré sur lui l’attention du général en chef, Pichegru, qui résolut de se l’attacher ; telle fut l’origine de leur liaison. Moreau fut nommé général de brigade à la fin de 1793, et général de division le 14 avril 1794. Il commença aussitôt en Belgique, une campagne brillante qui aboutit, dans l’hiver de 1795, à la conquête de la Hollande et de tous les Pays-Bas. A la retraite de Pichegru, Moreau fut nommé général en chef de l’ armée du Rhin-et-Moselle, et fit la célèbre campagne de 1796, qui affranchit le Rhin et nous ouvrit le coeur de l’Allemagne. Il y avait pénétré à plus de deux cents lieues ; mais apprenant que les les armées du Nord et de Sambre-et-Meuse, qui devaient converger vers lui, étaient battues et rétrogadaient, il opéra une merveilleuse retraite, ne se laissant pas entamer et faisant subir des pertes considérables à l’ennemi. Il eut à lutter, dans cete guerre acharnée, avec le prince Charles, commandant toutes les forces germaniques ; il y fut secondé par Desaix, Férino, Jourdan, Hoche, etc. Mais ces hauts succès militaires, arrêtés tout au moins par les préliminaires de paix que le général Bonaparte avait assez irrégulièrement ouverts à Léoben, le 27 avril 1797, ne permirent point à Moreau d’en obtenir le résultat. C’est vers ce temps que l’interception d’une correspondance de Pichegru lui apprit la trahison de ce général, sur lequel il avait déjà des soupçons ; il l’a communiqua, tardivement a-t-on dit, au Directoire (fructidor an V, septembre 1797). Il tomba en disgrâce et demanda sa retraite. Elle ne fut pas de longue durée. La France était toujours menacée par la coalition ; on avait besoin d’hommes de valeur pour tenir tête à tant d’ennemis. Moreau et Kléber furent rappelés : le premier alla reprendre en Italie la place de Schérer, qui se trouvait dans une position désespérée. Il resta dans cette situation subordonnée jusqu’à l’arrivée de Joubert, mais après la mort de ce général, à la suite de la douloureuse bataille de Novi, il reprit le commandant en chef jusqu’au jour où il reçut le commandement de l’armée du Rhin. Ce fut à ce moment qu’il fit la connaisance de Bonaparte, qui en fit son allié. Moreau l’aida à exécuter le 18 brumaire. Le 25 avril 1800, il était à la tête de son armée, battant chaque jour les Autrichiens, jusqu’à la journée de Hohenlinden ; cette victoire célèbre lui donnait la clef de leur capitale, juste au moment où la paix était conclue, en 1801. Moreau avait goûté les enivrements de la victoire, sans en avoir aucun des résultats ; il revint à Paris, et eut le malheur d’épouser une femme ambitieuse qui domina son caractère et accrut l’amertume de ses griefs. La déférence qu’il avait pour Bonaparte fit bientôt place au plus profond éloignement : il refusa la décoration de la Légion d’honneur, et sa maison fut bientôt désignée sous le nom de “Club Moreau”. On y flagellait la “Cour Bonaparte”. Le futur Empereur affecta de prendre patience, mais son rival, bientôt accusé de complicité avec Pichegru et les partisans de Louis XVIII, fu poursuivi et condamné à deux ans de détention ! En 1804, il obtient sa grâce et passa en Espagne ; en 1805, il arrivait aux Etats-Unis. Il y vécut paisiblement jusqu’en 1813 ; mais à ce moment l’Empereur de Russie, Alexandre, lui fit de brillantes propositions, ayant pour but de renverser Napoléon ; il se rendit immédiatement à Prague, et, en présence des souverains alliés, avec le futur roi de Suède, Bernadotte, son ancien compagnon d’armes, il élabora le plan des campagne de 1813 et 1814. Il fut bléssé mortellement lors de l’exécution de ce plan, le 27 août 1813, par un boulet français, à la bataille de Dresde, aux côtés de l’empereur de Russie ; il ne succomba que le 2 septembre. Sa femme, qui fut la cause de la malheureuse détermination qui lui coûta la vie et l’honneur, reçut une dotation de la Russie, Lousi XVIII en fit autant, en y ajoutant le titre honorifique de “Maréchale”.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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10.09.07
GENERAL JEAN-CHARLES PICHEGRU (1761-1804)
Avant de commettre une faute, il a honnêtement servi son pays. Je n’ai pas besoin de son sang.
Pichegru (Jean-Charles), général, député du Jura au Conseil des Cinq-Cents, élu le 23 germinal an V ; né à Arbois (Jura), le 16 février 1761, mort à Paris, le 5 avril 1804, ; fils de “Pierre Pichegru et de Françoise Roumain, cultivateurs” ; fit ses études chez les Minimes d’Artois, où il montra de grandes dispositions pour les mathématiques ; à l’âge de 18 ans, il fut envoyé par sa congrégation au collège de Brienne, comme maître répétiteur de quartier. Quoique destiné à rester dans les ordres, suivant les conseils de son ancien maître le Père Patrault, il jeta le froc, et, en 1783, s’engagea dans le 1er régiment d’artillerie à pied ; il franchit rapidement tous les grades jusqu’à celui d’adjudant, et allait être nommé officier lorsque la Révolution éclata ; enthousiasmé du nouvel ordre des choses, il en adopta les principes, présida le club démocratique de Besançon ; puis, à la tête d’un bataillon de volontaires du Gard qui l’avait choisi pour commandant, il alla rejoindre l’armée du Rhin. En 1792, employé à l’état-major de cette armée, il arriva promptement au grade de général de brigade, à celui de général de division le 4 octobre 1793 ; peu de temps après il était nommé général en chef de son corps d’armée. Par sa tactique et son habileté, il fut désigné, le 7 février 1794, au commandement de l’ armée du Nord, qui s’empara promptement de Cassel, Courtrai, Menin, Hooglède, Bruges, Gand, Anvers, Bois-le-Duc, Venloo, Nimègues ; le 27 décembre, il alla prendre l’île de Bommel ; le 19 janvier 1795 il entrait victorieusement dans Amsterdam, et bientôt ses troupes occupaient la Zélande, le Brabant et La Haye. Envoyé à l’Armée du Rhin, il eut l’indignité d’écouter les propositions des agents du prince de Condé, qui lui firent de promesses pompeuses, qui le grisèrent d’ambition : il commençait à laisser les Autrichiens remporter quelques succès sur nos armes, lorsque le Directoire soupçonnant sa conduite, le remplaça par Moreau en 1796. L’année suivante, élu au conseil des Cinq-Cents, il en devient président en même temps que l’âme du parti contre-révolutionnaire. Au 18 fructidor il fut déporté avec ses partisans à Sinnamary, dont ils ‘évada. Il se rendit à Londres et en Allemagne où il conspirait la chute de la république. A la demande du Premier Consul, il fut expulsé de Prusse, revint à Londres, se lia avec Georges Cadoudal et devint le chef d’une conspiration ayant pour but l’assassinat du Premier Consul ; en 1804, il arriva secrètement à Paris avec Georges ; dénoncé par un ami, il fut arrêté, conduit à la prison du Temple, et au moment où le procès devait avoir lieu devant la cour, on le trouva étranglé dans sa chambre. On accusa Bonaparte de ce crime, il s’en défendit : la justice n’aurait pu prononcer que sa mort. Le gouvernement de la Restauration lui éleva une statue à Besançon, que le peuple brisa en morceaux à la Révolution de 1830.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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GEORGES CADOUDAL (1771-1804)
“Nous avons fait plus que ce que nous voulions ; nous voulions faire un roi, nous avons fait un Empereur.”
(Suite à la proclamation de l’Empire le 18 mai 1804)
Cadoudal (Georges), chef de chouans, né à Kerléano (Morbihan), le 1er janvier 1771, de “Louis Cadoudal, cultivateur, et de Marie-Jeanne Le Bayon”, mort à Paris le 25 juin 1804 ; prit dès le début de la Révolution une part active dans l’insurrection vendéenne. Nommé capitaine de cavalerie dans le corps de Stofflet, il continua de conspirer, fut enfermé à Brest et parvint à s’en échapper, puis rentra dans les rangs des insurgés de la chouannerie, prit part à l’échauffourée de Quiberon, devint le chef avéré des chouans, fut battu à la bataille de Pont-de-Loch, se décida à traiter de la paix, eut une entrevue avec Brune et signa la convention pour les trois départements du Morbihan, des Côtes-du-Nord et du Finistère. Il fut le promoteur de la machine infernale, entra dans une nouvelle conspiration avec le comte d’Artois et le général Pichegru et débarqua, le 3 fructidor an XI, sur la falaise de Béville, se tint caché pendant sept mois, fut découvert au Luxembourg par plusieurs agents. Cadoudal en tua un, d’un coup de pistolet, et la foule vint au secours des agents ; il put être pris et garrotté, fut conduit à la préfecture de police où on le transféra au Temple. Dans son procès il eut le courage d’affirmer qu’il était venu en France pour y changer la forme du gouvernement. Il fut condamné à mort et exécuté.
(Dictionnaire sur la Révolution et l’Empire su Dr Robinet)
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LOUIS-ANTOINE-HENRI DE BOURBON (1772-1804), DUC D’ENGHIEN
Assurément, si j’eusse été instruit à temps de certaines particularités concernant les opinions et le naturel du duc d’Enghien, et surtout si j’avais vu la lettre qu’il m’écrivit et que Talleyrand me remit que quand il n’était plus, bien certainement j’eusse pardonné.
Enghien (Louis-Antoine-Henri de Bourbon, duc d’), prince français de la branche de Condé, né à Chantilly (Oise), le 2 août 1772, de “Henry-Louis-joseph de Bourbon et Louise-marie-Thérèse-Mathilde d’Orléans”, fusillé à Vincennes, le 21 mars 1804 ; partit de France avec ses parents en 1789, en émigration et prit, en 1792, les armes contre la République française. Il se retira en l’an IX au château d’Ettenheim situé dans le grand-duché de Bade et, le 24 ventôse an XII (15 mars 1804), par ordre personnel de Bonaparte, le duc d’Enghien fut arrêté dans son lit, à 5 heures du matin, par le général Ordener, accompagné d’une escorte de 300 hommes du 26e dragons, puis transféré à Strasbourg où l’on l’enferma pendant deux jours dans la citadelle et, le 18, parti de nuit, en poste, pour le château de Vincennes où il arriva le 20, à 9 heures du soir. Une commission militaire, composée d’un général de brigade président, de six colonels, d’un capitaine rapporteur et d’un capitaine greffier, se transporta à Vincennes. Cette commission était chargée de juger le duc d’Enghien prévenu “d’avoir porté les armes contre la République ; d’avoir été et être encore à la solde de l’Angleterre ; de faire partie des complots tramés par cette dernière puissance contre la sûreté intérieure et extérieure de la République. Il fut condamné à être fusillé. Ayant manifesté l’intention, avant l’exécution du jugement, d’avoir une entrevue avec Bonaparte : “Je demande, dit-il, une audience au Premier Consul ; mon nom, mon rang, ma façon de penser et l’hourreur de ma situation me font espérer qu’il ne se refusera pas à ma demande. cette entrevue ne lui fut pas accordée ; il fut averti par le président de la commission militaire que son jugement était sans appel. Vers les 4 heures du matin, il fut fusillé dans les fossés de Vincennes.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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10.08.07
FRANCOIS-AUGUSTE-RENE DE CHATEAUBRIAND (1768-1848)
Tout ce qui est grand et national doit convenir au génie de Chateaubriand. Je n’ai point de reproches à lui faire. Il m’a resisté dans ma puissance.
Chateaubriand (François-Auguste-René de), publiciste, législateur, ambassadeur et ministre, né à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), le 4 septembre 1768, d’ “Auguste de Chateaubriand, seigneur de Combourg, et de Jeanne-Suzanne Bédée”, mort à Paris le 4 juillet 1848 ; servit un instant dans l’armée comme sous-lieutenant au régiment de Navarre (1786), partit en Amérique en 1790, pour faire un voyage d’exploration et revint en France en janvier 1792, puis émigra le 15 juillet de la même année, s’engagea dans le groupe des émigrés chargé d’assièger Thionville, y fut grièvement blessé et gagna Jersey, puis Londres (1793) où il vécut très pauvrement, publia dans cette ville, en l’an V, son Essai sur les révolutions, et commença son fameux ouvrage : Le Génie du Christianisme. En l’an VIII, il revint à Paris avec un passeport suisse sous le faux nom de Lassaigne et l’année suivante, fut nommé par Bonaparte, premier secrétaire d’ambassade à Rome, et en novembre, ministre de France dans le Valais, puis envoya sa démission le 30 ventôse an XII, le soir même de l’assassinat du duc d’Enghien. Voulant visiter la Terre sainte, il s’embarqua en 1806 à Trieste et parcourut la Grèce, l’Asie Mineure, la côte d’Afrique et l’Espagne. L’Empereur qui ne lui pardonnait pas sa démission de l’an XII, le fit porter sur la liste des émigrés. En 1809 il publia Les Martyrs et en 1811 l’Itinéraire de Paris à Jérusalem. Au retour des Bourbons il publia : De Buonaparte et des Bourbons, pamphlet qui fit dire à Louis XVIII qu’il valut aux Bourbons une armée. Quand Napoléon revint de l’île d’Elbe, Chateaubriand accompagne Louis XVIII à Gand avec le titre de ministre d’Etat. Le 17 août 1815, il fut nommé pair de France, vota la mort du maréchal Ney, fit une opposition très anodine au ministère royaliste. Lors de la constitution du cabinet Villèle, il fut envoyé à Berlin d’abord, puis à Londre et, le 28 novembre 1822, il fut nommé ministre des affaires étrangères, poste qu’il ne conserva que très peu de temps par suite de l’espèce de condescendance qu’il montra vis-à-vis de l’opposition. Louis XVIII le prit en haine et il lui fallut céder ; il donna sa démission. Il entra alors au Journal des Débats et engagea une lutte implacable contre le ministère Villèle, qu’il parvint à renverser au bout de trois ans. Le nouveau ministère Martignac, le jugeant très dangereux, l’envoya comme ambassadeur à Rome, mais l’avènement au pouvoir de Polignac lui fit donner sa démission. Il s’était retiré à Dieppe, et, quand parurent les Ordonnances, il vint aussitôt à Paris et, au moment où il franchissait les barricades pour aller à la Chambre des pairs, il fut reconnu et porté en triomphe par les vainqueurs de Juillet aux cris de : Vive le défenseur de la liberté de la presse. Quelques jours plus tard, au sein de la Chambre des pairs, Chateaubriand fit un discours en faveur du duc de Bordeaux, et quitta la Chambre en refusant de préter serment à Louis-Philippe. Il ne cessa de combattre avec opiniâtreté ce qu’il appelait “Le pot-au-feu d’une monarchie domestique”. Dans son ouvrage : De la Restauration et de la Monarchie élective” il se déclarait “Bourbonien par honneur, royaliste par raison et par conviction, républicain par goût et par caractère”. Il fut en 1832, emprisonné pour avoir écrit à la duchesse de Berry : “Madame, votre fils est mon roi”. Défendu par Berryer, il fut acquitté. Ce fut sa fin politique : il ne se livra plus ensuite qu’à la littérature et publia succéssivement : Mémoires d’outre-tombe ; un Essai sur la littérature anglaise ; une traduction du Paradis perdu de Milton. On lui a élevé dans son pays natal, à Saint-Malo, une statue en 1864.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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BENJAMIN-HENRI CONSTANT DE LA REBECQUE (1767-1830)
Comme homme d’esprit, écrivain, il fallait qu’il écrive, qu’il accuse. Il était l’amant de Madame de Staël qui eût aimé me culbuter. Il avait été fort partisan du 18 Fructidor et du 18 Brumaire. Constant avait toujours été désireux de se rapprocher de moi sous l’Empire.
Constant (Benjamin-Henri), publiciste, législateur, et conseiller d’Etat, né à Lausanne (Suisse), le 25 octobre 1767, de “M. Juste Constant, citoyen de Lausanne, et de dame Henrielle de Chaudieu” ; mort à Paris le 8 décembre 1830, vint se fixer à Paris, entra en relation avec le parti républicain, et fit l’apologie du Directoire dans une brochure Sur la force du gouvernement actuel de la France, écrivit à Barras pour le féliciter d’avoir sauvé la république le 18 fructidor, publia un nouvel écrit : Des réactions politique et Des effets de la Terreur, devint ensuite l’orateur du Cercle constitutionnel de la rue de Lille, opposé au club de Clichy, puis fut nommé, en nivôse an VIII, membre du Tribunat ; fut un des plus ardents de l’oppostion indépendante, parla en faveur du jury. Son indépendance le fit éliminer de cette Assemblée en l’an X. Par ordre de Bonaparte, il fut banni de France et se retira d’abord en Allemagne, résida principalement à Weimar où il se lia avec Schiller et Goethe. A quelques temps de là, il lui fut permis de rentrer en France, mais il préfera, après un court séjour, se fixer à Coppet, chez Mme de Staël, entra en relation avec Bernadotte, roi de Suède, et fut décoré par lui de l’Etoile polaire. Après le retour des Bourbons en 1814, il rentra en France. Quand l’Empereur revint de l’île d’Elbe, Benjamin Constant fut pris de colère et traita Bonaparte “d’Atilla, de Gengis Kan, plus terrible, plus odieux encore” ; mais singulier retour des choses d’ici-bas, parti pour Nantes avec le dessein de gagner les Etats-Unis, il réfléchit, et, au bout de huit jours, revint à Paris, et le surlendemain de son arrivée (14 avril 1815), l’Empereur le fit appeler près de lui pour lui demander un projet de Constitution. Il sortit de cette entrevue absolument gagné à la cause impériale et fut nommé, le 20 avril, conseiller d’Etat ; ce fut lui qui rédigea entre autres, l’article 26 de l’Acte additionnel aux constitutions de l’Empire. Après Waterloo, Benjamin Constant se rendit en Angleterre, et ne revint en France qu’en 1816, lança contre les ultra-royalistes son livre : Des moyens de rallier les partis en France, collabora au Mercure, et fut un des principaux fondateurs de la Minerve. Le 25 mars 1819, élu député de l’opposition par le collège de la Sarthe, il parla en faveur de la liberté de la presse et contre les lois d’exception, fut réélu en 1824, dans le IVe arrondissement de Paris, et en 1827, à Paris et Strasbourg ; continua à siéger dans l’opposition, prit la parole contre les lois de tendance, de sacrilège, de droit d’ainesse, de justice et d’amour, et dans tous les débats importants. Il fut des 221 et obtint sa réélection le 23 juin 1830. Après les journées de juillet, il accepta de Louis-Philippe un don de 300.000 francs, fut appelé à la présidence du Conseil d’Etat, et mourut peu de temps après.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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10.04.07
PIERRE-SIMON LAPLACE (1749-1827), COMTE D’EMPIRE
Géomètre de première catégorie, Laplace n’a pas tardé à se montrer un administrateur plus que médiocre ; de son premier travail nous avons immédiatement compris que nous nous étions trompés. Laplace ne traitait aucune question d’un bon point de vue : il cherchait des subtilités de partout, il avait seulement des idées problématiques et enfin il portait l’esprit de l’infiniment petit jusque dans l’administration.
Laplace (Pierre-Simon, marquis de), professeur, membre de l’Institut, législateur et ministre, né à Beaumont-en-Auge (Calvados), le 23 mars 1749, de “Pierre Laplace et de Marie-Anne Sochon”, mort à Paris le 5 mars 1827 ; débuta comme professeur de mathématiques à l’Ecole Militaire ; fut admis à l’Académie des sciences en 1773, comme membre adjoint, et comme titualire en 1785 ; devint, sous la Révolution, en l’an II, professeur d’analyse aux écoles normales, puis membre et président du bureau des Longitudes ; était à cette époque très ardent républicain et adversaire de la dictature ; mais au 18 brumaire, il n’hésita cependant pas à se rallier à Bonaparte et fut nommé, le 3 nivôse an VIII, membre du Sénat conservateur, puis remplit pendant quelques jours, le poste de ministre de l’Intérieur, mais fut vite remplacé par Lucien Bonaparte ; devint vice-président du Sénat et chancelier en l’an XI, fut fait membre de la Légion d’honneur le 19 vendemiaire an XII, grand officier le 25 prairial suivant, créé comte de l’Empire le 24 avril 1808 et vota, en avril 1814, la déchéance de l’Empereur. Louis XVIII, reconnaissant, le nomma pair de France, le 4 juin 1814. Le Marquis de Laplace se tint à l’écart pendant les Cent-Jours ; reprit, sous la seconde Restauration, son siège à la Chambre haute, vota la mort du maréchal Ney, entra à l’Académie des sciences à sa réorganisation, en 1816, devint membre de l’Académie française. On a de lui : Exposition du système du monde ; Théorie analytique des probabilités, etc.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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CHARLES-FRANCOIS LEBRUN (1739-1824), ARCHITRESORIER DE L’EMPIRE, DUC DE PLAISANCE
Naturellement dissimulé, inobligeant, dur et sans affection, dévoré d’ambition.
Lebrun (Charles-François, duc de Plaisance), avocat, inspecteur général des domaines, publiciste et législateur, né à Saint-Sauveur-Lendelin (Manche), le 19 mars 1739, de “M. Paul Lebrun, et de Louise Lecrosnier”, mort à Saint-Mesme (Seine-et-Oise) le 16 juin 1824 ; était avocat quand il devint censeur royal sous Maupéou, fut précepteur du fils de ce dernier et grâce à sa protection Lebrun fut nommé inspecteur général des domaines de la couronne, puis se livra à la culture des lettres de 1774 à 1789. Elu, le 29 mars 1789, député du Tiers aux Etats généraux par le bailliage de Dourdan, il vota presque toujours avec le côté gauche de cette assemblée et, à l’expiration de son mandat, devint président du directoire de Seine-et-Oise, puis donna sa démission au 10 août 1792, devint suspect, fut enfermé à Versailles et ne fut véritablement libre qu’après le 9 thermidor. Le 27 vendemiaire an VI, il fut élu par la Seine-et-Oise député au Conseil des Anciens, et vit son mandat renouvelé le 25 germinal an VII, s’abstint de prendre part directement à l’évènement du 18 brumaire, mais malgré cette abstention, il fut nommé membre de la commission intermédiaire des Anciens, puis le 22 frimaire an VIII, troisième consul et comme il avait de nombreuses relations dans le monde de l’ancienne noblesse, le futur Louis XVIII essaya par l’entremise de Mme de Pracomtal, de le gagner à la cause royaliste. Lebrun mit fin aux espérances du comte de Provence en lui disant, le 20 fructidor an VIII, dans une lettre directe : “C’est pour aider à sauver la patrie que j’ai accepté la place que j’occupe ; mais il faut vous le dire, et je vous crois le courage de l’entendre ; ce n’est pas en lui donnant un roi qu’on peut la sauver aujourd’hui.” Le 28 floréal an XII, à l’avènement de l’Empire, il fut nommé architrésorier et grand cordon de la Légion d’honneur le 10 pluviôse an XIII. Lebrun, quoique dévoué à Bonaparte, montra, vis-à-vis de lui, une certaine indépendance et bien qu’il eut accepté, le 19 mars 1808, le titre de duc de Plaisance, il fit tous ses efforts pour qu’il ne créât pas une nouvelle noblesse. En 1805, il fut nommé gouverneur général du territoire de la République de Gênes. Après l’abdication du roi Louis de Hollande, en 1810, Lebrun fut chargé d’une mission extraordinaire dans ce pays et partit, avec le titre de lieutenant général de l’Empereur, pour y organise tous les services publics. En quinze mois, il vint à bout de cette tâche, et y resta avec le titre de gouverneur général. L’année suivante, les alliés envahirent la Hollande et une insurrection éclata à Amsterdam, Lebrun dut lors abandonner son poste, mais dignement et en plein jour. Sous la première Restauration en 1814, il resta fidèle à Napoléon, mais après l’abdication de ce dernier, il accepta de Louis XVIII la dignité de pair de France (4 juin 1814). Au retour de l’île d’Elbe, il fut nommé grand maître de l’Université et pair des Cent-Jours (2 juin 1815) ; Louis XVIII, revenu de Gand, le priva de ses dignités, mais par un décret du 5 mars 1819, il put sièger de nouveau dans la Chambre haute. Il se retira peu de temps a près à Saint-Mesme où il mourut. Il était membre de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres depuis l’an XI. On a de lui : Jérusalem délivrée ; La Voix du citoyen ; l’Odyssée d’Homère, etc.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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MARTIN-MICHEL-CHARLES GAUDIN (1756-1841), DUC DE GAETE
C’est un homme tout d’une pièce, et c’est une forteresse inattaquable pour la corruption. Je me suis toujours applaudi de son concours, et je lui porte une amitié que je me plais à rappeler.
Gaudin (Martin-Michel-Charles, duc de Gaète), ministre et législateur, né à Saint-Denis (Seine), le 18 janvier 1756, de “maître Charles Gaudin, avocat en parlement, et de dame Louise-Suzanne Ragot”, mort à Paris le 5 novembre 1841 ; fut nommé en 1791, commissaire de la trésorerie, poste qu’il conserva jusqu’en l’an III, devint directeur des postes en floréal an VI, mai fut nommé, après le 18 brumaire, ministre des finances ; fit beaucoup de réformes, entre autres créa la Banque de France, fut fait membre de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII et grand officier le 25 prairial suivant. Le 26 avril 1808, il fut créé comte de l’Empire, le 15 août 1809 duc de Gaète et tomba avec l’Empire le 30 mars 1814. Pendant les Cent-Jours il redevint ministre des finances et fut nommé pair de France. Au retour des Bourbons, Gaudin resta fidèle à Napoléon. Le 22 août 1815, il fut élu par le collège électoral de l’Aisne puis réélu en 1816. En 1820, il fut nommé gouverneur de la Banque de France, poste qu’il garda jusqu’en 1834. On a de lui : Mémoires, souvenirs et opinions de M. Gaudin, duc de Gaëte ; notice historique sur les finances de la France depuis 1800 jusqu’au 1er avril 1814.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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FRANCOIS-NICOLAS MOLLIEN (1758-1850), COMTE D’EMPIRE
Mollien avait ramené le trésor public à une simple maison de banque, si bien que, dans un seul petit cahier, j’avais constamment sous les yeux l’état complet de mes affaires : ma recette, ma dépense, mes arriérés, mes ressources.
Mollien (François-Nicolas, comte de), pair des Cent-Jours et pair de France, né à Rouen (Seine-Inférieure) le 28 février 1758 ; mort à Paris le 20 avril 1850 ; fils de “Jacques-Robert Mollien, marchand et de Marie-Anne Cotelle” ; conseiller d’Etat en 1804, ministre du Trésor sous le gouvernement impérial en 1806 jussqu’en 1815. L’Empereur Napoléon III en souvenir des services éminents qu’il avait rendu à son oncle, donna son nom à l’un des pavillons du nouveau Louvre.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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10.03.07
BERNARD-HUGUES MARET (1763-1839), DUC DE BASSANO
Bassano et Caulaincourt, deux hommes de coeur et de droiture.
Maret (Bernard-Hugues, duc de Bassano), avocat , ambassadeur, secrétaire général des Consuls, ministre et législateur, né à Dijon (Côte d’Or) le 22 juillet 1763, de “Hugues Maret, docteur médecin, et de Jeanne Malechard”, mort à Paris, le 13 mai 1839 ; était avocat quand il vint à Paris, s’intéressa au mouvement révolutionnaire et assista assidûment aux séances de la Constituante et en publia un récit fidèle sous le nom de Bulletin de l’Assemblée. Panckoucke, à peu de temps de là, lui proposa d’effectuer ce travail dans les colonnes du Moniteur ; ce qui fut l’origine du Journal Officiel. Dans son bureau de rédaction, il fit la connaissance de Bonaparte, logé, comme lui, à l’hôtel de l’Union, entra dans la Société des Amis de la Constitution ou des Jacobins, mais en sortit après l’affaire du Champs-de-Mars, puis contribua à la création du club des Feuillants. Lorsque Lebrun devint ministres des Relations extérieures, Maret entra dans ses bureaux avec une place de directeur et disparut à la chute des Girondins, mais devint, en juillet 1793, ambassadeur à Naples. Il se rendit à son poste accompagné de Sémonville qui lui, allait à Constantinople, quand ils furent tous les deux arrêtés en Piémont par les Autrichiens. Conduits à Mantoue, puis à Brunn, où ils subirent trente mois de captivité, ils ne furent remis en liberté qu’en échange de la fille de Louis XVI. Maret revit Bonaparte à son retour d’Egypte et ils renouèrent leurs anciennes relations. Il devint après le 18 brumaire, secrétaire général des Consuls, et, jusqu’en l’an X, il partagea avec Bourrienne les fonctions de ce poste de confiance, mais après la disgrâce de son collègue, il cumula les fonctions de secétaire d’Etat et de chef de cabinet, fut fait membre de la Légion d’honneur le 9 vendemiaire an XII et grand officier le 25 prairial suivant, puis grand aigle le 2 février 1805. Il accompagna l’Empereur en Allemagne et en Pologne et prit part à la rédaction du traité de Presbourg, et aux conférences de Tilsitt, d’Erfurt et de Bayonne. Le 3 mai 1809, il fut créé comte de l’Empire, et duc de Bassano le 15 août de la même année. Nommé le 17 avril 1811, ministre des Affaires étrangères, au moment de la rupture avec la Russie, il fut chargé de négocier avec la Prusse et l’Autriche un traité d’alliance offensive et défensive, suivit la retraite depuis Moscou et rédigea, en 1813, les ordonnances qui réglaient l’organisation de la garde nationale et la levée de 350.000 hommes. Il se démit le 19 novembre 1813 de son portefeuille des Affaires étrangères mais resta le confident de l’Empereur, qu’il accompagna pendant la Campagne de 1814, et qu’il ne quitta qu’à Fontainebleau. Il reprit, pendant les Cent-Jours, ses fonctions de ministre d’Etat, et fut nommé pair de France le 2 juin 1815. Au retour de Gand, Maret fut compris dans l’ordonannce du 24 juillet, et se retira à Lintz, puis à Gratz. A cette même époque, il fut exclu de l’Académie française, dont il faisait partie depuis l’an XI. Il ne revint à Paris qu’en 1820, et on le vit reparâitre à la vie politique qu’après la Révolution de 1830. Louis-Philippe le nomma pair de France le 19 novembre 1831 ; il devint, en novembre 1834, ministre président du Conseil, mais il fut à peine installé qu’une nuée de créanciers vint pratiquer des saisies-arrêts sur son traitement ; ce qui abrégea la durée de son ministère, qui ne vécut que trois jours. Il se retira alors, ne se mêlant plus de politique active.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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MICHEL REGNAULT-SAINT-JEAN-D’ANGELY (1761-1819), COMTE D’EMPIRE
Quel dommage que Regnault aime tant l’argent et les plaisirs qu’il procure ! Ce serait un ministre comme jamais je n’en ai pu trouver un.
Regnault-Saint-Jean-d’Angély (Michel-Louis-Etienne, comte d’Empire), député de la sénéchaussée de Saint-Jean-d’Angély à la Constitutante de 1789 ; représentant àla Chambre des Cent-Jours pour la Charente-Inférieure ; né à Saint-Fargeau (Yonne) le 3 décembre 1761, mort à Paris le 11 mars 1819 ; fils de “Claude-Etienne Regnaud, avocat au parlement, conseiller du roi, bailli honoraire de Saint-Fargeau, et de Madeleine Allenet” ; avocat au parlement suivant le bureau de la sénéchaussée de Saint-Jean-d’Angély, il eut un rôle brillant et très actif à l’Assemblée constitutante, où il vota toujours avec la majorité constitutionnelle ; en même temps il collaborait avec André Chénier au Journal de Paris, et encore à l’Ami des Patriotes, subventionné par la liste civile. Il disparut après le 10 août et fut arrêté et emprisonné après le 31 mai 1793 aprèsla chute des Girondins ; il s’échappa et on ne le revit qu’après le 9 thermidor, et intrigua contre la Convention. Malgré cela, nommé administrateur des hôpitaux de l’armée d’Italie, ily connut le général Bonaparte, s’attacha à lui et le seconda au 18 brumaire. A partir de ce moment, il entra dans l’intimité du maître et trouva devant lui ouverte la carrière des honneurs et de la fortune, qui ne lui firent pas défaut. Pendant les Cent-Jours, il fut député de la Charente-Inférieure et ministre d’Etat ; c’est dans cette situation qu’il décida l’Empereur à abdiquer. Il dut alors s’exiler et alla en Amérique, il revint à Bruxelles, puis obtint de rentrer en France, et mourut à Paris le soir même de son arrivée.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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LA FAMILLE DE NAPOLEON – JERÔME BONAPARTE (1784-1860), ROI DE WESTPHALIE
Jerôme en mûrissant, eût été propre à gouverner ; je découvrais en lui de véritables espérances.
Bonaparte (Jérôme-Napoléon, roi de Westphalie), officier de marine, roi et législateur, né à Ajaccio (Corse) le 15 novembre 1784, de “Charles-Marie de Buonaparte et de Marie Laetitia Ramolino“, mort à Villegrins (Seine-et-Marne) le 24 juin 1860 ; débuta dans la marine après le coup d’Etat de brumaire, et partit pour Saint-Domingue avec son beau-frère, le général Leclerc, en qualité de lieutenant, d’où il revint promptement porteur de dépêches importantes, devint commandant de la frégate l’Epervier, et partit pour l’Amérique, fut chargé en l’an X, d’établir une croisière devant l’île de Tabago, et se retira à New-York, puis épousa la fille d’un riche négociant de Baltimore, Mlle Patterson. Ce mariage gêna quelque peu les visées politiques de son frère Napoléon, empereur. Ce dernier autorisa son frère à rentrer en France, mai sans sa femme. Quelques jours après, Jérôme rejoignit son frère au Piémont et se réconcilia avec lui, consentit à divorcer bien qu’ayant déjà un enfant de son mariage, fut nommé capitaine de frégate et se présenta devant Alger à la tête d’une excadre de six vaisseaux, puis obtint du dey la délivrance des esclaves d’origine française et génoise, en fut récompensé par le grade de capitaine de vaisseau, commanda ensuite à la Martinique une escadre de huit vaisseaux de ligne, puis rentra en France ; il fut promu contre-amiral et général de division le 14 mars 807 ; se maria, le 12 août, avec la princesse Frédérique-Catherine, fille du roi de Wurtemberg, puis six jours après, fut proclamé roi de Westphalie. On raconte qu’il montra plus d’ardeur pour les plaisirs que pour les affaires. En 1812 il commanda un corps d’armée allemand et prit part aux combats de d’Ostrawa et de Mohilew, puis abandonna Cassel à la suite des troupe françaises (1813). En mars 1814, il accompagna l’impératrice Marie-Louise à Blois, rejoignit la reine Catherine à la cour de Stuttgard, se rendit ensuite en Italie, espérant y fixer son séjour, apprit à Trieste le retour de l’île d’Elbe, s’embarqua en secret et gagna Paris. Son frère le nomma, le 2 juin 1815, pair de France ; il se battit à Waterloo et y fut blessé. Après la seconde abdication il retourna près de son beau-père, qui lui donna le château d’Elvangers et le titre de prince de Montfort (juillet 1816). Sous la Restauration, il resta complètement en dehors de la politique. La princesse Catherine était morte en 1836, Jérôme dut vivre d’une pension que lui fit sa fille la princesse Mathilde, mariée au comte Demidoff. Ayant écrit à Louis-Philippe, en 1847, pour lui demander l’autorisation de rentrer en France, elle lui fut accordée pour trois mois, le 22 décembre. Le lendemain de la Révolution de février 1848, on trouva sur le bureau du roi deux ordonnances qui n’attendaient que la signature royale : l’une accordait au prince Jérôme une pension de 100.000 francs, l’autre le nommait pair de France. Le 26 février Jérôme écrivit au gouvernement provisoire la lettre suivante : “La nation vient de déchirer les traités de 1815. Le vieux soldat de Waterloo, le dernier frère de Napoléon, rentre dès ce moment au sein de la grande famille. Le temps des dynasties est passé pour la France ! La loi de proscription qui me frappait est tombée avec le dernier des Bourbons. Je demande que le gouvernement de la République prenne un arrêté qui déclare que ma proscription était une injure à la France et a disparu avec tout ce qui nous a été imposé par l’étranger.” Le 27 décembre 1848 il fut promu gouverneur des Invalides ; puis le 1er janvier 1850, maréchal de France. Le coup d ‘Etat de 1851 le surprit tout d’abord, il fut très perplexe sur le rôle qu’il devait jouer, craignant surtout les remontrances habituelles de son fils siégeant à la Montagne, mais il finit par accepter le poste de président du Sénat et le titre de premier prince du sang. Atteint d’une bronchite pulmonaire, il mourut dans son château de la Villegrins et fut inhumé aux Invalides.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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LA FAMILLE DE NAPOLEON – LOUIS BONAPARTE (1778-1846), ROI DE HOLLANDE
Il a de l’esprit et n’est point méchant, mais avec ces qualités un homme peut faire bien des sottises et causer bien du mal. Dès son arrivée en Hollande, il n’imaginait rien de beau comme de faire dire qu’il n’était plus qu’un bon Hollandais. Jamais un homme ne s’égara plus complètement avec de bonnes intentions ; jamais l’honnêteté sans intelligence ne fit plus de mal.
Bonaparte (Louis, roi de Hollande, comte de Saint-Leu), roi, ambassadeur, officier général, grand connétable et pair des Cent-Jours, né à Ajaccio (Corse) le 4 septembre 1778, quatrième fils de Charles Bonaparte et de Laetitia Ramolino, mort à Livourne (Italie) le 25 juillet 1846 ; vint de bonne heure en France et embrassa la carrière militaire dès que son frère fut devenu général en chef de l’armée d’Italie ; fit quelques campagnes avec lui sans se faire remarquer, et obtint, à son retour d’Egypte, le commandement du 9e régiment de dragons. Peu de temps après il fut promu général de brigade et, sur l’ordre formel de son frère il épousa Hortense de Beauharnais (an X). A l’établissement de l’Empire, il fut nommé grand connétable, colonel général des carabiniers, suivit son frère en Italie et devint gouverneur du Piémont. Au commencement de 1806, il fut promu général de division, puis général en chef de l’armée du Nord, et le 5 juin de la même année, il fut proclamé roi de Hollande. Louis se consacra entièrement aux intérêts de ses nouveaux sujets, qui, du reste n’étaient guère d’accord avec l’Empereur sur la question du blocus continental. Les soupçons qu’il conçut sur la conduite de la reine Hortense, enfin sa résistance, comme roi de Hollande, aux injonctions de l’Empereur, lui firent trouver la couronne trop lourde ; il abdiqua, se retira auprès de son frère Jérôme, et de là se rendit aux eaux de Toeplitz en Bohême. De cette résidence il écrivit à sa mère le 7 août 1810 : ” Je suis aussi bien que possible et hors des affaires, pour n’y jamais rentrer, je vous en réponds bien. J’espère que mon frère permettra que je reste avec vous et un de mes enfants le reste de mes jours, mais je vous prie de ne plus lui parler de moi.” Lors de la chute de l’Empereur en 1814, l’ex-roi Louis était à Rome, et, pendant les Cent-Jours, il fut nommé pair de France, mais il refusa de siéger. La seconde chute de son frère ne changea rien à sa position. Il intenta à cette époque un procès à la reine Hortense, sa femme, pour avoir auprès de lui son fils et se retira plein de dégoût, dans la solitude, s’adonnant à la littérature comme suprême consolation. on a de lui un roman : Marie ou les peines de l’amour ; documents historiques sur le gouvernement de Hollande, et un Essai sur la versification.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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LA FAMILLE DE NAPOLEON – LUCIEN BONAPARTE (1775-1840), PRINCE DE CANINO ET MUSIGNANO
Beaucoup d’esprit, des connaissances, et beaucoup de caractère… ornement de toute assemblée politique.
Bonaparte (Lucien, prince de Canino et Musignano), législateur, ministre et ambassadeur, né à Ajaccio (Corse), le 21 mars 1775, de “Charles Bonaparte et de Laetitia Ramolino“, mort à Viterbe (Italie) le 29 juin 1840, frère cadet de l’Empereur ; se réfugia à Marseille lors du soulèvement de la Corse provoqué par Paoli, entra dans l’administration et devint garde-magasin à Saint-Maximin (Var) ; se fit alors appeler Brutus Bonaparte, citoyen sans-culotte, devint le chef du parti révolutionnaire de l’endroit, épousa la soeur de son aubergiste Catherine Boyer, et, ajoute le Dictionnaire des Parlementaires, “aussi illettrée que jolie”. Quelques temps après, nommé inspecteur des charrois à Saint-Chamans, il fut arrêté et relâché aussitôt après les journées de prairial, vint à Marseille où par l’influence de son frère Napoléon, il fut envoyé à l’armée du Rhin comme commissaire en Corse et le 25 germinal an VI, nommé député au Conseil des Cinq-Cents par le département de Liamone, en faveur de la liberté de la presse, et en fut nommé président. Il profita de cette situation pour aider son frère à faire le 18 brumaire. Le 4 nivôse an VIII, Lucien succéda à Laplace comme ministre de l’intérieur, le 15 brumaire an IX, échangea ce poste contre celui d’ambassadeur à Madrid, et son frère, qui ne savait rien lui refuser, le fit entrer au Tribunat (6 germinal an X) ; fut nommé grand officier de la Légion d’honneur (10 pluviôse an XII), comme prince de sang devint sénateur de droit, fut ensuite pourvu de la sénatorie de Trèves. De cette époque date de profonds dissentiments qui devaient éclater entre les deux frères ; ce fut surtout son second mariage avec Mme Jouberthon qui irrita profondément l’Empereur et qui fut cause que Lucien partit en Italie prendre possession de sa terre de Canino devenue principauté. En 1807, l’Empereur ayant fait une nouvelle tentative pour faire divorcer Lucien d’avec sa seconde femme, ce dernier prit le parti de partir pour l’Amérique et le 1er août il s’embarqua avec sa famille, à Civita-Vecchia, fut pris par un croiseur anglais et conduit à Naples, et enfin amené en surveillance en Angleterre, à Dudlow, où il séjourna trois ans. Le 13 mai 1815, élu, par l’Isère, représentant à la chambre des Cent-Jours, il refusa ce mandat, ayant été nommé pair de France. Le 2 juin de la même année, le Dictionnaire des Parlementaires nous apprend encore que, dans un conseil privé tenu au moment du départ de l’Empereur pour l’armée, Lucien proposa d’accepter l’abdication offerte par Napoléon et d’instituer la régence de Marie-Louise ; le conseil fut du même avis, mais Napoléon qui avait adhéré, refusa le lendemain et partit pour Waterloo. Ayant échoué dans ses combinaisons, Luciens e retira à Neuilly, reprit le chemin de l’Italie où il s’installa près de Viterbe. On a de lui : Charlemagne ou l’église délivrée ; la Cyrneide ou la Corse délivrée.
(Extrait du du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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10.02.07
LA FAMILLE DE NAPOLEON – JOSEPH BONAPARTE (1768-1844), ROI D’ESPAGNE
Joseph, c’est un fort bon homme. Je ne doute pas qu’il ne fît tout au monde pour moi ; mais toutes ses qualités tiennent uniquement de l’homme privé. Dans les hautes fonctions que je lui avais confiées, il a fait ce qu’il a pu, mais dans les circonstances bien grandes la tâche s’est trouvée peu proportionnée avec ses forces.
Bonaparte (Joseph-Napoléon, roi de Naples puis d’Espagne, comte de Survilliers), commissaire de guerre, législateur, ministre plénipotentiaire, officier général, et roi, né à Corte (Corse), le 7 janvier 1768, de “Charles Bonaparte et de Laetitia Ramolino“, mort à Florence (Italie), le 28 juillet 1844, fut obligé en 1793 de partir de la Corse par suite de la révolte de Paoli, et vint se réugier à Marseille, devint secrétaire de Saliceti, puis en l’an V fut nommé commissaire des guerres à l’armée d’Italie, sous les ordres de son frère. Elu, le 23 germinal an V, député du Golo, au Conseil des Cinq-Cents, il vit sont élection contestée par le parti clichyen, qui ne pardonnait pas depuis le 13 vendemiaire, à Bonaparte d’avoir mitraillé leurs amis et le considérait comme entaché de jacobinisme, mais après le 18 fructidor il put siéger et fut nommé ambassadeur à Parme, puis à Rome. Arrivant dans cette ville, il eut à lutter contre les réactionnaires de l’entourage du pape et fit remettre en liberté les patriotes emprisonnés, fut attaqué dans sa résidence au palais Corsini et vit tomber à côté de lui le général Duphot, lâchement assassiné par les séides du pape. De retour à Paris, le Directoire approuva sa conduite. Réélu, par le même département, le 23 germinal en VI, député aux Cinq-Cents, il en devint secrétaire le 2 pluviôse an VII, donna sa démission de député le 8 pluviôse an VIII et fut nommé, le 13 ventôse suivant, ministre plénipotentiaire en Bohême, fut promu grand électeur le 28 floréal an XII, puis connétable et sénateur de droit le 22 thermidor suivant, grand officier de la Légion d’honneur le 10 pluviôse an XIII. Le 3 janvier 1806, il fut nommé général de division, et enfin accepta, le 31 mars suivant, la couronne de Naples et des Deux Siciles, ne fut pas très heureux comme roi de ce pays, quitta Naples pour aller s’assoir à Madrid sur le trône occupé autrefois par Charles Quint, ne sut pas davantage se faire aimer à Madrid, et en fut plusieurs fois chassé, quitta définitivement ce trône en 1813, et entra en France à la suite de l’armée française, puis reçut en compensation le titre de lieutenant général de l’Empire et le grade de commandant de la garde nationale en janvier 1814. Il engagea énergiquement les Parisiens à la résistance contre les alliés, mais prit personnellement le soin de se mettre à l’abri du danger en abandonnant Paris le 30 mars pour accompagner à Blois l’impératrice Marie-Louise. Après l’abdication de son frère, Joseph partit pour la Suisse où il acheta la terre de Prangins, puis au retour de l’île d’Elbe, il fut nommé, le 2 juin 1815, membre de la chambre des pairs. Après Waterloo, Joseph quitta Paris et s’embarqua à Rochefort pour les Etats-Unis. Il prit sa résidence près de Philadelphie, sous le nom de comte de Survilliers. Après la Révolution de 1830, il protesta contre l’établissement du gouvernement de Louis-Philippe, et vint habiter en Angleterre. Sur la fin de sa vie, il obtint en du grand-duc de Toscane l’autorisation de venir résider à Florence où il mourut en 1844.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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CHARLES-MAURICE TALLEYRAND-PERIGORD (1754-1838), PRINCE DE BENEVENT
Je l’ai couvert d’honneurs, de richesses, de diamants. Il a employé tout cela contre moi ! Il m’a trahi autant qu’il le pouvait à la première occasion qu’il a eue de le faire. Comment voulez-vous que cet homme ne soit pas riche, ayant vendu tous ceux qui l’ont acheté ?
Talleyrand-Périgord (Charles-Maurice de, prince de Bénévent), législateur et homme d’Etat ; fils de “Charles Daniel, comte de Talleyrand-Périgord, lieutenant-général des armées et du roi, et d’Alexandrine-Marie-Victoire de Damas d’Aubigny” ; né à Paris le 13 février 1754, mort le 17 mai 1838. Boiteux depuis l’âge d’un an, ne pouvant embrasser cette profession des armes qu’avaient illustrée ses ancêtres, il fut destiné à l’Eglise, et c’est sous le nom d’abbé de Périgord qu’il entra dans le monde. Agent général du clergé de France en 1780, évêque d’Autun en 1788, membre de l’assemblée des notables, puis des Etats généraux. D’esprit conciliant et large, il fut l’un des premiers évêques qui, avec la majorité du bas clergé et la minorité de la noblesse, se joignirent au tiers état. Il devint dès lors un des membres les plus actifs, souvent même les plus libéraux de l’Assemblée constituante. C’est lui qui en octobre 1789, proposa de mettre les biens du clergé à la disposition de la nation ; c’est lui encore qui, le 14 juillet 1790, officia sur l’autel de la Patrie, y bénit les drapeaux des fédérés de tous les départements. Il se prononça pour la constitution civile du clergé, à laquelle il préta serment, et il sacra lui-même les évêques assermentés.
En 1792, il fut envoyé, sans caractère officiel, à Londres, pour établir une alliance nationale ; les résultats obtenus furent négatifs. Après le 10 août, il n’en obtint pas moins, du conseil exécutif, une mission secrète en Angleterre, et ce fut à Londres qu’il connut le décret d’accusation lancé par la Convention contre lui ; en novembre 1792, à la suite de la découverte des papiers de l’armoire de fer. Talleyrand se montrait déjà ce qu’il devait être plus tard.
En 1793, Pitt lui fait intimer l’ordre de quitter l’Angleterre ; il se réfugie en Amérique, y refait sa fortune en quelques mois par le commerce, et, en 1796, il revient à Paris. Le crédit de Mme de Staël lui fait obtenir du Directoire le ministère des relations extérieures. Son prodigieux sens des choses et des hommes lui fait aussitôt sentir que Bonaparte est l’homme de la situation. Il s’attache à ses pas, s’associe au coup d’Etat du 18 brumaire, et fut nommé ministre des relations extériereures du nouveau gouvernement. Dès lors, il prit part à toutes les grandes transactions diplomatiques du Consulat et, pour prix des négociations du Concordat, qu’il avait conduites avec infiniment d’habileté, le pape le releva de ses voeux religieux. Grand chambellan en 1804, prince de bénévent en 1806, il devient un fervent partisan de l’alliance autrichienne, et, devant la politique de l’Empereur à Tilsitt, il renonce au ministère. Il est alors nommé vice-grand Electeur avec 500.000 francs de traitement.
La guerre d’Espagne, qu’il a pourtant conseillée lui fait entrevoir la chute de l’Empire ; et dès lors tout doucement il commence à séparer sa fortune de celle de l’Empereur et à se chercher de nouveaux maîtres. Dès 1810, il commence une sourde opposition ; il est privé de sa charge. En 1814, il change entièrement de face et intrigue ouvertement en faveur des Bourbons ; il excite contre l’Empereur les souverains étrangers, met en avant le nom des Bourbons et provoque la déchéance de la dynastie napoléonienne. Chef du gouvernement provisoire le 1er avril 1814, il est nommé par Louis XVIII ministre des affaires étrangères. Ce fut à ce titra qu’il alla représenter la France au congrès de Vienne. Son habileté y fut très grande ; il posa et fit reconnaitre le principe de la légitimité et signa avec l’Autriche et l’Angleterre le fameux traité du 3 janvier 1815. Ministre de Louis XVIII pour la deuxième fois après les Cent-Jours, il fut obligé de se retirer devant la répulsion des députés et la haine de la famille royale. Il fut nommé grand chambellan, pair de France, et s’employa dès lors à faire de l’opposition dans les salons où son esprit et ses bons mots le faisaient rechercher.
Après la Révolution de Juillet, il accepta d’être nommé ambassadeur à Londres et son dernier acte diplomatique fut le traité de la quadriple alliance (1834). Il rentra en France en 1835 et vécut dès lors dans la retraite. Talleyrand fut un de nos plus habiles diplomates, et comme le dit Mignet, une des plus grandes renommées de la révolution, mais ce fut un homme funeste par l’exemple de la vénalité et de corruption qu’il offrit en exemple à ses contemporains.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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10.01.07
JOSEPH FOUCHE (1759-1820), DUC D’OTRANTE
Celui-ci n’est qu’intrigant ; il a prodigieusement d’esprit et de facilité d’écrire. C’est un voleur qui prend de toutes mains. Il doit avoir des millions ! Il a été un grand révolutionnaire, un homme de sang. Il croit racheter ses torts ou les faire oublier en cajolant les parents de ses victimes et se faisant, en apparence, le protecteur du Faubourg Saint-Germain. C’est un homme qu’il peut être utile d’employer parce qu’il est encore le drapeau de beaucoup de révolutionnaires, et d’ailleurs très capable, mais je ne puis jamais avoir confiance en lui.
Fouché (Joseph, duc d’Otrante), oratorien, avocat, législateur, ambassadeur et ministre de la police, né au Pellerin (Loire-Inférieure), le 21 mai 1759, de “Joseph Fouché, capitaine de navire marchand, et de Marie-Françoise Croiset”, mort à Trieste (Autriche) le 25 décembre 1820 ; débuta comme oratorien et professa à Juilly, à Arras, et à l’école militaire de Vendôme et était préfet des études à Nantes au moment de la Révolution, il quitta alors l’habit ecclésiastique et devint avocat ; il était devenu principal du collège de Nantes, quand il fut élu, par la Loire-Inférieure, membre de la Convention ; lors du procès du roi, il vota “la mort sans sursis”, fut ensuite envoyé en mission dans l’Aube pour y faire exécuter le décret de l’Assemblée sur la réquisition, puis adhéra aux événements des 31 mai et 2 juin, partit en mission pour la Nièvre et poursuivit l’anéantissement de toutes les enseignes religieuses qui se trouvaient sur les routes, sur les places et dans les lieux publics. A Nevers et aux environs, au mois de septembre 1793, il fit, de concert avec le procureur général de la commune de Paris, G. Chaumette, venu en ce pays pour des affaires privées, une tentative antérieure à toute autre pour faire disparaître le catholicisme et le remplacer par le culte de la Raison : interdisant toute manifestation cultuelle hors des églises, donnant aux funérailles un caractère purement civil, laïcisant les cimetières (octobre 93), faisant enlever partout, pour les envoyer à la Convention et à la monnaie de Paris, les ornements d’or et d’argent des églises ; enfin, prenant, relativement aux fortunes privées, des mesures d’un socialisme radical.
A peine de retour de cette mission il fut envoyé le 3 octobre suivant avec Collot d’Herbois à Lyon, après l’insurrection royaliste de cette ville pour y contribuer à la réduction de la cité révoltée, que les armées de la République venaient de reprendre. Il s’y montra intraitable, cruel, non seulement en partageant avec son terrible collègue la responsabilité des mitraillades, mais encore en activant les opérations martiales de l’inexorable commission militaire qui y fit couler tant de sang. La conduite de Fouché dans cette circonstance fu trouvée tellement extravagante, que le Comité de Salut Public jugea prudent de le rappeler.
Rentré à Paris vers le milieu de germinal, il triompha aux Jacobins dont il fut nommé président, et parut être, au moment des préparatifs de la fête de l’être Suprême, l’un des membres les plus décidés et les plus influents, parmi ceux qui, dès lors, faisaient une opposition à la politique de Robespierre. Celui-ci le comprit, lui reprocha ses crimes et le fit exclure du club des Jacobins le 26 messidor. C’est dire qu’il se rangea définitivement parmi les auteurs de la journée du 9 thermidor suivant. Après le 9 thermidor, il s’ingénia à vouloir ménager tous les partis ; on sentait déjà en lui le futur ministre de la police ; se voyant très menacé il essaya de rentrer dans les bonnes grâces des thermidoriens, et demanda leur protection, mais sur la proposition de Boissy-d’Anglas, Fouché fut décrété d’arrestation. L’amnistie du 4 brumaire an IV le rendit trois mois après à la liberté. Sous le Directoire, ayant su capter la confiance de Barras, ce dernier le fit nomme ambassadeur à Milan (15 vendemiaire an VII), puis ambassadeur en Hollande où il resta jusqu’à ce ce qu’il fut appelé au ministère de la police (2 thermidor an VII), en remplacement de Bourguignon. Aussitôt installé il montra une certaine énergie en supprimant 11 journaux d’un seul coup, et après avoir louvoyé autour de Bonaparte, de retour d’Egypte, il sut de suite ce qu’il avait à faire et n’hésita pas. Fouché connaissait à fond les divers partis, tous leurs secrets et leurs espérances ; il les livra au vainqueur sans négliger d’en conserver une partie pour le besoin de sa cause. Fouché tout-puissant commença à jouer au grand seigneur ; dans de brillantes soirées il réunissait les survivants de l’ancienne noblesse, et soutenait son rôle avec un grand succès, grâce du reste à une audace imperturbable ajoutée à beaucoup d’esprit, mais grâce aussi au peu de scrupules de ses hôtes. Par une habilité extraordinaire il sut se faire des amis dans tous les camps, les fonctions de ministre de la police lui en donnaient le loisir. Il sut plaire aux membres de la famille Bonaparte et on peut dire qu’il devint l’homme le plus puissant du gouvernement en déjouant les complots, inventant de fausses conspirations, et sachant entretenir soigneusement les défiances et les craintes de Napoléon, mais il y eut, à un moment donné, une ombre à ses succès ; la machine infernale éclata et Fouché ne sut pas prévoir cet évènement ; aussi fut il obligé de quitter le ministère de la police, pour entrer le même jour (28 fructidor an X) et comme compensation au Sénat conservateur. Cette disgrâce fut de très courte durée, car l’Empereur, pour le besoin de sa cause, ne pouvait plus se passer de Fouché, et le 21 messidor an XII, ce dernier rentra en maître pour la seconde fois au ministère de la police et y resta jusqu’au 3 juin 1810. Jamais Fouché ne fut plus puissant, sa réputation à l’étranger était immense et le faubourg Saint-Germain le choyait ; l’Empereur très soupçonneux commença à ne plus pouvoir supporter cet homme audacieux, qui, au besoin savait contrecarrer les idées et les actes de Napoléon ; une occasion se présenta, qui devait être momentanément le coup de grâce du ministre de la police ; l’Empereur eut connaissance d’une circulaire de Fouché et dont voici le principal passage : “Prouvons à l’Europe que si le génie de Napoléon peut donner de l’éclat à la France par les victoires, sa présence n’est pas nécessaire pour repousser nos ennemis.” A la lecture de cette circulaire Napoléon n’hésita pas ; Fouché pour la deuxième fois, fut disgracié et envoyé à Rome comme gouverneur général. Il avait été fait grand offficier de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII, puis créé, le 24 avril 1808, comte de l’Empire, et le 15 août 1809, duc d’Otrante. Après les désastres de Russie, Napoléon fit appeler Fouché à Dresde et lui confia le gouvernement des provinces illyriennes, il n’eut guère le temps d’exercer ces nouvelles fonctions, car à la suite de la bataille de Leipzig, les Autrichiens redevinrent maîtres de ces provinces. A peine rentré en France, il reçut l’ordre de se rendre à Naples près de Murat. Fouché ne perdit pas de temps, il alla rejoindre Murat et, la première chose qu’il fit, fut de conseiller à Murat d’entrer dans la nouvelle coalition contre Napoléon. Aussitôt qu’il apprit la nouvelle de l’abdication de l’Empereur en 1814, il fit faire ses offres de service aux Bourbons, mais fut assez mal accueilli. De retour de l‘île d’Elbe, l’Empereur appela à lui Fouché et lui confia, pour la troisième fois, le ministère de la police, et, de plus, le nomma pair de France, puit vint Waterloo, et Fouché entra au gouvernement provisoire choisi par les Chambres, et en fut le président. Inutile d’ajouter que Fouché profita de cette haute position pour intriguer avec les Bourbons d’une part et les d’Orléans d’autre part. Louis XVIII rentré, se décida, lui aussi à se servir de Fouché, bien que ce dernier eut contribué à faire couper la tête de son frère ; c’était un mal nécessaire, pensait-il. Pour la quatrième fois, Fouché entra en vainqueur au ministère de la police, et fut élu, en même temps, le 22 août 1815, député dans la Corrèze et dans la Seine-et-Marne. Cette fois, son passage à la police devait être bien court : le roi ne supportait que très juste le joug de Fouché, ce dernier le sentit et s’empressa de donner sa démission. Atteint par la loi sur les régicides, il se vit contraint, à son grand regret, de quitter la France. Il prit sa résidence à Trieste et y mourut en 1820, laissant une fortune de quatorze millions.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)
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